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Gio Garcia : « Notre activité ne reprendra pas directement après le confinement »

Point de vue / Les métiers du spectacle vivant et du cinéma/audiovisuel ont fait partie des premiers secteurs d’activité impactés par l’arrivée de l’épidémie de Covid-19. Intermittents ou pas, de nombreux techniciens ont vu leur activité réduite à néant. On en a discuté avec Gio Garcia, directeur technique et régisseur général pour de nombreux événements de la région stéphanoise.

Qu’est-ce qu’un intermittent ?

L’intermittence est un statut et non pas un métier. Il a été créé en 1936 dans le secteur du cinéma puis formalisé par Pôle emploi dans les années 60. Il est adapté au fait que nous avons tous de multiples employeurs et aux particularités de nos métiers. Ces derniers sont très variés, allant du technicien son aux administrateurs de production, cadreurs en audio-visuel ou encore régisseurs lumière, la liste est longue. L’intermittence est un régime spécial d’indemnisation chômage pour les périodes où nous ne travaillons pas. Il faut justifier sur 12 mois de 507 heures de travail rémunéré. J’insiste sur le mot “rémunéré” car de nombreuses heures de travail ne sont pas comptabilisées dans ce chiffre. Par exemple, dans mon cas personnel, pour un concert, je ne suis payé que pour le jour du concert alors que je travaille en amont à sa préparation. On dit souvent que pour une heure de travail rémunéré, il y en a trois ou quatre de travail effectif.

Quel impact a le confinement sur les professions du spectacle ?

Cela a ravagé notre activité. Cela a été progressif avec tout d’abord l’interdiction des spectacles en intérieur avec des jauges de plus de 5 000 personnes. Puis, avec la montée de l’épidémie, cela a été de plus en plus restrictif jusqu’au samedi 14 mars et la fermeture des lieux de vies. Aujourd’hui, tout le monde est au chômage dans le milieu du spectacle. Par chance, ceux qui sont sous le régime d’intermittence ont le droit à une indemnité. Mais ce n’est pas le cas de tous. Il y a également eu une forte solidarité de la part de nos employeurs avec maintien de cachets sur certains spectacles ou des heures rémunérées malgré le fait qu’elles ne soient pas effectives.

Nos métiers sont variés, allant du technicien son aux administrateurs de production, cadreurs en audio-visuel ou encore régisseurs lumière, la liste est longue.

Et pour la suite ?

Nous avons une forte angoisse pour la suite… La plus grosse période d’activité pour nous se situe au printemps et pendant l’été avec la tenue de nombreux festivals notamment. Concernant l’intermittence, Pôle emploi a d’ores et déjà annoncé le gel du statut pendant la période de confinement mais le problème est que notre activité ne reprendra pas directement après le confinement. Et cela risque d’être très difficile également pour les indépendants qui eux sont encore plus précaires que les intermittents.

Dans la Loire, combien y-a-t-il d’intermittents ?

À travers le CIP42, le collectif des intermittents et précaires de la Loire, nous avons comptabilisé environ 500 personnes sous ce statut. Mais il faut rappeler que l’arrêt de la culture a un impact sur de nombreux secteurs. C’est toute une économie qui est impactée. L’ensemble des prestataires privés le sont également comme ceux qui gèrent le catering – restauration pour les spectacles –, l’hôtellerie qui héberge spectateurs et professionnels pour un spectacle… L’impact est large. Mais je dois aussi rappeler que si nous sommes impactés, nous sommes loin d’être les seuls. Certains secteurs d’activités le seront encore davantage.

Vous avez lancé une initiative nouvelle avec d’autres techniciens ?

Oui, c’est encore tout récent. Nos collègues lyonnais ont répondu à un appel lancé par l’Armée de Terre, pour apporter une aide technique. Étant donné que nous avons l’habitude de monter des festivals et autres grands événements, nous avons de nombreuses compétences techniques. De plus, du matériel dort chez les prestataires… Nous essayons de structurer une initiative afin d’apporter, si besoin, une aide logistique à l’État, aux collectivités locales ou au secteur social. Cela peut se faire par le montage de tentes, de la plomberie… Cette initiative se nomme pour le moment « Coordination locale des techniciens du spectacle Covid-19 /Loire ». Mais beaucoup d’autres projets solidaires existent, il suffit de regarder sur les réseaux sociaux. Cela dit, le plus important reste d’être prudent et de prendre le moins de risque possible et donc de rester chez soi au maximum.

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