Le retour d'En acte(s)

Nadja Pobel | Mercredi 19 septembre 2018

Photo : © DR


Revenir à l'essence du texte sans non plus céder à la lecture. Fixer des règles : un écrit original pour cinq acteurs maximum, une heure de jeu, huit jours de répétition, pas d'effets techniques ou à peine. Voilà En acte(s), né au Lavoir en octobre 2014, à l'initiative du comédien Maxime Mansion, et qui depuis s'est développé sur des périodes plus au moins longues aux Clochards Célestes, au TNP. Deux propositions reviennent au Théâtre de l'Élysée du 20 au 22 septembre : d'une part Irrépressible de Kevin Keiss mise en scène par Baptiste Guiton.

De l'autre, On dit que Josepha de Gwendoline Soublin, issue de l'ENSATT, porté à la scène sur des tréteaux reconstitués à L'Élysée par Philippe Mangenot (à l'origine d'une belle variation sur Tchekhov, Regardez la neige qui tombe). Ici, il s'empare de l'ennui d'adolescents qui traînent sur des parkings et imaginent la vie de leurs voisins, dont une certaine Josepha, se jouant ainsi du réel. Doux, tendre et amer.


Festival En acte(s)s

"On dit que Josepha" de Gwendoline Soublin, ms Philippe Mangenot et la Cie Théâtres de l'Entre-Deux, 1h + "Irrépressible" de Kevin Keiss, par la Cie L'Exalté, ms Baptiste Guiton, 1h
Théâtre de l'Élysée 14 rue Basse-Combalot Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Les mutations de Gwendoline Soublin

Théâtre | Deux spectacles jumeaux et un compagnonnage solide s’annoncent à l’ENSATT où les Clochards Célestes programment les textes de Gwendoline Soublin mis en scène par Philippe Mangenot. Où il est question de la rudesse de la ruralité et d’abandon.

Nadja Pobel | Mardi 10 décembre 2019

Les mutations de Gwendoline Soublin

La folie rôde toujours au détour des phrases de Gwendoline Soublin. Née en 1987, formée notamment à l’ENSATT (département écrivain), la trentenaire creuse la façon dont se débattent ses contemporains avec les contraintes d’une société marchande et déshumanisée. Ses personnages extrapolent, s’inventent des fictions, délirent parfois dans le sens le plus salutaire qui soit. On dit que Josepha, présenté au festival En acte(s) en 2018 dans son plus simple appareil (des tréteaux, et une semaine de travail) mène sur un parking du très bien nommé Babylone-sur-Isette qui dit l’ancrage territorial et les rêves d’ailleurs. Une jeunesse désœuvrée s’amuse à jouer aux durs pour passer le temps sur le thème « on dit que… » jusqu’à évoquer une vieille dame, Josepha, et ses intentions étranges. Trouble. D’autant que des coccinelles ont envahi les lieux. Dans Pig Boy, l’autrice se remémore son grand-père agriculteur breton, les suicides quotidiens de cette profession et la crise du cochon. Elle invente la suite avec brio, façon

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Maxime Mansion : dur comme du rock

Théâtre | Malgré un texte trop prévisible, Inoxydables s'avère être la meilleure des quatre propositions dans cette saison du TNP émanant du Cercle de formation et de transmission inventé en 2017. Du rock métal, une histoire d'amour et la guerre en 1h15.

Nadja Pobel | Mardi 2 avril 2019

Maxime Mansion : dur comme du rock

C'est d'abord un concert. Celui du groupe Klone. Du métal au TNP, bouchon d'oreille inclus : première bonne surprise de ce travail de Maxime Mansion, initiateur du festival En acte(s) qui tout au long de sa mise en scène ne va rien escamoter du récit de Julie Ménard. Mia, déjà bien imbibée, va tomber amoureuse du bassiste Sil dans le bruit et la moiteur de ce live dont, au-delà du son, la frénésie réconfortante nous parvient. Il s'agit de corps et d'attraction, de désir et d'impulsion mais aussi de mots plats, idiots, de rires bêtes parfaitement restitués et justes. Ils sont le socle de cette aventure qui se déploie ensuite dans un hangar pour les répétitions et qui va prendre le large. Car le bruit inquiétant des avions a prévenu : la guerre rôde. Il faut fuir. Au creux de moi Là encore, Maxime Mansion va au plus efficace. Des traversées sur terre ou dans la mer, de la jungle, des passeurs, des camions, de la montagne ou de la fatigue, il rend compte avec un éclairage minimal et ciblé sur ses deux personnages toujours pris dans les feux comme des rats. Trois fois, ils reviennent sur leur terre me

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Philippe Mangenot : « tout le monde est à Avignon ! »

Festival d'Avignon | 1538 spectacles, 133 lieux, 440 pages de programme. Le Off d'Avignon (du 6 au 29 juillet) bat tous les records. Faut-il se jeter dans la jungle ? Pour quelles retombées ? Dialogue avec le Lyonnais Philippe Mangenot, qui dirige la compagnie Théâtres de l’Entre-Deux.

Nadja Pobel | Mercredi 11 juillet 2018

Philippe Mangenot : « tout le monde est à Avignon ! »

Vous étiez déjà venu avec Hamlet 60 en 2013 et c'est la seconde année consécutive que vous présentez Regardez la neige qui tombe. Qu'est-ce qui vous pousse à revenir ? Philippe Mangenot : J'étais venu pour la première fois avec un spectacle de Camille Germser - déjà au Petit Louvre - que j’administrais et produisais. C'est riche de ces aventures que je reviens : c'est très chouette en terme de public, de diffusion, de presse. Peut-être parce que je suis tout le temps dans le même théâtre et que l’accueil, la relation avec le public, sont bien. Bien sûr, ça coûte de l'argent mais il y a une dimension humaine et c'est pour ça que je ne change pas de lieu. Une fidélité avec le public se crée. Quand vous venez pour la première fois avec Hamlet 60, vous vous dites que pour que le spectacle vi

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À l'école de Molière

Théâtre | La promo du Conservatoire de Lyon s'empare cette semaine de quatre Molière en tirant leurs rôles au sort. Qu'est-ce que ce théâtre fleuve ?

Nadja Pobel | Mardi 25 avril 2017

À l'école de Molière

Molière, oui, mais « de Vitez ». Entendez par-là les versions du metteur en scène, acteur et pédagogue Antoine Vitez, montées en 1978 et 79 avec les élèves du Conservatoire national de Paris. Gwenael Morin a repris ce modèle : des comédiens, juste des comédiens ; ceux du Conservatoire régional de Lyon. Cette aventure-là débute en 2013. Et voici qu'après trois ans de jeu, et notamment parce que leur passage unanimement salué aux Amandiers-Nanterre en janvier 2016, a entraîné des sollicitations pour poursuivre l'aventure, ce groupe cède sa place aux nouveaux diplômés sortis il y a moins d'un an de cette formation. C'est avant tout une histoire de passation, dont Gwenael Morin est resté éloigné, laissant à Philippe Mangenot le soin de piloter la suite. En juin dernier, alors qu'ils valident leur diplôme d'études théâtrales, les douze étudiants reçoivent cette proposition de continuer à travailler ensemble et les rôles de Tartuffe, Dom Juan, Le Misanthro

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Anna Petrovna, Macha, Anton et les autres

Théâtre des Clochards Célestes | Il est des surprises qui dans l'atonie théâtrale automnale ravissent. Regardez la neige qui tombe... est de celles-là. Le comédien et metteur en scène (...)

Nadja Pobel | Mardi 13 décembre 2016

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Il est des surprises qui dans l'atonie théâtrale automnale ravissent. Regardez la neige qui tombe... est de celles-là. Le comédien et metteur en scène Philippe Mangenot nous avait déjà cueilli avec sa version de Chaise de Bond ou Hamlet. Courtes, percutantes et sans fioritures : ses créations se font au scalpel, sans être brutales pour autant. Elles sont justes. Il poursuit son compagnonnage avec André Markowicz, traducteur de Shakespeare et aussi de toute (ou presque) l’œuvre de Tchekhov avec Françoise Morvan. Mangenot, en une heure à peine, raconte la vie brève de Tchekhov (mort à 44 ans), ses amours, ses études de médecine, son engagement auprès des bagnards de Sakhaline, son prix Pouchkine tout juste obtenu. Et ses écrits, magistraux, résonnent avec Platonov, L'Ours, La Mouette ou Oncle Vania. L'immense force de ce travail est de détruire immédiatement le quatrième mur sans le brandir en étendard. Le spectacle ne prend pas le te

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Vont, vivent et deviennent

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Nadja Pobel | Mercredi 4 mai 2016

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Grozny Panzani Paradis, de Samuel Pivo ; Ton tendre silence me violente plus que tout, de Joséphine Chaffin : que se trame-t-il, derrière ces titres singuliers ? Ce sont des textes de théâtre écrits sur commande, passée par Maxime Mansion, un comédien sorti de l’ENSATT, ancien membre de la troupe permanente du TNP et initiateur du projet En Acte(s) avec la compagnie La Corde rêve, qu’il dirige avec Elisa Ruschke. Objectif : donner la possibilité à de jeunes auteurs de se confronter directement à la scène, les sortir du confinement de leur chambre d’écriture puisque les classiques (Shakespeare, Marivaux, Molière…) écrivaient pour être portés très rapidement au plateau, rappelle Maxime Mansion. Depuis octobre 2014, à raison d’un lundi par mois (huit par saison), une pièce sur un thème libre mais lié à l’actualité, ne devant pas dépasser une heure de jeu et ne mobilisant pas plus de cinq comédiens est présentée. Pas d’effet technique ni de mise une scène — mais une mise en espace —, trois semaines d’apprentissage de texte pour les comédiens et à peine plus de huit jours de répétition avant la publication de la pièce : voilà les ingrédients d

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Miroir, mon beau miroir !

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Nadja Pobel | Vendredi 9 mars 2012

Miroir, mon beau miroir !

Avant que l’épilogue ne soit énoncé, la blanche Ophélie, inanimée, se reflète dans un miroir incliné et tremblant. L’eau semble la recouvrir doucement. Elle apparaît enfin paisible. Cette scène est simple, sans fioriture et déchirante. Quand il travaillait dans un cabinet de notaire, William Shakespeare aurait participé à une enquête afin d’élucider comment une jeune fille était morte, par accident ou par suicide. Elle s’appelait Katherine Hamlet nous dit le narrateur. Belle anecdote qui boucle la boucle de ce spectacle à la fois construit et déconstruit comme un jeu de lego. Le metteur en scène et acteur Philippe Mangenot voulait, depuis sa rencontre en 2006 avec l’intournable traducteur André Markowicz, faire entendre la langue du dramaturge anglais en en donnant «une lecture linéaire et systémique». Pour la linéarité, tout le récit est balayé dans le premier quart d’heure : le roi du Danemark est mort, son frère a pris sa place sur le trône et épousé sa veuve mais Hamlet, fils du défunt, et amoureux de la belle Ophélie, cherche à se débarrasser de son oncle assassin. Mille fois ressassée, cette histoire est toujours une source inépuisable de mises en scène (à commenc

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