La jeunesse au pouvoir aux Subsistances

Spectacle Vivant | Après avoir consacré des artistes reconnus mi-juin (Vimala Pons, Alexander Vantournhout), les Subsistances s’intéressent à ceux de demain qui durant quatre jours vont présenter leur création, parrainés par cinq structures dédiées à l'émergence en région.

Nadja Pobel | Mardi 27 juin 2017

Photo : © DR


Il y a un an, ils s'apprêtaient à danser pour la dernière fois dans une production de l'Opéra de Lyon. Ashley Wright et Tadayoshi Kokeguchi ont alors entamé une période transitoire, dite de reconversion, particulièrement fructueuse puisque durant cette session d'Entrée des Artistes, l'Australienne sera au programme de VWA conçu avec Harris Gkekas pour décortiquer « la ruine d'un mouvement ».

Elle sera aussi dans May countain traces of, avec cette fois l'intention, toujours en duo, de questionner l'obstination et son contraire - le lâcher prise - dans une danse contemporaine qui n'épargne pas les corps. Alliage du CCN de Rillieux-la-Pape, de Boom'structur (à Clermont-Ferrand), du théâtre de l'Élysée et de l'école de cirque, cette nouvelle manifestation des Subs explore aussi le champ des circassiens (voir page 3) avec d'anciens élèves de l'école de cirque (quartier Ménival), l'une des dix qui prépare aux écoles supérieures.

Avec Bankal, la compagnie Puéril péril travaille le main-à-main, le monocycle et use même d'un accessoire aussi banal que le tabouret pour évoquer la notion d'élan.

Jeunes motivé-e-s

Avec Elisa Ruschke, le sujet sera plus sombre que celui des acrobates. Son talent devrait embellir cette manifestation des Subs. Diplômée de l'ENSATT et impressionnante de justesse dans son adaptation du Testament de Vanda (de Jean-Pierre Siméon) il y a quatre ans, elle met en scène et joue son propre texte, La Mère à boire, consacré à une jeune fille qui cherche à se détacher de l'emprise et des frustrations maternelles.

Relativement autobiographique, ce récit émane des journaux intimes que l'artiste tient sur sa mère : « une sorte de sorcière et de clown réunis. Elle est l'ogresse de mon conte.» Vivement !

Entrée des artistes
Aux Subsistances du 28 juin au 1er juillet

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(Ne pas) faire son cirque

Cirque | Alors que va s'ouvrir le somptueux festival UtoPistes (du 31 mai au 9 juin), le cirque souffre sévèrement d'espaces de travail en amateur, en apprentissage ou en professionnel, au point que l'école de cirque envisage sérieusement de quitter Lyon. État des lieux.

Nadja Pobel | Mardi 22 mai 2018

(Ne pas) faire son cirque

Durant le festival UtoPistes, le mardi 5 juin de 17h à 19h, place des Célestins, aura lieu un "entraînement sauvage", le premier d'une petite série selon le manifeste d'une centaine de professionnels qui après avoir alerté sur le manque de lieux pour répéter et créer, le prouve. Ainsi pour s’entraîner sur son agrès - le trampoline - Mathurin Bolze doit trouver un créneau sur la pause de midi à l'école de cirque. Le temps de monter et démonter son matériel est plus long que son moment de pratique ! Alors, « il loue un jour ou deux de plateau dans les lieux qui l’accueillent en diffusion, précise Marion Floras, coordinatrice artistique de sa compagnie mpta et co-organisatrice d'UtoPistes, heureusement on tourne beaucoup ! » Et de noter que c'est encore plus compliqué pour les circassiens de l'aérien dont l'outil nécessite des accroches. Est alors évoqué ce vieux serpent de mer : une cité des arts du cirque pour réunir la recherche et les créations des pros, la formation professionnelle et la pratique amateur dans un même lieu pérenne. Plusieurs sites ont été envisagés : la Fouragère mais l'effondrement de la balme a to

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L'École de Cirque se dévoile

Cirque | Attraper le C21 à Perrache... et à peine dix minutes plus tard, vous voici à l'École de Cirque de Lyon qui, outre le fait de former des jeunes, accueille chaque année quelques spectacles de ce qui fait la crème de cette discipline. Tour d'horizon avant la présentation de saison le 8 septembre.

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

L'École de Cirque se dévoile

Ils sont douze élèves (huit garçons, quatre filles) à faire leur entrée en deuxième et dernière année de formation. Ils se sont extirpés de la pile de 190 dossiers reçus à l'École de Cirque de Lyon qui, tous les deux ans, reçoit une nouvelle promotion triée sur le volet. Au terme de la saison, ils partiront sur les routes faire ce métier infiniment technique et toujours plus artistique. Beaucoup d'entre eux réussiront certainement à intégrer une des quatre écoles supérieures dédiées à cette discipline en France. Ou celle de Montréal, ou encore de Bruxelles... En juin, alors qu'ils n'étaient qu'à mi-parcours de leur apprentissage, ils présentaient une série de numéros formidablement aboutis. Dans cette salle de l'école, où les gradins sont si proches du plateau, la difficulté de leur exercice était incroyablement tangible. C'est dans ce cadre qu'ils vont encore progresser avant de montrer les 19 et 20 mai leur nouveau savoir-faire sous la houlette du metteur en scène Johan Lescop, qui fut déjà celui de Six pieds sur terre, et le regard extérieur de Yann Frisch sur ce délicat ovni qu'est Le Syndrome de Cass

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Le plein essor du cirque

Entretien | À la tête de l'École de cirque de Lyon, labellisée Scène découverte par la Ville, Nadège Cunin revient sur la professionnalisation de cet art encore tout neuf institutionnellement, de plus en plus présent dans les grandes salles.

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

Le plein essor du cirque

Comment sont structurées les formations au cirque en France ? Nadège Cunin : Il y a trois écoles supérieures. Le CNAC de Chalons-en-Champagne, l'Académie Fratellini et le Lido à Toulouse qui sont en cours de labellisation par le ministère de la Culture, et une dizaine d'écoles préparatoires à ces trois-là dont la nôtre, financée par la Région (Ndlr : la subvention a été maintenue cette année) et la DRAC. Douze places sont ouvertes tous les deux ans et cette année nous avons battu le record de dossiers reçus : 180. Comment s'explique cet engouement ? Le cirque est tout juste en train de se structurer au niveau de l’enseignement, comme la danse l'a fait il y a une vingtaine d'années. Il y a eu la création d'un bac cirque (en 2012), comme il y a des bac théâtre. Dans l'Académie de Lyon, il est au lycée Doisneau de Vaulx-en-Velin où l'on intervient avec les Subsistances. Les élèves se "professionnalisent" de plus en plus tôt, c'est un peu dommage pour ceux qui pensent à ce métier à 20-22 ans, mais il y a une telle exigence aujourd'hui pour être professionnel du cirque... Un j

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Leçon de choses

SCENES | Quand la dernière représentation du Testament de Vanda aura eu lieu (elle se joue jusqu'au 14 avril aux Marronniers), il sera toujours temps de se (...)

Nadja Pobel | Jeudi 10 mars 2016

Leçon de choses

Quand la dernière représentation du Testament de Vanda aura eu lieu (elle se joue jusqu'au 14 avril aux Marronniers), il sera toujours temps de se procurer le texte de Jean-Pierre Siméon. En attendant, on se gardera d'invoquer le retour inespéré du soleil pour ne pas aller voir comment Elisa Ruschke l’adapte scéniquement et y tient le rôle titre en dialogue avec la violoncelliste Orane Duclos. La comédienne a fait ses classes à Vitry-sur-Seine et surtout à l'ENSATT, d'où elle sort tout juste. Avec un engagement total, elle incarne généreusement une réfugiée des Balkans, atterrie sans ménagement «ici», en France, avec un enfant sous le bras. La langue de Siméon, auteur associé au TNP, est tellement ciselée, imagée et (osons ce mot galvaudé, qui retrouve un sens avec ce grand versificateur) poétique que le naturalisme et le misérabilisme n'ont aucune place dans ce récit. Elisa Ruschke l'a bien compris, optant pour un décor quasi-nu où rien ne fait obstacle à son jeu. Une chaise, une ampoule et la voilà qui nous parle d'amour et de quotidien, de tendresse ou de ce

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