5 spectacles de danse à ne pas rater cette saison

Danse | Cinq rendez-vous chorégraphiques à ne pas rater ces prochains mois… De la rétrospective concoctée en images de et par Jérôme Bel au spectacle limite de Sciarroni, en passant par les fantasmagories de Peeping Tom.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 28 septembre 2020

Triptyque Kylián

Élégance, virtuosité, néoclassocisme : ces trois mots clefs pourraient définir l'œuvre gigantesque du chorégraphe tchèque Jiří Kylián. Pas moins de dix-sept de ses pièces sont inscrites au répertoire du Ballet de l'Opéra. Trois d'entre elles constitueront le programme du Ballet en novembre : Bella Figura et ses images théâtrales explorant la représentation scénique, l'aérienne Wings og Wax autour du mythe d'Icare, et Gods and Dogs où huit danseurs oscillent entre des pôles contraires, entre folie et normalité, maladie et santé, humanité et animalité…

Jiří Kylián
À l'Opéra du jeudi 12 au dimanche 15 novembre


Jérôme Bel, en images et en texte

« Rétrospective met en scène mes principales obsessions comme le corps, la culture, le langage, le pouvoir, la vulnérabilité et l'émancipation » dit de sa dernière pièce l'enfant terrible de la danse française Jérôme Bel. Une pièce qui est en l'occurrence un film d'une heure vingt où le chorégraphe a monté plusieurs séquences emblématiques de ses 25 années de carrière. En bonus, Jérôme Bel lira sur scène la Conférence sur rien du compositeur John Cage dont il est un grand admirateur. Une méditation datant de 1949 sur la musique, la poésie, la politique et la philosophie.

Jérôme Bel, Rétrospective / Conférence sur rien
À la Maison de la Danse le lundi 16 novembre


Ruban de Möbius

Pur déploiement poétique et virtuose des possibilités de l'acrobatie aérienne, incroyable émanation d'une énergie collective : il y a quatre ans, la pièce Il n'est pas encore minuit de la compagnie circassienne XY nous avait stupéfiés. Nous serons très heureux de retrouver les dix-neuf acrobates avec une nouvelle création, en collaboration avec le chorégraphe Rachid Ouramdane. En topologie, une bande de Möbius est un ruban qui ne possède... qu'une seule face ! Cela promet bien des configurations aériennes et insensées sur scène.

Compagnie XY Möbius
À la Maison de la Danse ​du mercredi 9 au samedi 12 décembre


L'enfant de Peeping Tom

Dans une grande et sombre forêt, une fillette déambule à bicyclette et découvre ses peurs, ses désirs, ses fantasmes. Dernier volet d'une trilogie, la pièce Kind de la compagnie belge Peeping Tom entremêle à nouveau la danse, le théâtre, la musique (de Kurt Cobain à Haendel !) et des inspirations cinématographiques. Pour un voyage initiatique et une nouvelle plongée parmi les métamorphoses et les dérives de l'identité humaine.

Peeping Tom, Kind
À la Maison de la Danse ​les mardi 12 et mercredi 13 janvier


L'extrême Sciarroni

Performeur autant que chorégraphe, l'artiste italien Alessandro Sciarroni aime à titiller les limites du corps humain, voire à le pousser à ses extrêmes limites. Il transmettra au Ballet de l'Opéra l'une de ses pièces les plus folles : Folk-s pour six interprètes engagés dans un grande boucle répétitive, à base de danses folkloriques tyroliennes (!) et de percussions (frappes des pieds et des mains). Et ce jusqu'à… épuisement.

Alessandro Sciarroni et le Ballet de l'Opéra, Folk-s
Au Toboggan à Décines ​du jeudi 4 au samedi 6 février

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Peeping Tom et Maguy Marin ouvrent la Biennale

Biennale de la Danse | La Biennale de la Danse débute, mardi prochain, avec deux chocs chorégraphiques : Maguy Marin et Peeping Tom.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 septembre 2018

Peeping Tom et Maguy Marin ouvrent la Biennale

« La danse, et par conséquent le théâtre, n'ont pas encore commencé à exister » écrivait en 1948 Antonin Artaud dans le Théâtre de la cruauté. Cette phrase pourrait nous servir de grigri avant de se lancer dans une nouvelle Biennale de la Danse, avec l'espoir, à chaque édition, d'y être bouleversé, chamboulé dans ses repères artistiques, désorienté... Le cru 2018 s'annonce sous les meilleurs auspices, et, surtout, commence fortissimo avec une nouvelle création de Maguy Marin (Ligne de crête), et la venue à Lyon du collectif bruxellois Peeping Tom pour transmettre au Ballet de l'Opéra l'une de ses pièces phares, 32 rue Vanderbranken (rebaptisée 31 rue Vanderbranken pour l'occasion). On connaissait les affinités de Peeping Tom avec le cinéma en général, et celui de David Lynch en particulier, mais cette pièce-ci est inspirée de Kurosawa et de La Ballade de Narayama, où une vieille dame est contrainte de s'isoler dans une montagne. L'exploration de l'intime (par dix-neuf interp

Continuer à lire

Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

Biennale de la Danse | La programmation de la prochaine Biennale de la Danse a été dévoilée cette semaine, et réunit, a priori, tous les ingrédients d'une édition réussie : risquée, créative, pluridisciplinaire.

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 10 juin 2018

Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

À deux exceptions japonaises près, la Biennale de la Danse 2018 est une Biennale européenne. Elle s'annonce donc moins exotique qu'à l'accoutumée, mais plus exigeante artistiquement, et plus aventureuse dans ses formes d'expression... L'un des fils rouges de cette édition est celui des liens entre la danse et les images, images issues des nouvelles technologies notamment. Ce fil rouge ira, par exemple, de l'utilisation par Merce Cunningham (1919-2009) du logiciel informatique DanceForms (mouvements et enchaînements générés par ordinateur) pour sa pièce Biped, à des créations s'étayant sur la réalité virtuelle par le chorégraphe suisse Gilles Jobin ou par le poète circassien Yoann Bourgeois (artiste très présent dans cette Biennale avec trois spectacles). 27 créations et premières Parmi les 42 spectacles programmés en salles, on compte 27 créations et premières françaises qui constituent le cœur de cette Biennale et, bien souvent, celui de nos attentes... Maguy Marin cré

Continuer à lire

Les mères de Peeping Tom

Danse | « Moeder ne parle pas d’une mère, mais de plusieurs mères. On parle de la maternité, de l’absence, du manque. La pièce fouille dans la mémoire et (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 septembre 2017

Les mères de Peeping Tom

« Moeder ne parle pas d’une mère, mais de plusieurs mères. On parle de la maternité, de l’absence, du manque. La pièce fouille dans la mémoire et dans le subconscient pour mettre à jour ce que la mère porte comme désirs, peurs, souffrances ou violence » explique Gabriela Carrizo, dont ce sera la troisième visite à Lyon avec sa compagnie Peeping Tom, qu'elle a fondée à Bruxelles en 2000 avec son complice Franck Chartier, dans la foulée de Caravana, une première pièce commune créée l'année précédente. Dans le dossier de présentation de cette œuvre créée en 2016 et présentée à la Maison de la Danse, elle explique : « je voulais un décor qui puisse représenter plusieurs espaces, à l’image de la multiplicité des mères. L’action se déroule dans un musée, mais qui peut aussi être vu comme un lieu d’exposition privé, où seraient exposés des tableaux et des photos de famille. » Elle est née en 1970 en Argentine et, après une formation en danse contemporaine, a émigré en

Continuer à lire

Bel et Buffard, les enfants terribles de la danse contemporaine

Non Danse | Une carte blanche donnée à Jérôme Bel, une reprise-hommage d'un chef-d’œuvre de Alain Buffard : la saison danse s'ouvre avec les plus exigeants et les plus talentueux des chorégraphes français. Retour sur deux figures dites de la non danse, qui sont d'abord et surtout deux artistes du corps et de la pensée en mouvement.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 septembre 2017

Bel et Buffard, les enfants terribles de la danse contemporaine

Le 21 décembre 2013, le chorégraphe Alain Buffard disparaissait sans que cela ne fasse la Une des journaux (mais pas dans l'indifférence totale de la presse pour autant). Pour les amoureux de la danse, pour les Lyonnais en particulier, c'est toute une série de souvenirs qui ont défilé ce jour-là, sur l'écran de nos mémoires : ceux de pièces atypiques, dérangeantes, expérimentales, pas toujours entièrement convaincantes, découvertes pour la plupart sur une petite ou une grande scène des Subsistances... Et, foudroyant et intact, s'est levé aussi le souvenir d'une pièce à part d'Alain Buffard, une fulgurance de noirceur et de travail complexe sur les ambiguïtés de la mémoire justement : Les Inconsolés, créée en 2005 aux Subsistances. Pièce résonant musicalement à nos oreilles de la superbe reprise du Roi des Aulnes de Goethe-Schubert par le chanteur travesti de cabaret Georgette Dee : « Mon fils, pourquoi caches-tu avec tant d'effroi ton visage ? / Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ? / Le Roi des Aulnes avec sa traîne et sa couronne ? / Mon fils, c'est un banc de brouillard.

Continuer à lire

Les immanquables de la saison danse

Sélection | Cinq spectacles pour lesquels la réservation se fait sans hésitation.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 septembre 2017

Les immanquables de la saison danse

Le lynchien : Moeder de Peeping Tom Après Vader ("le père"), la surprenante compagnie flamande Peeping Tom présente Moeder, deuxième volet de la trilogie Père-mère-enfant. Cette nouvelle pièce, toujours très inspirée par l'esthétique cinématographique et le vacillement entre rêve et réalité de David Lynch, nous entraînera dans des lieux aussi différents qu’un service de maternité, un salon funéraire, un musée ou un studio d’enregistrement ! À la Maison de la Danse les 13 et 14 septembre L'associé : East Shadow de Jiří Kylián Le grand chorégraphe tchèque, Jiří Kylián (artiste associé au Ballet de l'Opéra) présente aux Subsistances un duo récent, créé en hommage aux victimes japonaises du tremblement de terre de 2011. Autour d'une table, à l'aube de la vieillesse, deux interprètes tentent de parer au désastre (intime et extime) sur des airs de Schubert et un texte lu de Samuel Beckett (Neither)... Aux Subsistances ​du 27 au 29 septembre Le populaire :

Continuer à lire

Jérôme Bel fait valser les codes de la danse

Maison de la Danse | Apparu sur les scènes françaises au milieu des années 1990, le chorégraphe Jérôme Bel (né en 1964) devient immédiatement un trouble-fête, déconstruisant et décortiquant (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 novembre 2016

Jérôme Bel fait valser les codes de la danse

Apparu sur les scènes françaises au milieu des années 1990, le chorégraphe Jérôme Bel (né en 1964) devient immédiatement un trouble-fête, déconstruisant et décortiquant les codes de la danse et du spectacle, avec sens critique et sens de l'humour. Son grand œuvre, The Show must go on, créé en 2001, fera le tour de la planète, avec pour seule boussole cette question : « Pourquoi, à l'heure d'Internet et d'Hollywood, ça continue quand même le spectacle vivant, qu'est-ce qu'on fait là tous les deux (le performeur et le spectateur), qu'est-ce qui est en jeu dans cet espace-temps singulier, qu'est ce que cette co-présence vivante qu'on ne trouvera nulle part ailleurs ? » répondait-il dans un entretien au Petit Bulletin en 2007. Sa dernière création, Gala, s'inscrit dans le même sillage, entremêlant danseurs professionnels et danseurs amateurs recrutés sur Lyon. Mais ici Jérôme Bel interroge moins les standards

Continuer à lire

Chronique d'une Biennale : théories du chaos

Biennale de la Danse | La Biennale de la Danse débute sous de bons auspices : ceux de chorégraphes, comme Galvan, brisant toutes les règles pour toucher à ces forces contradictoires qui nous déchirent intérieurement.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 septembre 2016

Chronique d'une Biennale : théories du chaos

Partons d'une idée simple : pour créer, l'artiste (plasticien, chorégraphe, écrivain...), affronte souvent un chaos de forces contradictoires, un point limite où les images se déchirent, où les corps se disloquent, où les mots s’effritent dans le non sens... Ou, pour le dire avec Georges Bataille, « L'art est moins l'harmonie que le passage (ou le retour) de l'harmonie à la dissonance. » Dans le titre même du dernier spectacle de l'Espagnol Israel Galvan, on perçoit cette dissonance ou cette dislocation : FLA.CO.MEN. Le flamenco (dont il fut un danseur traditionnel surdoué) s'éparpille, se disloque et Galvan, en compagnie de quelques musiciens sur scène, ne cesse d'affronter un certain chaos de sons ou de mouvements, de chercher des points de rupture : avec les codes du flamenco, avec les codes du spectacle vivant, avec l'idée même d'identité d'un soi unifié. Tournis « Galvan, écrit

Continuer à lire

La saison danse 2016-2017 en un clin d'oeil

La Saison de la Danse | Même si les jeunes chorégraphes ont encore du mal à se faire une place à l'ombre de leurs aînés, la saison danse 2016-2017 s'annonce ouverte, riche et diverse. La fraîcheur des idées n'y sera pas forcément fonction de l'âge du capitaine...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

La saison danse 2016-2017 en un clin d'oeil

Directrice de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse, Dominique Hervieu répète à l'envi et avec courage en ces temps de budgets culturels en berne, sa volonté d'accompagner et de stimuler la création chorégraphique. Un nouveau lieu est en cours d'élaboration et de réfection dans l'enceinte de l'ancien Musée Guimet... Reste qu'en jetant un regard rapide sur sa programmation et sur celles de ses confrères, on ne peut s'empêcher d'avoir un sentiment de déjà vu, voire de réchauffé. C'est par exemple "l'archipel" de la Maison de la Danse consacré à Angelin Preljocaj, qui depuis plusieurs années se consacre davantage à l'esthétisme clinquant qu'à l'innovation. C'est la compagnie japonaise Sankai Juku qui viendra fêter ses quarante d'ans d'existence à la Maison de la Danse, alors qu'elle n'est plus que l'ombre de l'ombre d'elle-même, et plombe ce genre fascinant qu'est le

Continuer à lire

Peeping Tom : la danse des âmes fêlées

SCENES | Vader de l'étonnante compagnie Peeping Tom ouvre la nouvelle édition du Festival Sens Dessus Dessous, consacré aux formes chorégraphiques singulières et aux chorégraphes émergents.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 mars 2016

Peeping Tom : la danse des âmes fêlées

Quand l'âme humaine est malade ou fêlée, pour en faire le diagnostic comme pour tenter de la soigner, il est bon de la laisser s'exprimer à travers tous ses modes d'expression possibles, semble nous dire la compagnie franco-belge Peeping Tom. Concomitamment, ou successivement : par l'image (théâtrale, cinématographique ou encore surréaliste), par la parole dramatique, le chant et la musique, le mouvement et la danse. Vader (premier volet d'une trilogie sur la famille : Père-Mère-Enfants) nous plonge dans la grande salle des pas perdus d'une maison de retraite. Un espace à priori peu glamour que Peeping Tom met en scène comme une sorte de purgatoire, de limbes Lynchiennes, entre la vie et la mort, la fête et le désespoir. Un fils y traîne littéralement, en début de spectacle, son vieux père qui deviendra dans ces lieux une figure de "patriarche" : tour à tour mythique, moqué, divin, ridicule... Entre rêve et réalité Est-il un être d'exception ou un être délirant ? « La pièce joue sur ce fossé grandissant entre la perception et la réalité dans le corps en déclin et le cerveau sénile. Le temps semble rale

Continuer à lire

Rentrée danse 2016 : on the beat

SCENES | Après un bel automne, la saison danse accélère encore le rythme en 2016 et s'ouvre avec le nouveau festival des Subsistances, Le Moi de la Danse, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée danse 2016 : on the beat

Après un bel automne, la saison danse accélère encore le rythme en 2016 et s'ouvre avec le nouveau festival des Subsistances, Le Moi de la Danse, du 14 janvier au 7 février. L'événement questionnera la notion d'identité à travers les œuvres de jeunes chorégraphes : le Lyonnais Alexandre Roccoli, le Portugais Marco Da Silva Ferreira, les inclassables Cecilia Bengolea & François Chaignaud... Maguy Marin viendra aussi y donner une conférence avant de reprendre à Lyon plusieurs de ses pièces : son chef-d'oeuvre May B autour de l'univers de Beckett (du 29 février au 2 mars à la Maison de la Danse), Umwelt (du 3 au 6 février à Ramdam), l'intrigant Singspiele (au TNP du 16 au 24 mars) et sa dernière grande création Bit (au Toboggan les 4 et 5 mars). Du côté des festivals "habituels", on retrouvera Sens Dessus Dessous à la Maison de la Danse du 15 au 19 mars avec une multitude de chorégraphes émergents et une compagnie phare (les Franco-Belges de Peeping Tom qui, avec Vader, nous plongent dans l'ambiance mi-réelle mi-onirique d'une maison de retraite) ; Chaos Danse, consacré à la je

Continuer à lire

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

Continuer à lire

Avignon - Jout 6 - Gloire au spectacle vivant !

SCENES | "Cour d’honneur" et "Place du marché 76"

Benjamin Mialot | Vendredi 19 juillet 2013

Avignon - Jout 6 - Gloire au spectacle vivant !

On écrit souvent tout le bien que l’on pense du travail de Jérôme Bel, chorégraphe atypique de la scène française, adepte notamment d’une forme proche du spectacle-documentaire. Au fil des ans, l'instigateur du hit The Show Must Go On a ainsi construit diverses créations pensées autour de la figure d’un danseur – Véronique Doisneau du Ballet de l’Opéra de Paris, Cédric Andrieux de la compagnie Merce Cunningham... Un danseur qui donne son nom au spectacle et qui, sur scène, évoque sa vie tant personnelle que professionnelle, notamment en rejouant des extraits des pièces auxquelles il a participé – ce qui permet à Jérôme Bel d’affirmer crânement n’avoir jamais écrit un seul pas de danse.Suivant toujours cette logique et désirant imaginer un spectacle sur «la mémoire d’un lieu, d’un théâtre», Jérôme Bel a conçu Cour d’honneur : oui, car quel plus beau théâtre que la Cour d’honneur du Palais des papes, place centrale et majestueuse de l’incontournable Festival d’Avignon ? Pour évoquer cette mémoire, après plusieurs pistes de réflexion (il voulait d’abord interroger tous ceux qui travaillent dans le lieu), Bel a fait appel au

Continuer à lire

La saison des grands écarts

SCENES | Pour sa première saison à la tête de la Maison de la danse, Dominique Hervieu inaugure deux événements originaux tout en exécutant une sorte de grand écart. Grand (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 4 janvier 2013

La saison des grands écarts

Pour sa première saison à la tête de la Maison de la danse, Dominique Hervieu inaugure deux événements originaux tout en exécutant une sorte de grand écart. Grand écart entre un festival (Le Boom des années 1980) consacré à des figures historiques de la danse, et un autre consacré à une poignée de chorégraphes émergents (Sens dessus dessous du 24 au 27 mai), dont une nouvelle vague rock’n’roll venue du Québec (Frédérick Gravel). Entre-temps, on attend beaucoup de Luc Petton et de son Lac des cygnes (Swan, du 7 au 10 février) exécuté avec de vrais volatiles, du retour de la toujours époustouflante troupe néerlandaise du NDT2, et du spectacle inclassable du collectif bruxellois Peeping Tom, A louer (du 19 au 22 février) : une pièce hantée d’âmes perdues et à l’onirisme cinématographique, croisant danse, théâtre et chant ! Même grand écart de programmation à l’Opéra qui passera allégrement d’un focus alléchant sur l’américaine Trisha Brown (avec des pièces interprétées par sa propre compagnie et d’autres par le Ballet de l’Opéra, du 9 au 17 févrie

Continuer à lire

Corps et têtes brûlés

SCENES | À lier / La danse c'est aussi quelques chorégraphes barrés qui tordent et remuent le corps en tous sens pour mieux dégoupiller l'âme. Passage en revue de nos têtes brûlées de prédilection. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 12 septembre 2007

Corps et têtes brûlés

Le chorégraphe le plus cinglé et casse-cou de la scène contemporaine est belge et se nomme Wim Vandekeybus. Courses effrénées de danseurs-amoks, lancers de javelots sur le plateau, constructions de briques pulvérisées en poudres fiévreuses, portés à l'arrache (où les filles soulèvent les mecs comme des poids plumes), prises de risques inconsidérés, percussions des interprètes comme des crash-tests : c'est peu dire de la danse de Vandekeybus qu'elle est physique, énergique, sulfureuse, indispensable. Elle vous claque au visage comme une explosion de muscles, et secouera la Maison de la Danse à l'occasion de la présentation de Spiegel (du 25 au 27 mars), une sorte de compilation de vingt années de créations signées Vandekeybus... Autre enfant terrible de la danse, au tempo plus apaisé mais aux créations tout aussi iconoclastes : Jérôme Bel. L'ancien assistant de Decoufflé pour la cérémonie des Jeux Olympiques de 1992 et l'ex-danseur de Preljocaj ou Daniel Larrieu, prend un malin plaisir à déboulonner les us et coutumes de la danse contemporaine pour en renouveler de fond en comble les formes. Danse en tubes, chimie d'émotionsÀ la poubelle donc virtuosité, technique, hiér

Continuer à lire

La danse, à chaud

MUSIQUES | Portrait / Jérôme Bel transmet The Show must go on aux danseurs du Ballet de l'Opéra. Décryptage d'une pièce mythique avec son créateur, génie «sans qualités». Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 26 septembre 2007

La danse, à chaud

Résumons la situation : The Show must go on est une pièce-ovni, à la fois énorme et dérisoire, fulgurante et désinvolte, insufflant à la danse, à ceux qui la font comme à ceux qui la regardent, une folle bouffée d'oxygène. D'ailleurs, chez Jérôme Bel, la frontière est définitivement brisée : interprètes et public s'en vont danser, yeux dans les yeux, sur une sorte de grand plan horizontal, anonyme, libre, insensé, émouvant. Oui, répétons-le, un grand plan d'immanence avec ses zones de turbulences, ses devenirs en zigzags, ses trous noirs ou jaunes, ses pics d'intensités passant du coq à l'âne, ses petits moments un peu mornes et moches, ses grandes solitudes, ses déceptions, ses rédemptions douces, son flux sans esbroufe qui, envers et contre tout, continue, ne s'éteint jamais, ici et maintenant, dans une salle de spectacle, «avec des gens dans le noir qui regardent des gens dans la lumière». N'en révélons pas trop : vous verrez et entendrez les vingt-huit danseurs du Ballet de l'Opéra en tenue de tous les jours, technique et virtuosité laissées au vestiaire, des tubes universels (Beatles, Bowie, Piaf, Police, Paul Simon, Lionel Richie...) passés par un Dj et illustrés mot à mot pa

Continuer à lire