La bonne altitude

Aurélien Martinez | Mardi 21 juin 2016

Photo : © Fabien Lainé et Céline Ravier


Chaque été, de nombreux petits festivals se lancent dans une programmation pluridisciplinaire, avec du théâtre, de la musique, des lectures… Un choix qui a le mérite de balayer large, mais qui donne parfois l'impression d'un joyeux mais pas toujours très cohérent fourre-tout. Ce qui n'est pas le cas de l'Arpenteur, sans doute l'une des manifestations estivales iséroises les plus passionnantes.

Peut-être parce qu'elle est pensée par une équipe dirigée par un homme qui est surtout auteur : Antoine Choplin. Peut-être aussi parce qu'on est dans un espace-temps particulier : celui de la montagne (le massif de Belledonne), au cœur d'une géographie qui donne son sous-titre au festival : « théâtre pentu et parole avalancheuse ».

Résultat : les propositions de l'Arpenteur sont souvent surprenantes, voire décalées, avec notamment tout un travail autour de la marche : des lectures poétiques dans un refuge, des promenades où chacun devient lecteur… Mais, comme chaque année, il y a aussi des spectacles plus classiques (dont beaucoup nous sont inconnus, ce qui n'est pas plus mal), à vivre tranquillement assis, que ce soit à l'écoute de la musique klezmer du fascinant clarinettiste Yom, face à une mise en scène d'Un obus dans le cœur, texte poignant de Wajdi Mouawad, ou devant son assiette dans le cadre du traditionnel banquet pentu de fin de festival. Tout ça, vous l'aurez compris, dans un cadre splendide.

L'Arpenteur
Aux Adrets-en-Belledonne du vendredi 1er au samedi 9 juillet

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Va voir là-haut si on y est

L'Arpenteur | Niché dans la montagne près de Grenoble (aux Adrets-en-Belledonne pour être précis) et sous-titré "théâtre pentu et parole avalancheuse", l’Arpenteur est l’un des festivals les plus singuliers de la région, mêlant propositions culturelles classiques et formats plus atypiques en lien avec ce territoire géographiquement particulier. Zoom sur ce que nous réserve sa 24e édition.

Sébastien Broquet | Mardi 11 juin 2019

Va voir là-haut si on y est

C’est un festival petit par la taille (logique, il est organisé dans la montagne, entre Grenoble et Chambéry, et dans des espaces à taille humaine – un parc, une salle de mairie, une cour d’école…) mais grand par ses ambitions. Car on l’écrit chaque année, mais l’équipe de l’association Scènes obliques qui le porte depuis plus de vingt ans construit son Arpenteur avec la même exigence qu’une scène nationale implantée en ville, là où l’on imagine plutôt (à tort sans doute) ce genre d’aventure. La programmation de l’édition 2019, regroupée sous la thématique "(se) construire", parle ainsi d’elle-même, avec notamment les fameux Tréteaux de France, centre dramatique national itinérant piloté par Robin Renucci, et leur spectacle L’Enfance à l’œuvre fait de textes de Romain Gary, Marcel Proust, Arthur Rimbaud et Paul Valéry ; un ciné-concert par l'ensemble musical Diallèle sur le Jour de fête de Jacques Tati ; un concert du groupe Debout sur le Zinc autour de chansons de Boris Vian ; un autre de la musicienne Cora Laba qui livrera ses Échos d’Ukraine (elle a été « propulsée » en plein cœur

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Yom, countries for the Old Man

MUSIQUES | La terre étant ronde, du moins aux dernières nouvelles, plus l'on se dirige vers l'Ouest plus on a de chances d'arriver à l'Est. En définitive, du Far West au (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 mars 2016

Yom, countries for the Old Man

La terre étant ronde, du moins aux dernières nouvelles, plus l'on se dirige vers l'Ouest plus on a de chances d'arriver à l'Est. En définitive, du Far West au Far East, il n'y a pas loin. Bien entendu cela vaut pour la musique, cette grande voyageuse. Les Américains le savent plus que d'autres, eux qui ont importé de l'Est (Afrique pour le blues, Allemagne pour le bluegrass) la musique de l'Ouest. Yom va plus loin. Yom est un cowboy, un cowboy français et clarinettiste, un cowboy d'origine yiddish dont le père a grandi en Amérique. Ça vous imprègne un homme, surtout s'il est comme lui porté sur les expérimentations, les boutures musicales autant que le déterrage de racines. Avec ses Yiddish Cowboys et Songs for the Old Man, du côté d'À Vaulx Jazz le 9 mars, Yom fait le lien entre cette musique de la peine née en Europe de l'Est et sa cousine de déracinement, la country. Donnant l'impression que le Danube a creusé le Grand Canyon et que les Appalaches sont filles des Carpates. Surtout, la terre étant ronde, la mélancolie est à la fois départ, destination et chemin. SD

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La rentrée musique côté jazz et world

MUSIQUES | Du côté de l'AOC "world, soul, jazz, etc.", le fourre-tout est de rigueur, les talents pluriels et les esthétiques en quinconce. Si bien qu'on ne sait plus où donner de la tête. Eh bien c'est juste ici, un peu partout.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté jazz et world

C'est comme souvent le Rhino jazz qui va donner le tempo de la rentrée jazz. Mais tel le rhinocéros, l'événement, une fois lancé, court dans tous les sens et c'est dans trois départements que le spectateur doit se mettre en mode safari. Tout le monde n'étant pas équipé d'une jeep, contentons-nous ici des haltes lyonnaises : outre Tigran (voir page 4), se présenteront l'étrangeté électro-jazz-blues Yom (à l'Opéra le 12 octobre), Vincent Perrier qui va «bopper avec Django» à la Clé de Voûte le 23 ou encore le duo Donkey Monkey, croisement de jazz et de rock japonais, oui madame, le 24 au Périscope. Un Périscope qui garde son cap de chaudron expérimental. Citons pêle-mêle : Emmanuel Scarpa et François Raulin (aucun lien) pour leur Tea Time le 1er octobre, le violoniste Régis Huby et son projet Equal Crossing dont on a lu, sans rire, qu'il promettait une «ambiance frottis» ; ou encore le 13 novembre le chelou Finlandais Mikko Innanen. Et pour la bonne bouche, Cannibales et vahinés, où l'on ret

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Cordes en Ballade - Du 2 au 14 juillet à Viviers (07)

MUSIQUES | «Le violon, de deux choses l’une ; ou tu joues juste, ou tu joues tzigane.» Cet été, Les Cordes en Ballade tordent le cou à cette chanson de Bobby Lapointe et prennent pour thème "Alla Zingarese" : à la tzigane. Philippe Yves

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Cordes en Ballade - Du 2 au 14 juillet à Viviers (07)

Chaque été, le versatile Quatuor Debussy quitte Lyon pour faire vibrer les cordes sensibles des villages d’Ardèche lors de son festival Les Cordes en Ballade. Une quinzaine de jours durant, concerts, masterclasses et rencontres ont pour décor les églises, chapelles, cours et cloîtres du département. Les Debussy, directeurs artistiques du festival, ont beau être les instigateurs de ces ballades, ils n’oublient pas pour autant d’être partageurs et invitent à les rejoindre de brillants solistes, mais aussi des nouveaux talents, au sein d’une académie pour jeunes quatuors européens. L’âme tzigane, thème de cette édition 2015, c’est l’art du contraste : passer de l’allégresse au plus vibrant pathos en un claquement d’archet. Et le programme de cette 17e édition sera riche en contrastes, dessinant des allers-retours entre folklore, klezmer et musiques savantes. Des voyages qui s’annoncent passionnants et mettent en évidence l’influence que le folklore hongrois a exercé sur des compositeurs tels que Brahms, Dvorak, Bartok, Liszt ou les contemporains Kurtag (fil rouge du festival) et Philippe Hersant. Côté solistes, on re

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Gérard Guyomard, peintre du plaisir

ARTS | Peintre libre et licencieux, Gérard Guyomard présente plusieurs oeuvres des années 1960 aux années 1980 à la galerie Pallade. Un artiste du plaisir, du rire et de toutes les libertés formelles. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 mai 2015

Gérard Guyomard, peintre du plaisir

Gérard Guyomard (né en 1936) fait partie de cette «bande de copains» de la figuration narrative qui, dans les années 1960, se révoltait contre l'hégémonie de la peinture abstraite en France. Un peu moins connu que ses comparses (Jacques Monory, Peter Klasen, Télémaque, Rancillac...) dont l'un vient de faire l'objet d'une grande rétrospective au Musée d'art contemporain (Erró), ce peintre mi-anar mi-égrillard est pourtant l'auteur d'une œuvre importante et prolifique. «Certains ont fait de la figuration politique, moi j’étais contestataire à ma façon en introduisant de l’érotisme dans mes toiles» nous disait-il en 2006 lors d'un entretien à la Galerie Pallade, déjà. Si la société de consommation et l'imagerie populaire font partie de ses grandes sources d'inspiration, l'érotisme est effectivement très présent, avec force femmes dénudées aux poses lascives ou plus que suggestives : «L’érotisme, si je puis dire, je ne le fais pas exprès, il vient tout seul. La pornographie et l’érotisme font partie de la vie et je serais frustré s’ils ne se retrouvaient pas sur mes toiles. Ces formes sont belles en soi. J’ai besoin de ça, mais je ne pourrais pas l’an

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