Fincher en plan(s) libre(s)

David Fincher sismographie
"The Social network" + "Gone Girl" ; resp. : A. Renaud, philosophe

En ouverture de la belle saison de Plan(s) Libre(s), le ciné-club des écoles supérieures de Saint-Étienne, une soirée David Fincher, avec son fameux Social Network et l’événement Gone girl, fraîchement débarqué sur les écrans. Christophe Chabert

Il est aujourd’hui un des rares cinéastes américains dont le nom fait frémir d’excitation tous les cinéphiles : David Fincher n’est pas encore Stanley Kubrick, mais chacun de ses films est désormais la promesse d’un mélange rare entre spectacle et signature personnelle. Ses galons, ils les a glanés en quatre temps : d’abord, l’électrochoc Seven, thriller nietzschéen d’une noirceur proportionnelle à l’éclat de sa mise en scène ; puis la controverse Fight club, honni par la critique, adulé par une génération de spectateurs qui en ont fait plus qu’un film culte, un résumé des angoisses qui ont pu les saisir au crépuscule du XXe siècle ; ensuite, ce fut Zodiac, merveille du film noir, où l’on découvrait un Fincher plus sobre, converti au numérique dont il deviendra l’utilisateur le plus audacieux ; et enfin, The Social Network, qui faisait de ce même numérique un sujet mais aussi une critique, le portrait de Mark Zuckerberg, étant le prétexte à un impressionnant réseau de temporalités enchevêtrées qui, plutôt que d’éclaircir la figure du fondateur de Facebook, la figeait comme une surface aussi indéchiffrable que les pages de code de l’Internet. C’est avec ce film magistral, soutenu par l’écriture démente d’Aaron Sorkin, que s’ouvre la soirée David Fincher organisée par Plan(s) Libre(s) au Méliès Saint-François. Elle se poursuivra par la projection de Gone Girl, sorti la veille sur les écrans, où Fincher adapte le best seller Les Apparences pour une œuvre satirique sur la vie conjugale déguisée en thriller criminel.

Films en miroirs

Plan(s) Libre(s) en profitera pour lancer une nouvelle saison où ses doubles programmes sont toujours aussi éclectiques et passionnants. Parfois, il s’agit de mettre en avant des cinéastes  comme Eisenstein le 22 janvier, avec deux classiques du cinéma soviétique, La Grève et Le Cuirassé Potemkine, ou Martin Scorsese le 28 mai, avec deux très bons films de jeunesse, la séminal Mean Streets et la série B cormanienne Bertha Boxcar. Le reste du temps, ce sont des thèmes qui sont explorés : Accords/Désaccords le 13 novembre, qui réunit Voyage en Italie de Rossellini et Nostalghia de Tarkovski, Christologies le 18 décembre, où se côtoient Le Christ interdit de Malaparte et Théorème de Pasolini, ou encore l’étonnante soirée du 29 janvier consacrée au cinéma ayant cherché à malmener la matière de la pellicule pour inventer des formes nouvelles : Traité de bave et d’éternité d’Isou et le formidable Les Petites marguerites de Vera Chytilova. On y reviendra, bien entendu, tout au long de la saison…

Soirée David Fincher sismographie
Au Méliès Saint-François, jeudi 9 octobre à 18h

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