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RCW 86, rémanent coloré.

Chacun pour tous !

Initiatives / Les alternatives aux moyens traditionnels de consommation fleurissent à Sainté. Afin de lutter contre la surconsommation et de protéger l’environnement, ou pour des raisons économiques et d’égalité sociale, de nombreux Ligériens se lancent dans des projets participatifs. Ces ateliers de menuiserie, supermarchés coopératifs ou objethèques sont autant d’initiatives citoyennes avec pour vocation de changer la façon de consommer des Stéphanois mais aussi de créer des liens et de renforcer le tissu social dans notre cité.

Dans les allées du supermarché coopératif, La Fourmilière, « les gens se connaissent, il se sont croisés en commission, lors d’un apéro ou d’une animation » explique Thibault, membre de l’association, ou ‘’Fourmi’’, depuis 2018. « Cette création de liens sociaux attire aussi les gens. Il s’agit d’une aventure humaine, pas juste de faire vos courses. » Si les clients se connaissent si bien, c’est qu’ils partagent plus qu’un simple lieu où faire leurs achats. Pour eux, La Fourmilière est un projet commun. « Devenir fourmi c’est un quatre en un » explique-t-il. « On est à la fois client, bénévole, propriétaire et décisionnaire. » En payant leur cotisation pour rentrer dans l’association, les nouvelles ‘’Fourmis’’ deviennent en partie propriétaires de la structure et obtiennent ainsi voix au chapitre dans les décisions prises par La Fourmilière dans son ensemble.

« On choisit nous-mêmes les produits » détaille Thibault, avant d’ajouter que « chacun peut même suggérer des produits dans un petit cahier à l’intérieur du magasin. » L’association, qui cherche à installer une gouvernance partagée par tous ses adhérents, leur donne la possibilité d’apporter leurs propres valeurs au sein de cette communauté. Pour Thibault, « c’est l’avenir de la consommation et ça préfigure une certaine philosophie et une certaine forme d’organisation qui va dans le sens d’un avenir désirable. »

Toucher du bois…

Bien qu’en parfaite adéquation avec l’air du temps, les projets participatifs n’ont rien de nouveau. Depuis 1977, l’association L’Établi accueille les amateurs et artisans professionnels. Regroupant à l’origine des ateliers de menuiserie, de mécanique automobile et de fibre de verre au sein du service d'animation de la ville de Saint-Étienne, l’association se concentre aujourd’hui sur son activité de menuiserie.

« L’adhérent peut disposer des machines à volonté. Ce n’est pas comme une location de machines à l’heure auquel cas il faudrait terminer son travail au plus vite » explique Jean-Jacques Hulalka, président de l’association. « Ici, on peut mettre six mois pour finir la bricole qu’on est en train de fabriquer. » Afin de pratiquer ou d’apprendre le travail du bois aux côtés des bénévoles et des autres adhérents, L’Établi met à disposition de ses membres des raboteuses, déligneuses, dégauchisseuses, toupies et ponceuses professionnelles sur un espace de 1100 m2. « Certains professionnels n’ont pas un tel équipement » ajoute le président.

Si le partage et la solidarité font partie intégrante des projets participatifs, Nathan Serval président de l’Objethèque veut aller plus loin. « Le principe même de l’Objethèque, c’est d’avoir un catalogue d’objets assez large que les gens peuvent louer à bas prix lorsqu’ils en ont besoin », comme une bibliothèque d’objets en somme. « Au lieu d’avoir chacun chez soi un objet que l’on utilise très occasionnellement, l’idée est de plutôt le mettre en commun pour l’utiliser au maximum ».

« Sur le plan social, ça permet d’aider les gens qui n’ont pas forcément les moyens d’acheter ces objets eux-mêmes » développe le jeune Stéphanois. « Sur le plan écologique, on lutte contre la surconsommation. C’est mieux d’avoir quatre appareils à raclette pour un quartier plutôt que chaque habitant en possède un. »

« C’est mieux d’avoir quatre appareils à raclette pour un quartier plutôt que chaque habitant en possède un. »

La balance économique, un numéro d’équilibrisme

Pour ces associations, le maintien de l’équilibre économique demande un grand engagement de la part des adhérents. À L’Établi, « avec environ 150 cotisations de 160 € par an, ça ne fait pas un gros budget » précise Jean-Jacques Hulalka avant d’ajouter : « certes on a une subvention de la Ville de Saint-Étienne, mais qui compense tout juste le loyer. » Afin de diminuer les frais, ce sont des bénévoles qui font fonctionner l’atelier sept jours sur sept de 8h à 20h. « On n’a pas les moyens de rémunérer qui que ce soit. Donc, c’est le bénévolat qui l’emporte. »

À La Fourmilière, le principe est le même. Les 665 fourmis se relaient sur des créneaux de 3 heures de bénévolat toutes les quatre semaines. « Notre modèle économique repose sur le fait que l’on a peu de masse salariale contrairement à d’autres supermarchés, ce qui nous permet de fonctionner avec un taux de marge de 20 % sur tous les produits » (contre jusqu’à 27 % dans un supermarché classique et 45 % dans un commerce spécialisé selon l’Insee ; NDLR) précise Thibault. « Avec assez peu de salariés et un investissement bénévole conséquent on arrive à atteindre un équilibre. »

Ces différentes structures contribuent de renforcer le tissu social de la ville de Saint-Étienne. Un projet humain rendu possible, d’une part, grâce à des idéaux tournés vers le partage de ressources et la convivialité, d’autre part grâce aux mouvements de solidarité qu’elles génèrent chez leurs adhérents et bénévoles.


- La Fourmilière, 19 Rue Nicolas Chaize à Saint-Étienne
- L'Établi, 10 Rue Calixte Plotton à Saint-Étienne
- L'Objethèque, 49 rue de la République à Saint-Étienne (ouverture samedi 19 septembre)

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