Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Biennale de la Danse | La 17e Biennale de la Danse garde la tête haute et le tour de bras généreux, malgré un budget au rabais, embrassant une fois encore tous les styles de danse contemporaine actuels. Parmi les trente-sept spectacles proposés, en voici huit à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

Photo : © Catherine Gaudet / Israel Galvan / Yuval Pick


Israel Galvan, Flacomen

Le « danseur des solitudes » comme l'appelle le critique et historien d'art Georges Didi-Huberman fait son retour sur les scènes lyonnaises, avec un solo datant de 2014, accompagné de musiciens free jazz et flamenco. On sait, et on n'arrête pas d'admirer, la capacité du chorégraphe-danseur à tordre en tous sens les codes du flamenco et à en extraire la pulpe fondamentalement tragique. Galvan hisse ce tragique à la condition de tout individu, montrant, avec humour ou pas, ces forces qui nous traversent et se heurtent à l'intérieur de soi. Ces forces antagonistes qui sont aussi au cœur dialectique de tout geste, de tout mouvement dansé.

À la Maison de la Danse du 14 au 16 septembre

Yuval Pick, Are Friends Electric ?

À l'instar de Galvan, le Lyonnais Yuval Pick traque ces forces multiples et singulières enfouies au cœur de tout être humain, de tout corps en mouvement. Sa gestuelle singulière se veut au plus près de la dissymétrie et des rythmes du vivant. Gestuelle qui le conduit aussi à se poser la question du rapport à l'autre, des bienfaits et des méfaits du groupe, de la relation.

Pour sa nouvelle pièce, c'est dans l'univers du groupe culte Kraftwerk que Yuval Pick a puisé son inspiration, avec l'intuition que cette musique populaire est au diapason d'un nouveau romantisme contemporain. La pièce, encore fragile lors de sa création à Saint-Étienne l'an passé, donne un nouveau souffle collectif énergique et contagieux à l'univers d'un chorégraphe que l'on apprécie toujours beaucoup.

Aux Subsistances les 20 et 21 septembre

Christian Rizzo, Le syndrome Ian

Après Kraftwerk chez Yuval Pick, c'est un autre groupe culte qui baigne la nouvelle pièce de Christian Rizzo : Joy Division et son leader charismatique, Ian Curtis. Mais le chorégraphe ose le grand écart en mélangeant le rock noir de Joy Division au disco beaucoup plus coloré de la même époque. Invoquant ainsi dans sa pièce deux esprits des années 1980, deux styles de danse, deux cultures. Le syndrome Ian constitue aussi la troisième partie d'une trilogie consacrée aux danses populaires, où Christian Rizzo a définitivement quitté son ancienne posture de "pape" de la non-danse, pour lâcher la bride à ses danseurs et à ses envies furieuses de mouvements !

À l'Opéra les 21 et 22 octobre

Olivier Dubois, Auguri

Pendant plus de deux heures, en 2013, les dix-huit danseurs nus de Tragédie ont marché en cadence sous nos yeux ébahis, parvenant peu à peu, et contre toute attente, à nous enfoncer dans le cœur (le chœur aussi) tragique de la condition humaine. Avec la même urgence existentielle et les mêmes effets de "masse", Auguri renverse la vapeur du tragique pour aborder les espaces et les mouvements de la joie. Vingt-quatre interprètes se mettront en quête d'un bonheur que cette création annonce comme singulier et détonnant.

Au TNP du 22 au 24 septembre

Catherine Gaudet, Au sein des plus raides vertus

Depuis qu'elle dirige la Maison de la Danse et la Biennale, Dominique Hervieu nous invite à découvrir la scène chorégraphique, vivace et décalée, québécoise. Venue à Lyon présenter Je suis un autre, la Montréalaise Catherine Gaudet revient avec le quatuor Au sein des plus raides vertus. « Je m'intéresse à ce qui rôde sous l'espèce de vernis des conventions » déclare la chorégraphe dans son dossier de presse. Et ce qui rôde, suppure, transpire, ce sont ces pulsions bonnes ou mauvaises qui nous animent, ces parts animales et incontrôlables, ou encore cette gestuelle infra-mince et informe que l'on aimerait tant refouler...

Au TNP les 28 et 29 septembre

Jean-Claude Gallotta & Olivia Ruiz, Volver

Mais quelle mouche a piqué Jean-Claude Gallotta, notre "chouchou" de la danse française contemporaine née dans les années 1980 ? Gallotta que l'on a tant apprécié dans sa capacité à faire flirter la danse avec la banalité (revigorée, du coup) de la vie quotidienne des gens ordinaires. Celui que l'on a même suivi dans son adaptation survitaminée, mais contestable, de l'Homme à tête de chou de Gainsbourg réinterprété par Bashung... Oui, qu'est allé faire notre poète dégingandé dans l'univers de la chanteuse Olivia Ruiz ? Réponse le 21 septembre avec le dévoilement d'une création à quatre mains, pour le moins inattendue !

À la Maison de la Danse du 21 au 24 septembre

Trois pièces de Jonah Bokaer

La Biennale 2016 sera l'occasion de découvrir de nouveaux chorégraphes s'étant peu ou jamais produits en France... Tel l'américain Jonah Bokaer, ancien danseur de Merce Cunningham et formé aux arts visuels et multimédia. L'artiste multi-cartes crée depuis plusieurs années des pièces où le corps est confronté aux nouvelles technologies. Ces dernières lui permettent notamment d'élargir l'espace scénique aux dimensions de multiples espaces virtuels.

Jonah Bokaer présentera à Lyon trois pièces, dont une création, Rules of the game, en collaboration avec le plasticien Daniel Arsham et le célèbre chanteur-compositeur Pharrell Williams. Une création qui s'inspire du théâtre de Pirandello comme des jeux vidéo...

Au TNP du 28 au 30 septembre

Cecilia Bengolea & François Chaignaud

Depuis quelques années, Bengolea & Chaignaud sont omniprésents sur les scènes françaises. On les retrouve même dans le champ de l'art contemporain, collaborant avec des vidéastes. Il faut concéder que leur "patate" est contagieuse et que les deux chorégraphes-danseurs n'ont jamais froid aux yeux, qu'ils mettent en scène les danseurs du Ballet de l'Opéra de Lyon ou qu'ils se prennent à danser eux-mêmes avec des godemichets (Pâquerette en 2005) ! Ils présenteront à la Biennale une création, avec l'un de ses rapprochements incongrus dont ils ont le secret : en l'occurrence entre les polyphonies géorgiennes et le dancehall jamaïcain... « Pour cette création, déclare Cecilia Bengolea, on va essayer d'aller plus loin encore dans la précision et la complexité avec le rythme. Les danseurs que j'admire en Jamaïque inventent des gestes tous les jours. De mon côté, j'invente des pas en danse contemporaine qui sont influencés par le dancehall. »

Au Toboggan les 24 et 25 septembre


Fla.co.men

Par Israel Galvan, flamenco retourné
Maison de la Danse 8 avenue Jean Mermoz Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Are friends electric ?

Chor Yuval Pick, mus Kraftwerk. Rencontre entre la danse organique et la musique électronique
Les Subsistances 8 bis quai Saint-Vincent Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Le syndrome IAN

Chor Christian Rizzo, hommage à Ian Curtis et rencontre entre danse de club et danse de scène
Opéra de Lyon Place de la Comédie Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Auguri

Chor Olivier Dubois, par le Ballet du Nord, course de l'homme vers le bonheur éperdu
Théâtre National Populaire 8 place Lazare-Goujon Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Biennale de la Danse : Olivier Dubois, montée de sève

Danse | Après Tragédie et Auguri, Olivier Dubois revient à la Biennale de la Danse avec une création intitulée Itmahrag. Un cri, des voix et des corps de la jeunesse, venus d’Égypte.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 mai 2021

Biennale de la Danse : Olivier Dubois, montée de sève

En 2012, le chorégraphe Olivier Dubois marque les esprits au Festival d'Avignon puis à Lyon, avec Tragédie. Dix-huit danseurs y marchent nus dans la pénombre, selon des règles précises, formant peu à peu un chœur hypnotique tragiquement humain. Pièce radicale, Tragédie s’inscrit aussi dans ce retour aux sources récurrent que le chorégraphe opère vers les origines de la danse : le rite, le chœur, le rythme, le corps, la transe… Quatre ans plus tard, les courses circulaires des vingt-quatre danseurs d’Auguri (présenté pour la première fois en France à la Biennale de Lyon en 2016) poursuivaient dans cette veine, battant au rythme des fondamentaux de la danse et du mouvement. Il y aura ensuite De l’origine, le solo autobiographique Pour sortir du jour et Tropismes… Mais creuser et retravailler les racines de la danse n’a j

Continuer à lire

Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Danse | Repoussée, remodelée, raccourcie, la 19e Biennale de la Danse aura cependant bien lieu. Et c’est avec une certaine joie que nous vous en présentons les grands axes et quelques spectacles à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 mai 2021

Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Réduite à quinze jours, la 19e Biennale de la Danse n’en reste pas moins foisonnante dans sa programmation, avec vingt-eux créations et une quarantaine de compagnies internationales invitées ! Nouveauté remarquable, la Biennale propose cette année aux anciennes usines Fagor ("L’expérience Fagor" du 8 au 16 juin) une multitudes de pièces ou formes expérimentales gratuites, ouvrant la danse contemporaine à un public possiblement plus large, et sans pour autant lésiner sur la qualité des intervenants : le chorégraphe français Noé Soulier, deux anciens danseurs de William Forsythe, Brigel Gjoka et Rauf Yasit, le Collectif Es… Pour le reste, l’ADN de la Biennale demeure le même : un savant mélange des genres chorégraphiques, et de grandes pointures et de chorégraphes moins connus… Même si, période oblige, certains créations phares ont été annulées comme Le Lac des cygnes d’Angelin Preljocaj (mais il sera présenté cet automne à la Maison de la Danse). Le défilé associé à la Biennale, sous les couleurs de l’Afrique (comme une partie de la programmation) aura lieu, quant à lui, ex

Continuer à lire

Kraftwerk : 33 tours de France

Dans les oreilles | Qu'écouter pendant que l'on attend le passage du peloton sur les pentes de la Croix-Rousse ?

Stéphane Duchêne | Vendredi 11 septembre 2020

Kraftwerk : 33 tours de France

Huitième album du Katalog de Kraftwerk, pionnier de la musique électronique (qui regroupe ses huit albums officiels), Tour de France est à part mais pas si surprenant à l'aune de l'œuvre des hommes (-robots) de Florian Schneider, très portée sur les modes de circulation (Autobahn, Trans-Europ Express) mais aussi sur le cyclisme, passion pas si secrète de Schneider, décédé en mai dernier. À part, parce qu'il s'agit d'une commande dans le cadre du centenaire de la Grande Boucle en 2003 mais qui s'inscrit bel et bien dans une continuité. En réalité, Tour de France est le prolongement d'un hommage bien plus ancien de Kraftwerk à la course avec le single... Tour de France en 1983 – maintes fois réédité et qui énumèrait différents lieux mythiques du Tour. L'album contient, lui, un Prologue, plusieurs étapes, des considérations sur les Vitamin, l'Aéro Dynamik ou l'Elektro Kardiogramm et le fameux morceau originel remixé. Ici les boucles musicales finissent par se confondre avec la répétition des tours de pédaliers ou des ascensions si

Continuer à lire

La Biennale de la Danse reportée à 2021

Danse | La prochaine Biennale, prévue du 11 septembre au 2 octobre prochain, devrait se dérouler exceptionnellement au printemps 2021.

Sébastien Broquet | Mercredi 6 mai 2020

La Biennale de la Danse reportée à 2021

Septembre aussi sera morne : la Biennale de la Danse vient d'annoncer son report intégral. Le flou entourant le déconfinement, particulièrement prononcé pour les domaines de la culture, a incité la directrice Dominique Hervieu et ses équipes à la sagesse : la prochaine Biennale devrait donc se dérouler au printemps, entre mai et juin 2021, dates auxquelles le défilé Africa avait déjà été reporté comme toute la saison Africa 2020 dans laquelle il s'inscrivait : « des échanges entre la Métropole de Lyon, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la DRAC se poursuivent pour maintenir une 19e édition de la Biennale de la Danse à la fois exigeante et populaire » est-il ainsi écrit dans le communiqué envoyé ce mercredi matin à la presse. Parmi les problèmes ayant entraîné ce report, l'équipe de la Biennale pointe : « ces risques économiques sont liés à de nombreuses incertitudes (concernant les jauges et

Continuer à lire

Un trio inattendu à la Maison de la Danse

Danse | Magma (les jeudi 19 et vendredi 20 décembre à la Maison de la Danse) est une création qui réunit, de manière inattendue, trois grandes et très disparates (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 décembre 2019

Un trio inattendu à la Maison de la Danse

Magma (les jeudi 19 et vendredi 20 décembre à la Maison de la Danse) est une création qui réunit, de manière inattendue, trois grandes et très disparates personnalités de la danse : le danseur et chorégraphe de flamenco Andrés Marín (qui s'est rapproché récemment du hip-hop), la danseuse classique Étoile (depuis 2014) du Ballet de l'Opéra de Paris Marie-Agnès Gillot, et l'inclassable chorégraphe Christian Rizzo qui avait débuté sa carrière avec des pièces de "non danse" très inspirées des arts plastiques et qui a soudain basculé vers des œuvres beaucoup plus mouvementées et rock ! De ce duo interprété par Andrés Marín et Marie-Agnès Gillot, accompagnés par deux musiciens sur scène, nous ne savons quasiment rien si ce n'est qu'il s'annonce comme un temps fort de la saison. Et que sa composition s'

Continuer à lire

New Order : Les cendres du tempo

MUSIQUES | Né sur les cendres d'un groupe à l'esthétique post-punk radicale et singulière, Joy Division, et dans le sillage du suicide de son fascinant chanteur, Ian Curtis, New Order est sans doute, comme aucun groupe avant ou après lui, un exemple de résilience artistique sans précédent et de révolution quasi permanente. Ou comment une formation orpheline d'un leader au charisme et à l'inspiration incandescente a su se réinventer aux frontière du rock et de la musique électronique pour devenir, toutes esthétiques, l'un des groupes les plus influents de sa génération. Et encore aujourd'hui l'une des plus belles machines à danser du paysage live contemporain. Le mythique groupe de Manchester sera l'une des têtes d'affiche des Nuits de Fourvière, le 28 juin prochain.

Stéphane Duchêne | Vendredi 21 juin 2019

New Order : Les cendres du tempo

Au tournant des décennies 70 et 80, Manchester abrite l'un des groupes les plus fascinants qu'il ait été donné de voir. Une créature post-punk atypique baptisée Joy Division, portée par le charisme fantomatique et la voix d'Outre-tombe du crooner zombie Ian Curtis, jeune homme marié bien sous tout rapport, timide maladif mais aussi écorché vif et sauvage et de surcroît lourdement épileptique, amoureux de littérature et fanatique de Jim Morrison et Iggy Pop. Curtis concentre à lui seul toute la poésie fossile et l'inquiétante étrangeté d'un groupe que complète un trio d'irréductibles trublions : le guitariste Bernard « Barney » Sumner, son ami d'enfance le sémillant bassiste au style inimitable Peter « Hooky » Hook et un métronome humain à la batterie, le dénommé Stephen Morris, qui a vendu le mobilier de sa chambre comme bois de chauffage pour s'acheter une batterie. « Généralement Ian était plus réservé et plus calme, raconte Peter Hook, mais il pouvait devenir complètement dingue » (1) A Manchester, il est « le type au blouson avec marqué « Hate » dans le dos »

Continuer à lire

Hook division

Post Punk | Durablement brouillés depuis 2007 – après maintes bouderies historiques – le New Order officiel et son bassiste historique et tout aussi officiel s'écharpe (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 avril 2019

Hook division

Durablement brouillés depuis 2007 – après maintes bouderies historiques – le New Order officiel et son bassiste historique et tout aussi officiel s'écharpe depuis pour déterminer qui aura la garde du patrimoine musical de ce monument mancunien et de son prédécesseur Joy Division. Aucun compromis n'ayant été établi, le sécessionniste Hooky a entrepris depuis 2010, année de fondation de Peter Hook & The Light, de décliner en live – et en parallèle de ses anciens collègues – le catalogue des deux piliers de Factory Records. Le concept : une tournée, un album, joué dans son intégralité. Cette fois, à l'Épicerie Moderne en ce 3 mai, Hook et sa "lumière" s'attaquent à Substance, doublette de best-of de New Order ET Joy Division. Comme un pied de nez, il précédera d'un peu moins de deux mois la venue en terre lyonnaise de ses meilleurs ennemis ( le 28 juin à Fourvière), leur grillant ainsi la politesse. Laquelle politesse n'a de toute manière jamais été le fort de ce jovial grincheux.

Continuer à lire

Rizzo, nouveau coup de jeune

Danse | Même ceux qui ne l'apprécient guère ne pourront reprocher au chorégraphe Christian Rizzo de ne pas se renouveler... Musicien rock, styliste et plasticien né à (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 décembre 2018

Rizzo, nouveau coup de jeune

Même ceux qui ne l'apprécient guère ne pourront reprocher au chorégraphe Christian Rizzo de ne pas se renouveler... Musicien rock, styliste et plasticien né à Cannes en 1965, il se tourne vers la danse dans les années 1990, signant plusieurs pièces controversées, entre performances et installations plastiques, où la danse se ralentit jusqu'à un quasi immobilisme et quelques gestes très ritualisés. À partir de 2010, le chorégraphe revient soudain au rock et au mouvement, se débarrassant de tout décorum esthétique, pour ne travailler que sur l'énergie physique et des corps libérés. En 2017, nouveau coup d'éclat et bain de jouvence : Rizzo se risque à une première pièce pour jeune public, à partir de six ans ! Spectacle pour trois interprètes, D'à côté tricote ensemble les deux grandes veines chorégraphiques de Rizzo : un travail à partir d'éléments épurés (le corps, le son et la lumière) qui, mis en relations, s'ouvrent peu à peu à la fiction, l'imaginaire, voire la science-fiction. L'immersion, au départ très perceptive, du public parmi une musique rythmique, un bain de

Continuer à lire

"Ligne de Crête" : la colère étouffante de Maguy Marin

Biennale de la Danse | Bam ! Maguy Marin nous donne une grosse claque au TNP. Mais pour nous réveiller ou pour nous assommer ?

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 13 septembre 2018

Imaginez un remake contemporain des Temps modernes de Chaplin tourné par Michael Haneke, et vous obtiendrez, peu ou prou, la nouvelle création de Maguy Marin présentée à la Biennale de la Danse. Soit (comme chez Haneke) un véritable piège à spectateur où, sous les coups de butoir du son très amplifié d'une photocopieuse, six interprètes cheminent mécaniquement sur un plateau représentant un open space. Chacun vient, en entrées et sorties de scène répétitives, déposer dans son propre bureau quelques objets. Des objets d'abord raccords avec la situation (des stylos, un encas pour la pause déjeuner, une lampe...), puis des objets de plus en plus incongrus (vêtements, paire de skis, puzzle, perruques...). Et cela continue ainsi, pendant une heure, jusqu'à saturation et au syndrome de Diogène (maladie de l'entassement), sans interruption ni changement, si ce n'est quelques bugs furtifs des danseurs sur leurs trajets, ou quelques spasmes préfigurant un burn out. Leçon d

Continuer à lire

La fièvre chorégraphique lyonnaise

Biennale de la Danse | Festival international reconnu, la Biennale de la Danse s’inscrit aussi dans un dispositif lyonnais voué à la danse contemporaine en pleine ébullition. Retour sur ce contexte stimulant, et sur les grands axes de l’édition 2018.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 10 septembre 2018

La fièvre chorégraphique lyonnaise

Derrière la (trop ?) haute toque de la gastronomie, Lyon serait-elle en passe de devenir l'une des capitales internationales de la danse, voire La capitale de la danse ? Qu'importe les emblèmes et les titres de gloire direz-vous, mais force est de constater, à chaque Biennale notamment, l'engouement particulier des Lyonnais pour la danse : qu'elle soit populaire avec le défilé qui reprendra cette année son circuit sur la Presqu'île, ou un peu plus "cultivée" dans les salles de spectacle. Bientôt, en 2021, un élément majeur viendra s'ajouter à l'édifice chorégraphique local : les Ateliers de la Danse, dans l'ancien Musée Guimet, qui accueillera des artistes en création sur des temps longs de résidence. C'est donc une véritable (et joyeuse) hydre à plusieurs têtes que dirigera alors Dominique Hervieu : la Maison de la Danse, les Ateliers, la Biennale, le Défilé... sans compter encore la Triennale de Yokohama au Japon (dont elle est directrice artistique, appliquant là-bas le modèle lyonnais) et l'exportation de la Biennale à Saint-Étienne et à Clermont-Ferrand cette année. Ou encore, petite biennale dans la Bie

Continuer à lire

Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

Biennale de la Danse | La programmation de la prochaine Biennale de la Danse a été dévoilée cette semaine, et réunit, a priori, tous les ingrédients d'une édition réussie : risquée, créative, pluridisciplinaire.

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 10 juin 2018

Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

À deux exceptions japonaises près, la Biennale de la Danse 2018 est une Biennale européenne. Elle s'annonce donc moins exotique qu'à l'accoutumée, mais plus exigeante artistiquement, et plus aventureuse dans ses formes d'expression... L'un des fils rouges de cette édition est celui des liens entre la danse et les images, images issues des nouvelles technologies notamment. Ce fil rouge ira, par exemple, de l'utilisation par Merce Cunningham (1919-2009) du logiciel informatique DanceForms (mouvements et enchaînements générés par ordinateur) pour sa pièce Biped, à des créations s'étayant sur la réalité virtuelle par le chorégraphe suisse Gilles Jobin ou par le poète circassien Yoann Bourgeois (artiste très présent dans cette Biennale avec trois spectacles). 27 créations et premières Parmi les 42 spectacles programmés en salles, on compte 27 créations et premières françaises qui constituent le cœur de cette Biennale et, bien souvent, celui de nos attentes... Maguy Marin cré

Continuer à lire

Kraftwerk Pické

Yuval Pick | De plus en plus préoccupé par les questions du collectif et les rapports complexes entre l'individu et le groupe, Yuval Pick se lance, dans sa dernière pièce, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 janvier 2017

Kraftwerk Pické

De plus en plus préoccupé par les questions du collectif et les rapports complexes entre l'individu et le groupe, Yuval Pick se lance, dans sa dernière pièce, dans l'univers du groupe légendaire Kraftwerk. Une musique qui, pour le chorégraphe, connote un possible romantisme contemporain, avec des pulsions-pulsations technos reliées à notre mémoire collective, qui remplacent celles, plus acoustiques mais pas moins lyriques, du romantisme allemand et notamment, des lieds de Schubert (présent lui-aussi dans la bande-son). Are friends electric ? (au CCN de Rillieux-la-Pape les 24 et 25 janvier) réunit concrètement six danseurs et explore tout à la fois le corps dans ses éléments les plus bruts, physiques, et des configurations plus codées de mouvements collectifs... Yuval Pick n'hésite plus, même, à y libérer les élans et les gestes de ses interp

Continuer à lire

Chronique d'une Biennale : Tabernacle !

Biennale de la Danse | Encore bien des déceptions pendant cette dernière semaine de Biennale de la Danse. Mais une belle surprise nous a permis de rapidement les oublier : Catherine Gaudet et sa danse viscérale venue du Canada.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 30 septembre 2016

Chronique d'une Biennale : Tabernacle !

Lancé par Christian Rizzo et Rachid Ouramdane, le courant que nous avons choisi de nommer la "Danse creuse" a fait cette semaine encore des émules : Cécilia Bengolea & François Chaignaud présentant une sorte d'étape de travail sans consistance, et, surtout, l'américain Jonah Bokaer aux pièces hiératiques dénuées de tout soupçon de chorégraphie ou d'intensité physique... De l'intensité et du corps, il a fallu en chercher au Québec avec l'étonnante pièce de Catherine Gaudet, Au sein de nos plus raides vertus (2014)... Pas besoin d'être grand linguiste pour deviner dans le titre même du spectacle quelques traits d'ironie libidineuse. Et c'est là, justement, tout le propos et tout l'intérêt du quatuor de Catherine Gaudet : comment dans un même corps, comment dans un même groupe (deux hommes et deux femmes confinés dans un espace scénique restreint et bien délimité), faire vivre, tressaillir

Continuer à lire

À la Biennale, "Auguri" : ça tourne !

Biennale de la Danse | Olivier Dubois a secoué la Biennale de la Danse avec sa nouvelle création : une pièce aussi puissante qu'asphyxiante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 septembre 2016

À la Biennale,

Lundi, nous avons découvert le film d'Alain Guiraudie, Rester vertical. Jeudi, la nouvelle création du chorégraphe Olivier Dubois, Auguri (entre-temps, Christian Rizzo et Rachid Ouramdane avaient lancé à la Biennale un nouveau courant chorégraphico-dentaire : celui de la "danse creuse"). Lundi, nous nous sommes un peu ennuyés, jeudi pas une seconde. Pourtant, nous défendrions plus facilement le film de Guiraudie que la pièce, toute en surplomb, de Dubois... Les deux œuvres jouent sur des trajectoires circulaires, sur des éternels retours qui tentent de relancer, à chaque "tour", un nouveau désir ou un nouveau pan de condition humaine. Sur une bande son techno dramatique, Olivier Dubois fait courir, en cercle et à toute allure, ses vingt-quatre danseurs, avec des entrées et des sorties réglées au cordeau, des rythmiques effrénées impressionnantes, et un sens de la scénog

Continuer à lire

Let's dance !

Biennale de la Danse | La Biennale démarre sur les chapeaux de roue cette semaine, avec certains des spectacles que nous vous avons conseillé dans notre dernier numéro. Parmi eux, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Let's dance !

La Biennale démarre sur les chapeaux de roue cette semaine, avec certains des spectacles que nous vous avons conseillé dans notre dernier numéro. Parmi eux, s'il n'y en avait qu'un à voir, insistons encore sur cet incroyable "danseur des solitudes" qu'est Israel Galvan, explosant les codes du flamenco pour des solos existentialistes entre grotesque et tragique, sur des musiques improbables. Cette semaine sera riche d'événements parallèles à la Biennale : avec l'ouverture de la passionnante exposition Corps rebelles au musée des Confluences et le remix d'Hervé Robbe de la fameuse pièce de Maurice Béjart, Messe pour le temps présent sur la musique de

Continuer à lire

Au Comœdia aussi, faut que ça danse !

Biennale de la Danse | En préambule de la 17e Biennale de la Danse qui s’ouvre le 14 septembre, le Comœdia accueille le lundi 5 septembre à 20h l’avant-première du documentaire (...)

Vincent Raymond | Jeudi 25 août 2016

Au Comœdia aussi, faut que ça danse !

En préambule de la 17e Biennale de la Danse qui s’ouvre le 14 septembre, le Comœdia accueille le lundi 5 septembre à 20h l’avant-première du documentaire Relève : histoire d’une création, où les réalisateurs Thierry Demaiziere et Alban Teurlai suivent les coulisses de la première création de Benjamin Millepied à l’Opéra de Paris en 2015. Si les deux auteurs seront présents pour échanger avec le public, l’on annonce la venue sous réserve du danseur et chorégraphe. Voilà qui devrait donner un contrepoint intéressant à ce film et un débat forcément enlevé… Lundi 5 septembre à 20h au Comœdia, Lyon.

Continuer à lire

Le défilé de la Biennale déplacé au stade de Gerland

Biennale de la Danse | Le défilé de la Biennale de la Danse aura bien lieu le 18 septembre, mais dans l'enceinte du stade de Gerland et sur réservation préalable. La Fête des Lumières en décembre est également maintenue, même si sa forme pourrait évoluer pour les mêmes raisons liées à la sécurité.

Sébastien Broquet | Mercredi 24 août 2016

Le défilé de la Biennale déplacé au stade de Gerland

Les impératifs de sécurité auront finalement eu raison des festivités en liberté : le défilé de la Biennale de la Danse, rendez-vous populaire très attendu, aura bien lieu, mais en version "cloisonné" dans l'enceinte du stade de Gerland, le 18 septembre prochain à 16h. Et uniquement sur inscription (gratuite) au préalable : il faudra, à partir du 7 septembre, se rendre sur le site de la Biennale pour réserver sa place. 38 000 spectateurs maximum pourront assister au défilé dans l'enceinte, les autres devant se contenter de leur écran de télévision, nos confrères de France 3 diffusant l'événement en direct. Si l'esprit de la parade dans la ville s'éteint avec ce dispositif, c'était nécessaire selon le maire, Gérard Collomb, qui déclare dans un communiqué paru ce mercredi matin : « Il n’était pas question que les événements récents puissent avoir raison d’un rendez-vous aussi important et symbolique que

Continuer à lire

Le programme du défilé de la Biennale

biennale de la danse | Depuis 1996, le défilé de la Biennale de la danse est le sommet chatoyant et festif d'un "iceberg" d'un an de travail dans plusieurs quartiers du (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 16 juin 2016

Le programme du défilé de la Biennale

Depuis 1996, le défilé de la Biennale de la danse est le sommet chatoyant et festif d'un "iceberg" d'un an de travail dans plusieurs quartiers du Grand Lyon (et même au-delà). L'événement, inventé par Guy Darmet lors d'une biennale consacrée au Brésil, s'inspire des écoles de samba pour le Carnaval de Rio. Cette année, ce seront douze groupes emmenés chacun par un chorégraphe professionnel (Mourad Merzouki, Fred Bedongué, Farid Azzout...) et 5000 participants qui défileront le dimanche 18 septembre, des Terreaux à la place Bellecour, sur le thème "Ensemble". « Les participants et les spectateurs vivront un rituel où s'éprouve et se vivifie un nouveau lien entre les artistes et la population. L'art dans l'espace public, à l'usage de tous, soutient notre engagement pour la démocratisation culturelle » écrit Dominique Hervieu, directrice de la Biennale. Place Bellecour, pour la clôture du défilé, plusieurs événements auront lieu : un concert de rumba avec la pa

Continuer à lire

Une Biennale postmoderne

Biennale de la Danse | Toute Biennale de la Danse est constituée d'un mélange des genres, avec, cette année encore, du néoclassique (Thierry Malandain), du nouveau cirque (Collectif (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 juin 2016

Une Biennale postmoderne

Toute Biennale de la Danse est constituée d'un mélange des genres, avec, cette année encore, du néoclassique (Thierry Malandain), du nouveau cirque (Collectif Petit Travers), du moderne (une journée consacrée au Sacre du printemps), du people (Gallotta mettant en scène Olivia Ruiz), du foutraque (Bengolea et Chaignaud) et beaucoup de contemporain... Mais cette 17e édition (du 14 au 30 septembre) met l'accent aussi sur une ligne postmoderne où le contemporain se nourrit de la tradition, où la culture populaire s'hybride avec la culture savante. Yan Duyvendak, par exemple, propose une comédie musicale sur fond de crise économique et sociale contemporaine.

Continuer à lire

Le collectif selon Christian Rizzo

SCENES | Alors que le chorégraphe français Christian Rizzo a souvent divisé le public et la critique, sa dernière pièce dévoilée en 2013 au Festival d’Avignon a mis tout le monde d’accord. Bonne nouvelle : "D’après une histoire vraie" est programmée cette semaine à la Maison de la danse, dans le cadre du festival Sens dessus dessous. Un événement immanquable pour les amateurs comme pour les néophytes. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 24 mars 2015

Le collectif selon Christian Rizzo

Il n'existe pas que des tubes musicaux. C'est le cas aussi en danse contemporaine. Bien sûr, ces succès touchent moins de monde que la chanson d’une popstar anglo-saxonne aux millions de vues sur Youtube, mais tout de même, dans le milieu du spectacle vivant, ils arrivent à engendrer une dynamique pas si courante. En 2012, le hit, c’était Tragédie d’Olivier Dubois et ses dix-huit danseurs nus, vu la saison passée à la Maison de la danse. En 2013, c’était D’après une histoire vraie de Christian Rizzo, qui arrive cette semaine à Lyon. La comparaison entre les deux pièces prend son sens tant au niveau du rendu (l’une comme l’autre sont de véritables déclarations d’amour au corps) qu’au vu du parcours des deux chorégraphes qui, s’ils ont pu parfois violemment partager le public et les professionnels avec leur précédentes propositions, font cette fois-ci l’unanimité. Ainsi, presque deux ans après sa première représentation à Avignon et l’impressionnant bouche à oreille qui l’a entourée, la pièce de Christian Rizzo bénéficie toujours d’une immense tournée, qui rend du coup l’homme moins disponible pour les interviews – on a pu l’avoir seu

Continuer à lire

La danse à contre-pied

SCENES | Avant que la danseuse étoile Sylvie Guillem ne vienne faire ses adieux scéniques aux Nuits de Fourvière (du 29 juin eu 2 juillet), l'année 2015 sera riche en (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 janvier 2015

La danse à contre-pied

Avant que la danseuse étoile Sylvie Guillem ne vienne faire ses adieux scéniques aux Nuits de Fourvière (du 29 juin eu 2 juillet), l'année 2015 sera riche en événements chorégraphiques. C'est d'abord Anne Teresa de Keersmaeker qui viendra transmettre, pour la première fois, l'une de ses pièces à une autre compagnie que la sienne, celle du Ballet de l'Opéra de Lyon en l'occurrence (du 7 au 11 avril à l'Opéra). Il s'emparera de Drumming Live, créée en 1998 sur une partition de Steve Reich et qui entrecroise le vocabulaire abstrait et rigoureux de l'artiste belge et une énergie physique explosive. Dans le cadre de la deuxième édition du festival Sens dessus dessous (du 24 au 29 mars à la Maison de la danse), le chantre de la "non danse" Christian Rizzo présentera quant à lui D'après une histoire vraie... Soit un retour à la "danse dansée" propulsant huit danseurs sur les rythmes effrénés de deux batteurs, passant de folklores méditerranéens à de véritables transes rock et tribales. Après ses grandes frasques collectives, le chorégraphe québécois Dave St-Pierre change lui au

Continuer à lire

Le défilé de la Biennale fête ses dix ans

ACTUS | La manifestation la plus populaire de la Biennale de la danse aura lieu ce dimanche 14 septembre à partir de 14h, et déambulera entre la place des Terreaux et celle de Bellecour. Benjamin Mialot et Nadja Pobel

Benjamin Mialot | Samedi 13 septembre 2014

Le défilé de la Biennale fête ses dix ans

Initié par Guy Darmet en 1996, le défilé réunira cette année 4500 amateurs dans les rues de Lyon, soit 12 groupes venus de toute la région et encadrés par autant de compagnies professionnelles. Cette véritable parade chorégraphique – la plus grande d’Europe – a été conçue comme un retour aux sources d’inspiration du premier défilé : le carnaval de Rio, avec sa samba et ses chars colorés. Une fois n’est pas coutume, de grands noms de la danse contemporaine se mêleront à la fête. Ainsi de Denis Plassard, pour un projet impliquant 400 Turinois, autant de Lyonnais et des centaines de marionnettes crées avec la papesse du genre en France, Emilie Valantin, mais aussi de l’incontournable Mourad Merzouki (qui présentera à l’Amphi 3000 les 20 et 21 septembre Récital à 40, une relecture démultipliée de son premier spectacle, avec lequel il donna ses lettres de noblesse à la danse hip hop), des circassiens de la compagnie Virevolt (Aurélie et Martin Cuvelier) et de Bouba Landrille Tchouga. Cerise sur le gâteau, la chorégraphe sud-africaine Dada Masilo,

Continuer à lire

La saison danse en dix événements

SCENES | La saison danse 2014-2015 s'annonce aussi riche et variée que la Biennale qui l'inaugure. Voici, à ce titre, (au moins) dix rendez-vous chorégraphiques à ne pas manquer cette année.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 septembre 2014

La saison danse en dix événements

Hors-champ La chorégraphe belge Michèle Noiret (née en 1960) a été formée à l'école Mudra de Maurice Béjart. Ancienne collaboratrice  du compositeur Karlheinz Stockhausen, son écriture fine, graphique, développe une danse aérée et tonique. Elle vient à Lyon avec une pièce singulière pour cinq interprètes et un cameraman, oscillant entre danse et cinéma (les danseurs sont filmés en direct et des images projetées sur différents écrans). Hors-champ joue de passages entre écrans et plateau, corps réels et corps imaginaires, et nous plonge dans une atmosphère anxiogène, tendue à l'extrême, énigmatique. Jean-Emmanuel Denave Les 16 et 17 octobre à la Maison de la danse      

Continuer à lire

A voir et à revoir

SCENES | Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

A voir et à revoir

Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes devraient comme à leur habitue s'y jouer des frontières entre danse et contorsion. D'un côté le démiurge James Thierrée qui, quatre ans après l'insulaire Raoul, compose avec Tabac rouge (du 10 au 22 septembre au TNP) un conte baroque plein de peine et de fureur : celles d'un peuple opprimé par un roi crapoteux régnant sur un fatras de miroirs rouillés, d’échafaudages de guingois et de meubles poussiéreux. De l'autre Yoann Bourgeois, qui poursuit avec Celui qui tombe (les 20 et 21 septembre à l'Opéra), pièce pour six interprètes sur un sol mobile, ses délicates études du corps en déséquilibre. Également au programme de la grand-messe de la chorégraphie, la compagnie XY, qui avec Il n'est pas encore minuit... (aux Célestins du 12 au 18 septembre puis à Villefranche en mai), une création pour pas moins de vingt-deux acrobates, démultiplie son art du porté jusqu'au vertige, et l'ex-athlète

Continuer à lire

Biennale : faire le point, reprendre le pas

SCENES | En se donnant comme fil rouge la notion de performance, la 16e Biennale de la danse revisite le passé et interroge l'avenir. Un questionnement qui ne réduit pas la danse à son histoire, mais lui redonne son caractère toujours renaissant et intempestif. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 septembre 2014

Biennale : faire le point, reprendre le pas

Qu'est-ce qui, davantage qu'au théâtre bavard et au cirque virtuose, émeut donc toujours avec la danse ? Sa fragilité, sa fulgurance sans doute. Et, surtout, sa façon d'évoluer, d'éclore dans le pré-symbolique, le pré-verbal, sa façon de renaître toujours à nouveau, de recommencer comme si rien n'avait été réellement fait ni gagné... Chaque danse est, potentiellement, une naissance. « La danse n'entre pas dans le passé. Elle appartient toute entière au jadis. Elle sort. Elle est sortie de jadis n'arrivant nulle part. Elle ne veut ni passé ni visage ni mère ni langue ni société. Elle reste dans l'effroi, elle persiste dans le pur changement d'état. Elle n'avance pas : elle sort» écrit Pascal Quignard dans L'Origine de la danse. Son spectateur idéal ne doit donc s'attendre ni à ce qu'elle lui raconte une "histoire", ni à ce qu'elle ressemble à une autre danse. Ni même, parfois, à de la danse ! Pour renaître de ses propres cendres empesées, la danse, à plusieurs reprises, s'est rapprochée des arts plastiques et de son esprit performatif (c'est-à-dire contestataire, proche de l'improvisation, libéré des contraintes techniques et

Continuer à lire

Une Biennale sous perfs

SCENES | La seizième Biennale de la danse, toujours aussi prolifique et hétéroclite, se place cette année sous le signe de la performance et de ses avatars contemporains. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 juin 2014

Une Biennale sous perfs

Pour sa deuxième Biennale, Dominique Hervieu enfonce le clou de ses convictions et de sa sensibilité. Si sa programmation, comme celle de son prédécesseur Guy Darmet, s'ouvre à tous les styles de danse contemporaine (du hip hop avec l'incontournable Mourad Merzouki au néoclassique en passant par le flamenco avec Rocío Molina et quelques chorégraphes inclassables), elle s'enrichit d'un nombre de créations plus important (comme cette Carmen selon Dada Masilo) et, surtout, se teinte de deux ensembles thématiques : le cirque contemporain et la performance. Si le premier, notamment représenté par James Thierée et la Compagnie XY, est aujourd'hui une quasi porte enfoncée, la réflexion annoncée sur l'actualité de la seconde promet d'être beaucoup plus stimulante ! Le fil rouge tissé par Dominique Hervieu

Continuer à lire

Poupées de son

MUSIQUES | Nuits Sonores reçoit enfin le groupe par lequel tout a commencé : Kraftwerk, quatuor allemand dont les compositions matricielles ont été aux musiques électroniques ce que les chansons des Beatles furent à la pop. Retour sur quarante ans d'une carrière visionnaire. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Poupées de son

Dans Adieu au langage, Jean-Luc Godard (voir en page 6), équipé d'un dispositif stéréoscopique de son invention, nous fait redécouvrir le monde comme on ne sait plus le regarder. Autre bricoleur de génie, Ralf Hütter s'apprête lui à nous montrer celui de demain comme on ne l'a jamais vu, du fond d'un tout autre type de salle obscure : une halle de l'ancien Marché de gros, où il donnera ce dimanche avec Kraftwerk un concert en 3D, à la fois conclusion de Nuits Sonores 2014 et synthèse de quatre décennies d'incubation des musiques que le festival défend. Retour vers le futur Synthétiser justement, composer, donner matière à ce qui n'en a pas, est une obsession qu'a cultivée ce claviériste dès le conservatoire. Celui de Düsseldorf, où il rencontre au tournant des années 70 le flûtiste Florian Schneider dans un cours d'improvisation, pratique alors considérée comme un vecteur d'affranchissement de la pop anglo-saxonne par toute une génération de musiciens teutons – ironie du sort, c'est la presse musicale britannique qui baptisera ces expérimentations germanocentrées "krautrock

Continuer à lire

De battre un chœur a commencé

SCENES | Olivier Dubois présente à Lyon "Tragédie", créée au Festival d'Avignon en 2012. Une pièce-manifeste puissante et radicale, non pas en raison de la nudité des interprètes, mais par l'importance de ses enjeux et l'intelligence et la force de son écriture chorégraphique. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 février 2014

De battre un chœur a commencé

POUM, POUM, POUM, POUM... Des battements de tambour amples et réguliers résonnent dans la salle et tendent une scène baignée de pénombre pour y accueillir bientôt des cœurs singuliers, puis tout un chœur de dix-huit danseurs. Neuf femmes et neuf hommes, totalement nus, qui viendront d'abord un à un nous rencontrer dans leur marche fière, composée de douze pas aller et de douze pas retour, en alexandrins de chair et d'os. Il est immédiatement ici question d'écriture et de symboles, tout simplifiés et balbutiants qu'ils soient. «La pièce est extrêmement difficile pour les interprètes puisque tout est écrit nous indique Olivier Dubois. Et l’écriture ne lâche rien, elle devient de plus en plus complexe au fil de la représentation, d’où une demande physique de plus en plus forte. J’ai écrit toute la matière, mais je n’ai pas défini les placements du corps – le placement des mains des danseurs par exemple. C’est cette liberté dans un cadre strict qui permet aux spectateurs de rencontrer dix-huit personnes, et non une masse anonyme». Chacun pourra du coup, dans une première partie quasi-hypnotique, s'identifier à l'un ou à l'autre des danse

Continuer à lire

Retour aux sources

SCENES | Neuf danseuses et neuf danseurs, nus, entrent et sortent d'une scène baignée de pénombre, au rythme lancinant d'un tambour pendant... quarante-cinq (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 janvier 2014

Retour aux sources

Neuf danseuses et neuf danseurs, nus, entrent et sortent d'une scène baignée de pénombre, au rythme lancinant d'un tambour pendant... quarante-cinq minutes ! La première partie de la Tragédie d'Olivier Dubois (créée au Festival d'Avignon 2012 et présentée à la Maison de la danse les 26 et 27 février) annonce un début d'année chorégraphique sous les auspices du retour aux sources, qu'elles soient minimalistes et essentielles ou bouillonnantes et pulsionnelles (Tragédie se poursuit ensuite en une véritable explosion des corps). Plus posé et moins tonitruant, Emmanuel Gat prolonge avec Goldlandbergs (les 16 et 17 avril à la Maison de la danse), pièce composée à partir d'une émission radio de Glenn Gould et de son interprétation des Variations Goldberg de Bach,  ses recherches entre danse et musique, pour tendre vers une certaine pureté gestuelle, faite de délicatesse et d'extrême précision. Dan

Continuer à lire

Les moments forts de la saison danse 2013/2014

SCENES | Un Toboggan dont on ne connaît pas encore la programmation, un Ballet de l'Opéra qui reprend un génial mais énième opus de William Forsythe, une Maison de la Danse qui ouvre sa saison avec Benjamin Millepied... Le début de l'année chorégraphique n'est pas des plus fous. Les choses devraient toutefois s'arranger par la suite. La preuve en dix rendez-vous. Jean-Emmanuel Denave et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison danse 2013/2014

Limb's Theorem Créé en 1990, transmis au Ballet de l'Opéra en 2005, «le théorème des limbes» (limb pouvant aussi désigner le bord ou le membre, polysémie dont joue le chorégraphe) est l'une des pièces phares du grand William Forsythe. Inspiré par l'architecte Daniel Libeskind et les écrits du philosophe Wittgenstein, il y plonge ses interprètes dans des jeux de pénombre et de clair-obscur parmi un dispositif spatial et "machinique" complexe et parfois infernal. Le tout baigné de la bande sonore de son complice Thom Willems, oscillant entre musique et drones assourdissants. Une pièce aussi folle que réglée au cordeau, qui se tisse d'oppositions entre l'humain et la technique, la forme et le chaos, la danse et l'enfer mécanique.A l'Opéra, du 13 au 19 septembre  

Continuer à lire

Avignon - Jour 5 - Tout et son contraire

SCENES | "D'après une histoire vraie", "Drums and Digging"

Benjamin Mialot | Mardi 16 juillet 2013

Avignon - Jour 5 - Tout et son contraire

Christian Rizzo a souvent divisé notre rédaction, entre admirateurs de la ligne claire du chorégraphe et pourfendeurs d’un langage hermétique – pour rester poli. D’après une histoire vraie, sa dernière création dévoilée au Festival d’Avignon, rebat les cartes, Rizzo lui-même expliquant avoir changé sa façon de travailler. Stop aux corps frêles et au sous-texte cérébral, place à une émotion brute. Soit huit danseurs et deux batteurs, pour une pièce centrée sur les danses folkloriques de groupe, imaginée à partir d’un souvenir fort – un spectacle vu par Rizzo à Istanbul « dans lequel jaillissait un groupe d’hommes se livrant à une danse traditionnelle, complètement effrénée, avant de disparaître aussitôt ».Un jaillissement retranscrit sur scène en 1h15, dans une lente progression. D’où un spectacle qui prend du corps au fil de la représentation, emportant littéralement l’audience qui finit par se croire à un concert de rock – même si, le jour où nous y étions, personne n’a osé se lever. On ne savait pas Christian Rizzo capable d’une telle intensité, et l’on espère revoir ce spectacle en 2014/2015 dans la région – une autre pièce de Christia

Continuer à lire

Let's folk !

MUSIQUES | Où qu'il puise ses origines éparpillées, le folk aura toujours été une affaire de transmission. C'est bien là l'esprit de la double rencontre organisée à la (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 25 janvier 2013

Let's folk !

Où qu'il puise ses origines éparpillées, le folk aura toujours été une affaire de transmission. C'est bien là l'esprit de la double rencontre organisée à la Maison du Livre, de l'Image et du Son de Villeurbanne. D'abord, autour de l'ouvrage Folk et Renouveau (Le Mot et le Reste), publié en 2011 par Bruno Meillier et l'immense Philippe Robert : une plongée dans pas moins de neuf décennies d'americana, d'Harry Smith à Bon Iver, en passant par les incontournables Dylan, Donovan, Young, Jansch et consorts pour comprendre non seulement d'où elle vient mais également où elle va. À ce titre, il sera aussi utile d'aller à la rencontre de Yann Tambour, alias Stranded Horse, petit gars du Cotentin bercé au rock anglais et toqué de kora, instrument traditionnel mandingue dont la pratique est traditionnellement réservée à la caste des griots mais dont il fait son miel en même temps qu'une drôle de tambouille, entre folk, musique africaine et pop anglo-saxonne. Sur le sublime Humbling Tides, il reprenait par exemple

Continuer à lire

Motorama

MUSIQUES | Calendar (Talitres)

Stéphane Duchêne | Lundi 12 novembre 2012

Motorama

On a tous reçu un jour dans notre boîte aux lettres le prospectus d'un marabout africain comme il en existe des milliers, des prospectus en tout cas (on en connaît même qui en font collection). Lequel voyant-médium-génie-marabout promet de faire revenir l'être aimé en trois jours, de redresser les pénis tordus (un accident est si vite arrivé, et allez donc trouver un redresseur de pénis un dimanche) ou même de régler un problème informatique, bref de réduire un certain nombre de problèmes de la vie courante auxquels chacun finit un jour par être confronté. Il en existe même, ne nous demandez pas pourquoi, qui font « redémmaré les motos russes », en Français dans le texte, ce qui n'est pas la moins fascinante des facultés, vous en conviendrez. Bien sûr, encore faut-il disposer d'une moto russe et que celle-ci soit en panne. La probabilité en est il est vrai assez faible, encore que le fait de remplir la première condition (posséder une moto russe), accroît considérablement la seconde (qu'elle soit en panne). Vous avez déjà vu rouler une moto russe, vous ? CQFD.   Le fait est que le

Continuer à lire

Tournez manège !

SCENES | Malgré de beaux moments dans le "Sacre du Printemps" de Thierry Thieû Niang, la dernière semaine de la Biennale de la danse nous laisse à nouveau sur notre faim d’inédit et de créativité. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 30 septembre 2012

Tournez manège !

Au TNP la semaine dernière, il y eut une sorte de précipité (comme on dit en chimie) de l’histoire de la danse et du théâtre modernes : Patrice Chéreau, pieds nus, lisant le journal de Nijinski où celui-ci pourfend le théâtre et défend le «sentiment», peste contre Serge de Diaghilev et Igor Stravinski, ces personnages selon lui ennuyeux, prône la vie, le mouvement, l’écriture et la masturbation contre l’esprit de sérieux, la scène guindée… On aurait cru entendre Artaud dans son Théâtre de la cruauté, et on assistait alors à de singuliers courts-circuits entre les histoires du TNP, de la danse, de Chéreau, du Sacre du Printemps (dont on fêtera l’an prochain les 100 ans), de ce qui fît scandale en 1913 mais ne le fait plus, de ce qui fît modernité mais ne le peut plus… Épuisement. C’est dans la neige que se termine le récit de Nijinski et que démarre alors la musique du Sacre de Stravinski et s’ébranle le "tournez manège" de vingt-quatre danseurs amateurs âgés. Une belle spirale sans fin plutôt émouvante, un mouvement en hélices multiples non sans charme, des corps fatigués mais fiers, précis et poignants…

Continuer à lire

Pour le meilleur et pour le pire

SCENES | La deuxième semaine de la Biennale de la danse peut se résumer à ces quelques mots : une immense déception, un ovni sur-vitaminé et… Galvan ! Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 24 septembre 2012

Pour le meilleur et pour le pire

C’est peu dire que nous avons été déçus par la nouvelle création de Maguy Marin. Une vraie gueule de bois. Une artiste méconnaissable. Ses Nocturnes pour six danseurs reprennent la scénographie de ses deux dernières chorégraphies, Salves et Faces : une alternance d’instants éclairés et de fondus au noir, une succession d’images-corps arrachées à l’obscurité. Mais ici nulle tension, nulle résistance, nul affect, nulle élaboration dramaturgique, seulement des images éparses et fades, évoquant ici et là l’actualité internationale ou le passé et les racines de Maguy Marin. Voire des images d’Epinal : une sorte de berger méditerranéen mangeant une grappe de raisin sur une pierre, une prostituée hélant le client en allemand et forcément issue de Hambourg, deux jeunes filles minaudant dans le cadre d’une soirée pyjama, une ballade insipide à la guitare pour nuit au coin du feu… Pire, la chorégraphe s’englue dans des coups de gueule faciles ou même douteux sur l’Europe avec les méchants Allemands et les gentils Grecs par exemple. Sur le devant de scène, elle a placé deux tourne-disques avec des 33 tours rayés, tout un symbole ! Galvan

Continuer à lire

Images à vendre

SCENES | La Biennale de la danse démarre lentement voire laborieusement avec deux spectacles surfaits : du butô frelaté signé Sankaï Juku, et un solo de Jan Fabre en manque d’inspiration… Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 15 septembre 2012

Images à vendre

La première semaine de Biennale a été marquée du sceau du rituel… Rituels butô, rituels traditionnels balinais (pas vus), rituel funéraire à la sauce Jan Fabre… Comme nous le redoutions, le choc Sankai Juku (célèbre compagnie butô japonaise) a bien eu lieu à l’Opéra et sonnait aussi creux sur scène qu’un supplément d’âme frelaté pour public occidental crédule. Dans des décors et des lumières certes superbes, la création Umusuna nous proposait rien moins que de remonter aux origines mystérieuses de la vie. Avec Sankai Juku, même les larves (des danseurs poudrés de blanc se tortillant au sol sur une sorte de musique new-age bidon, tendance Ushuaïa) sont jolies et fréquentables ! Tournicoti tournicoto, gesticulations vers le ciel par ci par là, cris étouffés à la Munch accompagnés parfois de claquements de mâchoires pour mieux gober d’invisibles mouches, les rituels de pacotille d’Ushio Amagatsu sont de jolies images à vendre (et bien vendues du reste) sans qu’il n’en émane la moindre émotion ni le moindre trouble. Jan Fabre sans caféine Le Flamand Jan Fabre présentait quant à lui sa dernière conquête féminine (la danseuse Annabelle Chamb

Continuer à lire

Biennale de la danse, mode tri sélectif

SCENES | Une grande dame «Je travaille toujours sur les mêmes choses : la mémoire, le vivre ensemble, la question de l’Histoire aussi, de ce qu’on nous a (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 7 septembre 2012

Biennale de la danse, mode tri sélectif

Une grande dame «Je travaille toujours sur les mêmes choses : la mémoire, le vivre ensemble, la question de l’Histoire aussi, de ce qu’on nous a transmis, de ce qu’on va nous transmettre», déclare Maguy Marin en préliminaire de sa prochaine pièce au contenu, comme d’habitude, soigneusement tenu secret. Soyons francs : tous les deux ans, pour nous, il y a à Lyon deux événements : la Biennale de la danse ET la nouvelle création de la chorégraphe. Umwelt, Turba, Salves sont les trois dernières gifles artistiques reçues faisant encore circuler notre sang critique et notre goût des corps, des mots (il y a souvent des bribes de textes chez Maguy Marin) et de la musique (signée par le fidèle et talentueux Denis Mariotte) servis sur un plateau par une mise en scène aussi tendue que précise. En plus de sa création présentée au TNP du 19 au 25 septembre, Maguy Marin connaît une actualité richissime : la sortie ce mois-ci d’un ouvrage de Sabine Prokhoris sur son travail (Le Fil d’Ulysse – Retour sur Maguy marin, éditions Les Presses du réel), une journée-rencontre autour de ce livre au Café Danse le samedi 15 septembre

Continuer à lire

Le baptême de Dominique Hervieu

SCENES | 34 compagnies internationales, 38 spectacles, 147 représentations… Pendant 18 jours, la 15e Biennale de la danse déploiera sa programmation riche, variée, efficace. Et pour sa première édition, la chorégraphe Dominique Hervieu conserve la ligne artistique de son prédécesseur Guy Darmet. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 7 septembre 2012

Le baptême de Dominique Hervieu

Tous les deux ans pour la Biennale de la danse, nous pourrions écrire à peu près le même article. En résumé : un événement de grande qualité, s’adressant à des publics divers à travers des propositions artistiques tout aussi variées. Cette année : du hip-hop de Mourad Merzouki aux claquettes irlandaises de Colin Dunne, des spectacles traditionnels de Bali à la danse-image chiadée et drôle de Philippe Decouflé, du néo-clacissisme de Jiří Kylián aux danses basques, et même jusqu’au théâtre ado de David Bobée ou aux tours de magie de la Cie 14:20. Avec le passage de témoin de Guy Darmet (parti à la retraite) à Dominique Hervieu, on s’attendait à de petites variantes… À tort : on ne change ni une équipe qui gagne, ni une programmation qui attire moult spectateurs et met tout le monde d’accord… Ne soyons pas bégueule ni tatillon et profitons, donc, de ce grand shoot chorégraphique bariolé. L’Éternel retour a du bon notait Nietzsche, l’un des rares philosophes à se préoccuper de chorégraphie et à ne pouvoir croire qu’en un dieu qui sache danser. Ô mon dieu !

Continuer à lire

Dimanche, c’est défilé

SCENES | Petit changement cette année : le défilé aura lieu quelques jours avant le début de la Biennale de la danse (qui commence le 13 septembre), et sera chorégraphié (...)

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 27 août 2012

Dimanche, c’est défilé

Petit changement cette année : le défilé aura lieu quelques jours avant le début de la Biennale de la danse (qui commence le 13 septembre), et sera chorégraphié par Dominique Hervieu et Mourad Merzouki. Entre la place des Terreaux et la place Bellecour, dimanche 9 septembre à 14h30, 4 500 participants amateurs danseront sur le thème «Entre ciel et terre». Le tout se terminera avec un extrait d’un spectacle de Mourad Merzouki et une invitation à entamer une tarentelle collective ! JED

Continuer à lire

Nuits sonores – Dimanche 20 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 5.

Benjamin Mialot | Lundi 21 mai 2012

Nuits sonores – Dimanche 20 - Report

L'envie n'y était plus. Dans le même état d'inadéquation au monde et de fatigue émotionnelle qu'un explorateur de retour d'un continent jusqu'alors inconnu, on ne se voyait pas embarquer pour une nouvelle destination. Il y avait encore tant à découvrir de la première. Surtout, on ne voyait pas comment New Order, malgré toute la symbolique entourant sa venue, allait pouvoir soutenir la comparaison avec le parangon d'hédonisme que fut la nuit précédente. C'est le concert de Mudhoney qui a commencé à nous ouvrir les yeux. Un vrai beau concert de rock'n'roll, économe en artifices et généreux en décibels, donné dans le club du Transbordeur devant un petit comité d'enthousiastes du Seattle sound. Tout ce qu'on attendait, en somme, des guignolos with an attitude que ce sont révélés être les cautions électriques des NSDays. De New Order, «simple» légataire de Joy Division devenu dès sa troisième année d'existence (soit en 1983) l'une des formations les plus influentes de la planète, on n'attendait en revanche pas grand-chose. En tout cas ri

Continuer à lire

Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

SCENES | 15e Biennale de la danse et première biennale sans Guy Darmet, son fondateur, mais sous la houlette de Dominique Hervieu. Pour son premier opus très attendu, la chorégraphe a mis l'accent sur la création (une vingtaine environ) et poursuit par ailleurs l'esprit d'ouverture défini par son prédécesseur. Jean-Emmanuel Denave

Christophe Chabert | Mardi 10 avril 2012

Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

En septembre, sur une période plus resserrée, la 15e Biennale de la danse proposera un panel large de «toutes» les danses : du hip-hop de la Cie Käfig ou de Mortal Combat au néoclassicisme de Jiri Kylian (reprise de One of a kind par le Ballet de l'Opéra), en passant par le buto japonais (Ushio Amagatsu de la célèbre Cie Sankai Juku créera une nouvelle pièce à l'Opéra), les danses balinaises de la Troupe des artistes de Sebatu s'inspirant d'Antonin Artaud, les chorégraphies très plasticiennes de Rachid Ouramdane, la danse engagée et survitaminée de la sud-africaine Robyn Orlin, le flamenco puissant et radical du génial Israel Galvan, un spectacle du Ballet Preljocaj s'inspirant d'un écrit de Laurent Mauvignier, un solo concocté par le sulfureux Jan Fabre ou l'imagerie baroque de Philippe Decouflé... Comme à l'accoutumée et pour

Continuer à lire

Christian Rizzo, bio express

SCENES | 1965 : naissance à CannesFin des années 1980 : monte un groupe de rock à Toulouse, crée une marque de vêtements, puis formation à la Villa Arson à NiceAnnées 1990 : (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 28 octobre 2010

Christian Rizzo, bio express

1965 : naissance à CannesFin des années 1980 : monte un groupe de rock à Toulouse, crée une marque de vêtements, puis formation à la Villa Arson à NiceAnnées 1990 : interprète chez Mathilde Monnier, Hervé Robbe, Mark Tompkins...1996 : fonde sa compagnie L'Association fragile et présente ses premières performances, objets dansants et solos...2004 : création de «Autant vouloir le bleu du ciel et m'en aller sur un âne» ; et avec le ballet de l'Opéra de Lyon de «Ni fleurs ni Ford mustang»2006 : «Jusqu'à la dernière minute, on a espéré que certains n'iraient pas»2009 : «Ni cap ni grand canyon» avec le Ballet de l'Opéra de Lyon2010 : création à Lille de «L'Oubli, toucher du bois», et mise en scène de trois opéras à Toulouse, «Erwartung» et «Pierrot Lunaire» de Schönberg, «La Voix humaine» de Poulenc

Continuer à lire

Corps fragiles

SCENES | Danse / Dans «L'Oubli, toucher du bois», Christian Rizzo épure son univers plastique, mise davantage sur les corps et les mouvements des danseurs, tout en explorant toujours les mêmes questions : la fragilité, la disparition, la finitude. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 28 octobre 2010

Corps fragiles

Jérôme Bel, Alain Buffard et Christian Rizzo forment un trio emblématique de ces chorégraphes français, nés dans les années 1960, qui ont été fortement marqués par les arts plastiques, par les «performeurs» des années 1970 en particulier (Vito Accounci, Bruce Nauman dont on peut voir actuellement des œuvres au Musée d'art contemporain et beaucoup d'autres). Eux-mêmes ont beaucoup utilisé la forme de la performance, parfois aussi celle de l'installation, préférant fouiller les possibilités du corps et sa présence «brute», plutôt que sa virtuosité et ses mouvements «dansés». Aujourd'hui, Jérôme Bel continue à déconstruire avec humour l'espace scénique et à briser les barrières artistiques, collaborant par exemple avec Anne Teresa de Keersmaeker dans «3Abschied», en s'attelant à la musique de Mahler et à la question de la mort. Buffard, dans sa dernière création ironiquement intitulée «Tout va bien», se dirige de plus en plus vers le texte et le théâtre, avec des pièces toujours déclenchées par ses colères devant l'état du monde. Christian Rizzo tente quant à lui de se détacher de l'image de «chorégraphe plasticien» qui lui colle à la peau, notamment depuis 2009 et sa deuxième créatio

Continuer à lire

Chronique d'une biennale 4/4

SCENES | Danse / William Forsythe et les sœurs Sagna ont conclu avec force la Biennale 2010. Mêlée aux techniques néoclassiques ou au théâtre, la danse poursuit ici son œuvre de trouble, d'inquiétude, de dérèglement du sens et des figures du corps... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 3 octobre 2010

Chronique d'une biennale 4/4

Après la grande débauche de spectacles bien ficelés et aseptisés de la semaine passée, William Forsythe est arrivé à point nommé. Pour remettre les pendules à l'heure, débarrasser la danse de son clinquant et lui rendre sa puissance d'émotion et de représentation des fragilités humaines. Le chorégraphe a transmis deux de ses pièces au talentueux ballet de l'Opéra de Lyon, qui en comptait déjà huit à son répertoire. Sur des duos pour violons de Luciano Berio, souvent secs et râpeux, "Workwithinwork" (1998) enchaîne des variations de mouvements et de configurations (duos, trios, etc.) sur une base technique néoclassique. Avec ces grands «cassés» à la Forsythe, cette façon aussi de fendre l'air comme avec des membres de métal, et cette énergie qui explose soudain du centre des corps comme des décharges électriques. L'écriture chorégraphique est complexe, abstraite, saisissante. Beaucoup plus expressive et mélancolique, "Quintett" (1993) est une pièce-lettre d'adieu de Forsythe à son épouse mourante. La voix éraillée de Tom Waits répète en boucle «Jesus'blood never failed me yet», cinq danseurs sortent et rentrent dans une fosse, leurs mouvements urgents butant toujours contre quelque

Continuer à lire

L'uppercut !

SCENES | Danse / Pour sa nouvelle création, Mourad Merzouki revient à ses premières amours : les arts de combat qu’il mêle au cirque en n’oubliant pas le hip-hop. Avec "Boxe Boxe", il ne renie rien de son parcours et l’enrichit aussi de la présence sur scène du détonnant Quatuor Debussy. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 27 septembre 2010

L'uppercut !

Baignée de noir, la scène s’illumine doucement pour laisser poindre quelques étoiles. Des hululements sont les premiers sons de la nouvelle création de Mourad Merzouki avant que ne se fasse entendre Schubert par le quatuor Debussy (deux violons, un violoncelle, un alto). Nous sommes loin de la folle énergie qui se dégageait de l’incroyable spectacle "Agwa" ou de son jumeau dansé par des Brésiliens, "Correria". "Boxe Boxe" est une pièce de cordes, celles du ring, et celles travaillées par les musiciens sur leur instrument. C’est une partition qui ramène le chorégraphe de Käfig au sens premier de la signification du nom de la compagnie en allemand et en arabe : la cage. Au commencement, les corps des danseurs sont prisonniers, condensés dans une cage-ring. Seuls des gants de boxe tendus au bout de leurs bras en dépassent et entament une chorégraphie, comme des marionnettes. Suivent des duos clownesques où Merzouki délaisse le travail physique intense au profit d’un découpage des gestes, comme un film muet au ralenti. De cinéma, il est d’ailleurs question tout au long du spectacle qui utilise l’impressionnante ouverture et profondeur de scène de la Maison de la danse. Les musiciens év

Continuer à lire

Chronique d'une biennale 3/4

SCENES | Danse / Après un début éclatant, la Biennale déçoit et patine sur des spectacles superficiels. Avec une danse qui gesticule et parade, sans propos, enjeu, ni même recherche purement formelle... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 24 septembre 2010

Chronique d'une biennale 3/4

Alors que Catherine Diverrès, Pina Bausch et Maguy Marin ont mis en doute, renversé, fragmenté, pour ne pas dire fracassé, l'espace scénique en début de biennale, d'autres continuent à occuper les plateaux comme si rien ne s'était passé dans la petite histoire de la danse comme dans la grande du monde contemporain. Comme si aucun fil ne s'était rompu. Comme si une scène restait un terrain de jeu pour grands enfants, en vue d'un divertissement «classe» ou «cool». Scène où l'on se raconte de petites anecdotes entre soi, échange de belles images, et où l'on fait briller les chromes des scénographies. Le pompon revient à Bill T. Jones qui a livré un hommage au président Abraham Lincoln (1809-1865) sous forme d'une comédie musicale bien huilée (danseurs et musiciens de haut vol, effets vidéo parfaits), mais aux propos courus d'avance (la démocratie, l'abolition de l'esclavage, la guerre...), et dénuée du moindre enjeu sensoriel ou intellectuel. Un «show» aussi lisse et aseptisé que celui d'Olivier Dubois, incarnant la figure de Frank Sinatra en compagnie d'une danseuse. Les chansons sont belles, les danseurs virevoltent admirablement bien, le spectateur s'assoupit avec un petit sourire

Continuer à lire

Chronique d'une Biennale (1/4)

SCENES | Danse / La Biennale de la danse a débuté fortissimo avec une création âpre et puissante de Catherine Diverrès et la présence revigorante et toujours inventive de Trisha Brown au Musée d'art contemporain... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 13 septembre 2010

Chronique d'une Biennale (1/4)

Alors que la communication visuelle de la Biennale affiche un rose optimiste et que son défilé se déroulait sous la bannière de «La vie en rose» de Piaf, la première création attendue de cette édition nous a semblé particulièrement sombre. Elle est signée Catherine Diverrès, chorégraphe née en 1959 et formée auprès de Maurice Béjart, Dominique Bagouet et Kazuo Ohno, l'un des fondateurs du butô au Japon. "Encor" (titre calqué sur celui de la Biennale) se compose (et se décompose) d'une multitude de fragments ou tableaux, cheminant en tous sens parmi l'histoire de la danse. Comme une suite de Bach. Cinq interprètes impressionnants incarnent aussi bien des danseurs en tutu échappés d'un "Lac des Cygnes", des figures baroques ou classiques, que des «primitifs» dénudés ou des citadins entamant un madison. Catherine Diverrès, avec une précision et un art du «montage» magistraux, entrelace des univers disparates, des émotions opposées, des musiques hétérogènes (de la variété au classique en passant par la voix de Godard)... Et juxtapose des personnages aux présences fantomatiques avec l'énergie pure et effrénée d'autres danseurs déboulant comme des tornades sur scène. C'est un combat non

Continuer à lire

Biennale de la danse 2010

SCENES | Pendant un mois, Lyon va vivre au rythme de la danse. Passage en revue des grands axes de la Biennale 2010 et des invités de marque qui émaillent sa programmation...Jean-Emmanuel Denave

Dorotée Aznar | Mercredi 8 septembre 2010

Biennale de la danse 2010

Une biennale en corpsPendant un mois, Lyon va vivre au rythme de la danse. Passage en revue des grands axes de la Biennale 2010 et des invités de marque qui émaillent sa programmation...Jean-Emmanuel DenaveCôté chiffres, la 14e Biennale de la danse reste incontestablement un événement imposant avec plus de 7 millions d'euros de budget, 57 pièces présentées, 40 compagnies invitées, 34 lieux de représentation et plus de 80 000 spectateurs attendus (84 000 en 2008, même s'il s'agit là du nombre d'entrées et non d'individus différents). On notera aussi le nombre élevé de créations, dix-sept au total, faisant de l'édition 2010 une édition pleine d'inconnues. Côté artistique, Guy Darmet persiste et signe, pour sa dernière Biennale, une programmation hétéroclite, ne défendant aucune chapelle particulière, et passant allègrement du hip-hop au flamenco, de la danse contemporaine la plus âpre aux ballets les plus fleuris, de grandes figures historiques internationales aux chorégraphes locaux moins connus. Dominique Hervieu, qui lui

Continuer à lire

Une biennale en corps

SCENES | Pour sa 14e et dernière biennale de la danse en tant que directeur artistique, Guy Darmet s'offre et nous propose une multitude de têtes d'affiche... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 16 avril 2010

Une biennale en corps

On a cru, espéré, un instant que la prochaine Biennale de la danse porterait sur le séminaire de Jacques Lacan, «Encore», et donc sur la jouissance et l'amour... Mais si Guy Darmet a choisi pour sa dernière biennale le titre «Encore !», c'est simplement pour signifier que l'aventure du festival continuera après son départ (avec la chorégraphe Dominique Hervieu qui a été nommée à sa succession et dirigera l'édition 2012), et en hommage au public qui, souvent, en redemande (bis !). Pas de thème ni de découpage géographique donc pour la biennale 2010, mais un joli bouquet final réunissant de grands noms de la scène chorégraphique contemporaine, et beaucoup de jeunes pousses prometteuses. Parmi les réjouissances annoncées, honneur aux grandes dames de la danse... Le «Tanztheater Wuppertal» reprendra l'une des pièces phares de sa fondatrice, Pina Bausch décédée en 2009. Nelken, créée en 1982, réunit sur un plateau couvert d'œillets une vingtaine d'interprètes, deux chiens-loups et quelques cascadeurs pour un mélange de danse et de théâtre sous haute tension et un cadre idyllique allant se dégradant... Trisha Brown, figure de proue de la «post-modern dance» américaine, aura à 74 ans une

Continuer à lire

Coup de théâtre à la Maison de la Danse

CONNAITRE | Politiques culturelles / Tous les candidats peuvent remballer leurs dossiers et aller se rhabiller, c’est finalement la chorégraphe Dominique Hervieu qui remplacera Guy Darmet à la tête de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse à partir du premier janvier 2012.

Dorotée Aznar | Lundi 8 mars 2010

Coup de théâtre à la Maison de la Danse

La nomination de Dominique Hervieu, actuellement Directrice du Théâtre National de Chaillot, annoncée officiellement vendredi 5 mars, a de quoi surprendre, sachant que la chorégraphe ne s’était pas portée candidate à l’appel d’offre international lancé par la Maison de la Danse pour la succession à Guy Darmet. Le nom de la chorégraphe, également membre du Conseil de la création artistique institué et présidé par Nicolas Sarkozy, a en fait en effet été proposé par «la Ville de Lyon et le Grand Lyon, après concertation avec les collectivités territoriales concernées et avec Monsieur Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication», selon le communiqué officiel. Guy Darmet, qui a créé la Maison de la Danse il y a trente ans, s’est félicité du choix de cette chorégraphe qui saura garder un «esprit d’ouverture» et «rassembler le plus large public». En attendant l’arrivée de son successeur, l’actuel directeur restera en fonction, jusqu’au 31 décembre 2011. Dorotée Aznar

Continuer à lire