Omar

ECRANS | Cette descente aux enfers d’un jeune Palestinien qui doit collaborer avec l’ennemi israélien est un thriller haletant, implacable et parfaitement mis en scène par Hany Abu-Assad. Reste à savoir jusqu’à quel point on peut le séparer de son contexte politique… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 14 octobre 2013

La scène finale d'Omar, que l'on peut considérer comme un aboutissement logique de son récit mais aussi comme le sommet de son ambiguïté politique, fut saluée par des salves d'applaudissements. Qu'applaudissait-on ici ? La maestria narrative et formelle du thriller ou le dernier geste de son héros et sa portée symbolique dans le contexte non plus de la fiction mais de la situation géopolitique au Moyen-Orient ? Autant dire que la réussite d'Omar, son efficacité à l'Américaine, est à la fois sa plus grande qualité et sa faiblesse la plus criante, comme si le film de genre et son sens du spectacle devenaient des bâtons de dynamite une fois collés au mur qui sépare Palestiniens et Israéliens.

C'est là que débute le film : Omar, jeune pâtissier qui, par amitié autant que par révolte, s'engage dans la résistance à l'oppresseur israélien, escalade ce mur de la honte, évite quelques balles et retombe, les mains ensanglantées, de l'autre côté. S'ensuit une première poursuite dans des ruelles escarpées qu'Hany Abu-Assad filme à la steadycam avec une indéniable virtuosité.

Trouble efficacité

Le film ne quittera plus cette tension-là, comme électrisé par cette entrée en scène spectaculaire. Le récit va ainsi faire de Omar à la fois un homme amoureux, blessé puis désabusé, et un informateur obligé, après passage à la torture, de livrer à un flic israélien particulièrement cruel le chef de son réseau — qui est aussi le frère de la fille qu'il aime. Abu-Assad observe avec une manifeste empathie la descente aux enfers de son héros, qui s'enfonce dans le mensonge alors qu'il ne cherche qu'à préserver les siens. Il fait surtout preuve d'un redoutable sens de la mise en scène, le film étant parfaitement rythmé, que ce soit dans ses moments intimes — avec ce jeu sur les lettres que s'échangent les amants — ou dans les séquences d'action.

Que le premier film tourné majoritairement avec des capitaux palestiniens aille reprendre ainsi les recettes éprouvées du mainstream américain, avec un protagoniste victime d'un engrenage injuste et un antagoniste froidement inhumain, ne manque pas de panache, mais elle limite aussi la portée du discours : la vengeance, légitimée dans le cadre du parcours fictionnel d'un individu singulier, est intenable à l'échelle d'une vision politique et globale. Comme Omar, le spectateur devra choisir son camp face au film, et s'y tenir jusqu'au bout.

Omar
D'Hany Abu-Assad (Palestine-Fr, 1h37) avec Adam Bakri, Waleed Zuaiter…


Omar

D'Hany Abu-Assad (Palestine, 1h37) avec Waleed Zuaiter, Adam Bakri...

D'Hany Abu-Assad (Palestine, 1h37) avec Waleed Zuaiter, Adam Bakri...

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Omar vit en Cisjordanie. Habitué à déjouer les balles des soldats, il franchit quotidiennement le mur qui le sépare de Nadia, la fille de ses rêeves et de ses deux amis d'enfance, Tarek et Amjad.


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"Police" : Protéger ou servir ?

ECRANS | De Anne Fontaine (Fr., 1h38) avec Omar Sy, Virginie Efira, Grégory Gadebois…

Vincent Raymond | Jeudi 3 septembre 2020

Virginie, Aristide et Erik sont flics au sein de la même brigade parisienne, enchaînant les heures et les missions, sacrifiant leur vie privée aux aléas de leur métier. Un soir, on leur confie une mission différente : convoyer un réfugié à l’aéroport en vue de son expulsion. Doit-on toujours obéir ? Film à thèse, film sociétal ? Sans doute : Anne Fontaine ne s’intéresserait pas aux atermoiements de représentants des forces de l’ordre si elle-même ne voulait pas à la fois parler de l’étrange ambivalence de la “patrie des droits de l’Homme” lorsqu’elle procède à des *reconduites à la frontière* (terme pudique) de personnes en péril dans leur pays d’origine, ainsi qu’aux conditions de vie et de travail des policiers. Dès lors, on comprend mieux la construction violemment hétérogène de Police, juxtaposition de deux films formellement différents, voire opposables. Le premier, archi découpé, syncopé même, combinant les points de vues de trois protagonistes offre une vision heurtée, parcellaire, parfois contradictoire de leurs interventions au quotidien. Outre

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Omar Sy : « C’est à mon instinct que je me connecte le plus »

L’Appel de la Forêt | Entre Los Angeles et Paris, Omar Sy mène une prolifique carrière transatlantique. Avant d’attaquer le tournage de la série Arsène Lupin, il est à l’affiche de trois fils en ce début 2020 : après Le Prince oublié et avant Police, on peut le voir dans L’Appel de la forêt…

Vincent Raymond | Mercredi 19 février 2020

Omar Sy : « C’est à mon instinct que je me connecte le plus »

Tout le monde a envie d’avoir un “Buck“ dans sa vie. C’est votre cas ? OS : J’en ai deux : un cane corso et un american staff ! Mais j’espère que tout le monde a un “Buck“, que ce soit un frère, un pote, une copine, une chérie ou même ce qu’a Buck : un loup qui symbolise son instinct et qui le guide. J’espère qu’on est tous connectés à cette petite voix dans notre tête et qu’on l’écoute un petit peu plus. C’est ce que dit le film, et le livre aussi, je crois. Après, je ne connais pas Jack London, c’est pas mon pote ! (sourire) Ce que je comprends de ce qu’il nous raconte, Buck, c’est nous. On peut le voir comme un enfant qui devient un homme. Un enfant à qui on a appris des choses qui ne marchent pas toujours dans la vie. Alors, il s’adapte. Il s’adapte sans cesse et finalement, son vrai guide, c’est son instinct. Les réponses sont en lui. J’ai l’impression que pour nous aussi, c’est pareil. Malgré son imaginaire, malgré la communication, même s’il met des habits, l’Homme reste un animal. Vous-même, êtes-vous instinctif ? Je ne suis que ça ! Tout ce qui m’arrive par… chance ou par hasard

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"L'Appel de la forêt" : Loup y es-tu ?

ECRANS | De Chris Sanders (É.-U., 1h40) avec Harrison Ford, Omar Sy, Dan Stevens…

Vincent Raymond | Mercredi 19 février 2020

La destinée de Buck, bon gros chien arraché à sa famille du sud des États-Unis pour être revendu au Yukon en pleine fièvre de l'or ; son parcours de maître en maître et son éveil à son instinct primitif, jusqu'à ce que le loup en lui parvienne enfin à s'exprimer à nouveaux… À l’instar de Joseph Conrad, Jack London “vécut“ avant d’écrire (même s’il sut marier les deux de concert) et donc écrivit sur l’aventure en connaissance de cause. Ce n’est sans doute pas un hasard si ses romans d’apprentissage rencontrent encore aujourd’hui un succès inentamé par-delà les générations et au-delà des transpositions — en témoigne la récente variation sur Martin Eden signée par Pietro Marcello. Plus remarquable encore est le fait que le roman d’apprentissage d’un non-humain, un chien, touche autant nos congénères ; d’autant qu’à rebours de son époque exaltant l’industrialisation triomphante, London y exaltait des valeurs quasi rousseauistes de retour à la nature ! Par un des étranges renversements auxquels l’Histoire nous a habitués, les notions de recherche ou de préservation de l’étincelle de sauvagerie innée sont au cœur des préoccupations contemporaines :

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"Le Prince Oublié" : En fin de conte…

Conte | Le combat de personnages pour pouvoir survivre après la défection de leur public épouse celui d’un père pour rester dans le cœur de sa fille. Beau comme la rencontre fortuite entre Princess Bride et une production Pixar ou dans un film d’auteur français signé Hazanavicius.

Vincent Raymond | Mercredi 5 février 2020

Tous les soirs, Djibi raconte à sa fille Sofia des histoires qu’il crée pour elle, où un Prince triomphe du diabolique Pritprout. Mais à son entrée au collège, Sofia se met à s’inventer ses propres histoires, causant la mise au chômage des personnages de l’univers imaginé par son père… De la même manière que l’histoire du Prince oublié navigue continûment entre deux mondes, la sphère du “réel“ et celle de l’imaginaire, le cinéma de Michel Hazanavicius offre au public un double plaisir : suivre le spectacle déployé par la narration (à savoir les aventures/mésaventures des personnages) tout en l’incitant à demeurer vigilant à la mécanique du récit, à sa méta-écriture et aux fils référentiels dont il est tissé. L’approche hypertextuelle constitue d’ailleurs une composante essentielle de son œuvre depuis le matriciel La Classe américaine ; au point qu’Hazanavicius semble avoir voulu illustrer par l’exemple les différentes pratiques recensées par Gérard Genette dans Palimpsestes : pastiche et travestissement pour les OSS 117, parodie et charge dans

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Antonin Baudry, Mathieu Kassovitz, François Civil, Réda Kateb : “Ce film est une tragédie grecque dans un sous-marin aujourd’hui“

Le Chant du loup | Auteur et scénariste de Quai d’Orsay, Antonin Baudry s’attaque à la géopolitique fiction avec un thriller de guerre aussi prenant que documenté, à regarder écoutilles fermées et oreilles grandes ouvertes. Rencontre avec le cinéaste et ses comédiens autour d’une apocalypse évitée.

Vincent Raymond | Mercredi 20 février 2019

Antonin Baudry, Mathieu Kassovitz, François Civil, Réda Kateb : “Ce film est une tragédie grecque dans un sous-marin aujourd’hui“

Pour une première réalisation de long métrage, vous vous êtes imposé un double défi : signer un quasi huis clos en tournant dans des sous-marins, mais aussi donner de la visibilité au son… Antonin Baudry : C’était l’une des composante dans l’idée de créer un espace immersif. Il fallait d’abord reproduire le son et ensuite avoir une représentation visuelle des choses qu'on entend, et une représentation dans le son des choses qu'on voient etc. C’est un truc très envoûtant : on a essayé de recréer des écrans à la fois beaux et réalistes, qui jouent narrativement, politiquement également. Cela fait partie du décor, du rapport entre les êtres humains et les machines les sonars donc de la problématique du film. Le terme “Chant du Loup“ préexistait-il ? AB : C'est le nom que l’on donne souvent à des sonars ennemis parce qu’il reflète cette notion de danger. Une fois; quand j'étais à bord d’un sous marin à moitié en exercice et en mission, ne espèce de sirène a retenti et j'ai vu que tout le monde se crispait un peu. J’ai entendu quelqu'un qui disait: : «

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Quand le désert avance

Blues | Ezza entend bien incarner la nouvelle musique touareg : sans pour autant trahir ses racines, le trio livre un très groovy blues du désert mâtiné de rock, (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 mars 2019

Quand le désert avance

Ezza entend bien incarner la nouvelle musique touareg : sans pour autant trahir ses racines, le trio livre un très groovy blues du désert mâtiné de rock, avec des textes engagés qui évoquent notamment le Niger, pays d'origine du chanteur Omar Adam. Ezza, dimanche 17 mars à 16h, Hall Blues Club de Pélussin

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"Le Chant du loup" : La mort dans les oreilles

Silence, on coule ! | De Antonin Baudry (Fr., 1h55) avec François Civil, Omar Sy, Reda Kateb, Mathieu Kassovitz…

Vincent Raymond | Mercredi 20 février 2019

L'ouïe hors du commun de Chanteraide lui permet d’identifier grâce à sa signature sonore n’importe quel submersible ou navire furtif. Mais à cause d’une hésitation, l’infaillibilité du marin est remise en cause. Une crise nucléaire sans précédent va pourtant le rendre incontournable… Scénariste sous le pseudonyme d’Abel Lanzac de la série BD et du film Quai d’Orsay, le diplomate Antonin Baudry change de “corps“ mais pas d’état d’esprit en signant ici son premier long métrage : une nouvelle fois en effet, c’est une certaine idée du devoir et de la servitude à un absolu qu’il illustre. Les sous-mariniers forment un “tout“ dévoué à leur mission, comme le ministre des Affaires étrangères l’était à sa “vision“ d’une France transcendée par sa propre geste héroïque. Mais s’il s’agit de deux formes de huis clos (l’un dans cabinets dorés du pouvoir, l’autre parmi les hauts fonds), tout oppose cinématographiquement les projets. Le Chant du loup assume l’audace rare dans le paysage hexagonal de conjuguer intrigue de géopolitique-fiction f

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Philippe Godeau & Omar Sy : " Le film parle d’un voyage, il en est aussi un pour moi"

YAO | En dédiant YAO à leurs pères respectifs, Philippe Godeau et Omar Sy insistent sur l’importance de la question de la transmission et des racines se trouvant au cœur du film. Retour sur ses origines en compagnie du scénariste-réalisateur et du comédien.

Vincent Raymond | Mercredi 23 janvier 2019

Philippe Godeau & Omar Sy :

Vous êtes tous deux coproducteurs. Autrement dit, votre implication est double puisqu’elle va au-delà de l’investissement artistique. Pourquoi spécifiquement sur ce film ? Philippe Godeau : Omar, c’est l’acteur numéro 1. En faisant un film en Afrique, au Sénégal, j’avais l’envie de partager une expérience, le voyage… Je savais en plus qu’il avait une envie de produire et je trouvais que c’était bien de faire ce voyage à deux. Comme je un vieux producteur et jeune metteur en scène ; qu’Omar est un acteur d’aujourd’hui et novice en production (sourire), je lui ai proposé… Omar Sy : Et j’ai accepté ! Le fait qu’il me laisse cette place, cette chance même, j’ai accepté parce que l’envie de partager quand on est producteur est rare. Avoir ce partage était intéressant : le film parle d’un voyage, il en est aussi un pour moi ainsi que l’aventure avec Philippe : c’est la première fois que j’ai participé à des discussions sur la manière dont on fait, on réfléchit un film, comment on le prépare, on le tourne, on le monte. Et le voyage n’e

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"YAO" : Cahier d’un retour au pays des ancêtres

ECRANS | De Philippe Godeau (Fr.-Sen., 1h44) avec Omar Sy, Lionel Louis Basse, Fatoumata Diawara…

Vincent Raymond | Mercredi 23 janvier 2019

Petit Sénégalais de 13 ans, Yao vénère la star européenne Seydou Tall, au point de connaître son livre par cœur. Apprenant que l’idole est de passage à Dakar, Yao fait les 400km séparant son village pour le rencontrer. Touché (et poussé par le destin), Seydou décide de la ramener chez lui. Il s’agit là clairement d’un conte où le voyageur pensant maîtriser son cheminement se trouve “voyagé“, guidé par des forces de plus en plus pressantes à accomplir une mission initiatique à laquelle il n’était pas préparé. Dans ce récit, Yao n’est pas le héros mais le déclencheur inconscient, l’adjuvant à travers lequel le fatum va se manifester pour infléchir la trajectoire de Seydou ; un cicérone malgré lui tirant par ailleurs des leçons profitables de son escapade. Godeau et Sy ont tenté manifestement d’éviter le “folklorisme“ tout en préservant un certain réalisme dans la vision du pays. Toutefois, il ne faut pas non plus s’attendre à une vérité documentaire : la caméra ne reste pas assez longtemps pour cela, c’est l’histoire qui veut cela… e le genre road movie, qui lui aussi effe

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Caraïbes

MUSIQUES | En voilà un qui a fait un sacré bout de chemin depuis sa première apparition scénique à la Havane à l’âge de quinze ans ! En vingt ans, le pianiste-prodige (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 octobre 2018

Caraïbes

En voilà un qui a fait un sacré bout de chemin depuis sa première apparition scénique à la Havane à l’âge de quinze ans ! En vingt ans, le pianiste-prodige cubain Roberto Fonseca a enchaîné huit albums solo tout en multipliant les collaborations aux côtés d’Ibrahim Ferrer, Omara Portuando ou encore Fatoumata Diawara, entre autres. Avec Abuc (acronyme inversé de Cuba), le musicien télescope brillamment les musiques qui ont accompagné l’histoire de son île natale, des années 40 à aujourd’hui. Roberto Fonseca III, lundi 22 octobre à 20h30, l’Opsis à Roche-la-Molière

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"La Montagne entre nous" : Glace noces

ECRANS | de Hany Abu-Assad (E.-U., 1h47) avec Kate Winslet, Idris Elba, Beau Bridges…

Vincent Raymond | Mercredi 8 novembre 2017

Trop pressée pour attendre, une photo-journaliste sur le point de se marier convainc un médecin d’affréter un avion de tourisme afin de rentrer au plus vite. Mais leur appareil s’écrabouille en altitude… Bonne nouvelle : après trois semaines à suer de la crasse dans la neige, à frôler la gangrène acétonobutylique et à manger des racines, Kate Winslet a des sous-vêtements immaculés, la peau lisse et le poil soyeux dans les bras de Mistre Freeze. Cela, bien qu’elle souffre d’une sévère déshydratation — mais elle a quand même eu la veine de s’abîmer au milieu de nulle avec un chirurgien célibataire à son goût, capable de fabriquer une perfusion à partir d’un vieux tuyau et d’un sac en plastique. Aventureux mixte de film catastrophe et de romance (deux catégories de films destinées à rapprocher les couples de spectateurs·trices dans les salles) La Montagne entre nous réussit sa séquence d’accident, particulièrement immersive. La suite est tellement cousue de fil blanc comme neige qu’on aimerait presque être surpris par une issue tragique. Malheureusement, to

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Buena Vista Social Club : Adios : Leçons de son

ECRANS | de Lucy Walker (É.-U.-Cu., 1h50) documentaire avec Ibrahim Ferrer, Omara Portuondo, Manuel Mirabal… (26 juillet)

Vincent Raymond | Vendredi 11 août 2017

Buena Vista Social Club : Adios : Leçons de son

Vingt ans ou presque après le documentaire de Wenders, y avait-il encore des choses à apprendre sur le groupe d’octo- et nonagénaires cubains ? Étonnamment, oui. Réalisé à l’occasion de la tournée d’adieux du Buena Vista Social Club, ce film est davantage qu’une séquelle du précédent opus : il creuse aussi ses racines grâce à un luxe d’archives inédites. Si Lucy Walker opte pour la structure plus classique et une réalisation moins “virtuose” que son prédécesseur allemand, elle compense par un supplément de valeur informative et d’émotion : les maîtres du son dont elle établit le parcours médiatique (Ibrahim Ferrer, Compay Secundo, Rubén González…) avant leur entrée dans l’illustre orquesta sont désormais tous mort, exception faite de la vaillante Omara Portuondo. La cinéaste exhume par ailleurs des images (parfois tendues) de la conception de l’album de 1996, rendant au producteur Nick Gold des lauriers souvent indument tressés au seul bottlenecker Ry Cooder, qu’elle panache de moments forts de l’ultime tournée — tel un segment politique avec Barack O

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"Demain tout commence" : préparez vos mouchoirs

ECRANS | de Hugo Gélin (Fr, 1h58) avec Omar Sy, Clémence Poésy, Gloria Colston…

Vincent Raymond | Jeudi 8 décembre 2016

Ah ah ! Si l’affiche sur fond blanc, avec un Omar Sy rigolard laisse croire à une comédie, ne vous y trompez pas : Demain tout commence est signé par un amateur de mélo en la personne d’Hugo Gélin, déjà responsable de Comme des frères — aurait-il des accointances avec un fabricant de mouchoirs en papier ? Il convoque ici l’acteur préféré des Français pour un rôle de papa célibataire susceptible de perdre doublement sa fille Gloria : parce que sa mère démissionnaire décide brutalement d’en récupérer la garde, et parce que la gamine est atteinte d’une sale maladie… Parfait mash-up de la chanson de Balavoine Mon fils ma bataille et du tire-larmes L’Arbre de Noël de Terence Young (1969), ce piège à sentiments se referme impitoyablement sur le spectateur un peu trop sensible, conditionné par l’ambiance de fin d’année et le cocon d’amour irréel tissé autour de la petite Gloria, über choyée par ses deux papas — sans pourtant virer gamine pourrie-gâtée. Louchant vers le cinéma anglo-saxon jusqu’au strabisme, ce film un peu trop produit pour être sincère n’arrive pas à trouver la spontanéité ni la l

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Chocolat

ECRANS | Avec quatre réalisations en dix ans — dont trois depuis juin 2011 — on va finir par oublier que Roschdy Zem a commencé comme comédien. Il aurait intérêt à ralentir la cadence : son parcours de cinéaste ressemble à une course forcenée vers une forme de reconnaissance faisant défaut à l’acteur… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mercredi 3 février 2016

Chocolat

Rien de tel, pour un réalisateur désireux de s’assurer un consensus tranquille, qu’un bon vieux film-dossier des familles ou la biographie d’une victime de l’Histoire. Qu’importe le résultat artistique : il sera toujours considéré comme une entreprise morale nécessaire visant à rétablir une injustice et réduit à sa (bonne) intention de départ, si naïve qu’elle soit — on l’a vu il y a peu avec le documentaire mou du genou Demain de Cyril Dion & Mélanie Laurent, encensé pour les vérités premières qu’il énonce, malgré sa médiocrité formelle et sa construction scolaire. Chocolat est de ces hyper téléfilms néo-qualité française qui embaument la reconstitution académique et s’appuient sur une distribution comptant le ban et l’arrière-ban du cinéma, figée dans un jeu "concerné", dans l’attente de séquences tire-larmes. La bande originale de Gabriel Yared, étonnamment proche des mélodies de Georges Delerue — mais ce doit être un hasard, Yared étant plutôt connu pour ses “hommages” à John Williams — incitant fortement à l’usage du mouchoir. Un

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Samba

ECRANS | Retour du duo gagnant d’Intouchables, Nakache et Toledano, avec une comédie romantique sur les sans papiers où leur sens de l’équilibre révèle à quel point leur cinéma est scolaire et surtout terriblement prudent. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 14 octobre 2014

Samba

Alors que le triomphe d’Intouchables leur ouvrait toutes les portes, Olivier Nakache et Éric Toledano ont choisi avec Samba de tracer tranquillement leur sillon. Mais en territoire miné. Car il faut être passablement inconscient pour tourner une comédie romantique sur les sans papiers où une cadre en burn out (Charlotte Gainsbourg) devient bénévole dans une association et s’éprend d’un cuistot en situation irrégulière (Omar Sy). Le plus surprenant étant qu’ils réussissent à le faire sans froisser quiconque alors que le sujet, passionnel, cristallise l’opinion française depuis un quart de siècle. Exploit ? Pas vraiment, car c’est justement cette méthode, consistant à chercher sans arrêt l’équilibre pour quêter l’unanimité, qui finit par rendre le film agaçant. Le mot méthode n’est pas employé au hasard : Nakache et Toledano ont une manière bien à eux de rassurer le spectateur, de remettre toujours la balle au centre et, finalement, de jouer la carte de la plus grande prudence. Ainsi, chaque fois qu’ils s’approchent un peu trop près d’une situation dramatique — la visite dans le centre de rétention — ils la contrebalancent par un moment de comédi

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L’Écume des jours

ECRANS | Avec cette adaptation du roman culte de Boris Vian, Michel Gondry s’embourbe dans ses bricolages et recouvre d’une couche de poussière un matériau littéraire déjà très daté. Énorme déception. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 25 avril 2013

L’Écume des jours

Plus madeleine de Proust adolescente que véritable chef-d’œuvre de la littérature française, L’Écume des jours avait déjà fait l’objet d’une adaptation cinématographique, devenue difficile à voir pour cause de gros échec à sa sortie en salles. Le cinéma français ayant redécouvert les vertus de son patrimoine littéraire, voici donc Michel Gondry qui s’y colle. Le moins que l’on puisse dire est que, là où beaucoup auraient jugé l’univers métaphorico-poétique de Vian ardu à transposer à l’écran, Gondry est face à lui comme un poisson dans l’eau, trouvant une matière propice à déverser toutes ses inventions visuelles. Trop propice, tant les premières minutes du film fatiguent par leur accumulation d’idées passées au broyeur d’un montage hystérique. On n’a tout simplement pas le temps de digérer ce qui se déroule sous nos yeux, Gondry enchaînant à toute blinde les trouvailles, multipliant les accélérés, les changements d’échelle ou les trucages à la Méliès. D’une certaine manière, sa fidélité à Vian est déjà un handicap : là où il aurait pu faire le tri, il préfère empiler 

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Mais qui a retué Pamela Rose ?

ECRANS | De et avec Kad Merad et Olivier Baroux (Fr, 1h30) avec Audrey Fleurot, Omar Sy…

Christophe Chabert | Mardi 4 décembre 2012

Mais qui a retué Pamela Rose ?

Un air de fête du slip flotte au-dessus de cette suite de Pamela Rose, réalisée cette fois par Kad et Olivier eux-mêmes. En effet, le film a été gavé jusqu’à la gueule de tous les types d’humour existant, produisant beaucoup de déchets en pensant sans doute toucher tous les segments de public. Les deux zouaves se sont sans doute bien amusés, allant jusqu’à s’autociter période Kamoulox, se vieillir avec fausses bedaines et grotesques moustaches texanes, ou se distribuer en faux commentateurs de catch. À leurs côtés, une moitié du casting d’Intouchables tente de garder une certaine dignité au milieu de pantalonnade assez sinistre qui pense que le cinéma, c’est seulement plus gros et plus cher que la télévision. On est même éberlué de voir que la meilleure idée du film, celle qui pouvait légitimer cette suite, débarque seulement vingt minutes avant la fin ! Dans son envie de rire de tout n’importe comment, Mais qui a retué Pamela Rose ? prend acte de cette inflation ridicule, et c’est bien les seuls moments où l’on rit : quand un figurant dit à Kad qu’il «tourne trop», ou quand le comptable de la production vient rappeler que tout ça, c’

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