Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Danse | Repoussée, remodelée, raccourcie, la 19e Biennale de la Danse aura cependant bien lieu. Et c’est avec une certaine joie que nous vous en présentons les grands axes et quelques spectacles à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 mai 2021

Photo : Transverse Orientation / Dimitris Papaioannou © Julian Mommert 2021


Réduite à quinze jours, la 19e Biennale de la Danse n'en reste pas moins foisonnante dans sa programmation, avec vingt-eux créations et une quarantaine de compagnies internationales invitées ! Nouveauté remarquable, la Biennale propose cette année aux anciennes usines Fagor ("L'expérience Fagor" du 8 au 16 juin) une multitudes de pièces ou formes expérimentales gratuites, ouvrant la danse contemporaine à un public possiblement plus large, et sans pour autant lésiner sur la qualité des intervenants : le chorégraphe français Noé Soulier, deux anciens danseurs de William Forsythe, Brigel Gjoka et Rauf Yasit, le Collectif Es…

Pour le reste, l'ADN de la Biennale demeure le même : un savant mélange des genres chorégraphiques, et de grandes pointures et de chorégraphes moins connus… Même si, période oblige, certains créations phares ont été annulées comme Le Lac des cygnes d'Angelin Preljocaj (mais il sera présenté cet automne à la Maison de la Danse).

Le défilé associé à la Biennale, sous les couleurs de l'Afrique (comme une partie de la programmation) aura lieu, quant à lui, exceptionnellement au Théâtre Antique de Fourvière, et sera accessible au public à la télévision sur France 3.

Ne loupez pas Robyn Orlin

Parmi les spectacles très attendus, citons pêle-mêle : la création de la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin en dialogue avec la chanteuse Camille, le retour du hongrois Josef Nadj pour une nouvelle pièce, la reprise de Les hauts plateaux par notre circassien préféré Mathurin Bolze, et la pièce entremêlant les talents de la compagnie (La)Horde, du musicien Rone et des danseurs du Ballet National de Marseille… Et même si, nous avions été déçus par le maniérisme et les boursouflures de The Great Tamer, nous redonnerons une chance à la star grecque Dimitris Papaioannou pour une création inédite.

Pour ceux qui aiment à prendre quelques risques artistiques et sortir de leurs zones de confort, nous attirons l'attention sur la pièce autour de l'idée du mal signée par la cap-verdienne Marlene Monteiro Freitas, la création d'Olivier Dubois qui passe de la marche hypnotique de Tragédie à un univers plus égyptien, ou les deux pièces du jeune chorégraphe suisse Iaonnis Mandafonis. Enfin, last but not least, Yuval Pick poursuit dans Vocabulary of need son dialogue entre danse et musique, cette fois-ci avec une partition de Bach.

Biennale de la Danse
À Lyon du mardi 1er au mercredi 16 juin

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Yuval Pick, prolongé au CCN de Rillieux-la-Pape

Danse | Nommé à la tête du Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape en 2011, Yuval Pick a vu son mandat prolongé jusqu’en 2024. Pour une double (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 septembre 2021

Yuval Pick, prolongé au CCN de Rillieux-la-Pape

Nommé à la tête du Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape en 2011, Yuval Pick a vu son mandat prolongé jusqu’en 2024. Pour une double raison : la crise sanitaire bien sûr, mais aussi un bâtiment du CCN toujours fermé après l’incendie de la fin 2017 (les danseurs travaillent provisoirement au Studio Velette à Rillieux). Actuellement, le chorégraphe travaille sur sa nouvelle création FutureNow, et le CCN lance un nouveau programme dit YuPi, destiné à l’insertion professionnelle et à l’aide à la création de jeunes danseurs. Quelques dates de spectacles de Yuval Pick à retenir aussi cette saison : Pazaz ce 19 septembre à la Chapelle de la Bussière à Rilleux, Hydre au Musée des Confluences le 23 octobre, et une création pour le Ballet de l’Opéra qui sera présentée au Toboggan du 3 au 5 mars.

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Cocotte, un festival de danse et de musique à Rillieux-la-Pape

Danse | Le temps d’une après-midi et d’une soirée, le festival Cocotte propose plusieurs spectacles de danse, de la musique et des événements festifs dans le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 23 juin 2021

Cocotte, un festival de danse et de musique à Rillieux-la-Pape

Le temps d’une après-midi et d’une soirée, le festival Cocotte propose plusieurs spectacles de danse, de la musique et des événements festifs dans le quartier de la Vellette à Rillieux-la-Pape. La plupart gratuits et dans l’espace public. Deux autres en salle et (modestement) payants : Love me tender de la chorégraphe Léa Tirabasso, Délices de Aina Alegre. Le festival est propulsé par le Centre Chogrégraphique National de Rillieux dirigé par Yuval Pick, et l’un de ses danseurs permanents, Thibault Desaules, présentera son projet Brasero, pièce participative et coopérative avec trente danseurs amateurs. Festival Cocotte À Rillieux-la-Pape le ​samedi 3 juillet

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Biennale de la Danse : Olivier Dubois, montée de sève

Danse | Après Tragédie et Auguri, Olivier Dubois revient à la Biennale de la Danse avec une création intitulée Itmahrag. Un cri, des voix et des corps de la jeunesse, venus d’Égypte.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 mai 2021

Biennale de la Danse : Olivier Dubois, montée de sève

En 2012, le chorégraphe Olivier Dubois marque les esprits au Festival d'Avignon puis à Lyon, avec Tragédie. Dix-huit danseurs y marchent nus dans la pénombre, selon des règles précises, formant peu à peu un chœur hypnotique tragiquement humain. Pièce radicale, Tragédie s’inscrit aussi dans ce retour aux sources récurrent que le chorégraphe opère vers les origines de la danse : le rite, le chœur, le rythme, le corps, la transe… Quatre ans plus tard, les courses circulaires des vingt-quatre danseurs d’Auguri (présenté pour la première fois en France à la Biennale de Lyon en 2016) poursuivaient dans cette veine, battant au rythme des fondamentaux de la danse et du mouvement. Il y aura ensuite De l’origine, le solo autobiographique Pour sortir du jour et Tropismes… Mais creuser et retravailler les racines de la danse n’a j

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Yuval Pick en latin

Danse | Il est amusant d'observer que le chorégraphe Yuval Pick reprenne cette semaine l'une de ses meilleures pièces (Acta est fabula, 2018), juste avant (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 octobre 2019

Yuval Pick en latin

Il est amusant d'observer que le chorégraphe Yuval Pick reprenne cette semaine l'une de ses meilleures pièces (Acta est fabula, 2018), juste avant l'ouverture du Festival Lumière, qui a pour tête d'affiche le réalisateur d'Apocalypse Now, Francis Ford Coppola. A priori, rien à voir entre la pièce dépouillée de l'un et le film exubérant de l'autre. Mais, si l'on admet que la remontée du fleuve du capitaine Willard est aussi une remontée dans le temps historique, et même vers ce qu'il y a de plus archaïque et primitif chez l'être humain, alors Yuval Pick n'est plus si loin de Coppola. Acta est fabula est une avancée-remontée vers l'archaïque à travers des éclats de gestes ou des éclats de voix, des réminiscences de musiques quasi tribales (les coups de reins vocaux de Prince, des rythmes de techno...), le grotesque d'une grimace ou l'angoisse d'un cri muet... Soit une saccade de séquences qui creusent, par la danse (avec quelques détours vers le thé

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Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

Danse | La Maison de la Danse fêtera en 2020 ses quarante ans d'existence. Et propose dès cet automne une saison pour le moins alléchante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 mai 2019

Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

La quarantième saison de la Maison de la Danse a du panache : toujours ouverte aux divers courants de la création chorégraphique (nouveau cirque, hip-hop, classique, contemporain...), et riche en grandes figures de la danse contemporaine (Anne Teresa de Keersmaeker, Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Kahn, Jean-Claude Gallotta...). On y décèle, aussi, avec joie, une certaine veine lyrique avec la chorégraphie de l'album mythique de John Coltrane, A Love Supreme, signée par Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis (du 1er au 3 octobre). Une pièce d'une grande précision et qui laisse aussi à ses quatre interprètes une part d'improvisation, en écho au free jazz de Coltrane. Le Ballet de Montréal et trois chorégraphes s'emparent quant à eux du répertoire de Leonard Cohen à travers la danse virtuose de quinze interprètes (du 5 au 13 novembre). Enfin, cerise ou légume sur le gâteau lyrique : Gallotta reprend, dix ans après sa création, L'Homme à tête de ch

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Beauté, matin, midi et soir

Colloque | Faire se croiser arts, sciences et soins, telle est l'ambition roborative de l'association L’Invitation à la beauté. Elle propose cette semaine deux journées de rencontres et de spectacles autour de ce thème.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 janvier 2019

Beauté, matin, midi et soir

De la catharsis (purification) grecque à l’art-thérapie contemporaine, les liens entre création et santé ont depuis longtemps été défrichés en tous sens, et même parfois en sens contraires... L'association L'Invitation à la beauté, co-présidée par le neurologue toulonnais Pierre Lemarquis et par la psychologue lyonnaise Laure Mayoud, relance le débat et les investigations transdisciplinaires sur les fonctions préventives et curatives de « la rencontre avec la beauté ». Le terme de "beauté", bien sûr, ne va pas sans poser quelques (lourds) problèmes esthétiques et philosophiques, et le concept clef de Pierre Lemarquis « d'empathie esthétique » demeure à nos yeux un peu fruste : la confrontation à une œuvre (tableau, musique, pièce de danse...) induit en l'humain une certaine activité cérébrale d'obédience mimétique (via notamment les fameux neurones miroirs), ainsi que la sécrétion de substances chimiques plutôt sympathiques (dopamine, sérotonine, endorphines...). Dit autrement, le cerveau du spectateur fonctionne, et ce plutôt dans le bon sen

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Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

Biennale de la Danse | La programmation de la prochaine Biennale de la Danse a été dévoilée cette semaine, et réunit, a priori, tous les ingrédients d'une édition réussie : risquée, créative, pluridisciplinaire.

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 10 juin 2018

Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

À deux exceptions japonaises près, la Biennale de la Danse 2018 est une Biennale européenne. Elle s'annonce donc moins exotique qu'à l'accoutumée, mais plus exigeante artistiquement, et plus aventureuse dans ses formes d'expression... L'un des fils rouges de cette édition est celui des liens entre la danse et les images, images issues des nouvelles technologies notamment. Ce fil rouge ira, par exemple, de l'utilisation par Merce Cunningham (1919-2009) du logiciel informatique DanceForms (mouvements et enchaînements générés par ordinateur) pour sa pièce Biped, à des créations s'étayant sur la réalité virtuelle par le chorégraphe suisse Gilles Jobin ou par le poète circassien Yoann Bourgeois (artiste très présent dans cette Biennale avec trois spectacles). 27 créations et premières Parmi les 42 spectacles programmés en salles, on compte 27 créations et premières françaises qui constituent le cœur de cette Biennale et, bien souvent, celui de nos attentes... Maguy Marin cré

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Une hydre signée Yuval Pick

Danse | Créé par Yuval Pick en 2016 au Monastère de Brou, le trio Hydre confronte le mouvement organique des danseurs à la mémoire minérale d'une architecture, et (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 juin 2017

Une hydre signée Yuval Pick

Créé par Yuval Pick en 2016 au Monastère de Brou, le trio Hydre confronte le mouvement organique des danseurs à la mémoire minérale d'une architecture, et redonne corps et sensibilité à un lieu. En l’occurrence, le 30 juin, à l'ancienne halle du marché de gros de la Confluence, dans le cadre du festival artistique, sportif et citoyen Kiosk (jusqu'au 2 juillet).

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Kraftwerk Pické

Yuval Pick | De plus en plus préoccupé par les questions du collectif et les rapports complexes entre l'individu et le groupe, Yuval Pick se lance, dans sa dernière pièce, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 janvier 2017

Kraftwerk Pické

De plus en plus préoccupé par les questions du collectif et les rapports complexes entre l'individu et le groupe, Yuval Pick se lance, dans sa dernière pièce, dans l'univers du groupe légendaire Kraftwerk. Une musique qui, pour le chorégraphe, connote un possible romantisme contemporain, avec des pulsions-pulsations technos reliées à notre mémoire collective, qui remplacent celles, plus acoustiques mais pas moins lyriques, du romantisme allemand et notamment, des lieds de Schubert (présent lui-aussi dans la bande-son). Are friends electric ? (au CCN de Rillieux-la-Pape les 24 et 25 janvier) réunit concrètement six danseurs et explore tout à la fois le corps dans ses éléments les plus bruts, physiques, et des configurations plus codées de mouvements collectifs... Yuval Pick n'hésite plus, même, à y libérer les élans et les gestes de ses interp

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À la Biennale, "Auguri" : ça tourne !

Biennale de la Danse | Olivier Dubois a secoué la Biennale de la Danse avec sa nouvelle création : une pièce aussi puissante qu'asphyxiante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 septembre 2016

À la Biennale,

Lundi, nous avons découvert le film d'Alain Guiraudie, Rester vertical. Jeudi, la nouvelle création du chorégraphe Olivier Dubois, Auguri (entre-temps, Christian Rizzo et Rachid Ouramdane avaient lancé à la Biennale un nouveau courant chorégraphico-dentaire : celui de la "danse creuse"). Lundi, nous nous sommes un peu ennuyés, jeudi pas une seconde. Pourtant, nous défendrions plus facilement le film de Guiraudie que la pièce, toute en surplomb, de Dubois... Les deux œuvres jouent sur des trajectoires circulaires, sur des éternels retours qui tentent de relancer, à chaque "tour", un nouveau désir ou un nouveau pan de condition humaine. Sur une bande son techno dramatique, Olivier Dubois fait courir, en cercle et à toute allure, ses vingt-quatre danseurs, avec des entrées et des sorties réglées au cordeau, des rythmiques effrénées impressionnantes, et un sens de la scénog

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Yuval Pick présente Ply

Danse | En marge de la Biennale de la Danse, le chorégraphe Yuval Pick reprend au Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape (le samedi 24 septembre à 12h) (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 septembre 2016

Yuval Pick présente Ply

En marge de la Biennale de la Danse, le chorégraphe Yuval Pick reprend au Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape (le samedi 24 septembre à 12h) l'une de ses plus belles pièces, Ply (2014), avec les nouveaux danseurs de sa compagnie. Sur la bande son de l'américaine Ashley Fure, composée pour l'occasion, les cinq interprètes de Ply explorent les couches successives de la musique, en mouvements centrifuges, jusqu'à la rencontre avec l'autre, jusqu'à la constitution progressive d'un groupe aux intensités émotionnelles des plus singulières !

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Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Biennale de la Danse | La 17e Biennale de la Danse garde la tête haute et le tour de bras généreux, malgré un budget au rabais, embrassant une fois encore tous les styles de danse contemporaine actuels. Parmi les trente-sept spectacles proposés, en voici huit à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Israel Galvan, Flacomen Le « danseur des solitudes » comme l'appelle le critique et historien d'art Georges Didi-Huberman fait son retour sur les scènes lyonnaises, avec un solo datant de 2014, accompagné de musiciens free jazz et flamenco. On sait, et on n'arrête pas d'admirer, la capacité du chorégraphe-danseur à tordre en tous sens les codes du flamenco et à en extraire la pulpe fondamentalement tragique. Galvan hisse ce tragique à la condition de tout individu, montrant, avec humour ou pas, ces forces qui nous traversent et se heurtent à l'intérieur de soi. Ces forces antagonistes qui sont aussi au cœur dialectique de tout geste, de tout mouvement dansé. À la Maison de la Danse du 14 au 16 septembre Yuval Pick, Are Friends Electric ? À l'instar de Galvan, le Lyonnais

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Voilà l'été : un jour, une sortie #3

SAISON ESTIVALE | Durant toutes les vacances, c'est un bon plan par jour : concert ou toile, plan canapé ou expo où déambuler.

La rédaction | Mercredi 20 juillet 2016

Voilà l'été : un jour, une sortie #3

15 / Mercredi 20 juillet : cirque Obludarium Puisque les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel (et l'urbanité en juillet ça va bien cinq minutes), hâtez-vous au domaine de Lacroix-Laval voir les grosses caboches toutes biscornues et étranges d'Obludarium. Signé des fils jumeaux du cinéaste Miloš Forman, ce spectacle qui a fait le tour du monde s'arrête depuis hier et jusqu'au 31 juillet dans ce village dédié au cirque. Si vous le pouvez, venez même dès 18h profiter des lampions, du bar digne d'un diners US et du plancher en bois où vous pourrez faire résonner vos tongs (en bois, les tongs). Fourvière version campagne : c'est ici ! Au domaine de Lacroix-Laval dans le cadre des Nuits de Fourvière 16 / Jeudi 21 juillet : chanson Michel Polnareff Moins on l'attend, plus il revient, le Polnaroïde. On a arrêté de compter avant même notre naissance, mais le

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Yuval Pick : Une "Hydre" à Brou

Plus Loin | Dans le cadre de la 2e édition de l'événement national Monuments en mouvements, Yuval Pick présentera au Monastère Royal de Brou à Bourg-en-Bresse (les 23 et 24 (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 juin 2016

Yuval Pick : Une

Dans le cadre de la 2e édition de l'événement national Monuments en mouvements, Yuval Pick présentera au Monastère Royal de Brou à Bourg-en-Bresse (les 23 et 24 juillet) une création in situ, Hydre. Pièce en trois parties, Hydre se veut la confrontation de la vie organique et pulsionnelle des danseurs à celle, minérale et figée, du monument historique. La danse si singulière de Yuval Pick tentera de redonner une dimension humaine à une architecture démesurée et chargée de symboles.

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Les arts transgressés aux 7 Collines

Les 7 Collines | Festival majeur de la Loire et l'un des plus importants en Rhône-Alpes, Les 7 Collines reviennent avec une programmation très circassienne. Dans les propositions de cette 22e édition, focus sur deux artistes passionnants : le magicien sombre Yann Frisch pour Le Syndrôme de Cassandre et le trampoliniste Mathurin Bolze qui se dédouble dans Barons perchés.

Nadja Pobel | Mardi 21 juin 2016

Les arts transgressés aux 7 Collines

Elle a les pieds dans l'eau, des bottes de Bretonne et elle se marre. La fille de l'affiche des 7 collines n'a pas l'air d'arpenter la Loire mais le festival semble la réjouir. Avec des tarifs bas (10€ ou 14€ le spectacle) et des mastodontes du cirque (notamment), chaque année cette manifestation se débrouille pour que des compagnies internationales fassent escale ici. Certaines viennent plusieurs fois. C'est le cas ces deux dernières années pour les 7 doigts de la main venus avec le trop bavard et pour tout dire raté, Cuisine et confessions l'an dernier, ou le beaucoup plus sportif Séquence 8 juste avant. Cet été, c'est avec Mathurin Bolze que le festival renoue. Aérien Le circassien, déjà passé par là avec son cultissime Du goudron et des plumes en 2010 et le plus transitoire À bas bruit en 2013, présente Barons perchés. Encore tout frais (à peine une quinzaine de représentations depuis sa création cet automne), ce spectacle est en fait une réplique de Fenêtres, également au générique du festival. Animé par le théâtre (figurant pour Jean-Paul Delore ou Bruno Boeglin),

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Cocotte au CCN

Danse | Nouveau rendez-vous au CCN de Rillieux-la-Pape (ce samedi 11 juin à partir de 19h), Cocotte fait bouillir la danse dans sa dimension performative (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 juin 2016

Cocotte au CCN

Nouveau rendez-vous au CCN de Rillieux-la-Pape (ce samedi 11 juin à partir de 19h), Cocotte fait bouillir la danse dans sa dimension performative avec pas moins de 16 performances proposées durant cette soirée : des six minutes interprétées par le metteur en scène Michel Raskine sur une proposition chorégraphique de Yuval Pick, aux cinq heures (et jusqu'à épuisement) de la danseuse et chorégraphe japonaise Mikiko Kawamura...

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Mathurin Bolze, l'utopiste appliqué

Cirque | Il a la tête en l'air et les pieds sur terre. À l'occasion du festival UtoPistes et de sa présence aux Nuits de Fourvière, le trampoliniste Mathurin Bolze raconte son métier récemment vilipendé et son bonheur de générer des collaborations artistiques.

Nadja Pobel | Mardi 7 juin 2016

Mathurin Bolze, l'utopiste appliqué

Il a pratiqué le théâtre et surtout la gym à haute dose, avant de filer au Centre national des arts du cirque à Chalôns-en-Champagne. Rapidement, en 2001, Mathurin Bolze fonde la compagnie mpta et, à l'occasion d'une commande de La Brêche, le pôle national des arts du cirque de Cherbourg, il invente La Cabane aux fenêtres. Cette forme courte de 15 minutes va grandir, se nommer Fenêtres. Quinze ans plus tard, il donne cette création à Karim Messaoudi, rencontré lors d'un stage de formation, et dédouble le rôle dans une autre pièce qui prend directement le nom — mais au pluriel — du roman d'Italo Calvino qui l'a inspiré précedemment, Barons perchés. En duo, il défie le sol et s'entiche du volume. Bien avant que Yoann Bourgeois n'emmène le trampoline dans tous les théâtres, Bolze choisit cet agrès pour les propriétés ludiques et aussi «

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Le retour des UtoPistes

Festival | Voici venir la 3e édition du festival UtoPistes (du 2 au 11 juin) aux Célestins, TNG, Toboggan, Maison de la Danse et Subsistances. Et in situ, à (...)

Nadja Pobel | Mercredi 4 mai 2016

Le retour des UtoPistes

Voici venir la 3e édition du festival UtoPistes (du 2 au 11 juin) aux Célestins, TNG, Toboggan, Maison de la Danse et Subsistances. Et in situ, à l’air libre, gratuitement. Mathurin Bolze et sa compagnie mpta (les mains, les pieds et la tête aussi) proposera la recréation de Fenêtres et sa suite dédoublée, Barons perchés (également au programme des Nuits de Fourvière). C’est aussi durant ces dix jours que la nouvelle icône de la performance parlée, Sébastien Barrier, viendra pour sept heures consacrées au vin naturel (Savoir enfin qui nous buvons, complet) et cette fable souvent émouvante sur la perte, Chuncky Charcoal. Le grand retour du maitre James Thierré — qui promet, avec La Grenouille avait raison, de revenir a plus d’épure que pour son très raté Tabac rouge — n’éclipsera pas le talent de jeunes acrobates tels Justine Bertillot et Frédéric Vernier (Noos, voir photo) ou les jongleurs de Petit Travers (Nuit) à destination du jeune public. À vous de piocher parmi ces trente représentations.

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Play Time : Carolyn & Cie

SCENES | Un bal pour les enfants, un concert de musiques du monde (Trio Bassma + Tram des Balkans), une nouvelle création de Jozsef Trefeli et Gabor Varga (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 mars 2016

Play Time : Carolyn & Cie

Un bal pour les enfants, un concert de musiques du monde (Trio Bassma + Tram des Balkans), une nouvelle création de Jozsef Trefeli et Gabor Varga revisitant les danses folkloriques hongroises, une création participative sur les sonorités de la ville... La 4e édition du festival Play Time (concoctée par le Centre Chorégraphique National et d'autres structures, se déroulant du 1er au 8 avril) à Rillieux-la-Pape se veut à nouveau festive et hétéroclite. Le chorégraphe Yuval Pick y reprendra aussi Playbach, œuvre courte en hommage à Bach. Et les plus jeunes, à partir de huit ans, auront la chance de découvrir la nouvelle création de Carolyn Carlson (auteure entre autres nombreuses pièces du solo Blue Lady) : Seeds (graines en anglais), en collaboration avec le dessinateur Yacine Ait Kaci et son petit personnage simplifié Elyx. Pièce pour trois danseurs entremêlant la danse et des animations vidéo, Seeds est un voyage imaginaire abordant avec poésie les problèmes d'écologie. JED

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L'élan retenu de Yuval Pick

SCENES | Créée en 2014 pour cinq danseurs, en collaboration avec la compositrice Ashley Fure, Ply est la pièce idoine pour apprécier l'univers du chorégraphe Yuval (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 mars 2016

L'élan retenu de Yuval Pick

Créée en 2014 pour cinq danseurs, en collaboration avec la compositrice Ashley Fure, Ply est la pièce idoine pour apprécier l'univers du chorégraphe Yuval Pick. Couche par couche (Ply signifie "couche" en français), voire grain par grain, Yuval Pick déconstruit les mouvements essentiels de ses interprètes, avant de les ré-assembler autrement, d'en inventer de nouvelles variations, de les faire entrer en échos collectifs. Au cœur du vocabulaire du chorégraphe, il y a ce que l'on pourrait nommer, en reprenant l'expression du poète Francis Ponge, un « élan retenu ». L'élan retenu chez Yuval Pick, ce sont ces bras qui se tendent, ces jambes qui s'aventurent hors de la sphère individuelle, ces pas qui s'élancent en courses, tout en restant aimantés, retenus par le corps et le rythme propre du danseur. Jamais un geste n'ira se perdre complètement dans une ligne ou une cadence continues, se fondre dans un bel ensemble uniforme. Au risque de décevoir nos attentes esthétiques habituelles, Yuval Pick demeure attentif, si ce n'est attaché, à la spécificité rythmique et gestuelle d'un individu. La construction d'une entité collective ne s'effectuera jam

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Chronique d'une Biennale 2/3

SCENES | Quelques petites déceptions encore cette semaine, mais le chef-d’œuvre "Sounddance" de Merce Cunningham et "Ply", la création âpre et singulière de Yuval Pick, nous ont restitué notre enthousiasme pour la danse. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 22 septembre 2014

Chronique d'une Biennale 2/3

Mélange des genres et mélange des époques au programme du Ballet de Lorraine, avec cette question sous-jacente : qui des anciens (Picabia et Satie en 1924), des modernes (Merce Cunningham en 1975) ou des contemporains (le jeune Noé Soulier en 2014) a produit la pièce la plus "barrée", la plus osée ? On aurait volontiers parié a priori sur le Dadaïste Picabia mais Relâche, qui fut certainement provocateur et rafraîchissant à l'époque (avec des danseurs dans la salle, une infirmière à barbe...) s'avère aujourd'hui assez ennuyeux et "muséal". Seul le film foldingue de René Clair (Entr'acte, projeté en plein milieu de la pièce) sauve les meubles et nous embarque dans une blague surréaliste aux effets de montage et de mouvements de caméra aujourd'hui encore surprenants ! Le montage, le démontage et le remontage, c'est aussi le "truc" de Noé Soulier, qui s'empare des codes de la danse classique pour les déstructurer, les cogner les uns aux autres, les accélérer ou les ralentir. Sa création Corps de ballet contient bien des idées mais ici encore à l'état de friche, de recherche inaboutie... La pièce la plus folle, et même

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De battre un chœur a commencé

SCENES | Olivier Dubois présente à Lyon "Tragédie", créée au Festival d'Avignon en 2012. Une pièce-manifeste puissante et radicale, non pas en raison de la nudité des interprètes, mais par l'importance de ses enjeux et l'intelligence et la force de son écriture chorégraphique. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 février 2014

De battre un chœur a commencé

POUM, POUM, POUM, POUM... Des battements de tambour amples et réguliers résonnent dans la salle et tendent une scène baignée de pénombre pour y accueillir bientôt des cœurs singuliers, puis tout un chœur de dix-huit danseurs. Neuf femmes et neuf hommes, totalement nus, qui viendront d'abord un à un nous rencontrer dans leur marche fière, composée de douze pas aller et de douze pas retour, en alexandrins de chair et d'os. Il est immédiatement ici question d'écriture et de symboles, tout simplifiés et balbutiants qu'ils soient. «La pièce est extrêmement difficile pour les interprètes puisque tout est écrit nous indique Olivier Dubois. Et l’écriture ne lâche rien, elle devient de plus en plus complexe au fil de la représentation, d’où une demande physique de plus en plus forte. J’ai écrit toute la matière, mais je n’ai pas défini les placements du corps – le placement des mains des danseurs par exemple. C’est cette liberté dans un cadre strict qui permet aux spectateurs de rencontrer dix-huit personnes, et non une masse anonyme». Chacun pourra du coup, dans une première partie quasi-hypnotique, s'identifier à l'un ou à l'autre des danse

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Sur la même longueur d'onde

SCENES | La formule du festival Aire de jeu est aussi simple qu'originale : inviter des chorégraphes à créer des pièces à partir d’œuvres musicales d'un même compositeur. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 24 janvier 2014

Sur la même longueur d'onde

La formule du festival Aire de jeu est aussi simple qu'originale : inviter des chorégraphes à créer des pièces à partir d’œuvres musicales d'un même compositeur. Un retour aux amours classiques entre la musique (jouée live sur scène) et la danse qui est aussi un "retour en avant" puisque chaque invité est une figure de la musique contemporaine. Après David Lang et Julia Wolfe, c'est le jeune et prolifique Nico Muhly qui est à l'honneur et dont on pourra découvrir le travail à travers celui de quatre fortes individualités. Ancien ingénieur en chimie, longtemps metteur en scène de théâtre et d'opéra à Berlin, Laurent Chétouane (né en 1973) se tourne vers la danse en 2007 et s'intéresse tout particulièrement aux problèmes de communauté politique et de vivre-ensemble (il est inspiré par Roland Barthes !), ainsi qu'aux notions connexes de frontière, de territoire, d'espace commun. C'est lui qui signera la pièce la plus longue du festival (15 variations autour de l'ouvert), plongeant nouvellement dans la matière brute et émotionnelle de la danse, et interprétant la musique de Muhly comme «une invitation à la vie, un appel à chanter, un concentré d’ancien et de nouveau créant une const

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Retour aux sources

SCENES | Neuf danseuses et neuf danseurs, nus, entrent et sortent d'une scène baignée de pénombre, au rythme lancinant d'un tambour pendant... quarante-cinq (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 janvier 2014

Retour aux sources

Neuf danseuses et neuf danseurs, nus, entrent et sortent d'une scène baignée de pénombre, au rythme lancinant d'un tambour pendant... quarante-cinq minutes ! La première partie de la Tragédie d'Olivier Dubois (créée au Festival d'Avignon 2012 et présentée à la Maison de la danse les 26 et 27 février) annonce un début d'année chorégraphique sous les auspices du retour aux sources, qu'elles soient minimalistes et essentielles ou bouillonnantes et pulsionnelles (Tragédie se poursuit ensuite en une véritable explosion des corps). Plus posé et moins tonitruant, Emmanuel Gat prolonge avec Goldlandbergs (les 16 et 17 avril à la Maison de la danse), pièce composée à partir d'une émission radio de Glenn Gould et de son interprétation des Variations Goldberg de Bach,  ses recherches entre danse et musique, pour tendre vers une certaine pureté gestuelle, faite de délicatesse et d'extrême précision. Dan

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Sur Stravinski ou New Order

SCENES | Jusqu'au 5 décembre, le Centre Chorégraphique National de Rilleux-la-Pape propose son deuxième temps fort, "Play Time", ouvert à tous les publics (dès 3 ans (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 20 novembre 2013

Sur Stravinski ou New Order

Jusqu'au 5 décembre, le Centre Chorégraphique National de Rilleux-la-Pape propose son deuxième temps fort, "Play Time", ouvert à tous les publics (dès 3 ans pour Têtes à têtes de Maria Clara Villa-Lobos) et rassemblant les propositions les plus diverses. Les "grands" pourront ainsi s'immerger dans le Sacre du printemps de Roger Bernat (également au programme du festival Micro Mondes) pour une expérience scènique inédite en hommage à Pina Bausch, et les "petits" dans Partituur de la très renommée performeuse croate Ivana Müller, pièce dans laquelle trente enfants sont invités à imaginer une histoire et une chorégraphie dans un pays fictif - et qui sera reprise à la Maison de la danse du 11 au 18 décembre.  Il y aura aussi du hip hop féminin avec le duo Yonder Woman d'Anne Nguyen et un spectacle promettant son pesant de cold rock : The Him de Yuval Pick (directeur du CCN). Cette pièce inspirée de la musique de New Order (et tout particulièrement de leur premier album, le bien no

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Les moments forts de la saison danse 2013/2014

SCENES | Un Toboggan dont on ne connaît pas encore la programmation, un Ballet de l'Opéra qui reprend un génial mais énième opus de William Forsythe, une Maison de la Danse qui ouvre sa saison avec Benjamin Millepied... Le début de l'année chorégraphique n'est pas des plus fous. Les choses devraient toutefois s'arranger par la suite. La preuve en dix rendez-vous. Jean-Emmanuel Denave et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison danse 2013/2014

Limb's Theorem Créé en 1990, transmis au Ballet de l'Opéra en 2005, «le théorème des limbes» (limb pouvant aussi désigner le bord ou le membre, polysémie dont joue le chorégraphe) est l'une des pièces phares du grand William Forsythe. Inspiré par l'architecte Daniel Libeskind et les écrits du philosophe Wittgenstein, il y plonge ses interprètes dans des jeux de pénombre et de clair-obscur parmi un dispositif spatial et "machinique" complexe et parfois infernal. Le tout baigné de la bande sonore de son complice Thom Willems, oscillant entre musique et drones assourdissants. Une pièce aussi folle que réglée au cordeau, qui se tisse d'oppositions entre l'humain et la technique, la forme et le chaos, la danse et l'enfer mécanique.A l'Opéra, du 13 au 19 septembre  

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Jeux de piste

SCENES | Le nouveau cirque n'est pas qu'un produit d'appel. C'est le constat qui s'imposait au terme de la saison 2012/2013, plutôt époustouflante en la matière. C'est le même qui se dessine en creux des plaquettes estampillées 2014. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 5 septembre 2013

Jeux de piste

Politique et contracté (Propaganda, par les punks d'Acrobat), tendre et intimiste (Pour et le meilleur et pour le pire, du Cirque Aïtal), souple et détendu (Nuage, avec Mathurin Bolze et Yoann Bourgeois), freaky et inquiétant (

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Cirque engagé

SCENES | Pour la deuxième année consécutive, les Célestins donnent carte blanche à Mathurin Bolze, fondateur de la compagnie Les Mains, les Pieds et la Tête Aussi pour (...)

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 22 juin 2013

Cirque engagé

Pour la deuxième année consécutive, les Célestins donnent carte blanche à Mathurin Bolze, fondateur de la compagnie Les Mains, les Pieds et la Tête Aussi pour programmer l'éclectique festival utoPistes. Le talentueux circassien lyonnais résume ainsi sa contribution : «Quatre soirées, en plusieurs lieux d’intérieur et de plein air, des pièces de cirque incontournables, des créations dédiées au festival, et jusqu’au bout quelques surprises, tel est le programme composé par la compagnie Mpta». Mathurin Bolze créera en effet une courte pièce avec la collaboration, notamment, du non moins talentueux Yoann Bourgeois (auteur de L’Art de la fugue et du superbe Wu Wei, présenté cette saison à la Maison de la Danse). Mais la grande curiosité de cette édition vient d’Australie avec la compagnie Acrobat. Ses fondateurs, les quadragénaires Jo-Ann Lancaster et Simon Yates, ont mis en scène, après un voyage à Cuba, l’étonnant Propaganda en 2010. Dans une grande économie de moyens scéniques et vêtus souvent de simples sous-vêtements peu glamours, ces deux activistes nourris des œuvres de Marx,

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Festin aux Célestins

SCENES | Alors que s’achève tout juste, sur le plateau des Célestins, une version tonitruante de "Cyrano" (avec un Torreton sidérant), le théâtre de la Ville de Lyon annonce une future saison résolument européenne et contemporaine. Laquelle sera lancée par la mise en scène de "Chatte sur un toit brûlant" par Claudia Stavisky et l’indispensable festival international Sens interdits. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 5 juin 2013

Festin aux Célestins

Bien sûr, nous sommes aux Célestins, un des théâtres d’excellence de la région, où ce sont les mots qui sont portés aux nues au fil des très nombreux levers de rideaux (270 lors de la saison qui vient de s’écouler). Ce sont toutefois des chiffres qui nous permettront d’y voir plus clair dans sa saison 2013/2014 : un tiers de spectacles mis en scène par des femmes, dont la moitié écrits par la gente féminine, cinq grands maîtres du plateaux (Bondy, Ostermeier, Lupa, Goebbels, et Vogel), neuf pièces internationales, un tiers de la programmation composée de compagnie de la région Rhône-Alpes (Nöjd, Haut et Court…). Des locaux et des stars Du côté des mots, les premiers à résonner seront ceux de Tennessee Williams avec Chatte sur un toit brûlant, créé cet été au Château de Madame de Sévigné à Grignan (44 représentations !) et repris dès le 19 septembre. Autre résident (temporaire), le circassien Mathurin Bolze qui présentera en novembre Ali + Nous sommes pareils à des crapauds qui dans l’austère nuit… (attention, titre à rallong

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Sur une voie de garage

SCENES | Ce devait être l’un des événements de la rentrée… La création aux Célestins du passionnant chorégraphe et circassien Mathurin Bolze n’est que bricolage caricaturant son propre univers… Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 12 octobre 2012

Sur une voie de garage

Que des Beatles sous LSD reprennent Hey Jude avec des voix de casseroles sur un enregistrement pirate, ou qu’Eric Clapton se lance dans un solo avec trois cordes cassées dans sa salle de bains, cela peut émouvoir, certes. En dépit des sournoiseries connues du marketing, nous demeurons des êtres nostalgiques et fragiles… Mais qu’un artiste aussi doué (et en pleine possession de ses moyens, lui !) que Mathurin Bolze fasse le coup du «Je vais vous présenter une pièce bricolée dans mon garage avec trois amis (au potentiel énorme) qui serait comme une reprise en mode ultra mineur de mes opus précédents, parce que là, désolé, je n’ai aucune inspiration», cela nous attriste. À bas bruit ressemble même à cette littérature datée où l’on s’interroge sur la possibilité de créer, l’angoisse de la "scène" blanche, la possibilité du possible, et où l’on va, tels des Derrida ou des Blanchot en culotte courte, déballer-déconstruire l’envers du (non) décor avec, entre deux parties de spectacle, des techniciens et des interprètes changeant les éléments du plateau sous nos yeux. La roue tourne Plus concrètement encore, À bas bruit

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Tournez manège !

SCENES | Malgré de beaux moments dans le "Sacre du Printemps" de Thierry Thieû Niang, la dernière semaine de la Biennale de la danse nous laisse à nouveau sur notre faim d’inédit et de créativité. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 30 septembre 2012

Tournez manège !

Au TNP la semaine dernière, il y eut une sorte de précipité (comme on dit en chimie) de l’histoire de la danse et du théâtre modernes : Patrice Chéreau, pieds nus, lisant le journal de Nijinski où celui-ci pourfend le théâtre et défend le «sentiment», peste contre Serge de Diaghilev et Igor Stravinski, ces personnages selon lui ennuyeux, prône la vie, le mouvement, l’écriture et la masturbation contre l’esprit de sérieux, la scène guindée… On aurait cru entendre Artaud dans son Théâtre de la cruauté, et on assistait alors à de singuliers courts-circuits entre les histoires du TNP, de la danse, de Chéreau, du Sacre du Printemps (dont on fêtera l’an prochain les 100 ans), de ce qui fît scandale en 1913 mais ne le fait plus, de ce qui fît modernité mais ne le peut plus… Épuisement. C’est dans la neige que se termine le récit de Nijinski et que démarre alors la musique du Sacre de Stravinski et s’ébranle le "tournez manège" de vingt-quatre danseurs amateurs âgés. Une belle spirale sans fin plutôt émouvante, un mouvement en hélices multiples non sans charme, des corps fatigués mais fiers, précis et poignants…

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David Lang mis en corps et en mouvements

SCENES | Les Subsistances, dites «Laboratoire international de création artistique», se lancent dans une nouvelle formule... Un nouveau tube à essais intitulé Aire (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 26 janvier 2012

David Lang mis en corps et en mouvements

Les Subsistances, dites «Laboratoire international de création artistique», se lancent dans une nouvelle formule... Un nouveau tube à essais intitulé Aire de jeu (première édition du 2 au 7 février) où il s'agit de précipiter des chorégraphes dans le liquide musical d'un compositeur contemporain, ici l'américain David Lang aux œuvres minimalistes ou au contraire plus lyriques, influencées aussi bien par Steve Reich que par Karlheinz Stockhausen ! Le Lyonnais Yuval Pick, tout nouveau directeur du CCN de Rillieux-la-Pape, en profitera pour aller à l'encontre de ses habitudes chorégraphiques et, à une danse lyrique et pulsionnelle, opposera une danse beaucoup plus décomposée et analytique, simple et basique. Maud Le Pladec proposera deux pièces : un solo où un danseur ira lui aussi contre sa formation et une autre pièce... sans danseur !  L'Américain Andros Zins-Browne s'essaiera quant à lui pour la première fois à une chorégraphie sur une musique potentiellement envoûtante, alors qu'il travaille habituellement uniquement sur des bande-sons bruitistes ou pop. Les musiques de ces trois spectacles seront jouées en direct par des interprètes du Conservatoire National Supérieu

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La danse, de Lyon à Cuba

SCENES | Commençons notre tour d'horizon dansé par un chorégraphe lyonnais, Denis Plassard dont nous avions redécouvert il y a deux ans la superbe adaptation du (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 21 décembre 2011

La danse, de Lyon à Cuba

Commençons notre tour d'horizon dansé par un chorégraphe lyonnais, Denis Plassard dont nous avions redécouvert il y a deux ans la superbe adaptation du Terrier de Kafka. Sa prochaine création, Encore quelques illusions (les 26 et 27 janvier au Théâtre de Vénissieux, le 15 mars au Théâtre Astrée dans le cadre du festival Chaos Danse), jouera avec les codes, les techniques et l'esthétique des spectacles de magie. Autre Lyonnais à suivre : le tout nouveau directeur du CCN de Rillieux-la-Pape, Yuval Pick, s'essaiera (ainsi que les chorégraphes Maud Le Pladec et Andros Zins-Browne) à une création sur l'une des œuvres du compositeur américain contemporain David Lang (Aire de jeu aux Subsistances du 2 au 7 février). Maguy Marin quant à elle reprend sa pièce fulgurante et plongée quasi continuellement dans l'obscurité, Salves, du 3 au 5 avril au Toboggan. Du côté de la Maison de la danse, on notera la première venue à Lyon de deux grandes compagnies contemporaines d'outre Atlantique : le Cedar Lake Contemporary Ballet de New York (du 31 janvier au 5 février) avec une pièce du turbulent Hofesh Schechter et une autre de Crystal Pite, et le Danza Contemp

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Yuval Pick ouvre le bal à Rillieux

SCENES | Danse / Le programme "Bonjour !" marque le début de la saison publique du CCN de Rillieux-la-Pape dirigé depuis peu par Yuval Pick. À l’Espace Baudelaire, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 3 novembre 2011

Yuval Pick ouvre le bal à Rillieux

Danse / Le programme "Bonjour !" marque le début de la saison publique du CCN de Rillieux-la-Pape dirigé depuis peu par Yuval Pick. À l’Espace Baudelaire, le chorégraphe reprend sa pièce Score, fruit d’un voyage en Israël, son pays d’origine. Score est un trio où l’on retrouve la gestuelle physique et instinctive de Yuval Pick sur une bande sonore constituée de bruits de rue, de témoignages et de musiques diverses, échos aux pulsions de vie qui traversent le pays malgré la guerre. Trois jeunes (et très bons) danseurs se frottent ainsi à l'univers vif et organique du chorégraphe : ils exécutent des courses dispersées puis "rembobinées" sur un morceau de cold wave, se resserrent violemment en grappe, se jettent soudainement les uns sur les autres ou, dans une ambiance techno, s'adonnent à des motifs plus répétitifs, saccadés et mécaniques... À ce spectacle succédera au CCN une journée ouverte à tous et gratuite avec une performance de Julie Nioche, des spectacles de la Cie Entorse et du Suisse toujours surprenant et ludique Foofwa d’Immobilité.Jean-Emmanuel Denave

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Là-haut

SCENES | CRITIQUE / En tout juste une heure, la scène devient un champ de bataille fantasmagorique où l’on retrouve une curieuse fratrie emportée sur un véhicule (...)

Dorotée Aznar | Lundi 9 mai 2011

Là-haut

CRITIQUE / En tout juste une heure, la scène devient un champ de bataille fantasmagorique où l’on retrouve une curieuse fratrie emportée sur un véhicule protéiforme en mouvement perpétuel, sorte de radeau aérien.«Un décor au centre, pas comme une décoration mais telle une architecture qui, comme le dit Jean Nouvel, répond à une question qui n'est pas posée», explique Mathurin Bolze. Sur cet engin du diable qui s’envolera, cinq interprètes (dont Bolze lui-même) vont se croiser. Qui sont-ils ? Des rescapés ? De parfaits inconnus les uns envers les autres ? Où sont-ils ? Où vont-ils ? Des questions, beaucoup de questions, mais pas de réponses. Mathurin Bolze a ainsi conçu un spectacle ouvert, qui se reçoit comme un voyage époustouflant vers un ailleurs indéfini, où des êtres se côtoient avec toute l’urgence que la vie impose. Une grande fresque héroïque, rappelant un temps où certains hommes pouvaient se prendre pour des dieux, et où on les croyait sans sourciller, parce que l’on a toujours besoin de mythes pour avancer… Point de départ de la création : les lectures. Beaucoup, comme l’explique Mathurin Bolze. De ces matériaux riches servant de «combustibl

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Repères Mathurin Bolze

SCENES | Formation : Lyonnais, âgé de 36 ans, Mathurin Bolze a été formé notamment au Centre National des Arts du Cirque. Il a travaillé, comme interprète, avec le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mai 2011

Repères Mathurin Bolze

Formation : Lyonnais, âgé de 36 ans, Mathurin Bolze a été formé notamment au Centre National des Arts du Cirque. Il a travaillé, comme interprète, avec le chorégraphe Joseph Nadj pour la tournée du Cri du caméléon et avec le chorégraphe François Verret dans les pièces Kaspar Konzert, Chantier Musil et Sans retour. 2001 : Fondation de la Compagnie «Les Mains les Pieds et la Tête Aussi», soit tout un programme où corps, technique, imagination et réflexion ne font qu'un.2002 : Fenêtres, solo émouvant et drôle où Mathurin Bolze campe un personnage esseulé dont le sol de son habitation est un trampoline. 2005 : Tangentes. Trois protagonistes tentent de s’arracher et d’échapper aux rouages de la machine sociale contemporaine (soit sur scène deux tapis roulants et une roue), aussi absurde et répétitive que les cycles de Sisyphe 2008 : Ali, duo créé avec Hedi Thabet 2010 : Du Goudron et des plumes

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«Se libérer de la machine»

SCENES | Entretien / Mathurin Bolze Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mai 2011

«Se libérer de la machine»

Petit Bulletin : De quand date, dans votre parcours, ce désir de mêler cirque, danse, musique ?Mathurin Bolze : Il n'y a pas eu de basculement précis. J'ai découvert le monde du spectacle très jeune, à 8 ans, en faisant de la figuration dans les pièces de théâtre de Bruno Boëglin et Jean-Pierre Delore. Parallèlement, j'ai fait de la gymnastique jusqu'à 16 ans. Puis, j'ai été attiré par le cirque où je pouvais allier le plaisir du mouvement au plaisir du spectacle. Ce mélange des disciplines était une réalité, déjà, lors de ma formation. La technique circassienne n'a jamais été pour moi un enjeu premier, mais toujours un outil au service d'une dramaturgie. Ceci dit, les sensations «techniques» restent importantes car elles emmènent à des endroits de précision et de conscience particulières du corps. Qu'est-ce qui déclenche chez vous le désir d'une création ?Il me faut un état de disponibilité et de sensibilité, un état de concordance où j'arrive à mettre en lien des choses qui me touchent : une actualité, une rencontre, un film, un livre... Ces éléments s'agglomèrent, des questions apparaissent qui peuven

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En piste(s)

SCENES | Le Théâtre Les Célestins ouvre ses portes, du 9 au 22 mai, au cirque contemporain. UtoPistes, dont c’est la première édition, propose une carte blanche à (...)

Dorotée Aznar | Lundi 2 mai 2011

En piste(s)

Le Théâtre Les Célestins ouvre ses portes, du 9 au 22 mai, au cirque contemporain. UtoPistes, dont c’est la première édition, propose une carte blanche à Mathurin Bolze, à sa compagnie et à ses invités. Des spectacles seront proposés à l’intérieur du théâtre mais aussi sur la place des Célestins ou dans un parking… On en reparle, dès la semaine prochaine.

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Nadj entre les actes

SCENES | Josef Nadj, grand monsieur de la danse contemporaine et chorégraphe inclassable (il est aussi plasticien et photographe), présente sa dernière création, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 16 janvier 2009

Nadj entre les actes

Josef Nadj, grand monsieur de la danse contemporaine et chorégraphe inclassable (il est aussi plasticien et photographe), présente sa dernière création, Entracte, au Toboggan du 21 au 23 janvier. Une pièce pour quatre danseurs et quatre musiciens (dont le saxophoniste Akosh Szelevényi) qui s’inspire du Yi King ou Livre des transformations… Et qui se présente sous forme de poème plastique et musical, souvent sombre, explorant l’idée de passage entre deux événements, entre deux actes.

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La création perpétuelle

SCENES | Mathurin Bolze reprend la Tangente ces mardi et mercredi au Centre Culturel de Saint-Priest. L'occasion pour nous de faire le point sur l'énergie créatrice de cet acrobate actuellement en résidence aux Subsistances. Propos recueillis par Marion Quillard

Marion Quillard | Mardi 25 novembre 2008

La création perpétuelle

Petit Bulletin : Vous rejouez "Tangentes" cette semaine, une création qui date de 2005. Comment expliquez-vous le succès de ce spectacle ?Mathurin Bolze: Je ne l'explique pas ! C'est un travail qu'on a joué une centaine de fois, et là c'est bientôt la fin... Ce n'est pas le public qui choisit un spectacle, mais les directeurs de salle. Ce sont eux qui nous programment. Ça veut dire que le spectacle a plu à un certain nombre d'entre eux, et qu'ils ont décidé de le diffuser... Nous, par ce biais-là, nous avons pu rencontrer leur public. Des publics variés, parce qu'on était dans différentes régions, dans différents pays...S'il y a une chose à mettre au compte du spectacle, c'est qu'il y a très peu de texte, donc c'est un langage qui est compréhensible par tous. C'est un langage visuel, véhiculé par des émotions, des impressions... Il n'y a pas besoin d'être un habitué du spectacle, un habitué du monde culturel, pour apprécier un spectacle de cirque. C'est pour cela que le cirque est une forme populaire qui permet une forme d'exigence... Le spectacle a-t-il évolué depuis 2005 ?Oui ! Il a beaucoup évolué depuis sa création... Un spectacle de cirque pre

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Reprendre la tangente

SCENES | En attendant (avec impatience) la prochaine création de Mathurin Bolze actuellement en résidence aux Subsistances, on pourra redécouvrir (avec émotion) son (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 14 novembre 2008

Reprendre la tangente

En attendant (avec impatience) la prochaine création de Mathurin Bolze actuellement en résidence aux Subsistances, on pourra redécouvrir (avec émotion) son petit chef-d’œuvre Tangentes au Centre Théo Argence à Saint-Priest les 25 et 26 novembre. Une pièce mêlant cirque et musique survoltée, et dont le mot clef pourrait être «la panique» : panique de l’individu pris dans le circuit absurde de la vie moderne et de ses rouages écrasants, panique le poussant à prendre la tangente et à trouver toutes sortes de lignes de fuite acrobatiques…

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Le cirque contre l’aliénation

SCENES | Cirque / Il y aura du très beau monde dans la catégorie dite «nouveau cirque» à Lyon cette année. À brûle pourpoint, on retiendra trois moments forts... La (...)

| Mercredi 10 janvier 2007

Le cirque contre l’aliénation

Cirque / Il y aura du très beau monde dans la catégorie dite «nouveau cirque» à Lyon cette année. À brûle pourpoint, on retiendra trois moments forts... La reprise du chef-d'œuvre du jeune Mathurin Bolze au Toboggan fin février : Tangentes. Le second opus du circassien s'interroge sur les conditions de possibilité d'une communauté humaine, propulsant quatre acrobates parmi les engrenages d'une machinerie infernale composée d'un tapis roulant, d'une roue, d'un mât chinois et d'un trampoline. Soit la métaphore des rouages de nos sociétés aux rythmes effrénés et kafkaïens, broyant le corps comme l'esprit... Eux-aussi inquiets d'un monde soumis au tout économique et productif, le circassien Xavier Kim et la danseuse Wei Chen Yang tentent dans 100% croissance (Week-end «Ca change !» aux Subsistances) d'insuffler un peu de poésie, de désordre et de liberté parmi ce management qui ronge jusqu'à nos corps eux-mêmes. Leurs armes de résistance : l'humour, l'acrobatie, le jonglage et l'incongru. Enfin, dans un tout autre registre, James Thiérrée présentera à la Maison de la danse en avril une nouvelle création, dans la lignée de ses derniers spectacles amples et burlesques, La symphonie du

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Plis intérieurs

MUSIQUES | Danse / Yuval Pick présente sa nouvelle création, Look white inside, sondant les tréfonds du corps et de l'inconscient. Il y découvre aussi bien des forces terriennes et brutes, qu'aériennes et délicates. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 14 février 2007

Plis intérieurs

Place au corps. Dire le corps, ses possibles, ses agencements. Etre au plus près de lui. Lorsque le chorégraphe Yuval Pick parle de ses créations, il emploie un vocabulaire physique (au sens des sciences physiques), chimique et organique : des forces, des champs de force, des polarités, des rencontres entre danseurs comme des chocs entre particules, des transformations et des transmutations d'un état du corps vers un autre, des précipités... «Je voudrais dévoiler les structures communes au genre humain au travers du corps, de ses réactions. Presque organique ou physique au sens scientifique du terme, mon travail interroge les processus de construction de nos individualités, de nos relations aux autres et à notre environnement», écrit-il. Cette approche abstraite de la danse (au sens où la théâtralité, l'expressionnisme, la psychologie et la narration sont évacuées au profit d'un dispositif physique concret, d'une logique de la sensation) est commune aujourd'hui à bien des chorégraphes : on pense en particulier au Suisse Thomas Hauert que l'on a pu découvrir récemment à la Maison de la Danse avec sa pièce Modify, rien moins qu'un chef-d'œuvre et l'un des plus grands moments de danse

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S'en sortir par le haut

ECRANS | Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit (...)

Christophe Chabert | Mercredi 7 mars 2007

S'en sortir par le haut

Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit chef d'œuvre de Mathurin Bolze, Tangentes, créé aux Subsistances en 2005. Avec quatre interprètes, un trampoline, un mat chinois, une roue infernale et deux tapis roulants, le tout emballé par le free jazz panique d'Akosh S. Unit joué live, Mathurin Bolze met en scène l'enfer de la mécanique sociale contemporaine : petites mesquineries, compétitions absurdes, bousculades dans le métro d'hommes pressés sous pression, corps moulés et mesurés à l'aune de normes gestionnaires. Il s'agit alors pour les quatre protagonistes de chercher des lignes de fuite à travers quelques pas de danse, des équilibres précaires, des vrilles en apesanteur au dessus d'un trampoline. L'un des temps forts de la saison ! Second rendez-vous : le grand maître de la danse néo-classique, Jiri Kylian, est de passage à Lyon pour transmettre au Ballet de l'Opéra une pièce datant de 1995, Bella Figura. Sur des musiques baroques, Kylian mêle le rêve à la réalité et crée sur scène des «images», à partir de sa maîtrise fabuleuse de la mise en espace des corps, des lumière

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