Ibeyi : « On en profite à fond »

Ibeyi + Niki Niki

Le FIL

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Sono mondiale / Les jumelles Ibeyi - Lisa-Kaindé et Naomi, filles d’Anga Diaz, percussionniste du Buena Vista Social Club - ont connu un parcours fulgurant depuis la sortie de leur 1er Ep Oya en 2014. Après avoir parcouru la planète, travaillé avec Beyoncé et ouvert un défilé Chanel à Cuba, elles sont revenues avec un deuxième album Ash en 2017, très fort. Rencontre avant leur passage à Saint-Étienne fin novembre au Fil.

Ibeyi veut dire "jumelles" en langue yoruba mais il paraît que vous êtes opposées et que vous vous complétez ? Une calme, une plus agitée. Il paraît même que dans la composition de votre musique vous avez des rôles différents : Lisa-Kaindé davantage sur les mélodies et Naomi sur les rythmes...
Oui c'est ça, le yin et le yang, la mélodie et le rythme, la diplomate et la cash, la rêveuse et la fonceuse, la réfléchie et la spontanée... À deux, on fait une personne plutôt équilibrée. (rires)

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Comment avez-vous composé votre album Ash ?
On a commencé à composer pendant la tournée du premier album qui a duré deux ans et qui nous a fait parcourir le monde, de l'Asie à l'Afrique, de l'Europe à l'Australie, de l'Amérique du Nord à l'Amérique du Sud. Notre producteur nous avait donné ce conseil précieux : « n'arrêtez jamais d'écrire des chansons ». Il en faut beaucoup pour faire un choix définitif.

On commence vers 10h et on termine vers 18h. On n'est pas comme ces groupes qui arrivent à 18h et enregistrent toute la nuit.

Combien de temps vous a-t-il été nécessaire pour le mettre en forme ?
On a la chance de travailler assez vite en studio. On a des textes et des mélodies, ce qu'on fait en studio ce sont les beats, les percussions, le piano, les voix, la recherche de samples et on mixe avec notre ingé son... Mis bout à bout, ça doit tourner autour de un mois et demi mais à vrai dire on ne sait pas, on a fait quelques poses entre les différentes séances d'enregistrement, pour avoir une oreille plus fraîche parce qu'à un moment, il faut prendre du recul quelques jours voire quelques semaines et y revenir. On commence vers 10h et on termine vers 18h. On n'est pas comme ces groupes qui arrivent à 18h et enregistrent toute la nuit.

Quelles étaient vos intentions avec cet album ?
Faire un album plus "up tempo" que le premier, un album que nous pourrions jouer tant dans les théâtres que dans les festivals et faire chanter les gens. En revanche, la tonalité générale de l'album on la découvre après avoir terminé d'enregistrer toutes les chansons, quand on fait le choix de celles qui restent et de celles qu'on va laisser au bord de la route. C'est difficile d'ailleurs de décider de se séparer des chansons que l'on aime mais qui finalement ne sont pas cohérentes avec le tout.

Pourriez-vous nous reparler de l'expérience que vous avez eue avec Beyoncé ? Vous avez reçu un mail de la part de son équipe et vous êtes parties la rejoindre directement aux USA, pensant que vous alliez simplement faire les choeurs ?
On ne savait pas du tout ce qu'on allait faire en la rejoignant. On savait juste qu'elle était à la Nouvelle-Orléans et qu'elle voulait nous inclure dans un projet. Aucun de ses invités sur ce tournage ne savait pourquoi il était convoqué d'ailleurs. C'est très fort de sa part parce que nous y sommes tous allés à l'aveuglette. C'était carrément la claque quand on a découvert qu'on ferait partie de Lemonade le film.

Comment vous avez rencontré Richard Russell, votre producteur, réputé pour être plutôt discret et ne signant que peu d'artistes...
Il a vu une vidéo de nous dans laquelle on chantait Mama Says lors d'un de nos premiers concerts. C'est carrément fou. Nous à Paris, lui a Londres, on avait 18 ans. Il a demandé a l'un de ses collaborateurs de venir nous voir en concert à Paris puis il nous a demandé de venir le rencontrer à Londres, dans son studio. Ça a été un coup de foudre artistique réciproque. La magie des rencontres peut transformer une vie !

Nous sommes conscientes de la chance inouïe que nous avons d'être sur une scène et de partager notre musique avec des gens du monde entier.

En quelques années, vous avez connu un parcours fulgurant... Arrivez-vous à profiter à chaque instant de cette chance ?
Nous sommes conscientes de la chance inouïe que nous avons d'être sur une scène et de partager notre musique avec des gens du monde entier. On en profite à fond, on adore rencontrer d'autres artistes, collaborer à des projets divers, être sur la route, sauf quand on est épuisées, ce qui arrive parfois quand on chante pendant des semaines sans pause.

Pour l'album Ash, vous avez pris un extrait d'un discours de Michelle Obama et un autre de l'auteur Claudia Rankine. Pourquoi avoir fait ces choix et a-t-il été compliqué d'obtenir les droits sur ces textes ?
On a lu le livre de poèmes de Claudia Rankine pendant l'enregistrement de l'album et il nous a beaucoup inspiré. Quant à Michelle Obama, c'est encore un petit miracle. On cherchait un discours de réponse à Trump quand il a dit que les femmes devaient être attrapées par la chatte. On est tombées sur celui de Michelle Obama et il nous a tout de suite émues. C'est grâce à notre ami JR, incroyable artiste, que nous avons eu accès à Michelle Obama et son équipe et que nous avons eu son autorisation pour l'utiliser dans la chanson No man is big enough for my arms. Une bonne étoile planait sur nos têtes.

Nous avons ouvert le défilé Chanel à La Havane avec des chants afro-cubains yorubas. C'était la rencontre de notre part française et de notre part cubaine.

Vous avez effectué une performance pour un défilé de Chanel à Cuba. Quel est votre rapport avec la mode ? Est-ce un art à part entière selon vous ?
La rencontre avec la maison Chanel a aussi marqué un moment important pour nous. Nous avons ouvert le défilé Chanel à La Havane avec des chants afro-cubains yorubas. C'était la rencontre de notre part française et de notre part cubaine. Une chance presque insolente. C'est grâce à Chanel que nous avons découvert le monde de la haute couture, les défilés somptueux, les mises en scène hallucinantes. La haute couture, c'est le mariage heureux de l'artisanat le plus raffiné et de l'art. La vision du styliste et la réalisation de cette vision, des heures de broderies, de tissages, de dentelles, de pliages...

Est-ce que la musique de Cuba a évolué depuis le "réchauffement" des relations internationales notamment avec les USA ?
Le "réchauffement" des relations internationales avec les USA a fait long feu. Depuis l'élection de Trump c'est plutôt glacial comme réchauffement. La musique évolue indépendamment des relations diplomatiques, heureusement !

Une dernière question : pouvez-vous laisser un petit message pour les Stéphanoises et Stéphanois afin de les inciter à venir vous voir sur scène ?
Si vous voulez chanter, remuer les hanches, voyager et vous sentir moins seul, venez nous voir, on vous attend !

Ibeyi, vendredi 30 novembre à 20h30 au Fil

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