Villefranche, 5C, Point du Jour : leurs têtes tournent

Changements | Des directrices arrivent, le Point du Jour est prêt pour sa transition. Détails.

Nadja Pobel | Lundi 10 septembre 2018

Photo : © DR


Point du Jour en suspension

Gwenaël Morin a rendu les clés le 15 août du Théâtre du Point du Jour, cinq ans et demi après son arrivée. Son théâtre permanent aura été une expérience en décalage complet avec la profusion et le zapping pratiqués ailleurs mais a touché ses limites. En dépit des invitations faites au Collectif X, Philippe Quesne, Nathalie Béasse et Yves-Noël Genod, ce lieu a perdu une partie de son public et n'accueillait pas d'autres artistes que ceux cités.

Cette saison, les Célestins y programment huit des neuf spectacles initialement destinés à la Célestine, inondée lors des crues de décembre dernier (une navette par car est mise à disposition des spectateurs chaque jour de représentation).

Début janvier, une équipe artistique sera en place pour qu'une nouvelle saison émerge à la rentrée 2019. Parmi les candidats, figure Julien Poncet (Comédie Odéon) associé à Emmanuel Meirieu. Gwenael Morin n'a, quant à lui, pas de feuille de route si ce n'est une résidence de création aux Amandiers-Nanterre.


Villefranche refait à neuf

Elle a pris son poste en janvier dernier laissant derrière elle L'Atrium de Tassin qu'elle dirigeait depuis sept ans. Amélie Casasole signe sa première programmation au Théâtre de Villefranche et continue à en faire un lieu incontournable du Rhône.

Preljocaj, Biolay, les directeurs de CDN Arnaud Meunier et Benoît Lambert passent par là mais surtout elle accorde sa confiance non plus à une mais quatre équipes artistiques dont la circassienne Aurélie La Sala (son Départ Flip est une merveille vertigineuse, aussi philosophique que technique). Étienne Gaudillière, observateur des dérèglements du monde est là aussi avec Pale blue dot, [son] autre histoire de Wikileaks (passée par Avignon), comme David Lescot et le duo Julie Rossello-Rochet et Lucie Rébéré dont on attend la suite après le très caricatural Atomic man.


Charlie Chaplin et ses 5C

Après une saison 2017-2018 de transition que Mourad Merzouki avait dû monter au pied levé, le centre culturel communal Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin, rebaptisé 5C, retrouve une directrice, Audrey Levert, formée en administration à l'ENSATT à l'orée des années 2000 et débarquée d'Épinay-sur-Seine où elle était directrice artistique.

La programmation s'avère variée (théâtre, musique, danse... c'est la commande) avec un attachement à aller voir ce qui se passe dans différentes communautés (L'Ombre de la baleine dans une famille judéo-arménienne) et du côté du séisme qui meurtrit la France depuis trois ans grâce à l'humoriste Kevin Razy, qui dézingue les absurdités de certains médias, des tenants des religions alors que Ismaël Saïdi ausculte le radicalisme avec Djihad et Géhenne (sur l'instigateur d'une attaque sanguinaire).

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Chaplin fête Noël dans les salles du GRAC

Reprise | Chaque mois, le réseau des salles du GRAC compose un cycle autour d’une grande figure du patrimoine cinématographique. Or comme le bon sens l’impose, un (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 novembre 2019

Chaplin fête Noël dans les salles du GRAC

Chaque mois, le réseau des salles du GRAC compose un cycle autour d’une grande figure du patrimoine cinématographique. Or comme le bon sens l’impose, un cycle, ça tourne — en l’occurrence, doublement : non seulement parce qu’il s’agit d’une succession de films autour d’un thème, mais aussi d’un programme itinérant, circulant dans les salles adhérant à ce groupement d’écrans régionaux. La fin d’année étant propice à l’évocation des figures enfantines ou familiales, à la célébration de la générosité et du partage, qui mieux que Charlie Chaplin (1899-1977) pour incarner ces valeurs humanistes et universelles ? Qu’il s’agisse de son personnage de Charlot, vagabond facétieux — coursé par une maréchaussée moustachue épaisse et scrupuleuse ou amoureux d’une pauvre aveugle —, ou de ses avatars successifs (coiffeur juif persécuté par un sosie dictateur, clown vieillissant sur le déclin…), Chaplin apporte toujours à ses contemporains le regard du naïf et la main secourable rendant le monde moins insupportable à vivre. M

Continuer à lire

Gwenael Morin, point final

SCENES | Le metteur en scène Gwenael Morin quittera la direction du Théâtre du Point du Jour le 15 août 2018. Le Landerneau théâtral ne bruisse que de cela et les (...)

Nadja Pobel | Mardi 3 avril 2018

Gwenael Morin, point final

Le metteur en scène Gwenael Morin quittera la direction du Théâtre du Point du Jour le 15 août 2018. Le Landerneau théâtral ne bruisse que de cela et les candidatures vont bon train pour cette salle à la taille intermédiaire rare (200 à 350 places selon configurations). D’ici là, Philippe Quesne revient du 17 au 21 avril avec La Mélancolie des dragons, étrange spectacle punk sous la neige et Morin et son théâtre permanent joueront Œdipe à Colonne du 26 juin au 7 juillet à la suite d'une Nuit des Tragédies de Juillet le 21 juin.

Continuer à lire

Amélie Casasole : « je vais amener plus d'art du mouvement »

Théâtre de Villefranche | À 43 ans, et après avoir dirigé l'Atrium de Tassin, Amélie Casasole vient tout juste de prendre ses fonctions à la tête du Théâtre de Villefranche, dont Alain Moreau a fait depuis 1992 un lieu culturel majeur de la région. Comment envisage-t-elle cette nouvelle ère ? Réponses.

Nadja Pobel | Mardi 30 janvier 2018

Amélie Casasole : « je vais amener plus d'art du mouvement »

Sur quels critères êtes-vous sortie gagnante des 56 candidatures ? Amélie Casasole : Je suis allée sur le terrain. Un projet culturel ne se décrète pas. Ce qui m’intéresse, au-delà du Théâtre de Villefranche que je connaissais bien pour y avoir été spectatrice chaque saison, c'est comment articuler ce projet au territoire. J'ai rencontré énormément de gens : les associations culturelles, les services de la ville (jeunesse, archives...). Je me suis intéressée à la manière dont les gens vivaient à Villefranche et dans l'agglomération. Il ne faut pas regarder que du côté de la programmation et de la diffusion. C'est un théâtre pluridisciplinaire avec chanson, danse, théâtre (parfois international, comme avec Ostermeier l'an dernier). Va-t-il le rester ? Oui, c'est ce qui fait la spécificité de ce théâtre et qu'il est bien identifié. Il n'y aura pas de changement pour le festival Nouvelles Voix car il fonctionne très bien et ça permet d'avoir un public de jeunes qui revient après. Par petites touches, je vais amener un peu plus d'art du mouvement (cirque, magie nouvelle...), des spectacles en

Continuer à lire

Pas de bataille pour Hernani

Théâtre | On croit connaître la recette du théâtre permanent jusqu’à plus soif. Avec Hernani, on en redécouvre le (bon) goût. Gwenaël Morin pousse toujours plus loin l’ascèse mais y trouve une âme.

Nadja Pobel | Mardi 5 décembre 2017

Pas de bataille pour Hernani

C’est au départ une contrainte et c’est in fine une grande liberté. De quoi s’agit-il ? De ces codes du théâtre et des rituels qui pavent la démarche même de s’y rendre. Sans réservation et sans paiement, il est tentant d’y renoncer même au tout dernier moment. Dénudée de ses fauteuils (!), la salle se présente simplement avec ses marches moquettées sur lesquelles le public est invité à se poser avec quelques gros coussins mis à disposition. Aride, déconcertant : la mise en condition est perturbante, limite agaçante. Comme d’habitude, la lumière plein feu embarque spectateurs et acteurs dans un même espace. Rien n’empêche donc de consulter éventuellement son portable ou de lire le déroulé de la pièce – à disposition à l’entrée - comme la plupart des vingt personnes présentes ce soir-là. Cette absence d’impératifs est peut-être bien la meilleure façon de se laisser happer et d’être concerné. « Je me nomme Hernani (…) c’est un nom de banni » En face, la troupe est de haut niveau et les rôles distribués, sans que le critère du genre n’entre en compte, sont magnifiquement portés par notamment un quatuor de fidèles, dont Barba

Continuer à lire

Amélie Casasole à la tête du Théâtre de Villefranche

Depêche | Amélie Casasole a été nommée ce mois-ci directrice du Théâtre de Villefranche-sur-Saône. À 42 ans, elle a été choisie parmi 56 candidats pour poursuivre la (...)

Nadja Pobel | Jeudi 19 octobre 2017

Amélie Casasole à la tête du Théâtre de Villefranche

Amélie Casasole a été nommée ce mois-ci directrice du Théâtre de Villefranche-sur-Saône. À 42 ans, elle a été choisie parmi 56 candidats pour poursuivre la programmation exigeante et pluridisciplinaire menée par Alain Moreau depuis 1992. Elle a notamment été durant sept années à la tête du Théâtre de l’Atrium à Tassin-la-Demi-Lune et prendra ses fonctions début 2018. Le festival Nouvelles Voix restera un des temps forts des saisons à venir.

Continuer à lire

Côté salles : à l’Est, rien de nouveau

Direction Artistique | À Charlie Chaplin comme au Toboggan, voici venir deux directeurs pas si nouveaux : Mourad Merzouki et Victor Bosch, déjà à la tête d’autres salles. Cette concentration des pouvoirs menace-t-elle la diversité de l’offre ?

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

Côté salles : à l’Est, rien de nouveau

Poussée vers la sortie avec force par la mairie de Décines, Sandrine Mini, qui a eu à cœur de défendre au Toboggan une programmation exigeante, a pris du galon : elle fait sa rentrée à la tête de la scène nationale de Sète. Fin de la belle histoire. Denis Djorkaeff, l’adjoint à la Culture, a fait appel à « une référence, à même de faire une programmation dans un temps record » comme il nous le confiait en mars dernier, en même temps qu’il annonçait la venue de Victor Bosch. Depuis, le directeur du Radiant à Caluire a vu sa mission se préciser. Il est officiellement directeur artistique et programmateur du Toboggan pour une durée de trois ans. Soucieux « de ne rien casser de ce qui a été précédemment fait », il garde sa recette éclectique, tentant de répondre aux besoins de sa nouvelle tutelle de faire un théâtre de proximité avec

Continuer à lire

À l'école de Molière

Théâtre | La promo du Conservatoire de Lyon s'empare cette semaine de quatre Molière en tirant leurs rôles au sort. Qu'est-ce que ce théâtre fleuve ?

Nadja Pobel | Mardi 25 avril 2017

À l'école de Molière

Molière, oui, mais « de Vitez ». Entendez par-là les versions du metteur en scène, acteur et pédagogue Antoine Vitez, montées en 1978 et 79 avec les élèves du Conservatoire national de Paris. Gwenael Morin a repris ce modèle : des comédiens, juste des comédiens ; ceux du Conservatoire régional de Lyon. Cette aventure-là débute en 2013. Et voici qu'après trois ans de jeu, et notamment parce que leur passage unanimement salué aux Amandiers-Nanterre en janvier 2016, a entraîné des sollicitations pour poursuivre l'aventure, ce groupe cède sa place aux nouveaux diplômés sortis il y a moins d'un an de cette formation. C'est avant tout une histoire de passation, dont Gwenael Morin est resté éloigné, laissant à Philippe Mangenot le soin de piloter la suite. En juin dernier, alors qu'ils valident leur diplôme d'études théâtrales, les douze étudiants reçoivent cette proposition de continuer à travailler ensemble et les rôles de Tartuffe, Dom Juan, Le Misanthro

Continuer à lire

Expo "Popcorn" : le design à l'écran

Design | À l'occasion de la Biennale du design, le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne jette un regard croisé sur les liens entre design et cinéma... Une exposition restreinte à peu de salles mais digne d'intérêt.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 avril 2017

Expo

Moins importante en quantité que nous l'espérions, l'exposition Popcorn est cependant une exposition réussie sur le plan qualitatif. Elle entrecroise art, cinéma et design en trois temps, respectivement dédiés aux thématiques du travail, de la conquête spatiale et du western. Rappelons que le design et le cinéma sont nés à peu près en même temps (en 1851 pour le design avec une exposition au Crystal Palace à Londres défendue par Sir Henry Cole ; en 1895 pour le cinéma avec la première projection des frères Lumière) et qu'ils partagent, à leurs débuts, la même réputation de sous-disciplines artistiques. Le cinéma est rattaché aux attractions et spectacles forains et le design au monde un peu sombre et encrassé de la technique et de l'industrie ! Bref, c'est en sortant peu à peu des "bas-fonds" que le cinéma comme le design gagneront leurs lettres de noblesse, qui ne sont plus remises en question aujourd'hui... Le travail à l'œil Bizarrement, c'est la partie la moins fun de l'e

Continuer à lire

Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Entretien | Clowns à l’écran et sur les planches, le duo Abel & Gordon se balade aux quatre coins de la capitale, occasion idéale pour tous les hommages et toutes les rencontres. Cartographie d’un univers partagé qui rend la réalité si triste et les pitres si beaux.

Julien Homère | Mardi 14 mars 2017

Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Avez-vous essayé de retrouver la fibre unique du réalisme poétique ? Dominique Abel : On s’inspire de ces films, même si on a trouvé nos propres lieux, qui dégagent une magie bien particulière : je pense à cette statue de la Liberté qui a été un vrai cadeau du ciel. L’idée de mettre un SDF qui plante sa tente à ses pieds, c’était chouette. On a été nourri par plusieurs styles différents, mais on adore le burlesque : Max Linder, Buster Keaton, Charlie Chaplin, Laurel et Hardy, ou les créateurs plus contemporains comme Kaurismäki. Mais nos goûts sont plus larges que ça. Emmanuelle Riva était-elle l’une de ces références ? D.A : On ne l’avait jamais vu dans un autre registre que celui du drame. Elle était très curieuse, vivante avec le rire incroyable d’une jeune fille de 14 ans. Elle faisait beaucoup de théâtre et nous, ce qu’on souhaitait, c’était de répéter pour atteindre une mécanique propre à notre jeu. À ça, e

Continuer à lire

"Paris Pieds Nus" : recherche Martha désespérement

Et aussi | Qui aurait cru que l’ultime film d’Emmanuelle Riva, récemment disparue et abonnée aux drames intimistes, serait une farce enfantine ? Noyade, valse, Canada et Pierre Richard sont au programme de ce conte aussi déglinguant que déglingué.

Julien Homère | Mardi 7 mars 2017

Bibliothécaire dégingandée, Fiona débarque de son Canada natal pour chercher sa tante Martha dans Paris et son dédale avec l’aide de Dom, SDF loufoque et séducteur. Traversée d’une joie communicative, cette comédie raconte les péripéties de deux clowns dans toute leur grâce d’êtres inadaptés, hors des conventions sociales. Son charme provient autant de la candeur des comédiens que de ses effets de mise en scène élégants et efficaces, servant à souligner un gag ou à le révéler complètement. Il faut voir la scène où Dom s’enroule dans un câble électrique à un restaurant, suivi d’un plan avec une fourchette s’entourant de spaghettis à une table voisine pour mesurer la force de ce mélange harmonieux entre le théâtre, le cirque et le cinéma. Humanité mon amour Travellings léchés, couleurs vives, cadres fixes blindés de détails, décors vivants et travaillés, cette minutie esthétique s’accompagne d’un regard doux amer sur l’Homme et ses bassesses. Chat de gouttière sans gène, Dom n’a aucun respect pour la mort et peut ruiner l’éloge funèbre d’une d

Continuer à lire

Andromaque à la racine

Point du Jour | Gratuite, indéfinie dans le temps, Andromaque est au Point du Jour sans fard et renverse les codes ; à commencer par la façon d'effectuer une sortie théâtrale.

Nadja Pobel | Mardi 24 janvier 2017

Andromaque à la racine

C'est une antienne bien connue que Gwenaël Morin développe depuis des années (et depuis 2013 au Point du Jour) : faire un théâtre permanent et considérer l’œuvre théâtrale comme un bien public qu'il faudrait offrir aux spectateurs, encore et encore, puisque personne n'aura jamais assez d'une vie pour explorer la richesse des écrits de nos anciens. Cette humilité assortie d'un sens de l'économie radicale tranche avec ses congénères : pas de droit d'auteurs pour ces œuvres tombées dans le domaine public et pas de billetterie payante par retour d’ascenseur. Sophocle, Molière, Shakespeare... le metteur en scène a su explorer ses classiques dans son théâtre que, volontairement, il ne transforme pas en bar (à peine une salle d'attente blanche avant d'accéder à la salle) et souvent dans des lieux insolites : reconnaissons-lui le mérite d'avoir emmené le théâtre où il n'est pas, comme des quartiers excentrés du 5e arrondissement cet été dans le cadre des

Continuer à lire

L'humour vintage traverse les générations

De Charlot à Laurel & Hardy | Charlot, Buster Keaon, Laurel et Hardy. Le jeune public va pouvoir découvrir ce qui a fait marrer papy, mamy, grand papy, grand mamy etc... Et rire à son tour.

Antoine Allègre | Mardi 20 décembre 2016

L'humour vintage traverse les générations

À chaque vacances scolaires, l'Institut Lumière soigne les zygomatiques des minots avec un programme aux petits oignons baptisé Cinématokid. Une fois n'est pas coutume, un cycle noir et blanc est initié pour cette fin d'année, permettant aux enfants de découvrir des légendes de l'humour. Tout commence — en fanfare — le mercredi 21 décembre avec la projection des Temps Modernes de Charlie Chaplin, assurément — avec Le Dictateur — le chef d'œuvre de Charlot. Ouvrier désabusé et éreinté dans une usine dévorante, il plaque tout et recueille une orpheline pour faire face à l'aprêté de ce monde. Éminement poétique, émouvant et drôle à pleurer, cela fait désormais 80 ans que ce film émerveille le public — qu'il soit pubère ou pas. Piqûre de rappel le 27, même endroit, même heure. Le vendredi 23 décembre, Stan Laurel et Oliver Hardy, le tandem le plus poilant de l'histoire est à l'honneur avec le court-métrage Aidons-nous ! ou le premier épaule — à sa manière — le second à dissimuler les

Continuer à lire

La langue de Sophocle portée par Gwenaël Morin

Nuits de Fourvière | « Pas de décor, pas de costume, c'était une putain d'idée » ironisait en 2002 Vincent Delerm à propos du festival d'Avignon. Gwenaël Morin applique ce principe à la lettre pour que les grands auteurs soient entendus. Sophocle sera dans les recoins du 5e arrondissement. Et c'est gratuit !

Nadja Pobel | Mardi 28 juin 2016

La langue de Sophocle portée par Gwenaël Morin

Des Shakespeare, des Molière, Musset, Racine, un jour peut-être les Tchekhov : Gwenaël Morin s'attelle à monter les auteurs majeurs depuis plus de dix ans. Non par mépris envers les vivants mais ces chefs d’œuvres sont si grands que c'est presque un devoir pour lui de les porter à connaissance. Encore et toujours. Comme un acte de service public qui justifierait que le théâtre du Point du Jour qu'il dirige depuis 2013 ne soit occupé que par sa compagnie, à l’exception des invitations faites à Yves-Noël Genod ou le collectif X, afin d'y poursuivre son théâtre permanent (jeu tous les soirs, répétitions tous les jours quand le rythme habituel est beaucoup plus séquencé). Pour ces Sophocle, il procède comme pour les Molière qui ont notamment connu un mois de plein succès tant critique que public aux Amandiers de Nanterre cet hiver : les rôles sont tirés au sort. Peu importe le genre des personnages

Continuer à lire

Yves-Noël Genod, de permanence au Point du Jour

SCENES | C’est un pari et un appel à la curiosité : «Venez nous voir !». Oui mais voir quoi ? Du théâtre permanent. Depuis le 1er janvier 2013 (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Yves-Noël Genod, de permanence au Point du Jour

C’est un pari et un appel à la curiosité : «Venez nous voir !». Oui mais voir quoi ? Du théâtre permanent. Depuis le 1er janvier 2013 (et jusqu’à fin décembre 2016 a minima), Gwenaël Morin poursuit cette expérience largement développée à Aubervilliers qui, si elle est incompatible avec bons nombres de compagnies, a le mérite d'inventer un théâtre du quotidien, tout en proposant une autre forme d’accueil du public : sans réservation et à 5€ la place. Lui-même l'a pratiqué avec Molière, Tchekhov ou Shakespeare, avant de convier le Collectif X pour quatre journées du Soulier de satin sur quatre mois. Hardcore. Cet automne, c’est le comédien et metteur en scène Yves-Noël Genod qui, une semaine sur deux, va dérouler huit épisodes d’un même mouvement théâtral. Son contenu ? Lui-même ne le connait pas vraiment, si ce n’est que Baudelaire et des dramaturges passeront par là, souvent dits dans le noir par dix à trente comédiens qui travailleront dans l’urgence. Car ce qu’aime Yves-Noël Genod, c’est «ouvrir la perception du public», rappelant qu’étymologiquement, le théâtr

Continuer à lire

Le point sur Morin

SCENES | Gwenaël Morin, à la tête depuis le 1er janvier du Théâtre du Point du Jour, est un homme de théâtre atypique : il se propose de créer quotidiennement, avec ses acteurs et des anonymes, les grands classiques du répertoire dans un théâtre dit «permanent». Rencontre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 6 septembre 2013

Le point sur Morin

Vous avez déclaré il ya longtemps que le théâtre ne sert à rien, ne rend service à personne et n’est même pas à la mode. Pourquoi en avoir fait votre vie ?Gwenaël Morin : C’est vrai que ça ne sert rien, que ce ne soit pas à la mode est moins vrai. Il y a des espèces de phases où la branchitude s’épuise des biennales d’art contemporain et se ré-intéresse au spectacle vivant jusqu’à la prochaine décennie. Il y a des flux. Je voulais dire qu’un artiste est illégitime donc ne peut être à la mode, utile ou intéresser les gens a priori. Deleuze dit que l’artiste crée pour un peuple à venir, un peuple du futur, un peuple qui n’existe pas. C’est comme si l’artiste mettait au jour des évidences qui le deviendront a posteriori et si elles ne le deviennent pas, c’est que son œuvre aura d’une certaine manière échoué. C’est une espèce d’appel des contraires. En 2003, vous jouiez déjà au Point du Jour avec un spectacle – Mademoiselle Julie - à la scénographie dépouillée. Qu’est-ce qui vous pousse vers cette esthétique ?Le dépouillement n’e

Continuer à lire

Les Nuits de Thèbes

SCENES | Au commencement âpre et foutraque, l'"Antigone" de Gwenaël Morin se révèle au fil du jeu captivante et juste, dans un décor naturel à couper le souffle : les ruines romaines surplombant l’amphithéâtre de Fourvière. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 6 juin 2013

Les Nuits de Thèbes

On a beau connaître la recette de Gwenaël Morin, elle déroute encore. «Pas de décor, pas de costume, c’était une putain d’idée», comme le chantait ironiquement Vincent Delerm. Dans son Antigone (d'après Sophocle), les costumes sont des vêtements basiques (nuisette, jupe) ; les quelques accessoires sont comme d’habitude composés de carton et de gros scotch ; les hommes sont joués par des femmes et vice-versa. Bref, la "patte Morin" est immédiatement reconaissable, y compris dans le choix du texte, un gros morceau du répertoire - Gwenaël Morin a pris l’habitude, hormis quatre Fassbinder récemment, de monter des chefs d’œuvres (Philoctète, Tartuffe, Lorenzaccio…) en lesquels il a, dit-il, «une confiance aveugle». Pari payant : avec la traduction simple et néanmoins très contemporaine (2004) d’Irène Bonnaud et Malika Hammou, le metteur en scène va à l’essentiel, une histoire familiale qui dégénère et se mêle à celle de la Cité. Antigone, gone (de Lyon) Antigone veut enterrer son frère Polynice auquel Créon, chef de la Cité et

Continuer à lire

Gwenaël Morin au Point du jour

SCENES | Gwenael Morin deviendra le 1er janvier 2013 le nouveau directeur du Théâtre du Point du Jour (Lyon 5). Le metteur en scène assurait déjà une sorte d’intérim à (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 30 novembre 2012

Gwenaël Morin au Point du jour

Gwenael Morin deviendra le 1er janvier 2013 le nouveau directeur du Théâtre du Point du Jour (Lyon 5). Le metteur en scène assurait déjà une sorte d’intérim à ce poste depuis le départ volontaire de Michel Raskine et André Guittier, il y a un an. Son souhait : faire de ce lieu un «théâtre permanent», comme il l'a déjà fait à Aubervilliers, animé par une troupe d’acteurs engagés et un public participatif, soit un théâtre ouvert à tous et pas seulement aux heures de spectacle. Depuis septembre, Gwenael Morin revisite le répertoire de Fassbinder selon un mode de répétitions ouvertes (du 1er au 9 de chaque mois) suivi d’une représentation le 10. Ce lundi à 20h, Village en flamme clôturera cette série d’«antithéâtre», ainsi qu'il la nomme. Nadja Pobel

Continuer à lire

Notre oncle Charlie

ECRANS | Star mondiale, figure légendaire, icône cheap, Chaplin est-il inépuisable, ou bien définitivement épuisé ? Et si, ayant côtoyé plusieurs fois la mort, son œuvre était faite pour ressusciter ? Éléments de réponse à l'occasion de la rétrospective que lui consacre l'Institut Lumière. Jérôme Dittmar

Jerôme Dittmar | Jeudi 29 novembre 2012

Notre oncle Charlie

Le cinéma a forgé sa mythologie la plus criarde autour de quelques stars brillant par-delà les films où on les admire, comme si tout ce qui comptait c'était d'abord le plus concret, un visage et un corps. La politique des acteurs serait-elle finalement plus démocratique que celle des auteurs ? Figure monstre de l'histoire du cinéma, Chaplin a quelque chose de définitif et supplémentaire dépassant l'aura d'une Marilyn ou d'un Bruce Lee qui, eux aussi, finiront en poster Ikea. Mythe complet avec son personnage emblématique et des films d'une mise en scène éblouissante, Chaplin est devenu une incarnation du cinéma, de ses prémisses à son âge d'or et ses déclins successifs. Il fut la quintessence de l'art du XXème siècle, l'épousant dans sa trajectoire jusqu'à se faire absorber par lui et en illustrer aussi la mort, cette mort du cinéma qu'on annonce sans cesse pour mieux le voir revivre. Working Hero Pour briller si haut, Chaplin fut comme John Ford ou Griffith, un pionnier. Il a été là au début, à une époque où sous contrat avec des studios désormais disparus, l'on pouvait enchaîner les petits films à un rythme fou. Quand l'immigré anglais passe, très

Continuer à lire

Gwenaël Morin nouveau directeur du théâtre du Point du jour

SCENES | Le metteur en scène Gwenael Morin a été sélectionné pour la direction du Théâtre du Point du Jour à Lyon. La prise de fonction de la nouvelle équipe prendra effet (...)

Christophe Chabert | Mercredi 28 novembre 2012

Gwenaël Morin nouveau directeur du théâtre du Point du jour

Le metteur en scène Gwenael Morin a été sélectionné pour la direction du Théâtre du Point du Jour à Lyon. La prise de fonction de la nouvelle équipe prendra effet au 1er janvier 2013. La commission chargée des auditions, représentant les différents partenaires (Ville de Lyon, Région Rhône-Alpes, Conseil général du Rhône et Ministère de la culture -DRAC Rhône Alpes), a reçu vingt candidatures. Neuf équipes ont été auditionnées début novembre. Gwenaël Morin souhaite faire du Théâtre du Point du Jour un «théâtre permanent», comme il l'a déjà fait à Aubervilliers, animé par une troupe d’acteurs engagés.  Des rendez-vous avec le public seront programmés au premier semestre 2013 avant le lancement de la saison du « Théâtre permanent » le 1er septembre 2013. Du 1er au 10 décembre à 20h, Gwenael Morin propose des répétitions ouvertes de "Village en flamme", quatrième volet d'Antiteatre (40 jours de traversée de quatre pièces majeures du répertoire de Rainer Werner Fassbinder).

Continuer à lire

A capela

SCENES | Depuis 1998, les mises en scène de Gwenaël Morin (né en 1969) n'ont guère changé : absence de décors, d'effets spectaculaires et de costumes, pour un (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 20 janvier 2012

A capela

Depuis 1998, les mises en scène de Gwenaël Morin (né en 1969) n'ont guère changé : absence de décors, d'effets spectaculaires et de costumes, pour un investissement total de la présence et de la parole de l'acteur. Il adapte au Point du Jour un texte de jeunesse de Peter Handke, Introspection, écrit en 1966 et qui recèle bien des idées qui éclateront au grand jour en... mai 1968. Ce monologue pour deux personnages est ici interprété par un chœur (antique et contemporain) de sept acteurs, la plupart du temps simplement en ligne face au public. Il y est question de l’histoire d'un être humain, de sa naissance à aujourd'hui, en passant par toutes les étapes de sa vie, ses déboires, ses espoirs et ses transgressions. Le texte est acide, drôle, répétitif, vindicatif, poétique, musical : le chœur se fait d'ailleurs aussi souvent chorale (des moments chantés et surtout des moments rythmiques où le texte est scandé). Et l'on retient de cette stimulante mise en scène la mise en collectif du singulier, en multiplicité de l'individuel. Un «Je» parle ou chante en chœur : façon à la fois de s'aliéner aux autres (le règlement) ou de pouvoir lutter, se révolter, résister en s

Continuer à lire