Damien et Emeric Chazal, génération Nippon

Portrait / Manga forézien | Les deux créateurs montbrisonnais du manga Head Trick sortiront le onzième tome de la saga, le 11 novembre prochain. Entre enthousiasme, anecdotes, parcours jalonné de surprises et sacré grain de folie, les frères Chazal ne seraient-ils pas eux-mêmes tout aussi aventuriers que les personnages qu’ils façonnent ?

Cerise Rochet | Mardi 2 octobre 2018

Montbrison, un soir de semaine. Dans leurs locaux, les frères Chazal sont débordés. Des centaines de cartons, de grosses machines, des étagères, des figurines, des mangas… Et, au milieu de l'apparente pagaille - en réalité très organisée -, un petit bureau où Damien, le plus grand des frères, griffonne quelques notes sur un petit cahier. « Comme toujours, on est bien occupés en ce moment », s'excuse Emeric, son cadet. Depuis sept ans qu'Head Trick existe, les deux créateurs du célèbre manga ‘'made in Le Forez'' n'ont jamais trouvé le temps de prendre ne serait-ce qu'une semaine de vacances. « Mais ce qu'on fait nous passionne tellement qu'on ne vient jamais ici en traînant les pieds » lancent-ils, l'œil pétillant. Cet œil, c'est celui de deux adultes qui se sont construit un véritable rêve de gosse, au talent et au culot. Avec bonheur et enthousiasme, ils racontent leur histoire complètement dingue, en détails. Comme si, par moment, ils devaient encore se pincer pour réaliser que ce qui leur arrive est bien réel.

Imagination débordante

Pour Damien et Emeric, la grande aventure démarre il y a 25 ans. Encore gamins, les deux frères sont, comme des milliers de gamins de cette époque, totalement fascinés par les mangas que matraque Le Club Dorothée du matin au soir. D'une fascination pour l'écran, l'univers manga devient bientôt une obsession. Car, chez les Chazal, lorsque la télé s'éteint, l'histoire se poursuit. « On avait pas mal d'imagination, donc on inventait la suite des dessins animés qu'on voyait à la télé et on la dessinait, se rappelle Damien. Tous les soirs, on créait aussi une histoire pour la raconter à notre petit frère, Jimmy. Et puis, un jour, on a découvert qu'avant d'être un dessin animé, un manga, c'est surtout un livre. Et qu'en trouvant les livres, on pourrait connaître la suite de l'histoire bien plus vite qu'en attendant que les épisodes soient diffusés. »

Le temps passe, et, après avoir disséqué les mangas des autres en long en large et en travers, les deux frangins s'essaient à leur propre univers. Jusqu'à ce fameux jour où, alors qu'ils ont tous deux la petite vingtaine et qu'ils étudient en STAPS à Saint-Étienne, ils décident, sur un coup de tête, de faire un voyage au Japon, pour les vacances de Pâques. « Nous venons d'une famille modeste, ce qui fait que jusqu'ici, nous n'étions jamais vraiment allés plus loin que Saint-Étienne ! Quand on a dit ça à nos parents, ils nous ont pris pour des fous. » Mais, loin de les en dissuader, le père se souvient alors qu'Évelyne, sa cousine, vit au Japon. Un coup de fil à l'autre bout du monde, et les deux rêveurs sont invités à loger chez elle, à Tokyo, durant une dizaine de jours.

Déclic japonais

Et là… deuxième déclic. Au Japon, Damien et Emeric visitent bien-sûr les temples du manga, admiratifs, époustouflés. Mais ils découvrent surtout un autre monde, très codifié, une culture qui les séduit immédiatement. De retour en France, en pleine session de partiels, les frangins comprennent qu'ils ne deviendront pas profs de sport. Que leur vie tournera autour de ce qui les passionne, ou ne tournera pas. Damien file alors à Toulouse, pour intégrer une école d'infographie. Emeric, lui, entre en fac de Japonais, à Lyon. Dans ce nouvel avenir qu'ils sont en train de se construire, les frères Chazal se révèlent. Tant et si bien qu'Emeric sort de son DEUG major de promo, et décroche une bourse pour étudier un an au Japon.

En 2002, le cadet décolle donc, direction Kyoto. Profitant de cette présence sur place, le duo se lance alors dans l'import-export amateur, sur fond de réédition de figurines des Chevaliers du Zodiaque. Grâce à cette petite activité, ils font la connaissance de Mika, un Normand lui aussi fou de manga, et dessinateur de son état. Entre les trois, germe une idée folle : travailler ensemble à quelques planches, et les présenter à une maison d'édition japonaise. « J'ai pris rendez-vous dans la plus grande maison d'édition du Japon, Shueisha, qui édite DBZ, Naruto, One Piece, raconte Emeric. Quand je suis allé présenter notre travail, l'éditeur a adoré. Il ne voulait pas croire que nous étions tous français. Et il a fini par nous commander un pilote. » Incrédules mais fous de joie, les trois compères se remettent alors au travail et, quelques temps plus tard, retournent voir l'éditeur. « Il a trouvé ça très bon. Mais il a néanmoins refusé le projet, grogne Damien. Plus tard, on a appris qu'en fait, l'édition dans laquelle il voulait la publier avait été totalement remaniée, et que notre manga ne pouvait pas y trouver sa place. »

Internet, l'étude de marché

Rentrés en France, les deux frères, un peu refroidis, décident de relancer leur affaire d'import-export de produits dérivés japonais, mais cette fois-ci, de manière professionnelle. Pourtant, l'idée du manga est toujours là. Et puis, surtout, l'histoire qu'ils auraient envie de raconter commence à prendre forme. « On s'est rendu compte qu'il n'existait pas de mangas mêlant le sport et l'aventure. C'est comme ça qu'on a commencé à conceptualiser Head Trick. L'histoire d'un type, Ed, qui va rejoindre une équipe de foot, et à qui il va arriver des tas d'histoires. »

Et puis… rebelotte. Grâce à leur activité professionnelle, les frangins font la connaissance de K'Yat, un dessinateur belge à qui ils présentent le synopsis d'Head Trick. Ensemble, le trio lance le manga, exclusivement sur Internet, en guise d'étude de marché. En quelques mois, le site compte 20 000 abonnés. Assez pour que les trois compères croient en leur chance. En février 2011, ils créent leur maison d'édition, dans les locaux de Montbrison. Le premier tome est édité à 18 000 exemplaires. Sept ans plus tard, le onzième s'apprête à sortir. Entre temps, les Chazal ont définitivement laissé tomber l'import-export et sorti leurs propres produits dérivés. En 2017, Hachette est devenu leur distributeur. Les dix précédents tomes ont donc été réédités, en milliers d'exemplaires. Au lancement d'Head Trick, Jimmy, le petit frère, a quant à lui rejoint l'aventure, en tant que directeur éditorial. Et aujourd'hui, c'est toujours à lui, que les deux plus grands racontent leurs histoires avant de les coucher sur le papier.


Repères :

1992-1997 : Adolescents, Damien et Emeric découvrent les mangas avec Le Club Dorothée.
2000 : "Décision historique" : les 2 frères font leur 1er voyage au Japon. Damien a 21 ans, Emeric, 19.
2002 : Emeric s'envole pour passer un an à Kyoto
2004 : Les 2 frères proposent un projet de manga à la plus grande maison d'édition japonaise. Il est refusé, mais l'éditeur est bluffé par leur talent.
2009 : Rencontre avec le dessinateur K'Yat, lancement d'Head Trick sur le net.
2011 : Lancement de la maison d'édition, et du 1er tome d'Head Trick sur papier.
2017 : Hachette devient le distributeur d'Head Trick.
Novembre 2018 : Sortie du onzième tome

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Niko Rodamel | Mardi 9 juin 2020

Véronique Vernette : c’est le Wax qu’elle préfère

Véronique est née à Marseille en 1972, année du doublé historique coupe-championnat réalisé par l’OM. Pour autant, ce n’est pas du tout le monde du sport qui attirera la fillette, laquelle grandira d’ailleurs à Valence. « Nous étions quatre enfants à la maison. Je crois que très tôt j’ai aimé dessiner alors qu’il n’y avait pas vraiment de prédisposition artistique dans la famille. Mais nous avons eu la chance d’avoir des parents qui étaient à l’écoute de nos envies. » Dès l’âge de sept ans, la jeune fille commence à suivre des cours de dessin. Elle se souvient d’une grande complicité avec son grand-père qui l’emmène un jour à Nîmes pour visiter une exposition de Picasso. « Il m’avait même acheté le catalogue de l’expo, que j’ai encore aujourd’hui. Sur le chemin du retour, j’avais l’impression de revenir chez moi avec un trésor dans les mains ! » Attirée par l’Inde ou l’Afrique noire, Véronique rêve aussi de voyages au long cours, lit les grands récits des premiers voyageurs. Après des années collège et lycée sans histoires pendant lesquelles elle poursuit les cours du soir pour dessiner toujours plus, l’adolescente obtient son Bac A1, option arts plastiques.

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Jean-Claude Tavaud : Ness sort de son Bul

Portrait | Figure emblématique des nuits stéphanoises, il est sans doute davantage connu sous le surnom Ness du Bul, barman pendant près de trois décennies dans la plus ancienne boîte de nuit de la ville, aujourd'hui en vente. Désormais retiré des affaires, l'homme a retrouvé le grand air de la Haute-Loire. Rencontre.

Niko Rodamel | Mercredi 4 mars 2020

Jean-Claude Tavaud : Ness sort de son Bul

Jean-Claude nous reçoit à 14h dans son petit appartement douillet du centre de Monistrol-sur-Loire, rue de l'Evêché, à quelques mètres de l'église. Mais on le sait bien, l'adresse ne fait le moine ! Le café est prêt, la tarte aux pommes est servie... Avant de devenir barman, Jean-Claude avait d'abord travaillé en usine, à Saint-Étienne. Pendant sept ans il trime chez Calor, entre la mécanique générale et le service contrôle. Lorsque l'unité de production ferme ses portes, un ami lui propose de travailler au bar Le Kiosque, place Jean-Jaurès, où il restera trois ans. « Lorsque le patron a vendu la boutique, j'ai fait un essai à Paris mais le stress de la capitale c'était pas pour moi : quand tu es né sous le cul des vaches, c'est difficile d'en sortir ! » Le jeune homme part alors faire une saison à Sainte-Maxime, assurant le bar, le service et l'animation dans un village de vacances appartenant à la société Kodak. Après une expérience décevante à La Plagne, Ness retrouve la cité stéphanoise, évolue un temps au Nota Bene, puis enchaîne les boulots ici ou là. « J'ai assuré quelques remplacements dans des discothèques, jusqu'à ce que Franck et Gérard, les patr

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Farid Bouabdellah, sans complexe

Portrait | Ancien directeur de la MJC Beaulieu, actuel programmateur du festival des Arts Burlesques et meneur de multitudes de projets, Farid Bouabdellah est un engagé sans rage, un cultureux sans costume, un homme sans entrave. Itinéraire de cet enfant de la République qui jamais, ne s’arrête de réfléchir.

Cerise Rochet | Mercredi 5 février 2020

Farid Bouabdellah, sans complexe

Il nous aura fallu 2h30 découpées en deux rendez-vous avec Farid Bouabdellah, pour balayer son parcours. Trouver un créneau dans son agenda bien rempli, puis l’écouter chercher les mots exacts, leur donner le bon sens, digresser, revenir, repartir… Éloquent, l’homme est du genre à se laisser aller à la discussion avec voracité, quittant bien volontiers le terrain de sa propre histoire pour grimper à hauteur d’idées, de mise en perspective et de théories. Né à Firminy en 1972, Farid a trempé dans la culture dès son plus jeune âge, faisant le grand écart entre ce qu’il regardait à la télé et le Concert des potes, l’institutionnalisé et le bouillonnement populaire. Curieux, attentif, il observe le monde, le pense et tente de le comprendre, forme sa conscience grâce à ce qu’il voit et à ce qu’il entend. « J’ai eu la chance d’avoir des grands frères avec lesquels je regardais La Dernière séance, L’Heure de Vérité, ce genre de programmes. Ils m’ont permis de m’éveiller, ils m’ont rendu curieux. Et puis, il y a eu ces premiers concerts de SOS Racisme, avec lesquels la culture pouvait être un vecteur de solidarité et d’égalité. À partir de ce mom

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Vincent Delerm présente son documentaire

ECRANS | Parallèlement à ses deux concerts au festival Les Poly'sons de Montbrison (4 et 5 février prochains), Vincent Delerm en profite pour présenter, au cours de (...)

Nicolas Bros | Mercredi 8 janvier 2020

Vincent Delerm présente son documentaire

Parallèlement à ses deux concerts au festival Les Poly'sons de Montbrison (4 et 5 février prochains), Vincent Delerm en profite pour présenter, au cours de deux séances les mêmes jours à 18h au cinéma Rex de la sous-préfecture ligérienne, son premier quasi long-métrage documentaire Je ne sais pas si c’est tout le monde. Je ne sais pas si c’est tout le monde, de Vincent Delerm, mardi 4 et mercredi 5 février à 18h au cinéma Rex Montbrison, en présence du réalisateur

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Aurélie Voltz, Madame la commissaire en chef

Portrait | Un peu plus de deux ans après après son arrivée à la direction du Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole, Aurélie Voltz a résolument pris ses nouvelles marques, loin de Paris, sa ville-racine. Rencontre avec une femme de conviction qui, riche d'un parcours sans faute de goût, entend bien faire bouger les lignes. Texte et photo Niko Rodamel

Niko Rodamel | Mercredi 8 janvier 2020

Aurélie Voltz, Madame la commissaire en chef

Alors qu'en 1973 disparaissent de la scène artistique deux illustres Pablo, Neruda et Picasso, naît à Paname la petite Aurélie, au sein d'une famille baignée de culture. Maman est journaliste pour le magazine Connaissance des arts, papa est graphiste. « Dès l'âge de quatre ans mes parents m'ont régulièrement emmenée au Centre Georges-Pompidou qui venait d'ouvrir. Nous allions aussi au marché aux puces, ce qui a sans doute développé chez moi un certain intérêt pour tous types d'arts, jusqu'à l'artisanat. » Aurélie grandit ainsi à Paris dans un appartement peuplé d'objets issus de différentes cultures et de différentes époques. Elle est pourtant davantage portée vers les lettres, le français... Elle entreprend ainsi des études littéraires au cours desquelles elle est très tôt attirée par le XIXᵉ siècle. L'adolescente nourrit notamment une réelle passion pour le mouvement anglais des préraphaélites. C'est peut-être même un tableau en particulier, Ophélia, peint par John Everett Millais en 1851, qui sera un des éléments déclencheurs d'une vocation sous-jacente. « C'est une oeuvre qui m'a vraiment impressionnée et touchée, avant même que je ne com

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Bien sages

Festival chanson | Le festival Les Poly'Sons de Montbrison propose comme chaque année son lot de découvertes et de valeurs sûres dans la chanson francophone. La cuvée 2020 donne une belle part à quelques pépites à écouter de très près mais aussi à des "anciens" que l'on aime toujours autant. Sélection. Par Nicolas Bros, Stéphane Duchêne et Niko Rodamel

La rédaction | Mercredi 8 janvier 2020

Bien sages

Zozo lala* Fantasque, Léopoldine HH. l’est assurément. Cette amoureuse des jolis mots avait sorti un premier album remarqué en 2016, Blumen in Topf. Une galette qui n’est pas passée inaperçue du côté du théâtre des Pénitents de Montbrison, qui a décidé d’offrir à cette artiste formée à l’École de la Comédie de Saint-Étienne, la possibilité d’être "artiste-compagnon" pendant la saison et notamment les Poly'sons. Trois dates programmées dont un concert avec la Maîtrise de la Loire sur les textes de Gildas Milin et un duo avec Maxime Kerzanet autour de l’œuvre de Gérard Manset. NB Leopoldine HH, vendredi 17 et samedi 18 janvier au théâtre des Pénitents à Montbrison On voudrait revivre mardi 11 février à 20h30 également aux Pénitents *Zozo lala = expression allemande qu'on pourrait traduire par "Comme-ci comme-ça" et est un des titres de Léopoldine HH. Tout schuss Le traditionnel concert des Poly’sons aux pieds des pistes de Chalmazel risque bien d’être épique et mé

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On ne babille pas avec l’humour

Rire | Nous sommes là dans du pur théâtre de divertissement. Du comique de situation et de répliques, des rires appuyés… Du jeu au profit de l’humour, du boulevard (...)

Cerise Rochet | Mercredi 4 décembre 2019

On ne babille pas avec l’humour

Nous sommes là dans du pur théâtre de divertissement. Du comique de situation et de répliques, des rires appuyés… Du jeu au profit de l’humour, du boulevard populaire, du spectacle léger et drôle qui ne porte pas d’autres ambitions que celle de nous faire marrer un bon coup. Dans Un espion peut en cacher un autre, tout se passe dans un train. S’installant seule dans un compartiment, Sonia Duval va bien vite se rendre compte que quelqu’un l’observe, attendant patiemment de pouvoir l’approcher pour l’entraîner avec lui dans une mission périlleuse… Elle, auteure ratée et vulgaire ; lui, empêtré dans une véritable histoire de dingue… Ensemble, de l’absurde, du loufoque, de la désopilance, des mots crus, des phrases un peu grossières, mais un duo qui bien vite va fonctionner en totale synergie. Derrière cet Espion, on retrouve la compagnie lyonnaise les Babilleurs, habituée à la création de spectacle de théâtre musical. Du chant mêlé à du jeu, mais finalement aussi bien d’autres choses… Et notamment des textes, écrits et joués, comme ici. Tant qu’il y a du rire, et que l’on ne se prend pas au sérieux. Un espion peut en cache

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Henri Dalem / Œil de lynx et patte de chat

Portrait | Directeur du théâtre des Pénitents depuis près de trois ans, Henri Dalem coule goutte à goutte sa vision du spectacle vivant, avec précaution et délicatesse. Portrait d’un théâtreux attentif à l’Autre et à ce qui l’entoure.

Cerise Rochet | Mercredi 4 décembre 2019

Henri Dalem / Œil de lynx et patte de chat

C’est en poussant son petit vélo rouge qu’Henri Dalem fend la brume nocturne pour nous rejoindre du côté de la Gare de Châteaucreux, un début de soirée de novembre. Entre deux trains, il a une heure et demie à nous consacrer, pour nous parler de lui, de son parcours, de son boulot. « Exercice narcissique », analysera-t-il après l’entretien. Homme de théâtre plus habitué à l’ombre qu’à la lumière, ce Parisien débarqué à Montbrison il y a un peu moins de trois ans est de ceux qui rechignent généralement à se mettre en avant, préférant de loin l’aventure collective. De ceux qui prennent la parole sur scène, juste avant une représentation « parce que le spectacle n’est pas arrivé là tout seul », et parce qu’il tient à ce que le public « comprenne les articulations à l’œuvre entre tous ceux qui lui permettent d’avoir lieu ». De ceux qui ont choisi la voie du théâtre pour la vie de troupe, avant toute autre chose. De ceux qui ne disent que très rarement « je », au profit du « nous ». Avant Montbrison, la mise en scène Longtemps metteur en scène et directeur de compagnies, Henri Dalem a su très vite, qu’il ne serait p

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Coup de grisou littéraire

Polars | Après une première édition couronnée de succès (sept auteurs présents, deux tables rondes organisées et une soixantaine de visiteurs), le rendez-vous du polar (...)

Nicolas Bros | Lundi 18 novembre 2019

Coup de grisou littéraire

Après une première édition couronnée de succès (sept auteurs présents, deux tables rondes organisées et une soixantaine de visiteurs), le rendez-vous du polar de la Librairie de Paris, Les Gueules Noires du Polar, reviennent vendredi 22 et samedi 23 novembre. « La formule reste la même que l'année dernière avec le parti-pris d'avoir un événement convivial, dans un format plus restreint qu'un salon littéraire classique, tout en ayant une programmation de qualité, explique Anne-Laure Billon, libraire du rayon polar à la Librairie de Paris. Cette année, ce sont huit auteurs qui seront présents pour des rencontres et tables rondes. » Pour cette seconde édition, la librairie peut compter sur la présence de Deloupy, Céline Denjean, Pascale Dietrich, Sylvain Forge, Nicolas Lebel, Eric Plamondon, Romain Strajnic et Niko Tackian. Trois tables rondes sont programmées avec différentes thématiques abordées, toutes modérées par un professionnel. D'autres animations sont proposées, comme un apéro-dédicace le vendredi 22 novembre en partenariat avec le Lycée hôtelier Le Renouveau ou encore des jeux pour les ados pendant les tables rondes (sur inscription à lesgueulesnoiresdup

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"Noura rêve" : Divorce à la tunisienne

ECRANS | De Hinde Boujemaa (Tun.-Bel.-Fr, 1h30) avec Hend Sabri, Lotfi Abdelli, Hakim Boumsaoudi…

Vincent Raymond | Mercredi 13 novembre 2019

Son époux incarcéré, Noura a refait sa vie avec Lassad et attend avec impatience que son divorce soit prononcé. Son mari étant libéré plus tôt que prévu, Noura doit faire profil bas pour ne pas risquer 5 ans de réclusion pour adultère, ni perdre ses enfants et son travail… De la condition féminine dans les pays du Maghreb post Révolution de Jasmin ? Oui et non. Car si l’histoire de Noura s’inscrit dans le sillage des réalisations tunisiennes rendant compte de la difficile situation des femmes dans une société conditionnée par l‘emprise patriarcale — à l’instar de l’exemplaire La Belle et la Meute de Kaouther Ben Hania —, elle pourrait tout aussi bien (ou mal) se dérouler en France, où rappelons-le puisque cela ne semble pas beaucoup émouvoir en haut lieu, 129 femmes ont été tuées par leurs compagnons (ou ex-) depuis le début 2019. Il n

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Cousu-main

Théâtre | Le Collectif 7 entame une tournée régionale avec "Un Fil à la Patte", grand classique du vaudeville signé Feydeau.

Cerise Rochet | Mardi 5 novembre 2019

Cousu-main

Dans le genre Vaudeville, on demande le boss. Et on obtient Feydeau, inlassablement, depuis 90 ans. Maître en la matière, impérissable théâtreux, observateur fin et juste de la fin du XIXe siècle, l’auteur dramatique nous régale, partout, tout le temps, sans couac ni fausse note. Jamais, depuis sa mort, Feydeau n’a cessé d’être joué. Jamais, d’ailleurs, le public ne l’a boudé. Cette année encore, il est partout : au cinéma, à la Comédie-Française, et à la Comédie de Saint-Étienne, par deux fois. En janvier, avec une pièce adaptée de Mais n’te promène donc pas toute nue. Et ce mois-ci, avec le célèbre Un Fil à la Patte, qui sera ensuite joué à Montbrison, Roanne puis L'Horme. Une histoire de rebondissements, de portes qui claquent, de personnages qui ne sont et ne font pas ce que l’on attend d’eux, qui foutent un bordel monstre puis tentent avec malice de sauver leurs fesses, « non ce n’est pas moi, je n’ai rien fait, oh regardez, derrière-vous, un lapin ! » Le sur-mesure à la Stéphanoise Ici, tout démarre avec Fernand, sur le point d’épouser Viviane. Et avec sa future belle-mère, qui bien sûr, ne trouve rien de mieux à faire que d

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MC Pampille, nu comme un Vert

Portrait | Il est rappeur, il est vêtu de vert de la tête aux pieds en hommage à son équipe préférée, il est de retour avec un nouvel album, Sur le Banc de touche, qui sortira à la fin du mois. Durant une heure, il y a peu, on a joué son jeu, il nous a fait rire, on l'a fait parler, lors d'une discussion complètement barrée. Portrait d'un personnage stéphanois aussi loufoque qu'attachant.

Cerise Rochet | Mardi 5 novembre 2019

MC Pampille, nu comme un Vert

« Âller ma graainde, vâââs-y, pôôôse-moi tes questiaons ! » C’est au Fil de Saint-Étienne, sur un canap’ un peu mou et à proximité d’un frigo dans lequel quelqu’un a semble-t-il oublié un fromage il y a plusieurs années, qu’MC Pampille nous rejoint pour une interview, un après-midi du mois d’octobre. Un décor aussi relax qu’improvisé, qui colle finalement pile-poil avec le style "décalé-pas-prise-de-chou" du rappeur stéphanois. Cinq ans, qu’on ne l’avait pas vu, ou presque. Cinq ans au cours desquels Pampille a eu besoin de s’éloigner des projecteurs, braqués sur lui depuis la sortie en 2010 (à peu près, il ne se rappelle plus très bien) de sa chanson Une journée de fou, qui l'a propulsé tout en haut des charts ligériens. Alors, pour son grand retour, le Stéphanois a décidé de se faire tout beau, avec une nouvelle tenue dont il n'est pas peu fier. Et franchement, quand on le voit habillé comme ça, ça se comprend. Exit le survet' de l'ASS'. Aujourd'hui, Pampille porte le bob griffé Kangol, et le blouson vert et blanc façon unive

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Tout pour la planète

SCENES | Elle s'appelle Zélia, elle est collégienne, et elle est déterminée. Après avoir suivi une session de sensibilisation à l'écologie, la jeune fille n'en démord (...)

Cerise Rochet | Mardi 3 septembre 2019

Tout pour la planète

Elle s'appelle Zélia, elle est collégienne, et elle est déterminée. Après avoir suivi une session de sensibilisation à l'écologie, la jeune fille n'en démord plus : la planète ne tiendra pas le coup, il est urgent d'agir... Et c'est sa propre famille, qui va devoir se mettre au pli et réduire bon gré, mal gré, son empreinte carbone. Je Suis vert, une pièce à peine romancée des maux écolos de notre époque, dans laquelle les plus jeunes retrouvent leur place de combattants en faveur d'un monde qui doit changer pour survivre. Je suis vert, mardi 19 novembre à 19h30 au théâtre des Pénitents à Montbrison

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"Le Mariage de Verida" : Gavissime

ECRANS | de Michela Occhipinti (It., 1h34) avec Sidi Mohamed Chinghaly, Verida Beitta Ahmed Deiche, Aichetou Abdallahi Najim…

Vincent Raymond | Mercredi 4 septembre 2019

Mauritanie, de nos jours. L’existence de Verida tourne autour du salon de beauté de sa grand-mère et de ses deux amies. Ses parents ayant décidé de la marier, elle entame non sans renâcler un rite prénuptial destiné à la faire grossir : le gavage. Une coutume entre torture et hypocrisie… Il n’est pas rare de voir des fictions à destination quasi exclusive du public des pays occidentaux vitupérer telle ou telle survivance d’une coutume archaïque, affirmant généralement la mainmise du patriarcat sur la population féminine : excision, obligation de se couvrir dès l’adolescence, mariages forcés etc. Misant beaucoup sur leur valeur documentaire, elles reproduisent en général la forme du film-dossier en respectant des standards cinématographiques schématiques. Cette catégorie de films pointe évidemment l’odieuse différence de traitements entre hommes et femmes, mais aussi les petits arrangements avec la tradition ou la religion permettant d’accomplir toutes les entorses aux règles que l’on désire… tant qu’elles demeurent à l’abri des regards. Ici, les femmes ont souffert de leur “régime“, mais le perpétuent sur leurs filles sans fin, se f

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"Portrait de la jeune fille en feu" : Consumée d’amour

Prix du scénario | Sur fond de dissimulation artistique, Céline Sciamma filme le rapprochement intellectuel et intime de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Merlant/Haenel.

Vincent Raymond | Mercredi 18 septembre 2019

Fin XVIIIe. Officiellement embauchée comme dame de compagnie auprès d’Héloïse, Marianne a en réalité la mission de peintre la jeune femme qui, tout juste arrachée au couvent pour convoler, refuse de poser car elle refuse ce mariage. Une relation profonde, faite de contemplation et de dialogues, va naître entre elles… Il est courant de dire des romanciers qu’ils n’écrivent jamais qu’un livre, ou des cinéastes qu’ils ne tournent qu’un film. Non que leur inspiration soit irrémédiablement tarie au bout d’un opus, mais l’inconscient de leur créativité fait ressurgir à leur corps défendant des figures communes ; des obsessions ou manies constitutives d’un style, formant in fine les caractéristiques d’une œuvre. Et de leur singularité d’artiste. Ainsi ce duo Héloïse-Marianne, autour duquel gravite une troisième partenaire (la soubrette), rappelle-t-il le noyau matriciel de Naissance des pieuvres (2007) premier long métrage de Céline Sciamma : même contemplation fascinée pour une jeune femme à l’aura envoûtante, déjà incarnée par Adèle Haenel, mêmes souffrances dans l’affirmation d’une identité intime.

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Daniel Damart, lu et approuvé

CONNAITRE | Ingénieur industriel, tenancier de galerie d'art et éditeur indépendant, Daniel Damart a porté bien des casquettes. Il dirige aujourd'hui la maison d'édition Le Réalgar et, avec l'Association des Éditeurs Stéphanois dont il a la présidence, s'attache à promouvoir l'édition locale dans Loire.

Antoine Desvoivre | Vendredi 19 juillet 2019

Daniel Damart, lu et approuvé

« Quand j'étais lycéen, je voulais être libraire et j'ai terminé ingénieur. C'est comme ça, c'est la vie. » Grand lecteur dès son enfance, Daniel dévore Jules Verne à longueur de journée. Cette passion naissante pour la littérature française et les arts, éveille en lui l'envie de travailler dans le monde des lettres. Mais loin de l'odeur des vieux bouquins, c'est dans les usines de l'entreprise Haulotte qu'il commence sa carrière. Un tel revirement dans son parcours professionnel « est surement dû à un peu d’atavisme familial » concède-t-il, son père étant lui même ingénieur. C'est selon lui une caractéristique très française, que de « mettre les gens dans une case, dès vingt ans, au moment où ils terminent leurs études et d'imaginer qu'ils n'en changeront jamais. » Au cours de sa vie, il a découvert que contrairement à chez nous, « dans d'autres pays, c'est tout à fait naturel de passer d'un secteur d'activité à un autre. » Daniel, lui, a pris la troisième option : faire les deux en même temps. Travailler pour soi Après avoir consacré quinze ans de sa vie à l’ingénierie, il en conclut avoir « beaucoup tra

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Montbrison héberge le "plus beau marché de France" 2019

Insolite | C'était dans les tuyaux, c'est désormais officiel. La sous-préfecture de la Loire, Montbrison, hébergera pendant un an le "plus beau marché de France". Lancé par (...)

Nicolas Bros | Vendredi 14 juin 2019

Montbrison héberge le

C'était dans les tuyaux, c'est désormais officiel. La sous-préfecture de la Loire, Montbrison, hébergera pendant un an le "plus beau marché de France". Lancé par la chaîne TF1, ce concours public désigne chaque année la commune possédant un marché d'exception. Cette année, depuis mi-mai la ville ligérienne a fait la course en tête du classement provisoire jusqu'à la clôture des votes mardi dernier. Le résultat a été dévoilé en direct dans le JT de 13h de ce vendredi 14 juin par Jean-Pierre Pernaut, en direct depuis le parvis de l'hôtel de ville de Montbrison. Revivez ce moment juste ici : Bravo au marché de la ville de #Montbrison élu "Plus Beau Marché de France" 2019 grâce à vos votes ! 👏🏼👏🏼 #VotrePlusBeauMarché2019 cc @pernautjp @DLagrouSempere

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Le festival du Forez passe un pallier

Classique & jazz | Le Festival du Forez, emmené par les frères Adrien (altiste) et Christian-Pierre (violoncelliste) La Marca, aborde une septième édition tout feu tout flamme avec toujours de grands noms de la musique classique & jazz mais aussi davantage de concerts et de nouveaux lieux (20 événements dans sept lieux différents). Le but étant de « valoriser le patrimoine, tout en construisant une programmation très ouverte, permettant une expérience de tous les sens »

Nicolas Bros | Jeudi 6 juin 2019

Le festival du Forez passe un pallier

C'est à une 7e édition revue et augmentée que les frères Adrien et Christian-Pierre La Marca convient les spectateurs cet été. Le festival dont ils ont en charge la direction artistique, le Festival du Forez, prend une nouvelle dimension cette année. Déjà remarquable par les noms imposants et ronflants qu'ils font venir chaque été dans le Forez (on pense à Philippe Jarrousky, Karine Deshayes, Adam Laloum, Michel Portal...), les deux musiciens augmentent la cadence cette saison. Tout d'abord par la durée de leur festival, qui passe de deux à trois week-ends de fêtes musicales, s'étalant du 9 juillet au 4 août. C'est ensuite le nombre de lieux qui se voit multiplié. En 2019, ce seront sept lieux qui accueilleront des concerts : depuis le château d'Andrézieux-Bouthéon, jusqu'à la Collégiale de Montbrison, en passant par l'hôtel-de-ville et le Théâtre de Roanne, le prieuré et l'église de Pommiers, le prieuré de Champdieu et enfin, l'église Saint-Philibert de Charlieu. Renaud Capuçon, Quatuor Ébène, Véronique Gens et consorts Si le festival change d'envergure par son extension géographique, un budget revu à la hausse et un nombre plus important de propositions

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Un collectif qui a du chien

Théâtre | Né il y a 6 ans, le collectif X réinvente de nouvelles formes théâtrales en multipliant les projets participatifs.

Cerise Rochet | Mardi 4 juin 2019

Un collectif qui a du chien

Pour la plupart, ils se sont connus sur le plateau de l’Ecole de la Comédie, il y a une dizaine d’années. Diplômés en 2012, et conscients des difficultés à venir pour les tout-jeunes comédiens qu’ils sont alors, ils fondent le Collectif X l’année suivante, à Saint-Étienne. Un regroupement qui résulte notamment d’une bonne entente entre eux… Mais pas que. « Ensemble, on est plus forts », pourrait être leur devise. Bien plus en effet que « tout il le monde est beau, tout il le monde est gentil ». « Il ne s’agit pas juste d’une bande de potes qui s’entendaient bien à l’école et qui du coup, ont décidé de faire quelque chose ensemble après, précise Arthur Fourcade, l’un des membres fondateurs. Oui, quelque chose s’est effectivement passé entre nous, lorsqu’on était élèves à la Comédie. Mais il s’agit finalement davantage d’une histoire de solidarité face à une situation précaire. Durant notre scolarité, alors que l’on connaissait une période de remous, nous avons compris que nous devions resserrer nos liens, et prendre soin les uns des autres pour nous en sortir et réussir malgré les aléas. Tout ceci fait que le collectif regroupe des gens qu

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Dans les racines des art-bres

Musée | Le Musée d'Allard à Montbrison nous propose une plongée dans les liens qui unissent la nature et plus particulièrement les arbres et les hommes. À travers une (...)

Nicolas Bros | Jeudi 2 mai 2019

Dans les racines des art-bres

Le Musée d'Allard à Montbrison nous propose une plongée dans les liens qui unissent la nature et plus particulièrement les arbres et les hommes. À travers une présentation d'objets historiques, scientifiques et bien entendu artistiques, l'exposition A.R.B.R.E.S. (pour Art. Racines. Branches. Résistant. Ecologie. Séculaire) questionne cette relation entre domination et respect... A.R.B.R.E.S., du 18 mai au 17 novembre au musée d'Allard de Montbrison

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Lerpt de rien

Festival photo | Organisé depuis onze ans déjà par l’association Maraudeurs d’images en partenariat avec la ville de Saint-Genest-Lerpt et le club Roche Photographie, (...)

Niko Rodamel | Jeudi 2 mai 2019

Lerpt de rien

Organisé depuis onze ans déjà par l’association Maraudeurs d’images en partenariat avec la ville de Saint-Genest-Lerpt et le club Roche Photographie, Photos dans Lerpt est un festival exigeant et populaire, s’employant à mettre en lumière les regards créatifs des photographes d’aujourd’hui. Ce sont chaque année dix jours d’expositions et de rencontres qui rapprochent amateurs éclairés et professionnels dans leur passion commune pour l’image fixe. Dans la sélection officielle qui regroupe vingt-six photographes issus de toute la France, on retrouve avec plaisir le travail de l’artiste stéphanoise Claire Malen. Photographe résolument militante, Claire poursuit son engagement et sa quête photographique au plus près des femmes en lutte pour leurs droits. Avec Portraits de femmes Tunisiennes (série qui a reçu le soutien de la bourse FIACRE International de la région Rhône-Alpes en 2015), l’artiste restitue des images emplies d’humanité, à la fois poignantes et porteuses d’un vrai espoir. La plupart des expositions sont à découvrir, à l’Espace polyvalent Louis Richard de Saint-Genest-Lerpt, du 11 au 19 mai.

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"Tel Aviv on Fire" : Soap qui peut !

Film du mois d'avril 2019 | Un apprenti scénariste palestinien peu imaginatif se fait dicter les rebondissements de la série politico-sentimentale sur laquelle il trime par un gradé israélien. Sameh Zorabi répond à l’absurdité ambiante par une comédie qui ne l’est pas moins… À hurler de réalisme et rire.

Vincent Raymond | Mardi 2 avril 2019

Trentenaire velléitaire, Salam vient de trouver un job sur la série de propagande Tel Aviv on fire que produit son oncle. Comme il réside à Jérusalem et que le tournage s’effectue à Ramallah, il doit chaque jour passer par un check-point dirigé par Assi, un officier israélien qui devient conseiller occulte de la série, avant de tenter d’en infléchir la direction… Quand les larmes sont inopérantes et la colère inaudible, alors il reste l’humour. La dérision s’avère sans doute l’arme la plus efficace lorsqu’il s’agit d’aborder une situation politique verrouillée depuis des lustres, voire des siècles. À condition, évidemment de la manier avec intelligence et sans esprit partisan ; c’est-à-dire en pointant les comportements irréfléchis de chacun afin de renvoyer tous les protagonistes dos à dos plutôt que face à face, en les faisant rire ensemble de leurs travers mutuels et non les uns contre les autres — comme dans Les Aventures de Rabbi Jacob. Sameh Zoabi montre que la bêtise ne peut se prévaloir d’aucun passeport : elle adopte seulement des modulations différentes en fonction des ca

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Lève-toi et ferme-la

Théâtre | « Je me lève à 6 heures, j’avale vite un café puis je fais la traite des vaches. » « Je me lève à 5h30, pour faire le café que je bois avec mes (...)

Cerise Rochet | Mardi 2 avril 2019

Lève-toi et ferme-la

« Je me lève à 6 heures, j’avale vite un café puis je fais la traite des vaches. » « Je me lève à 5h30, pour faire le café que je bois avec mes parents. » « Je me lève à 6h30, et je prends le petit-déjeuner avec les enfants avant leur départ. » Drôle de vie. Drôle de vie faîte de tâches quotidiennes qui se répètent, inlassablement depuis la nuit des temps. Faire couler le café, nourrir les bêtes, assurer la traite, s’occuper du potager, faire la lessive, préparer le repas, mettre au monde les enfants, puis s’en occuper. Elles sont des femmes de fermes, ou l’incarnation de ce que l’on appelle aujourd’hui la charge mentale, sans apercevoir de potentielle évolution à l’horizon. Conçu comme une succession de confessions de celles que l’on n’entend jamais, ce spectacle met en lumière un patchwork de tranches de vie, racontées par trois comédiennes remarquables dans leur performance. Henri Dalem signe ici la mise en scène d’un essai sociologique sur les femmes de fermes du Haut-Doubs, et parvient ainsi à donner une vraie valeur dramaturgique à ces témoignages parfois drôles, souvent tristes, toujours émouvants. Femme

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Sabri Louatah : Romanaissance

Portrait | Gamin, il rêvait de raconter une histoire de famille, tandis qu’il se cachait derrière des montagnes de bouquins. Devenu grand, le Stéphanois Sabri Louatah s’est inspiré de la sienne, pour écrire une saga en quatre tomes aujourd’hui adaptée à l’écran pour une série Canal +. Portrait d’un petit génie de la littérature… Et pas que.

Cerise Rochet | Mardi 2 avril 2019

Sabri Louatah : Romanaissance

Comme pour affirmer d’emblée son petit côté old school, c’est « place Marengo », que nous a donné rendez-vous Sabri Louatah, en ce mercredi après-midi du mois de mars. Entre deux giboulées, deux avions, deux biberons et deux séances de tournage ici à Saint-Etienne, l’écrivain se laisse volontiers aller à la discussion, à propos de lui, de sa vie, de ses bouquins, de sa série. De son bébé, aussi, qui vient d’avoir deux mois et dont la bouille s’affiche en fond d’écran sur son téléphone. « Ça m’a changé, de devenir père. J’ai l’impression que je ne peux plus me permettre d’être aussi inconséquent qu’avant. Depuis sa naissance, je regarde l’humain de manière plus tolérante », souffle-t-il, l’œil brillant, alors qu’il croque inlassablement dans une énorme pomme toute rouge depuis déjà un bon moment. Un peu plus tard dans l’après-midi, Sabri est attendu sur le tournage de la série qu’il a adaptée de son roman Les Sauvages, paru en quatre tomes entre 2012 et 2014. Une fresque familiale à la Balzac, qui raconte l’arrivée au pouvoir d’un président de la République d’origine kabyle dont le destin va progressivement se lier à celui d’une famil

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Il y a de la vie !

Expo itinérante | Cette maladie fait encore horriblement peur. Celles et ceux qui la contractent doivent vivre d'une part avec les difficultés qu'elle provoque mais (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 mars 2019

Il y a de la vie !

Cette maladie fait encore horriblement peur. Celles et ceux qui la contractent doivent vivre d'une part avec les difficultés qu'elle provoque mais également souvent avec l'incompréhension voire le rejet de la société. Cette maladie, c'est le sida. La Ville de Saint-Étienne vient d'inaugurer une exposition itinérante qui permet de mettre en lumière 15 photographies et témoignages de personnes séropositives afin de casser les idées reçues et de « donner la parole et un visage aux porteurs du sida. » À travers la mise en place de cette expo proposée par l'association des Élus locaux contre le sida (ELCS), la Ville marque son entrée dans le réseau des villes engagées contre le sida, en devenant la 17e en France. Une manière symbolique et forte de dire la vie de ces femmes et hommes (rappelons qu'il y a environ 150 000 personnes vivant avec cette maladie en France), d'aborder leurs difficultés et de rappeler que de nombreux moyens existent pour se faire dépister, de manière anonyme et gratuite (plus d'infos sur www.saint-etienne.fr) Portraits de vi(H)es

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Farid Bouabdellah dans L'Oeil du Petit Bulletin #05

Humour | Farid Bouabdellah, directeur artistique du festival des Arts Burlesques, est entré dans l'Oeil du Petit Bulletin. Il nous parle de la 16e édition du (...)

Nicolas Bros | Vendredi 15 février 2019

Farid Bouabdellah dans L'Oeil du Petit Bulletin #05

Farid Bouabdellah, directeur artistique du festival des Arts Burlesques, est entré dans l'Oeil du Petit Bulletin. Il nous parle de la 16e édition du festival qui se déroule du 22 février au 02 mars 2019 à Saint-Étienne et alentours.

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Arnaud Meunier / Une vie en actes

Portrait | Depuis janvier 2011, Arnaud Meunier dirige La Comédie de Saint-Étienne. Avec pour ligne de mire permanente la création et la transmission, le metteur en scène poursuit son travail mêlant ouverture du théâtre au plus grand nombre, mise en avant d'oeuvres contemporaines et en valeur de la cité stéphanoise.

Nicolas Bros | Mercredi 6 février 2019

Arnaud Meunier / Une vie en actes

Arnaud Meunier est un homme qui semble tout avoir pour être heureux. À la tête de La Comédie de Saint-Étienne, une des plus belles institutions théâtrales de France - n'ayons pas peur des mots - , le metteur en scène met tout en œuvre pour faire rayonner la capitale ligérienne à travers cet art noble qu'est le théâtre. Mais diriger un tel vaisseau artistique tout en continuant son travail de scène accapare beaucoup... La preuve, le matin où nous le rencontrons dans son bureau, situé à l'étage de "la nouvelle Comédie" dans ce bâtiment industriel entièrement rénové du quartier créatif, entre le Zénith et le Fil. Le temps presse car il est en pleine répétition de sa dernière pièce J'ai pris mon père sur mes épaules, écrite par Fabrice Melquiot avec Rachida Brakni et Philippe Torreton au plateau. Un succès public et critique annoncé d'avance, confirmé dès la générale. Couverture presse nationale, retours positifs, cette épopée comique et tragique ne fait que confirmer le talent d'Arnaud Meunier pour transcender les acteurs et les œuvres auxquelles il s'attaque. Mais ce matin-là, malgré le travail de scène à accomplir, il prend le temps de nous expliquer son parcours en dé

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La distance n’est rien

Théâtre/Musique | Si loin, si proche, c’est l’histoire d’une famille d’immigrés algériens et de leurs enfants installée à Saint-Étienne, qui embarque à bord d’une (...)

Cerise Rochet | Mardi 8 janvier 2019

La distance n’est rien

Si loin, si proche, c’est l’histoire d’une famille d’immigrés algériens et de leurs enfants installée à Saint-Étienne, qui embarque à bord d’une fourgonnette en bout de course pour rejoindre son pays d’origine à l’occasion d’un mariage. Textes, poèmes, chansons en français, en arabe et en kabyle, Abdelwaheb Sefsaf ouvre ici au public les portes de son histoire familiale. Si loin, si proche, les 7 et 8 février à 20h30 à l’Espace Albert Camus du Chambon-Feugerolles

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Prendre la tangente

Musée | Le musée d'Allard de Montbrison nous convie à prendre le large avec son exposition "Voyages" proposant une sélection d'oeuvres originales de 16 artistes.

Nicolas Bros | Mercredi 9 janvier 2019

Prendre la tangente

C'est à une pérégrination ludique et originale que nous convie l'équipe du musée d'Allard de Montbrison. Grâce à un partenariat avec le Musée de l'Illustration Jeunesse de Moulins (Allier), ce sont des oeuvres originales de 16 illustrateurs jeunesse qui se succèdent dans l'exposition Voyages jusqu'à fin janvier. Cette présentation, pensée à l'occasion de la Fête du livre jeunesse de Montbrison 2018 (organisée en novembre dernier), met à l'honneur aquarelles, dessins ou encore gouaches mêlant habilement poésie, contes de notre enfance, aventures et envie d'ailleurs. « Le voyage est un thème porteur pour tous les publics, explique Françoise Grossmann, adjointe à la culture de la Ville de Montbrison. C'est la vocation d'un musée tel que le musée d'Allard de proposer des expositions qui parlent aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Les 16 artistes sélectionnés ont des styles variés, qui permettent à chacun de s'y retrouver. » Parmi les pièces accrochées au mur de l'ancien hôtel particulier, on peut se laisser embarquer pour La pêche à la baleine (1946), libre interprétation d'Henri Galeron du poème de Jacques Prévert, les graphismes et dessins d

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Corps à corps

Danse | Un décor épuré, des portés acrobatiques virtuoses, le spectacle Reflets dans un œil d'homme exploite le thème du désir et invite le spectateur à partager les (...)

Monique Bonnefond | Mardi 4 décembre 2018

Corps à corps

Un décor épuré, des portés acrobatiques virtuoses, le spectacle Reflets dans un œil d'homme exploite le thème du désir et invite le spectateur à partager les émois, sensations et interrogations d'un trio brûlant composé de deux hommes et une femme qui n'hésitent pas à dévoiler leur intimité. Les corps, beaux comme des sculptures, portés par le désir, sont mis en avant, mais si les artistes exécutent des portés en étant nus ou presque, ils parviennent à éviter les écueils de la provocation ou de la vulgarité d'une approche qui ne serait que sexuelle. L'acte acrobatique, sensuel, intime revêt une beauté naturelle et alimente la réflexion sur le désir et ses divers processus d'attraction très différents selon le vécu de chacun. Certains spectateurs se questionneront sur le rapport entre désir et amour, sur le libertinage, la pornographie, d'autres sur la tendresse, l'orgasme, l'étrangeté de notre société qui, au nom de l'égalité hommes-femmes, nie parfois la différence des sexes tout en l'exacerbant à travers les industries de la beauté et du sexe. Spectacle très esthétique qui offre une approche intime sur le désir, une quête de beauté pour un reflet dans un œil d'homme.

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Une histoire d'eau

Festival d'histoire | Le festival d'histoire de Montbrison a repris vie en 2016 sous l'impulsion de la Diana, société historique et archéologique du Forez. Après avoir exploré l'histoire alimentaire, c'est sur le thème "Eau, Source de Vie" que l'événement se penche cette année.

Nicolas Bros | Mardi 30 octobre 2018

Une histoire d'eau

« Nous avons choisi cette année le thème de l'eau car c'est une question d'actualité brûlante, explique d'emblée Didier Nourrisson, président du Conseil scientifique du colloque du festival d'histoire de Montbrison et professeur d’histoire contemporaine. Les problèmes liés à l'eau sont nombreux, comme la pénurie, les guerres provoquées par le manque d'eau, les problèmes écologiques au sens environnemental... Et le regard de l'historien sur cette actualité est intéressant. » Par le biais d'un colloque scientifique, d'un salon du livre, d'expositions et de visites thématiques, le festival d'histoire de Montbrison 2018 propose une plongée concrète dans les questions liées à cet élément fondamental de toute vie humaine. De l'eau en cascade à Montbrison Seul festival d'histoire de toute la région, le festival de Montbrison est une réelle fierté pour la sous-préfecture de la Loire. Dans le style du festival d'histoire de Blois, son objectif est de proposer au public un évènement à la fois populaire et pointu. La preuve avec la présence de spécialistes scientifiques de renom venant parfois de loin tels John Westbrook, professeur de civilisation

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