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RCW 86, rémanent coloré.

Les sorties cinéma du 16 février

Indispensables

★★★★☆ La Vraie famille

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Simon vit placé chez Anna et Driss depuis qu’il a quelques mois et la mort de sa mère. Quand son père biologique demande à en reprendre peu à peu la garde, c’est un bouleversement aussi violent pour ce petit bonhomme pour pour Anna et le reste de la “vraie“ famille de Simon…

Il est rare qu’une dramédie impressionne autant par la liberté et la fluidité de sa réalisation, sublimant un sujet grave tout en libérant les comédiens du risque de l’outrance — ce surjeu cache-misère visant à tirer les larmes quand il n’y a rien à offrir d’autre. Fabien Gorgeart filme d’une manière enveloppante cette famille, composant avec la longueur des enclaves de bonheur et saisissant les fractures comme le désarroi avec d’autant plus d’acuité. Une distribution idéale achève de transformer un fait divers social en histoire émouvante emplie d’empathie, de nuances et d’humanité. Une belle réussite.

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Un film de Fabien Gorgeart (Fr., 1h42) avec Mélanie Thierry, Lyes Salem, Félix Moati… (sortie 16 février)


À voir

★★★☆☆ Un autre monde

Cadre supérieur, Philippe a tout sacrifié pour sa boîte, y compris sa vie de famille. Et voici que la maison-mère de l’usine qu’il dirige exige un nouveau plan social afin de donner des gages aux marchés. Pour limiter les conséquences humaines, Philippe tente une réponse alternative…

Choisissant ici comme protagoniste un col blanc, Stéphane Brizé poursuit son exploration du “monde du travail“ (qui tient plutôt d’une étude à 360° de l’inscription de l’individu au sein de la société capitaliste) et débouche sur une conclusion identique : peu importe s’il se situe à un échelon subalterne ou intermédiaire, l’humain reste pour le système une variable d’ajustement. La moindre ambition éthique, la moindre expression du libre-arbitre seront perçues comme risquant de compromettre l’existence de ce mode de fonctionnement foncièrement absurde et donc sanctionnés — à l’instar de l’éviction de l’ex-patron de Danone Emmanuel Faber pour “résultats boursiers insuffisants“. Sans renoncer à son traitement cru des faits et des personnages, Brizé montre le laminage collatéral opéré par un lean management dévoyé : l’entreprise contamine et stérilise le privé ; sa “philosophie” annihile tout forme de résistance. Résultat ? Le personnage de Philippe étouffe littéralement de solitude à l’écran. Cette troisième incarnation d’un Lindon (convaincu et convainquant) en insurgé face à un adversaire aussi puissant qu’abstrait donne à ce triptyque une étonnante cohérence. Ainsi qu’un immense trouble : l’entreprise a tiré toutes les leçons, hélas, de l’expérience de Milgram.

Un film de Stéphane Brizé avec (Fr., 1h36) avec Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain, Anthony Bajon…(sortie 16 février)


À la rigueur

★★☆☆☆ Piccolo corpo

Parce que l’enfant d’Agata est mort-né, le prêtre refuse de le nommer. La jeune femme quitte alors son île avec le petit défunt pour un lieu prétendu miraculeux où il pourra respirer un instant afin d’être baptisé. Sur la route, Agata sera aidée par une étrange personne, Lynx…

Comme le malheureux bébé d’Agata, c’est un film des limbes, de l’entre-deux : dans la recherche d’une authenticité contemplative lorsqu’il restitue une paysannerie parlant son dialecte au tournant du XXe siècle ; et dans un réalisme magique puisque la foi en une brève résurrection est le moteur (le but ?) de l’histoire. Austère mais esthétique dans sa lente rudesse, le tableau souffre d’être parfois trop prévisible : la plupart des coups de théâtre se révèlent des coups dans l’eau.

Un film de Laura Samani (It., 1h29) avec Celeste Cescutti, Ondina Quadri… (sortie 16 février)


pour aller plus loin

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Mardi 5 juin 2018 Bientôt viendra le moment de vaquer à l’ombre, de se baquer dans l’onde… Rien de tel que l’approche de l'été pour souffler l’envie d’aller voir ailleurs ; rien de mieux qu’un film pour l’exaucer.

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