Sélection d'auteurs à la Fête du livre

Nicolas Bros | Mardi 29 septembre 2015

À table !

L'ancien étudiant des Beaux-arts de Saint-Étienne, l'illustrateur-auteur de BD Guillaume Long nous régale de nouveau avec ce troisième tome d'À boire et à manger. Cet amoureux de la bonne bouffe qui tient un blog du même nom sur Le Monde.fr, en a tout naturellement tiré une bande dessinée. Recettes, anecdotes… tout est fait pour vous mettre l'eau à la bouche et le sourire aux lèvres ! Florence Barnola

À Boire et à manger, volume 3 - Du pain sur la planche, de Guillaume Long, aux Éditions Gallimard, 160 p.

Happy Birthday Fête du Livre

À l'occasion des 30 ans de la Fête du livre, l'équipe d'Isabelle Rabineau a concocté un cadeau ingénieux : un livre retraçant toute l'épopée depuis ses pré-débuts jusqu'à aujourd'hui, avec des témoignages d'auteurs, d'acteurs de la Fête, de lecteurs…Et des photos ! L'ouvrage est sous forme de catalogue, clin d'œil à celui de Manufrance. À lire comme un album de famille. FB

Saint-Étienne, le catalogue, 30 ans de Fêtes du Livre, aux Éditions de la Ville de Saint-Étienne, 350 p.

Le cimetière des éléphants

Le troisième roman d'Estelle Nollet est également en lice pour le Prix Charles Exbrayat cette année. Dans cette histoire, quatre personnages morts (dont une éléphante) errent dans une réserve africaine. À chacun son drame que l'on découvre comme on assemble un puzzle. Quand j'étais vivant est un huis clos parfois difficile à suivre mais avec cependant de sublimes et violentes descriptions de l'Afrique australe. FB

Quand j'étais vivant, d'Estelle Nollet, aux Éditions Albin Michel, 273 p.

Mission impossible à la mode littéraire

Le directeur de la recherche à l'ENSASE, Jean-Luc Bayard, mène l'enquête. Et si tous les livres de la maison d'édition étaient reliés les uns aux autres ? Si derrière ces milliers d'auteurs publiés, il y avait une organisation secrète dont ils sont les agents ? On retrouve des indices dans chacun des ouvrages… Dans P.O.L nid d'espions nous sommes au cœur d'un scandale littéraire sans précédent : lecteurs, nous sommes manipulés, les livres sont codés ! FB

P.O.L nid d'espions, de Jean-Luc Bayard, aux Editions P.O.L, 224p.

No redemption

Je vous écris dans le noir évoque un drame. Celui d'une jeune-femme brisée par la médiatisation. Elle s'appelle Pauline Dubuisson, son histoire a été librement adaptée par Clouzot dans la Vérité où Bardot l'interprétait… Depuis Pauline a du mal à se reconstruire, son passé la poursuit même exilée au Maroc. Le livre, beau mais dur, de Jean-Luc Seigle concoure lui aussi au Prix Charles Exbrayat 2015. FB

Je vous écris dans le noir, de Jean-Luc Seigle, aux Éditions Flammarion, 235 p.

La catharsis par le récit

Après les magnifiques Retour à Killybegs (Grand prix de l'Académie Française en 2011) et Le Quatrième Mur (en 2013), l'ex-reporter de Libé Sorj Chalandon revient sur le devant de la scène avec un livre en partie auto-biographique : Profession du père. Avec la figure du père en filigrane dans toute son oeuvre, c'est ici qu'elle prend toute sa place. Avec ce récit mené de main de maître, poignant et saisissant autour de la personnalité de "tyran domestique", qu'est André Choulans, mythomane de surcroît. Il fait mener la vie dure à son entourage, notamment à son fils Émile. Une dictature à l'échelle de la famille. Nicolas Bros

Profession du père, de Sorj Chalandon, aux Éditions Grasset, 320 p.

Contre l'obscurantisme

Si Houellebecq a fait beaucoup parler de lui et surtout de son roman Soumission en début d'année, juste avant le drame de Charlie Hebdo, il vaut mieux jeter un oeil à un autre roman d'anticipation : 2084 de Boualem Sansal. En référence au fameux 1984 de George Orwell sorti en 1949, le livre de Sansal prolonge le scénario terrifiant du totalitarisme politique en l'adaptant à un monde futur soumis à un régime totalitariste islamiste. Se qualifiant lui-même d'"islamistophobe", Boualem Sansal, par son oeuvre, combat toute forme d'obscurantisme religieux et le régime algérien depuis de nombreuses années. Avec ce livre coup de poing, Sansal est bien parti pour le Goncourt. NB

2084, de Boualem Sansal, aux Éditions Gallimard, 288 p.

Envers et contre tous !

Après avoir dépeint le destin singulier d'Esclarmonde, jeune fille violée mais pas abattue, s'échappant d'un mariage forcé en décidant de vivre en recluse (Du domaine des murmures sorti en 2011), Carole Martinez revient quatre ans après avec La terre qui penche, un roman qui dresse, encore une fois, un extraordinaire portrait d'une rebelle : Blanche. Carole Martinez fait mouche avec ce roman en forme de conte, explorant l'univers fascinant de cette jeune fille de 11 ans se battant pour apprendre à lire et à signer son nom contre l'avis de son père, bien décidé à l'en empêcher. Ce dernier considérant qu'une femme instruite est un danger. NB

La terre qui penche, de Carole Martinez, aux Éditions Gallimard, 288 p.

Mise à nue

Dans une société ultra médiatisée et où l'on peut se faire démonter en direct par les mots acerbes, Jessica Nelson nous propose un roman choral de suivre une jeune professeur qui sort son premier roman et qui se retrouve sur un plateau de télévision pour défendre son oeuvre. Elle propose de réfléchir aux limites de notre intimité, des dérives d'un certain voyeurisme et de la question de la fragilité face à un monde cruel. Un livre intéressant écrit par une habituée des plateaux télé et qui connaît donc bien son sujet.

Tandis que je me dénude, de Jessica Nelson, aux Éditions Belfond, 240 p.

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Boualem Sansal couronné

CONNAITRE | Le palmarès des prix de la 30ème Fête du livre de Saint-Étienne a été dévoilée. Le détonnant "2084" de Boualem Sansal est incontestablement l’œuvre majeure mise en avant lors de cette édition. Et c'est absolument mérité. NB

Nicolas Bros | Dimanche 18 octobre 2015

Boualem Sansal couronné

Pamir les nombreux prix littéraires décernés lors de la 30ème édition de la Fête du livre de Saint-Étienne qui se clôt aujourd'hui, retenons principalement deux prix. Mention spéciale pour la plume dissonnante et dérangeante de Boualem Sansal et son intense 2084 qui reçoit le Grand prix de la ville. Ce texte de projection ne peut laisser indifférent en posant des interrogations fondamentales. À découvrir absolument. Ensuite, Jean-Luc Seigle, prix Charles Exbrayat pour Je vous écris dans le noir. Un drame qui voit la médiatisation extrême fondre sur une jeune femme. Un livre beau et dur. Signalons que nous avions chroniqué ces deux titres dans un article à lire juste ici. Pour le reste des prix, la liste se trouve ci-dessous : - Grand prix de la ville de Saint-Etienne (récompense une œuvre douée de créativité et d'originalité) : Boualem Sansal, 2084 (Gallimard) - Prix bande dessinée STAS - ville de Saint-Etienne (r

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