Cannes 2014, jour 1. Grace de M…

ECRANS | Grace de Monaco d’Olivier Dahan. Timbuktu d’Abderrahmane Sissako.

Christophe Chabert | Jeudi 15 mai 2014

C'est donc reparti pour un tour de Cannes, et bon, disons-le tout de suite, ça a très très mal commencé. Avec la présentation en ouverture du Grace de Monaco d'Olivier Dahan, on sonde déjà les profondeurs du néant cinématographique. Il faut remonter à loin pour trouver une séance de gala aussi foireuse (Da Vinci Code ? Fanfan la Tulipe ?). Les producteurs de ce truc peuvent remercier Thierry Frémaux d'avoir donné un généreux coup de pouce à un film en perdition depuis des mois, en particulier depuis la brouille ouverte entre le réalisateur et Harvey Weinstein, à qui on donne plutôt raison d'avoir refusé de présenter cette version au public américain. Quoique, à moins de le retourner intégralement, on voit mal comment on peut sauver l'affaire du naufrage dans lequel il s'enfonce quasi-instantanément.

Déjà, l'angle choisi pour cette bio a de quoi faire hurler : comment Grace Kelly a choisit de renoncer définitivement à sa carrière au cinéma pour endosser les habits de princesse monégasque, à la faveur d'un incident qui opposa la famille royale à De Gaulle, décidé à mettre fin à l'exil massif des capitaux qui avait lieu là-bas. Dahan présente cette tentative comme une véritable offense faite aux riches, prenant le parti des nantis monégasques contre ces salopiauds de Français et leurs impôts à la con. Tristement contemporaine, aussi subtile qu'une Une du Point, cette déclaration (de revenus) est noyée dans un bain d'eau de rose et un scénario qui décalque grossièrement Le Discours d'un Roi.

En effet, mal à l'aise avec le protocole princier, Grace doit donc prendre des cours de maintien et, suspecte d'être une frivole Américaine, va se mettre au Français au cours de leçons où, putain, c'est dur, il faut apprendre à rugir les R — superbe image de Nicole Kidman imitant une tigresse pour essayer d'y parvenir. Le discours final, sommet de niaiserie à côté duquel les Miss France font figure de Nobel, la verra mettre fin à ce début de troisième guerre mondiale en vantant l'amour comme solution pour unir les peuples. Cela permettra au moins à Tim Roth, en Rainier de Monaco que tout le monde appelle «Ray» dans le film, de sortir de la monoexpression consternée qu'il arborait depuis le début — tant qu'à être logique, il aurait mieux valu qu'il choisisse l'affliction plutôt que la fierté.

Pour ceux qui douteraient encore de la nullité de cette daube stratosphérique, un mot de la mise en scène d'Olivier Dahan. Trop content de revenir au genre qui lui a valu une reconnaissance internationale avec La Môme et lui a permis de faire oublier qu'avant, il cachetonnait pour Besson un nanar déjà grotesque comme Les Rivières pourpres 2, il balade sa steadycam dans tous les sens, tente de transformer la famille Grimaldi en Atrides contemporains et, surtout, filme des couloirs, beaucoup de couloirs. C'est sans doute un écho au plan séquence spectaculaire où Piaf apprenait la mort de Cerdan en traversant son immense appartement. Mais là, il n'y a strictement aucune charge dramatique à ces travellings interminables où l'on visite vingt fois les coursives du Palais, comme une figure de style dévitalisée de tout propos et de toute justification. Pathétique, à l'image de certains dialogues déjà cultes, et notamment l'involontairement hilarant : «On ira vivre dans une ferme à Montpellier». Une ferme, d'accord, mais pourquoi Montpellier ? La principauté a déjà manifesté son courroux envers le film — on la comprend, tant tout à l'air absolument bidonné — mais l'office du tourisme de l'Hérault ne devrait pas tarder à faire de même !

 

Changement de registre radical avec le premier film de la compétition, Timbuktu d'Abderrahmane Sissako. C'est une déception après le formidable Bamako, même si la première partie est assez forte. Sissako évoque la guerre au Mali à travers le microcosme d'un petit village qui tombe entre les mains d'une poignée d'islamistes prônant le Djihad, tentant de mettre la population sous la coupe de règles radicales — femmes gantées et voilées, interdiction de chanter et de faire de la musique. Si, dès le départ, le film adopte une narration fragmentaire typique d'un world cinema moderne très éculé, il surprend par le point de vue qu'il pose sur ses djihadistes : globalement, de pauvres types que l'on décrit à travers de saynètes comiques qui soulignent toutes leurs contradictions. Cette irruption de la quotidienneté au sein d'un sujet dramatique et encore chaud surprend et séduit, notamment lors de cette séquence complètement ahurissante où l'un des pieds nickelés bloque sur une dune avec un buisson au milieu évoquant un sexe de femme, qu'il rasera à la fin avec sa grosse mitraillette.

L'humour de Sissako, hélas, s'érode au fil du récit, et ne reste plus alors que le squelette narratif d'un scénario post-it que la mise en scène tente de revitaliser par une certaine sécheresse de trait. C'est à moitié convaincant, le film cherchant la bonne distance pour montrer les exactions commises sans tomber dans l'horreur pure ou la complaisance crasse, mais ne parvient jamais tout à fait à la trouver. Il y a parfois de belles idées mais aussi des tunnels de dialogues un peu lourds et une structure désespérément lâche qui affaiblit les moments forts et marquants — l'homme qui danse ou l'exécution finale. Timbuktu n'a rien de honteux, mais on n'a pas tellement envie de faire semblant : on en sort avec une vague impression de déjà-vu.

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Tête de mule, un festival "bêtes" et pas méchant

ECRANS | Le festival Tête de mule ne pouvait trouver meilleur lancement pour sa quinzième édition que l’extraordinaire Shaun le mouton, dernière production des studios (...)

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Tête de mule, un festival

Le festival Tête de mule ne pouvait trouver meilleur lancement pour sa quinzième édition que l’extraordinaire Shaun le mouton, dernière production des studios Aardman et véritable petit bijou d’animation tout public. Non seulement le film est d’une inventivité constante — le choix, conforme à la série dont il s’inspire, de ne jamais mettre le moindre dialogue, n’y est pas pour rien — mais en plus il est d’un mauvais esprit salvateur, n’hésitant pas à fustiger la routine du quotidien pour promouvoir en retour le besoin d’aventures, de liberté et de désordre. Quelque part entre Zéro de conduite et Jacques Tati, Shaun le mouton est la star incontestée du festival. Dans sa compétition, on retrouvera quelques films bien aimés dans nos colonnes : Timbuktu, Les Combattants et Spartacus et Cassandra — que son jeune «héros» Spartacus viendra présenter au Méliès Sa

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Timbuktu

ECRANS | Après Bamako, Abderrahmane Sissako continue d’explorer les souffrances politiques du Mali, non pas en instruisant le procès du FMI, mais en offrant une vision tragi-comique de la terreur djihadiste. Une approche pertinente de la question, qui ne fait pas oublier une forme auteurisante un peu datée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 10 décembre 2014

Timbuktu

La sortie de Timbuktu va donc se dérouler au moment où les yeux de la planète sont braqués vers l’État Islamique, tandis que le spectre d’une résurgence djihadiste au Mali est encore vivace. Autrement dit : en plein dans le mille de l’actu, ce qui est un avantage — médiatique — et un inconvénient — puisque le film se retrouve malgré lui à avoir quelque chose à dire sur le sujet. Or, le nouveau film d’Abderrahmane Sissako, même s’il parle d’un petit groupe d’islamistes qui mettent en coupe réglée un village mauritanien en voulant y instaurer la char’îa, n’a aucun discours rassurant à délivrer à un Occident angoissé. Déjà, son génial Bamako intentait un procès réparateur mais fictif au FMI ; aujourd’hui, Timbuktu choisit de rire d’une autre tragédie. Ses djihadistes sont regardés comme une cohorte d’individus empêtrés dans leurs contradictions, mais qui puisent leur force du groupe qu’ils ont constitué. Et c’est en brisant la communauté à laquelle ils s’attaquent, créant des schismes selon le sexe, l’âge ou les origines des autochtones, qu’ils installent la terreur. Dans sa première partie, le film montre cette emprise comme un petit théâ

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Odyssées et oracles

ECRANS | Beau mois de décembre cinématographique, riche et varié, avec de vraies découvertes et un coup de cœur inattendu pour un film géorgien envoûtant et épuré, La Terre éphémère. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 décembre 2014

Odyssées et oracles

Lors du dernier festival de Cannes, Timbuktu (10 décembre) a fait sensation, remportant l’adhésion de la presse comme du public, mais échouant aux portes du palmarès. Sans verser dans cette admiration inconditionnelle, il faut reconnaître que le nouveau film du cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako tombe à point nommé en ces temps de percée djihadiste, puisque c’est justement cela qu’il raconte : comment une poignée de fous d’Allah mettent sous leur coupe rangée un petit village, les soumettant à un respect strict de la charî’a et châtiant ceux qui ont le malheur de s’en écarter. Mais attention ! Sissako ne verse pas dans le dolorisme ou le pamphlet indigné ; il est beaucoup plus subtil et élégant que cela. En effet, c’est par un humour bienvenu qu’il accuse ces terroristes, les ramenant à leurs contradictions les plus absurdes. Ainsi, on verra l’un d’entre eux aller se cacher derrière une dune pour fumer une cigarette, évidemment interdite par la loi religieuse qu’il promulgue. Névrosés, obsédés, idiots : les islamistes de Timbuktu sont pourtant authentiquement dangereux, ce que la deuxième partie, moins réussie car nettement plus démonstr

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Cannes 2014, jour 8. Forever Godard.

ECRANS | The Search de Michel Hazanavicius. Mommy de Xavier Dolan. Adieu au langage de Jean-Luc Godard.

Christophe Chabert | Jeudi 22 mai 2014

Cannes 2014, jour 8. Forever Godard.

Le festival est bientôt fini et pourtant, aujourd’hui, il a semblé commencer. Sa compétition, jusqu’ici sans surprise, s’est emballé et les auteurs sont allés là où on ne les attendait pas. À commencer par Michel Hazanavicius et son The Search, qui fait donc suite au triomphe de The Artist. Inspiré d’un film de Fred Zinneman, The Search voit le cinéaste s’aventurer dans la Tchétchénie de 1999, au début de l’offensive russe, prétextant une lutte anti-terroriste alors qu’il s’agissait surtout d’aller restaurer l’ordre contre les tentations séparatistes. Son prologue, tourné en DV par un soldat inconnu, se conclut par le massacre d’une famille sous les yeux de leur enfant, caché à l’intérieur de sa maison. C’est une première belle idée de mise en scène : le regard du gamin à la fenêtre, tétanisé par la mise à mort de ses parents, et son contrechamp cruel, celui de leur bourreau en vue subjective. Le film s’attache ensuite à suivre en parallèle quatre personnages : l’enfant en fuite, recueilli par Carole (Bérénice Bejo), chargée de mission pour l’Union Européenne, la sœur survivante, qui recherche désespérément son cadet à

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Cannes 2014, jour 7. Du côté de la Quinzaine…

ECRANS | Catch me daddy de Daniel Wolfe. These final hours de Zack Hilditch. Queen and country de John Boorman. Mange tes morts de Jean-Charles Hue.

Christophe Chabert | Mercredi 21 mai 2014

Cannes 2014, jour 7. Du côté de la Quinzaine…

Comme prévu, la présentation de Deux jours, une nuit des frères Dardenne a électrisé la Croisette et beaucoup séchaient encore leurs larmes dix minutes après la fin de la projection du matin — on n’ose imaginer ce qui va se passer ce soir. Ayant été particulièrement indiscipliné pour suivre la compétition cette année, on ne se hasardera à aucun pronostic concernant le palmarès final ; mais bon, si les Dardenne repartent avec une troisième palme, établissant ainsi un record en la matière, on ne criera pas au scandale.   Comme on avait vu le film il y a déjà quelques temps, cela nous a laissé le loisir d’aller voir un peu de quel bois se chauffait la Quinzaine des réalisateurs, sachant qu’on y avait déjà vu deux de nos films préférés du festival — Bande de filles et Les Combattants. Depuis qu’Edouard Waintrop en a pris les rênes, cette sélection traditionnellement dévolue à l’avenir du cinéma et à ses nouvelles formes est devenue un creuset aussi inégal que réjouissant où l’on trouve à la fois du cinéma d’auteur pur et dur, des cinéastes à la gloire fanée, des comédies qui font le buzz et du pur cinéma de genre fait par de jeunes talents

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Cannes 2014, jours 5 et 6. L’insoutenable lourdeur des auteurs.

ECRANS | Foxcatcher de Bennett Miller. Hermosa Juventud de Jaime Rosales. Jauja de Lisandro Alonso. Force majeure de Ruben Östlund. Bird people de Pascale Ferran.

Christophe Chabert | Mardi 20 mai 2014

Cannes 2014, jours 5 et 6. L’insoutenable lourdeur des auteurs.

Ce lundi, présentation de Maps to the stars de David Cronenberg. Demain, ce sera au tour de Deux jours, une nuit des frères Dardenne. Deux films qui volent très au-dessus d’une compétition atone et informe, qui ne réserve dans le fond aucune surprise sinon celle-ci : ne pas avoir envie de la suivre de près comme on l’avait fait les cinq années précédentes. Cronenberg et les Dardenne font la différence sur un point très précis : ils ne cherchent à aucun moment à se situer au-dessus du spectateur et se contentent de l’accueillir à bras ouverts dans leurs films respectifs, l’un sur le mode de la farce caustique et jubilatoire, les autres sur le ton du suspens social débouchant non pas sur une résolution classique, mais sur une quête bouleversante de ce qui reste de noble dans l’être humain.   Ce matin, c’était donc au tour de Bennett Miller et de son Foxcatcher de se conformer très exactement à ce que l’on pouvait attendre de lui. Ceux qui ont vu Capote et Le Stratège ne seront ainsi nullement dépaysés par cette caricature de cinéma sérieux américain, où tout est annexé non pas au propos du film, mais à s

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Cannes 2014, jour 4. Aux armes !

ECRANS | The Rover de David Michôd. The Disappearence of Eleanor Rigby de Ned Benson. It follows de David Robert Mitchell. Les Combattants de Thomas Cailley.

Christophe Chabert | Lundi 19 mai 2014

Cannes 2014, jour 4. Aux armes !

S’ennuie-t-on au cours de ce festival de Cannes ? Oui, un peu, beaucoup parfois ; alors à la guerre comme à la guerre, on ose ce que l’on n’avait jamais osé jusque-là : laisser tomber la compétition, et se promener à travers les séances des sections parallèles, pour espérer y trouver des films stimulants, différents, bref, autre chose que de l’art et essai formaté, long et plombé. À ce petit jeu, The Rover, présenté en séance de minuit, repousse les limites de la bizarrerie. De la part du réalisateur d’Animal kingdom, David Michôd, rien ne laissait présager un tel virage ; si son premier film était puissant et abouti, il s’inscrivait dans un genre codifié — le film de gangsters — et sa mise en scène cherchait avant tout une forme d’efficacité sans refuser pour autant d’apporter de réelles innovations. Avec The Rover, Michôd fait exploser toutes les catégories et signe le premier film post-apocalyptique beckettien, que l’on pourrait réduire à ce pitch : deux hommes, l’un à moitié idiot, l’autre impavide, recherchent à travers une Australie désolée une voiture. Point. Le premier plan, qui montre pendant une minute Guy Pea

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Cannes 2014, jour 3. Films d’horreurs.

ECRANS | Captives d’Atom Egoyan. Relatos salvajes de Damian Szifron. Mr Turner de Mike Leigh. Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan.

Christophe Chabert | Lundi 19 mai 2014

Cannes 2014, jour 3. Films d’horreurs.

Vendredi confession : on ne la sentait pas trop sur le papier, cette compétition. Trop de cinéastes mal aimés, trop de films trop longs, trop d’outsiders sortis du chapeau… Cette troisième journée est venue confirmer nos craintes et y a ajouté un autre facteur : une programmation au bas mot catastrophique dans l’ordre de présentation des films qui a sérieusement amoindri l’impact de ce qui était pourtant l’événement du jour, la projection du Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan, dont on parlera à la fin de ce billet. Disons-le clairement : pourquoi avoir placé le film en séance unique en plein milieu de l’après-midi plutôt qu’à la place de ces deux navets que sont Captives d’Egoyan et Relatos salvajes de Damian Szifron ? À cause de sa durée fleuve — 3h15 ? Sans doute, mais on a envie de dire qu’il vaut mieux, quand les années sont si manifestement pauvres en œuvres dignes de figurer dans la Ligue 1 de Cannes, limiter le nombre de films qu’en envoyer autant au casse-pipe comme de vulgaires hamburgers dans un fast food. L’impression de gavage n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui et aussi cruelle, testant notre résistance physique et notre capac

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Cannes 2014, jour 2. Girls power.

ECRANS | Bande de filles de Céline Sciamma. Party girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis. White bird in a blizzard de Gregg Araki.

Christophe Chabert | Vendredi 16 mai 2014

Cannes 2014, jour 2. Girls power.

Deuxième jour à Cannes, et déjà l’école buissonnière hors de la compétition. Il faut dire que le jeudi est traditionnellement le jour de l’ouverture des sections parallèles, et comme elles sont assez alléchantes cette année, on peut très bien remettre à plus tard la projection du dernier Mike Leigh (2h30 sur le peintre Turner, c’est vrai qu’en début de festival, c’est sans échauffement).   C’est un hasard, mais il est réjouissant : les femmes ont pris le pouvoir dans les trois films vus aujourd’hui, et notamment dans ce qui constitue le premier choc de Cannes, le nouveau film de Céline Sciamma, Bande de filles. Après Naissance des pieuvres et Tomboy, Sciamma confirme qu’elle n’est plus très loin d’être une de nos grandes cinéastes, et ce troisième opus démontre une inéluctable montée en puissance qui n’est pas sans rappeler celle d’un Jacques Audiard. Avec qui elle partage une intelligence du scénario et de la mise en scène, mais surtout l’envie de faire émerger conjointement des héro(ïne)s et des comédien(ne)s qui vont hanter longtemps l’esprit du spectateur, via des trajets de fiction puissants et authentiquement cont

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