Cirque, cinéma et prohibition au Festival des 7 collines

Monique Bonnefond | Mardi 20 juin 2017

Photo : © DR


La vitalité créatrice du cirque, qui, aujourd'hui, est bien loin d'être un art mineur, crée des formes inédites. Les créateurs circassiens empruntent volontiers des matériaux, des codes aux autres arts. Ils reprennent, réactivent, décalent des techniques, des concepts qu'ils se réapproprient.

La compagnie The Rat Pack bouscule dans son spectacle Speakeasy, la pratique circassienne en empruntant des techniques cinématographiques, en détournant les références et clichés des films de gangsters dans lesquels le club est un lieu clé où règne une ambiance close, sombre. C'est cet univers reconstitué tel un plateau de cinéma, avec des accessoires d'époque comme le sol en damiers, les meubles Art déco, qui donne son nom au spectacle.

Le Speakeasy était un bar clandestin du temps de la prohibition où on demandait aux clients de baisser la voix pour commander de l'alcool. Les six artistes performatifs de la compagnie passionnés par toutes les formes de création artistique, réussissent, par un énorme travail d'expression corporelle inspiré des films muets, à conjuguer parfaitement les arts du cirque et du cinéma et nous font avec jubilation "leur" cirque.

Speakeasy
À L'Échappé (Sorbiers) les jeudi 6 et vendredi 7 juillet
Dans le cadre du festival des 7 Collines


Speakeasy

Par la Cie The Rat Pack
L’échappé 17 avenue Charles de Gaulle Sorbiers
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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La Cité Internationale des Arts du Cirque devrait voir le jour à Vénissieux

Cirque | L’un des grands projets culturels des prochaines années sur le territoire métropolitain, la Cité Internationale des Arts du Cirque portée par la compagnie MPTA et l’école de cirque de Lyon, devrait, selon toute vraisemblance, s’implanter à Vénissieux — et non à Saint-Genis-Laval comme prévu initialement. Explications.

Nadja Pobel | Mercredi 24 mars 2021

La Cité Internationale des Arts du Cirque devrait voir le jour à Vénissieux

Le constat est ancien et cruel pour les circassiens de la région : il n’y a pas assez de lieux d’entraînement et de pratique. La France, de manière globale, en manque. Seule La Grainerie à Toulouse répond à cette demande. Un espace d’entraînement dans La Chapelle de La Cascade (en Ardèche), seul Pôle National de Cirque en Auvergne-Rhône-Alpes, est bien prévu — mais les travaux n’ont pas encore commencé. Pire, le confinement a accentué ces besoins car ces artistes sont aussi des athlètes qui ont besoin d’entretenir leurs corps. Le récent festival Circa qui s'est déroulé à Auch à l’automne a vu se multiplier les blessures : les artistes n'ont pu suffisamment s’exercer en amont. Julie Tavert, acrobate formée à Lyon puis passée par le Graal qu’est le CNAC (Centre National des Arts du Cirque à Châlons-en-Champagne) dit n’avoir pas du tout su où aller lors des six premiers mois de la crise sanitaire. L'école de cirque de Lyon implantée dans l’enceinte de la MJC Ménival est elle trop à l’étroit et jongle a

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Le Cirque du Soleil annule toutes ses représentations de "Kooza"

Covid-19 | Le Cirque du Soleil vient d'annoncer l'annulation de l'intégralité des représentations de Kooza qui devaient se tenir au Parc OL du 19 mars au 26 avril (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 mars 2020

Le Cirque du Soleil annule toutes ses représentations de

Le Cirque du Soleil vient d'annoncer l'annulation de l'intégralité des représentations de Kooza qui devaient se tenir au Parc OL du 19 mars au 26 avril 2020. Le communiqué précise que « menant des opérations partout dans le monde, le Groupe Cirque du Soleil met régulièrement à jour ses procédures et applique des mesures spécifiques à chaque région du monde et à chaque projet. Bien que cette situation résulte de circonstances indépendantes de sa volonté, le Cirque du Soleil s'excuse de tout inconvénient que cette annulation pourrait causer. L’équipe de planification des tournées du Cirque du Soleil travaille dès lors à l’élaboration de la prochaine visite d’un de nos Grands Chapiteaux à Lyon. » Tous les billets seront remboursés. Le service clientèle peut être contacté au 00 800 1 548 0000.

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Le Cirque du Soleil s'installe au Parc OL

Cirque | Aux pieds du Parc OL de Décines, le Cirque du Soleil va planter son chapiteau du 19 mars au 13 avril 2020. Le plus célèbre nouveau cirque au monde présente (...)

Nadja Pobel | Mardi 22 octobre 2019

Le Cirque du Soleil s'installe au Parc OL

Aux pieds du Parc OL de Décines, le Cirque du Soleil va planter son chapiteau du 19 mars au 13 avril 2020. Le plus célèbre nouveau cirque au monde présente Kooza, un show avec des circassiens et acrobates hors pairs comme dans toutes les productions de la compagnie montréalaise. Mais certainement aussi avec déferlement de couleurs et éclats de lumière dans tous les sens. On ira vérifier s'il reste un brin d'âme. Tarifs : de 36€ à 239€

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Cirques en tous genres

Festival des 7 Collines | Rendez-vous incontournable du cirque international, le Festival des 7 Collines fait la part belle au Québec dont quatre compagnies sont invitées, en tête desquelles Machine de Cirque, véritable locomotive.

Nadja Pobel | Mardi 11 juin 2019

Cirques en tous genres

Dans leur spectacle éponyme, Machine de cirque, les acrobates de la compagnie forçaient un peu trop sur l'aspect démonstratif et blagues clin d’œil. Au vu des premières images, il semblerait que le tout récent La Galerie, présentée en ouverture des 7 Collines ait une sobriété étonnante. Vêtus de costards noir et blanc, les circassiens jouent avec des pots de peintures et créent des séquences visuellement marquantes. Plus qu'intriguant. Autre troupe québecoise incontournable en France et notamment à Saint-Étienne : Les 7 Doigts de la Main qui cette fois, avec Passagers, tracent des parcours de vie en s'appuyant aussi sur des projections vidéo en plus de leur savoir-faire de circassiens. Roue libre Outre quelques concerts (le Syrien Omar Souleyman, les Sud-Africains de BCUC, la Portugaise Pongo), c'est bien la piste qui animera ces nuits ligériennes. Et deux pépites françaises y trouvent place : le chantre de magie nouvelle, Yann Frisch, également épatant maître de cérémonie et ambianceur (Le Terabak de Kiev de Stéphane Ricordel) débarque avec son camion-théâtre pour délivr

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Le Cirque Éloize sera aux prochaines Nuits de Fourvière pour une création

Nuits de Fourvière | Au tour de Nuits de Fourvière de dévoiler une partie de sa programmation : l'on apprend ainsi que le Cirque Éloize sera programmé l'été prochain pour une (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 15 novembre 2018

Le Cirque Éloize sera aux prochaines Nuits de Fourvière pour une création

Au tour de Nuits de Fourvière de dévoiler une partie de sa programmation : l'on apprend ainsi que le Cirque Éloize sera programmé l'été prochain pour une nouvelle création dénommée HOTEL, qui prendra place au sein du grand théêtre du 17 au 22 juin 2019. La compagnie de Montréal fêtera à cette occasion ses 25 ans. Ouverture de la billetterie pour ce spectacle le 15 janvier sur le site www.nuitsdefourviere.com. Le Cirque Éloize est actuellement programmé à la Maison de la Danse avec le spectacle Saloon, et ce jusqu'au 25 novembre.

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Aïtal, Marius, Les Nuits : une idée de la permanence

Nuits de Fourvière | Voir naître un spectacle qui lui-même s'attelle à exposer les difficultés de sa propre création. Récit de ce doux moment qui dit aussi en creux l'importance de la fidélité d'institutions à l'égard des artistes – par ailleurs virtuoses comme ceux du cirque Aïtal. Sur la piste, comme en dehors, voici l'histoire d'une permanence.

Nadja Pobel | Vendredi 29 juin 2018

Aïtal, Marius, Les Nuits : une idée de la permanence

Flash back. 2013. Les Nuits de Fourvière sur leur esplanade en contrebas de l'Odéon accueillent un couple, Victor Cathala et Kati Pikkarainen. Ils seront l'éblouissement de cette édition. Deux circassiens se tiennent par la main. Il la fait virevolter à la force de son poignet, elle le fait s'agacer et se calmer. À nous spectateurs, ils collent les larmes aux yeux à force de tant mêler technicité et dramaturgie. Et si l'émotion n'est pas, loin s'en faut, l'indicateur de la pertinence d'un travail, elle en garantit la prégnance dans le temps. Pour le meilleur pour le pire tournera longtemps encore mais déjà les Nuits de Fourvière font la promesse qu'ils accueilleront leur travail futur. Il faudra cinq ans pour cela. Dans l'intervalle, sont nés leurs deux enfants, Pour le meilleur s'est interrompu plutôt que de remplacer Kati par une acrobate pourtant castée et qui aurait, malgré elle, fait s'écrou

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Aïtal, pour le meilleur

Cirque | Pas de village cirque cette année à Lacroix-Laval car l'espace est occupé par le Cirque Aïtal qui depuis quelques semaines répète in situ sa nouvelle création. Leur duo magnifique s'est agrandi. Explications.

Nadja Pobel | Mardi 26 juin 2018

Aïtal, pour le meilleur

En 2013, quand ils débarquent aux Nuits sous un chapiteau planté sur l'esplanade en contrebas de l'Odéon, ils sont la divine surprise du festival. Deux circassiens tombés du ciel s'inspirent de leur vie pour déployer leur technicité et leur douceur apprises dans l'école phare française du centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne. Elle, Kati Pikkarainen, s'entraîne depuis son enfance en Finlande et a migré ici pour se professionnaliser ; lui, Victor Cathala, a fait foot-étude dans le sud-ouest, intégré le GAEC familial et appris la voltige équestre non loin. De leur rencontre, naîtra un premier spectacle : La Piste là, puis Pour le meilleur et pour le pire et une famille. Ils collaborent aussi avec les géants suisses Martin Zimmermann, ils étaient à l'école ensemble, et Dimitri de Perrot sur Öper Öpis. Saison de cirque est la nouvelle étape de

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Des Nuits magiques

Nuits de Fourvière | Pour la première fois, la magie (nouvelle) fait son entrée aux Nuits de Fourvière qui accueillent Yann Frisch. Au menu de ce festival, la création mondiale de l'excellent cirque Aïtal et des maîtres de la mise en scène au service d'étudiants de grandes écoles.

Nadja Pobel | Mardi 19 juin 2018

Des Nuits magiques

Le cirque avait eu l'honneur d'ouvrir les Nuits de Fourvière 2016 qui pour la première fois de leur histoire abandonnait le théâtre au profit des canadiens des 7 Doigts de la main en lever de rideau. Un signe fort en direction de cet art qui depuis une trentaine d'années ne cesse de se réinventer. Et comme l'équipe des Nuits a, dans son ADN, la fidélité aux troupes accueillies, elle patientait pour faire revenir le Cirque Aïtal. En 2013, avec le duo Pour le meilleur et pour le pire, les deux circassiens de la compagnie avait ébloui le festival de leur technicité alliée à leur talent de récitateurs. Avec des lancés ariens, des portés, ils racontaient l'histoire d'un couple traversé par toutes les émotions. Littéralement bouleversant. Entre temps, Kati Pikkarainen et Victor Cathala ont eu deux enfants et créent aux Nuits, sous un chapiteau dans le parc de Lacroix-Laval, une fable pour neuf interprètes, quatre musiciens et cinq chevaux. Saison de cirque est pour eux une façon de mélanger tous les c

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(Ne pas) faire son cirque

Cirque | Alors que va s'ouvrir le somptueux festival UtoPistes (du 31 mai au 9 juin), le cirque souffre sévèrement d'espaces de travail en amateur, en apprentissage ou en professionnel, au point que l'école de cirque envisage sérieusement de quitter Lyon. État des lieux.

Nadja Pobel | Mardi 22 mai 2018

(Ne pas) faire son cirque

Durant le festival UtoPistes, le mardi 5 juin de 17h à 19h, place des Célestins, aura lieu un "entraînement sauvage", le premier d'une petite série selon le manifeste d'une centaine de professionnels qui après avoir alerté sur le manque de lieux pour répéter et créer, le prouve. Ainsi pour s’entraîner sur son agrès - le trampoline - Mathurin Bolze doit trouver un créneau sur la pause de midi à l'école de cirque. Le temps de monter et démonter son matériel est plus long que son moment de pratique ! Alors, « il loue un jour ou deux de plateau dans les lieux qui l’accueillent en diffusion, précise Marion Floras, coordinatrice artistique de sa compagnie mpta et co-organisatrice d'UtoPistes, heureusement on tourne beaucoup ! » Et de noter que c'est encore plus compliqué pour les circassiens de l'aérien dont l'outil nécessite des accroches. Est alors évoqué ce vieux serpent de mer : une cité des arts du cirque pour réunir la recherche et les créations des pros, la formation professionnelle et la pratique amateur dans un même lieu pérenne. Plusieurs sites ont été envisagés : la Fouragère mais l'effondrement de la balme a to

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L'École de Cirque se dévoile

Cirque | Attraper le C21 à Perrache... et à peine dix minutes plus tard, vous voici à l'École de Cirque de Lyon qui, outre le fait de former des jeunes, accueille chaque année quelques spectacles de ce qui fait la crème de cette discipline. Tour d'horizon avant la présentation de saison le 8 septembre.

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

L'École de Cirque se dévoile

Ils sont douze élèves (huit garçons, quatre filles) à faire leur entrée en deuxième et dernière année de formation. Ils se sont extirpés de la pile de 190 dossiers reçus à l'École de Cirque de Lyon qui, tous les deux ans, reçoit une nouvelle promotion triée sur le volet. Au terme de la saison, ils partiront sur les routes faire ce métier infiniment technique et toujours plus artistique. Beaucoup d'entre eux réussiront certainement à intégrer une des quatre écoles supérieures dédiées à cette discipline en France. Ou celle de Montréal, ou encore de Bruxelles... En juin, alors qu'ils n'étaient qu'à mi-parcours de leur apprentissage, ils présentaient une série de numéros formidablement aboutis. Dans cette salle de l'école, où les gradins sont si proches du plateau, la difficulté de leur exercice était incroyablement tangible. C'est dans ce cadre qu'ils vont encore progresser avant de montrer les 19 et 20 mai leur nouveau savoir-faire sous la houlette du metteur en scène Johan Lescop, qui fut déjà celui de Six pieds sur terre, et le regard extérieur de Yann Frisch sur ce délicat ovni qu'est Le Syndrome de Cass

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La jeunesse au pouvoir aux Subsistances

Spectacle Vivant | Après avoir consacré des artistes reconnus mi-juin (Vimala Pons, Alexander Vantournhout), les Subsistances s’intéressent à ceux de demain qui durant quatre jours vont présenter leur création, parrainés par cinq structures dédiées à l'émergence en région.

Nadja Pobel | Mardi 27 juin 2017

La jeunesse au pouvoir aux Subsistances

Il y a un an, ils s’apprêtaient à danser pour la dernière fois dans une production de l'Opéra de Lyon. Ashley Wright et Tadayoshi Kokeguchi ont alors entamé une période transitoire, dite de reconversion, particulièrement fructueuse puisque durant cette session d'Entrée des Artistes, l'Australienne sera au programme de VWA conçu avec Harris Gkekas pour décortiquer « la ruine d'un mouvement ». Elle sera aussi dans May countain traces of, avec cette fois l'intention, toujours en duo, de questionner l'obstination et son contraire - le lâcher prise - dans une danse contemporaine qui n'épargne pas les corps. Alliage du CCN de Rillieux-la-Pape, de Boom'structur (à Clermont-Ferrand), du théâtre de l'Élysée et de l'école de cirque, cette nouvelle manifestation des Subs explore aussi le champ des circassiens (voir page 3) avec d'anciens élèves de l'école de cirque (quartier Ménival), l'une des dix qui prépare aux écoles supérieures. Avec Bankal, la compagnie Puéril péril travaille le main-à-main, le monocycle et use

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L'Envol de Plume

Cirque Plume | C'est une aventure comme on n'en fera sans doute plus en France : ces superproductions qu'il faut trois années pour amortir s'éteignent peu à peu, (...)

Nadja Pobel | Mardi 27 juin 2017

L'Envol de Plume

C'est une aventure comme on n'en fera sans doute plus en France : ces superproductions qu'il faut trois années pour amortir s'éteignent peu à peu, contrairement à des locomotives comme le Cirque du Soleil. Il ne reste plus dans cette catégorie que Ariane Mnouchkine, et Bartabas. Et le Cirque Plume. Ces deux derniers sont les seuls à pouvoir remplir trente soirs d'affilée un chapiteau de mille places. Pourtant, il reste une forme d’artisanat derrière ces chiffres. Créée chez eux à Besançon en mai dernier, cette Dernière saison est pour Plume le commencement de la fin. Ce cirque a été précurseur, dès sa création en 1983, avec Amour, jonglage et falbalas, d'une façon de faire vivre le spectacle de rue, la magie, la musique... « C'était une histoire sociale » comme le précisait encore en mars dernier Bernard Kudlak son directeur, « il fallait faire ça pour mille raisons, politiques, personnelles. Nous étions nourris par le Living Theater (NDLR qui fit scandale à Avignon en 1968), le festival international de Nancy (NDLR qui révéla Bob Wilson), Augusto Boal et son théâtre ama

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Qu'est-ce que c'est que ce cirque ?

Nuits de Fourvière | Pas moins de sept spectacles sont dédiés au cirque cette année aux Nuits de Fourvière, qui accueillent cette discipline depuis 2011. Artisanaux ou grosses machines, en solo ou en meute, littéraires ou très axés sur le corps : que disent ces spectacles d'un art qui ne cesse de se renouveler ?

Nadja Pobel | Mardi 27 juin 2017

Qu'est-ce que c'est que ce cirque ?

Quand le cirque débarque à Fourvière en 2011, c'est avec Les Tziganes tombent du ciel par les Romanès et une compagnie canadienne rodée aux grands shows, les 7 Doigts de la Main. Cette dernière reviendra quatre fois, jusqu'à évincer le théâtre qui traditionnellement faisait l'ouverture du festival : c'était l'an dernier, avec Triptyque, un travail articulé entre les circassiens et trois chorégraphes, dont Marie Chouinard. De toute évidence, cet art pour petits et grands permet de drainer un large public, avec une durée assez courte (rarement plus d'une heure et trente minutes) quand bien même la qualité est fluctuante. Ainsi, les 7 Doigts ont impressionné avec Psy et Traces, beaucoup moins avec un Cuisine et confessions en roue libre. À ce mastodonte, répondent d'autres spectacles à toute petite échelle v

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Réversible aux 7 collines : l'équilibre des 7 Doigts

Les 7 Collines | Avec Réversible, la compagnie québécoise Les 7 Doigts de la Main s'impose par un cirque mêlant technicité et surtout humanité. Traitant de thématiques autour du passé, des origines et de la construction de l'être, Réversible frappe un grand coup. Nous avons posé quelques questions au metteur en scène Gypsy Snider, qui fait également partie des créateurs de la Compagnie Les 7 Doigts de la Main en 2002.

Nicolas Bros | Mardi 20 juin 2017

Réversible aux 7 collines : l'équilibre des 7 Doigts

En 2002, avec six autres artistes, vous avez décidé de lancer la Compagnie Les 7 Doigts de la main, un cirque à "l'échelle humaine"... Pourquoi à ce moment-là ? Gypsy Snider : Nous étions tous des artistes de cirque et nous arrivions à un certain âge. Autour de la trentaine, l'acrobate commence à faire une transition importante. Tout d'abord parce que notre physique a un temps limité, mais aussi parce que nous étions déjà mentalement et créativement, des artistes de cirque avec des visions assez larges des expressions que nous pouvions proposer. Si l'on parle des années 90, le cirque était déjà assez développé en Europe. Ce n'était pas encore au même niveau en Amérique du Nord. Nous avions le Cirque du Soleil mais l'expression du cirque contemporain en était à ses débuts. On voyait ce grand frère [ndlr : le Cirque du Soleil] prendre énormément de place dans l'industrie du divertissement. Pour notre part, nous étions des "rebelles adolescents". Nous voulions une image contraire à cela. Le grandiose, le fabuleux, le quasi-extraterrestre qu'ils voyaient ne correspondaient pas à notre vision. Nous souhaitions du minimali

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Plume sur le départ

Nuits de Fourvière | 33 ans après sa naissance, le Cirque Plume vit son ultime spectacle, une bien nommée Dernière saison avant que cette troupe avant-gardiste du nouveau cirque plie définitivement son chapiteau. A quelques mois de s'installer aux Nuits de Fourvière, Bernard Kudlak, le directeur se confiait.

Nadja Pobel | Mardi 20 juin 2017

Plume sur le départ

Ils ont voulu mettre la rêverie et l'esprit vagabond sur un plateau, ils ont inventé le cirque sans animaux, rendant aux humains leur part d'animalité (No animo mas anima, 1990). Alors que les arts du cirque n'étaient pas institutionnalisés en CNAC, les membres de Plume ont défriché un nouveau. Voilà l'épilogue de leur histoire. Qu'est-ce que le cirque pour vous ? Bernard Kudlak : La culture du cirque a à voir avec l'inconscient. Le mot "poétique" n'était pas bien vu à nos débuts. Il fallait être plus guerrier que poète. Le cirque est un art resté longtemps marginal, avec pour fait essentiel de partager un large public sans étiquette sociale. À quoi va ressembler cette Dernière saison ? Nous sommes des gens de la campagne, des indiens, des apaches (sic), on travaille sur les feuilles, la mer... On va créer une 5e saison. On se baladera notamment dans une forêt, cet endroit interdit avec des fuyards, des réprouvés, des immigrés, des hommes sauvages... On sera quinze : sept circassiens et huit musiciens, des Catalans, Italiens, Argentins.

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Le dernier tour du Cirque Plume

SCENES | Les Nuits de Fourvière réinvestissent en 2017 le parc de Parilly et présentent, avec la Maison de la Danse, la der des der création du Cirque Plume, la (...)

Nadja Pobel | Jeudi 2 février 2017

Le dernier tour du Cirque Plume

Les Nuits de Fourvière réinvestissent en 2017 le parc de Parilly et présentent, avec la Maison de la Danse, la der des der création du Cirque Plume, la bien-nommée Dernière saison. Du 30 juin au 5 août, 30 dates sont prévues pour mille spectateurs attendus chaque soir sous l'immense chapiteau de cette compagnie historique du nouveau cirque, née au début des années 80. Déjà venus à ce même endroit pour Tempus fugit en 2013, Bernard Kudlak et sa troupe travaillent cette fois-ci, non pas sur un best of de 30 ans de carrière comme pour le précédent, mais sur la matière qui émaille le déroulement d'une année : les feuilles, la neige, la mer... Cette balade se fera avec sept circassiens dont beaucoup de petits nouveaux venus de Catalogne, Italie, Argentine, et les fidèles musiciens (piano, accordéon, basse, clarinette). Pour cette compagnie, grandiose par l'ambition de son entreprise mais artisanale dans son fonctionnement économique et artistique, ce spectacle est aussi

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À l'Opéra, des airs connus

Classique | Passage en revue des festivités prévues du côté de l'Opéra où l'on rejoue ses classiques, et de l'Auditorium qui fait tout un cirque de son réveillon.

Pascale Clavel | Mardi 13 décembre 2016

À l'Opéra, des airs connus

À l’Opéra, c’est le jeune, fougueux et futur chef permanent, Daniele Rustioni, qui officie : une soirée faite de joyeux pots-pourris, une enfilade de tubes à fredonner plus ou moins discrètement. Des extraits d’œuvres classiques et romantiques, tricotés comme un gros patchwork bien doux. Le public en aura trop et c’est bien cela qu’il cherche : le trop d’émotions, l’envie constante de bulles de champagne. Au menu, des valses de Tchaïkovski tirées pour l’une de la Belle au bois dormant, pour l’autre de la Symphonie n°5 ; des moments choisis des Noces de Figaro de Mozart et même des airs de Rossini à se pâmer. L’orchestre de l’Opéra de Lyon, sous la baguette très attendue de Rustioni, va offrir un moment tout en paillettes, tout en émotions rares et nous sortirons de là le cœur léger, le sourire aux lèvres et l’envie que le monde soit beau. L’Auditorium fait son numéro Avec ses rêves de cirque, le spectacle du Nouvel An risque de plaire aux petits, aux grands, tous confondus dans la même émotion. La salle de l'Auditorium se transforme en un immense

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La mécanique bien huilée du cirque Eloize

Cirque | Quatre ans après sa création, Cirkopolis du cirque Eloize débarque à Lyon avec force acrobaties et le sens du grandiose. Triomphe garanti grâce à des artistes-athlètes rodés et sacrément soudés.

Nadja Pobel | Mardi 18 octobre 2016

La mécanique bien huilée du cirque Eloize

De toute évidence, avant même la qualité individuelle de chacun, le collectif est leur force. Les dix membres du casting de Cirkopolis font alliance pour ce spectacle qui, plus que Nebbia, est narratif. Au cœur d'un monde futuriste passé (une sorte de Métropolis), des jeunes gens, tous semblables en costard gris, s'agitent, traversent de long en large le plateau. Ils sont affairés. Comme si le monde industriel, représenté par des images de machines des temps modernes, allait céder le pas à celui de la finance. Wall Street balbutie. Un travail vidéo prolonge cette brume des villes qu'une circassienne de la roue Cyr défie, robe rouge voluptueuse collée à la peau. Ses homologues masculins de la (double) roue allemande se mettront jusqu'à cinq pour pousser leur engin. C'est la force du cirque Eloize : à défaut d'émouvoir, ils maîtrisent mieux que personne leurs agrès et en font une utilisation plus technique que les autres, comme ce mât chinois en fin de spectacle sur lequel deux circassiens tête-bêche progressent verticalement pieds contre pieds. Dix pour un Autre trait de cette création :

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Le plein essor du cirque

Entretien | À la tête de l'École de cirque de Lyon, labellisée Scène découverte par la Ville, Nadège Cunin revient sur la professionnalisation de cet art encore tout neuf institutionnellement, de plus en plus présent dans les grandes salles.

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

Le plein essor du cirque

Comment sont structurées les formations au cirque en France ? Nadège Cunin : Il y a trois écoles supérieures. Le CNAC de Chalons-en-Champagne, l'Académie Fratellini et le Lido à Toulouse qui sont en cours de labellisation par le ministère de la Culture, et une dizaine d'écoles préparatoires à ces trois-là dont la nôtre, financée par la Région (Ndlr : la subvention a été maintenue cette année) et la DRAC. Douze places sont ouvertes tous les deux ans et cette année nous avons battu le record de dossiers reçus : 180. Comment s'explique cet engouement ? Le cirque est tout juste en train de se structurer au niveau de l’enseignement, comme la danse l'a fait il y a une vingtaine d'années. Il y a eu la création d'un bac cirque (en 2012), comme il y a des bac théâtre. Dans l'Académie de Lyon, il est au lycée Doisneau de Vaulx-en-Velin où l'on intervient avec les Subsistances. Les élèves se "professionnalisent" de plus en plus tôt, c'est un peu dommage pour ceux qui pensent à ce métier à 20-22 ans, mais il y a une telle exigence aujourd'hui pour être professionnel du cirque... Un j

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Karim Demnatt et le cirque Bouffon à l'assaut du château

L'Estival de la Bâtie | Né de la fusion en 2011 des Nuits de la Bâtie et de L’Été musical, l'Estival de la Bâtie continue d'arrimer au cœur du Forez quelques joyeuses compagnies dans (...)

Nadja Pobel | Mardi 21 juin 2016

Karim Demnatt et le cirque Bouffon à l'assaut du château

Né de la fusion en 2011 des Nuits de la Bâtie et de L’Été musical, l'Estival de la Bâtie continue d'arrimer au cœur du Forez quelques joyeuses compagnies dans le cadre du château du XVIe, son excentrique grotte de rocailles et dans ses jardins à l'italienne attenants. Cette année, le comédien Karim Demnatt viendra en voisin puisqu'il a fait ses armes à l'école de la Comédie de Saint-Étienne presque par effraction, nous confiait-il il y a quelques années tant il n'est pas issu, contrairement à nombre de ses camarades, d'un milieu intellectuel. Son guide est le plaisir du jeu. Sous la direction de Stanislas Nordey et plus encore de Laurent Pelly (Sindbad le marin, Le Roi nu...), il s'amuse. Et souhaite parallèlement se mettre à nu dans Brûler, très sensible texte qu'il a écrit et déjà montré aux Clochards Célestes en 2012 et qu'il jouera ici. Où il est question d'une vie entre France et Maroc (le pays de ses paren

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Les Ogres

ECRANS | Léa Fehner tend le barnum de son deuxième long-métrage au-dessus du charivari d’une histoire familiale où les rires se mêlent aux larmes, les sentiments fardés aux passions absolues… Qu’importe, le spectacle continue !

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Les Ogres

Surprenant de voracité, le titre ne ment pas : Les Ogres est bien un film-monstre. Car pour évoquer de manière lucide le quotidien d’une troupe tirant le diable par la queue, confondant la scène et la vraie vie, l’enfant de la balle — voire, enfant de troupe — Léa Fehner n’aurait pu faire moins que cette chronique extravagante, profuse, débordante de vie. D’une durée excessive, et cependant nécessaire, cette œuvre vrac et foutraque rend compte du miracle sans cesse renouvelé d’un spectacle, né d’un effarant chaos en coulisses, produit par la fusion d’une somme d’individus rivaux soumis à leurs démons, leurs passions et jalousies. Quel cirque ! Ogres, ces saltimbanques le sont tous à des degrés divers, se nourrissant réciproquement et sans vergogne de leur énergie vitale — à commencer par le propre père de la cinéaste. Chef de bande tout à la fois charismatique et pathétique, odieux et investi dans le fonctionnement de la compagnie qu’il dirige en pote-despote, il tiendrait même de Cronos, dévorant ses enfants comme le Titan mythologique. Si Léa Fehner a su dépeindre les relations complexes se nouant au sein de ce groupe d’artistes cabossé

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Chocolat

ECRANS | Avec quatre réalisations en dix ans — dont trois depuis juin 2011 — on va finir par oublier que Roschdy Zem a commencé comme comédien. Il aurait intérêt à ralentir la cadence : son parcours de cinéaste ressemble à une course forcenée vers une forme de reconnaissance faisant défaut à l’acteur…

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Chocolat

Rien de tel, pour un réalisateur désireux de s’assurer un consensus tranquille, qu’un bon vieux film-dossier des familles ou la biographie d’une victime de l’Histoire. Qu’importe le résultat artistique : il sera toujours considéré comme une entreprise morale nécessaire visant à rétablir une injustice et réduit à sa (bonne) intention de départ, si naïve qu’elle soit — on l’a vu il y a peu avec le documentaire mou du genou Demain de Cyril Dion & Mélanie Laurent, encensé pour les vérités premières qu’il énonce, malgré sa médiocrité formelle et sa construction scolaire. Chocolat est de ces hyper téléfilms néo-qualité française qui embaument la reconstitution académique et s’appuient sur une distribution comptant le ban et l’arrière-ban du cinéma, figée dans un jeu "concerné", dans l’attente de séquences tire-larmes. La bande originale de Gabriel Yared, étonnamment proche des mélodies de Georges Delerue — mais ce doit être un hasard, Yared étant plutôt connu pour ses “hommages” à John Williams — incitant fortement à l’usage du mouchoir. Un

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Les Authentiks reprennent du poil de la bête

MUSIQUES | Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival Les Authentiks retrouvera cet été le chemin du Théâtre antique de Vienne. Connaissant le (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Les Authentiks reprennent du poil de la bête

Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival Les Authentiks retrouvera cet été le chemin du Théâtre antique de Vienne. Connaissant le climat de morosité financière dans lequel baigne le secteur culturel ces temps-ci, cette résurrection est déjà un petit miracle en soi. Sa programmation, exclusivement dédiée au hip-hop, ce sabir des peuples périphériques, offre elle aussi quelques raisons de se réjouir. À commencer par la venue de Joeystarr, qui partagera le haut de l'affiche avec les beatmakers martiaux de Chinese Man, le temps d'une "Caribbean Dandee Block Party" en bonne compagnie (derrière les platines : Cut Killer et DJ Pone) qu'on nous promet caliente. C'est toutefois en bas de la carte que se nichent les propositions les plus excitantes, à savoir les frangins BigFlo & Oli, petits prodiges d'un rap salutairement déconneur, et la pair Anton Serra/Lucio Bukowski, la plus lettrée et loyale du collectif lyonnais L’Animalerie. Reste à savoir s'ils se produiront comme prévu avec Kacem Wapalek, qui a récemment réglé ses comptes en pub

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Les Authentiks de retour

MUSIQUES | Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival des Authentiks retrouvera le chemin du Théâtre antique de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 14 avril 2015

Les Authentiks de retour

Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival des Authentiks retrouvera le chemin du Théâtre antique de Vienne le 15 juillet prochain. Au programme, du beat et des palabres avec le collectif Chinese Man, le petit prodige electronica Fakear, Joeystarr pour un plan à trois avec Cut Killer et DJ Pone, les rappeurs léonins (au sens propre) de l'Animalerie et la pasionaria ragga Soom-T.

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Solvo, le temps long des gitans

SCENES | Esprit de troupe, es-tu là ? Si tu es là, frappe une fois. Et celui du Cirque Bouffon de répondre par de frénétiques roulements de caisse claire. Complice et (...)

Benjamin Mialot | Mardi 23 décembre 2014

Solvo, le temps long des gitans

Esprit de troupe, es-tu là ? Si tu es là, frappe une fois. Et celui du Cirque Bouffon de répondre par de frénétiques roulements de caisse claire. Complice et enthousiaste, cette petite entreprise babélienne co-fondée en 1999 par un alumnus du Cirque du Soleil l'est effectivement. C'est même là que réside l'essentiel du capital sympathie de son troisième spectacle, dont la poésie saugrenue n'est pas sans évoquer celle du Matamore du Cirque Trottola et du Petit Théâtre Baraque. Le hic, c'est qu'elle ne s'incarne que dans son décor, monticule de journaux froissés que quelques frémissements suffisent à transformer en îlot désert, et les interventions délicates et fantasmagoriques d'un Pierrot jongleur – en particulier un numéro de contact avec cerceau à l’exécution surnaturelle. Le reste du temps, Solvo pêche par la maigreur de son propos – toute considération corporatiste mise à part, n'y avait-il pas supports plus appropriés que des quotidiens en voie de disparition pour déplorer la surinformation et le gaspillage de papier ? – et, surtout, la banalité de sa construction, chaque performance, fut-elle musicale, comique ou acrobatique, se r

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L'été indien

CONNAITRE | D'une bataille de pigments en l'honneur des désormais octogénaires Gratte-Ciel à leur programmation musicale, pour le moins bariolée et forte en gueule(s), Les Invites de Villeurbanne s'annoncent plus polychromes que jamais. Balayage de spectre. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

L'été indien

«Aux Invites, exit la grisaille». C'est par cette parole que débute la présentation des Invites, le festival urbain et gratuit de Villeurbanne. Cette année, plus encore que les précédentes, Patrice Papelard et ses équipes y joignent le geste, et pour cause : 2014 coïncide avec le quatre-vingtième anniversaire des Gratte-Ciel, ce quartier si emblématique du vivre ensemble à la villeurbannaise que sa skyline rehausse le logo de la Ville. Entre l'inauguration en leur cœur d'une monumentale passerelle éphémère le long de laquelle s'étaleront des portraits de riverains et un final inspiré par la Holi, cette tradition hindouiste qui consiste à s'emplâtrer avec son voisin à coups de poudres bigarrées, tout concourra donc à contraster avec leur auguste blancheur.   Côté interventions in situ, on en verra aussi de toutes les couleurs. Du jaune notamment, celui de la colossale nacelle au pied et au sommet de laquelle les danseurs de la compagnie Beau Geste déploiero

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Jeux de piste

SCENES | Le nouveau cirque n'est pas qu'un produit d'appel. C'est le constat qui s'imposait au terme de la saison 2012/2013, plutôt époustouflante en la matière. C'est le même qui se dessine en creux des plaquettes estampillées 2014. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 5 septembre 2013

Jeux de piste

Politique et contracté (Propaganda, par les punks d'Acrobat), tendre et intimiste (Pour et le meilleur et pour le pire, du Cirque Aïtal), souple et détendu (Nuage, avec Mathurin Bolze et Yoann Bourgeois), freaky et inquiétant (

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Le grand saut

SCENES | "Pour le meilleur et pour le pire" est la pépite inattendue des Nuits de Fourvière 2013, le Cirque Aïtal, duo acrobatique formé par Victor Cathala et Kati Pikkarainen, y réussissant la prouesse d’être à la fois infiniment technique et poétique. Rencontre avec ce couple à la scène comme à la ville, qui manie comme personne l’art de l’équilibrisme. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 4 juillet 2013

Le grand saut

Vous avez des parcours très différents. Quels chemins vont ont menés au cirque ? Kati Pikkarainen : Enfant, j’ai voulu faire du cirque comme un hobby. J’ai commencé à huit ans dans une école de loisirs en Finlande, mon pays, dans une petite ville à côté de Helsinki. Et j’ai aussi été formée en Russie, car il y avait des échanges avec une école de cirque de là-bas. C’était vraiment accessible, ça ne coûtait pas cher, dans une banlieue un peu retirée... Un monsieur avait monté cette école pour sortir les enfants des rues. J’y ai rencontré mes copines, c’est devenu une passion, on faisait des spectacles chaque week-end. Vers treize ans, ces spectacles sont devenus plus professionnels et à seize, j’étais convaincue que je voulais en faire mon métier. Mais je ne savais pas vraiment comment m’y prendre. J’avais par ailleurs du mal à me concentrer à l’école, j’étais un peu paumée. Puis un de mes enseignants de cirque, un Français, m’a dit qu’il y avait de bonnes écoles où décrocher un diplôme en France et à Montréal. J’ai choisi la France car il y avait une école d’état qui ne coûtait rien, le CNAC [Centre

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Parfait équilibre

SCENES | Quand la prouesse physique et technique est au service d’une histoire simple et racontée sans filtre, cela donne Pour le meilleur et pour le pire, (...)

Nadja Pobel | Mercredi 3 juillet 2013

Parfait équilibre

Quand la prouesse physique et technique est au service d’une histoire simple et racontée sans filtre, cela donne Pour le meilleur et pour le pire, deuxième création du Cirque Aïtal, duo de haut vol composé de Victor Cathala et Kati Pikkarainen. Sous chapiteau, sur une piste en terre - la piste aux étoiles est cachée en-dessous et sera dévoilée plus tard - les deux acolytes jouent les amoureux entre disputes, réconciliations et amour infini. Sans paroles mais au rythme des chansons qui passent sur la bande FM dans leur vieille Simca 1000 rouge, ils inventent leur langage, sur la base d'une maîtrise impressionnante d’un porté spécifique, le main à la main : Kati se hisse sur son compagnon pour tendre haut l’antenne de l'auto-radio et mettre fin à ses grésillements puis, habillée en mécano, grimpe au bout d’un mât chinois bricolé à partir du pot d'échappement de la voiture, effectue des plongeons, rattrapée à la seule force des bras par Victor... Nulle action ne vire à la démonstration de puissance, chacune constitue un élément de ce récit (quasi) muet. Lorsque Victor casse des planches en bois avec son fron

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Léger, léger

SCENES | Dans le cadre des Nuits de Fourvière et pour célébrer ses trente ans, le Cirque Plume investit le Parc de Parilly durant un mois avec "Tempus fugit ?", une décevante succession de numéros sans âme ni génie. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 1 juillet 2013

Léger, léger

Jusqu'au début du mois d'août, le Cirque Plume offre les premières représentations mondiales (à part un rodage à domicile, à Besançon) de sa nouvelle création, Tempus fugit ?, à un public lyonnais qui le lui rend bien : près de mille personnes chaque soir, vingt-neuf dates complètes auxquelles s’en sont rajoutées deux... Pourtant, force est de constater que le résultat est loin d’être à la hauteur de l’événement. Et c’est d’autant plus flagrant que l’offre en nouveau cirque n’a jamais été aussi dense dans l’agglomération lyonnaise, à commencer par ce que proposent les Nuits de Fourvière, justement : le collectif Les 7 doigts de la main les années précédentes, le très bon Opus cette année (par Circa et le Quatuor Debussy) et l’excellent Pour le meilleur et pour le pire par le Cirque Aïtal. Le festival UtoPistes des Célestins a aussi permis ces derniers jours de revoir les fascinants Yoann Bourgeois et Mathurin Bolze (Nuage) en plein air ou d

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La caravane de l'étrange

SCENES | Il y a deux ans, la Biennale d'art contemporain de Lyon faisait sienne la «terrible beauté» de Yeats. Cette année, c'est à notre tour d'emprunter au poète (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 2 juin 2013

La caravane de l'étrange

Il y a deux ans, la Biennale d'art contemporain de Lyon faisait sienne la «terrible beauté» de Yeats. Cette année, c'est à notre tour d'emprunter au poète irlandais son oxymore pour qualifier Matamore, le spectacle circassien que programme depuis la semaine passée le Théâtre de la Renaissance du côté du stade de Merlo, à Oullins. Rarement en effet a-t-on vu spectacle aussi monstrueux et, dans le même temps, aussi gracieux que ce détournement maboul et grotesque des codes de la cabriole sous chapiteau – de la voltige au clown en passant par le dressage canin, mis au point de concert par le Petit Théâtre Baraque (dont les fondateurs ont assisté Bartabas dans la création de son Théâtre équestre Zingaro) et le Cirque Trattola. A tel point que, eussions-nous assisté plus tôt à l'une de ses représentations, nous aurions été tentés de faire figurer en Une de ce numéro l'un des nombreux tableaux le composant. Ce clown blanc interprétant au violoncelle et au séquenceur un tango funèbre, par exemple ; ou ce jongleur à la dentition proéminente préférant des revolvers aux traditionnelles massues ; ou encore

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Nuits de Fourvière 2013 - La programmation

MUSIQUES | Pour certains, le début du printemps coïncide avec la floraison des crocus et le réveil des hérissons. Pour d'autres, elle s'incarne dans un bouillonnement hormonal, dans une atmosphère révolutionnaire ou dans une recrudescence de la présence de punks à chien (les hirondelles des citadins). Au Petit Bulletin, le printemps devient réalité au moment où les Nuits de Fourvière dévoilent l'intégralité leur programmation. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 23 mars 2013

Nuits de Fourvière 2013 - La programmation

Cette année, c'est ve lundi 25 mars à 11h que les Nuits de Fourvière ont annoncé qui, à l'instar de M (13 juin), Dead Can Dance (27 juin), Crosby, Stills & Nash (16 juillet) et Nick Cave (27 juillet), aura cet été l'insigne honneur d'être enseveli sous des coussins – au contraire du Cirque Plume qui, pour rappel, investira le Parc de Parilly du 28 juin au 1er août. La colline a des vieux S'il fallait résumer la teneur de cette édition 2013 des Nuits en un mot qui n'existe pas, ce serait vénérabilité. Et pour cause ! L'événement a beau accueillir chaque année son lot de mythes vivants, on a rarement vu une telle concentration d'artistes aux carrières longues comme des jours sans communiqués de presse (notre pain quotidien) à son affiche. Jugez plutôt : outre le rereretour du metteur en scène Georges Lavaudant (en ouverture du 4 au 12 juin avec un Cyranoc de Bergerac), les antiques hauteurs de Lyon verront défiler les chorégraphes Angelin Preljocaj

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Attention les vieux

SCENES | Oubliez tout ce que vous savez du cirque. Le chapiteau coloré, les fauves aux manières de gros chatons, les acrobates aux corps élastiques, les clowns attifés (...)

Benjamin Mialot | Lundi 4 février 2013

Attention les vieux

Oubliez tout ce que vous savez du cirque. Le chapiteau coloré, les fauves aux manières de gros chatons, les acrobates aux corps élastiques, les clowns attifés comme des figurants d'une publicité pour lessive, tout ça, c'est bon pour un samedi soir chez Patrick Sébastien. Quand Les Encombrants font leur cirque, comme ils le feront vendredi 8 février au Théâtre de Vénissieux, c'est sur une piste aux étoiles improvisée dans une décharge, avec la complicité d'une mante religieuse équilibriste, d'une famille de boîtes de sardines passée maître dans l'art du trapèze volant ou d'une carcasse de cheval à la voix de stentor, et le résultat est anti-spectaculaire au possible. Il faut dire que les encombrants en question, marionnettes à taille humaine manipulées avec une dextérité et un sens du burlesque sans pareils par les membres du Théâtre La Licorne, sont des vieillards un peu séniles sur les bords et très arthritiques au milieu. Un handicap qu'ils compensent par une fantaisie de tous les instants, faisant de cette mise à jour du Bestiaire forain, dans lequel la metteur en scène Claire Dancoisne multipliait déjà les visions poétiques à base d'animaux bricolés et d'ai

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Le Cirque Plume à Fourvière

SCENES | Le Cirque Plume, troupe franc-comtoise qui depuis trente ans mêle comme aucune autre virtuosité et poésie, fête en 2013 ses trente années d'activité avec Tempus (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 janvier 2013

Le Cirque Plume à Fourvière

Le Cirque Plume, troupe franc-comtoise qui depuis trente ans mêle comme aucune autre virtuosité et poésie, fête en 2013 ses trente années d'activité avec Tempus Fugit, oeuvre musicale et acrobatique sur le temps et la mémoire. Après Besançon, c'est Lyon qui en aura la primeur dans le cadre des Nuits de Fourvière. Le festival accueillera en effet le spectacle du 28 jun au 1er août au Parc de Parilly, là où Zingaro avait installé son écurie mobile l'an passé. Les places sont d'ores et déjà en vente à l'adresse suivante : http://www.nuitsdefourviere.com

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Famille je vous aime

SCENES | Créé dans les années 90, "Le Cirque invisible" de Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin fait partie de ces spectacles qui marquent les esprits avec bonheur. Deux heures de véritable magie visuelle, sans aucune autre prétention que celle d’émouvoir et d’enchanter le public. Aurélien Martinez

Christophe Chabert | Lundi 5 novembre 2012

Famille je vous aime

Le Cirque invisible, ce sont des images, des sensations, des formes, des couleurs... Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin, que l’on a coutume de présenter comme les pionniers du nouveau cirque (cet art qui s’éloigne du nez rouge et des lapins dans les chapeaux pour rechercher une certaine épure proche de la danse), sont deux artistes délicieusement fantasques. Lui, acteur que l’on a aussi bien pu croiser chez Alain Resnais et Peter Brook que dans la rue en 1968 ; elle, fille du grand et imposant Charlie Chaplin, qui aujourd’hui collabore discrètement avec leurs deux enfants : Aurélia Thierrée (elles ont imaginé ensemble L'Oratorio d'Aurélia), et surtout James Thierrée, artiste pluridisciplinaire qui livra quelques-uns des plus beaux spectacles vus ces dernières années (elle lui confectionne ses costumes). Une lignée à haute valeur artistique ajoutée donc... Mais revenons-en aux parents, qui sont maintenant seuls en piste, leurs enfants ayant depuis longtemps quitté leur Cirque bonjour (qui devint ensuite le Cirq

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Reperkusounds good

MUSIQUES | Festival Reperkusound / Sept, comme les sept jours de la Création. Sept, comme les sept merveilles du monde. Sept, comme le pH de l'eau pure. Sept, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 30 mars 2012

Reperkusounds good

Festival Reperkusound / Sept, comme les sept jours de la Création. Sept, comme les sept merveilles du monde. Sept, comme le pH de l'eau pure. Sept, comme les sept vertus du bushido. Sept, comme les sept nains. Sept, enfin, comme l'âge du festival Reperkusound, qui se tiendra, comme de bien entendu, à l'Espace Double Mixte les 6, 7 et 8 avril prochains. De prime abord, la coïncidence est troublante. À l'aune de sa programmation, elle est d'une cosmique luminosité.  Et pour cause : jusqu'ici l’apanage des éleveurs nomades de canidés et des futurs bacheliers, l'événement s'est mué, sous l'influence de ce nombre qui justifie à lui seul l'existence de la numérologie, en un redoutable méli-mélo électronique. Oh bien sûr, l'electro-punk bas de la crête (Shaka Ponk, La Phaze), la drum'n'bass Max Havelaar (Highlight Tribe) et la house autocrate (Sebastian) y figurent toujours en bonne place. Mais de la techno hélicoïdale de Mr Nô à l'abstract hip-hop tradi-futuriste du vétéran nippon

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Chinese Man

MUSIQUES | Comme son nom l’indique, chacun sait que Chinese Man est un trio marseillais flanqué de MC’s californiens (Cyph 4, Lush One, Plex Rock…) Même que sur leur (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 5 mai 2011

Chinese Man

Comme son nom l’indique, chacun sait que Chinese Man est un trio marseillais flanqué de MC’s californiens (Cyph 4, Lush One, Plex Rock…) Même que sur leur nouvel album, Racing With The Sun, la mondialisation pousse le bouchon jusqu’à inviter Taïwan MC et une flopée de rappers indonésiens. Ainsi va le Chinese Man aux personnalités multiples, dédoublé entre Bollywood et Jamaïque, tonalités arabisantes et Saudade lusophile. Un chasseur de dragon qui braconne sur tous les terrains, du dub au jazz en passant par la jungle, l’afro-beat et le hip-opium. Le 17 mai au Kao, on compte donc sur High Ku, Sly et Zé Matéo pour ne pas nous poser un lapin (même si c’est le signe de l’année, on prédit plutôt un séisme sino-sonique en ce qui concerne leur nouveau show). Stéphanie Lopez

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Un cirque d'images poétiques

SCENES | Cirque / Et le cirque découvrit... la poésie ! C'est-à-dire aussi le circuit des salles de théâtre, quelques subventions, un peu de chaleur et de confort. Et (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 10 décembre 2009

Un cirque d'images poétiques

Cirque / Et le cirque découvrit... la poésie ! C'est-à-dire aussi le circuit des salles de théâtre, quelques subventions, un peu de chaleur et de confort. Et c'est très bien ainsi : les spectacles suintent moins la décrépitude, le clown triste, la trapéziste maigrichonne et sous-payée... La structure et le rythme des spectacles demeurent, quant à eux, souvent les mêmes : une succession de numéros alternant des saynètes plus ou moins drôles en devant de scène (avec adresses au public, chansonnettes participatives, clowneries en tous genres, parfois graveleuses...), et des séquences plus construites et techniques, faisant valdinguer le cœur du spectateur dans les airs ou au voisinage d'assiettes tournant sur elles-mêmes... Après "Nomade" et "Rain", "Nebbia" est la troisième collaboration entre le cirque canadien Eloize et la troupe de théâtre suisse de Daniele Finzi Pasca. Ce dernier, s'inspirant des souvenirs baignés de brouillards de son enfance, signe la mise en scène du spectacle, tout en confiant dans le programme aimer «l'inexprimé du théâtre, le voilé, le geste qui demeure invisible». Rassurez-vous, "Nebbia" n'a rien d'obscur et multiplie même nombre d'images scéniques superbe

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En piste, poètes !

SCENES | On en oublierait presque que ce sont eux, les inventeurs du Nouveau Cirque. L'air de ne pas y toucher, avec Le Cirque invisible, Jean-Baptiste Thiérrée et Victoria Chaplin ont révolutionné l'art de la piste. Marion Quillard

Marion Quillard | Jeudi 11 décembre 2008

En piste, poètes !

Lui, vieillard fou, tignasse blanche ébouriffée, professeur tournesol de la piste, clown burlesque. Elle, grands yeux noirs écarquillés, cheveux de jais, petit format tout en agilité. Lui, prestidigitateur en couleur, magicien de quatre sous, illuminé émerveillé. Elle, grâce incarnée, acrobate poète, contorsionniste élégante. Eux: Jean-Baptiste Thiérrée et Victoria Chaplin, maîtres à bord de cet incroyable Cirque Invisible. L'histoire du Cirque Invisible, c'est d'abord celle d'une rencontre, d'une correspondance. Il lui a écrit, elle lui a répondu. De ce désir de travailler ensemble sont nés deux enfants, James Thiérrée et Aurélia Chaplin, et trente ans de vie commune sur les pistes du monde entier. Au bilan, trois créations: le Cirque Bonjour, le Cirque Imaginaire et le Cirque Invisible, qui tourne depuis 1990. Jean-Baptiste Thiérrée aurait aimé «n'en faire qu'un seul et le peaufiner sans cesse...» Spectacle-valiseAvec facétie, les deux amants inventent un monde étrange et onirique où se mêlent équilibristes gracieux, lapins géants, cyclistes ingénieux et genoux amateurs d'opéra. Dans une irrésistible panoplie de numéros, ils marient la dextérité au merveilleux, l'inv

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Cirque poète

SCENES | L'air de ne pas y toucher, Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin ont révolutionné l'histoire du cirque. Du 9 au 22 décembre à la Maison de la Danse, leur (...)

Marion Quillard | Vendredi 5 décembre 2008

Cirque poète

L'air de ne pas y toucher, Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin ont révolutionné l'histoire du cirque. Du 9 au 22 décembre à la Maison de la Danse, leur Cirque Invisible recrée un monde incroyablement libre qu'habitent clowns illusionnistes, lapins géants et autres personnages incongrus. Un univers coloré dans lequel ils se dédoublent, se métamorphosent à l'infini avec une précision et une invention époustouflante.

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Le cirque contre l’aliénation

SCENES | Cirque / Il y aura du très beau monde dans la catégorie dite «nouveau cirque» à Lyon cette année. À brûle pourpoint, on retiendra trois moments forts... La (...)

| Mercredi 10 janvier 2007

Le cirque contre l’aliénation

Cirque / Il y aura du très beau monde dans la catégorie dite «nouveau cirque» à Lyon cette année. À brûle pourpoint, on retiendra trois moments forts... La reprise du chef-d'œuvre du jeune Mathurin Bolze au Toboggan fin février : Tangentes. Le second opus du circassien s'interroge sur les conditions de possibilité d'une communauté humaine, propulsant quatre acrobates parmi les engrenages d'une machinerie infernale composée d'un tapis roulant, d'une roue, d'un mât chinois et d'un trampoline. Soit la métaphore des rouages de nos sociétés aux rythmes effrénés et kafkaïens, broyant le corps comme l'esprit... Eux-aussi inquiets d'un monde soumis au tout économique et productif, le circassien Xavier Kim et la danseuse Wei Chen Yang tentent dans 100% croissance (Week-end «Ca change !» aux Subsistances) d'insuffler un peu de poésie, de désordre et de liberté parmi ce management qui ronge jusqu'à nos corps eux-mêmes. Leurs armes de résistance : l'humour, l'acrobatie, le jonglage et l'incongru. Enfin, dans un tout autre registre, James Thiérrée présentera à la Maison de la danse en avril une nouvelle création, dans la lignée de ses derniers spectacles amples et burlesques, La symphonie du

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