Last days of summer

ECRANS | De Jason Reitman (ÉU, 1h51) avec Kate Winslet, Josh Brolin…

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Chronique antidatée années 80 d'un jeune garçon qui voit sa mère, un peu dépressive, retrouver le goût de la vie et des tartes à la pêche en hébergeant un taulard en fuite, puis en tombant amoureuse de lui, Last days of summer tente un étrange croisement entre le mélo à oscars et la production Amblin / Spielberg, référence assumée dans les posters accrochés aux murs de l'ado.

La greffe ne prend pas vraiment, notamment dans la laborieuse exposition du film, où tout semble factice et artificiel, à commencer par le brusque syndrome de Stockholm qui voit la maman succomber aux charmes du bad guy sexy qui la séquestrait une scène auparavant. La suite est plus intéressante, et Jason Reitman, cinéaste sans personnalité qui adapte son artisanat en fonction des scénarios qu'il illustre, réussit à attraper quelque chose de l'émoi adolescent et de ses troubles pulsions, ainsi qu'un petit parfum mélancolique qui ne sauve pas le film de l'anodin, mais l'empêche de sombrer dans l'ennui.

Christophe Chabert


Last days of Summer

De Jason Reitman (ÉU, 1h51) avec Kate Winslet, Josh Brolin...

De Jason Reitman (ÉU, 1h51) avec Kate Winslet, Josh Brolin...

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Lors du dernier week-end de l’été, Frank, un détenu évadé, condamné pour meurtre, oblige Adèle et son fils Henry à le cacher chez eux. Très vite, la relation entre le ravisseur et la jeune femme prend une tournure inattendue...


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Deadpool 2 – Ryan Reynolds : « Deadpool est libérateur ; c’est un clown »

ECRANS | Derrière le masque de Deadpool, figure celle de Ryan Reynolds, beau gosse aux traits d’esprits aussi caustiques que le personnage immortel à qu’il a donné vie au cinéma. Vous suivez ? Justement, il parle de la suite, Deadpool 2.

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Deadpool 2 – Ryan Reynolds : « Deadpool est libérateur ; c’est un clown »

Ce deuxième épisode se présente davantage comme une surenchère qu’une suite du premier : l’humour et l’action sont ici amplifiés… Ryan Reynolds : Tout à fait. En étant programmé pour sortir aux beaux jours, il se devait de comporter plus d’action. Mais il fallait conserver le côté décalé du premier, et la dimension “anti-héros“ du personnage. Par ailleurs, il y plus d’histoires à raconter, des nouvelles têtes (Domino, X-Forces, Cable…). Bref, cela faisait beaucoup de matière pour enrichir cet opus. Quels points communs revendiquez-vous avec le personnage de Deadpool ? R.R : J’en ai beaucoup ! (rires) Dès l’instant où je l’ai rencontré voilà onze ans, j’ai insisté pour que le premier film existe, et j’ai dû aller voir tous les studios possibles pour cela. Mais finalement, cela a été un mal pour un bien : le temps ayant passé, il se trouve qu’il était beaucoup plus adapté à l’époque à laquelle nous l’avons sorti. Sinon, c’est vrai que je pe

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"Deadpool 2" : Y en a un peu plus, je vous laisse quand même ?

Nice Suit(e) ! | de David Leitch (E.-U., 2h) avec Ryan Reynolds, Josh Brolin, Morena Baccarin…

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Ayant trop exterminé de malfaisants, Deadpool reçoit en représailles une “visite“ à domicile causant la mort de sa fiancée Vanessa. D’abord désespéré et suicidaire, Deadpool trouve une raison de vivre et de combattre. Ainsi que de nouveaux alliés, qu’il recrute dans sa X-Force… Et si Ryan Reynolds était en train d’accomplir avec Deadpool, en version ludique et trash, ce que Spielberg avait manqué dans Ready Player One : produire le divertissement adulte célébrant la culture pop dans sa jouissive transversalité absolue ? Incluse dans le cosmos Marvel officiel, mais jouant de la marginalité totale de son personnage-titre pour s’autoriser déviances, provocations et outrages, la franchise possède un enviable statut : Deadpool incarne le “Ça“ de la famille, le dépositaire des pulsions inconvenantes, du mauvais goût et de la transgression. L’onanisme, meurtre, la grossièreté ou le vice sont interdits aux autres boy-scouts ? Lui se délecte de les pratiquer à l’envi. Usant volontiers d’apartés pour asseoir sa connivence avec le public,

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"La Montagne entre nous" : Glace noces

ECRANS | de Hany Abu-Assad (E.-U., 1h47) avec Kate Winslet, Idris Elba, Beau Bridges…

Vincent Raymond | Mercredi 8 novembre 2017

Trop pressée pour attendre, une photo-journaliste sur le point de se marier convainc un médecin d’affréter un avion de tourisme afin de rentrer au plus vite. Mais leur appareil s’écrabouille en altitude… Bonne nouvelle : après trois semaines à suer de la crasse dans la neige, à frôler la gangrène acétonobutylique et à manger des racines, Kate Winslet a des sous-vêtements immaculés, la peau lisse et le poil soyeux dans les bras de Mistre Freeze. Cela, bien qu’elle souffre d’une sévère déshydratation — mais elle a quand même eu la veine de s’abîmer au milieu de nulle avec un chirurgien célibataire à son goût, capable de fabriquer une perfusion à partir d’un vieux tuyau et d’un sac en plastique. Aventureux mixte de film catastrophe et de romance (deux catégories de films destinées à rapprocher les couples de spectateurs·trices dans les salles) La Montagne entre nous réussit sa séquence d’accident, particulièrement immersive. La suite est tellement cousue de fil blanc comme neige qu’on aimerait presque être surpris par une issue tragique. Malheureusement, to

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Pomme Star - Danny Boyle fait le Jobs

ECRANS | Après s’être égaré en racontant les tribulations gore d’un randonneur se sciant le bras pour survivre (“127 heures”), Danny Boyle avait besoin de se rattraper. Il fait le job avec une évocation stylisée du patron d’Apple, première super-pop-star économique du XXIe siècle. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Pomme Star - Danny Boyle fait le Jobs

« Penser “différent” »… Érigé en précepte par Steve Jobs soi-même, le slogan exhortant à la rupture créative et intellectuelle semble avoir guidé le scénariste Aaron Sorkin et le réalisateur Danny Boyle dans cette travail de la biographie (autorisée) du charismatique fondateur d’Apple, un pavé signé par Walter Isaacson détaillant par le menu l’existence de Jobs, listant également les innovations à mettre à son actif. Plutôt que de se lancer dans une illustration chronologique standard, visant l’exhaustivité en suivant le sempiternel et prévisible « sa vie, son œuvre », l’un et l’autre ont emprunté un chemin de traverse. Jobs ayant été, au-delà de toutes les controverses, une manière de stratège imposant sa vision d’une réalité distordue (et finalement, modelant la réalité à ses désirs), Sorkin et Boyle lui ont donc taillé un écrin biographique hors norme. Pour le cinéaste, cela passait par l’abandon de marques de fabrique virant au tic, comme les effets de montage épileptoïdes ou le recours à une bande originale utilitaire, marqueur temporel ou folklorique. Pour l’auteur du script, par la conception d’une sor

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Les Jardins du Roi

ECRANS | De et avec Alan Rickman (Ang-Fr-ÉU, 1h57) avec Kate Winslet, Matthias Schoenaerts…

Christophe Chabert | Mardi 5 mai 2015

Les Jardins du Roi

Immense acteur, aussi mythique pour avoir joué les terroristes dans Piège de cristal que les patrons romantiques dans Love Actually, Alan Rickman s’essaie ici à la mise en scène, et démontre que l’on ne s’improvise pas si facilement réalisateur. À travers la romance Louis XIV entre Le Nôtre et Madame de Barra, dont les idées audacieuses séduisent ce partisan du jardin à la Française, Rickman se contente d’aligner les clichés dans un académisme de tous les instants. Les personnages sont tellement brossés à gros traits, leurs conflits tellement insistants — le fantôme de l’enfant qui revient toutes les dix minutes à l’écran, franchement… — que l’on sait au bout d’une demi-heure où et comment tout cela va se terminer. Condamner à subir ce navet insignifiant, on a tout loisir de se poser quelques questions : pourquoi Matthias Schoenaerts et ses cheveux longs (perruque ?) s’enfonce-t-il à ce point dans l’inexpressivité ? Et surtout, pourquoi Rickman a-t-il choisi de diriger ses comédiens en leur faisant dire leurs répliques comme des escargots sous Lexomil, lenteur insupportable qui rallonge le film d’au moins vingt bonnes minutes ? Est-ce l’imag

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Inherent vice

ECRANS | En adaptant "Vice caché" de l’immense Thomas Pynchon, Paul Thomas Anderson prouve, après "The Master", qu’il n’aime rien tant qu’aller à l’encontre de sa maîtrise, éprouvée et incontestable. De fait, ce polar pop, enfumé et digressif est un plaisir intense, où il est avant tout question de jeu, dans tous les sens du terme. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

Inherent vice

Quelque part dans les volutes de la Californie psychédélique au début des années 70, Doc Sportello semble sortir d’un rêve évaporé lorsqu’il voit surgir chez lui son ex-petite amie, Shasta Fay, qui lui annonce qu’elle est tombée amoureuse d’un richissime promoteur immobilier dont elle soupçonne qu’on ourdit un complot contre lui. Sportello, qui exerce la fonction de détective privé, décide d’enquêter moitié par amour envers cette fille qu’il n’arrive pas à s’enlever de la tête, moitié par curiosité professionnelle envers un monde bien éloigné de celui de la contre-culture beatnik, adepte de drogues et de nonchalance cool, dans lequel il baigne. Raconté comme ça, le point de départ d’Inherent vice rappelle les romans noirs de Raymond Chandler, ainsi que ses relectures iconoclastes par Robert Altman — Le Privé — ou les frères Coen — The Big Lebowski. Sauf que Paul Thomas Anderson n’adapte pas l’auteur du Grand Sommeil, mais un autre immense romancier américain, Thomas Pynchon. Et si Vice caché se nourrissait de cette mythologie propre à la littérature criminelle, il la cabossait par un réflexe hautement pop où une profusion de

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Divergente

ECRANS | De Neil Burger (ÉU, 2h19) avec Shailene Woodley, Theo James, Kate Winslet…

Christophe Chabert | Lundi 14 avril 2014

Divergente

Comme le premier Hunger games, Divergente se présente comme un blockbuster qui expliquerait le marxisme et la lutte des classes aux adolescents. Dans un futur proche après une guerre dont on ne connaît ni l’ampleur, ni le motif, Chicago, coupé du reste des États-Unis, a instauré la paix en divisant ses citoyens en cinq castes, le pouvoir étant délégué aux «altruistes», la police aux «audacieux», la science aux «érudits»… Leurs enfants doivent passer un test pour déterminer s’ils resteront dans leur clan ou pourront en incorporer un autre. Mais Beatrice, fille de dignitaires altruistes, est une «divergente», c’est-à-dire qu’elle possède les aptitudes pour les intégrer tous. Le scénario lui fait faire un choix incompréhensible et surtout plombant pour sa portée politique : elle quitte les progressistes pour aller chez les fachos virils. C’est évidemment pour assurer le quota d’action à l’intérieur d’un film calibré et propret, qui se tient en fait entre la série B inventive et la boursouflure numérique ; il manque un cinéaste derrière la caméra pour faire décoller l’ensemble, assurer un minimum de direction artistique —

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Gangster squad

ECRANS | De Ruben Fleischer (ÉU, 1h52) avec Josh Brolin, Ryan Gossling, Sean Penn…

Christophe Chabert | Mardi 5 février 2013

Gangster squad

Le ratage de ce Gangster squad est plutôt surprenant : un casting en or, une relecture du film de gangsters par un cinéaste habile à revigorer les codes des genres (son Zombieland était grandiose à ce niveau)… Assez vite, il faut se rendre à l’évidence : le script n’est qu’un laborieux décalque de celui des Incorruptibles, sans les dialogues admirables de David Mamet, mais avec beaucoup de grandes phrases toutes plus ridicules les unes que les autres. Du coup, les acteurs sortent les rames : Sean Penn a beau en faire des caisses dans le rôle de Mickey Cohen, on ne voit que son maquillage qui lui donne des allures de freak grotesque. Très mauvais aussi, Josh Brolin, mâchoire serrée et front plissé tout du long. On aimerait sauver le duo archi-glamour Emma Stone-Ryan Gossling du naufrage, mais leur couple ressemble plutôt à des icônes lisses sortis d’un poster d’époque. Quant à la mise en scène, desservie par une photo numérique d’une absolue laideur, elle tente de noyer le poisson en en rajoutant dans la violence (et même le gore). Peine perdue : le film se traîne jusqu’à sa scène finale hallucinante, véritable spot de pub pour le LAPD. Désolan

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