"Foxtrot" : Contre-danse

Foxtrot
De Samuel Maoz (Fr-Isr, 1h53) avec Lior Ashkenazi, Sarah Adler...

Drame / de Samuel Maoz (Isr.-Fr.-All., 1h53) avec Lior Ashkenazi, Sarah Adler, Yonaton Shiray…

Dafna et Michael apprennent brutalement un matin que leur fils Yonatan, militaire affecté sur un poste frontière dans le désert israélien, a été tué. Il faut gérer la douleur, les démarches administratives, la famille, les cérémonies officielles absurdes. Sauf qu’il y a un coup de théâtre…

Un film ? Plutôt trois et demi en un, alternant les couches ou les tranches comme dans un sandwich. Or, chacun le sait, le meilleur du sandwich, c’est rarement le pain. L’épisode central le confirme ici : après une ouverture ayant pour fonction de démontrer l’habileté du réalisateur, son goût pour la géométrie et son art à gérer les hauteur, la spatialité, on découvre ce qui aurait pu (dû ?) demeurer un fantastique court métrage.

Cœur du récit et nœud du drame, la vie au poste frontière est un mélange d’absurde et d’esthétique rappelant Le Rivage des Syrtes, mais revisité par Jean-Pierre Jeunet époque Bunker de la dernière rafale. Un moment de sombre beauté en temps de guerre, où entre deux banalités dans le quotidien de troufions abandonnés à eux-mêmes, un drame va se cristalliser. Il y a de l’ironie tragique et du karma dans cette fable qui se suffit à elle-même, les volets inaugural et final n’apportant en définitive qu’un contrepoint plastique — ainsi qu’un rab de critique politique.

Et puis, aussi, quelle incongruité d’avoir confié à Sarah Adler un rôle qu’elle aurait pu endosser avec crédibilité dans dix ans…

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