Les ombres et les lumières de Vania Vaneau

Article Partenaire | La danseuse et chorégraphe Vania Vaneau présente du 30 novembre au 4 décembre sa création Nebula, solo pour aller au plus près de la nature. Elle nous explique comment elle extrait, avec son corps, un peu d’espoir dans ce monde atomisé.

Lundi 15 novembre 2021

Nebula de Vania Vaneau, 2021, Passages Transfestival, Metz © Raoul Gilibert-3147

Vous avez travaillé en trio pour Ora (Orée) (2019), en duo pour Ornement (2016), vous allez livrer un solo. Est-ce que cela a été décisif au moment de penser Nebula ? Comment c'est arrivé ?

L'expérience du trio est un partage duquel je sortais pour regarder et maitriser la forme de l'extérieur. Et pour Nebula, j'ai eu envie de revenir à un solo car c'est plus personnel. J'avais besoin de travailler dans un élan plus intuitif, une impulsion un peu plus consciente. C'est plus simple d'être seule pour cela.

C'est parce que vous avez l'intuition de travailler en solo que vous êtres allée vers ce sujet de la nature que vous dites « déjà détruite » ou c'est ce sujet qui vous conduit à la forme du solo ?

C'était les deux en même temps. Il y a un état d'urgence de quelque chose qui est fini, détruit et le devoir de répondre à ce sentiment apocalyptique avec un élan, une action, le jeu. Le solo est le plus approprié pour cela mais je travaille étroitement avec les compositeurs de Puce Moment, Nicolas Devos et Pénélope Michel. Assez vite, dans le processus, j'ai commencé à partager les idées avec la scénographe Célia Gondol. Finalement c'est une équipe avec aussi Abigail Fowler sur la lumière. C'était intéressant de voir comment chacun à son niveau est auteur de ce qu'il fait.

Votre instrument est le corps. Comment avez-vous fait pour travailler le sentiment apocalyptique que vous évoquez ?

Au départ je cherchais des gestes qui soient ceux du « faire », de fabrication des choses anciennes avec la terre, les éléments extérieurs. Revenir à la vannerie, la terre, l'argile - cela ne disparaît jamais – et voir comment l'humain interagit avec son environnement pour le transformer, pour créer de la vie (agriculture…). Dans l'avenir, cela persistera et on va peut-être créer d'autres types d'outils pour d'autres façons de travailler la terre et être en contact avec l'environnement d'une autre façon. Il faut aller vers un imaginaire : comment les matières pourraient se combiner (la pierre et le miroir, la lumière et les plantes…), les choses muter, voir les matériaux bruts qui pourraient dialoguer autrement entre eux. Voir aussi comment aussi le corps peut devenir un élément de la nature : devenir animal, plante, étoile, volcan. C'est un travail plus intérieur qui peut se rapprocher du butō*, de sensations physiques. Se dégage alors une figure un peu chimérique, qui se transforme le long de la pièce en possibilités de fictions et d'êtres magiques, un peu enchantés.

Nebula de Vania Vaneau, 2021, Passages Transfestival, Metz © Raoul Gilibert-3227


Avec la musique, vous chercher à construire une cérémonie, une nécropole sur votre sujet ou plutôt un monde enchanté comme vous le dites ? Quelle est la tonalité de Nebula ?

On ne l'a jamais nommée « cérémonie » mais la pièce a un côté rituel. Souvent mes pièces portent un peu ce format-là. Pour la musique, on est parti sur des sons qui pouvaient ressembler à des sons un peu naturels et qui sont aussi tordus pour devenir électroniques. A la fin on ne sait pas si c'est un animal ou une machine, il y a cette confusion. C'est un contexte tellurique avec des éléments assez sombres mais aussi un travail sur la voix (Pénélope chante dans la bande son et moi un peu également) pour convoquer des chants d'appels, des ritournelles et activer des connexions de vie. Puis il y a une partie plus mélodique qui appelle à plus de couleurs.

Vous dites souhaiter faire un « spectacle de guérison ». Comment s'y prend-on ?…

C'est un peu comme un rituel de mort ou de renaissance. Il y a une progression avec tous ces gestes plus concrets avec le charbon (préparer un terrain, manipuler avec des outils…) pour provoquer une transformation du corps, de l'espace et invoquer toutes ces forces un peu magiques pour redonner vie à cet espace. Et pouvoir entrer dans une danse de l'abandon, un peu cathartique, guérir un corps et un espace qui a été détruit.

Ce spectacle est une sorte de dernière danse, accompagner la fin d'un monde plutôt que d'en imaginer un autre ou vous êtes optimiste ?

Non pour moi la pièce n'est pas une fin. C'est une façon d'aller chercher de la lumière, de l'air, de l'espace plus loin. Reconstruire dans un autre niveau ce qui a été détruit pour trouver d'autres types de consciences, de lien, de relation.

Nebula de Vania Vaneau, 2021, Passages Transfestival, Metz © Raoul Gilibert-3208

Le titre Nebula c'est pour une façon de flotter au-dessus de ce monde détruit ? Comment est venu ce titre ?

C'est l'envie d'accéder à quelque chose de niveau cosmique, céleste. Les nébuleuses sont des sortes d'amas d'étoiles très colorées. Elles sont invisibles pour nous, ça ne se voit que par satellite. J'ai le désir de voir quelque chose d'invisible de plus loin plus large que la sphère humaine et terrestre. Et ça évoque les nuages, le nébuleux et le sombre. Travailler la couleur noire même si à la fin de la pièce la lumière arrive.


Vous avez dansé avec de grands chorégraphes (Wim Vandekeybus, Maguy Marin, Christian Rizzo…). Est-ce que ce que vous avez appris d'eux infuse dans votre travail aujourd'hui ?

Je n'ai fait qu'un projet avec Vandekeybus. Je ne peux pas dire que ce soit un langage qui me soit resté. Avec Maguy Marin, j'ai travaillé durant sept ans (Ha ! Ha !, Turba, May B, Umwelt, Description d'un combat, Salves…). C'est un grand apprentissage sur les méthodes de travail, la façon de concevoir le théâtre et l'art en général. Ca se transforme dans le temps. Mon chemin est différent maintenant. Et puis je travaille avec Christina Rizzo depuis cinq ans. Je danse sur sa création actuelle. C'est un imaginaire dont la forme est très différente de ce que je fais mais on a des points communs dans l'imaginaire des sensibilités qui peuvent se rapprocher. C'est bon aussi d'être interprète.

Vous travaillez beaucoup le toucher, on sort d'une période où il a été interdit, dangereux. On a encore du mal à le retrouver. Est-ce que cela a traversé ce travail sur Nebula ?

J'ai commencé à travailler Nebula avant le début de la crise sanitaire. Mais ça a complètement résonné avec cette situation particulière. On était en plein dans la thématique de l'apocalypse, de la destruction, comment renouer avec quelque chose de l'ordre du vivant. Je pense qu'on est de plus en plus nombreux à se relier aux autres avec des machines (téléphones, ordinateurs…) et c'est essentiel de revenir, même si ce n'est pas à plein, à son entourage, dans les vraies sensations, les choses tangibles, de faire, fabriquer soi-même, de ne pas s'éloigner pour se réfugier derrière un écran.

Nebula de Vania Vaneau, 2021, Passages Transfestival, Metz © Raoul Gilibert-3245

Vous avez créé ce spectacle dehors. Est que sa version extérieure sera très différente de la version intérieure que vous allez expérimenter pour la première fois aux SUBS ?

Depuis le début je voulais que ce soit une pièce protéiforme (dehors, dans une église, une ancienne ferme…) et sortir du cadre typique de la résidence de la production des pièces, souvent en studio pour que le résultat ne soit pas la production d'un spectacle mais une expérience partagée. Je voulais partir de la présence d'un corps dans la nature.

Vous n'avez pas l'impression d'enfermer ou asphyxier votre spectacle dans sa version plateau ?

Non car, comme j'avais déjà fait des allers-retours, je n'ai pas travaillé qu'en intérieur ; les deux versions dialoguent. On a trouvé des choses sur le plateau, d'autres dehors. Ca se complémente. Chacune permet des choses que l'autre ne permet pas et en même temps ça reste la même pièce.

Qu'est-ce que le plateau permet ?

L'environnement au plateau est plus créé par le son et la lumière que par la nature donc ça permet de choisir alors qu'en extérieur c'est parfois l'accident (le vent, la pluie, beaucoup ou pas de végétation). L'intérieur appelle plus le côté futuriste que l'autre car il y a deux polarités dans ce projet : aller chercher dans une pratique plus ancestrale et sauvage et, aussi, créer des objets et des éléments de la pièce qui seraient plus futuristes. Sur le plateau, on est plus dans un imaginaire futuriste car c'est plus technologique et dans la nature, je ressens plus le côté ancestral.

* danse d'avant-garde née au Japon à la fin des années 1950

Nebula

Du mardi 30 novembre au samedi 4 décembre à 20h ; 16€/13€/5€

Puce Moment live

Samedi 4 décembre à 21h30 ; 10€/5€

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Vania Vaneau, un corps phénix

Danse | Originaire du Brésil, formée à la danse dans son pays puis à Bruxelles, Vania Vaneau a été interprète pour certains des plus aventureux des chorégraphes (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 17 novembre 2021

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C'était un serpent de mer : comment, pour les Subs, récupérer l'exploitation du bar / restaurant situé en son site, jusqu'ici totalement déconnecté du lieu, de sa prog', de son esprit. Nathalie Perrin-Gilbert, l'élue à la Culture, a réussi a déloger les anciens gérants pour en rendre l'exploitation à Stéphane Malfettes, le directeur, qui en attendant de booster l'espace inaugure ce mercredi une toute nouvelle terrasse, immense, de 1000m2 face à la Saône, baptisée Subs-Culture où bientôt une vraie programmation prendra place. Du mercredi au vendredi, de 17h (15h le samedi) à 20h30, jusqu'à octobre. Ce mercredi 19, la première se fera en compagnie du Petit Bulletin, pour fêter notre retour, avec DJ sets de Senõr Tornado et Seb the Player.

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En 2012, le chorégraphe Olivier Dubois marque les esprits au Festival d'Avignon puis à Lyon, avec Tragédie. Dix-huit danseurs y marchent nus dans la pénombre, selon des règles précises, formant peu à peu un chœur hypnotique tragiquement humain. Pièce radicale, Tragédie s’inscrit aussi dans ce retour aux sources récurrent que le chorégraphe opère vers les origines de la danse : le rite, le chœur, le rythme, le corps, la transe… Quatre ans plus tard, les courses circulaires des vingt-quatre danseurs d’Auguri (présenté pour la première fois en France à la Biennale de Lyon en 2016) poursuivaient dans cette veine, battant au rythme des fondamentaux de la danse et du mouvement. Il y aura ensuite De l’origine, le solo autobiographique Pour sortir du jour et Tropismes… Mais creuser et retravailler les racines de la danse n’a j

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Les Ateliers de la Danse n'iront pas à Guimet

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Stéphane Malfettes : « le lieu bénéficie d'une aura très forte »

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Thomas Hauert : une traversée du chaos

Moi de la Danse | Chorégraphe suisse établi en Belgique, Thomas Hauert travaille depuis vingt ans au bord du chaos et de l'informe. Pièce fragile et libre, pour huit interprètes, How to proceed se veut l'écho d'un état du monde contemporain, comme l'explique Thomas Hauert dans cet entretien. La pièce est présentée cette semaine aux Subsistances dans le cadre du festival Moi de la Danse.

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Nadja Pobel | Mardi 27 mars 2018

Numeridanse : Dansons sur le web

Rendons à Charles Picq ce qui lui est dû : créer une mémoire de la danse. Ce réalisateur, membre du collectif Frigo dans les années 70-80, a dès l'ouverture de la Maison de la Danse en 1980 « la mission de produire des archives audiovisuelles en filmant les spectacles programmés au théâtre » comme il est rappelé sur le site, émanation de ses travaux précurseurs. Numeridanse.tv naît en 2011 et se nourrit en grande partie de son apport essentiel à la danse. Simple (et c'est déjà énorme) banque de données de spectacles au départ, le site, après une refonte en 2014, et une autre ce printemps, ne cesse de croître au point de compter 550 000 visiteurs uniques par an – des professionnels et le monde de l'éducation essentiellement pour l'heure. Le nouveau public à conquérir sera peut-être attiré par cette nouvelle proposition, adaptable à tous les navigateurs et toutes les supports. Les chiffres sont éloquents mais ne

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Qui suis-je quand je danse ?

Le Moi de la Danse | Troisième édition pour Moi de la Danse qui a pris ses quartiers d’hiver, côté Saône, depuis la semaine dernière. Le festival des Subsistances continue de (...)

Anne Huguet | Mercredi 17 janvier 2018

Qui suis-je quand je danse ?

Troisième édition pour Moi de la Danse qui a pris ses quartiers d’hiver, côté Saône, depuis la semaine dernière. Le festival des Subsistances continue de mettre en valeur les belles singularités de la danse contemporaine d’aujourd’hui, s’intéressant plutôt aux trajectoires personnelles et explorant la singularité des gestes chorégraphiques. Qui suis-je quand je danse ? Quelle partie de moi nourrit mon geste ? Qu’est-ce qui me fait danser ? Comment mon langage et ma gestuelle évoluent ? Fidèle à ses bonnes habitudes, le festival donne à voir de la danse mais aussi fait danser les spectateurs (danse-minute pour s’initier au lindy-hop ou popping, Bal dansant avec Thomas Lebrun) et alterne conférences ("Grand témoin" avec Christian Rizzo), ateliers, workshops et projections. À ne pas rater cette année : Flatland, œuvre vidéo multiprimée des deux artistes iraniens Alireza Keymanesh et Amir Pousti qui donnent vie, de manière poétique, par le biais de la danse, à des formes géométriques.

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Ça vous plaît ? C'est eux qui l'ont fait !

Ateliers | À chaque vacances scolaires, la problématique reste la même : comment occuper les enfants ? Surtout à l'occasion de vacances qui n'en sont pas vraiment. Suivez le guide.

Antoine Allègre | Mardi 19 décembre 2017

Ça vous plaît ? C'est eux qui l'ont fait !

La facilité "parents indignes" de les laisser scotcher devant la tablette n'étant pas (totalement) recevable, la meilleure solution est de leur ouvrir les portes vers le monde merveilleux des arts plastiques, des pratiques circassiennes ou d'un musée hautement fréquentable pour des ateliers. Pour ce qui est de la patouille tip top, la Galerie Vaubecour se trouve être l'écrin idéal pour sensibiliser l'enfant à la matière – et cela dès cinq ans. Déjà parce que l'endroit est magnifique et que la programmation jeune public est impeccable. Jugez plutôt : le 26 décembre, ils pourront sculpter et peindre la comète de Noël ; le lendemain, à partir de matériaux recyclés, ils imagineront un périple spatial. Le 28, ils empoigneront ciseaux, colle et tubes de peinture pour fabriquer leur propre planète terre (pour ensuite complèter le système solaire au grand complet le mardi 2 janvier). Le 3 janvier, ils se pencheront sur l'expédition Apollo 13 en direction de la Lune, grâce à des photomontages réalisés par leurs petites fourches caudines (et fabriqueront l'astre et ses prochaines voisines étoilées le 5 janvier). Le jeudi 4 janvier, ils in

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Bel et Buffard, les enfants terribles de la danse contemporaine

Non Danse | Une carte blanche donnée à Jérôme Bel, une reprise-hommage d'un chef-d’œuvre de Alain Buffard : la saison danse s'ouvre avec les plus exigeants et les plus talentueux des chorégraphes français. Retour sur deux figures dites de la non danse, qui sont d'abord et surtout deux artistes du corps et de la pensée en mouvement.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 septembre 2017

Bel et Buffard, les enfants terribles de la danse contemporaine

Le 21 décembre 2013, le chorégraphe Alain Buffard disparaissait sans que cela ne fasse la Une des journaux (mais pas dans l'indifférence totale de la presse pour autant). Pour les amoureux de la danse, pour les Lyonnais en particulier, c'est toute une série de souvenirs qui ont défilé ce jour-là, sur l'écran de nos mémoires : ceux de pièces atypiques, dérangeantes, expérimentales, pas toujours entièrement convaincantes, découvertes pour la plupart sur une petite ou une grande scène des Subsistances... Et, foudroyant et intact, s'est levé aussi le souvenir d'une pièce à part d'Alain Buffard, une fulgurance de noirceur et de travail complexe sur les ambiguïtés de la mémoire justement : Les Inconsolés, créée en 2005 aux Subsistances. Pièce résonant musicalement à nos oreilles de la superbe reprise du Roi des Aulnes de Goethe-Schubert par le chanteur travesti de cabaret Georgette Dee : « Mon fils, pourquoi caches-tu avec tant d'effroi ton visage ? / Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ? / Le Roi des Aulnes avec sa traîne et sa couronne ? / Mon fils, c'est un banc de brouillard.

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"Je danserai si je veux" : à nous trois !

ECRANS | de Maysaloun Hamoud (Pal-Isr-Fr, 1h42) avec Mouna Hawa, Sana Jammelieh, Shaden Kanboura…

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

Dans un petit appartement de Tel Aviv, elles sont trois colocataires aux mœurs, origines et parcours différents : Laila, l’avocate indépendante et séductrice ; Salma, la DJ cachant à ses parents son homosexualité. Et Nour, une étudiante très religieuse. Trois victimes en puissance des hommes… ou de la “puissance” des hommes. Maysaloun Hamoud offre un très intéressant changement de paradigme sur une région souvent montrée comme morcelée et divisée par la religion : ici, le clivage s’opère entre les hommes et les femmes. Et il y a même une sorte d’union sacrée cultuelle implicite pour pérenniser l’oppression ordinaire ou la sujétion des femmes. Ce kaléidoscope est d’autant plus triste que les plus libéraux (en apparence), qu’ils soient chrétiens ou musulmans, justifient leurs agissements et soignent leur hypocrisie en se réfugiant derrière les plus vils archaïsmes. À la fois état des lieux, cri de colère et manifeste, Je danserai si je veux est une réponse volontaire à un patriarcat chancelant, un médius haut tendu à ses ultimes tentatives pour maintenir s

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Au Mouton Danse, la cuisine du marché mondialisée

Restaurant | Rue de la Thibaudière, dans le 7e : Raphaël et Anissa Fortin ont pris la relève de l’Elémentaire. Ils servent une cuisine qui lorgne au delà des frontières, à arroser de vin naturel.

Adrien Simon | Mardi 28 février 2017

Au Mouton Danse, la cuisine du marché mondialisée

Un mouton noir en tutu a remplacé l’enseigne de L’Élementaire, le restaurant de Thibault Cuilleron (qui officie désormais au Cinq Mains, avec son Top Chef de frère). La déco a discrètement changé, sans folie. La cuisine, désormais élaborée par Damian Langman, oscille entre plats de bistrot (steak-sauce moutarde, poulet à l’estragon, fondant au chocolat) et propositions globe-trotteuses (une épaule d’agneau écossais s’entichant des « saveurs d’orient » ; un cabillaud en deux façons : posé sur une tartelette au wasabi et nageant dans un bouillon safrané). La carte contient aussi des plats végétaliens (du tofu fumé, sauce aux cacahuètes ; en dessert, une crème caramel à l’orange et vanille, faite de lait d’amande). On ménage ainsi le mouton et le chou : les vegans peuvent s'offrir un resto sans devoir soudoyer le chef, et sans que leurs convives, drogués à la bidoche, ne fassent la tronche à table. Les tenanciers (Raphaël et Anissa Fortin), pourtant omnivores, ont l’air heureux de contribuer au bien être (et bien manger) de tous et accueillent, un dimanche par mois, un "marché" garanti sans morceau d’an

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Le rythme dans le moi-peau

Le Moi de la Danse | Les Subsistances présentent la deuxième édition du passionnant rendez-vous Le Moi de la Danse : un festival de soli, où le moi se fait dansant, vibrant, changeant.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 janvier 2017

Le rythme dans le moi-peau

Et si, plutôt que de nous figer dans nos peurs et nous réfugier dans l'immobilité, nous inventions un "moi" dansant, plus souple dans son rapport à lui-même et aux autres ? Le chorégraphe Boris Charmatz nous y invite comme, plus largement, ce festival des Subsistances où il est invité : Le Moi de la Danse. Ce festival rassemble des artistes émergents (comme Fouad Nafili) et d'autres plus renommés (Carolyn Carlson) autour de ces questions de l'identité, singulière et plurielle à la fois. Depuis, au moins, l'écrit de l'anthropologue Marcel Mauss, Les techniques du corps, l'on sait les constructions historiques et relatives de nos postures corporelles et de nos façons de nous mouvoir. L'on sait aussi la possibilité

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Se remettre en mouvement avec Boris Charmatz

Le Moi de la Danse | Boris Charmatz est de retour aux Subsistances, pour un grand entretien et la reprise d'un solo de Tino Sehgal. Le chorégraphe revient sur son parcours, sa perception de la danse et son univers, trop rapidement qualifié de danse conceptuelle.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 janvier 2017

Se remettre en mouvement avec Boris Charmatz

On vous attribue souvent l'étiquette "danse conceptuelle". Est-ce qu'elle vous correspond vraiment ? Boris Charmatz : Au-delà de toutes les étiquettes (danse conceptuelle, non-danse...) je suis, et je me ressens avant tout, comme un danseur. J'ai commencé à douze ans, j'ai quitté ma famille pour aller danser, j'ai été formé au Ballet de l'Opéra de Paris et au Conservatoire de Lyon, je suis devenu professionnel à dix-sept ans... Aujourd'hui encore, je danse pour d'autres chorégraphes comme Anne Teresa De Keersmaeker ou Tino Sehgal. C'est à partir de la danse que j'ai pu écrire, lire, penser, faire des choses variées. Celle-ci est pour moi un endroit de pensée et pas seulement de pratique physique. J'adore transpirer dans un studio de répétition, j'aime aussi parallèlement interroger la place du corps et du danseur. Et vous aimez aussi bousculer les règles du spectacle, briser les frontières artistiques ? J'aime l'art tout terrain.

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Chronique d'une Biennale : Tabernacle !

Biennale de la Danse | Encore bien des déceptions pendant cette dernière semaine de Biennale de la Danse. Mais une belle surprise nous a permis de rapidement les oublier : Catherine Gaudet et sa danse viscérale venue du Canada.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 30 septembre 2016

Chronique d'une Biennale : Tabernacle !

Lancé par Christian Rizzo et Rachid Ouramdane, le courant que nous avons choisi de nommer la "Danse creuse" a fait cette semaine encore des émules : Cécilia Bengolea & François Chaignaud présentant une sorte d'étape de travail sans consistance, et, surtout, l'américain Jonah Bokaer aux pièces hiératiques dénuées de tout soupçon de chorégraphie ou d'intensité physique... De l'intensité et du corps, il a fallu en chercher au Québec avec l'étonnante pièce de Catherine Gaudet, Au sein de nos plus raides vertus (2014)... Pas besoin d'être grand linguiste pour deviner dans le titre même du spectacle quelques traits d'ironie libidineuse. Et c'est là, justement, tout le propos et tout l'intérêt du quatuor de Catherine Gaudet : comment dans un même corps, comment dans un même groupe (deux hommes et deux femmes confinés dans un espace scénique restreint et bien délimité), faire vivre, tressaillir

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"La Danseuse" : au nom de la Loïe

ECRANS | de Stéphanie Di Giusto (E-U, 1h48) avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry…

Vincent Raymond | Mardi 27 septembre 2016

Rétablir dans sa vérité Loïe Fuller, l’une des fondatrices de la danse contemporaine injustement éclipsée par la postérité d’épigones plus charismatiques — ou plus rouées, à l’image d’Isadora Duncan —, tel était le propos de Stéphanie Di Giusto. Une démarche louable et sincère… pour un résultat un peu bancal. Certes, la cinéaste mène à bien sa mission réhabilitation : Fuller ressort du film auréolée d’un statut de première artiste multimédia du XXe siècle ; d’instinctive de génie ayant su mêler spectacle vivant, sons et lumières avec un perfectionnisme confinant à la folie — le fait que la polyvalente (et gentiment… azimutée) Soko l’incarne contribue à dessiner la silhouette d’une créatrice éprise autant d’absolu que du désir de bouger les lignes. Mais la réalisation manque d’une audace à la hauteur du personnag

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À la Biennale, "Auguri" : ça tourne !

Biennale de la Danse | Olivier Dubois a secoué la Biennale de la Danse avec sa nouvelle création : une pièce aussi puissante qu'asphyxiante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 septembre 2016

À la Biennale,

Lundi, nous avons découvert le film d'Alain Guiraudie, Rester vertical. Jeudi, la nouvelle création du chorégraphe Olivier Dubois, Auguri (entre-temps, Christian Rizzo et Rachid Ouramdane avaient lancé à la Biennale un nouveau courant chorégraphico-dentaire : celui de la "danse creuse"). Lundi, nous nous sommes un peu ennuyés, jeudi pas une seconde. Pourtant, nous défendrions plus facilement le film de Guiraudie que la pièce, toute en surplomb, de Dubois... Les deux œuvres jouent sur des trajectoires circulaires, sur des éternels retours qui tentent de relancer, à chaque "tour", un nouveau désir ou un nouveau pan de condition humaine. Sur une bande son techno dramatique, Olivier Dubois fait courir, en cercle et à toute allure, ses vingt-quatre danseurs, avec des entrées et des sorties réglées au cordeau, des rythmiques effrénées impressionnantes, et un sens de la scénog

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Let's dance !

Biennale de la Danse | La Biennale démarre sur les chapeaux de roue cette semaine, avec certains des spectacles que nous vous avons conseillé dans notre dernier numéro. Parmi eux, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Let's dance !

La Biennale démarre sur les chapeaux de roue cette semaine, avec certains des spectacles que nous vous avons conseillé dans notre dernier numéro. Parmi eux, s'il n'y en avait qu'un à voir, insistons encore sur cet incroyable "danseur des solitudes" qu'est Israel Galvan, explosant les codes du flamenco pour des solos existentialistes entre grotesque et tragique, sur des musiques improbables. Cette semaine sera riche d'événements parallèles à la Biennale : avec l'ouverture de la passionnante exposition Corps rebelles au musée des Confluences et le remix d'Hervé Robbe de la fameuse pièce de Maurice Béjart, Messe pour le temps présent sur la musique de

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La Danseuse

ECRANS | Au lendemain de l’ouverture de la 17e Biennale lyonnaise, la danse s’insinue partout, y compris au cinéma avec l’avant-première du premier long-métrage de (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 septembre 2016

 La Danseuse

Au lendemain de l’ouverture de la 17e Biennale lyonnaise, la danse s’insinue partout, y compris au cinéma avec l’avant-première du premier long-métrage de Stéphanie Di Giusto, La Danseuse. Retraçant la carrière de Loïe Fuller, célèbre pour ses chorégraphies serpentines et ses voiles virevoltants, il narre aussi sa relation passionnée avec sa future rivale, Isadora Duncan. La projection se fera en présence de la cinéaste et de l’interprète du rôle-titre, Soko. Au Pathé Bellecour le jeudi 15 septembre à 20h30

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La saison danse 2016-2017 en un clin d'oeil

La Saison de la Danse | Même si les jeunes chorégraphes ont encore du mal à se faire une place à l'ombre de leurs aînés, la saison danse 2016-2017 s'annonce ouverte, riche et diverse. La fraîcheur des idées n'y sera pas forcément fonction de l'âge du capitaine...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

La saison danse 2016-2017 en un clin d'oeil

Directrice de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse, Dominique Hervieu répète à l'envi et avec courage en ces temps de budgets culturels en berne, sa volonté d'accompagner et de stimuler la création chorégraphique. Un nouveau lieu est en cours d'élaboration et de réfection dans l'enceinte de l'ancien Musée Guimet... Reste qu'en jetant un regard rapide sur sa programmation et sur celles de ses confrères, on ne peut s'empêcher d'avoir un sentiment de déjà vu, voire de réchauffé. C'est par exemple "l'archipel" de la Maison de la Danse consacré à Angelin Preljocaj, qui depuis plusieurs années se consacre davantage à l'esthétisme clinquant qu'à l'innovation. C'est la compagnie japonaise Sankai Juku qui viendra fêter ses quarante d'ans d'existence à la Maison de la Danse, alors qu'elle n'est plus que l'ombre de l'ombre d'elle-même, et plombe ce genre fascinant qu'est le

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Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Biennale de la Danse | La 17e Biennale de la Danse garde la tête haute et le tour de bras généreux, malgré un budget au rabais, embrassant une fois encore tous les styles de danse contemporaine actuels. Parmi les trente-sept spectacles proposés, en voici huit à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Israel Galvan, Flacomen Le « danseur des solitudes » comme l'appelle le critique et historien d'art Georges Didi-Huberman fait son retour sur les scènes lyonnaises, avec un solo datant de 2014, accompagné de musiciens free jazz et flamenco. On sait, et on n'arrête pas d'admirer, la capacité du chorégraphe-danseur à tordre en tous sens les codes du flamenco et à en extraire la pulpe fondamentalement tragique. Galvan hisse ce tragique à la condition de tout individu, montrant, avec humour ou pas, ces forces qui nous traversent et se heurtent à l'intérieur de soi. Ces forces antagonistes qui sont aussi au cœur dialectique de tout geste, de tout mouvement dansé. À la Maison de la Danse du 14 au 16 septembre Yuval Pick, Are Friends Electric ? À l'instar de Galvan, le Lyonnais

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Aux marges du ballet avec "Relève : histoire d'une création"

Le Film de la Semaine | Benjamin Millepied transmet à de jeunes danseurs du ballet de l’Opéra de Paris son inépuisable enthousiasme et livre, au terme d'un époustouflant contre-la-montre, sa première création en tant que directeur de la danse à Garnier. Édifiant et fascinant.

Vincent Raymond | Mercredi 7 septembre 2016

Aux marges du ballet avec

En 2013, la nomination de Benjamin Millepied à la tête du ballet de l’Opéra de Paris avait tout pour éveiller la suspicion des non initiés — eh quoi ! Trentenaire aux allures de gravure de mode, coqueluche des revues depuis son beau mariage avec une actrice à Oscar, il ressemblait moins au successeur attendu de la vétérane Brigitte Lefèvre, qu’à une concession à l’air du temps — un préjugé emballé dans un tutu rose, auquel sa démission expresse donnerait début 2016 la touche finale… N’en déplaise aux cancaniers, la présence du chorégraphe à ce poste n’avait rien d’usurpée ; et son passage, pour météorique qu’il fût, se révéla tout sauf anecdotique : Relève démontre en filigrane des coulisses de la création de Clear, Loud, Bright, Forward, à quel point Millepied semblait taillé pour y accomplir de nécessaires révolutions. Et Benjamin Millepied opéra… Relève porte ce regard original sur l’élaboration du ballet promis par le titre — de l’esquisse à la première — tout en intégrant des éléments périph

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Au Comœdia aussi, faut que ça danse !

Biennale de la Danse | En préambule de la 17e Biennale de la Danse qui s’ouvre le 14 septembre, le Comœdia accueille le lundi 5 septembre à 20h l’avant-première du documentaire (...)

Vincent Raymond | Jeudi 25 août 2016

Au Comœdia aussi, faut que ça danse !

En préambule de la 17e Biennale de la Danse qui s’ouvre le 14 septembre, le Comœdia accueille le lundi 5 septembre à 20h l’avant-première du documentaire Relève : histoire d’une création, où les réalisateurs Thierry Demaiziere et Alban Teurlai suivent les coulisses de la première création de Benjamin Millepied à l’Opéra de Paris en 2015. Si les deux auteurs seront présents pour échanger avec le public, l’on annonce la venue sous réserve du danseur et chorégraphe. Voilà qui devrait donner un contrepoint intéressant à ce film et un débat forcément enlevé… Lundi 5 septembre à 20h au Comœdia, Lyon.

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Le défilé de la Biennale déplacé au stade de Gerland

Biennale de la Danse | Le défilé de la Biennale de la Danse aura bien lieu le 18 septembre, mais dans l'enceinte du stade de Gerland et sur réservation préalable. La Fête des Lumières en décembre est également maintenue, même si sa forme pourrait évoluer pour les mêmes raisons liées à la sécurité.

Sébastien Broquet | Mercredi 24 août 2016

Le défilé de la Biennale déplacé au stade de Gerland

Les impératifs de sécurité auront finalement eu raison des festivités en liberté : le défilé de la Biennale de la Danse, rendez-vous populaire très attendu, aura bien lieu, mais en version "cloisonné" dans l'enceinte du stade de Gerland, le 18 septembre prochain à 16h. Et uniquement sur inscription (gratuite) au préalable : il faudra, à partir du 7 septembre, se rendre sur le site de la Biennale pour réserver sa place. 38 000 spectateurs maximum pourront assister au défilé dans l'enceinte, les autres devant se contenter de leur écran de télévision, nos confrères de France 3 diffusant l'événement en direct. Si l'esprit de la parade dans la ville s'éteint avec ce dispositif, c'était nécessaire selon le maire, Gérard Collomb, qui déclare dans un communiqué paru ce mercredi matin : « Il n’était pas question que les événements récents puissent avoir raison d’un rendez-vous aussi important et symbolique que

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"Sur quel pied danser " marie comédie musicale et film social

ECRANS | Un film de Paul Calori & Kostia Testut (Fr, 1h25) avec Pauline Etienne, Olivier Chantreau, François Morel

Vincent Raymond | Mercredi 6 juillet 2016

Que voilà un titre bien inspiré pour cette œuvre au séant certes remuant, mais ballottant entre deux sièges ! Portant la noble ambition de marier comédie musicale et film social en s’intéressant à la condition d’ouvrières de la chaussure flouées par leur immonde patron (pléonasme), elle rate son émulsion, sans parvenir non plus à mener aucun des deux projets artistiques à son terme. D’autant qu’osciller en permanence d’un conflit ouvrier traité au premier degré sur l’échelle Dardenne, au merveilleux évaporé et bariolé façon Demy, requiert du spectateur plus que de la souplesse : de la tolérance. Passons sur le fait que les séquences dansées pâtissent de cadrages étriqués et d’un montage dur comme une semelle ; que le premier chorus à l’usine souffre d’être comparé à Dancer in the Dark auquel il renvoie immanquablement, il reste encore une fausse bonne idée à déplorer : avoir confié à un aréopage de belles plumes (Jenne Cherhal, Albin de la Simone, Olivia Ruiz, Clarika…) le soin d’écrire paroles et musiques des chansons. Certes, la démarche participative est louable, mais le manque d’unité regrettable.

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Le programme du défilé de la Biennale

biennale de la danse | Depuis 1996, le défilé de la Biennale de la danse est le sommet chatoyant et festif d'un "iceberg" d'un an de travail dans plusieurs quartiers du (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 16 juin 2016

Le programme du défilé de la Biennale

Depuis 1996, le défilé de la Biennale de la danse est le sommet chatoyant et festif d'un "iceberg" d'un an de travail dans plusieurs quartiers du Grand Lyon (et même au-delà). L'événement, inventé par Guy Darmet lors d'une biennale consacrée au Brésil, s'inspire des écoles de samba pour le Carnaval de Rio. Cette année, ce seront douze groupes emmenés chacun par un chorégraphe professionnel (Mourad Merzouki, Fred Bedongué, Farid Azzout...) et 5000 participants qui défileront le dimanche 18 septembre, des Terreaux à la place Bellecour, sur le thème "Ensemble". « Les participants et les spectateurs vivront un rituel où s'éprouve et se vivifie un nouveau lien entre les artistes et la population. L'art dans l'espace public, à l'usage de tous, soutient notre engagement pour la démocratisation culturelle » écrit Dominique Hervieu, directrice de la Biennale. Place Bellecour, pour la clôture du défilé, plusieurs événements auront lieu : un concert de rumba avec la pa

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Une Biennale postmoderne

Biennale de la Danse | Toute Biennale de la Danse est constituée d'un mélange des genres, avec, cette année encore, du néoclassique (Thierry Malandain), du nouveau cirque (Collectif (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 juin 2016

Une Biennale postmoderne

Toute Biennale de la Danse est constituée d'un mélange des genres, avec, cette année encore, du néoclassique (Thierry Malandain), du nouveau cirque (Collectif Petit Travers), du moderne (une journée consacrée au Sacre du printemps), du people (Gallotta mettant en scène Olivia Ruiz), du foutraque (Bengolea et Chaignaud) et beaucoup de contemporain... Mais cette 17e édition (du 14 au 30 septembre) met l'accent aussi sur une ligne postmoderne où le contemporain se nourrit de la tradition, où la culture populaire s'hybride avec la culture savante. Yan Duyvendak, par exemple, propose une comédie musicale sur fond de crise économique et sociale contemporaine.

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Moi de la danse : Émoi, émois et... moi ?

SCENES | Nouveau festival dédié à la danse contemporaine, le Moi de la danse aux Subsistances poursuit sa quête d'identité(s) et promet, après Manuel Roque, une seconde belle découverte avec le chorégraphe portugais Marco Da Silva Ferreira. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 janvier 2016

Moi de la danse : Émoi, émois et... moi ?

Le Moi de la danse se focalise sur la singularité : du geste chorégraphié, de l'interprète, du chorégraphe. Avec le canadien Manuel Roque, les trois étaient réunis dans son impressionnant solo Data. Sur le Requiem de Gabriel Fauré, l'ancien circassien au corps en caoutchouc, rappelait que nous sommes tous la somme d'une série de figures mythologiques, religieuses, animales, anthropologiques... Une somme d'états du corps enracinée dans un passé à la mémoire anatomique que Manuel Roque dépliait, peu à peu, à travers une danse hyper expressive et poignante. On y a perçu les cris d'un enfant comme celui d'un Munch, la violence du toréador ou celle du danseur de flamenco, les métamorphoses d'un Actéon ou la souffrance d'un crucifié... Le "Je" ou le "Moi" du chorégraphe s'avère être une singularité traversant le millefeuilles archéologique du corps, ravivant sur scène les gestes des morts (Requiem) et les liturgies hiératiques du sacré. En résidence actuellement aux Subsistances, Manuel Roque y présentera une étape de travail de sa nouvelle création le mercredi 27 janvier (entrée gratuite).

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Lancement de la saison des Subs ce samedi

MUSIQUES | À l'issue de la représentation de Biopigs (voir notre critique) ce samedi 18 septembre, les Subsistances lanceront officiellement leur saison (...)

Nadja Pobel | Vendredi 18 septembre 2015

Lancement de la saison des Subs ce samedi

À l'issue de la représentation de Biopigs (voir notre critique) ce samedi 18 septembre, les Subsistances lanceront officiellement leur saison 2015/2016. À 21h30, la direction du lieu présentera la programmation à venir, puis James Stewart animera la soirée aux platines. Évenement gratuit avec food truck et une buvette.

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"Biopigs", du théâtre qui prêche aux convertis

SCENES | Passer les codes du théâtre à la moulinette ? Sophie Perez, Xavier Boussiron et leur compagnie du Zerep s’en sont fait une spécialité qui ne (...)

Nadja Pobel | Mardi 15 septembre 2015

Passer les codes du théâtre à la moulinette ? Sophie Perez, Xavier Boussiron et leur compagnie du Zerep s’en sont fait une spécialité qui ne manque ni de panache ni de pertinence. Les applaudissements n’interviennent d'ordinaire qu’en fin de pièce ? Qu’à cela ne tienne : en voilà qui scandent le début de Biopigs de façon mécanique – et ce pourrait être drôle si ce n'était pas qu'un exercice. Plus tard, après que les comédiens, survitaminés, ont moqué des artistes comme Peggy Guggenheim ou Sammy Davis Jr., des scènes plus ou moins cultes du théâtre sont détournées sous le regard laconique d'une grosse tête gluante aux yeux globuleux (pour en montrer la vacuité ? La force ? La question reste ouverte). C’est ainsi que l’on retrouve avec plaisir les notes de Massive Attack sur lesquelles ont dansé Pascal Gréggory et Patrice Chéreau dans Dans la solitude des champs de coton ou des ersatz de Stanislas Nordey et Audrey Bonnet rejouer, sans les cris et la douleur, Clôture de l’amour de Pascal Rambert. Mais à qui s’adresse ce spectacle ? De toute évidence, à ceux qui fréqu

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«Montrer qu'il reste de l'espoir» - Interview d'Abou Lagraa

SCENES | À la Maison de la danse, Abou Lagraa s’inspire pour sa nouvelle création du fragment le moins religieux du plus pieux des livres, et le fait entrer en vibration avec le temps contemporain. Un sacré défi.

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2015

«Montrer qu'il reste de l'espoir» - Interview d'Abou Lagraa

Vous ouvrez votre résidence et la saison de la Maison de la Danse avec Le Cantique des Cantiques, une création sous le signe du double — plus dans le sens de "conjugaison"» que de "dualité"… Abou Lagraa : C’est vrai. D’autant que je suis en co-création avec Mikaël Serre. C’est d’ailleurs la première fois que je travaille avec un metteur en scène : je ne pouvais pas ne pas travailler avec des comédiens et un metteur en scène autour d’un si beau poème, vieux de 2300 ans. On est dans une union parfaite sur scène : une danse de sensualité, de fluidité — très esthétique parce que j’aime cela — et des comédiens, tous ensemble autour d’un fabuleux texte métaphorique. Car si l’on regarde derrière Le Cantique…, il est question de liberté, de féminité, de l’homme qui a peur de la femme, de l’amour, du couple… Nous avons poussé un peu plus loin en parlant de l’amour en général, pour construire quelque chose d’accessible, de non élitiste. Ce texte est une parade amoureuse et rythmée, qui porte en lui des mouvements. Était-il évident de déduire des phrases chorégraphiques de ses phrases poétiques ?

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La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

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Le défilé de la Biennale fête ses dix ans

ACTUS | La manifestation la plus populaire de la Biennale de la danse aura lieu ce dimanche 14 septembre à partir de 14h, et déambulera entre la place des Terreaux et celle de Bellecour. Benjamin Mialot et Nadja Pobel

Benjamin Mialot | Samedi 13 septembre 2014

Le défilé de la Biennale fête ses dix ans

Initié par Guy Darmet en 1996, le défilé réunira cette année 4500 amateurs dans les rues de Lyon, soit 12 groupes venus de toute la région et encadrés par autant de compagnies professionnelles. Cette véritable parade chorégraphique – la plus grande d’Europe – a été conçue comme un retour aux sources d’inspiration du premier défilé : le carnaval de Rio, avec sa samba et ses chars colorés. Une fois n’est pas coutume, de grands noms de la danse contemporaine se mêleront à la fête. Ainsi de Denis Plassard, pour un projet impliquant 400 Turinois, autant de Lyonnais et des centaines de marionnettes crées avec la papesse du genre en France, Emilie Valantin, mais aussi de l’incontournable Mourad Merzouki (qui présentera à l’Amphi 3000 les 20 et 21 septembre Récital à 40, une relecture démultipliée de son premier spectacle, avec lequel il donna ses lettres de noblesse à la danse hip hop), des circassiens de la compagnie Virevolt (Aurélie et Martin Cuvelier) et de Bouba Landrille Tchouga. Cerise sur le gâteau, la chorégraphe sud-africaine Dada Masilo,

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A voir et à revoir

SCENES | Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

A voir et à revoir

Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes devraient comme à leur habitue s'y jouer des frontières entre danse et contorsion. D'un côté le démiurge James Thierrée qui, quatre ans après l'insulaire Raoul, compose avec Tabac rouge (du 10 au 22 septembre au TNP) un conte baroque plein de peine et de fureur : celles d'un peuple opprimé par un roi crapoteux régnant sur un fatras de miroirs rouillés, d’échafaudages de guingois et de meubles poussiéreux. De l'autre Yoann Bourgeois, qui poursuit avec Celui qui tombe (les 20 et 21 septembre à l'Opéra), pièce pour six interprètes sur un sol mobile, ses délicates études du corps en déséquilibre. Également au programme de la grand-messe de la chorégraphie, la compagnie XY, qui avec Il n'est pas encore minuit... (aux Célestins du 12 au 18 septembre puis à Villefranche en mai), une création pour pas moins de vingt-deux acrobates, démultiplie son art du porté jusqu'au vertige, et l'ex-athlète

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Biennale : faire le point, reprendre le pas

SCENES | En se donnant comme fil rouge la notion de performance, la 16e Biennale de la danse revisite le passé et interroge l'avenir. Un questionnement qui ne réduit pas la danse à son histoire, mais lui redonne son caractère toujours renaissant et intempestif. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 septembre 2014

Biennale : faire le point, reprendre le pas

Qu'est-ce qui, davantage qu'au théâtre bavard et au cirque virtuose, émeut donc toujours avec la danse ? Sa fragilité, sa fulgurance sans doute. Et, surtout, sa façon d'évoluer, d'éclore dans le pré-symbolique, le pré-verbal, sa façon de renaître toujours à nouveau, de recommencer comme si rien n'avait été réellement fait ni gagné... Chaque danse est, potentiellement, une naissance. « La danse n'entre pas dans le passé. Elle appartient toute entière au jadis. Elle sort. Elle est sortie de jadis n'arrivant nulle part. Elle ne veut ni passé ni visage ni mère ni langue ni société. Elle reste dans l'effroi, elle persiste dans le pur changement d'état. Elle n'avance pas : elle sort» écrit Pascal Quignard dans L'Origine de la danse. Son spectateur idéal ne doit donc s'attendre ni à ce qu'elle lui raconte une "histoire", ni à ce qu'elle ressemble à une autre danse. Ni même, parfois, à de la danse ! Pour renaître de ses propres cendres empesées, la danse, à plusieurs reprises, s'est rapprochée des arts plastiques et de son esprit performatif (c'est-à-dire contestataire, proche de l'improvisation, libéré des contraintes techniques et

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Une Biennale sous perfs

SCENES | La seizième Biennale de la danse, toujours aussi prolifique et hétéroclite, se place cette année sous le signe de la performance et de ses avatars contemporains. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 juin 2014

Une Biennale sous perfs

Pour sa deuxième Biennale, Dominique Hervieu enfonce le clou de ses convictions et de sa sensibilité. Si sa programmation, comme celle de son prédécesseur Guy Darmet, s'ouvre à tous les styles de danse contemporaine (du hip hop avec l'incontournable Mourad Merzouki au néoclassique en passant par le flamenco avec Rocío Molina et quelques chorégraphes inclassables), elle s'enrichit d'un nombre de créations plus important (comme cette Carmen selon Dada Masilo) et, surtout, se teinte de deux ensembles thématiques : le cirque contemporain et la performance. Si le premier, notamment représenté par James Thierée et la Compagnie XY, est aujourd'hui une quasi porte enfoncée, la réflexion annoncée sur l'actualité de la seconde promet d'être beaucoup plus stimulante ! Le fil rouge tissé par Dominique Hervieu

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Au bonheur des arts

SCENES | Dix ans que les Subsistances font contrepoids aux institutions culturelles lyonnaises. Durant un week-end sur la thématique du bonheur, ce laboratoire artistique se demande si «Ca va ?». Réponse par l’affirmative de sa co-directrice, Cathy Bouvard, qui n’a pas vu le temps passer. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 25 mars 2014

Au bonheur des arts

«Comment ça va sur la terre ? / - ça va, ça va, ça va bien. / Les petits chiens sont-ils prospères ? / - Mon Dieu oui, merci bien». Et si cette strophe de Jean Tardieu que les écoliers connaissent par cœur était un raccourci de ces dix années de Subsistances ? Car ce lieu atypique se porte bien. Les chiffres en attestent : 70 compagnies accueillies - dont 20 internationales -, environ 35 créations et 35 000 spectateurs par an. Cathy Bouvard, co-directrice du lieu avec Guy Walter (par ailleurs directeur de la Villa-Gillet), se dit elle-même heureuse du chemin parcouru (à toute allure), et d’y avoir fait découvrir – entre autres ! - ces Chiens auxquels elle n’accole même plus le nom "de Navarre" tant elle a connu tôt cette troupe, la programmant à plusieurs reprises bien avant que des lieux beaucoup plus institutionnalisés ne les réclament - comme le très médiatique Rond-Point parisien,  où ils ont fait l'événement en février. Les Chiens de Navarre donc, mais aussi le metteur en scène David Bobee, le comédien Gilles Pastor, les performeurs Steven Cohen et Phia Ménard… Une histoire de compagnonnage qui n’a jamais été pré-établie et s’est installée au fil du temps.

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Douces transes

SCENES | Quand il n'est plus d'imitation, l'art de la danse met en mouvement et en transformation certitudes, représentations et identités. Sur le modèle de la transe, l'artiste multimédia Ulf Langheinrich, invité du festival Sens dessus dessous, et la chorégraphe Vânia Vaneau, programmée par Chaos danse, nous proposent, chacun à leur manière, un accès à la métamorphose. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 mars 2014

Douces transes

L'époque, vous l'aurez noté, est au "trans" : transculturalité, transnationalité, transdisciplinarité, transgenre, transidentité... L'étymologie latine indique qu'il s'agit d'une attirance pour «l'autre côté», anciennement celui des dieux et du surnaturel avec le chamanisme et les rites de possession, aujourd'hui celui de l'autre culture (métissage), de l'autre sexe, de l'autre à l'intérieur de soi (le «Je est un autre» de Rimbaud), de l'autre du réel (le virtuel, le simulacre numérique cher à Jean Baudrillard). Quand, dans son livre fracassant Les Renards pâles (Gallimard, 2013), Yannick Haenel imagine une insurrection politique, celle-ci prend la figure d'une grande marche tribale et masquée, proche de la transe, dont l'un des buts est d'échapper à la réduction à l'identique, au "même côté" : « Nous nous mêlions ainsi les uns aux autres, dans une confusion tranquille, sans chercher aucune unité. La communauté, si elle existe, déjoue la clôture ; et c'est ce qui avait lieu : l'absence d'identité absorbait l'espace ».   Le philosophe Michel Fouc

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La danse s’éclate

SCENES | Après le passé (le Boom des années 80), la Maison de la danse se tourne vers l’avenir avec le festival Sens dessus dessous. Et invite cinq compagnies «qui (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 16 mai 2013

La danse s’éclate

Après le passé (le Boom des années 80), la Maison de la danse se tourne vers l’avenir avec le festival Sens dessus dessous. Et invite cinq compagnies «qui questionnent les formes scéniques, qui s’interrogent sur la fonction de l’art aujourd’hui et jouent avec les frontières des disciplines». On passera ainsi allégrement du nouveau one woman show (chant, danse, humour) d’Eugénie Rebetez, toute en rondeurs et truculences, aux manipulations mentales du magicien Thierry Collet ou à la "nature morte" dansée par le Nigérian Qudus Onikeku… Pour mieux brouiller les frontières encore, la compagnie belge Fabuleus reprendra son spectacle We Dance to Forget, fête déjantée nourrie pêle-mêle d'électro dancefloor, de rock et des grands classiques de la danse ! Au-delà de la révolte des chorégraphes de la non-danse des années 1990 (Alain Buffard, Boris Charmatz…), éclot une nouvelle génération d’artistes ouverts à bien des influences, bourrés d’énergie et n’hésitant pas à renouer avec l’expressionnisme, la narration, la "danse qui danse". On sera particulièrement attentif à la venue du Québécois Frédéri

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