Indépendants Days

ECRANS | Les premières Rencontres du cinéma indépendant au Méliès et au France du 19 au 21 juin seront l’occasion de réfléchir sur la manière de promouvoir des films qui peinent à trouver leur place face à de grosses machines bien huilées. Et d’en voir quelques-uns en avant-première… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 4 juin 2014

Depuis la rentrée, Le Méliès organise des séances baptisées La Cerise sur le gâteau. Celles-ci ont un objectif : mettre un coup de projecteur sur des films qui peuvent difficilement exister commercialement sur le rythme de quatre séances quotidiennes mais dont on ne peut néanmoins pas priver le public stéphanois, puisqu'ils représentent le présent vivant du cinéma, sinon son avenir. Les Bruits de Recife (un des meilleurs films de l'année, tout simplement), Métabolisme ou ce mois-ci Computer chess (par le cinéaste parrain du courant mumblecore, Andrew Bujalski) et Maïdan (le docu de Sergeï Losnitza sur les événements en Ukraine) : autant de propositions stimulantes et novatrices venues de distributeurs indépendants qui mouillent leur chemise et essaient de faire vivre un cinéma différent. C'est tout l'enjeu des Rencontres du cinéma indépendant : réunir ses distributeurs — regroupés au sein du SDI, Syndicat des Distributeurs Indépendants — leur permettre de montrer un film de leur catalogue à venir, mais surtout créer un dialogue avec les exploitants pour trouver des solutions afin que ces films ne soient pas cantonnés à une diffusion à Paris et dans quelques grandes villes de Province.

Recréer du dialogue

Ce sera le sujet de la table ronde organiser le 20 juin : «Comment les salles peuvent soutenir la découverte et la diversité ?». L'idée étant de confronter des expériences et de trouver des dispositifs à mettre en commun. Il y a peu, un article dans Libération avait fait quelques vagues, posant l'idée que ce cinéma indépendant-là était écrasé par les grosses machines des studios et snobé par les salles. Un constat un brin catégorique et sans nuance, qui a eu au moins le mérite de poser les bases d'une discussion ouverte et franche entre distributeurs et programmateurs.

Cependant, alors que ces Rencontres pourraient être corporatistes, elles ont choisi de s'ouvrir au public : durant ces trois jours, on pourra découvrir neuf films en avant-première, pour la plupart couverts de prix dans les festivals internationaux. Parmi eux, le thriller chilien Tuer un homme ou le nouveau film de Jean-Charles Hue, Mange tes morts, tout juste revenu de la Quinzaine des réalisateurs cannoise, et que l'on recommande chaudement, tant son mélange entre naturalisme et polar, docu sur l'univers des gitans français et film d'action nerveux et inspiré, traduit effectivement une nette volonté d'indépendance dans le cinéma français.

Rencontres du cinéma indépendant
Au Méliès et au France, les 19, 20 et 21 juin.


2ème éd. des Rencontres du cinéma indépendant - SDI

Au Méliès et au France

Au Méliès et au France

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Indépendants, levez-vous !

ECRANS | Après le succès de 2014 (légèrement entaché par une grève de la SNCF), les rencontres du cinéma indépendant reviennent au Méliès pour une deuxième édition qui se déroulera en (...)

Christophe Chabert | Mardi 2 juin 2015

Indépendants, levez-vous !

Après le succès de 2014 (légèrement entaché par une grève de la SNCF), les rencontres du cinéma indépendant reviennent au Méliès pour une deuxième édition qui se déroulera en alternance à Jean Jaurès et à Saint-François. Au départ, on pourrait penser que la manifestation est avant tout un rendez-vous professionnel : il s’agit en effet de faire se rencontrer exploitants et distributeurs indépendants pour échanger autour des films à venir, dont certains sont présentés en avant-première, mais aussi autour d’enjeux spécifiques au secteur. Ce sera l’objet des diverses tables-rondes organisées durant ces trois journées : comment programmer à destination du jeune public des films en VO et des films qui ne sont pas du cinéma d’animation ? Comment élaborer une grille mensuelle de programmation ? Enfin, comment faire en sorte que les exploitants puissent (re)devenir prescripteurs auprès de leur public, c’est-à-dire établir un lien de confiance qui permettrait de faire partager leurs choix et leurs coups de cœur sur des films peu médiatisés ? Ces questions-là ne sont pas aussi techniques qu’elles en ont l’air et ont en commun de poser le spectateur comme centre de l’attention, da

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L’homme qui murmurait à l’oreille des gitans

ECRANS | En deux films — La BM du Seigneur et Mange tes morts, à l’affiche actuellement — Jean-Charles Hue a inventé une nouvelle mythologie, celle d’un monde gitan dont les codes servent à en renouveler ceux des genres cinématographiques. Parcours d’un cinéaste aussi vrai que ses films… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 18 septembre 2014

L’homme qui murmurait à l’oreille des gitans

«Je n’ai aucune envie de devenir le monsieur gitans du cinéma français» dit Jean-Charles Hue de son débit rapide, nerveux, ponctué de «tu vois c’que j’veux dire» qui ne sont pas que des tics d’expression. Pourtant, en deux films, La BM du Seigneur et Mange tes morts, où il plonge sa caméra dans la communauté yéniche des gens du voyage, il a fait de ces gitans les héros les plus imprévisibles d’un cinéma français qui ne cherche rien tant qu’à sortir de son pré carré. Et il y réussit en en faisant des personnages à la Cimino ou à la John Ford, cinéastes admirés qui ont fait de la «communauté» le thème central de leur œuvre. Cela fait quinze ans que Jean-Charles Hue travaille avec eux, d’abord à travers une série de courts-métrages, puis avec ces deux longs percutants où la frontière entre la réalité et la fiction s’estompe au profit d’un geste beaucoup plus ample et, on y reviendra, mythologique. «Une assiette sur la table, ça voulait dire "je t’aime"» Quand on l’écoute parler, et même s’il aime à le rappeler régulièrement, on ne se douterait pas que Jean-Charles Hue est d’abord passé

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Vent de jeunesse sur la rentrée cinéma

ECRANS | Moins flamboyante que l’an dernier, la rentrée cinéma 2014 demandera aux spectateurs de sortir des sentiers battus pour aller découvrir des films audacieux et une nouvelle génération de cinéastes prometteurs. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 3 septembre 2014

Vent de jeunesse sur la rentrée cinéma

Si l’extraordinaire Leviathan ne lui avait ravi in extremis la place de chouchou de la rentrée cinéma, nul doute qu’elle aurait échu à Céline Sciamma et son très stimulant Bande de filles (sortie le 22 octobre). Troisième film de la réalisatrice déjà remarquée pour son beau Tomboy, il suit le parcours de Meriem, adolescente black banlieusarde qui refuse la fatalité d’une scolarité plombée et se lie d’amitié avec une «bande de filles» pour faire les quatre cents coups, et en donner quelques-uns au passage afin d’affirmer sa virilité dans un monde où, quel que soit son sexe, la loi du plus fort s’impose à tous. Cette éducation par la rue et le combat n’est pas sans rappeler les deux derniers films de Jacques Audiard ; Un prophète en particulier, puisque Sciamma cherche elle aussi à filmer l’éclosion dans un même mouvement d’une héroïne et d’une actrice — formidable Karidja Touré. S’il y a bien une comédienne qui est en train d’exploser sur les écrans, c’est d’évidence Shailene Woodley. Star de la saga teen

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Cannes 2014, jour 7. Du côté de la Quinzaine…

ECRANS | Catch me daddy de Daniel Wolfe. These final hours de Zack Hilditch. Queen and country de John Boorman. Mange tes morts de Jean-Charles Hue.

Christophe Chabert | Mercredi 21 mai 2014

Cannes 2014, jour 7. Du côté de la Quinzaine…

Comme prévu, la présentation de Deux jours, une nuit des frères Dardenne a électrisé la Croisette et beaucoup séchaient encore leurs larmes dix minutes après la fin de la projection du matin — on n’ose imaginer ce qui va se passer ce soir. Ayant été particulièrement indiscipliné pour suivre la compétition cette année, on ne se hasardera à aucun pronostic concernant le palmarès final ; mais bon, si les Dardenne repartent avec une troisième palme, établissant ainsi un record en la matière, on ne criera pas au scandale.   Comme on avait vu le film il y a déjà quelques temps, cela nous a laissé le loisir d’aller voir un peu de quel bois se chauffait la Quinzaine des réalisateurs, sachant qu’on y avait déjà vu deux de nos films préférés du festival — Bande de filles et Les Combattants. Depuis qu’Edouard Waintrop en a pris les rênes, cette sélection traditionnellement dévolue à l’avenir du cinéma et à ses nouvelles formes est devenue un creuset aussi inégal que réjouissant où l’on trouve à la fois du cinéma d’auteur pur et dur, des cinéastes à la gloire fanée, des comédies qui font le buzz et du pur cinéma de genre fait par de jeunes talents

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