Raphaëlle Bruyas fait son lit

ECRANS | La cinéaste stéphanoise Raphaëlle Bruyas réalise son premier court métrage de fiction dont le tournage se déroulera dans les rues stéphanoises ce mois-ci. « Le lit », Film court, c’est l’histoire de Nour, une femme incarnant le désir de vie interprétée par Maud Lefebvre, fraîchement sortie de la Comédie. Retour sur un projet qui n’a pas fini de retourner les matelas, l’évènement de cette rentrée. Grégory Bonnefont

Grégory Bonnefont | Mardi 18 septembre 2012

Douze ans. Voilà déjà douze ans qu'elle arpente les plateaux de tournage. Elle a travaillé avec Bertrand Blier, Jean Becker, Zabou Breitman. Ha oui! J'oubliais! Il y a aussi Tony Gatlif et Jean-Marc Moutout pour l'excellent "De bon matin" en 2010. Raphaëlle Bruyas fait partie de ces femmes à la personnalité entière et dont la conscience politique et intellectuelle transpire des images qu'elle filme. Son écriture cinématographique ne transige pas avec la sincérité comme en témoignent ces deux premiers courts métrages. L'un sur Auschwitz et la transmission de la mémoire, le second sur la céramique où l'on découvre l'art pratiqué par sa soeur Florence. Mais cette fois avec "Le lit", on sent chez elle quelque chose de l'acceptation, de l'envie et du talent assumés. Elle choisit Saint-Etienne pour un certain confort, mais également "l'appel à la romance" qu'elle y observe plutôt qu'une "esthétique de la misère". L'écriture du scénario, débutée il y a deux ans, trouve son origine dans les lectures d'Alexandra David-Néel et les films de Marie Mandy. Au final, il en ressort ce film d'inspiration féministe. Elle affirme cette nécessité pour toute femme de revendiquer et formuler son désir, son désir de vie, sa liberté.

"Tabernacle du plaisir" avec pignon sur rue

Ne pas mourir trop vite. Voilà ce que nous dit Nour, une jeune femme qui découvre dans son lit une vieille boîte qui la rend héritière d'un serment. L'heure n'est plus aux concessions, mais aux "arrangements" avec une certaine réalité sociale. Après un casting national, le choix de la comédienne pour incarner Nour s'est porté sur Maud Lefebvre. La prometteuse actrice de la fameuse promotion X a touché Raphaëlle: "Maud a cette voix qui a quelque chose d'enfantin qui donne une étrangeté au personnage". Une rencontre de femmes que Maud salue également. Elle a été séduite par l'ambition du projet. Pour elle, Nour est "un petit soleil au travers duquel se rechargent certaines personnes". Car des rencontres il y en aura dans ce film où le lit se baladera au musée de la mine, au square Violette et dans bien d'autres lieux. Vous rajoutez à cela la participation "rock" des Raymonde Howard pour la BO, enregistrée au Fil, le partenariat avec les entreprises ligériennes, Angénieux qui met à disposition son studio et Cardelaine qui fournit le matelas, il ne manquait plus qu'une collaboration citoyenne. Car le film est auto-réalisé avec le soutien de La Luna Production. Ainsi "Le lit" est un des projets les plus populaires sur le site kisskissbankbank, plate-forme internet de crowdfunding, qui aide à financer le projet. Si vous voulez apparaître au générique, vous savez ce qui vous reste à faire: visitez le site! Les plus motivés pourront également participer à un appel à figurants en contactant la réalisation. "Le lit" une aventure qui nous concerne tous.

Soirée de présentation et de soutien le 4 octobre aux Noctambules avec les Raymonde Howard
Tournage du 13 au 22 octobre à Saint-Etienne, renseignements figuration: figurerdanslelit@hotmail.fr

Soutenir "Le lit" sur http://www.kisskissbankbank.com/le-lit

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Moteur !

Événement | A la toute fin du siècle passé (oui, le vingtième !), un collectif de jeunes cinéastes montréalais lançait le Kino : « mouvement (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 septembre 2020

Moteur !

A la toute fin du siècle passé (oui, le vingtième !), un collectif de jeunes cinéastes montréalais lançait le Kino : « mouvement cinématographique international consistant à réaliser des films sans budget dans un esprit d’entraide, non-compétitif, de liberté et de bienveillance. » Dans le sillon de son grand frère, la seconde édition stéphanoise du Kino 3000 se tiendra du 5 au 12 septembre dans les locaux d'Ursa Minor, au cœur du site Mosser. Après une fastidieuse préparation menée en amont, Julia Angelou et Mat Santa Cruz pourront compter sur l’équipe bénévole de ce lieu associatif, alernatif et protéiforme qui accueille la manifestation. Acteurs, réalisateurs, scénaristes, techniciens et monteurs, la quarantaine de participants est majoritairement composée de Stéphanois, que rejoignent toutefois quelques Altiligériens, Lyonnais et Parisiens. Chacun apporte son matériel, pour son utilisation personnelle ou pour une mise en commun dans un esprit système D de partage autogéré. Après l’annonce du thème imposé qu’auront préalablement choisi la réalisatrice Raphaëlle Bruyas et Sylvain Pichon (cinémas Le Méliès), les équipes se constitueront spontanément pour planch

Continuer à lire

Raymonde Howard : "Un disque moins low-fi et minimaliste que les précédents"

MUSIQUES | Issue du milieu punk-rock stéphanois des années 90, Laetitia Fournier a lancé en 2006 son projet solo : Raymonde Howard. Après le succès de son deuxième album en 2010, elle sort en février la B.O. du film Le Lit réalisé par une autre Stéphanoise, Raphaëlle Bruyas. Elle se présentera aussi sur la scène du Fil pour défendre ses nouveaux titres. N.B.

Nicolas Bros | Mardi 4 février 2014

Raymonde Howard :

Vous avez fait partie de plusieurs groupes rock stéphanois de filles pendant les années 90 ?J'ai commencé à faire de la musique à l'adolescence. J'étais influencée par les groupes punk de nanas avec de grosses guitares et l'envie de crier sa rage dans le micro. J'ai joué au sein des Goofball, Kiss Kiss Martine et de La Seconda Volta. A l'époque, j'avais toujours des idées que je voulais placer mais qui ne passaient pas forcément en formule groupe. J'ai alors acquis un enregistreur quatre pistes lors de mon année de vie en Angleterre et j'ai commencé à mettre en boîte des riffs de guitares. S'en est suivi un premier disque d'une dizaine de minutes sous le nom de Raymonde Howard, la première étape de ce projet solo. Pourquoi Raymonde Howard ?C'est en quelque sorte mon double lorsque je fais de la musique. C'est aussi en référence à Rowland S. Howard, rockeur australien membre de plusieurs groupes notamment avec Nick Cave ou Mick Harvey mais aussi proche de Lydia Lunch que j'admire également beaucoup. En 2010, votre précédent album a reçu un très bel accueil...Oui, le deuxième album For All Bru

Continuer à lire