Toucher du bois

Antoine Desvoivre | Vendredi 26 juillet 2019

Photo : © DR


Une matinée dans les bottes d'un bûcheron, une activité bien insolite que propose Fibois Aura (l'interprofession forêt-bois Auvergne-Rhône-Alpes). À la rencontre des bûcherons, débardeurs et gestionnaires forestiers, le public est invité à étendre ses connaissances sur le poumon vert de l'Hexagone. Parce que leur métier ne se résume pas à scier des branches, c'est l'occasion d'apprendre, par l'observation, en quoi consiste le travail de ceux qui entretiennent la forêt et la rendent facilement accessible. Une occasion de profiter des beaux bois de notre région, et, qui sait, créer des vocations.

Le 30 juillet à Noirétable, et le 1er aout à Monbrison. Plus d'informations auprès des Offices du tourisme locaux.

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Voyage en Terre du Milieu

Immersif | Œuvre fondamentale de la littérature fantasy et œuvre majeure du cinéma contemporain, la saga du Seigneur des Anneaux se poursuit, mais cette fois ci… En (...)

Cerise Rochet | Mardi 24 août 2021

Voyage en Terre du Milieu

Œuvre fondamentale de la littérature fantasy et œuvre majeure du cinéma contemporain, la saga du Seigneur des Anneaux se poursuit, mais cette fois ci… En live ! Des décors originaux, des musiciens, la bande originale des films de Peter Jackson, des effets sonores, et une balade en forêt… Le spectacle Mythes et Légendes de la Terre du Milieu vous entraine aux origines du roman de Tolkien, de ses créatures et divinités. D’où viennent les Elfes, et comment Tolkien a-t-il eu l’idée de les intégrer à son œuvre ? Quelle est l’histoire des Silmarils ? D’où viennent les arbres de Valinors ? A découvrir ce samedi grâce à ce conte musical pour tous les publics. Plongez dans un univers fantastique qui passionne les foules depuis près de 70 ans… Pour une expérience immersive riche et saisissante ! Mythes et Légendes de la Terre du Milieu, samedi 28 aout à 17h30 et 20 heures dans la Forêt de Marols, au lieu-dit la Citre Plus d'infos : 06 03 75 09 91 ou sur cette page

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"Présidents" : Vieilles choses publiques

ECRANS | Enchaînant films et sujets opposés, Anne Fontaine s’attaque après Police à l’étage supérieur : le pouvoir suprême et ceux qui l’ont exercé… lorsqu’ils en sont dépossédés. Entre fable et farce, une relecture des institutions et de l’actualité politique bien plus intéressant que ce que les teasers-sketches laissaient supposer…

Vincent Raymond | Jeudi 1 juillet 2021

Reconverti en homme d’intérieur dépressif, l’ex président Nicolas S. prend pour prétexte la popularité grandissante de la candidate d’extrême-droite pour partir en Corrèze afin de convaincre son ancien adversaire et successeur François H. de monter un nouveau parti avec lui. La cohabitation sera d’autant plus rude qu’ils sont opposés en tout, et que leurs compagnes s’invitent dans la campagne… Une évidence en préambule : sur les arcanes de la Ve République — et ses bruits de cabinet, diront les mauvaises langues — il sera difficile de parvenir un jour à se montrer plus complet que t le magistral L’Exercice de l’État de Pierre Schoeller. Rien n’empêche toutefois d’attaquer le sujet par la bande, en se focalisant sur des espèces s’ébattant dans cet écosystème. Tels les Présidents du film homonyme d’Anne Fontaine construit comme une fable dont les protagonistes ne seraient pas de grands fauves, mais deux ex éconduits par leur bien-aimée, trompant ensemble leur déni dans l’illusoire espoir d’une reconquête. Sauf que la belle, de plus en plus versatile et capricieuse, ne veut plus d’e

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"Police" : Protéger ou servir ?

ECRANS | De Anne Fontaine (Fr., 1h38) avec Omar Sy, Virginie Efira, Grégory Gadebois…

Vincent Raymond | Jeudi 3 septembre 2020

Virginie, Aristide et Erik sont flics au sein de la même brigade parisienne, enchaînant les heures et les missions, sacrifiant leur vie privée aux aléas de leur métier. Un soir, on leur confie une mission différente : convoyer un réfugié à l’aéroport en vue de son expulsion. Doit-on toujours obéir ? Film à thèse, film sociétal ? Sans doute : Anne Fontaine ne s’intéresserait pas aux atermoiements de représentants des forces de l’ordre si elle-même ne voulait pas à la fois parler de l’étrange ambivalence de la “patrie des droits de l’Homme” lorsqu’elle procède à des *reconduites à la frontière* (terme pudique) de personnes en péril dans leur pays d’origine, ainsi qu’aux conditions de vie et de travail des policiers. Dès lors, on comprend mieux la construction violemment hétérogène de Police, juxtaposition de deux films formellement différents, voire opposables. Le premier, archi découpé, syncopé même, combinant les points de vues de trois protagonistes offre une vision heurtée, parcellaire, parfois contradictoire de leurs interventions au quotidien. Outre

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"La Forêt de mon père" : Aux racines de la folie

ECRANS | De Vero Cratzborn (Bel.-Fr.-Sui., 1h31) avec Léonie Souchaud, Ludivine Sagnier, Alban Lenoir…

Vincent Raymond | Mercredi 8 juillet 2020

Élagueur, Jimmy vient de se faire licencier parce qu’il agissait bizarrement. À la maison, son comportement lunatique devient difficile à supporter pour sa femme et ses trois enfants. Jusqu’à une crise qui lui vaut d’être interné. Mais Gina, son aînée de 15 ans, ne parvient pas à l’accepter… Sensée être vécue à travers les yeux de la grande ado — comme en atteste le possessif au singulier du titre — l’histoire se diffracte un peu pour être vue également à travers les yeux de ses cadets et de sa mère. On perd en pure subjectivité, mais on gagne quelques contrepoints utiles pour composer, avec du recul, un tableau familial plus précis et assembler les pièces du tableau clinique de la maladie psychique de Jimmy. Bien sûr, l’élément végétal est abondant, fondateur, aussi enveloppant qu’inquiétant dans La Forêt de mon père, puisque c’est le territoire dans lequel cet “homme des bois“ évolue, au premier degré. Cette forêt est également mentale, un dédale à l’intérieur duquel il s’égare sans trouver de sortie, où il tente même d’aspirer les siens. Il faut met

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Omar Sy : « C’est à mon instinct que je me connecte le plus »

L’Appel de la Forêt | Entre Los Angeles et Paris, Omar Sy mène une prolifique carrière transatlantique. Avant d’attaquer le tournage de la série Arsène Lupin, il est à l’affiche de trois fils en ce début 2020 : après Le Prince oublié et avant Police, on peut le voir dans L’Appel de la forêt…

Vincent Raymond | Mercredi 19 février 2020

Omar Sy : « C’est à mon instinct que je me connecte le plus »

Tout le monde a envie d’avoir un “Buck“ dans sa vie. C’est votre cas ? OS : J’en ai deux : un cane corso et un american staff ! Mais j’espère que tout le monde a un “Buck“, que ce soit un frère, un pote, une copine, une chérie ou même ce qu’a Buck : un loup qui symbolise son instinct et qui le guide. J’espère qu’on est tous connectés à cette petite voix dans notre tête et qu’on l’écoute un petit peu plus. C’est ce que dit le film, et le livre aussi, je crois. Après, je ne connais pas Jack London, c’est pas mon pote ! (sourire) Ce que je comprends de ce qu’il nous raconte, Buck, c’est nous. On peut le voir comme un enfant qui devient un homme. Un enfant à qui on a appris des choses qui ne marchent pas toujours dans la vie. Alors, il s’adapte. Il s’adapte sans cesse et finalement, son vrai guide, c’est son instinct. Les réponses sont en lui. J’ai l’impression que pour nous aussi, c’est pareil. Malgré son imaginaire, malgré la communication, même s’il met des habits, l’Homme reste un animal. Vous-même, êtes-vous instinctif ? Je ne suis que ça ! Tout ce qui m’arrive par… chance ou par hasard

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"L'Appel de la forêt" : Loup y es-tu ?

ECRANS | De Chris Sanders (É.-U., 1h40) avec Harrison Ford, Omar Sy, Dan Stevens…

Vincent Raymond | Mercredi 19 février 2020

La destinée de Buck, bon gros chien arraché à sa famille du sud des États-Unis pour être revendu au Yukon en pleine fièvre de l'or ; son parcours de maître en maître et son éveil à son instinct primitif, jusqu'à ce que le loup en lui parvienne enfin à s'exprimer à nouveaux… À l’instar de Joseph Conrad, Jack London “vécut“ avant d’écrire (même s’il sut marier les deux de concert) et donc écrivit sur l’aventure en connaissance de cause. Ce n’est sans doute pas un hasard si ses romans d’apprentissage rencontrent encore aujourd’hui un succès inentamé par-delà les générations et au-delà des transpositions — en témoigne la récente variation sur Martin Eden signée par Pietro Marcello. Plus remarquable encore est le fait que le roman d’apprentissage d’un non-humain, un chien, touche autant nos congénères ; d’autant qu’à rebours de son époque exaltant l’industrialisation triomphante, London y exaltait des valeurs quasi rousseauistes de retour à la nature ! Par un des étranges renversements auxquels l’Histoire nous a habitués, les notions de recherche ou de préservation de l’étincelle de sauvagerie innée sont au cœur des préoccupations contemporaines :

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"Le Cristal magique" : Comme de l’eau de roche

ECRANS | De Nina Wels & Regina Welker (All.-Bel., 1h21) avec les voix (v.f.) de Audrey D'Hulstère, Arthur Dubois, Nathalie Stas…

Vincent Raymond | Mercredi 11 décembre 2019

La sècheresse ayant gagné la forêt, Amy l’intrépide hérissonne part à la conquête du cristal magique censé pourvoir en eau l’ensemble du territoire, et que le roi des ours a dérobé. Pour l’aider dans son aventure, son seul ami, l’écureuil timoré Tom, ne sera pas de trop… Surmontez sans hésiter “l’audace graphique“ à l’allemande de l’affiche — vous savez, ce mariage aventureux de polices massives et de dégradés WordArt qui appuient l’expression un peu figée des protagonistes — ; vos jeunes enfants vous remercieront, car le film vaut mieux que cette vitrine. Construit sur le classique principe du conte à quête initiatique, Le Cristal magique vante les vertus de l’entraide, de la complémentarité, du partage des biens communs plutôt que la concentration des richesses au profit des plus puissants, de l’intelligence contre la force physique. Non, il s’agit pas d’un métaphore crypto-marxiste, mais de l’illustration très concrète d’une question actuelle et pragmatique : l’accaparement de ressources vitales par des ploutocrates sans scrupules provoque bien l'extermination de leurs congénères dans un écosystème, fût-il notre biosphère. Transposez cett

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"J'ai perdu mon corps" : Cinq doigts de génie

ECRANS | Une main séparée de son corps entreprend de le retrouver. À partir de cet argument de conte noir, Jérémy Clapin confectionne une fable animée sentimentale fantastique, ode sensorielle pétrie de nostalgie et d’élégance graphique. Un bijou qui fera date.

Vincent Raymond | Mercredi 6 novembre 2019

Sectionnée à la suite d’un malencontreux accident, la main du jeune Naoufel part à la recherche de son corps. Se dévoilent au fur et à mesure de ses pérégrinations, leur passé commun et les circonstances de leur séparation. Une histoire de rupture(s), de mort et aussi d’amour(s)… Proclamons-le sans ambages : J’ai perdu mon corps mérite de connaître le même succès que Ma vie de courgette. Il n’est pas anodin que ce premier long métrage ait ainsi emballé des jurys aussi différents que ceux de Cannes et d’Annecy : mêlant ses lignes narratives et temporelles distinctes, il tisse une étoffe singulière à la suavité accentuée par son essence graphique, ainsi que son ambiance gothico-surréaliste. Clapin fait ici entendre clair et fort cette voix si particulière qui rendait ses courts métrages fantastiques fascinants de proximité et de poésie. L’on pourrait croire qu’un membre autonome susciterait la peur, l'horreur ou le dégoût ; il provoque a contrario l’empathie, le sourire et la connivence. Logique : il y a plus d’humanité dans la seule main d

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L’attablé du coin

Créations | Le festival Roanne Table Ouverte invite les créateurs du collectif d'artisans stéphanois l’Atelier du Coin à exposer dans un lieu atypique. L’occasion de (...)

Niko Rodamel | Mardi 1 octobre 2019

L’attablé du coin

Le festival Roanne Table Ouverte invite les créateurs du collectif d'artisans stéphanois l’Atelier du Coin à exposer dans un lieu atypique. L’occasion de redécouvrir le travail de Malika Ameur, Marie Eve Ginhoux, Sandra Coelho, Maud Salançon, Jean-François Bazzara, Marie Dubois, MatTim, Laurence Pasero ou Florie Keller. La Savonnerie du Pilat sera également présente aux côtés d’un invité-bonus, l'ébéniste Jean Sylvain Masse. À Table 2 par L’Atelier du Coin, jusqu'au 10 novembre, salle d’exposition de La Cure à Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire

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Claire Devers : « Le naturel au cinéma n’existe pas »

Pauvre Georges ! | C’est aux Rencontres d’Avignon que la rare Claire Devers avait réservé la primeur de son nouveau long métrage, "Pauvre Georges !", un film cachant son soufre satirique derrière l’apparente impassibilité de son héros-titre campé par l’impeccable Grégory Gadebois.

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Claire Devers : « Le naturel au cinéma n’existe pas »

Avez-vous avez modifié des éléments dans la configuration sociale ou professionnelle du roman de Paula Fox que vous avez adapté ? Claire Devers : Un peu, oui : il date des années 1960, presque 1970, et il était censé se passer dans une banlieue new-yorkaise dans un milieu de profs, d’artistes. C’est moi qui ai inventé la production audiovisuelle mais c’était quand même le même milieu socio-culturel. Et quand j’ai fait mes recherches de décor sur Google Map, très vite j’ai été intéressée par les Laurentides ; j’ai repéré visuellement Saint-Adèle et Saint-Jerôme et je me suis rendue compte que le milieu socio-culturel que je traitais vivait effectivement là-bas. J’avais été au bout d’une recherche assez cohérente entre les décors, la nature, les choix de vie… En fait, ce qui m’intéressait, c’était des bobos ; des gens de gauche, bien-pesants… Tous ces gens qui ont voté Hollande ou Macron dans les Yvelines. Le lieu a donc une place prépondérante dans ce film… En tant que mette

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"Pauvre Georges !" : La petite apocalypse

ECRANS | de Claire Devers (Fr.-Bel.-Can., 1h53) avec Grégory Gadebois, Mylène MacKay, Monia Chokri…

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Enseignant français exilé au Québec, Georges le taciturne vit avec son épouse à la campagne. Un jour, il surprend un gamin déscolarisé fouillant leur maison, Zack. Georges va jeter son dévolu sur cet ado un brin pervers et tenter de lui faire raccrocher le lycée, au grand dam de ses proches… Avec son ambiance de banlieue tranquille peuplée de gens aisés en apparence comme il faut — mais révélant à la première occasion de violentes névroses quand ils n’affichent pas leur ridicule de parvenus — ; avec son protagoniste las d’absorber sans regimber la médiocrité ambiante et saisi par la crise de milieu de vie, cette adaptation-transposition de Paula Fox ne peut qu’évoquer American Beauty (1999) : Georges va faire voler en éclat les conventions qui l’oppressent, dût-il en payer le prix. À la différence du héros de Mendes, c’est davantage au profit des autres que du sien que se déclenche cette petite révolution dont Zack est le catalyseur. Trop rare au cinéma, Claire Devers fait preuve ici d’une délicieuse — et bienvenue — causticité vis-à-vis des ectoplasmes

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Tout nu et tout Dorier

GUIDE URBAIN | Dans le camping associatif du Dorier, pas de tenue exigée. Rien d’inhabituel me direz-vous, mais ici, c'est carrément aucune tenue ! Avec 135 adhérents, le site, ouvert en 1974, est l'un des plus grands de la région.

Antoine Desvoivre | Mercredi 5 juin 2019

Tout nu et tout Dorier

À quelques pas de la Loire, bien à l'abri des regards, logent des vacanciers pas tout à fait comme les autres. Au camping naturiste Le Dorier, on pratique la nudité intégrale dès que le temps le permet. Outre la "tenue" réglementaire, les adhérents sont incités à participer à la vie de l'association et à promouvoir ses valeurs. Que ce soit en entretenant le site, en organisant des activités mais aussi et surtout, en s’impliquant dans la protection de l’environnement. Eh oui, le naturisme ce n'est pas du nudisme ! Il ne suffit pas de se "mettre à poil". La nature est au centre de la démarche du Dorier, « on essaye de se rapprocher de l'association Zero Waste Saint-Étienne afin de réfléchir au moyen de produire moins de déchets, raconte Simon à l’accueil, de toute façon, en venant au Dorier, on est forcément un peu écologiste. Les caravanes ne sont pas reliées à l'eau et à l’électricité, c'est vraiment un retour à la nature. » Et comme chacun est responsable à son niveau, il est demandé à certains adhérents, d'apporter des plantes vivaces pour le fleurissement du camping. Convivialité, le maître-mot Car le textile n'est pas la s

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Dubois dormant

Classique | Le centenaire de l'Armistice de 1918 offre la double occasion d'exhumer un répertoire musical couché sur papier acide, comme d'offrir une page blanche à de (...)

Alain Koenig | Mercredi 31 octobre 2018

Dubois dormant

Le centenaire de l'Armistice de 1918 offre la double occasion d'exhumer un répertoire musical couché sur papier acide, comme d'offrir une page blanche à de nouveaux compositeurs. L'exercice est un équilibre fragile. Les images sépia se floutent au fil des ans, évoquant trop souvent un coq et une Gaule surannés. Trois œuvres au programme : Gallia, superbe motet composé à Londres en 1871 par Charles Gounod. Il y est question de Jérusalem détruite, métaphore d'un Paris en ruine après le désastre de la Commune. La postérité de Théodore Dubois, quant à elle, est inversement proportionnelle aux honneurs qu'il connut de son vivant. Directeur du Conservatoire de Paris, Prix de Rome, académicien, le réel regain d'intérêt pour sa prolifique musique peine à poindre dans sa Messe de la Délivrance, tant l'emphase répond à un cahier des charges très... patriotique. Le pari était risqué pour le compositeur Pascal Descamps de créer ses Chants d'Argonne sur le même thème. Le bijou brille pourtant de mille feux, retraçant sur trois tableaux, le parcours d'un jeune "poilu", dont on ne comprend que tardivement qu'il est mort au combat. Comme toujours, les thèmes magiques

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"Le Temps des forêts" : Bois aux abois

Documentaire / Film du mois | Promenons-nous dans les bois tant qu’il y en a. François-Xavier Drouet enquête sur une dénaturation aberrante de la nature, et une mise en coupe réglée de la forêt au profit, bien évidemment, des profits… Logique et mérité Prix de la Critique à Locarno 2018

Vincent Raymond | Mardi 4 septembre 2018

La planète n’est décidément pas sortie de l’auberge. Alors que l’effroyable modèle agricole intensif, gavé d’intrants phytosanitaires — à la nocivité reconnue par la communauté scientifique comme les tribunaux —, est sérieusement contesté par les consommateurs et les professionnels de la terre (préférant revenir à des pratiques moins standardisées, plus respectueuses de l’environnement comme la permaculture ou le bio), voilà qu’on découvre que la forêt est aussi atteinte. Plus discrète, la filière bois a elle aussi succombé à la tentation d’un productivisme débridé en “rationnalisant“ la sylviculture. Tronc commun Sillonnant les monocultures forestières, notamment celles du Morvan et du plateau de Millevaches, François-Xavier Drouet a observé le résultat de l’introduction massive d’une essence exogène choisie pour sa rentabilité exceptionnelle : le douglas. Conséquences ? Une pousse rapide, certes, mais un bilan écol

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"Et mon cœur transparent" : Clair-obscur de femme

Bien propre | de Raphaël & David Vital-Durand (Fr., 1h26) avec Julien Boisselier, Caterina Murino, Serge Riaboukine…

Vincent Raymond | Mercredi 16 mai 2018

Le taciturne Lancelot a quitté sa première épouse pour vivre au côté de la sculpturale Irina des plaisirs volcaniques, à peine interrompus par les escapades professionnelles de la belle. Un jour, Irina meurt dans un accident de la route. Assommé, Lancelot découvre alors sa vie cachée… Les frères Vital-Durand ont pris leur temps pour passer des courts au long. Sans doute trop. Résultat : ils appliquent des recettes esthétiques ayant fait leur gloire il y a vingt ans bien tassés dans la pub et le clip — où en général une intuition plastique reposant sur une image saturée ou polarisée, doublée d’une grande maîtrise formelle ainsi que d’un ou deux clichés, peuvent compenser toutes les fragilités d’une structure narrative défaillante. Avec leur goût pour les belles optiques et les vastes décors déserts, ils auraient pu tirer vers l’arty étrange façon Jérôme Salle, voire le fantastique malsain de Mocky, le roman de Véronique Ovaldé dont ils signent ici l’adaptation. Hélas, ils semblent avoir préféré explorer une autre voie, s’enlisant quelque part entre le sentimentalisme flasque et le

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La Fête est finie : Paire et manque

ECRANS | de Marie Garel-Weiss (Fr., 1h33) avec Zita Hanrot, Clémence Boisnard, Michel Muller…

Vincent Raymond | Mercredi 28 février 2018

La Fête est finie : Paire et manque

La cure de désintox’, c’est l’ultime chance pour Sihem et Céleste, deux jeunes femmes ayant déjà trop usé (et abusé) des psychotropes. Chacune a besoin de soutien, chacune trouve dans l’autre l’appui nécessaire, surtout quand après une bêtise de trop, elle se font renvoyer du centre… Deux boiteuses peuvent-elles réapprendre marcher droit en se reposant l’une sur l’autre ? Grandement inspiré du propre parcours de la réalisatrice (qui n’en fait pas mystère) La Fête est finie semble vouloir le démontrer par l’image, en détaillant la lente expulsion de la béquille chimique, les immanquables chutes et les douleurs qu’elles provoquent. Si fête il y eut jadis, elle fut illusoire et fort brève. Par son approche réaliste, et la nature complexe du lien de dépendance mutuelle unissant les héroïnes, ce premier film rappelle à bien des égards le destin cabossé des comparses en galère dans La Vie rêvée des anges (1998), tiraillées entre phases de complicité absolue et rivalité forcenée. Marie Garel-Weiss creuse leur toxicomanie jusqu’à l’ori

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"Marvin ou la Belle Éducation" : Le gay savoir

ECRANS | Marvin ou la belle éducation de Anne Fontaine (Fr., 1h53) avec Finnegan Oldfield, Grégory Gadebois, Vincent Macaigne…

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Depuis toujours, Marvin Bijou se sent “à part”. Traité de “pédé” et harcelé au collège, il étouffe aussi dans sa famille à peine quart-monde. Grâce à un atelier théâtre et à sa rencontre avec un metteur en scène, il va découvrir qu’une issue existe qu’il peut s’affirmer dans son identité… Anne Fontaine a une manière de filmer la misère sociale qui rappelle, sans vouloir faire offense ni à l’une ni à l’autre, le Scola de Affreux, sales et méchants. Sauf que le cinéaste italien tournait au second degré. Pas la réalisatrice française, qui pense nécessaire de représenter dans leur caricature la plus élimée des pauvres qu’elle ne doit guère connaître. Non qu’il faille adoucir ni faire de l’angélisme, mais cette représentation tient davantage du vieux stéréotype que du réalisme — curieusement, sa vision des sphères bourgeoises est plus réaliste. De fait, elle pousse vers une outrance aussi aberrante qu’inutile ses comédiens, au premier chef desquels Grégory Gadebois plus excessif à lui seul que toute la famille Groseille de La Vie est un long fleuve tranquille et Vin

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Quoi de neuf dans les festivals ?

En bref | 1 - Un "absent" La nouvelle est tombée en décembre 2016 : pas de Foreztival en 2017 ! En apprenant cette information, nous avions (...)

Nicolas Bros | Mardi 4 juillet 2017

Quoi de neuf dans les festivals ?

1 - Un "absent" La nouvelle est tombée en décembre 2016 : pas de Foreztival en 2017 ! En apprenant cette information, nous avions eu très peur de ne jamais revoir le festival de musique de Trelins sur pied. Mais très vite, nos inquiétudes ont été balayées par les organisateurs qui nous ont assuré avoir mis le festival en « jachère » cette année pour mieux revenir les 3, 4 et 5 août 2018 avec la 14e édition. En attendant, il y a de quoi se réjouir avec tout d'abord le festival de rue qui, pour sa part, est maintenu le 5 août prochain. Suivront deux soirées en forme de warm-up du Foreztival 2018. Tout d'abord, le 22 septembre au Château du Rozier de Feurs puis le 2 décembre au Fil de Saint-Etienne. Les "line-up" de ces soirées nous sont encore inconnus à l'heure où nous écrivons ces lignes. 2 - Une ville en ébullition Le Puy-en-Velay s'apprête à vivre un très "gros" mois de juillet ! Tout d'abord parce que la préfecture de la Haute-Loire sera pendant 3 jours accaparée par le Tour de France (les 16, 17 et 18 juillet 2017) en étant ville-étape et en héritanti d'un jour de repos. Mais ce n'est pas tout. Depuis maintenant 3 ans, la ca

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Rebeka Warrior et Las Aves aux Bois Noirs 2017

Festival | Pour sa deuxième édition qui se déroulera les 8, 9 et 10 septembre dans les contrées de Saint-Jean-la-Vêtre (Haut-Forez, à proximité de Noirétable), le festival Bois (...)

Nicolas Bros | Mardi 23 mai 2017

Rebeka Warrior et Las Aves aux Bois Noirs 2017

Pour sa deuxième édition qui se déroulera les 8, 9 et 10 septembre dans les contrées de Saint-Jean-la-Vêtre (Haut-Forez, à proximité de Noirétable), le festival Bois Noirs accueillera plusieurs jolis noms dans sa programmation. Entre autres, citons Rebeka Warrior (Sexy Sushi ou Mansfield. TYA) ou bien Las Aves. Festival Bois Noirs, du 8 au 10 septembre à Saint-Jean-la-Vêtre Avec Rebeka Warrior, Las Aves, Magic & Naked, Raoul Vignal, Mont Analogue, Louise Roam, François Virot...

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Et après ? On continue la mission !

Panorama février 2017 | Bien que les lendemains aient un peu trop la mauvaise habitude de déchanter, un optimisme inébranlable nous pousse à les espérer toujours plus mélodieux. Certes, le passé est écrit, mais l’imprévisible et la combativité infléchissent le dessin du futur. La preuve sur les écrans…

Vincent Raymond | Mardi 31 janvier 2017

Et après ? On continue la mission !

« Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir », dit un proverbe empruntant autant à Nietzsche qu’à Darwin. Il s’applique en tout cas bien à la majorité des films de ce mois, qui parlent à des degrés divers de résilience, résistance, survie ou de sélection naturelle. À des degrés Celsius inférieur à zéro, forcément, pour Luc Jacquet avec L’Empereur (15 février), récit littéralement ab ovo du cycle de l’existence de son animal fétiche : il prolonge en effet ici sa Marche de l’Empereur qui lui avait apporté une notoriété mondiale. À la fois film à suspense — comment l’œuf survit au froid ; comment le poussin éclôt, grandit malgré les conditions extrêmes et les prédateurs sur la banquise, avant de rejoindre l’océan guidé par son instinct — et doc-nature aux images stupéfiantes, ce voyage antarctique narré par Lambert Wilson se double d’un hymne à la fragilité de la vie et de la Nature. Continuant de s’imposer en patron du cinéma mondial par la polyvalence de son art et la justesse de son propos, Ang Lee livre avec Un jour dans la vie de Billy Lynn (1er février, photo) une œuvre existentialis

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La Belle Danse au bois dormant

Estival de la Bâtie | Avec "sa" Belle au Bois Dormant, Béatrice Massin nous fait voyager dans le temps et, de Versailles que Lully enchantait avec ses ballets, à la Vienne impériale de Mozart, elle nous emmène à la découverte de la danse baroque ou "Belle Danse" qu'elle veut réveiller et remettre au goût du jour.

Monique Bonnefond | Mardi 5 juillet 2016

La Belle Danse au bois dormant

Qui ne connaît pas l'histoire de la Belle au bois dormant ? Cette jeune princesse à qui la malfaisante fée Carabosse, pour se venger d'avoir été méprisée, jette un sort, la condamnant à cent ans d'un sommeil dont elle sera tirée par le baiser d'un prince charmant ? Parmi les différentes versions du célèbre conte, celle de Béatrice Massin, grande chorégraphe du baroque, vise à faire vivre cette danse qu'elle confronte à la danse d'aujourd'hui. La danse baroque ou Belle Danse pratiquée aux XVIIe et XVIIIe siècles, en particulier sous Louis XIV, se caractérise par un style qui applique les règles du classicisme : clarté, ordre, symétrie. Les chorégraphies sont essentiellement composées de pas glissés, marches, petits sauts. Cependant, par son goût du somptueux, cette danse du paraître s'inscrit dans la mouvance baroque. Béatrice Massin réveille la Belle Danse Elle nous ramène à la féerique cour du Roi Soleil. Dans la magie des lumières, vêtus de costumes d'époque somptueux, trois jeunes danseurs, par un séduisant jeu de travestissement, changent de personnages pour faire apparaître la sorcière puis le prince et nous offrent un florilège de danses baroques où i

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Yves Boisset : "Le cinéma français actuel est frileux"

ECRANS | Voilà l'un des seuls réalisateurs à avoir osé aborder de front des sujets polémiques, là où le cinéma français s'est enlisé dans une léthargie. Le sulfureux Yves Boisset est un homme de caractère comme le démontre sa détermination à travailler pour dénoncer et mettre le doigt là où ça fait mal. Dans sa filmographie comptant nombre de pièces maîtresses, un de ses films les plus marquants, Le Juge Fayard dit le Shériff, autour de l'assassinat du juge lyonnais François Renaud, a été tourné à Saint-Étienne en 1977. Un film coup de poing que l'on peut retrouver pour la première fois en DVD. Retour avec Yves Boisset sur son aventure stéphanoise et sa vision du cinéma actuel. Propos recueillis par Nicolas Bros.

Nicolas Bros | Mardi 31 mars 2015

Yves Boisset :

Pourquoi avez-vous tourné Le Juge Fayard à Saint-Étienne ? Nous avons été empêchés de tourner à Lyon par la Préfecture de police. Il a fallu trouver une solution et un de mes amis, le journaliste Bernard Frangin, m'a proposé Saint-Étienne. Nous avons été accueillis les bras ouverts à Saint-Étienne, notamment par les flics stéphanois qui détestaient leurs homologues lyonnais... Nous avons pu effectuer notre tournage en toute liberté. Mais votre film a tout de même subi la censure ? Oui, le film a provoqué des réactions diverses, parfois violentes. Nous avons par exemple été obligés de poinçonner la bande sonore et de rayer la copie pour que les évocations du «SAC» (ndlr : Service d'action civique) pour que ce terme soit remplacé par des bip. Mais les spectateurs hurlaient « SAC assassins » dans les salles au moment où il y avait ce bip. En matière de censure, je pense que j'ai battu le record de France. Dans votre filmographie, que représente Le Juge Fayard ? C'est un film qui m'est assez cher pour beaucoup de raisons. Outre le fait que ça a été un gros succès à tous

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Le Dernier coup de marteau

ECRANS | D’Alix Delaporte (Fr, 1h23) avec Clotilde Hesme, Grégory Gadebois, Romain Paul…

Christophe Chabert | Mardi 10 mars 2015

Le Dernier coup de marteau

Avec Angèle et Tony, Alix Delaporte s’aventurait dans la fable sociale, en quête de justesse et de finesse dans la peinture de ses personnages ébréchés par la vie. Pour son deuxième film, elle reconduit la formule, qui plus est avec les deux mêmes comédiens (Clotilde Hesme et un extraordinaire Grégory Gadebois, qui bouffe l’écran à chacune de ses apparitions), en en modifiant à peine l’équation : la grise Normandie est remplacée par un Montpellier solaire et l’enfant, au second plan précédemment, devient ici le pivot de la narration. Tandis que sa mère souffre d’un cancer, son père, chef d’orchestre perfectionniste qu’il n’a jamais connu, vient diriger à l’opéra la sixième symphonie de Mahler. Commence alors un jeu d’approche feutrée, fidèle au goût de la demi-teinte de la réalisatrice, mais qui s’apparente à un programme déjà vu ailleurs, en mieux : chez les frères Dardenne, évidemment, dont Delaporte ne possède ni le sens de la mise en scène physique, ni la hauteur de vue morale. Aussi noble soit-il dans ses intentions, Le Dernier Coup de marteau est rattrapé par son manque d’ambition, ce côté étriqué excusable pour un premier film, nettem

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Main basse sur la ville

ECRANS | Les Italiens ont Francesco Rosi ; nous avons Yves Boisset. On pourra discuter du fossé qualitatif entre les deux cinéastes, mais force est de constater (...)

Christophe Chabert | Mardi 1 avril 2014

Main basse sur la ville

Les Italiens ont Francesco Rosi ; nous avons Yves Boisset. On pourra discuter du fossé qualitatif entre les deux cinéastes, mais force est de constater qu’à peu près au même moment, ils ont creusé un sillon similaire : celui de la fiction politique engagée, virulente et portée sur la dénonce. Chez Boisset, les années 70 sont un terreau assez fertile, donnant naissance à quelques films populaires qui tiennent plutôt bien le coup aujourd’hui : R.A.S., Allonzenfants, Dupont Lajoie et Le Juge Fayard dit le shériff. Ce dernier bénéficie d’un atout choc : la présence de Patrick Dewaere dans le rôle-titre. Comme dans tous les films dans lesquels il a joué, Dewaere tire l’ensemble vers le haut — autre exemple : Mille milliards de dollars, où il fait oublier la réalisation télévisuelle d’Henri Verneuil. Le Juge Fayard dit le shériff le montre ainsi en preux juge d’instruction s’élevant contre la corruption politico-financière au péril de sa vie, dans une France giscardienne qui prend encore ses aises avec la séparation des pouvoirs. Particularité du film : il a été tourné à Saint-Étienne, et devient donc un document sur la vil

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