La soirée (stéphanoise) des bras de fer

Scène locale + Robert Spline

Centre Culturel L'Opsis

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Talents locaux / Nul n’est prophète en son pays ? Le festival des Oreilles en Pointe tord une fois encore le cou à ce vieil adage, programmant pas moins de quatre prometteuses formations stéphanoises en co-plateau avec Robert Spline, vendredi 17 novembre à 20h30 au Pôle Culturel l'OPSIS de Roche-La-Molière.

Kami Soul Street : la délicatesse

Ils viennent d’univers très différents et se sont rencontrés au PAX il y a à peine trois ans par l’intermédiaire d’Etienne Delesse du label Carotte Production qui les accompagne aujourd’hui. Mireille chante et joue des percussions, avec en elle toute la culture de son Cameroun natal et un beau passif entre reggae et soul. François l'accompagne à la guitare acoustique, fait les chœurs et joue de la stompbox, avec dans ses valises des gerbes de rock (Les jupes fendues, Back to the seventies) et des flots de chanson française (Kaslane, La Maison Quitientchaud, Christopher Murray). Ensemble, Mireille et François cultivent l’art de la simplicité, entre le subtil mariage des voix et la délicatesse des arrangements. Après une première partie au Fil en 2015 et la grande scène de la place Jean Jaurès lors de la fête de la musique en 2017, Kami Soul Street jouera ses nouvelles compositions, avec toujours cette volonté de retour à l’essentiel, une orchestration minimaliste où la guitare de François oscille entre riffs orientaux, arpèges folk pop et rythmiques empruntées à l’Afrique de l’Ouest, offrant à la voix chaude de Mireille l’écrin idéal. Un EP devrait sortir en 2018. Patience…


Rapsa : accro au texte

Trentenaire stéphanois, Rapsa, est un artiste de hip hop engagé qui compte bien laisser sa trace dans la grande cour du Rap français. De son premier concert à l’âge de seize ans au Hall C et de ses premières expériences de groupes (La Kronik avec Metthi et Exo) il garde et développe chaque jour un peu plus cette passion-pulsion pour l’échange et le partage de ses textes. Comme beaucoup de musiciens de sa génération, Rapsa a su utiliser la force des réseaux sociaux pour se faire connaître des médias régionaux. Et ce n’est qu’un (bon) début. Le rappeur trace sa route dans le sillon d’un rap conscient, loin des strass et des égotrips du Rap Game. Bercé par les grands frères d’IAM, NTM, Rocca, La Rumeur ou Kery James, Rapsa conçoit avant tout le hip hop comme un mouvement contestataire capable d’éduquer, d’enrichir et de sensibiliser une jeunesse malmenée. Sur les seize titres de son premier album (Entre réalité et fiction sorti en 2016), l’artiste conserve sa ligne directrice en abordant sans concessions tous les sujets qui font l’actualité brûlante de notre société déboussolée, refusant du même coup de verser dans ce nouveau rap commercial dépourvu de tout message. Dont acte.


CYLD : planante alchimie

Le duo s'est formé en 2015 dans les couloirs du Conservatoire à Rayonnement Régional de Saint-Etienne. Pourtant tout semble opposer Cyril et Lucile, lui étudiant les musiques actuelles et elle le classique. Malgré leurs parcours respectifs et des influences radicalement différentes, l'alchimie est immédiate entre les deux musiciens. La singularité du projet tient justement dans cet heureux mariage de deux univers complémentaires. Cyril Bathazar chante et manie aussi bien la guitare que les machines. Lucile Faure Balard passe du violon aux claviers et assure les chœurs. Côté textes, le binôme écrit en Français dans la mouvance d’auteurs actuels comme Dominique A, Alain Bashung ou Arnaud Michniak. Néanmoins, c'est plutôt la nouvelle scène indé electro-pop qui guide le son et l'écriture musicale de CYLD, avec des références comme les Anglais d’ALT-J, l’Australien super-planant RY X ou encore les inéluctables Radiohead. Le tandem ligérien a déjà une belle expérience de la scène (premières parties de Lisa Portelli, Black Lilys, Les Hurlements de Léo…), passant un cap en 2016 avec la sortie d’un premier album (un second est déjà en gestation) et une sélection au tremplin montbrisonnais des Poly’sons.


Green Paper : puissance et mélancolie

Geoffrey (chant, guitare rythmique), Maxime (guitare lead), Joris (basse) et Alexandre (batterie) se rencontrent au lycée du côté de Monistrol-sur-Loire puis forment Green Paper en 2012. Biberonnés à Led Zeppelin, Gun’s and Roses, The Doors ou encore Noir Désir, les quatre garçons (dans le vent) puisent leur inspiration dans un rock sombre et sensible, concoctant à leur sauce un univers basé sur la puissance et la mélancolie. Finaliste en 2013 du tremplin régional Teenage Kicks à la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand, le groupe entre en studio durant l’été 2014 pour accoucher d’un premier EP qui l’emmène tout droit vers une très prometteuse victoire au tremplin Jeunes Talents de Métropolis 42. Aujourd’hui accompagné par le label Carotte Production, Green Paper multiplie les résidences pour peaufiner son show, un travail fructueux qui s’est vérifié par des prestations scéniques remarquées, du Transbordeur au Ninkasi Kao en passant le Fil. Une nouvelle galette est attendue pour le premier semestre 2018, sur laquelle on espère retrouver la rythmique instinctive du groupe et la dualité électrisante des deux guitares, mettant en relief des textes bien sentis.


Robert Spline : avis de tempête

C’est en 2014 que le groupe Robert Spline (ex Spline et la Mauvaise Herbe) se fera connaître nationalement en jouant aux six coins de l’hexagone, fort d’un premier EP (réalisé par Céline Frezza de Jarring Effects), déployant sur scène un univers unique, avec un son electro marqué d’influences multiples, allant du dub au rock progressif. Le groupe a mûri un savant mélange de boucles électroniques et d’instruments traditionnels, un cocktail explosif teinté de transe et parsemé de références tribales, au service d’un propos poétique très personnel. La magie opère lorsque les kicks électroniques et les instruments créent une symbiose parfaite et transportent nos tympans loin, très loin. Les textes de Robert Spline sont ceux d’un écorché vif, un sauvage à la fois ébouriffé par sa fougue et fragilisé par ses craintes que seule une colère textuelle semble pouvoir apaiser. Violoncelle, banjo, harmonium et baglama sont joués live sur les lourds beats des machines infernales qui a leur tour apportent une dimension physique au son d’ensemble, sans jamais couvrir le texte qui garde toute sa place dans l’ouragan de notes et de rythmes. Robert Spline se raconte mais ne parle pas dans le vide.

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