« Vivre sa passion en vrai »

Né en 2014 à Marseille (où le public est de plus en plus nombreux chaque année), le HeroFestival débarque début juin à Saint-Étienne. Un salon dans lequel on croisera aussi bien des fans de Superman que de Game of Thrones et de Goldorak, et où l'on pourra échanger avec des passionnés, rencontrer des artistes ou encore jouer à tout un tas de jeux, vidéo ou non. Pour en savoir plus sur cet événement intrigant, on a posé quelques questions à la commissaire générale Annabelle Fouques.


Qu'est-ce que le HeroFestival ?
Le HeroFestival est né à Marseille en 2014 et correspond, comme son nom l'indique, au festival des héros ! L'idée de cet événement est née d'une rencontre avec des cosplayers (passionnés qui jouent le rôle de personnages de fictions, souvent animées, en mettant leur costume et en se grimant, ndlr) à la Foire d'Avignon en 2013. Nous nous sommes rendus compte qu'ils étaient réellement des artistes, qui avaient besoin d'une vitrine pour partager leurs créations entre eux et avec le public. L'idée du "héros" est venue car il traverse le temps, les continents et rassemble tous les univers. Depuis, nous avons mis en place trois éditions à Marseille et nous avons été contactés par plusieurs Parcs des expos en France pour accueillir un HeroFestival. Nous avons reçu un très bon accueil à Grenoble et à Saint-Étienne, d'où la concrétisation de deux nouvelles éditions. Le principe du HeroFestival est de créer un lieu qui réunit les passionnés, les professionnels, les créateurs et les néophytes autour du thème des "héros" issus de la littérature, des BD, des comics, des mangas, du cinéma, du jeu vidéo... En résumé, c'est vivre sa passion en vrai ! 

Qu'est-ce qui diffère entre les trois éditions marseillaise, grenobloise et stéphanoise ?
Ce ne sont pas des "copier-coller". Chaque édition est adaptée en mobilisant, dans la mesure du possible, les acteurs locaux qui se rattachent à notre thématique : des associations de passionnés, des boutiques, des artistes locaux, des YouTubers, des comédiens qui vivent dans le coin, des illustrateurs... L'idée est de réunir tous les talents locaux qui n'ont jamais l'occasion de se croiser.

Il y a quatre univers différents dans le festival. Pourquoi avoir fait ce choix et comment s'organisent ces zones entre elles ?
Lors de la création du concept, nous avons réfléchi à ce salon comme à un voyage avec des références culturelles diverses. Il y a trois univers "géographiques". Tout d'abord Krypton pour l'Amérique qui réunit tous les héros de comics, de science-fiction, de Star Wars, Star Trek... Ensuite, l'univers Konoha est consacré à la création issue d'Asie avec les animés, les mangas et toute la partie traditionnelle des arts asiatiques. On découvre ainsi aussi l'univers socio-culturel dans lequel le héros est né. Puis l'univers Europe, appelé Brocéliande, réunissant tout ce qui touche aux sphères de l'heroic fantasy, médiéval, BD, le steampunk... Enfin, Ludopolis est un peu particulier. C'est une zone non géographique mais transversale, regroupant les éditeurs de consoles, de jeux vidéo. Il y aura aussi trois scènes avec des concerts, des conférences, des tables rondes mais aussi des expositions de figurines, de maquettes, des ateliers de dessins...

« C'est assez drôle de voir une Catwoman qui se retrouve sur un "HeroDojo", un espace avec des tatamis, affronter un steampunk lors d'une initiation au karaté ou bien un Spiderman de 4 ans rencontrer un chevalier en armure... »

Tous ces univers sont finalement assez différents et ont des fans qui ne possèdent pas les mêmes envies. Comment arrivez-vous à les faire cohabiter ?
Il y a des branches qui sont à cheval entre les différents univers comme le steampunk. Nous essayons de placer les stands de manière cohérente et les visiteurs sont immergés dans le festival, en passant facilement d'une zone à l'autre. C'est assez drôle de voir une Catwoman qui se retrouve sur un "HeroDojo", un espace avec des tatamis, affronter un steampunk lors d'une initiation au karaté ou bien un Spiderman de 4 ans rencontrer un chevalier en armure... Le mélange s'effectue de lui-même. C'est cela qui est beau dans notre rassemblement. Beaucoup de personnes viennent et ne sont pas du tout spécialistes. La rencontre avec les cosplayers est toujours magique et ça, c'est très chouette !

Donc le festival n'est pas seulement destiné aux passionnés ?
Il n'y a pas que des geeks au HeroFestival. Tout le monde a, dans sa vie, vu un film ou feuilleté une BD et donc rencontré des personnages qui nous ont marqués. C'est sympa de découvrir leurs auteurs, leurs créateurs et de se rendre compte de leur histoire. Il y a également beaucoup de familles qui viennent au Hero.

Est-ce que le HeroFestival possède un côté commercial ?
Vivre une expérience et repartir sans un souvenir matériel c'est délicat. Donc effectivement, nous avons la présence de quelques stands avec des boutiques qui proposent des produits exclusifs, que l'on ne trouve pas dans le commerce traditionnel. Il y a également des stands de perruques, de lentilles, de costumes... De plus, nous impliquons toujours les boutiques locales. À Saint-Étienne, il y a quelques magasins spécialisés et nous essayons de les intégrer au projet.

Combien de visiteurs espérez-vous attirer pour cette première édition stéphanoise ?
Nous avons 8 000 m² d'expositions avec un bassin de population équivalent à celui de Grenoble. Comme là-bas, nous nous sommes fixés un objectif autour de 10 000 visiteurs. À Grenoble, nous avons accueilli beaucoup plus que ce nombre. Mais si nous atteignons déjà ce total à Saint-Étienne, nous serons heureux.

Qui est derrière le HeroFestival ?
À l'origine, l'idée m'est venue avec Marc Lefèvre qui possède une agence de communication et d'événementiel à Marseille, Pégase, dont l'organisation d'événements est le cœur de métier depuis plus de 20 ans. Sa passion est le jeu vidéo depuis très longtemps et il possède une collection de rétrogaming. Il avait toujours eu envie de créer un événement autour du jeu vidéo mais n'était jamais parvenu à faire de ce projet une réalité. En 2013, nous nous sommes retrouvés sur l'idée de monter ce projet. Nous sommes fiers d'avoir pu créer des emplois. L'organisation du festival est mixte car Marc est le directeur de l'agence et moi je suis présidente de l'association qui porte le projet culturel et artistique. Nous avons une équipe composée de salariés, de prestataires indépendants et de bénévoles.

Après Saint-Étienne, avez-vous d'autres villes en vue pour le développement du HeroFestival ?
Nous voulons maîtriser l'agrandissement de l'équipe afin de conserver l'esprit convivial du HeroFestival. C'est très particulier comme ambiance et comme public. Il existe une forme de mixité, de bienveillance et de bonne humeur. Tout ceci est véhiculé dans nos valeurs même si nous organisons cela de manière très professionnelle. Nous réfléchissons à une ou deux autres villes en 2019, mais nous allons nous lancer petit à petit.

HeroFestival
Au Parc des Expos de Saint-Étienne – Hall A, samedi 2 juin de 10h à 20h et dimanche 3 juin de 10h à 19h


Repères : 

- 2014 : naissance du HeroFestival à Marseille
- mai 2017 : première édition à Grenoble à AlpExpo
- novembre 2017 : 4e édition à Marseille avec 44 000 visiteurs sur deux jours, présence de 80 guests, 120 exposants, 80 associations...
- juin 2018 : 1ere édition à Saint-Étienne


Programme du HeroFestival à Saint-Étienne :

- Plus de 8 000 m² intérieurs et 2 000 m² extérieurs aménagés avec 4 univers (Krypton, Brocéliande, Konoha et Ludopolis)
- un espace dédié aux 3 à 8 ans : le Monde des Mini Héros
- Présence de nombreux guests tels que Michel Barouille (chanteur de nombreux génériques français de dessins animés tels que Goldorak et les deux Mazinger ou Albator 78),  Andy Herd (gobelin dans Harry Potter),  Paul Markham (Star Wars - Retour du Jedi),  Andrew Lawden (Star Wars: Episode I - The Phantom Menace), Jérôme Alquié (illustrateur), Brigitte Lecordier (doublage de Son Goku enfant et Son Gohan dans Dragon Ball)... 


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