Partager la différence

ECRANS | Du 21 mai au 6 juin, dans les salles, les médiathèques, les centres sociaux et même en plein air, le festival Cinéma en partage propose une riche sélection de films, courts ou longs, de fictions ou documentaires, autour de la question du handicap. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 23 avril 2013

Photo : "L'Enfant sauvage" de François Truffaut / DR


Le cinéma qui traite du handicap est d'une certaine manière invisible. Pas que les films soient impossibles à voir, il y en a même eu un, récent, qui a été énormément vu — on ne fera pas l'offense d'en donner le titre ; mais parce qu'il ne se présente jamais en tant que tel, préférant la discrétion plutôt que l'affichage ostentatoire de son sujet. C'est pourtant ce que le festival Cinéma en partage cherche à faire : mettre en valeur la richesse et la diversité des films qui parlent du handicap, et en débattre ensuite avec des professionnels ou des représentants d'association.

60 films ont été retenus pour cette édition, notamment de beaux programmes de courts-métrages, avec par exemple le drôlissime Ya basta de Gustave Kervern, le provocateur Sales Battars de Delphine Gleize ou encore le culte Dialogue de sourds de Bernard Nauer, avec son tandem Pierre Richard-Jacques Villeret.

La liberté contre les normes

À la sortie de De rouille et d'os, probablement un peu ébloui par la force du film, on n'avait pas forcément remarqué que Jacques Audiard y avait créé pour la deuxième fois de sa carrière un personnage d'héroïne surmontant son handicap pour s'imposer dans un monde viril et masculin. La première fois, c'était dans l'excellent Sur mes lèvres, où une Emmanuelle Devos malentendante croisait le chemin d'un délinquant fraîchement sorti de prison (Vincent Cassel). Les deux films seront proposés au festival, le premier en plein air, le second au France.

Retour en arrière ensuite avec trois films «classiques» et magnifiques qui abordent le handicap par des voies détournées. Dans L'Enfant sauvage, chef-d'œuvre inaltérable de François Truffaut, on assiste à la «rééducation» d'un enfant ayant grandi hors de la société, privé de langage et au comportement quasi-animal. Qui, de la nature ou de la culture, triomphera ?

Avec Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman propulse un Jack Nicholson se faisant passer pour fou afin d'échapper à la prison au cœur d'un hôpital psychiatrique. Là encore, le film parle avant tout de liberté et conspue la société normative de l'époque (les années 70).

Enfin, dans Miracle en Alabama, Arthur Penn confronte une éducatrice aux méthodes anticonformistes à une jeune fille sourde, muette et aveugle qu'elle tente de ramener à une vie normale. Un film bouleversant mais sans sentimentalisme excessif, à redécouvrir impérativement au cours du festival.

Cinéma en partage
Du 21 mai au 6 juin
Programme complet sur www.saint-etienne.fr


L'Enfant sauvage

de François Truffaut (1969, Fr, 1h30) avec Jean-Pierre Cargol, François Truffaut...

de François Truffaut (1969, Fr, 1h30) avec Jean-Pierre Cargol, François Truffaut...

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L'histoire d'un "enfant-loup" découvert en 1798, en pleine forêt. D'après le récit écrit par un médecin au début du XXe siècle


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Le cinéma en partage

ECRANS | Le Méliès, le France, la Cinémathèque, le Gran Lux et Stéla s’unissent pour une série de projections cinématographiques, dans le cadre de la quinzaine Une ville en partage. Une belle preuve de solidarité à suivre en mai.

Marc Chassaubene | Lundi 30 avril 2012

Le cinéma en partage

Du 21 mai au 1er juin, Le Méliès, le France, la Cinémathèque, le Gran Lux et DesArts//DesCinés s’unissent pour proposer à leurs publics une réflexion sur le handicap, démontrant ainsi que bien avant Intouchables, le cinéma avait su montrer que nos différences peuvent nous valoriser. Au Méliès, la conférence inaugurale de Gérard Bonnefon, diplômé de l’Ehess, éducateur spécialisé et chargé de mission à l’Unapei, donnera toute la mesure de ces moments d’échanges. Auteur de Handicap et Cinéma (Chronique sociale, 2004), Gérard Bonnefon engage le débat sur les représentations du handicap au cinéma et leur influence sur notre rapport à autrui. Son intervention sera illustrée par de nombreux extraits de films depuis Concours de boules des frères Lumière (1896) jusqu’à Nationale 7 de Jean-Pierre Sinapi (2000). Cette soirée du 21 mai sera suivie de la projection de Freaks de Tod Browning (1932). Tous ensemble ! Le Garçon qui ne voulait plus parler de Ben Sombogaart sera projeté en partenariat avec le cinéma le France, à l’Agef Montreynaud, ainsi qu'au

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