Hansel et Gretel : la crise des contes

Théâtre de la Croix-Rousse | Et si Hansel et Gretel étaient de vieilles personnes mises au ban d'une société individualisée parce qu'en crise ? La compagnie La Cordonnerie amène ce succulent – quoiqu'amer - spectacle créé en 2015 à la Croix-Rousse, et c'est une bonne nouvelle !

Nadja Pobel | Mardi 13 décembre 2016

Photo : © DR


Ça s'appelle une recette. Ce pourrait être rébarbatif, paresseux ; c'est tout le contraire. Il en va de la compagnie La Cordonnerie comme des grands chefs : ils perfectionnent leur savoir-faire. Les ingrédients ? Des personnages connus de tous (Hamlet, Blanche-Neige, Hansel & Gretel), une réécriture contemporaine, un film muet, avec mise en parole, bruitage et musique en live sur un plateau de théâtre pendant qu'est projetée la vidéo.

Déjà passé avec Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin fin juin à la Croix-Rousse (voir ci-dessous) et cet automne à la Renaissance avec la formidable et très étonnante Udo, version décalée et réduite de Blanche-Neige, centrée sur le père de cette héroïne Disney, voici que cette compagnie revient avec son spectacle précédent, cet Hansel et Gretel, presque deux ans au compteur et toujours bien arrimé au réel.

Chaussures à leurs pieds

Comment aujourd'hui la solidarité se fracasse-t-elle sur la pauvreté ? Que partager quand il n'y a plus rien ? Les liens humains n'étant pas solides envers et contre tout ; quand Barbara, véritable aigle noir (lunettes, cheveux, vêtements aussi ébènes que sa cousine Blanche-Neige), vient perturber l'existence modeste, dans une caravane, de Jacob l'intérimaire au chômage (double peine) vivant avec ses deux parents, des magiciens retraités, c'est le profit qui fait irruption, l'amour entre les deux trentenaires ne faisant pas illusion.

Mix entre La Loi du marché de Stéphane Brizé et la version éblouissante (et richissime) qu'en a faite Laurent Pelly à l'Opéra de Lyon, cet Hansel et Gretel pointe que les victimes sont les êtres âgés, supposés inutiles car retirés de la chaîne de production de la société, comme l'étaient les enfants dans les contes de Grimm. Juste bons à consommer, ils doivent être éliminés.

Même si la séquence de la perte dans la forêt se jouant deux fois est un peu longue dans la première moité de cette histoire d'une heure, elle permet à Samuel Hercule et Métilde Weyergans de poser ces figures particulièrement bien soignées – la maîtrise esthétique étant une constante de leur parcours. Aveuglée au sens propre comme au figuré par son égoïsme, cette pièce rapportée propose – à peine arrivée mais bouche à nourrir de plus – de tuer et manger la poule, pourtant compagne de sa nouvelle famille qui lui offre l'hospitalité.

Cette cruelle réalité, simple et à portée des enfants qui sont, autant que les adultes, le public auquel sont destinées ces créations, n'est pas dénuée de rêverie et loufoquerie (ah le pédalo-cygne !), en premier lieu parce que le film n'écrase jamais l'utilisation du plateau et la croyance qu'ont Métilde et Samuel en l'art de la scène.

C'est parce qu'il y a un travail chaque soir recommencé que le film prend sa force, porté notamment par la musique créée par Timothée Jolly (longtemps compagnon de route d'Emmanuel Meirieu, déjà sur des contes déstructurés comme Alice au pays des horreurs) : une symphonie de percussions. L'art de l'acteur est au cœur de leur œuvre, que ce soit sur le film (ah, la présence Michel Cremadès, grande figure du cinéma populaire français !) ou directement sur les planches : Métilde, fille du romancier franco-belge François Weyergans, est comédienne de formation, tout comme son acolyte Samuel, issu du compagnonnage des Trois Huit à Lyon et par ailleurs cinéaste. C'est à Cannes où était présenté l'un de ses courts-métrages qu'il se sont rencontrés au début des années 2000, avant de faire route commune dans cette compagnie depuis 2003. Prochaine étape, dans la même veine : Don Quichotte.

Hansel et Gretel
Au Théâtre de la Croix-Rousse jusqu'au mercredi 21 décembre

En mode livre

C'est en voyant le spectacle Blanche-Neige ou le mur de Berlin que la directrice de la jeunesse des éditions La Ville brûle, Marianne Zuzula, a eu l'envie de le transformer en livre. Vient donc de paraître le premier roman-photo, en l'occurrence un "ciné-roman", de La Cordonnerie. Composé de centaines d'images extraites du film de la pièce, cet ouvrage est dialogué et permet de retrouver l'histoire de cette famille recomposée logée en HLM (bien nommé Le Royaume !), qui, à l'adolescence de la belle-fille (Blanche donc), se corse, rébellion comprise. Comme dans le travail scénique du duo d'artistes, de nombreux passages sont silencieux, prenant le temps d'installer ce récit retors dans notre époque. Et plus précisément ici, dans un monde opérant, comme Blanche et sa belle-mère, une réunification.


Hansel et Gretel

D'après les frères Grimm, par La Cordonnerie. Hansel et Gretel ne sont plus des enfants dont les parents veulent se débarrasser, mais deux personnes âgées
Théâtre de la Croix-Rousse Place Joannès Ambre Lyon 4e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Au Théâtre de la Croix-Rousse, La Cordonnerie s'empare de Shakespeare

Théâtre | Un ciné-spectacle buissonnier et attachant concocté par La Cordonnerie : à voir au Théâtre de la Croix-Rousse cette quinzaine.

Nadja Pobel | Mercredi 22 septembre 2021

Au Théâtre de la Croix-Rousse, La Cordonnerie s'empare de Shakespeare

Elle a un corps de sportive (elle est pongiste) qu’on ne voit pas ; il a un corps ramolli par une vie sédentaire arrimée à sa machine à écrire, visible. Ils vivent dans des mondes séparés par un pont à hauban et ne devraient jamais se rencontrer. Pourtant, ils vont s’aimer. Mais ça ne suffira à aboutir à un happy end. Loin de Vérone, au Havre, Romy et Pierre tentent d’aller à l’encontre d’une société hostile voire ségrégationniste. Dans cette nouvelle création de la compagnie La Cordonnerie, née en 1997 — c'est leur huitième ciné-spectacle —, il n’est pas fait de référence explicite à une période historique comme cela avait pu être le cas avec leur Blanche-Neige au temps du Mur de Berlin. Et c’est en partie sa force. Othello, le chat Les personnages qu’ont inventé Samuel Hercule et Métilde Weyergans gagnent à être intemporels et « puisqu’il est trop tard pour êtr

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La Cordonnerie, des contes en triple

Théâtre | Toujours en vadrouille à travers la France, les Lyonnais de la compagnie La Cordonnerie sont régulièrement rappelés par le théâtre de la Croix-Rousse qui leur offre un jubilé début novembre avec la reprise de trois de leurs ciné-concerts : des contes distordus avec brio.

Nadja Pobel | Mardi 15 octobre 2019

La Cordonnerie, des contes en triple

Depuis le début des années 2010, les tubes s'enchaînent pour La Cordonnerie. Ils ont leur recette qui, loin de s'affadir, prouve de création en création qu'elle contient les bons ingrédients. Ainsi Métilde Weyergans et Samuel Hercule fabriquent-ils des ciné-spectacles à partir des contes, voire en tirant Shakespeare et Cervantès par la manche ((Super) Hamlet repris dans cet hommage et Dans la peau de Don Quichotte). En 2015, ils livraient Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin, qui sera joué ici le jour même de la célébration de ce trou percé dans la capitale allemande le 9 novembre 1989. Le Théâtre de la Croix-Rousse y adjoint judicieusement dans la foulée un concert de Rostropovitch par le Quatuor Debussy. En ce jour historique, le Russe avait attrapé son violoncelle pour interpréter Bach au pied de ce pan de la honte. Il était une fois Mais pour entamer cette rétrospective du duo lyonnais, Hansel et Gretel reviennent. Ce ne sont pas les enfants de Grimm mais un couple de vieux. Ils ont été magiciens, stars de l'émission La Piste aux étoiles

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Au bout des contes : et pour les enfants, quelles pièces réserver ?

Conte | Loin du théâtre collé à l’actu, d’autres artistes ont choisi les contes et s’adressent aussi aux petits. Mais leur propos n’est pas si déconnecté du réel qu’il n’y paraît.

Nadja Pobel | Mardi 10 septembre 2019

Au bout des contes : et pour les enfants, quelles pièces réserver ?

Drôle, sombre, grinçant et pour tout dire ébouriffant est la Blanche-Neige, histoire d’un prince (au Théâtre de la Croix-Rousse en janvier) de Michel Raskine qui a fait les beaux jours du In d’Avignon cet été. L’autrice Marie Dilasser y a incorporé ses préoccupations sur l’écologie, a détourné le genre et avec un castelet de marionnettes (101 nains dont Lèche-botte), l’ancien directeur du théâtre du Point du Jour livre aux enfants une fable parfaite. Joël Pommerat lui ne signe pas la suite de Ça ira mais sa nouvelle création, Contes et légendes (au TNP en décembre), se fera avec des enfants confrontés aux adultes et androïdes pour tenter de comprendre de quoi demain sera fait. Autre conte pour les grands cette fois, celui de Desplechin, Un Conte de Noël (au Radiant, via une programmation Célestins et Théâtre de la Croix-Rousse, en février) sera créé par Julie Deliquet. Le plus brillant des cinéastes français qui se délecte de mises en scène théâtrales occasionnellement, à la Comédie-Française (Père en 2015, Angels in America

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Dans la peau de Don Quichotte : lutter contre les moulins à vent

Théâtre | C'est un ciné-spectacle sans cesse recommencé que la compagnie La Cordonnerie déroule depuis vingt ans. Avec des contes, puis aujourd'hui Don Quichotte, elle signe des fables plus politiques qu'elles en ont l'air. En musique live, vidéo, bruitages de doublage de voix au plateau. As usual.

Nadja Pobel | Lundi 30 avril 2018

Dans la peau de Don Quichotte : lutter contre les moulins à vent

Hansel et Gretel étaient de vieilles personnes mises au ban de la société avant même que Macron ne rabote les petites retraites, Blanche-Neige se barrait de sa tour HLM et trouvait refuge loin de la cité. Don Quichotte est sorti du livre d'une bibliothèque de Picardie (tiens tiens, région du président en chef de notre beau pays) lors du supposé bug du passage à l'an 2000 et parcourt les routes sur sa Rossinante de bicyclette accompagné d'un Sancho Panza bienveillant face à la douce folie de cet homme amoureux d'une médecin psychiatre. Au départ, il est pourtant Michel Alonzo qui a entrepris de résumer tous les livres de la médiathèque où il travaille afin de les préserver. Mais au XXIe siècle, devenu cet énergumène du Moyen-Âge, il est transformé en bête de foire, un SDF un peu dérangeant, moqué voire humilié par un édile peu amène qui dirige sa commune comme une entreprise et esti

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C'est à l'heure de partir à l'imprimerie que nous découvrons le magnifique Udo complètement à l'est, prequel de Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin. La Cordonnerie, qui s'est fait une spécialité de transposer des contes sur scène avec vidéos bruitées, dialoguées en direct, fabrique là un court spectacle de moins d'une heure épatant. Mentionné dans le livre mais jamais raconté, le roi, père de Blanche-Neige, livre sa vie de circassien en Russie, loin de sa fille adorée. Trouvailles vidéo, recherches sonores, voici un condensé de ce que cette compagnie sait faire de mieux. Au théâtre de la Renaissance d'Oullins, du 25 au 27 octobre à 16h (dès 8 ans).

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Avec les kids | Rien ne sert de gaver les petits (comme les grands) de théâtre au risque de faire une indigestion. Mieux vaut piocher astucieusement du côté du retour de (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

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Rien ne sert de gaver les petits (comme les grands) de théâtre au risque de faire une indigestion. Mieux vaut piocher astucieusement du côté du retour de L'Après-midi d'un foehn de Phia Ménard (La Mouche, 23 novembre) ou de Petit bain (du 7au 11 février) du très inventif Johanny Bert capable de faire un spectacle pertinent même avec des post-it®. Ici, il reconstitue une montagne de mousse avec une petite marionnette, allégorie d'un jeu éphémère pour les enfants dès 2 ans. Le spectre de l'enfance se fait de plus en plus large : Joris Mathieu accueille au TNG le très délicat spectacle (dès 16 ans) de Myriam Marzouki, Ce qui nous regarde, où est interrogé avec délicatesse (oui c'est possible) le port du voile. Le jeune directeur lance également son festival biennal, Nos futurs, qui s'étalera jusqu'à Noël avec des spectacles — souvent à l'adresse des ados — ayant trait à demain pour « mieux affronter le r

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Une Blanche Neige détricotée par La Cordonnerie

Théâtre de la Croix-Rousse | Extraite du conte, Blanche Neige se cogne au réel. Et comme toujours avec le talent de la compagnie la Cordonnerie, cela fait du bruit ; ou plutôt des bruitages, magnifiquement pensés et réalisés.

Nadja Pobel | Mercredi 1 juin 2016

Une Blanche Neige détricotée par La Cordonnerie

Bienvenue au royaume ainsi nommé « par des architectes qui n'avaient pas peur du ridicule » car, très loin de l'univers parfois inquiétant mais toujours enchanté de Disney, celui-ci est fait de béton. Gris. Depuis qu'il a monté la Cordonnerie en 1997, Samuel Hercule — avec Métilde Weyergans qui l'a rejoint en 2003 — détricote les hits des enfants. Ali Baba, Barbe Bleue, Hansel et Gretel (à la Croix-Rousse à Noël prochain) passent à la centrifugeuse de ces deux artistes pour être transformés en objet vidéo et sonore. Un film projeté en fond de scène montre cette gamine « qui n'est pas blanche comme neige » en lutte avec sa mère, 42 ans, hôtesse de l'air, élevant mal an mal an une ado gothique mâchant du chewing-gum, casque vissé sur les oreilles, préfèrant fuguer dans la forêt que rester dans sa cité. Que fait le bruit des feuilles mortes sous les pas de Blanche ? Celui des bandes magnétiques de cassette audio froissée ! Tout l'environnement sonore ainsi que les doublages voix se font à vue ; comme le tra

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Laurent Brethome donne le ton de la saison jeune public

SCENES | Des spectacles à venir, "Riquet" (délesté de sa houppe) est sans conteste le plus émouvant et le plus abouti. Retour sur ce travail de Laurent Brethome qui passera par le Toboggan et tour d’horizon des propositions jeune public de la saison. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 9 septembre 2015

Laurent Brethome donne le ton de la saison jeune public

C’est quoi être différent ? Comment faire avec ce qui manque ? La beauté pour cette fille laide mais intelligente, la jugeote pour sa ravissante sœur, que leur père fatigué de porter la couronne veut marier à un prince repoussant ? De toutes ces aspérités handicapantes, il émane une humanité qu’Antoine Herniotte a su magnifiquement retranscrire dans son adaptation de Riquet et que Laurent Brethome a transposé sur le plateau en éléments très concrets. Les robes de princesse sont en papier froissé, le château se dessine en direct, les baguettes magiques sont des brosses à WC... À cette apparente économie de moyens correspond une débauche de créativité et, surtout, un goût pour une forme artisanale de théâtre qui ramène à des émotions très enfantines. Invité à ouvrir rien moins que le In d’Avignon cet été, Brethome a une nouvelle fois livré un spectacle très organique (la peinture dans Les Souffrances de Job, l'eau dans

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La saison 2015/2016 du Théâtre de la Croix-Rousse

ACTUS | Ludique et politique est le visuel de la nouvelle plaquette (une croix faite de craies fragilisées) du Théâtre de la Croix-Rousse. Ludique et politique (et du coup franchement excitante) sera sa saison 2015/2016. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 31 mai 2015

La saison 2015/2016 du Théâtre de la Croix-Rousse

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Aurélien Martinez | Mardi 25 mars 2014

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Depuis 1996, la Cordonnerie de Samuel Hercule s’illustre dans la confection de spectacles tout public originaux : des ciné-concerts théâtralisés pensés de A à Z, de la réalisation du film à sa transposition musicale sur scène. Un travail qui s’est affiné avec le temps, les dernières propositions (sur Hamlet et Frankenstein par exemple) conservant paradoxalement l'esprit artisanal des débuts tout en faisant montre d'un souci de précision incroyable. Les images sont ainsi tournées en amont, suivant un schéma détaillé. Un prémontage est ensuite établi, qui sert de base pour les répétitions. Là, les musiciens-acteurs précisent la narration et le découpage, jusqu'à un résultat d'une grande habileté, où ce qu’il se passe sur le plateau ne sert jamais de faire-valoir à ce que diffuse l’écran. Ainsi de la narratrice Métilde Weyergans, arrivée tardivement dans l’aventure, qui parvient toujours à capter le regard des spectateurs et à le guider vers ses camarades de jeu, leurs instruments et leurs objets sonores en tout genre. Tout ce petit monde sera au Théatre de Villefranche samedi 29 mars (et jeudi 17 avril à Bron) avec Hänsel et Gretel, la faim de

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Dorotée Aznar | Lundi 12 octobre 2009

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Spectacle / Un film muet et une bande-son en direct, c’est la signature de la compagnie La Cordonnerie. Cette fois, Samuel Hercule et sa fine équipe s’attaquent au mythe de Frankenstein avec «L’Éternelle fiancée du Docteur Frankenstein», une création librement inspirée du roman de Mary Shelley et du film de James Whale. Sur scène, cinq acteurs, bruiteurs, musiciens et chanteurs assurent la bande-son, jonglant avec les instruments et un joyeux bric-à-brac. Sur l’écran, on retrouve le fameux docteur, vivant seul avec son fidèle assistant. Son temps est tout entier occupé par un projet fou : redonner la vie à des créatures qui l’ont perdue. Après un premier succès sur une grenouille, Frankenstein décide de donner une ampleur nouvelle à ses travaux en s’emparant de la dépouille encore tiède d’une jeune chanteuse de variété à succès, Anna Doray. La «nouvelle» Anna sera donc la créature du docteur, elle devra réapprendre à manger, à parler, à se déplacer, à chanter et surtout accepter son visage, marqué par une large cicatrice. La créature parviendra-t-elle à devenir humaine ? Et ceux qui ont pleuré la disparition de la chanteuse seront-ils prêts à accepter de la voir revenir ? Pas de ‘c

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SCENES | Coup de cœur spectacle / La compagnie La Cordonnerie présente «L’Éternelle fiancée du Docteur Frankenstein» au Théâtre de Villefranche. Un travail mêlant vidéo sur l’écran et musiciens, bruiteurs et chanteurs sur scène. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Vendredi 9 octobre 2009

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Les petits d’aujourd’hui ne connaissent pas Frankenstein. Pourtant, quand le film réalisé par la compagnie La Cordonnerie commence, tous plongent immédiatement dans l’histoire du docteur bravant le plus grand des tabous en ressuscitant les morts. Nul besoin de maîtriser la filmographie de James Whale, ni même de connaître par cœur l'œuvre de Mary Shelley pour appréhender ce travail, La Cordonnerie propose sa vision toute personnelle de Frankenstein. Le docteur Frankenstein, abandonné par ses parents alors qu’il n’était qu’un bébé, passe tout son temps enfermé dans son cabinet de travail. Il parvient à ressusciter une grenouille, mais ses travaux de recherche sont ignorés par les autres médecins. Bouleversé par la disparition d’une jeune chanteuse de variété, Anna Doray, Frankenstein décide de lui redonner la vie en secret. Créateur et créatureComment la créature va-t-elle s’adapter ? Sa différence pourra-t-elle être acceptée par les autres et par elle-même ? Que faire des sentiments qui attachent le créateur à sa créature ? Qu’est-ce qui fait un être humain ? Autant de questions que La Cordonnerie pose aux plus jeunes (et aux autres) en ne versant jamais dans la fa

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