Les Chevaux de Dieu

ECRANS | De Nabil Ayouch (Maroc-Fr-Bel, 1h55) avec Abdelhakim Rachid, Abdelilah Rachid, Hamza Souideq...

Jerôme Dittmar | Lundi 18 février 2013

Il y a un an sortait La Désintégration, récit distancié sur l'embrigadement des jeunes de banlieue dans le terrorisme. Là où le film de Philippe Faucon était aride, quasi factuel, Les Chevaux de Dieu s'impose comme son pendant lyrique. Partant peu ou prou du même sujet dans un autre contexte : comment des jeunes d'un bidonville de Casablanca rejoignent des radicaux islamistes pour devenir des martyrs, Nabil Ayouch dresse un constat similaire. À l'origine des dérives, il y a toujours des raisons sociales, de la frustration, mais aussi des histoires de famille, de frère, d'amis, un tissu large à la fois complexe et au matérialisme banalement universel. Toute la différence entre les films tient au traitement, ample chez Ayouch, presque scorsesien, l'auteur laissant virevolter sa caméra au-dessus du bidonville dans des plans stylés. Dommage seulement que cette ambition formelle aux airs de Cité de Dieu ne serve au final qu'à suivre un récit aux conclusions trop balisées.

Jérôme Dittmar


Les Chevaux de Dieu

De Nabil Ayouch (Fr-Bel-Maroc, 1h55) avec Abdelhakim Rachid, Abdelilah Rachid...

De Nabil Ayouch (Fr-Bel-Maroc, 1h55) avec Abdelhakim Rachid, Abdelilah Rachid...

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Yassine a 10 ans lorsque le Maroc émerge à peine des années de plomb. Lui et son frère Hamid entament avec l'imam Abou Zoubeir une longue préparation physique et mentale. Un jour, on leur annonce qu'ils ont été choisis pour devenir des martyrs...


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"Razzia" : Casa, avant le chaos ?

ECRANS | Après Much Loved, Nabil Ayouch poursuit son auscultation des fractures du Maroc contemporain. Derniers instants avant le cataclysme dans un Casablanca qui n’a plus rien à voir avec l’image idéalisée par Curtiz.

Vincent Raymond | Mercredi 14 mars 2018

Maroc, entre les montagnes de l’Atlas et Casablanca, en 1982 et 2015. Portraits croisés de plusieurs personnages en proie au durcissement du régime et des mœurs, aux préjugés, alors que le religieux gagne du terrain et que les différences sociales mènent à un inévitable chaos… Cette manière de brasser les époques et les protagonistes autour d’une communauté de destins (et de cet événement final annoncé par le titre, cristallisant les tensions, rancœurs et humiliations accumulées) rappelle le “cinéma-choral” à la Iñarritu ou le Magnolia de Paul Thomas Anderson. Mais Ayouch ne le fait pas glisser vers ce pan-humanisme lyrique à la mode il y a une dizaine d’années. Les temps ont changé ; un voile de désenchantement s’est abattu sur le monde, douchant les espérances. Y compris celles suscitées par les Printemps arabes. Empire chérifien, fais-moi peur Jadis apprécié à Rabat pour l’aura internationale dont ses œuvres bénéficiaient, Nabil Ayouch est passablement tombé en disgrâce avec Much Loved (2015), intrans

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