Best Of aux Subsistances

Nadja Pobel | Mardi 13 novembre 2018

Photo : © Sophie Colleu


C'est une des très bonnes habitudes de l'automne que ce festival Best Of des Subsistances. Du 15 novembre au 1er décembre, il s'agit de (re)voir ce qui s'est inventé ici à commencer par The Recoil of worlds de la chorégraphe Tânia Carvalho et la tendre mélancolie déjantée de Steven Cohen, régulièrement présent depuis 2004 et qui présente un inédit à Lyon, hommage à son compagnon disparu. Suivront Jeanne Mordoj et ce qu'on laisse derrière soi (L'Errance est humaine) et David Bobée, directeur du CDN de Rouen, qui avait créé ici son Warm, 45 minutes de performance acrobatique en pleine chaleur (45° !) avec Béatrice Dalle en conteuse de poème.


The recoil of words

Chor Tânia Carvalho
Les Subsistances 8 bis quai Saint-Vincent Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Warm

Performance acrobatique écrite de David Bobée et Ronan Chéneau
Les Subsistances 8 bis quai Saint-Vincent Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lux Æterna : Gaspar Noé repousse les limites du cinéma

Le Film de la Quinzaine | À la fois “moking of” d’un film qui n’existe pas, reportage sur une mutinerie, bacchanale diabolique au sein du plus déviant des arts, vivisection mutuelle d’egos et trauma physique pour son public, le nouveau Noé repousse les limites du cinéma. Une fois de plus.

Vincent Raymond | Vendredi 25 septembre 2020

Lux Æterna : Gaspar Noé repousse les limites du cinéma

Sur le plateau du film consacré la sorcellerie qu’elle dirige, Béatrice Dalle échange confessions et souvenirs avec Charlotte Gainsbourg, en attendant que le tournage reprenne. Le conflit larvé avec son producteur et son chef-opérateur va éclater au grand jour, déclenchant chaos et douleurs… À peine une heure. Aux yeux du CNC — yeux qui lui cuiront lorsqu’il le visionnera —, Lux Æterna, n’est pas un long-métrage. La belle affaire ! Depuis presque trente ans qu’il malaxe le temps, l’inverse en spirale involutée, le taillade ou le démultiplie, Gaspar Noé a appris à le dilater pour en faire entrer davantage dans cinquante minutes. Il dote ainsi dès son ouverture Lux Æterna d’extensions cinématographiques, de “ridelles“ virtuelles, en piochant dans des œuvres antérieures ici convoquées visuellement pour créer un climat (Häxan de Benjamin Christensen, Jour de colère de Dreyer) ou verbalement par Dalle et

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Les reprises de 2015/2016

SCENES | Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Les reprises de 2015/2016

Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans paroles sur l’ultra moderne solitude. Au même endroit Jean Lacornerie reprend ce qui est (avec Roméo et Juliette) sa comédie musicale la plus aboutie, Mesdames de la Halle (11 au 28 décembre). De son côté, au milieu d’une saison presque entièrement dédiée au langage, le TNP fait place aux délicats balbutiements de En courant, dormez par Olivier Maurin (6 au 15 avril), alors que la Renaissance reprend la foutraque Visite de la vieille dame (23 au 2

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Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

SCENES | Il y a dix ans, Pierre Cartonnet enfreignait les lois du cirque avec Aurélien Bory. En octobre, il mettait dans sa poche le jury pro du festival de L'Espace Gerson. Cette semaine, il donne la réplique à Béatrice Dalle dans l'éclaboussant "Lucrèce Borgia" de David Bobée. Portrait d'un comédien qui a tant de cordes à son arc qu'il pourrait en jouer comme d'une harpe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 11 novembre 2014

Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

Mâchoire carrée (limite cubique), musculature de modèle anatomique, pupilles qui paraissent insoumises aux facteurs de dilatation : Pierre Cartonnet dégage la même sévérité juvénile que les vicieuses petites frappes de Dog Pound. Reste qu'il ne survivrait sans doute pas plus de quelques jours dans un établissement pénitentiaire tel que celui dépeint par le film de Kim Chapiron. Car sous les signes extérieurs de virilité bat le cœur d'un grand sensible. Un cliché ? Certes, mais un cliché flou, le gaillard se mouvant à toute vitesse et dans nombre de directions à la fois. Délit de belle gueule Il fallait le voir, au sortir du tremplin du dernier festival de l'Espace Gerson, admiratif du talent de concurrents qu'il venait pourtant de mettre à l'amende – avec une variation joliment lunaire sur le sketch de l'humoriste foireux – et accueillant les compliments comme on reçoit des remontrances. Sans doute un vieux réflexe : «J'ai eu une adolescence difficile. J'étais en échec scolaire dès la fin du collège et je cherchais une échappatoire. Je pratiquais déjà le cirque en loisir. J'ai appris qu'il existait des formations professionnalisant

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«Une démesure géniale !»

SCENES | Figure historique mythique, Lucrèce Borgia fut immortalisée en 1833 par Victor Hugo dans une pièce éponyme. Un incontournable du répertoire auquel se confronte tout l’été le metteur en scène David Bobée, non sans offrir à Béatrice Dalle son premier rôle sur les planches. Nous l’avons rencontré pour en savoir plus sur ce projet très attendu qui verra le jour en plein air, à Grignan, devant la magnifique façade du château. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 26 juin 2014

«Une démesure géniale !»

Pour interpréter Lucrèce Borgia, fille du cardinal espagnol et futur pape Rodrigo Borgia, vous avez fait appel à Béatrice Dalle. Ce choix a-t-il tout de suite été une évidence ?David Bobée : Pour monter Lucrèce Borgia, il me fallait une actrice qui ait le charisme, la séduction et la capacité à fasciner nécessaires au rôle ; et en même temps une part de dangerosité, de monstruosité... J’ai choisi la plus belle et la plus dangereuse. Béatrice, avec ses choix de carrière, de vie et sa personnalité entière, s’est tout de suite imposée. Elle s’essayera là au théâtre pour la première fois...Je choisis de travailler avec des personnes pour ce qu’elles sont, parce que je les aime et que j’ai envie d’offrir au public le regard que je porte sur elles. Je me moque de savoir si elles savent faire ci, si elles ont déjà fait ça... Il n’y a pas de différences pour moi entre donner le rôle de Lucrèce Borgia à Béatrice, qui est actrice de cinéma – donc actrice tout court– et travailler avec des personnes qui viennent de cultures différentes ou de disciplines différentes comme le cirque, la danse, la musique...

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On tire la langue, on tape dans les mains

SCENES | Festival d'Avignon (9) / 1927. The Animals and Children took to the Streets. Steven Cohen. The Cradle of Humankind

Dorotée Aznar | Mercredi 25 juillet 2012

On tire la langue, on tape dans les mains

Le Off tire la langue. Croisé dans la rue, un comédien lyonnais nous confirme la rumeur qui circule entre les remparts depuis plusieurs jours : il y aurait environ 30% de festivaliers en moins cette année à Avignon. Résultat, pas mal de compagnies jettent l'éponge et plient bagages. Dans le In, tout va bien, les files d'attente sont toujours aussi longues et les spectacles affichent encore complet. Vus depuis la mise en ligne du dernier blog : un fabuleux spectacle tout public à partir de 9 ans (le meilleur spectacle vu depuis notre arrivée ici), The Animals and Children took to the Streets de la compagnie 1927 qui mélange théâtre, animation et musique live dans une ambiance très Triplettes de Belleville. On en reparlera très prochainement. Vu également, le dernier Steven Cohen The Cradle of Humankind où l'artiste, que l'on croise fréquemment à Lyon et qui avait fait scandale (notamment) en déambulant devant le Musée de la Résistance et de la Déportation presque nu, couvert d'une pancarte "Juif", part sur les traces des origines du monde. Dans ce spectacle, on découvre un artiste plus d

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Bye Bye Blondie

ECRANS | De Virginie Despentes (Fr, 1h37) avec Béatrice Dalle, Emmanuelle Béart, Pascal Greggory...

Jerôme Dittmar | Vendredi 16 mars 2012

Bye Bye Blondie

Bloquée dans les 80's, ses années rebelles, Virginie Despentes continue de brandir le drapeau usé d'un féminisme baddass. Pour preuve Bye Bye Blondie, chronique sentimentale d'un couple de filles sous la forme vertigineuse et balourde d'un avant (l'adolescence et les années no future) après (l'embourgeoisement et l'âge adulte). Adaptation par elle-même de son roman, Despentes filme donc Gloria la punkette fan des Bérus devenue artiste au RSA, et Frances, son amoureuse en Fred Perry, qui deviendra star de la télé, mariée à un romancier gay pour une union libre. En se réunissant à quarante ans pour le grand amour, c'est évidemment plus que les sentiments qui sont mis à l'épreuve, mais les rêves de jeunesse au travers de la sexualité. Despentes se penche ainsi sur la fin des utopies, qu'elle découvre après tout le monde, pour un film nostalgique et utopique où l'âme punk (à choyer) fait un peu de peine. Depuis Baise moi, la mise en scène est devenue insipide et conformiste. Tout s'explique.Jérôme Dittmar

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«Aux États-Unis, tout est à vendre»

SCENES | Entretien / Steven Cohen présente ‘Golgotha’, un spectacle à la mémoire de son frère suicidé, pendant le week-end des Subsistances. Récit d’un accouchement dans la douleur. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Vendredi 2 octobre 2009

«Aux États-Unis, tout est à vendre»

Petit Bulletin : Pourquoi avoir tellement retardé la création de ce spectacle ? Steven Cohen : J’ai eu des problèmes de santé auxquels se sont ajoutés des problèmes émotionnels et des questions pratiques. Les chaussures sur lesquelles reposent ce spectacle ont en effet été retenues à la douane et je ne voulais pas travailler «hors-la-loi». Et puis j’ai commencé à créer trop rapidement après la mort de mon frère, je n’étais pas prêt. Je ne suis toujours pas certain de l’être, mais je ne veux plus annuler. On vous a connu moins regardant avec les lois…Quand je suis convaincu du bien fondé de ce que je fais, je ne suis pas aussi regardant. Mais cette fois, je travaille sur une matière immorale, et je voulais que tout soit en règle. Cette «matière immorale» dont vous parlez, ce sont les crânes que vous avez transformés en chaussures. Comment êtes-vous entré en leur possession ? J’ai acheté ces crânes dans le quartier de Soho, en face de chez Chanel, dans une boutique qui vend des animaux empaillés et expose trente crânes humains dans sa vitrine. J’en ai acheté deux. Cela m’a coûté 2000 euros, on ne m’a pas demandé ce que j’avais l’intention d’e

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Descentes dans l'arène

SCENES | Performances & cirque / Y'a pas de sot métier : c'est ce que doit se dire Steven Cohen lorsqu'il exécute certaines de ses performances un godemiché fiché dans (...)

| Mercredi 12 septembre 2007

Descentes dans l'arène

Performances & cirque / Y'a pas de sot métier : c'est ce que doit se dire Steven Cohen lorsqu'il exécute certaines de ses performances un godemiché fiché dans l'anus. Ce sud-africain, figure de proue (de poupe aussi, il est vrai) de la performance «politico-body-genders», sera aux Subsistances en janvier pour une nouvelle création. Auparavant, les Subs organisent trois jours de performances (les 27, 28, 29 septembre) avec les chorégraphes Alice Chauchat & Frédéric Gies, l'hurluberlu espagnol Oskar Gomez Mata et le jeune David Bobée, ancien assistant du metteur en scène Éric Lacascade. Il y aura aussi beaucoup de nouveau cirque cet hiver (forcément) aux Subsistances avec les retours de Zimmermann et De Perrot, artistes burlesques et kafkaïens capables du pire comme du meilleur (leur inoubliable première pièce Gopf) ; du jongleur tous terrains Philippe Ménard qui cette fois-ci fera valser des balles... en glace ; et de la contorsionniste québécoise Angela Laurier avec sa création Déversoir, aboutissement d'une longue exploration de son propre roman familial. En parlant de roman familial, vous savez peut-être que les psychanalystes aiment Fellini qui lui même aimait les clowns... Alor

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