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Stéphane Buriez : « Le metal, c'est ma vie »

Black Bomb A + Loudblast

Le FIL

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Loudblast / Loudblast, c'est plus de trente ans d'existence et six albums aussi furieux les uns que les autres. Un groupe de trash et de death metal, pionnier du genre en France, qui continue de représenter fièrement la scène française dans le monde et qui n'est - bizarrement - jamais passé à Saint-Étienne. L'occasion était belle de parler de ce genre souvent mis de côté à tort par les médias. Rencontre avec Stéphane Buriez, fondateur, chanteur et guitariste du groupe, qui présente également la seule émission metal du PAF : Une Dose 2 Metal.

Comment la scène metal a-t-elle évolué depuis 30 ans en France ?
Stéphane Buriez : Je t'avouerais qu'il y a 30 ans, on n'appelait même pas ce style du "metal" mais du "hard rock". Quand on a débuté avec Loudblast, en 85, nous étions un groupe de lycéens, de potes. Nous avons commencé à faire ça en tant que fans de musique, nous avons appris à jouer de nos instruments et de fil en aiguille nous sommes devenus professionnels. Aujourd'hui, le metal est un style musical parmi les plus prolifiques. On a tendance à dire que le metal reste le même genre de musique, avec les clichés qui s'y rapportent : des mecs aux cheveux longs qui jouent sur des grattes saturées et qui font du bruit... Mais c'est surtout un grand sous-ensemble du rock'n'roll, tout simplement. Quand tu es ado, tu es attiré par le côté le plus extrême de cette musique et tu évolues en grandissant. C'est d'ailleurs ce qui est génial avec ce style. Si tu creuses un peu, les grands-parents du metal étaient Elvis, Deep Purple ou encore Black Sabbath. J'ai eu la chance d'avoir un oncle qui m'a donné toute sa collection de disques et des amis de mon grand-frère qui écoutaient AC/DC, Pink Floyd et autres, ... C'est tout cela qui a forgé mon identité musicale et m'a donné l'envie d'écouter autre chose que la musique populaire que tu écoutes quand tu es petit et qui a un côté légitime, bien entendu. C'est grâce à ces autres propositions que je me suis ouvert à d'autres horizons.

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Le metal est un style foisonnant, notamment en ce qui concerne le nombre de groupes amateurs. Est-ce qu'aujourd'hui, il est toujours difficile pour les groupes de vivre de ce style, malgré la présence d'évènements majeurs tels que le Hellfest, un des plus grands rassemblements musicaux en France, et de nombreux concerts ?
Vivre de sa musique en France, et notamment du metal, est compliqué. Demande à tous les groupes qui sont sur le devant de la scène et qui pourtant n'en vivent pas... Ceux qui arrivent à tirer leur épingle du jeu en ce moment, c'est Gojira. Mais il faut bien se dire qu'ils existent depuis plus de vingt ans. Cela a mis du temps à cartonner. Avec Loudblast, nous avons démarré très tôt également et nous avons eu la chance de débuter à une période où il y avait encore de l'argent dans le milieu de la musique, même si c'était déjà très compliqué. Nous avons travaillé dur pour y arriver. On répétait toute la semaine, on jouait les week-ends et on partait en tournée pendant deux mois. Concrètement, il est vrai que c'est dur. On parle souvent des groupes américains et de leur réussite. Mais c'est assez ahurissant le nombre de groupes américains qui cartonnent en Europe mais ne vivent pas de leur musique et doivent conserver un job à côté, une fois rentrés chez eux. Ils prennent leurs congés pour faire leur tournée. Pour ma part, je vis de ma musique depuis très longtemps, mais je fais également de la production à côté. Il faut conserver plusieurs cordes à son arc si on veut s'en sortir.

C'est assez ahurissant le nombre de groupes américains qui cartonnent en Europe mais ne vivent pas de leur musique et doivent conserver un job à côté.

Cette activité de production tient-elle justement une grande partie de votre travail ?
Cela a été une grosse partie de mon activité à une époque car j'en avais un peu marre de faire de la scène, de pas être souvent à la maison et de ne pas voir grandir mon fils. Faire de la production m'a permis d'être un peu plus sédentaire mais finalement pas vraiment plus chez moi (rires). C'est finalement une activité très chronophage mais passionnante. J'en fais toujours beaucoup, surtout depuis la fin de l'émission live d'Une Dose 2 Metal (ndlr : émission présentée par Stéphane Buriez sur l'Énôrme TV). J'essaie de faire tout ce que je fais du mieux possible. En ce moment je travaille sur le nouvel album des Tagada Jones et j'enchaîne les concerts avec Le Bal des Enragés et Loudblast.

Malheureusement, pour le commun des mortels, le "metalleux" reste le mec à cheveux longs qui boit de la bière, ce qui n'est pas faux non plus, mais on boit de la bière partout.

Est-ce que l'image du metal a évolué en France ?
En toute honnêteté, je n'en suis pas persuadé. Le metal est devenu un peu plus "populaire" mais il y a toujours un côté caricatural qui peut être énervant quand tu connais le milieu et que tu sais comment ça se passe en réalité. Cela dit, il y a des caricatures de partout : tu vas dans un concert de Johnny Hallyday et tu trouves des caricatures... C'est valable pour tous les styles musicaux. Être fan, c'est finalement être un peu une caricature de ce que tu ne veux pas voir. Malheureusement, pour le commun des mortels, le "metalleux" reste le mec à cheveux longs qui boit de la bière, ce qui n'est pas faux non plus, mais on boit de la bière partout. Pour ma part, mon style de musique est très important. Le metal, c'est ma vie, j'ai choisi d'en faire mon métier. Mais avant tout, c'est quelque chose qui me tient vraiment à coeur et que je protège aussi. On a souvent tendance à vouloir nous faire dire des choses et montrer une image de ce que nous ne sommes pas réellement. Il suffit de gratter un peu pour s'en rendre compte. Des festivals tels que le Hellfest ont ouvert beaucoup de portes grâce à l'engouement autour de cet évènement. Les grands médias se sont alors intéressés un peu plus à ce style et se sont rendus compte que ce n'est pas seulement un style pour ados boutonneux, prépubères ou attardés. J'ai plein d'amis qui sont vétos, juristes, chefs d'entreprises, ... et qui sont fans de metal.

Des festivals tels que le Hellfest ont ouvert beaucoup de portes grâce à l'engouement autour de cet évènement.

Pour revenir sur Loudblast, quel sera le live que vous présenterez à Saint-Étienne ?
Nous allons jouer l'album Sublime Dementia, sorti en 1993. Cette tournée garde un côté exceptionnel avec seulement une petite vingtaine de dates jusqu'à fin janvier. C'est un album clé de notre carrière enregistré à l'époque aux États-Unis, à Tampa, avec Scott Burns, producteur "clé-de-voûte" du death metal international. Nous jouons l'album du début à la fin, dans l'ordre. Nous sommes sur scène depuis trois ans avec l'album Burial Ground sorti en 2013 et qui est, selon moi, un de nos meilleurs disques. Mais nous voulions faire une tournée charnière avec quelque chose d'exceptionnel. Nous jouons quelques morceaux que nous n'avons jamais joués sur scène... De plus, nous avons le plaisir d'avoir Fred Leclercq, le bassiste de Dragon Force, qui vient nous prêter main forte.

Hervé Coquerel, le batteur de Loudblast, joue également pour Black Bomb A, groupe qui vous accompagne lors de cette tournée. Il fait donc les deux sets d'affilée ?
Absolument ! Qu'est-ce qu'on ferait pas pour un cachet (rires). Plu sérieusement, c'est pour cette raison que Black Bomb A joue en dernier. Hervé joue dans les deux groupes et il impose le "running order". Et il préfère débuter par Loudblast car il ne pourrait pas finir par le set de Loudblast (rires)

Avec Loudblast, vous préparez un nouvel album pour 2017 ?
Oui, en effet. Mais avant, nous allons sortir un DVD III Decades live ceremony, qui est la captation live de notre concert de nos 30 ans d'existence à l'Aéronef de Lille l'année dernière, avec en bonus quelques inédits, deux concerts privés, des reportages, ... Le nouvel album sera la suite de cette tournée et de la sortie du DVD. Une bonne partie des titres sont déjà composés. Ce nouveau disque devrait sortir à la fin de l'année 2017.

Comment faites-vous pour rester pertinents trente ans après vos débuts ?
Je n'ai pas vraiment de réponse à cette question, mais une chose est sûre, je ne me verrais pas continuer à exister si je ne composais pas, si je n'avais pas quelque chose à donner aux gens qui ont envie de m'écouter. La musique fait partie de ma vie et je me remets toujours en question. Je dois être fait pour ça. On fait aussi tout ça pour laisser des traces, des empreintes et après trente ans, je crois qu'on a déjà bien travaillé sur ce point.

Avez-vous une image de Saint-Étienne ? Est-ce que sur la scène metal, cette ville a un impact ?
Je vais te parler forcément du groupe Benighted, originaire de Saint-Étienne. Mais avant tout, je pense au maillot Manufrance des Verts... Et puis, nous passons souvent à côté de cette ville, sur son périph' biscornu, mais je crois que nous n'avons jamais joué là-bas. On a toujours joué autour de Saint-Étienne, pas très loin, à Lyon ou autres, mais jamais à Saint-Étienne même. J'ai vraiment hâte d'y être. La région Rhône-Alpes reste un terreau d'activistes metal avec de vrais fans. Cette région a toujours été et reste un endroit qu'on aime visiter et où l'on aime jouer.

Loudblast [+ Black Bomb A], samedi 19 novembre à 20h30, le Fil

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