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Une corne d'abondance

Festival / L’édition 2022 du Rhino Jazz(s) festival se déroulera entre Loire et Rhône du 1er au 23 octobre. A quelques semaines du lancement, petit tour détaillé de ce qui attend le public cette année, résumé comme toujours sous une seule étiquette : liberté.

Depuis ses 40 ans en 2018, on doit bien avouer qu’on a un peu arrêté de compter. Parce que le temps passe vite. Parce que plus il prend de l’âge, plus on en prend aussi. Parce qu’il est aujourd’hui installé comme une telle institution, que les souvenirs que l’on a de ses éditions passées sont bien trop nombreux pour que l’on puisse tous se les remémorer. Et puis parce que… Le Rhino Jazz(s), - Rhino tout court, pour ceux qui en parlent avec affection – étant par ailleurs systématiquement tourné vers de nouveaux formats, voire, délires artistiques, l’on préfère finalement regarder devant, se disant chaque été « mais qu’est-ce que le festival va-t-il bien pouvoir nous réserver cette fois-ci » ?

A la manœuvre, Ludovic Chazalon son directeur artistique, nourrit ainsi chaque projet de toute sa passion pour le jazz… Et plus généralement pour la musique, quelle qu’elle soit, de même que pour les esthétiques et univers qui l’accompagnent.

En fusion

Ainsi s’explique, on le sait, le « s » à jazz. D’abord extraordinairement inspiré, puis lui-même multiple, donnant à celui ou celle qui le compose toute latitude pour remanier quelques ingrédients de la sauce, le jazz est au fil du temps devenu aussi formidablement inspirant pour d’autres courants, se mélangeant in fine, ci, au rock, là, à la soul, aujourd’hui, à la chanson ou à l’électro… Le Rhino, lui, n’a fait que suivre la tendance libertaire et l’éclectisme du courant dont il est un fervent représentant. Proposant à toutes les oreilles de s’approcher et de s’ouvrir aux nouvelles impulsions, sûr de leur capacité à susciter la même tornade d’émotions… En n’oubliant jamais, évidement, de rendre compte des racines, des évolutions, et des moments marquants de l’histoire de la (des) musique(s).

« Notre programmation 2022 s’est construite autour de musiciens très ancrés dans les bases du jazz, souvent issus de formations en jazz d’ailleurs, mais qui apportent des visions très neuves, pour finalement aller créer d’autres choses. Je pense à A Polylogue from Sila à Saint-Martin-la-Plaine, ou à Shai Maestro à Oullins, qui promettent des moments de musique très forts, parce qu’ils ont justement cette capacité à mettre leur solide technique au service de sonorités vraiment très bien pensées, et très novatrices », souligne ainsi Ludovic, très enthousiaste à l’évocation des propositions qui seront faites cette année.

Aventure musicale

Et, puisque de surprise et de création il est régulièrement question lors de ces traditionnelles trois semaines de festival, comment ne pas évoquer, à quelques semaines du lancement, l’un des temps forts de l’édition, élaboré autour de L’Oiseau de Feu d’Igor Stravinsky ? Sur scène, l’Orchestre Symphonique OSE!, dirigé par le Stéphanois Daniel Kawka, sera accompagné du saxophoniste Lionel Martin pour une soirée promise à de vives exaltations. Plus que d’un concert, cette rencontre entre deux personnalités bien connues du festival, prendra la forme d’une véritable aventure musicale, à la disposition de l’œuvre autant que du génie – et une nouvelle fois de la liberté – de chacun des deux artistes. « Stravinsky influence aujourd’hui des musiciens rock ou electro, poursuit Ludovic Chazalon. Pour cette création, il a surtout été question pour les deux protagonistes de s’amuser en proposant une relecture de l’œuvre. Et pour nous… Il s’agit aussi de dire que l’on a ici, en région, des musiciens absolument fabuleux, et qu’il faudrait être fou pour passer à côté ».

Avec les yeux, les oreilles, et les poils qui se dressent

Expérimenter des choses, concevoir les propositions artistiques comme des aventures à vivre et à faire vivre… Et plus seulement pour les oreilles. Car, aujourd’hui, l’image occupe une place centrale, sur le festival. Parce qu’elle « a intimement contribué à ce que des artistes deviennent star », parce qu’en effectuant « un travail de mémoire par l’image, on nourrit la mémoire du son », parce qu’elle « alimente les trajectoires de vie et de création artistique »… Parce qu’elle vient nourrir un univers dans lequel on plonge ainsi totalement, se laissant submerger par les sens. 
Ainsi cette année, le Rhino investira-t-il la galerie d’art Ceysson et Bénétière, à l’occasion d’une expo des photographies de Pierre Terrasson, qui toute sa vie vit défiler devant son objectif les plus grandes stars de la musique, de Miles Davis à James Brown, en passant par Bashung, Gainsbourg, Tom Waits ou Nina Hagen… Témoin privilégié de ce bouillonnement créatif, sur scène, backstage ou dans des lieux inattendus, Terrasson invitera ici à (re) visiter une grande et belle partie de l’histoire musicale contemporaine. « La galerie Ceysson et Bénétière est un formidable écrin pour cette exposition, qui retranscrira de manière iconographique, l’émotion que peut provoquer la musique, poursuit le directeur artistique. Et, pour que le plongeon soit total, trois concerts y seront associés durant la durée de l’événement. Nous avons souhaité initier une sphère forte, capable, grâce à la résonnance entre les notes et l’image, de plonger le public dans un véritable univers. »

Voilà donc comment, à 44 ans (on a fini par se remettre à compter, tout de même, pour être sûr), le Rhino Jazz(s) ne fait pas son âge : toujours frais, toujours en quête d’aventure, toujours partant pour des choses un peu folles, toujours en quête de la plus belle des vibrations. Et puis, quelque part, toujours aussi artisanal, quand bien même le paysage Rhône-Alpin l’a légitimement institutionalisé. Sans doute, est-ce en partie dû à ses organisateurs. Ludo Chazalon acquiesce, d’ailleurs, parlant de « collage de matière », de « rencontres », de « façonner les choses, les sculpter, grâce à l’échange et aux inter-connexions », de « téléscoper les histoires ». Et puis, peut-être aussi, parce que derrière le ou les jazz(s), se cache finalement un peu de punk, dans ce que la musique, quelle qu’elle soit, ne devient excellente que lorsqu’elle s’affranchit des codes.

Rhino Jazz(s) festival, du 1er au 23 octobre dans différents lieux de la Loire et du Rhône.

 

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