Les café-théâtres fêtent le réveillon

Café-Théâtre | Comme chaque année, les café-théâtres lyonnais vous proposent de fêter le passage à la nouvelle année, avec toute la liesse et l’incertitude que cela comporte, sous le signe de l’humour.

Lisa Dumoulin | Mardi 11 décembre 2018

Photo : © DR


En ces temps troubles, les humoristes qui se révèlent parfois de fins observateurs de notre société sont peut-être le remède cathartique à ce rite de passage.

Au Complexe du Rire, Et Dieu crée Naho, à l'affiche en ce moment, sera joué également le 31 ainsi que Bienvenue dans la coloc et Ça marche pour moi de Cécile Lopez. Chez les Tontons Flingueurs, Margot Winch et son Sens de l'humour et Didier Nathan et son Nous les hommes vous attendent. De l'autre côté de la Saône, à l'Espace Gerson, Lucie Chochoy jouera Petit tracas et grande tragédie et Benoît Turjman Le voisin, tandis que Délit de grossesse sera également à l'affiche.

Au Rideau Rouge, la soirée commencera tôt, à 16h30, avec Couscous aux lardons suivi de À cause des garçons et Une très belle surprise de Kallagan. Tandis qu'au Boui Boui la soirée s'annonce dense avec six spectacles programmés : Moi beau et méchant de Jacques Henry Nader, Breton Futé de Félix le Braz, Y de Karim Duval, Véridique de Yann Guillarme, Dernière tournée de Jim et le collectif Le sexe pour les nuls.

Le nouveau Rikiki vous propose un Petit dîner entre amis, le Nombril du Monde programme Franchise obligatoire et Les experts du rire tandis que L'Improvidence concocte un réveillon spécial avec quatre spectacles.

Mais des soirées spéciales sont également organisées dans d'autres salles de spectacles, comme La lessive de l'année, pièce collective, à la Bourse du Travail ou le seul-en-scène de François Martinez, humoriste et magicien, au Méliès. Moustiques et noix de coco sera joué au Centre Laurent Bonnevay tandis que le Complexe de la Ficelle accueillera Faites l'amour, pas des gosses et Dans la peau de ma femme.

Mention spéciale à la programmation au Palais de la Mutualité - Salle Edouard Herriot qui propose les spectacles d'Élodie Arnould Future grande ? et de Thaïs Hymne à la joie : c'est notre coup de cœur.

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Thaïs Alessandrin : « avec ce film, on a mis de la conscience sur notre séparation »

Mon bébé | Enfant de la balle dont les deux parents sont cinéastes, Thaïs Alessandrin est à la fois l’inspiratrice et l’interprète principale du nouveau film de sa mère Lisa Azuelos. Un premier “premier rôle“ dont elle s’acquitte avec un beau naturel. Normal : c’est le sien. Rencontre.

Vincent Raymond | Mercredi 13 mars 2019

Thaïs Alessandrin : « avec ce film, on a mis de la conscience sur notre séparation »

Jade vous emprunte des traits personnels, notamment votre fascination pour Godard puisque vous rejouez l’ouverture du Mépris. Avez-vous cependant souhaité retrancher du scénario des éléments qui vous semblaient trop proches de vous ? Thaïs Alessandrin : Retranchés, non… Mais il y a une chose que j’aurais aimé davantage montrer : ma relation avec mon grand frère. On n’en montre qu’un aspect, alors qu’elle est beaucoup plus complète, plus intense et plus forte, du fait que l’on a peu d’écart. À part cela, il n’y a rien que j’aurais voulu changer. Quant à Godard, mais aussi tout le cinéma français des années 1960 jusqu’aux années 1980, ça a vraiment été une grande découverte pendant mon année de terminale. J’ai été émerveillée par ce monde, fascinée par les couleurs et les histoires de Godard en particulier dans Le Mépris. Faire ce clin d’œil à Godard et à Brigitte Bardot (pour qui j’éprouve également une grande admiration) était important pour moi. Je trouvais la scène assez drôle… Comment avez-vo

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Sandrine Kiberlain, les liens du sans : "Mon Bébé"

Comédie Dramatique | De Lisa Azuelos (Fr, 1h27) avec Sandrine Kiberlain, Thaïs Alessandrin, Victor Belmondo…

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Sandrine Kiberlain, les liens du sans :

Jade va passer le bac. Et ensuite ? Direction le Canada pour ses études. Comme elle est la dernière des trois enfants à quitter la maison, sa mère Héloïse commence à angoisser à l’idée de la séparation. Et de la solitude : Héloïse vit sans mec, et a de surcroît un père en petite forme… Il aura fallu à Lisa Azuelos une tentative d’éloignement d’elle-même (le faux-pas Dalida) pour se rapprocher au plus près de ses inspirations, et signer ce qui est sans doute son meilleur film. En cherchant à exorciser son propre “syndrome du nid vide“, la cinéaste a conçu un portrait de parent — pas seulement de mère ni de femme — dans lequel beaucoup pourront se retrouver : égarée dans l’incertitude du quotidien, redoutant le lendemain, son héroïne tente d’emmagasiner (avec son téléphone) le plus d’images d’un présent qu’elle sait volatil. Dans le même temps, elle est gagnée par une tendre mélancolie : des souvenirs de Jade petite se surimprimant par bouffées soudaines sur sa grande ado. Grâce à ces flash-back doucement intrusifs, contaminant le présent

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Pour rire, suivez la femme

Café-Théâtre | Tour d'horizon des grands et petits noms du rire s'arrêtant en ville ces prochains mois.

Sébastien Broquet | Mardi 5 septembre 2017

Pour rire, suivez la femme

C'est l'Espace Gerson, solide comme un roc, qui lance classiquement la saison humoristique par son festival à peine ébranlé par la concurrence : la cinquième édition est sur les rails, du 25 au 30 septembre, parrainée par Jacques Chambon qui ouvre le festival le lundi 25 et le mardi 26, avec La Vie est une fête. Humour noir, of course, au fil de notre existence remixée de bout en bout par ce maître de l'écriture humoristique. Les trois jours suivants, nous serons toujours dans la petite salle de la place Gerson pour assister aux plateaux découverte (neuf artistes, dont Anaïs Tampère, Hassen, Biscotte, Mélodie Fontaine...) qui vont concourir pour différents prix et la possibilité d'ouvrir le samedi, au Radiant-Bellevue, pour Alex Vizorek qui assure la clôture du festival. C'est belge, et ça parle même de Henri Bergson. Le philosophe, oui. Autre date du côté de Caluire, la veille : Max Bird et Alex Ramires. La suite du semestre à Gerson est foisonnante, et l'on note le retour de L'Ascension, la pièce conçue par Antoine Demor et Victor Rossi,

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Thaïs, pépite d'humour

Café-Théâtre | Elle est jeune, drôle et l’une des humoristes les plus douées de sa génération. Cinq soirs par semaine, sur la mini-scène du Boui-Boui, Thaïs déclame son Hymne à la joie avec verve et légèreté.

Julie Hainaut | Mardi 18 octobre 2016

Thaïs, pépite d'humour

Elle porte toujours un jean, un t-shirt noir un peu ample et des baskets qu’elle « use jusqu’à la semelle ». Elle a une voix qui porte, un débit kalachnikov (mais ultra-limpide) et un charme qui opère très vite. Dès les premières minutes, les spectateurs ont les yeux braqués sur cette petite boule d’énergie de 24 ans qui enchaîne avec dérision des scènes de galères du quotidien. Le ton est vif, les répliques piquantes et l’humour décapant. Thaïs prend des cuites, s’essaie aux sites de rencontre – mais refuse de mettre une photo duckface –, s’extirpe du lit d’un mec (moche) rencontré la veille et dont elle ne se rappelle même plus le prénom, n’aime pas aller chez sa gynéco et a déjà affronté le regard moralisateur de la pharmacienne – et des jeunes mamans en pénurie de lait maternel – à 6 heures du matin lorsqu’elle demande discrètement la pilule du lendemain. Elle alterne avec une facilité déconcertante voix suave (dans le métro face au contrôleur) et criarde (quand elle campe Gisèle, une mère célibataire de sept enfants qui témoigne de son quotidien dans Confessions Intimes). Chaque geste est précis, chaque parole est maîtr

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Le club des plus ou moins cinq

SCENES | Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Le club des plus ou moins cinq

Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des rencontres Sport, cinéma et littérature de l'Institut Lumière), ces images bercées de cantilènes funèbres, invraisemblables et bouleversantes, de coureurs livides et épuisés qui chutent et ne se relèvent pas, ou alors pour s'effondrer en pleurs dans les bras de spectateurs. Une immersion dans le Off du Festival d'Avignon provoque le même genre de malaise mêlé d'admiration, notamment vis-à-vis des méthodes de promotion dont usent les protagonistes de cette foire d'empoigne où le comédien est un homme-sandwich comme les autres. Celle du magnat en devenir Jocelyn Flipo est pour le moins futée : il a cette année décidé de mettre ses poulains en scène dans un même spectacle, à la fois pot-pourri de leurs très bons one-man-shows respectifs – le décomplexé et néanmoins introspectif Alex Ramirès est un grand garçon (retitré Alex Ramirès fait sa crise), les hén

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A cause des garçons

SCENES | Sous couvert d'une empoignade girly, notre collaborateur Christophe Chabert signe avec sa deuxième pièce, "Ventes privées", un cinglant examen du monde. Et offre à Alexandra Bialy et Thaïs Vauquières les rôles les plus décisifs de leur jeune carrière. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 13 mai 2014

A cause des garçons

«Un système de parenté est déjà une idéologie». L'affirmation est d'Emmanuel Todd et elle est une des deux clés de compréhension de cet impitoyable catfight rhétorique qu'est Ventes privées – à ce titre, on sait gré à son auteur et metteur en scène de conclure ses remerciements d'après représentation par un clin d’œil au plus iconoclaste des démographes français. L'autre est à chercher dans les écrits dont Christophe Chabert se fend chaque semaine pour Le Petit Bulletin depuis maintenant dix-sept ans, dans le souci de fluidité et de clarté dont il y charge la moindre tournure de phrase, le moindre choix de vocabulaire, la moindre référence. Ventes privées est chevillée par la même maniaquerie, tant dans ses dialogues (naturels, mordants et légèrement surannés) que dans sa narration (qui, au-delà de sa verve politique, réserve quelques twists pas piqués des hannetons) et sa scénographie (théâtrale au sens classique du terme). Il fallait bien cela pour rendre toute la noirceur et l'intensité de cette dispute au féminin, qui se vit comme on regarde une mèche d'explosif se consumer : avec autant d'appréhension

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Un rédacteur du PB au Boui Boui

SCENES | Les blondinettes à tablier ne sont pas les seules à savoir traverser les miroirs. C'est aussi le cas des rédacteurs du Petit Bulletin. Ainsi de Christophe (...)

Benjamin Mialot | Lundi 5 mai 2014

Un rédacteur du PB au Boui Boui

Les blondinettes à tablier ne sont pas les seules à savoir traverser les miroirs. C'est aussi le cas des rédacteurs du Petit Bulletin. Ainsi de Christophe Chabert qui, lorsqu'il ne dissèque pas l'actualité cinématographique dans les pages du journal, met en scène des pièces qui sentent bon le vitriol. La prochaine sera donnée au Boui Boui à partir de demain et jusqu'à la fin du mois et s’intitule Ventes privées, ou les petits brouilles et gros règlements de compte de deux copines de lycée (les délicieuses Alexandra Bialy et Thaïs Vauquières, récemment à l'affiche du "Trash" de Jocelyn Flipo) que le capitalisme a dressé l'une contre l'autre. Infos et réservations : http://www.billetreduc.com/110371/evt.htm https://www.facebook.com/pages/Ventes-Privées/619099941506352?ref=br_tf

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Des rotatives aux planches

SCENES | «La critique est aisée, mais l'art est difficile». Au Petit Bulletin, nous avons évidemment peu de sympathie pour ce dicton et son auteur, l'oubliable (et (...)

Benjamin Mialot | Mardi 29 avril 2014

Des rotatives aux planches

«La critique est aisée, mais l'art est difficile». Au Petit Bulletin, nous avons évidemment peu de sympathie pour ce dicton et son auteur, l'oubliable (et oublié) dramaturge Philippe "Destouches" Néricault. Deux membres du journal l'ont toutefois pris au pied de la lettre : Christophe Chabert et Christian Jeulin. Le premier, critique cinéma de son état, s'est essayé à la mise en scène l'an passé avec Effraction, drôle de huis clos criminel qui sous son atmosphère électrique planquait un discours acéré sur les rapports de domination. Il récidive du 6 au 31 mai au Boui Boui avec Ventes privées, ou les petites mésententes et grosses querelles de copines de lycée devenues antagonistes sociaux, incarnées par les charmantes et épatantes Alexandra Bialy et Thaïs Vauquières. Le second, head honcho de notre service commercial, mène de son côté une belle petite carrière de comédien sous la direction de Meissoune Majri-Pégeot. Après Variations sur M., qui revisitait sur un mode chic et décadent L'Homme à tête de chou de Gainsbourg, il sera cette saison à l'affiche de Canicule du 13

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Trash ? Yeah yeah !

SCENES | Un casting cinq étoiles et une mise en scène pluridisciplinaire au service de la quête amoureuse d'une superstar du porno : Jocelyn Flipo signe avec "Trash" sa comédie romantique la plus ambitieuse et la plus aboutie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Trash ? Yeah yeah !

Comme tout metteur en scène dont le talent est proportionnel à l'obsession avec laquelle il réinterroge œuvre après œuvre les thèmes qui lui sont chers, Jocelyn Flipo a son comédien fétiche. En l'occurrence Alex Ramirès, pour lequel il a imaginé, après le rêveur avenant de Dans ta bulle et le minet qui se découvre un don pour la peinture de Loving Out, un troisième rôle à la mesure de son élasticité et de son hypersensibilité : celui d'un pornographe amateur bien décidé à faire vaciller l'empire d'un magnat du cinéma pour adultes, personnage que le Serial lover devenu «grand garçon» interprète avec un aplomb écrasant. Ce qui, compte tenu du prestige et de l'harmonie du reste du casting, d'un Yann Guillarme irrésistible de bagou en producteur passif-agressif obnubilé par la rentabilité de ses films – au point d'ignorer le manque d'affection que cachent les provocations de sa fille, interprétée par la prometteuse Delphine Leputh – à une Ségolène Stock confondante de vraisemblance en hardeuse en bout de course, n'est pas peu dire. Il n'y a pas de rapport sexuel Ce n'est toutefois pas l'amour que Flipo porte à ses comédiens qui est au cœur de

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