En bus vers Saint-Étienne

Nadja Pobel | Mardi 20 février 2018

Photo : © Sonia Barcet


Le 2 mars, les Célestins vous offrent le car pour allez chez nos voisins stéphanois, dans la Comédie flambant neuve où le directeur de ce CDN monte Fore !.

Arnaud Meunier a choisi des acteurs inconnus (la moitié de la promo sortante de "son" École et des diplômes de CalArt, école d'art, sorte de Fame californien) et une autrice inconnue (la trentenaire US Aleshea Harris) pour évoquer l'absurdité et la violence du monde actuel. Trump n'est pas loin, les Clytemnestre et Agamemnon du XXIe sont au premier plan de ce plateau à double niveau.

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Les sorties cinéma de la quinzaine à Lyon

En salles | L’amour donne du cœur au ventre, fait parfois partir sur un coup de tête, et peut convoquer bien d’autres mécaniques corporelles. Comme pas mal de films de la quinzaine. Attention : on ne prend pas toujours son pied…

Vincent Raymond | Mercredi 8 septembre 2021

Les sorties cinéma de la quinzaine à Lyon

Commençons bien évidemment cet inventaire par la tête. Celle qui fait défaut et se vide sous les assauts de la maladie dans Supernova de Harry Macqueen (sortie le 8 septembre). On y suit le road trip d’un couple d’amants sur les traces de leur histoire, initié par le premier (Stanley Tucci en écrivain atteint de démence sénile) sous le prétexte que le second (Colin Firth en pianiste) aille donner un récital. Derrière la balade romantique se profile l’inéluctable question de la maladie, du déclin et du libre choix de sa mort — bientôt évoquée dans le Ozon —, toutes traitées avec élégance et pudeur. Un film parfait pour des débats. Plus léger est Les Amours d’Anaïs de Charline Bourgeois-Tacquet, inégale comédie sentimentale cousue main pour Anaïs Demoustier sur une tête folle irrésolue, charmeuse et agaçante, hésitant entre deux hommes, une femme, sa thèse… C’est très Nouvelle Vague dans la forme et l’esprit — certes, avec parfois de grosses ficelles bien prévisibles — mais empli d’une légèreté solaire et sensuelle ainsi que de quelques (trop rares) éclats burlesques évoquant u

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"Nomadland" de Chloé Zhao : une reconquête de l’Ouest

Western | Une année en compagnie d’une sexagénaire jetée sur la route par les accidents de la vie. Un road trip à travers les décombres d’un pays usé et, cependant, vers la lumière. Poursuivant sa relecture du western et des grands espaces, Chloé Zhao donne envie de (re)croire à la possibilité d’un rêve américain. Primé au Tiff, Lion d’Or à Venise, Oscar du meilleur film.

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

L’Ouest, le vrai : frappé par la désindustrialisation. Où les baraques préfabriquées sont ouvertes aux quatre vents et les villes devenues fantômes. Où une partie de la population, victime de maladies professionnelles, dort au cimetière et les survivants… survivent comme ils le peuvent. Certains, comme Fern à bord de son vieux van, ont pris la route et joint la communauté des nomades, enchaînant les boulots saisonniers au gré des latitudes. Loin d’ une partie de plaisir, son voyage sera tel un pèlerinage l’obligeant à se priver du superflu, l’autorisant à se défaire du pesant… Inspiré d’un livre-enquête de Jessica Bruder consacré aux victimes collatérales de la crise des subprimes de 2008 (des sexagénaires privés de toit poussés au nomadisme), Nomadland s’ouvre sur un carton détaillant l’exemple de la ville d’Empire dans le Nevada, passée de florissante à miséreuse, et nous fait suivre sa protagoniste en âge d’être à la retraite, cumulant des petits jobs précaires chez les nouveaux rois de l

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Arnaud Meunier nommé à la MC2

Mercato | C’est Arnaud Meunier qui succédera le 1er janvier 2021 à Jean-Paul Angot à la direction de la MC2 — Maison de la Culture de Grenoble, Scène nationale. Il quittera ainsi la Comédie de Saint-Étienne qu’il dirige depuis 2011 ainsi que l’école supérieure afférente.

Nadja Pobel | Jeudi 16 juillet 2020

Arnaud Meunier nommé à la MC2

Arnaud Meunier est artiste metteur en scène. Ces dernières années, il a notamment dirigé Didier Bezace et Catherine Hiegel dans Retour au désert, Rachida Brakni (Je crois en un seul Dieu), qu’il a associée à Philippe Torreton dans J'ai pris mon père sur mes épaules de Fabrice Melquiot. Son travail sur la saga des Lehman Brothers, Chapitres de la chute (écrit par Stefano Massini) avait reçu, en juin 2014, le Grand prix du syndicat de la critique. Arnaud Meunier avait récemment été candidat malheureux au TNP de Villeurbanne. À Grenoble, il a été préféré à Christophe Floderer (directeur adjoint de la Comédie de Valence sour l'ère de Richard Brunel), Marie-Pia Bureau (directrice de l'Espace Malraux, Scène nationale de Chambéry Savoie), Jean-Fran

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Aux racines de la folie : "La Forêt de mon père" de Vero Cratzborn

Drame | Élagueur, Jimmy vient de se faire licencier parce qu’il agissait bizarrement. À la maison, son comportement lunatique devient difficile à supporter pour sa femme et ses trois enfants. Jusqu’à une crise qui lui vaut d’être interné. Mais Gina, son aînée de 15 ans, ne parvient pas à l’accepter…

Vincent Raymond | Mercredi 8 juillet 2020

Aux racines de la folie :

Sensée être vécue à travers les yeux de la grande ado — comme en atteste le possessif au singulier du titre — l’histoire se diffracte un peu pour être vue également à travers les yeux de ses cadets et de sa mère. On perd en pure subjectivité, mais on gagne quelques contrepoints utiles pour composer, avec du recul, un tableau familial plus précis et assembler les pièces du tableau clinique de la maladie psychique de Jimmy. Bien sûr, l’élément végétal est abondant, fondateur, aussi enveloppant qu’inquiétant dans La Forêt de mon père, puisque c’est le territoire dans lequel cet “homme des bois“ évolue, au premier degré. Cette forêt est également mentale, un dédale à l’intérieur duquel il s’égare sans trouver de sortie, où il tente même d’aspirer les siens. Il faut mettre au crédit de Vero Cratzborn sa volonté de traiter d’un trouble psychique et de l'internement sur un strict plan dramatique, sans verser dans le thriller — parti-pris suffisamment rare pour être souligné. En revanche, la romance cousue de fil blanc avec le voisin à moto bien serviable épuise par sa banalité. D

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Benjamin Forel fore son théâtre

Portrait | À 34 ans, Benjamin Forel a déjà soulevé quelques montagnes pour que le théâtre existe hors les murs. Cet art de l'éphémère, il l'a appris en option théâtre au lycée (...)

Nadja Pobel | Mercredi 24 juin 2020

Benjamin Forel fore son théâtre

À 34 ans, Benjamin Forel a déjà soulevé quelques montagnes pour que le théâtre existe hors les murs. Cet art de l'éphémère, il l'a appris en option théâtre au lycée Charlie Chaplin de Décines où il passe un bac S et c'est le metteur en scène Sarkis Tcheumlekdjian qui est aux manettes les mercredis après-midi. Inscrit en fac de bio, sur le chemin de la Doua, il s'arrête souvent à Charpennes où est installé la compagnie Premier acte du metteur en scène du bel Andorra, au point qu'il deviendra son assisant durant cinq années. En 2008, Benjamin Forel crée sa compagnie, la Troupe du Levant dont certains font encore route avec lui. Il a bien joué aux Marronniers, aux Clochards Célestes, mais, féru de Mnouchkine et son Théâtre du Soleil, il veut du monde sur le plateau et pouvoir aussi imaginer le bar, la fa

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L'Ineffable Théâtre ouvre la friche de l'été à Oullins

Urbanisme Transitoire & Théâtre | À Oullins, une friche culturelle ouvre quand les théâtres restent pour la plupart fermés. L'Ineffable Théâtre accueille spectacles et performances dès maintenant, en petite jauge, dans les locaux emplis de vie et d'activités passées du technicentre de la SNCF.

Nadja Pobel | Mercredi 24 juin 2020

L'Ineffable Théâtre ouvre la friche de l'été à Oullins

À deux pas (deux minutes à pied en traversant la rivière Yzeron) de la gare d'Oullins et pas même un quart d'heure de bus depuis Bellecour (C10 arrêt Pont d'Oullins ou 15, arrêt de la gare), le metteur en scène Benjamin Forel a déniché des locaux étonnants pour son nouveau "bac à sable" ouvert à tous les arts ayant trait au corps. Après avoir investi des lieux ouverts (friche RVI, site antique de Fourvière, Vélodrome de la Tête d'Or...), il s'attache désormais à trouver des endroits couverts sur une durée plus longue (quelques semaines auparavant, plusieurs mois désormais) afin de ne pas dépendre de la météo. Après la Confluence l'an dernier, le voilà désormais dans l'ancien technicentre industriel SNCF d'Oullins grâce au « vrai soutien » de la ré

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Les mamans et les putains : "Filles de joie"

Drame | Axelle, Dominique et Conso, trois voisines du Nord de la France, franchissent la frontière belge chaque jour pour proposer leurs faveurs en maison close afin d’améliorer un ordinaire misérable. Les rêves en berne, l’usure morale le dispute à la déchéance physique et au mépris des proches…

Vincent Raymond | Mercredi 24 juin 2020

Les mamans et les putains :

Comme chez Brassens, « c’est pas tous les jours qu'elles rigolent/Parole, parole », les trois “filles“ du titre. La joie reste sous cloche dans ce film à la construction aussi subtile que décalée, rendant bien compte de la situation bancale de chacune au sein du groupe, autant que de leur individualité. Nous ne sommes pas ici dans l’habituel configuration des filières de l’Est ou du Sud et des portraits de filles réduites en esclavage par des réseaux mafieux, puisque ces travailleuses du sexe n’ont pas de souteneur. En apparence, seulement : l’argent qu’elles gagnent si péniblement ne leur profite pas, servant à nourrir la mère azimutée et les gosses de l’une, financer les extras des enfants ingrats de l’autre, alimenter les rêves chimériques d’extraction sociale de la troisième… La prostitution est rarement un choix, et le trio composé par Frédéric Fonteyne & Anne Paulicevich ne s’y adonne pas par plaisir. Ce qu’il révèle surtout d’un point de vue sociologique, c’est que le recours au commerce de son corps, jadis réservé aux plus pauvres des plus pauvres, à ce quart-

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Omar Sy : « c’est à mon instinct que je me connecte le plus »

L’Appel de la Forêt | Entre Los Angeles et Paris, Omar Sy mène une prolifique carrière transatlantique. Avant d’attaquer le tournage de la série Arsène Lupin, il est à l’affiche de trois films en ce début 2020 : après Le Prince oublié et avant Police, on peut le voir dans L’Appel de la forêt…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Omar Sy : « c’est à mon instinct que je me connecte le plus »

Tout le monde a envie d’avoir un “Buck“ dans sa vie. C’est votre cas ? Omar Sy : J’en ai deux : un Cane Corso et un American Staff ! Mais j’espère que tout le monde a un “Buck“, que ce soit un frère, un pote, une copine, une chérie ou même ce qu’a Buck : un loup qui symbolise son instinct et qui le guide. J’espère qu’on est tous connectés à cette petite voix dans notre tête et qu’on l’écoute un petit peu plus. C’est ce que dit le film, et le livre aussi, je crois. Après, je ne connais pas Jack London, c’est pas mon pote ! (sourire). Ce que je comprends de ce qu’il nous raconte, Buck, c’est nous. On peut le voir comme un enfant qui devient un homme. Un enfant à qui on a appris des choses qui ne marchent pas toujours dans la vie. Alors, il s’adapte. Il s’adapte sans cesse et finalement, son vrai guide, c’est son instinct. Les réponses sont en lui. J’ai l’impression que pour nous aussi, c’est pareil. Malgré son imaginaire, malgré la communication, même s’il met des habits, l’Homme reste un animal.

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Loup y es-tu ? : "L'Appel de la forêt"

Aventure | La destinée de Buck, bon gros chien arraché à sa famille du sud des États-Unis pour être revendu au Yukon en pleine fièvre de l'or ; son parcours de maître en maître et son éveil à son instinct primitif, jusqu'à ce que le loup en lui parvienne enfin à s'exprimer à nouveau…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Loup y es-tu ? :

À l’instar de Joseph Conrad, Jack London “vécut“ avant d’écrire (même s’il sut marier les deux de concert) et donc écrivit sur l’aventure en connaissance de cause. Ce n’est sans doute pas un hasard si ses romans d’apprentissage rencontrent encore aujourd’hui un succès inentamé par-delà les générations et au-delà des transpositions — en témoigne la récente variation sur Martin Eden signée par Pietro Marcello. Plus remarquable encore est le fait que le roman d’apprentissage d’un non-humain, un chien, touche autant nos congénères ; d’autant qu’à rebours de son époque exaltant l’industrialisation triomphante, London y exaltait des valeurs quasi rousseauistes de retour à la nature ! Par un des étranges renversements auxquels l’Histoire nous a habitués, les notions de recherche ou de préservation de l’étincelle de sauvagerie innée sont au cœur des préoccupations contemporaines : à l’asservissement et la standardisation urbaine jadis célébrés, on préfère désormais l’authentique et la nature. L’Appel de

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Metronomycon

Pop | « Metronomy pour toujours », voici la devise qui présente, fort modestement, le dernier album des popeux ultimes que sont Joseph Mount et sa (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 octobre 2019

Metronomycon

« Metronomy pour toujours », voici la devise qui présente, fort modestement, le dernier album des popeux ultimes que sont Joseph Mount et sa bande, de passage à l'Amphi 3000 ce 11 octobre : la pochette représente un volcan en éruption dont l'écoulement de lave trace à même ses flancs l'inscription Metronomy Forever. Pour toujours, peut-être, mais aussi partout tant le groupe du Devon semble pour allumer son feu d'artifices de tubes, piocher dans le grand fourre-tout de ses influences : des Cars (le terrible Insecurity), à un Prince glam (l'irrésistible Salted Caramel Ice Cream, le funky-soul suave The Light qui lorgne aussi vers Daft Punk), le grunge même (sur un pastiche électronisé à la sauce minimale Upset My Girlfriend), le rock slacker (Lately) et tout un tas d'autres genres (house, disco), de postures, digérées, délivrées, ressuscitées avec gourmandise. « N'est pas mort à jamais qui dort dans l'éternel » dit le Necronomicon Lovecraftien, ici repensé en hymne à la vie pop.

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Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

Roubaix, une lumière | Arnaud Desplechin délaisse, en apparence, la veine introspective pour signer un film noir tiré d’un fait divers authentique survenu dans sa ville natale. Rencontre avec le cinéaste autour de la genèse de cette œuvre, sa méthode, ses doutes et ses joies. Mais aussi du théâtre… (attention, spoilers)

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Arnaud Desplechin : « J’arrive enfin à rendre hommage à un Roubaix que j’adore »

La tension est-elle un peu retombée depuis Cannes ? Arnaud Desplechin : C’était très intense ! Le soir de la projection a été un moment assez bouleversant pour chacun des acteurs. Il y a eu deuxième ovation pour eux et j’ai vu Roschdy qui était comme un petit garçon. Il y a un amour des acteurs spécifique à Cannes : c’est le seul endroit où vous pouvez leur offrir cet accueil. Avec les photographes, les sourires, les encouragements, il y a tout un rituel qui est mis en place… À Venise, c’est différent, c’est le metteur en scène qui ramasse tout. Comment avez-vous choisi Roschdy Zem ? Je le connais depuis très longtemps, par ma maison de production. Je l’avais déjà repéré dans les films de Téchiné où il avait fait de petites apparitions et je m’étais dit : « celui-là, on va compter avec lui ». Et quand j’ai vu N’oublie pas que tu vas mourir… Même sa partition dans Le Petit Lieutenant est vachement bien. Après toute sa carrière, Indigènes… Il a une performance meurtrie de vie dans un film qui m’avait bouleversé, La Fille de Monaco. Ce n’est pas un film “noble“ — il n’avait pas co

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Divers faits d’hiver : "Roubaix, une lumière"

Thriller | Arnaud Desplechin retourne dans son Nord natal pour saisir le quotidien d’un commissariat de police piloté par un chef intuitif et retenu. Un polar humaniste où la vérité tient de l’épiphanie, et la parole du remède. Le premier choc de la rentrée cinématographique.

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Divers faits d’hiver :

L’arrivée d’un nouveau lieutenant, des incendies, une disparition de mineure, le crime d’une personne âgée… Quelques jours dans la vie et la brigade de Yacoub Daoud, patron du commissariat de Roubaix, pendant les fêtes de Noël… « On est de son enfance comme on est de son pays », écrivait Saint-Exupéry. Mais quid du pays de son enfance ? En-dehors de tous les territoires, échappant à toute cartographie physique, il délimite un espace mental aux contours flous : une dimension géographique affective personnelle, propre à tout un chacun. Et les années passant, le poids de la nostalgie se faisant ressentir, ce pays se rappelle aux bons (et moins bons) souvenirs : il revient comme pour solder un vieux compte, avec la fascination d’un assassin de retour sur les lieux d’un crime. Aux yeux du public hexagonal, voire international, Arnaud Desplechin incarne la quintessence d’un cinéma parisien — un malentendu né probablement de l’inscription de La Sentinelle et de Comment je me suis disputé dans des élites situées, jacobinisme ob

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Des arts et de la fête : Chromatique ouvre ses portes à la Guillotière

GUIDE URBAIN | Siroter un verre de vin au mitan d’une exposition et profiter d’un concert : voilà qui est désormais possible au 51 de la rue Saint-Michel où Chromatique, « lieu artistique d’expression libre », a élu domicile dans les murs du défunt 6e Continent.

Nina Roussel | Vendredi 10 mai 2019

Des arts et de la fête : Chromatique ouvre ses portes à la Guillotière

Elle était animée, la rue Saint-Michel, le week-end du 19 avril ! Il fallait prendre son mal en patience et faire la queue, pour participer à la fête que ce nouveau spot organisait à l’occasion de son ouverture. Vernissage, concerts indie rock, DJ set… pendant trois jours, il y en a eu pour tous les goûts. Chez Chromatique, on cultive la diversité. À l’origine du projet : six jeunes Lyonnais, issus de parcours variés : École des Arts et Métiers de Cluny pour les uns, école de commerce ou encore master audiovisuel pour les autres. Regroupés en un collectif, Bitume, les jeunes gens se sont lancés dans la scénographie et l’habillage de lieux pour des festivals et entreprises, tout en organisant ponctuellement leurs propres événements. Le dernier en date, Rehab, organisé à Paris en 2017, célébrait les arts urbains, dont Bitume a fait sa marque de fabrique : un bâtiment de 3000 m2 sur le point d’être réhabilité, une centaine d’artistes graffeurs invités par le collectif à investir l’espace, et, à la clé, un franc succès. Naît le désir d’avoir leur propre espace, pour continuer à créer leurs sc

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Molière, un maître ausculté

Biographie | Georges Forestier a fait table rase. Et repris toute la vie de Jean-Baptiste Poquelin, aka Molière, du début, expurgeant les légendes, ne cherchant pas (...)

Sébastien Broquet | Lundi 14 janvier 2019

Molière, un maître ausculté

Georges Forestier a fait table rase. Et repris toute la vie de Jean-Baptiste Poquelin, aka Molière, du début, expurgeant les légendes, ne cherchant pas obligatoirement à combler les vides que nous ont laissé le manque d'archives et de témoignages, reconsidéré les sources - les fondus du roi du comique ayant de longues années durant épluché les registres municipaux et autres pour retrouver trace de baptèmes d'enfants des comédiens de la troupe, de représentations en province - à commencer par Lyon, ville de prédilection de la troupe avant son installation à Paris - ou encore d'invitations à la Cour pour permettre à l'historien de rayer des mémoires les rumeurs peu crédibles propagées par Grimarest, le premier à s'être penché sur la vie de Molière dès 1705, dont l'ouvrage servit de base à une large partie des travaux ultérieurs - dont le célèbre film Molière d'Ariane Mnouchkine (1978, avec Philippe Caubère). Forestier, déjà auteur d'une somme biographique sur Racine, récidive et fait ici un travail d'orfèvre, des débuts calamiteux de l'Illustre Théâtre à la révélation de L'École des Femmes, qui traduit enfin en une comédie en cinq actes

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Le Père Noël est un rockeur, le retour

Rock & Kids | Après avoir visité les cheminées du Marché Gare (2011), du Transbordeur par deux fois (2012 et 2013) et des clubs de rock des Pentes (2014), le Père Noël repasse en 2018 par le Rock'n'Eat, quai Arloing, et ce un peu en avance, puisque dès le 12 décembre. Pourquoi ? Pour un événement au profit des enfants du Secours Populaire baptisé "Le Père Noël et ses rockeurs".

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 novembre 2018

Le Père Noël est un rockeur, le retour

Soit un concert, organisé par les associations M2M Entertainment et AQAB Events avec le soutien d'un certain nombre d'acteurs culturels (le Kraspek Myzik, la radio Sol FM, Mediatone, Spiritribe, [zOz] Photographie, Kosmic Webzine), dont chaque entrée sera convertie en jouet pour un enfant du SP – aucun des jouets offerts n'étant en rapport, c'est important, avec la guerre tient à préciser le Père Noël des rockeurs. Et pour attirer un maximum de monde (dans deux salles), la programmation ratisse large. Avec en ouverture : le folk-punk de Forest Pooky, qu'on ne présente plus, suivi du cabaret trash (et sacrément weird) d'Ursule et Madame (salle du billard), le duo hip-hop hardcore grenoblois As a new revolt et le stoner/rock « rien à branler » de R.A.B. Bref, un concert pour adultes au profit des enfants. Une combinaison parfaite en guise de costume de Père Noël.

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Bois aux abois : "Le Temps des forêts"

Documentaire | Promenons-nous dans les bois tant qu’il y en a. François-Xavier Drouet enquête sur une dénaturation aberrante de la nature, et une mise en coupe réglée de la forêt au profit, bien évidemment, des profits… Logique et mérité Prix de la Critique à Locarno 2018.

Vincent Raymond | Lundi 10 septembre 2018

Bois aux abois :

La planète n’est décidément pas sortie de l’auberge. Alors que l’effroyable modèle agricole intensif, gavé d’intrants phytosanitaires — à la nocivité reconnue par la communauté scientifique comme les tribunaux —, est sérieusement contesté par les consommateurs et les professionnels de la terre (préférant revenir à des pratiques moins standardisées, plus respectueuses de l’environnement comme la permaculture ou le bio), voilà qu’on découvre que la forêt est aussi atteinte. Plus discrète, la filière bois a elle aussi succombé à la tentation d’un productivisme débridé en “rationnalisant“ la sylviculture. Tronc commun Sillonnant les monocultures forestières, notamment celles du Morvan et du plateau de Millevaches, François-Xavier Drouet a observé le résultat de l’introduction massive d’une essence exogène choisie pour sa rentabilité exceptionnelle : le douglas. Conséquences ? Une pousse rapide, certes, m

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L'été au Bac à Sable

Spot Éphémère | Un bac, c'est un lieu pour « créer, se salir, expérimenter ». Ainsi le définit Benjamin Forel, à la tête de L'Ineffable Théâtre depuis dix ans. Il vient (...)

Nadja Pobel | Mardi 26 juin 2018

L'été au Bac à Sable

Un bac, c'est un lieu pour « créer, se salir, expérimenter ». Ainsi le définit Benjamin Forel, à la tête de L'Ineffable Théâtre depuis dix ans. Il vient d'ouvrir le Bac à Sables, espace éphémère qui jusqu'au 15 octobre (et plus si disponibilité) accueillera une dizaine de compagnies sur la cinquantaine qui ont répondu à son projet. Dans le quartier de la Confluence (6 place Camille Georges, face à Sainte-Blandine), le metteur en scène a dégotté un hall auprès de Nacarat Immobilier, à qui il ne verse pas de loyer mais fait un reçu fiscal au titre du mécénat. Au programme : de la danse surtout (Rebecca Journo, compagnies MF, LC...), du théâtre et le week-end des soirées électro ou concert. Les artistes reçus travaillent durant cinq jours et s'engagent à deux ouvertures publiques (workshop, spectacle, conférence) sur la semaine, avec eux-mêmes ou des troupes invitées. Ils perçoivent 100% de la recette billetterie,

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Reinhardt en place

Rencontre | Encensé encore en cette rentrée littéraire pour La Chambre des époux, Éric Reinhardt sera à Lyon, ce mercredi 29 novembre pour accompagner le spectacle de (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 novembre 2017

Reinhardt en place

Encensé encore en cette rentrée littéraire pour La Chambre des époux, Éric Reinhardt sera à Lyon, ce mercredi 29 novembre pour accompagner le spectacle de Laurent Bazin adapté de son précédent roman L'Amour et les forêts dans lequel la voix de l’icône française par excellence se fait entendre, Isabelle Adjani. L'écrivain rencontrera ses lecteurs pour une séance de dédicace à l'issue de la représentation au Théâtre des Célestins.

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Aime le mot dit : "M"

Et aussi | Elle est bègue ; il n’ose lui avouer qu’il ne sait pas lire. Malgré une foule de barrières, ils vont tenter de s’aimer. Pour sa première réalisation de long-métrage, Sara Forestier opte pour la complexité d’une romance abrupte nourrie de réel, de vécu et de non-dit. De beaux débuts.

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

Aime le mot dit :

Les gens lisses sont sans histoire. Pas les discrets. En dépit de quelques exubérantes spontanéités télévisuelles lors de remises de trophées ou d’une altercation avec un partenaire ayant conduit à son éviction d’un tournage, Sara Forestier appartient sans équivoque à cette seconde catégorie d’individus — rien de commun donc avec ces it-girls précieuses usant de tous les canaux médiatiques pour étaler leur ridicule suffisance. La preuve ? Elle n’a pas converti sa consécration dans le Nom des gens (2010) en un passeport pour les premiers plans (et le tout venant), ralentissant même la cadence pour choisir des rôles parfois plus succincts mais avec du jeu et de l’enjeu (La Tête haute). Mais aussi, on le comprend enfin, pour peaufiner l’écriture et la réalisation de son premier long succédant à trois courts ; démontrant au passage que devenir cinéaste pour elle n’a rien d’une toquade. Un film initial Le changement d’état, de statut, par l’accomplissement artistique est précisément l’un des sujets de

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Who's (Born) Bad ?

MUSIQUES | Quand on lui parle de la tournée anniversaire qui vient couronner la belle décennie musicale du label Born Bad, JB Guillot avoue qu'il se serait bien passé (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 mai 2017

Who's (Born) Bad ?

Quand on lui parle de la tournée anniversaire qui vient couronner la belle décennie musicale du label Born Bad, JB Guillot avoue qu'il se serait bien passé d'un tel raout, que son emploi du temps est bien assez chargé et qu'il se serait plutôt fait un cadeau à lui-même. Pourtant cette tournée est bien là, elle existe - « il y avait beaucoup de demandes » avoue-t-il. Comme existe encore Born Bad, le label phare du renouveau rock et pop français, en réalité né en 2006. Parfois au grand étonnement de son fondateur, rocker alternatif qui souhaite à l'origine remettre à l'heure les pendules de l'indépendance déréglées par son expérience de directeur artistique en major (voir interview). Premier groupe signé, comme un symbole : Frustration – « meilleur groupe de post punk français », précise-t-il – dont le batteur est propriétaire de la boutique Born Bad à laquelle s'adosse le label sur les modèles de Rough Trade ou New Rose. D'entrée, Born Bad se veut « très cocardier », soucieux de défendre la contre culture française : de rééditions de pépites françaises 60's, 70's, 80's, oubliées (« une façon de revendiquer une f

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"De plus belle" : à la fleur de l’âge

ECRANS | de Anne-Gaëlle Daval (Fr, 1h38) avec Florence Foresti, Mathieu Kassovitz, Nicole Garcia…

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Quadragénaire recroquevillée sur ses complexes, Lucie vient de se rétablir d’une chimiothérapie et conserve des séquelles psychologiques de sa maladie. Si elle ne peut hélas compter sur l’affection de sa mère, qui ne cesse de la rabrouer, elle va trouver en Clovis, un dragueur compulsif et Dalila, une danseuse optimiste, deux soutiens pour affronter la vie. À nouveau. Non, De plus belle n’est pas un film SUR le cancer — sujet terrifiant, et repoussoir s’il en est ; il se situe dans sa périphérie. Abordant surtout la question de la guérison, il s’intéresse moins à celle du corps qu’à la résorption des blessures narcissiques. Tout aussi douloureuses que les affections physiologiques laissant cicatrices ou mutilations, ces dommages collatéraux invisibles sont rarement traités. Pourtant, la restauration de l’estime de soi est aussi décisive dans un processus de rétablissement que le soutien des proches ou le suivi thérapeutique. Cette première réalisation, si elle n’est pas exempte de petites incertitudes, touche par son attention portée aux écorché(e)s et aux meurtri(e)s. Alors qu’on assène ordinairement la joie de comme une évidence,

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De plus belle

Avant-Première | Cela faisait bien longtemps qu’on ne l’avait pas vu à Lyon, où il avait laissé un grand souvenir lors de l’avant-première au CNP Terreaux de son film (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 février 2017

De plus belle

Cela faisait bien longtemps qu’on ne l’avait pas vu à Lyon, où il avait laissé un grand souvenir lors de l’avant-première au CNP Terreaux de son film Assassin(s). Mathieu Kassovitz revient pour accompagner Anne-Gaëlle Daval lors de l’avant-première de De plus belle, son premier long-métrage, ainsi que sa partenaire à l’écran et comédienne principale du film, Florence Foresti. Voilà du beau monde à accueillir… De plus belle Au Pathé Bellecour le vendredi 3 mars à 20h

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"Dans la forêt" : interview de Gilles Marchand

ECRANS | Gilles Marchand n’a pas peur du genre. Avec son complice Dominik Moll, il a signé, en tant que scénariste ou réalisateur, des œuvres hybrides dans le (...)

Julien Homère | Mardi 14 février 2017

Gilles Marchand n’a pas peur du genre. Avec son complice Dominik Moll, il a signé, en tant que scénariste ou réalisateur, des œuvres hybrides dans le paysage du cinéma français. Ce nouvel opus raconte l’histoire de deux frères qui accompagnent leur père en voyage d'affaire en Suède. Au cours du séjour, le trio va s’aventurer dans une forêt gigantesque au risque de briser leur famille et leurs liens avec le monde. Surprenant, ce film distille une atmosphère vénéneuse qui s’alourdit progressivement. Porté par des interprétations solides d’Elkaïm et des jeunes acteurs, l’intrigue marche sur les traces de Kubrick avec plus ou moins de brio mais reste captivante par le solide travail visuel à la réalisation. Les cadres et le montage font du décor forestier le quatrième personnage perdu de ce drame psychologique où un garçon doit accepter la monstruosité de son père. 3 ques

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Rachida Brakni : jouer juste

Théâtre des Célestins | Une mise en scène tout en dentelle d'Arnaud Meunier, au service d'une Rachida Brakni d'une grande justesse : c'est aux Célestins jusqu'au 17 février.

Nadja Pobel | Mardi 7 février 2017

Rachida Brakni : jouer juste

À quoi ça ressemble, 1h40 de monologue ? À tout, sauf à la performance injustement présupposée... Rachida Brakni incarne trois femmes : une professeur juive, une soldat US et une kamikaze palestinienne qui veut comettre un attentat à Tel Aviv, « dans un an, dix jours et huit heures », le 29 mars 2002, elle l'annonce d'emblée. Aucun accessoire ne vient seconder la comédienne (ancienne pensionnaire de la Comédie Française) pour l'aider à incarner ces trois destins mêlés au cours du conflit israélo-palestinien, refrain ensanglanté des décennies passées, plus que jamais d'actualité. Dans un décor d'un gris dégradé, inversement semblable à celui de ses vêtements, encadré par trois portes qui n'ouvrent sur rien, elle avance, sur la moquette, à pas de loup presque comptés sans jamais flirter avec l'illustration ou même la démonstration. Ses cris de détresse sont silencieux, terriblement expressifs. Les explosions donnent lieu à une lumière crue et aveuglante. Arnaud Meunier, qui adapte ici (après Anna Politovskaïa et Chapitres de la chute) sa troisième œuvre de l'écrivain italien

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Arnaud Meunier reconduit

Comédie de Saint-Étienne | Alors que la nouvelle Comédie de Saint-Étienne, ce Centre dramatique national historique qui célèbre ses 70 ans, ouvrira au public sur le quartier de la (...)

Nadja Pobel | Lundi 30 janvier 2017

Arnaud Meunier reconduit

Alors que la nouvelle Comédie de Saint-Étienne, ce Centre dramatique national historique qui célèbre ses 70 ans, ouvrira au public sur le quartier de la Plain Achille en septembre prochain, son directeur Arnaud Meunier (nommé en 2011) vient tout juste d'être reconduit dans sa fonction pour un 3e mandat qui le mènera jusqu'au 31 décembre 2020. Le metteur en scène va pouvoir poursuivre son travail notamment tourné vers l'écriture contemporaine comme en témoigne Je crois en un seul Dieu de Stefano Massini, justement programmé aux Célestins jusqu'au 17 février.

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"Primaire" : La maîtresse décolle

ECRANS | de Hélène Angel (Fr, 1h45) avec Sara Forestier, Vincent Elbaz, Patrick d'Assumçao…

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

Fleurant la madeleine, la colle en pot parfum amande et la bonne conscience, Primaire s’inscrit dans la lignée de ces films rendant sporadiquement hommage à des membres du corps enseignant… davantage qu’à l’institution dont ils dépendent. Ici, c’est Sara Forestier qui fait le job, en instit’ surinvestie — trop, sans doute, mais plus que ses collègues. Prête à beaucoup pour sauver un gamin manifestant de graves signes d’abandon, elle s’attire le courroux de son propre fils qui va se sentir délaissé, voire trahi. Hélène Angel actualise l’un des thèmes du film-patchwork de Truffaut, L’Argent de poche (1975), mais en adoptant le point de vue des adultes — ce qui amoindrit considérablement l’intérêt. Sans doute pour éviter la redondance avec Le Maître d’école (1980) de Claude Berri ou Ça commence aujourd’hui (1999) de Tavernier, elle amende son sujet de fanfreluches inutiles, comme une fable sentimentale avec un Vincent Elbaz

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La meilleure Comedy de l'année

Pop | Six ans après son dernier album, Neil Hannon de The Divine Comedy revient avec un Foreverland tout en contraste. La simplicité structurelle de la pop y côtoie des orchestrations sublimes, et l'intimité de certains titres rencontre l'humour d'autres. Absolument divin.

Gabriel Cnudde | Vendredi 28 octobre 2016

La meilleure Comedy de l'année

Il ne porte pas de couronne ni de sceptre, mais Neil Hannon est bien un empereur. À la tête de The Divine Comedy depuis plus de 25 ans, le Nord-Irlandais règne sur un territoire immense où se rejoignent les frontières de la pop et de la musique classique. Avec son onzième album, Foreverland, ce dandy hors du temps met en place une nouvelle fois un voyage temporel réjouissant. Un voyage naïf mais pas niais, pop mais pas mielleux, intimiste mais pas égocentrique ; bref, un voyage absolument indispensable pour tous ceux qui pensaient la pop morte et enterrée depuis des années. Invoquant de grandes figures du passé pour l'aider sur le champ de bataille (Napoleon Complex, Catherine the Great), Neil Hannon remporte toutes ses campagnes. Alliant la simplicité structurelle de ses morceaux à une orchestration instrumentale monumentale, il surprend. Avec lui, ce qui pourrait sonner banal et déjà vu devient grandiose. Orchestre pop C'est bien là tout le talent de The Divine Comedy : faire de la pop un genre orchestral majestueux. La guitare côtoie un clavecin lyrique, un ensemble de cordes

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L'Appel de la liberté

Clochards célestes | Générique de début, de fin, panneaux intermédiaires scandant les chapitres, la version de L’Appel de la forêt par le jeune ensemble TaCTuS est une séance de (...)

Nadja Pobel | Mardi 18 octobre 2016

L'Appel de la liberté

Générique de début, de fin, panneaux intermédiaires scandant les chapitres, la version de L’Appel de la forêt par le jeune ensemble TaCTuS est une séance de cinéma (au théâtre des Clochards célestes, jusqu’au 23 octobre). Sans dolby surround mais en acoustique et avec sa livraison d’effets spéciaux à l’ancienne. Ce fin travail repose sur un trio de percussionnistes et le talent de la dessinatrice Marion Cluzel. En live, attablée, elle signe une trentaine de croquis au crayon ou donne couleurs et nuances à des canevas déjà prêts. Par le jeu de calques, elle fait apparaître puis disparaître les animaux sauvages de la forêt que Buck vient de retrouver. Ce récit, adapté de Jack London, est une métaphore intemporelle de la liberté : vendu à des trafiquants de chiens de traîneaux, le domestique Buck résiste, rencontre un maître aimant, John Thornton avant d’être aimanté par la nature et de se fondre avec les loups. Alliant les voix-off à l’intermède parlé face au public, le collectif ne choisit pas son mode de narration et freine parfois un peu la fluidité du déroulé du spectacle à trop vo

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She Is Morning : le before work disappointing

Tendance | « Inspirant », « génial » et « révolutionnaire ». Les articles sur les before work, ce nouveau concept qui consiste à se lever plus tôt pour faire la fête, du yoga ou simplement bruncher avant d’aller travailler, sont enthousiastes. Nous, un peu moins. On a testé celui du She Is Morning le 29 avril dernier, entièrement dédié aux femmes souhaitant « voir le matin d’une autre façon. » Le prochain aura lieu fin octobre.

Julie Hainaut | Mardi 11 octobre 2016

She Is Morning : le before work disappointing

5h45. Le réveil sonne. Après avoir enfilé son café et avalé son jogging, on enfile son jogging et on avale son café, on dévale les escaliers, on croise son voisin qui rentre de soirée, on court après le tram, on reprend son souffle dans une rame quasi-vide, on (re)jette un œil au programme — petit-déj sain, ateliers détente — qui donne rendez-vous de 6h30 à 9h30 « à toutes les femmes qui veulent oser un réveil dynamique, sain, fun, et commencer leur journée inspirées, relaxées et surboostées ! ». A priori, c’est mal parti, on est déjà en nage et on a raté l’arrêt. 6h25. Une quinzaine de femmes en leggings sont déjà sur place, un thé détox dans une main, une pâtisserie sans gluten dans l’autre. Une DJ mixe (trop fort). Tout le monde a l’air heureux. On se croirait dans une immense pièce de théâtre, on cherche la caméra cachée par son rédacteur en chef, en vain. A priori, tout le monde est là de son propre chef. On demande à l’une des organisatrices si le concept est adapté aux mamans. « Oui, elles peuvent laisser leur enfant à leur mari ». Ok, et quand elles n’en n’ont pas ? « À leurs parents, ou grands-parents, il

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Supermunk, digne rejeton de Sebadoh

Punk Rock | Et revoilà l'insatiable Forest Pooky, à la fois incubateur de groupes de punk rock à lui tout seul et songwriter en série (et pressé), entouré de quelques figures du genre pour fêter l'avènement de l'album d'un énième avatar musical : Supermunk.

Stéphane Duchêne | Lundi 5 septembre 2016

Supermunk, digne rejeton de Sebadoh

Il fallait que ce soit du côté de Peaugres (et son fameux safari) que s'opère le croisement, sous le nom de Supermunk, de diverses formations punk rock connues seulement des plus pointus des zoologues du binaire : Annita Baby Face & The Tasty Poneys (tout un programme) avec le dénommé Ben Bacon, No Guts No Glory et Not Scientists avec Le Bazile (un type pas si négatif que ça) et enfin Sons of Buddhas, Napoleon Solo, Opium du Peuple, Forest Pooky (et on en passe) pour... Forest Pooky, qu'on qualifiera de chef de la meute. On a déjà salué par ici la capacité, pour ne pas dire la facilité de ce métamorphe frappé de bougeotte à trousser des chansons qui dérouillent l'âme. Que ce soit en format rockissime ou lorsque Forest (petit frangin des Uncommonmenfrommars) s'était essayé en solo à l'exercice acoustique

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Voilà l'été : un jour, une sortie #7

Saison Estivale | Durant toutes les vacances, c'est un bon plan par jour : concert ou toile, plan canapé ou expo où déambuler.

La rédaction | Mercredi 17 août 2016

Voilà l'été : un jour, une sortie #7

43 / Mercredi 17 août : cinéma Toni Erdmann Pas de chance pour Maren Ade, nouvelle victime de la loi du conclave : encensée par les festivaliers de Cannes, elle en est repartie boudée par le palmarès. Pourtant, son film avait de très solides arguments artistiques et moraux pour décrocher ne serait-ce qu’un accessit. (lire la suite de l'article) 44 / Jeudi 18 août : punk Jello Biafra Il aurait pu être maire de San Francisco, mais devint légende du punk rock : California Uber Alles. S’il échoua aux élections municipales en 1979, Jello Biafra (de son vrai nom Eric Boucher) n’a rien raté de son parcours scénique le menant des Dead Kennedys à un album massue avec The Melvins. Inlassablement sur la route, éternellement engagé, le voici au Ninkasi accompagné de The GSM : parfait pour se décoincer les articulations engourdies par l

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"Dans les forêts de Sibérie" : Safy Nebbou adapte le roman de Sylvain Tesson

ECRANS | Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou (Fr, 1h45) avec Raphaël Personnaz, Evgueni Sidikhine…

Vincent Raymond | Mardi 14 juin 2016

Manger des fraises au sucre peut donner envie de les accommoder sur un fond de pâte sablée ; on se trouve alors en présence d’un dessert fort différent (tout aussi savoureux, sauf pour les allergiques) que la logique recommande de désigner, par convention, sous le nom de “tarte aux fraises.” De la même manière, lorsqu’un cinéaste trouve un roman à son goût et se met en tête de l’adapter pour l’écran, si l’envie lui vient de modifier substantiellement l’histoire, ne devrait-il pas en changer le titre ? Le roman de Sylvain Tesson raconte la solitude d’un homme face à lui-même et à la glace du lac Baïkal, son besoin de vide intérieur et de contemplation. Safy Nebbou a-t-il eu peur de lasser le spectateur avec une quête initiatique ? Quelle besoin a-t-il eu d’ajouter un compère ermite, qui sert de potiche visuelle quand Raphaël Personnaz a de longues tirades à faire, et que vraiment, il ne doit les sortir qu'en français (à un Russe qui n’y comprend goutte, évidemment). Ce personnage purement utilitaire se révèle en définitive to

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Au musée des Beaux-Arts, des images aux mots

Assises Internationales du Roman | Dans le cadre des Assises Internationales du Roman, le Musée des Beaux-Arts invite des écrivains à venir parler d'un tableau choisi parmi ses collections. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 mai 2016

Au musée des Beaux-Arts, des images aux mots

Dans le cadre des Assises Internationales du Roman, le Musée des Beaux-Arts invite des écrivains à venir parler d'un tableau choisi parmi ses collections. Cette année, on pourra entendre Noémie Lefebvre, Stefan Hertmans ou Christine Angot. Parallèlement, Les Presses Universitaires de Lyon publient un beau livre illustré, rassemblant onze interventions des années précédentes : des textes variés, allant du lyrisme de Geneviève Brisac sur Nave Nave Mahana de Gauguin à l'humour d'Aurélien Bellanger comparant le Saint Dominique et Saint François de Rubens aux blockbusters qui ont à la fois chamboulé son adolescence et l'histoire du cinéma. Jakuta Alikavazovic nous replonge dans le fantomatique portrait de famille d'Eugène Carrière, oscillant entre apparition et disparition, tandis que Maylis de Kerangal se penche sur la force du vide qui sépare la Vierge et l'Ange Gabriel dans une Annonciation sculptée du 14e Siècle... C'est aussi un espace entre-deux (le purgatoire) qu'interroge avec brio Philippe Forest avec le Dante de Flandrin, entre-deux comme l'est l'espace de cet ouvrage, dans la relance des images par les mots.

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Le pouvoir des mots

CONNAITRE | La Fête du Livre de Bron s'interroge sur les puissances et les impuissances de la littérature. Reprenant pour son 30e anniversaire la question "Que peut la littérature ?" posée lors d'un grand débat historique en 1964.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 2 mars 2016

Le pouvoir des mots

Le 9 décembre 1964, le journal Clarté invitait Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Jean-Pierre Faye, Jorge Semprun et quelques autres à répondre à la question : « Que peut la littérature ? ». Le débat entre le structuralisme et l'existentialisme battait son plein, mais Sartre lui-même, à cette époque, avait dépassé l'idée de l'écrivain ou de l'intellectuel engagé à la Zola ou à la Gide, simple dénonciateur de l'état du monde dans les pages des journaux et des livres. Il déclarait même en avril 1964 : « J'ai vu des enfants mourir de faim. En face d'un enfant qui meurt, La Nausée ne fait pas le poids. ». Dans son intervention, Sartre se focalise sur l'expérience du lecteur, expérience de liberté selon lui où le lecteur accède à un nouveau sens possible et global de son existence : « il s'agit simplement de lui donner une sorte de sens total de lui-même, avec l'impression que c'est la liberté qu'il y a derrière, qu'il a vécu un moment de liberté, en s'échappant et en comprenant plus ou moins nettement ses conditionnements sociaux et autres. » La littérature n'est pas hors du monde, mais expérience nouvelle du monde, inventant des lign

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Un retour au désert trop surligné

SCENES | L’élaboration d’un casting de prestige (Catherine Hiegel, Didier Bezace, Isabelle Sadoyan) ne suffit pas à donner de l’entrain à la dernière création d’Arnaud Meunier. Statique et ankylosée, sa mise en scène du Retour au désert de Koltès ne convainc pas.

Nadja Pobel | Mardi 2 février 2016

Un retour au désert trop surligné

Un an avant sa mort prématurée, juste avant le Zucco qui fera polémique, Bernard-Marie Koltès veut s’essayer à la comédie avec Le Retour au désert, publié en 1988. La trame de fond est pourtant grave : la guerre d’Algérie. Mathilde, mère célibataire, revient du bled au terme de quinze ans d’exil et trouve sa maison occupée par son frère Adrien. Elle vient « récupérer ce qu’elle possède ». Lui a hérité de l’usine familiale. À travers ce duo, la confrontation de la France à son histoire brûlante s’incarne ici, ses fantômes et ses démons, sa nostalgie crasse et son incapacité à regarder ses exactions en face. Le texte ne fait pas dans les nuances pour opposer ces deux univers qui s’affrontent comme sur un ring : féminin et masculin, progressiste et conservateur, voyageur et rivé à sa terre : « la province française est le seul endroit du monde où l’on est bien, le monde entier envie (…) son calme, ses clochers, sa douceur, son vin, sa prospérité » clame Adrien. « Recommençons notre bonjour » Mais de ce monde en mouvement permanent, il ne subsiste sur le plateau qu’une déroutante atonie. Les acteu

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Before I Disappear

ECRANS | De et avec Shawn Christensen (EU/GB, 1h33) avec Fatima Ptacek, Emmy Rossum, Ron Perlman…

Vincent Raymond | Mardi 1 décembre 2015

Before I Disappear

On a trouvé l’équivalent contemporain de After Hours ! Polar pétri d’un humour aussi noir que le Scorsese millésimé 1986, Before I Disappear est rongé par un pessimisme bien plus tenace, et marqué par le sceau d’une mort rampante. Paradoxalement, il fait de cette menace sans cesse déjouée un incroyable ressort comique. Ici, l’aboulique Richie, héros totalement involontaire, interrompt à plusieurs reprises ses liturgies suicidaires pourtant bien engagées (les veines tranchées dans une baignoire, quand même…) pour rendre service à sa sœur — alors qu’elle l’ignore superbement depuis des années — en prenant en charge sa nièce surdouée. Le buddy movie s’ensuivant, "dynamisé" par cette paire hautement improbable oncle-serpillère halluciné/gamine-ordinateur sans affect, évoluant dans le milieu interlope des boîtes et des bowlings, est tellement improbable qu’il en devient fascinant. L’ambiance nocturne se révèle propice à un travail soigné sur la lumière, contribuant à la beauté plastique quasi anachronique du film : dans son économie globale, son absence de superflu, il évoque ce cinéma indépendant US des années 90 bouillonnant d’énergie et de son

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Les soirées du 25 novembre au 1er décembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Ben UFO au Sucre, Foreign Beggars et le showcase Innervisions au Transbordeur.

Benjamin Mialot | Mardi 24 novembre 2015

Les soirées du 25 novembre au 1er décembre

27.11 Weekend #12 Planqué dans un recoin industrialo-ferroviaire de Friedrichshain, ://about blank est l'archétype du club berlinois, un ramassis de recoins sombres et écaillés aussi interlope qu'accueillant – car bordé d'un vaste jardin de sable fin. Avec sa terrasse et ses murs vierges d'autographes, Le Sucre en est un cousin chic et policé. Il s’encanaillera cette semaine en recevant un résident dudit ://about blank, Resom, mais aussi et surtout l'un de ses illustres habitués, le pur DJ londonien Ben UFO – aux sens où il se "contente" de mixer et s'avère en la matière un des tous meilleurs.

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La Souterraine au grand jour

MUSIQUES | La Souterraine nous gâtait déjà bien avec ses concerts au Café du Rhône, en exploration d'une pop française souvent francophone et psychédélique. Voilà qu'on a droit à un festival réunissant quelques-uns de ses chouchous, des nôtres, et bientôt des vôtres.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 octobre 2015

La Souterraine au grand jour

Au départ, il y a des compilations disponibles en téléchargement libre qui font la part belle – et d'ailleurs exclusive – à une certaine idée de la pop auto-produite, marginale au bon sens du terme et, surtout, en français décomplexé. Puis des concerts sis, pour leur partie lyonnaise, en tout cas la plupart du temps, au Café du Rhône. Puis La Souterraine s'est piquée d'organiser sur ce modèle ces compilations live que l'on nomme festival et qu'elle baptise STRN FEST. Voici ce dernier au Centre Culturel Charlie Chaplin, plus habitué à accueillir les barons du jazz que les jeunes ducs de la pop décalée. Et c'est peu de dire que la Souterraine nous chouchoute pour cette première étape avec, d'abord, expo de vinyles et conférences sur le psychédélisme – autre marotte de la Souterraine –, animées par le spécialiste David Rassent. L'une consacrée à Ken Kesey, auteur de Vol au dessus d'un nid de coucous et l'un des pères du mouvement avec ses Merry Pranksters, l'autre au renouveau psychédélique et progressif en France. Möölesse psyché Un renouveau qui s'incarne en des groupes comme Moodoïd, Aqu

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La Troupe du Levant s'égare à Fourvière

SCENES | Au commencement étaient deux bonnes idées : prolonger la présence du théâtre sur le site de Fourvière au-delà des Nuits estivales et donner vie à l'écriture (...)

Nadja Pobel | Mardi 22 septembre 2015

La Troupe du Levant s'égare à Fourvière

Au commencement étaient deux bonnes idées : prolonger la présence du théâtre sur le site de Fourvière au-delà des Nuits estivales et donner vie à l'écriture de Hanock Levin, dramaturge israélien contemporain d'une acidité et d'une drôlerie incontestables. Toutefois, en choisissant de ne pas s'attacher à un texte en particulier mais à l'ensemble de son œuvre, pour mieux en extraire ce qui a trait aux résistances, le jeune metteur en scène Benjamin Forel dilue trop son spectacle. Avec ses six comédiens, il a bâti quatre tableaux où se déroulent simultanément des saynètes en solo, duo, trio, le plus souvent sans paroles et sans vêtements. Durant ces phases plus ou moins dansées, les protagonistes s'aspergent en permanence d'eau, à la façon du Lucrèce Borgia de Bobée, enchaînant les glissades tels les olympiens danseurs sur glace Gritschuk-Platov – mais sans leur grâce. Ce n'est bien sûr pas l'effet recherché, mais tout cela manque de sens. Quant à la seule séquence vraiment jouée, faite d'histoires enchevêtrées et de répétitions, elle interroge lointainement la question du genre et n'éclaire pas plus s

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La rentrée musique côté chanson et french pop

MUSIQUES | Ah, la France et sa diversité. Elle sera belle cette année, entre piliers indéboulonnables, y compris de nos salles lyonnaises, comebacks attendus, jeunes gens modernes (indé ou pas) pétris de talents et éternels relous. Rien que de très classique dans un paysage toujours très ouvert. Pour ne pas dire trop.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté chanson et french pop

Si la rentrée musicale "française" est surtout affaire de reformation (voir page 4), la programmation saisonnière est aussi le théâtre du retour perpétuel de figures qui, elles, ne se sont jamais séparées. Et pour cause : elles sont seules. Un exemple ? Stephan Eicher ? Visiblement pas tant que ça, en tout cas il doit rapporter puisqu'on le reverra du côté du Radiant (7 octobre), mais cette fois-ci pour rejouer ses tubes à grands renforts étranges de carillons, de tuyaux d'orgues et de bobines Tesla. Changement de formule également pour Jean-Louis Murat (au Théâtre de Villefranche le 12 octobre) qui poursuit sa tournée Babel sans le Delano Orchestra. Cela ne devrait pas décourager ses fans, qui sont hardcore ou ne sont pas. Un peu comme ceux de Corbier qui, lui, fait des infidélités à A Thou Bout d'Chant pour se payer un Transbo (le 10 octobre). Cap sur Belin Tout cela ne rajeunissant personne, penchons nous sur la génération montante qui se taillera la part du Lyon, entre

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Les locaux de la saison 2015/2016

SCENES | La crème des artistes internationaux (Lepage, Stein, Jarzyna pour une variation sur "Opening Night"...) a beau fouler nos planches cette saison, on aurait tort d'en oublier les pointures rhônalpines. Zoom sur les prochains spectacles de Richard Brunel, Michel Raskine et cie.

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Les locaux de la saison 2015/2016

Une fois n’est pas coutume, c’est à l’Élysée (quand bien même l’Espace 44 a rattaqué dès le 1er septembre) que débute en fanfare la saison théâtrale : Michel Raskine y adapte Au cœur des ténèbres de Conrad avec l’éternelle Marief Guittier et l’excellent Thomas Rortais qu’il avait déjà mis à l’épreuve dans son (forcément) triomphal Triomphe de l’amour en 2014. Plus tard, il prendra les mêmes et recommencera, cette fois aux Célestins, pour une adaptation de Quartett d’Heiner Müller (6 au 24 janvier) qui lui-même écrivait là sa version des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos – «une comédie» selon les mots du sulfureux écrivain. Le travestissement ne devrait jamais être loin, l’amusement non plus. La nouvelle création de Gilles Pastor s'annonce elle plus caustique que ludique puisque, après avoir brillamment mis en scène l’Affabulazione

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Foreztival, une drôle de ménagerie

MUSIQUES | Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Foreztival, une drôle de ménagerie

Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle d'oiseau à six pattes – depuis que DJ Pone est allé voir ailleurs si le ciel y était plus bleu – qui n'a de cesse d'emmener le hip-hop instrumental vers de nouveaux horizons, là où ses suiveurs, paresseuses poules aux œufs d'or, se contentent d'en picorer les racines black ad nauseam. Mais aussi le Fauve, inoffensive bestiole dont le cri, sorte de logorrhée de fan de Diabologum en pleine mue, a tendance à nous rendre fou de la gâchette (de fusil hypodermique, on n'est pas des bêtes). Et puis des punks en voie d'extinction (Les Sheriff), une chimère afro-funk (Vaudou Game), un ex-lion au régime strict de vers libres (Kacem Wapalek), des mélodies électroniques serpentines (charmées par Fakear) ou encore des animaux migrateurs se repérant par écholocalisation de basses fréquences (les pionniers du french dub High Tone, featuring le MC halluciné Oddateee)

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La saison 2015/2016 des Célestins

ACTUS | Toujours plus internationale et comptant 8 créations et 9 co-productions, la nouvelle saison des Célestins, au cours de laquelle sa co-directrice Claudia Stavisky se mesurera au très caustique "Les Affaires sont les affaires" de Mirbeau, s'annonce prometteuse. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 2 juin 2015

La saison 2015/2016 des Célestins

Belgrade, l'un de leur meilleur spectacle de la saison en cours, n'a pas encore été joué que déjà les Célestins dévoilent déjà leur programmation 2015-2016. Bien que des mastodontes nationaux et internationaux soient à l'affiche, la jeunesse s'y fait une place avec : Piscine (pas d'eau) (du 3 au 13 février), pièce trash de Mark Ravenhill et inspirée de la biographie de la photographe Nan Goldin, récemment passée (plus que furtivement) à Nuits Sonores. La metteur en scène Cécile Auxire-Marmouget travaille par ailleurs avec Claudia Stavisky sur le projet La Chose publique, médiation avec les habitants de Vaulx-en-Velin. Pour Piscine, elle a notamment convié l'excellent David Ayala, l'amant un peu rustre de En roue libre cette année. Un beau ténébreux (du 10 au 13 mars) du très précieux mais pas si populaire Julien Gracq, mis en scène par Matthieu Cruciani, déjà aux manettes de Non réconciliés de François Bégaudeau, vu à la Célestine La fidélité qui caractériste par ailleurs le théâtre permettra cette saison de revoir des artistes particuli

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Les soirées du 27 mai au 2 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Unforeseen Alliance au Sucre, Roman Lindau au Logo et Mike Huckaby au DV1. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 26 mai 2015

Les soirées du 27 mai au 2 juin

29.05 XIII de France A peine le Sucre débute-t-il sa saison estivale qu'il troque le soleil de plomb pour une chape du même matériau (elle-même recouverte d'un voile de noirceur). Et pour cause : le rooftop accueillera, en guise de première étape de son désormais traditionnel tour de France de la musique électronique, l'une des premières dates de la Unforeseen Alliance. Soit l'union, autour d'un projet live inédit appelé à faire date, de quatre producteurs parisiens qui font bouger les lignes (brisées et pas claires du tout) de la techno : Antigone, The Birth Frequency, Voiski et Zadig, le carré d'as du label Construct Re-form.

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Forever Pavot, un autre versant des sixties

MUSIQUES | Le groupe ressuscite les fantômes disparus d’une décennie qui n’a visiblement pas fini de nous fasciner.

Damien Grimbert | Lundi 11 mai 2015

Forever Pavot, un autre versant des sixties

Si, pour le commun des mortels, la musique des années 60 se résume avant tout aux groupes de pop, rock et folk anglo-saxons qui affolaient les charts de l’époque, une petite communauté disparate d’artistes a quant à elle focalisé son attention sur un versant musical nettement plus obscur de cette décennie : celui des illustrateurs sonores et compositeurs de musiques de films européens. Repliés dans leurs studios, loin des projecteurs, groupies et autres publics de fans transis, ces derniers ont donné naissance à un nombre assez sidérant de pépites musicales d’une richesse, d’une inventivité et d’une puissance d’évocation souvent sans commune mesure. Au-delà des crate-diggers et autres producteurs archivistes en quête de samples imparables, des artistes comme Ennio Morricone, Francis Lai, François de Roubaix ou Jean-Claude Vannier (pour ne citer que les plus connus) ont ainsi inspiré toute une nouvelle génération de musiciens séduits par leur mélange inspiré de psychédélisme, de prog-rock et de synthés vintage aux sonorités troublantes. À ce petit jeu là, difficile de trouver plus convaincant qu’Emile Sornin, leader du groupe Forever Pavot dont le to

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La Pologne envahit Nuits Sonores

MUSIQUES | L'autre principal point de chute de Nuits Sonores 2015, c'est la Pologne, dont la capitale Varsovie est à l'honneur de la Carte blanche du festival. (...)

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

La Pologne envahit Nuits Sonores

L'autre principal point de chute de Nuits Sonores 2015, c'est la Pologne, dont la capitale Varsovie est à l'honneur de la Carte blanche du festival. Projections de clips et documentaires, présentation d'affichistes s'inscrivant dans la lignée des grandes figures du graphisme polonais (Swierzy, Starowieyski, Cieslewicz...) et même installation d'un bar à lait, le festival a mis les petits plats dans les grands pour exposer la dynamique économique et créative qui vaut à la ville des comparaisons avec le Berlin des années 2000 – au même titre que sa rivale Cracovie, soit dit en passant. C'est évidemment du côté des concerts à la Maison de la confluence que les surprises abondent le plus. Nos top picks : l'electronica en résolution 800 par 480 de Xenony, la synth-country déstructurée de Slalom, la library music pleine d'audace de Forever Pavot (même s'il n'a de polonais que le nom de son ancien groupe, Arun Tazieff), la drum'n'bass rudimentaire et improvisée de 67, 5 Minute Prokekt, la muzak pince-sans-rire et virtuose du big band Mitch & Mitch et les facétie

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La Tête haute

ECRANS | Portrait d’un adolescent en rupture totale avec la société que des âmes attentionnées tentent de remettre dans le droit chemin, le nouveau film d’Emmanuelle Bercot est une œuvre coup de poing sous tension constante, qui multiplie les points de vue et marie avec grâce réalisme et romanesque. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 12 mai 2015

La Tête haute

Malony est sans doute né sous une mauvaise étoile. Cela veut dire qu’en fait il y en a un, de doute, et Emmanuelle Bercot, c’est tout à son honneur, ne cherchera jamais à le dissiper. Il n’a que six ans et le voilà déjà dans le bureau d’une juge pour enfants — lumineuse et passionnée Catherine Deneuve — qui sermonne une mère irresponsable — Sara Forestier, dont la performance archi crédible ne tient pas qu’à ses fausses dents pourries — prête à se débarrasser de cet enfant au visage angélique mais dont elle dit qu’il n’est qu’un petit diable. C’est la première séquence de La Tête haute, et elle donne le "la" du métrage tout entier : on devine que cette famille est socialement maudite, bouffée par la précarité, la violence et l’instabilité. Mais Bercot ne nous donnera jamais ce contrechamp potentiellement rassurant : jusqu’à quel point Malony est seul responsable de son sort, pris entre haine de soi et rancune envers les autres, attendant qu’on le prenne en charge tout en rejetant les mains qu’on lui tend ? Cette scène d’ouverture est aussi emblématique de la mise en scène adoptée par Bercot : la parole y est puissante, tendue, explosive. Elle repose

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Victor Bosch revient à la comédie musicale

ACTUS | Le directeur du Radiant-Bellevue convie Jean Lacornerie au générique de son futur spectacle "Forever Young". Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 4 mai 2015

Victor Bosch revient à la comédie musicale

Déjà producteur de Kirikou et Karaba, du Petit Prince et, surtout, de la success story Notre-Dame de Paris, Victor Bosch reprend du service dans l'univers des comédies musicales. Du 15 octobre au 30 janvier, il présentera sur la scène parisienne de Bobino Forever Young, non sans l'avoir rôdé début octobre au Radiant-Bellevue, à Caluire, qu'il dirige depuis 2012. Forever Young a été créée à Hambourg il y a trois ans et a déjà rencontré un vif succès en Allemagne et en Espagne. La version française qu'il présentera n'aura toutefois, dit-il, "rien à voir avec ce qui a été fait". Ainsi, s'il est question dans les déclinaisons étrangères de six retraités qui, en 2060, se souviennent de leur jeunesse et des tubes qui l'ont rythmée (Bee Gees, Madonna, Daft Punk...), avec ce que cela suppose de gags gériatriques et de démarches branlantes, ici, les comédiens interprèteront des trentenaires projetés dans le futur. Pour mener à bien ce spectacle, Victor Bosch a fait appel à Jean Lacornerie. Le directeur et metteur en scène du Théâtre de la Croix-Rousse, qui a toujours allié théâtre et musique (et s'est récemment

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L'enfant fossile et autres racontars

CONNAITRE | Raconter l'homme. Tel est l'objet, vous le savez, du Musée des confluences. Tel est aussi celui, peut-être vous l'apprend-on, des Récits d'objets qu'il édite (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

L'enfant fossile et autres racontars

Raconter l'homme. Tel est l'objet, vous le savez, du Musée des confluences. Tel est aussi celui, peut-être vous l'apprend-on, des Récits d'objets qu'il édite en partenariat avec Invenit, de courtes fictions nourries par les trésors que renferment ses réserves – de même que cette maison basée à Tourcoing invite depuis 2010 des écrivains à mettre des mots sur des chefs-d'oeuvre de la peinture. A ce jour, ils sont quatre à s'être prêté au jeu avec plus ou moins de succès : Valérie Rouzeau, qui a tiré d'un fragment de météorite des poèmes astronomiques confondant de mièvrerie ; Jean-Bernard Pouy, narrateur d'une amusante enquête picturale impliquant un téléphone S63 ; Emmanuelle Pagano, dont le récit familial au cœur de l'Italie fasciste est aussi délicatement brodé que le châle de soie de mer à son origine ; et enfin Philippe Forest. Son Enfant fossile est sans surprise l'ouvrage le plus accompli de cette singulière collection, l'auteur du Chat de Schrödinger y faisant une fois encore de cette blessure inguérissable que fut le décès de sa fille – dont le souvenir s'incarne ici, en écho à son tout premier roman, L'Enfant éternel, d

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Florence Foresti aux Nuits de Fourvière

SCENES | Depuis quelques semaines, Lyon bruissait d'incompréhensions quant à l'absence de Florence Foresti des programmations de la Halle (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 4 février 2015

Florence Foresti aux Nuits de Fourvière

Depuis quelques semaines, Lyon bruissait d'incompréhensions quant à l'absence de Florence Foresti des programmations de la Halle Tony Garnier, de la Bourse du travail et autres lieux capables d'accueillir une showwoman de son calibre. On sait désormais de quoi il retourne : c'est exclusivement aux Nuits de Fourvière que l'enfant du pays présentera son nouveau spectacle, Madame Foresti, du 6 au 12 juillet (avec une relâche le 9, soit six représentations). Ouverture de la billetterie mardi 17 mars à 16h.

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