Les Beaux jours

ECRANS | De Marion Vernoux (Fr, 1h34) avec Fanny Ardant, Laurent Lafitte, Patrick Chesnais…

Christophe Chabert | Mardi 18 juin 2013

Au croisement de plusieurs opportunités qui sont aussi, sans doute, des opportunismes — la mode du film pour seniors, la possibilité d'offrir un vrai grand premier rôle à une actrice adulée par les lecteurs de TéléramaLes Beaux jours arrive assez miraculeusement à transformer tout cela en un film imparfait mais cohérent. Mieux : Marion Vernoux, qui met fin à un trop long break pour le grand écran, y développe avec une perspective nouvelle le thème qui travaillait son œuvre jusqu'ici, à savoir la vacance nécessaire pour vivre une histoire d'amour.

C'est parce qu'elle se retrouve prématurément à la retraite que Caroline peut passer son temps libre à tromper son mari avec un homme deux fois moins vieux qu'elle. Là encore, le film pourrait s'égarer dans une dissertation sociétale sur les cougars ; mais Vernoux ne généralise jamais, attachée à la dimension romanesque de son cinéma et à la singulière présence d'une Fanny Ardant magnifique de justesse. Surtout, en creux se dessine l'idée forte que le travail, le couple et plus globalement, les normes sociales sont autant de garde-fous qui musellent le désir et l'envie de liberté.

Loin d'être sans défaut — le personnage de Laurent Lafitte est plutôt mal dessiné, le dernier acte souffre d'un trop grand nombre de fausses fins — Les Beaux jours séduit tout de même par ses dialogues enlevés, son casting impeccable et ce léger parfum d'insolence qui est la marque de Marion Vernoux.

Christophe Chabert


Les Beaux Jours

De Marion Vernoux (Fr, 1h34) avec Fanny Ardant, Laurent Lafitte...

De Marion Vernoux (Fr, 1h34) avec Fanny Ardant, Laurent Lafitte...

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Des beaux jours ? Caroline, fraîchement retraitée, n’a que ça devant elle : du temps libre et encore du temps libre. La belle vie ? Pas si simple… Comment alors tout réinventer ?


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"ADN" : Les racines et la terre

ECRANS | ★★☆☆☆ De et avec Maïwenn (Fr., 1h30) avec également Louis Garrel, Fanny Ardant, Marine Vacth…

Vincent Raymond | Mercredi 28 octobre 2020

Son grand-père Émir qui périclitait en EHPAD meurt. Très proche de lui, Neige vit plus douloureusement son départ que le reste des siens. En hommage, elle décide de prendre la nationalité algérienne… Épidermique, le cinéma de Maïwenn est depuis toujours nourri par ses joies, cris ou deuils intimes : Neige est ici son double, Émir un décalque de son grand-père (déjà évoqué par le passé) et la famille dysfonctionnelle à l’écran un reflet de la sienne propre (elle aussi assaisonnée jadis). Seulement, ADN laisse une impression de confusion dérangeante. Porter la mémoire d’un combattant de l’indépendance algérienne devenu amnésique avant de mourir (quel symbole !) et traiter en comédie une séquence de funérailles (quels acteurs !), pourquoi pas. Mais les fixettes de son personnage sur la religiosité de son aïeul comme la candeur romantique enveloppant son désir de passeport algérien la montrent tout aussi immature, hors-sol, que le reste de sa parentèle. ADN n’est certes pas un film de paix ni d’apaisement, mais une question que Maïwenn se pose à elle-même, à laquelle elle seule peut répondre. Pas nous.

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"L'Heure de la sortie" : Classe tous risques

ECRANS | De Sébastien Marnier (Fr, 1h43) avec Laurent Lafitte, Emmanuelle Bercot, Pascal Greggory …

Vincent Raymond | Mercredi 6 février 2019

Drame au Collège Saint-Joseph : le professeur de français d’une classe pilote regroupant des enfants précoces s’est défenestré. Pierre Hoffman est recruté pour le remplacer, à quelques semaines du brevet. Il va vite constater que ses élèves, comme l’établissement, sont atypiques… Dans Irréprochable (2016), Sébastien Marnier avait déjà montré son appétence pour les prédateurs troubles. La troupe de surdoués sociopathes qu’il anime ici — une sorte de précipité des manies déviantes des ados de Haneke ou de Lars von Trier dans l’ambiance mortifier du Tour d’écrou d’Henry James — pousse un cran plus loin le malaise, avec ses jeux sado-sadomasochistes, son discours catastrophiste et son extra-lucidité ingénue confinant à la prescience. Jusqu’à l’ultime minute, on ne sait en effet si l’on se trouve dans un thriller psychologique ou bien dans une œuvre fantastique. Assumant les codes du cinéma de genre, Marnier exacerbe les pulsions propres à l’âge de ses protagonistes, érotise les corps avec insistance — notamment celui de Laurent Lafitte, dont la musc

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"Ma mère est folle" : Mère qui roule n’amasse pas mousse

ECRANS | de Diane Kurys (Fr., 1h35) avec Fanny Ardant, Vianney, Patrick Chesnais…

Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

Dilettante professionnelle, Nina, la soixantaine bohème, n’a jamais pu se conformer à quelque loi que ce soit. Productrice fauchée, elle a imaginé se refaire en convoyant de la beuh d’Amsterdam à Paris. Ça tombe bien : elle pourra au passage faire coucou à son fils, qui s’y est exilé, loin d’elle. Pour camper cette mythomane invétérée dépourvue d’instinct maternel (en tout cas, vis-à-vis de son propre fils), Fanny Ardant a dû prendre un malin plaisir. Il est sûr qu’elle rehausse de son étrangeté coutumière cette histoire somme toute über classique à l’esthétique de téléfilm. Car s’il n’y avait ce personnage viscéralement pernicieux, on s’ennuierait ferme devant le catalogue d’effets attendus. Un chanteur débutant à l’écran ? Check Vianney ! Un clin d’œil à un bouquin du fiston par ailleurs coscénariste ? OK le plan sur une traduction de Sacha Sperling ! Arielle Dombasle en inconséquente et richissime bourgeoise ? Euh, comme d’habitude. Par charité, on éviter d’aborder l’intégration d’un petit réfugié traîné comme une mascotte, ni de parler de Patrick Chesnais jouant les beaufs mafieux ayant découvert sur le tard son

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"Le Grinch" : En vert et contre tous !

Animation | de Yarrow Cheney & Scott Mosier (E.-U., 1h26) avec les voix (v.f.) de Laurent Lafitte, Lior Chabbat, Nicolas Marié…

Vincent Raymond | Mercredi 21 novembre 2018

Grommelant dans sa grotte solitaire en marge de Chouville, la cité où les Choux vivent dans l’attente heureuse de Noël, le verdâtre Grinch abhorre cette fête durant laquelle les gens se témoignent leur affection mutuelle. Alors, il décide de voler Noël… Signée par le studio Imagination fabriquant les Minions à la chaîne, cette nouvelle adaptation du conte du Dr Seuss en polit la structure un peu trop âpre (à la limite terrifiante) et trop inscrite dans un folklore américain. Il suffit de se replonger dans la précédente (2000), réalisée par Ron Howard en prises de vues réelles et incarnée par Jim Carrey, pour être saisi d’horreur : décor, costumes, scansion rimée… Tout puait le factice et l’import frauduleux. Le Grinch de Cheney & Mosier est ici un “gentil“ méchant, dont la laideur physique et morale est adoucie : poil soyeux, farces pas trop graves justifiées par une enfance traumatisée. Ce ne sera donc pas si difficile de le convertir à l’esprit de Noël. Graphiquement honnête mais sans surprise, cette version aseptisée convient à l’époque et au marc

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" Un Peuple et son roi " : Astre déchu

Dîner de têtes | Dans cette fresque révolutionnaire entre épopée inspirée et film de procédure, Schoeller semble fusionner Versailles et L’Exercice de l’État, titres de ses deux derniers long métrages de cinéma. Des moments de haute maîtrise, mais aussi d’étonnantes faiblesses. Fascinant et bancal à la fois.

Vincent Raymond | Lundi 24 septembre 2018

1789. La Bastille vient de tomber, et le Roi quitte Versailles après avoir signé la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen soumise par l’Assemblée. Dans les rues de Paris, la famille d’un souffleur de verre est portée par ce vent d’espérance. Et si le peuple avait enfin voix au chapitre ? Moment clef de notre histoire, tournant civilisationnel du fait de sa résonance sur les nations voisines, de son potentiel dramatique et de ses conséquences contemporaines, la Révolution française constitue un morceau de choix pour tout amateur de geste épique, de combats d’idées et d’élans tragiques. Filmer l’exaltation d’une guerre civile éclatant sous l’auspice des Lumières et la conquête de la liberté par le peuple a déjà galvanisé Gance, Guitry ou Renoir. Comme eux, Schoeller rallie ici la quintessence des comédiens de son époque : le moindre rôle parlé est donc confié à un·e interprète de premier plan. Le défilé en est étourdissant, mais pas autant que celui des députés ayant à se prononcer par ordre alphabétique de circonscription et à haute voix sur la mort de Louis XVI dans une séquence aussi édifiante que captiva

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Patricia Mazuy : « Il faut garder John Cale sur les rails sans l’empêcher de partir ailleurs »

"Paul Sanchez est revenu !" | Avec sa franchise bienvenue, la trop rare réalisatrice de Saint-Cyr ou Sport de filles évoque la conception de son thriller et tout particulièrement sa troisième collaboration avec l’ancien du Velvet Underground, compositeur de la bande originale de Paul Sanchez est revenu !

Vincent Raymond | Mercredi 5 septembre 2018

Patricia Mazuy : « Il faut garder John Cale sur les rails sans l’empêcher de partir ailleurs »

Est-ce l’affaire Dupont de Ligonnès en particulier qui vous a inspirée ? PM : Je me suis surtout intéressée à une boulimie de Faites en entrer l’accusé : dans quel état cela nous met quand on s’abandonne dans les faits divers les plus morbides qui soient ? On est content de se coucher après en se disant « c’est pas nous ! ». Ce qui est rigolo au cinéma, c’est que l’on pousse les choses à l’extrême, on va plus loin que dans le réel — le film n’est pas du tout naturaliste. C’était bien de travailler cette matière-là. Le film est très ancré dans le Var. Or peu de personnages, notamment parmi les gendarmes, ont l’accent du midi. Cela est-il voulu ? Absolument. Parce que les gendarmes sont souvent mutés, il fallait qu’on retrouve cela — seuls deux ou trois ont l’accent. Et je ne voulais pas tomber dans le syndrome Gendarme de Saint-Tropez : on serait parti sur une autre piste, et on était certain de ne pa

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"Paul Sanchez est revenu !" : Identification d’un homme

Policier | de Patricia Mazuy (Fr., 1h51) avec Laurent Lafitte, Zita Hanrot, Idir Chender…

Vincent Raymond | Mercredi 5 septembre 2018

Aux Arcs-sur-Argens, la gendarmerie a été informée qu’un meurtrier recherché depuis dix ans, Paul Sanchez, a été identifié dans un train. Volontariste, mais souvent gaffeuse, la jeune Marion se lance sur ce dossier dédaignée par ses collègues militaires. Et si elle avait raison d’y croire ? Cinéaste rare faisant parfois des incursions bienvenues devant la caméra (son tempérament pince-sans-rire y est hélas sous-exploité), Patricia Mazuy a toujours su animer des caractères atypiques, et tout particulièrement des francs-tireuses imposant leur loi à l’intérieur de cadres pourtant rigides : Peaux de vaches, Saint-Cyr ou Sport de filles étaient ainsi portés par des battantes qui, si elle n’étaient guère victorieuses, infléchissaient les règles. Marion la gendarme est du même bois, ce qui ne l’exonère pas d’une certaine maladresse la rendant plus attachante et réaliste. Dans ce thriller en forme de chasse à l’homme, davantage que la menace c’est l’omniprésence de la fragilité qui transparaît : la gendarmerie enregistre son lo

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"Au revoir là-haut" : Les statues leurrent aussi

ECRANS | Conte noir plongeant ses racines dans la boue des tranchées et s’épanouissant dans la pourriture insouciante des Années folles, le 6e long métrage de Dupontel fait rimer épique et esthétique en alignant une galerie de personnage (donc une distribution) estomaquante.

Vincent Raymond | Mardi 3 octobre 2017

Après avoir frôlé la mort dans les tranchées, une gueule cassée dotée d’un talent artistique inouï et un comptable tentent de “s’indemniser” en imaginant une escroquerie… monumentale. Honteux ? Il y a pire : Aulnay-Pradelle, profiteur de guerre lâche et assassin, veut leur peau… La barre était haut placée : du monumental roman de Pierre Lemaitre, statufié par un de ces Goncourt que nul ne saurait discuter — ils sont si rares… — Albert Dupontel a tiré le grand film au souffle épique mûrissant en lui depuis des lustres. La conjonction était parfaite pour le comédien et réalisateur qui, s’il n'a jamais caché ses ambitions cinématographiques, n’avait jusqu’à aujourd’hui jamais pu conjuguer sujet en or massif et moyens matériels à la mesure de ses aspirations. Chapeau, Lafitte Le roman se prêtait à l’adaptation mais n’a pas dû se donner facilement — l’amplitude des décors et des situations augmentant les risques de fausse route et d’éparpillement. Galvanisé, Dupontel s’est réapproprié ce récit picaresque et lui à donné un équivalent cinémat

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"Juillet-Août" : la saison chaude inspire Diastème

ECRANS | de Diastème (Fr., 1h40) avec Patrick Chesnais, Luna Lou, Pascale Arbillot… (sortie le 13 juillet)

Vincent Raymond | Lundi 18 juillet 2016

Chaque été, au milieu du lot de films de vacances, il en est toujours un qui prend la tangente en allant au-delà du périmètre étriqué des premiers émois d’adolescent(e)s. L’an dernier, c’était Microbe et Gasoil de Gondry ; Juillet-Août assure peut-être la relève. La saison chaude semble favorable à Diastème — son premier long, Le Bruit des gens autour, (2008), était déjà une évocation drôle et pleine de vie de l’intérieur du festival d’Avignon — ; elle l’inspire pour ce portrait de deux sœurs (dont une au tournant de la puberté), ainsi que de leurs parents, lesquels ont refait leur vie chacun de leur côté. Juillet avec la mère sur la Côte d’Azur, août avec le père en Bretagne… L’existence des frangines est décousue, mais elle se suit dans ses péripéties estivales, et se raccommode dans cette succession de villégiatures. Comme si la famille éclatée se reformait par-delà la distance et le protocole calendaire afin de résoudre toutes les crises — qui ne sont pas propres au jeune âge. Chacun ment ou dissimule un petit secret à ses proches, mais en définitive, c’est ce qui permet à la roulotte d’avancer…

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Elle : le retour de Paul Verhoeven

ECRANS | Curieuse, cette propension des cinéastes étrangers à venir filmer des histoires pleines de névroses en France. Et à faire d’Isabelle Huppert l’interprète de cauchemars hantés par une sexualité aussi déviante que violente. Dommage que parfois, ça tourne un peu à vide.

Vincent Raymond | Mercredi 25 mai 2016

Elle : le retour de Paul Verhoeven

Près d’un quart de siècle après avoir répandu une odeur de soufre à Cannes grâce à Basic Instinct, Paul Verhoeven est donc revenu sur la Croisette dégourdir des jambes un peu ankylosées par dix années d’inactivité, escortant un film doté de tous les arguments pour séduire le jury ou, à défaut, le public français : un thriller sexuel adapté de Philippe Djian et porté par Isabelle Huppert. Titré comme une comédie de Blake Edwards (1979) avec Bo Derek et Dudley Moore, le Elle de Verhoeven ne prête pas à sourire : l’héroïne Michèle — qui assume déjà depuis l’enfance d’être la fille d’un meurtrier en série — se trouve violée chez elle à plusieurs reprises par un inconnu masqué. Mais comme c’est Huppert qui endosse ses dentelles lacérées, on se doute bien qu’elle ne subira pas le contrecoup normal d’une telle agression (effondrement, rejet de soi, prostration etc.), et se bornera à afficher une froideur indifférente à tout et à tous — sa fameuse technique de jeu “plumes de canard”, les événements petits ou gros glissant en pluie égale sur ses frêles épaules, lui arrachant au mieux un “oh…” surpris… Basiq

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Tristesse club

ECRANS | Premier film sous influence Wes Anderson de Vincent Mariette à l’humour doucement acide, où deux frères et une sœur partent enterrer un père / amant devenu un fantôme dans leur vie, pour un road movie immobile stylisé et séduisant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 juin 2014

Tristesse club

Dans Tristesse club, comme dans tout bon road movie, une voiture tient un rôle décisif : c’est une vieille Porsche et elle appartient à Léon, ancien tennisman tombé dans la lose intégrale, plaqué par sa femme et méprisé par son propre fils de dix ans, à qui il essaie pathétiquement de taxer de l’argent. Cette voiture, c’est un peu la dernière chose qu’il possède dans l’existence, et il s’y accroche comme à une bouée de sauvetage face au naufrage de sa vie. Ladite Porsche va servir à beaucoup de choses au cours du film : par exemple, elle se transformera en abri protecteur contre une meute de chiens errants, ou d’issue de secours pour échapper à la rancœur ambiante. Car Léon a rendez-vous avec son frère Bruno pour enterrer leur père, qu’ils n’ont pas vus depuis des lustres et avec qui ils entretenaient des rapports opposés : houleux pour Léon, résignés pour Bruno. Les choses s’enveniment encore lorsqu’ils font la connaissance d’une demi-sœur dont ils ignoraient l’existence. Elle leur avoue que leur père n’est pas mort ;  il a juste disparu sans laisser de traces. Le deuil d’un fantôme Voilà donc un trio de comédie formidablement constitué, notam

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Juin au féminin pluriel

ECRANS | Dans l’inflation chronique des sorties cinéma, faisons un petit focus sur trois films qui n’ont en commun ni leurs sujets, ni leur qualité, mais seulement d’être réalisés par trois femmes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 30 mai 2013

Juin au féminin pluriel

Lors du dernier festival de Cannes, la question revenait périodiquement sur le tapis : il n’y aurait pas assez de films réalisés par des femmes dans les différentes sélections. Ce à quoi Thierry Frémaux répond, stoïque, que le problème mérite d’être posé à une échelle plus large que celle du simple festival  Il se trouve qu’en ce mois de juin, trois films font l’événement, tous trois avec un regard féminin derrière leur caméra. On commencera par le moins bon d’entre eux, à savoir le très décevant The Bling ring de Sofia Coppola (12 juin). On avait jusqu’ici suivi la réalisatrice avec beaucoup d’enthousiasme (même pour le très décrié Somewhere) ; cela devient difficile, tant cette transposition d’un fait-divers glané dans Vanity Fair manque cruellement de point de vue. Coppola suit à la trace un gang d’adolescents plutôt aisés qui décident, comme on valide un statut Facebook, de cambrioler les villas des stars qu’ils adulent. Le film est construit sur cette répétition-là (une villa, une fête dans un club, un lendemain gueule de bois) sans jamais en tirer autre chose qu’une pâle le

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