Le Songe d'une collaboration

Nadja Pobel | Mardi 14 février 2017

Photo : © DR


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

L'Ircam et le CNSMD se marient (pour 5 ans)

Musique | "Partenaires" de longue date dans les faits notamment via les parcours de leurs élèves respectifs passant régulièrement de l'un à l'autre, le Conservatoire (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 21 juin 2020

L'Ircam et le CNSMD se marient (pour 5 ans)

"Partenaires" de longue date dans les faits notamment via les parcours de leurs élèves respectifs passant régulièrement de l'un à l'autre, le Conservatoire National de Musique et Danse de Lyon (CNSMD) et l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) fondé par Pierre Boulez en 1977, ont choisi, à quelques jours de la Fête de la Musique, d'officialiser leur union et de la rendre plus concrète. Les deux institutions musicales viennent ainsi de signer une convention cadre pour les cinq prochaines années académiques. Le but étant là encore de faciliter la mobilité étudiante en permettant aux étudiants de 2ème cycle du CNSMD d'intégrer le cursus de l'Ircam. Mais aussi de faciliter les échanges dans le champ de la recherche ainsi que les collaborations artistiques. Jean Geoffroy, responsable de l'Espace transversal de création du Conservatoire de Lyon, loue ainsi « une dynamique d'ouverture et de collaboration intra et extra muros » quand Philippe Langlois

Continuer à lire

Mathieu Ferey : « il est très important de conduire un projet collectif »

CNSMD | Le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon a 40 ans. Né d’une belle utopie, il reste aujourd’hui un lieu de bouillonnement artistique, de création, de transmission où les étudiants sont formés à l’excellence. Mathieu Ferey, le nouveau directeur lève le voile sur le travail qu’il veut accomplir au sein de cette institution.

Pascale Clavel | Mercredi 27 novembre 2019

Mathieu Ferey : « il est très important de conduire un projet collectif »

Quel chemin avez-vous envie de creuser pour cette maison qu'est le CNSMD ? Mathieu Ferey : Je me pose toujours la question d’où je viens et à quoi je peux servir. Ce n’est pas la même chose d’être le cinquième directeur que d’être le premier ou le deuxième. Je ne vais pas impulser exactement les mêmes choses, je n’arrive pas sur un terrain complètement vierge. J’arrive dans un Conservatoire qui a une histoire, qui va fêter cette année ses 40 ans, qui a une identité, une couleur particulière. Il faut toujours se demander dans quel endroit on arrive. Comment définiriez-vous le CNSMD ? Ce qui me frappe beaucoup dans cet établissement, c’est sa capacité d’innovation depuis l’origine. Il a été créé sur un modèle nouveau, ouvert sur des profils de musiciens extrêmement variés, curieux de culture générale, qui réfléchissent sur le rôle de l’artiste dans la société, des musiciens dont la conception de leur art va au delà du simple fait de jouer d’un instrument ou de chanter. Très tôt, l’établissement a été ouvert sur la question de la création. Il faut se rappeler que les premiers directeurs étaient

Continuer à lire

Géraldine Mercier quitte les Nuits de Fourvière pour l’ENSATT

Mercato | Depuis dix ans, Géraldine Mercier occupait le poste de secrétaire générale et de conseillère artistique "théâtre et cirque" au festival des Nuits de Fourvière. (...)

Nadja Pobel | Vendredi 19 juillet 2019

Géraldine Mercier quitte les Nuits de Fourvière pour l’ENSATT

Depuis dix ans, Géraldine Mercier occupait le poste de secrétaire générale et de conseillère artistique "théâtre et cirque" au festival des Nuits de Fourvière. Auprès du directeur Dominique Delorme, elle a œuvré à faire connaitre les Belges de Comp. Marius, ou encore Lorraine de Sagazan et Emmanuel Daumas, les troupes de cirque Aïtal et Baro d’Evel ; et bien d’autres. À compter du 1er septembre, elle sera désormais directrice des études et de la production à l’ENSATT, dirigée depuis tout juste une année par le metteur en scène Laurent Gutmann. Précédemment, Géraldine Mercier a été durant plus d’une décennie et dix spectacles la co-fondatrice, l’administratrice, conseillère artistique et conceptrice des costumes de la compagnie du Bloc Opératoire pilotée par Emmanuel Meirieu. Elle est, par ailleurs, rédactrice en chef de de la revue Actualité de la Scénographie.

Continuer à lire

Laurent Gutmann : « je suis prêt à l'aventure »

ENSATT | À peine est-il arrivé dans les murs de l'ENSATT qu'il dirigera pendant au moins cinq ans, que le metteur en scène Laurent Gutmann nous accordé le temps d'évoquer ses projets pour cette école nationale supérieure, la seule à réunir tous les métiers du théâtre.

Nadja Pobel | Lundi 10 septembre 2018

Laurent Gutmann : « je suis prêt à l'aventure »

Vous êtes metteur en scène et avez dirigé des ateliers dans différentes écoles nationales de théâtre (Paris, Montpellier, Cannes, Lyon aussi). Qu'est-ce qui vous a poussé à candidater ? Laurent Gutmann : J'ai une activité de metteur en scène depuis 24 ans qui se nourrit depuis une bonne quinzaine d'années d'une activité de pédagogue. Ça s'est fait comme ça. Je n'avais pas vraiment de projet de pédagogie et de fil en aiguille, ça a pris pas mal de place dans ma vie d'artiste et j'ai été amené il y a quelques années à diriger un CDN (centre dramatique national) en Lorraine, à Thionville. J'ai cette expérience de direction de théâtre. C'est très riche mais je n'avais pas le désir de le poursuivre à ce moment de ma vie. Je ne me suis pas dit qu'un jour j'avais envie de diriger une école de théâtre mais il se trouve que je suis intervenu à l'ENSATT (NDLR, en a résulté le spectacle Égaux avec les élèves de 3e année en 2016) ce lieu m'est apparu comme une sorte d'école idéale, de rêve de théâtre et je me suis dit que finalement je pense, qu'en tant que metteur en scène, c'est aujourd’hui plus dans une école de cette nature-là que dan

Continuer à lire

Laurent Gutmann, nouveau directeur de l'ENSATT

Nomination | C'est officiel depuis ce mardi 28 août : Laurent Gutmann a été nommé à la direction de l'École Nationale des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT, Lyon 5e) (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 août 2018

Laurent Gutmann, nouveau directeur de l'ENSATT

C'est officiel depuis ce mardi 28 août : Laurent Gutmann a été nommé à la direction de l'École Nationale des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT, Lyon 5e) pour cinq ans. Il succède à Thierry Pariente qui aura occupé cette fonction durant neuf ans et qui a célébré cette année les vingt ans d'implantation de cette école (auparavant implantée rue Blanche) à Lyon. Laurent Gutmann est un metteur en scène, récemment passé au Théâtre de la Croix-Rousse avec Le Prince d'après Machiavel (en 2015) et Victor F d'après Mary Shelley (en 2017). Depuis la création de sa compagnie, le Théâtre Suranné, en 1994, il a monté plus d'une vingtaine de pièces. En 2004, il prend la direction du Théâtre Populaire de Lorraine qui devient Centre Dramatique de Thionville-Lorraine puis obtient la labellisation CDN en janvier 2009. Depuis 2009, sa compagnie se nomme La Dissipation des brumes matinales. À l'ENSATT, il avait déjà dirigé, en 2016, la 75e promotion pour le spectacle Égaux d'après De la démocratie en Amérique de Tocqueville. Il a déjà dirigé de nombreux ateliers à l

Continuer à lire

Où sont les jeunes compagnies ?

Émergence | Il est parfois difficile de pister la jeune création théâtrale au sein des salles lyonnaises : faut-il s'en inquiéter ?

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

Où sont les jeunes compagnies ?

L’ENSATT fête ses vingt ans d’implantation à Lyon en octobre. La ville abrite aussi le Conservatoire d’art dramatique, à rayonnement régional et qui n’a pas à rougir en comparaison de son illustre grande sœur. Mais bien peu de théâtres semblent en mesure d’accueillir l'émergence en étant issue. Si ce travail a été fait avec brio aux Clochards Célestes avec Élisabeth Saint-Blancat et que ce qu’annonce Louise Vignaud est très prometteur, si le Théâtre de l’Élysée fait un travail absolument remarquable de défrichage, cela ne peut suffire à faire grandir des compagnies en devenir dans ces salles aux jauges très réduites. Alors Lyon, la belle institutionnelle s’assoit-elle sur cette phase transitoire indispensable à la croissance des artistes ? Les Célestins, dotés d’une salle bis depuis leur réouverture, abondent en ce sens ; mais ce n’est pas leur rôle, même si c’est là que La Meute a pu donner ses créations

Continuer à lire

Tchekhov enchaîné

Théâtre de l'Élysée | Une jeune compagnie issue de l'ENSATT s'empare de deux courtes pièces de Tchekhov qui ne se valent pas, dans un spectacle inégal.

Nadja Pobel | Mardi 22 novembre 2016

Tchekhov enchaîné

Comme toujours, emprisonnés dans leur vie trop tracée, les personnages tchékhoviens de L'Ours et de Ivanov s'ennuient et étouffent bien avant que le dramaturge ne donnent naissance à Nina (La Mouette) ou Lioubov (La Cerisaie). Mais Platonov et ses excès en tous genres sont déjà passés par là. Dans L'Ours, en un acte, une jeune veuve se retranche dans son chagrin que vient agiter un homme des bois réclamant son dû ; Ivanov, plus longuement, conte la lâcheté et l'hédonisme des petits bourgeois pour détourner les yeux de la douleur. Dans les deux cas, l'homme est rustre. Julie Guichard parvient à créer une atmosphère sèche, avec seulement quelques éléments de décor bien utilisés (dont un tabouret qui se brise sans cesse) mais ses personnages sont trop modeux (ah, le sweat avec perroquet pailleté...), en constante représentation d'eux-mêmes dans un trop-plein de gestes virant presque au one-man-show dans L'Ours, interpellation du public comprise. Il est fort possible que le texte extrêmement répétitif encourage ce pilonnage

Continuer à lire

Une Guerre personnelle

Les Clochards Célestes | Sans esbroufe mais avec le goût de la clarté et de la concision, Jérôme Cochet, jeune metteur en scène issu de l'ENSATT rend à Lars Norén son implacable noirceur ainsi que la bribe d'espoir enfouie sous les décombres de Guerre.

Nadja Pobel | Mardi 15 novembre 2016

Une Guerre personnelle

La scénographie de Louise Sari illustre l'efficacité accompagnant ce travail de mise en scène : ne point trop en faire (c'est une petite production, d'une équipe encore très jeune : la cie des Non-alignés) mais suffisamment montrer pour que l'action s'ancre dans le concret. Ainsi, une encadrure de porte doublée d'un recoin pour figurer un intérieur avec trois matelas disséminés au sol et quelques tabourets. Si le lieu n'est pas situé géographiquement, la temporalité est celle d'un homme revenant de la guerre, aveugle. Il souhaite retrouver sa famille et reprendre le cours de son existence. Comme avant. Que le conflit date d’aujourd’hui, d'hier ou de l'Antiquité, cela est impossible à savoir. Sa jeune épouse, mère de leurs deux filles de 11 et 15 ans, est tombée amoureuse d'Ivan, frère du combattant que, par ellipse elle préfère qualifier de « disparu ». En 2003, Norén écrit ce texte qui pourrait faire écho au Anéantis de Sarah Kane, huit ans plus tôt. Le conflit est terminé contrairement à la trame que développe l'écrivaine britannique mais la violence est la même. À la guerre, on mange son chien quan

Continuer à lire

À l'ENSATT, trop égaux

Théâtre | Dans l'un de leurs trois travaux annuels de fin d'études, les jeunes acteurs de l'ENSATT livrent, avec leurs camarades des autres départements, un spectacle duquel aucun d'eux n'émerge vraiment, faute de variation du rythme.

Nadja Pobel | Mardi 10 mai 2016

À l'ENSATT, trop égaux

« La démocratie est le pire des régimes à l'exception de tous les autres déjà essayés par le passé. » Quand Churchill déclare cela en 1947, Tocqueville n'est plus là pour l'entendre, lui qui, durant le siècle précédent, a interrogé avec minutie ce mode de fonctionnement, l'auscultant précisément aux États-Unis. Puisque sur le plateau de l'ENSATT, c'est De la démocratie en Amérique qu'il est question, la scénographie est inspirée de facto par les open space : immenses, terriblement propre(t)s avec bureau en bois pour le travail et entassement de poufs pour l'espace détente. Et une coursive en contrebas, fissure bien pensée, pour le préposé à la cuisine. Tour à tour, onze comédiens expliquent à un stagiaire fraîchement débarqué, nommé Alexis et revêtu d'un costume XIXe, comment, au fil des siècles, le clergé a atténué le pouvoir des propriétaires fonciers, comment les roturiers puis les lettrés ont pris place dans la société jusqu'à ce que « le prix de la naissance baisse un peu. » Mais si ce texte choral permet de distribuer à chacun des rôles équivalents, leur immobilisme ne donne pas le souffle nécessaire à leur propos, à l'instar de la scèn

Continuer à lire

Journées Grame, matins calmes

MUSIQUES | La France et la Corée célèbrent cette année le 130e anniversaire de leurs relations diplomatiques. Pour l'occasion, le Grame et le CNSMD vous invitent à une balade musicale inédite où les deux cultures s’emmêlent.

Pascale Clavel | Mardi 3 novembre 2015

Journées Grame, matins calmes

C'était l’occasion rêvée pour le Grame d’être au coeur de l'actualité, visible et investi. Son directeur, James Giroudon, a en effet scellé des liens durables avec la Corée depuis fort longtemps, donnant à entendre au public lyonnais à maintes reprises la grande diversité de sa musique. Cette saison, le pari est encore plus étonnant. On connaît du Grame son foisonnement d’idées novatrices, la richesse de ses rencontres, l'exigence de ses recherches sur des mondes insoupçonnés. Pour l’année de la Corée en France, il entend mettre en perspective la culture musicale traditionnelle et la création contemporaine des deux pays. Du 6 au 20 novembre, c’est un parcours quasi initiatique qui nous est ainsi proposé, en cinq rendez-vous dans trois lieux coutumiers de ce type de décloisonnement. Contrepoint C’est au TNG -Les Ateliers que tout commence, avec Un chemin de sable blanc de Marie-Hélène Bernard. Une oeuvre singulière pour chanteuse de pansori, percussions et création vidéo pensée comme une rêverie. Genre musical emblématique de la Corée, reconnu "Patrimoine mondia

Continuer à lire

La saison 2015/2016 du Théâtre de la Croix-Rousse

ACTUS | Ludique et politique est le visuel de la nouvelle plaquette (une croix faite de craies fragilisées) du Théâtre de la Croix-Rousse. Ludique et politique (et du coup franchement excitante) sera sa saison 2015/2016. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 31 mai 2015

La saison 2015/2016 du Théâtre de la Croix-Rousse

Des Fourberies de Scapin décapées au karcher par Laurent Brethome, le crépusculaire Mon traître d'Emmanuel Meirieu, David Bobée et son Lucrèce Borgia à (trop) grand spectacle... L'entame de la saison 2014/2015 du Théâtre de la Croix-Rousse fut l'une des plus fulgurantes qu'on ait connue depuis l'arrivée à sa direction de Jean Lacornerie. La rentrée 2015/2016 est bien partie pour soutenir la comparaison, ne serait-ce que parce qu'elle s'ouvrira sur la reprise du Bigre de Pierre Guillois, comédie muette «à voir et à revoir» (du 29 septembre au 3 octobre) selon la formule consacrée car aussi hilarante qu'ingénieuse. Suivront : une prometteuse transposition des conseils pour accéder à un trône et le conserver de Machiavel dans l'univers férocement contemporain du stage de formation par Laurent Guttmann (Le Prince, du 6 au 16 octobre) ; le retour, sous bannière Nimis Groupe, d'une partie des singuliers Belges du Raoul collectif (Le Signal du promeneur) avec Ceux que j'ai rencontrés ne

Continuer à lire

UN CNSMD sans frontière

MUSIQUES | Pour la cinquième édition de ses "nuits festives", le Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Lyon entend nous faire passer une "Nuit (...)

Pascale Clavel | Mardi 4 novembre 2014

UN CNSMD sans frontière

Pour la cinquième édition de ses "nuits festives", le Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Lyon entend nous faire passer une "Nuit transfrontalière" qui s'annonce étonnante. Et adresse là, en ces temps où les frontières ont plutot tendance à se fermer, un message quasi politique – qu'elle répètera à deux reprises ultérieurement dans la saison, articulant chaque soirée comme trois volets d’une seule et même œuvre. Et qui mieux que l’inclassable violoncelliste Vincent Ségal pour s'en faire l'écho ? Véritable touche-à-tout, le prochain invité de nos PB Live (au Temple Lanterne le 28 novembre avec Piers Faccini) expérimente avec avidité tout ce qui lui tombe sous l'archet : de la pop au hip-hop, de la musique africaine à l’électro, il cherche et recherche des mélanges d’une texture toujours inattendue. Dans une première partie en forme de carte blanche, il associera ainsi les classes de violoncelle, viole de gambe et violoncelle baroque pour ce qui promet d'être un beau moment de décalage, avant de s'offrir un tête-à-tête avec le griot malien et maître de la kora à vingt-et-une cordes Ballaké Sissoko. Les deux hommes ont beau être complices depuis longte

Continuer à lire

L’amour fou

SCENES | Deux heures trente qui passent comme une lettre à la poste : le "Cyrano de Bergerac" mis en scène par Dominique Pitoiset et interprété par Philippe Torreton est une réussite éclatante, qui redonne ses lettres de noblesse au théâtre de répertoire. Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Jeudi 16 mai 2013

L’amour fou

Les plupart des grands textes, dont on nous assure à longueur de plaquette qu’ils sont toujours d’actualité (façon de justifier des choix souvent guidés par de simples soucis de remplissage – oui, Molière, Shakespeare & co déplacent encore les foules), sont de véritables machines à jouer. Les prendre tel quel aujourd’hui est une excellente manière de les transmettre au public. Le metteur en scène Dominique Pitoiset livre ainsi un Cyrano de Bergerac savoureux car défendu par des comédiens investis, avec au centre un Philippe Torreton royal et magistral. Refusant le grandiloquent auquel certains interprètes de Cyrano nous ont habitué (dont l’inoubliable Depardieu dans le film de Jean-Paul Rappeneau), il donne à son personnage, ce grand amoureux qui se sacrifiera justement par amour, une humanité touchante, tout en accentuant avec panache son côté cabotin lettré. Une performance captivante. Balcon 2.0 Car il y a dans ce spectacle une véritable envie d’attraper le public pour l’emmener dans les arcanes du très savoureux texte d’Ed

Continuer à lire

La guerre des étoiles

MUSIQUES | Avec ses nuits en triptyque, déroulées sous nos oreilles et nos yeux ébahis depuis deux saisons, le CNSMD, comme à son habitude, bouge les lignes, secoue le (...)

Pascale Clavel | Mardi 30 octobre 2012

La guerre des étoiles

Avec ses nuits en triptyque, déroulées sous nos oreilles et nos yeux ébahis depuis deux saisons, le CNSMD, comme à son habitude, bouge les lignes, secoue le cocotier et par des projets décalés, surprenants et toujours de haute volée, emmène le public plus haut et plus loin. Ou, comme ce vendredi 9 novembre plus enfoncé dans la nuit. Première nuit offerte, celle des météores et sous sa voûte céleste, l’atelier XX-21 comme l’Ensemble Orchestral Contemporain proposent un double portrait de Gilbert Amy et Hugues Dufourt, tous deux compositeurs, philosophes amoureux des arts sous toutes leurs coutures. Le sens originel de Météore  est "qui est en haut" ; pour un compositeur, c’est pain béni, l’inspiration vient de là ! Cette première soirée se déroule en trois temps et multiples compositeurs  : Hugues Dufourt offre un concerto pour alto, Les Chardons d’après Vincent Van Gogh, Gilbert Amy entame un dialogue en temps réel avec Cors et cris. Autour de leurs œuvres incroyablement célestes naviguent Trois poésies de la lyrique japonaise d’Igor Stravinsky, Quatre poèmes hindous de Maurice Delage et autres petites étoiles filantes qui vont régaler

Continuer à lire

Laisse les gondoles

MUSIQUES | Vision sérénissime / C’est Venise qu’on déroule sous nos pieds au CNSMD de Lyon pour une immersion totale et savoureuse dans la ville de tous les (...)

Pascale Clavel | Jeudi 10 novembre 2011

Laisse les gondoles

Vision sérénissime / C’est Venise qu’on déroule sous nos pieds au CNSMD de Lyon pour une immersion totale et savoureuse dans la ville de tous les fantasmes. On connaît tous le rayonnement artistique de Venise des siècles durant. L’omniprésence de la musique, ici dans les plus belles églises d’Europe, là sur les gondoles, ou encore dans les ruelles et là-bas à l’Opéra de la Fenice. Vision sérénissime proposé par le CNSMD nous conduit à travers le temps dans une ville singulière et inattendue. Après une nuit d’ouverture où musique contemporaine et musique baroque se sont emmêlées, vont se croiser jusqu’au 14 décembre des compositeurs et des œuvres de toute époque, s’entrechoquer des esthétismes divers en lien étroit avec cette ville puissamment mystérieuse. Dans ce cadre somptueux, le département de musique ancienne apporte sa joyeuse contribution : le 22 novembre, la classe de violon baroque offre une soirée "Sonates Vénitiennes" à l’issue d’une master-class de Suzanne Scholz. Des sonates à Venise et nous voilà partis pour un extraordinaire voyage musical accompagnés de Vivaldi, Scarlatti… De quoi rêver les yeux ouverts, de quoi respirer pour un instant le même air que c

Continuer à lire

Tryptique musical

MUSIQUES | Petite balade dans trois lieux où la musique classique bouillonne, où l’innovation est un credo, où l’exigence artistique semble totale. Passez par (...)

Pascale Clavel | Jeudi 15 septembre 2011

Tryptique musical

Petite balade dans trois lieux où la musique classique bouillonne, où l’innovation est un credo, où l’exigence artistique semble totale. Passez par iciLe Festival de Musique Baroque ouvre sa 29e édition. Son directeur artistique, Eric Desnoues, peut se frotter les mains par avance. Il a su faire venir les baroqueux les plus audacieux, ceux qui savent prendre encore des risques, ceux qui osent faire quelques infidélités à la partition, ceux qui offrent généreusement des interprétations réjouissantes voire inattendues. Dès l’ouverture, grand frisson assuré avec l’Ode à Sainte Cécile de Purcell sous la baguette d’un Jean Tubéry qui impose toujours une lecture pleine de spiritualité et d’élégance aux œuvres qu’il touche. S’égrènent au fil de la saison des chefs-d’œuvres servis par des interprètes très inspirés. Un Messie de Haendel, une Fairy Queen de Purcell, une Passion selon Saint Jean de Bach. À côté de ces mastodontes, s’imposent de drôles de petits moments décalés et savoureux. Et par làDe la sérénité, de la fierté aussi pour Jérôme Chabannes, directeur artistique de Piano à Lyon. Une septième saison qui s’annonce exceptionnelle, un programme à rendre jalo

Continuer à lire

Grands méchants loups

SCENES | Théâtre / Un samedi soir sur un campus universitaire, dans l’appartement d’un professeur d’histoire, George, et de sa femme, Martha. Comme tous les (...)

Dorotée Aznar | Lundi 24 janvier 2011

Grands méchants loups

Théâtre / Un samedi soir sur un campus universitaire, dans l’appartement d’un professeur d’histoire, George, et de sa femme, Martha. Comme tous les samedis, George et Martha sont allés dîner chez le père de Martha, président de l’université. Ils rentrent tard, ivres. Mais ce samedi-là, une surprise attend George : Martha a invité leurs nouveaux voisins, un jeune et séduisant professeur de biologie et sa frêle épouse. Pour adapter la pièce à succès d'Edward Albee, le metteur en scène Dominique Pitoiset s’appuie tout d’abord sur une nouvelle traduction de Daniel Loayza. Mais il s’appuie surtout sur une distribution remarquable, capable de nous embarquer dans un jeu de massacre dont les règles changent constamment. George et Martha cherchent-ils des témoins à qui infliger le récit de leur amour déclinant ou sont-ils des loups complices dans leur recherche de chair fraîche ? Les comédiens choisis par Pitoiset (qui interprète également George) livrent toutes les facettes et toutes les nuances des personnages de la pièce, inversent les rapports de force et maintiennent une tension permanente, tout en restituant l’humour (souvent très noir) des situations. La performance des comédiens et

Continuer à lire