Cinéma Cannes wait…

Les films événements de mai sont-ils tous à Cannes ? Presque ! Heureusement, il y a quelques pépites qui s’intercaleront avant la déferlante festivalière… Christophe Chabert

Il est à peu près sûr que le 15 mai, vous vous précipiterez voir Gatsby le magnifique version Baz Luhrman / Di Caprio (en 3D, s’il vous plaît). Puis dans les jours qui suivront, vous ne raterez pas le premier film en français du réalisateur d’Une séparation (Le Passé d’Asghar Farhadi), le nouveau Winding Refn, toujours avec Ryan Gosling (Only god forgives) et même le dernier Paolo Sorrentino (La Grande beauté, 2h30 de dolce vita contemporaine à Rome). On pourra donc dire que votre mois de mai se fera au rythme des films cannois. Nous les découvrirons à peu près en même temps que vous, donc autant vous vendre de suite notre compte-rendu quotidien du festival, du 15 au 27 mai sur www.petit-bulletin.fr/saint-etienne.

Mais avant Cannes, ce n’est pas encore Cannes, ou si peu. Depuis la présentation au festival de Thirst, son étonnant film de vampires adapté du Thérèse Raquin de Zola, on avait perdu de vue le brillant Park Chan-wook. En fait, il avait quitté ses terres sud-coréennes pour aller tourner en Australie Stoker (1er mai) avec l’épatante Mia Wasikowska et la désormais insaisissable Nicole Kidman. Là encore, il est question d’hybridation, puisque le cinéaste tente un remake de L’Ombre d’un doute mâtiné de fantastique gothique post-Twilight, le tout dans une ébullition stylistique qui conduit à des trésors d’invention graphique. Assez vain mais plutôt distrayant, cette récréation vénéneuse et raffinée remplit allègrement son cahier des charges de film mineur.

Le genre au secours du réel

Ensuite, conseillons deux films imparfaits mais qui témoignent d’une réelle envie d’empoigner des genres pour évoquer des faits réels. L’Islandais Balthasar Kormákur délaisse un temps ses séries B américaines bien foutues pour filmer dans son pays Survivre (8 mai), l’odyssée d’un pêcheur ordinaire qui sauve sa peau en traversant à la nage les eaux glacées après la naufrage de son chalutier. Comme son titre l’indique, Kormákur livre ici un pur survival à la mise en scène impressionnante d’efficacité, qu’il redouble d’un côté par un docu-fiction sur les pêcheurs islandais, de l’autre par une réflexion critique sur la volonté de savoir des scientifiques et de la presse. Pas mal du tout.

Réussi aussi, Rock the casbah (8 mai), premier film de Yariv Horowitz, choisit d’aborder frontalement le conflit autour de la bande de Gaza. Frontalement, c’est-à-dire par le biais d’un pur film de guerre, sec et direct, focalisé sur l’action et la tension de la situation, où des soldats de Tsahal piétinent sur le toit d’une maison pour «sécuriser» le territoire. En racontant la guerre depuis ce spot minuscule et en respectant les règles du genre, Horowitz évite l’humanisme cucul pour faire surgir l’absurdité de ce conflit-là — et par ricochet de tous les conflits.

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