Astérix – Le Domaine des Dieux

ECRANS | Vivifiée par la verve et la rigueur de l’écriture d’Alexandre Astier et par un beau travail graphique de Louis Clichy, cette version animée des aventures d’Astérix et Obélix fait oublier les faux-pas des récentes adaptations live. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

C'est presque un effet de signature : discutant avec des sénateurs, Jules César se lance dans des métaphores animalières qu'aucun d'entre eux ne parvient à suivre. Les amateurs de Kaamelott apprécieront de retrouver dès la première séquence le goût d'Alexandre Astier pour les malentendus et les problèmes de communication qui ont fait sa marque. Le légionnaire à qui il prête sa voix doit d'ailleurs faire face à des frondes diverses où ses ordres sont constamment remis en question par la masse qui lui fait face, que ce soit ses propres troupes ou les esclaves et leur chef, très doué pour la rhétorique — géniale inversion des clichés.

L'apport d'Astier — dont la quasi-acronymie avec le héros est troublante — à cette adaptation animée dont il est à la fois le scénariste et le co-réalisateur ne s'en tient pas là ; on sent chez lui un réel amour pour l'univers des irréductibles Gaulois, un plaisir enfantin à rester fidèle à l'esprit d'Uderzo et Goscinny. Cela suffit à faire la différence avec les deux derniers volets live qui couraient après un modèle de blockbuster hexagonal voué à la laideur et à la surenchère. Le Domaine des Dieux, modestement, cherche à rendre justice au goût de la caractérisation, du récit et du clin d'œil contemporain qui constitue l'âme des aventures d'Astérix.

Classe Tourix

Bonne surprise aussi : l'animation de Louis Clichy ne cherche pas à copier l'hystérie lassante des studios américains. Le film a du rythme, mais celui-ci ne réside pas dans une avalanche de plans et des loopings visuels impossibles, plutôt dans l'enchaînement soutenu des séquences et leur pleine lisibilité graphique.

Surtout, Le Domaine des Dieux se plaît à mettre en scène non pas un conflit militaire, mais économique entre Rome, qui se lance dans une vaste entreprise architecturale et touristique, et le village gaulois dont les habitants sont tentés par les possibilités commerciales offertes par ce nouveau voisinage aisé. Les mécanismes de l'inflation, de la consommation et de la gentrification sont joliment démontés tout au long de ce divertissement plaisant — ne reste plus qu'aux parents à expliquer à leurs bambins ce réjouissant sous-texte politique, on ne peut plus d'actualité.

Astérix – Le Domaine des Dieux
De Louis Clichy et Alexandre Astier (Fr-Belg, 1h25) animation


Astérix - Le Domaine des Dieux

De Louis Clichy (Fr-Belg, 1h22) animation

De Louis Clichy (Fr-Belg, 1h22) animation

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Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur. Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de tactique...


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“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : Le Retour du Roi

ECRANS | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : Le Retour du Roi

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusi

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Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Kaamelott - Premier Volet | Attention spoilers !!!! Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de Kaamelott - Premier Volet. Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Quitte à se répéter : attention, spoilers !!! Viendrez pas nous dire qu’on vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « je pars ; non, je déconne, en fait je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À p

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Transmission réussie : "Astérix - Le Secret de la Potion Magique"

Animation | Un film de Louis Clichy & Alexandre Astier (Fr, 1h25) avec les voix de Christian Clavier, Guillaume Briat, Alex Lutz…

Vincent Raymond | Mercredi 5 décembre 2018

Transmission réussie :

L’accident idiot : une branche qui rompt fait choir le druide Panoramix. Lequel y voit un signe des Dieux : penser à sa postérité et transmettre le secret de sa potion magique. Il part alors en quête d’un jeune successeur. Las ! Un confrère jaloux, le fourbe Sulfurix, a des vues sur la recette… Tombé dans la potion magique des mages Uderzo et Goscinny dès son plus jeune âge, Alexandre Astier en a gardé quelques séquelles — d’aucuns diraient même que les effets en sont permanents sur lui. Aussi n’avait-il eu guère de peine à enfiler les braies de ses aînés pour signer l’adaptation du Domaine des Dieux, où déjà affleuraient quelques velléités d’émancipation : tout en respectant le principe d’une histoire “astérixienne“, la langue et les attitudes évoluaient vers “l’astierisquien”. Entièrement original dans l’écriture, ce nouvel épisode inscrit la transgression dans son cahier des charges. Oh, il s’a

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Alexandre Astier : « Nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Astérix - Le Secret de la Potion Magique | Alexandre Astier revient sur la recette de ce nouvel opus animé de la série Astérix, dont il partage la réalisation avec Louis Clichy. Où il sera question de Uderzo, de "L’Île aux enfants", de "Goldorak", de Marvel, de manga et d’une note de "Kaamelott"…Entretien exclusif.

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Alexandre Astier : « Nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Avec cette histoire originale, vous vous êtes retrouvé en situation d’apprenti devant obtenir la bénédiction du vénérable druide Uderzo. Au-delà de la mise en abyme, comment s’est déroulée cette transmission ? AA : La première fois que je lui ai présenté le pitch, il m’a dit qu’il ne pouvait pas rester un sujet fondamental qui n’aurait pas été traité en album — et ça se voyait que c’était sincère. J’avais peur du vieillissement parce que Astérix est un monde fixe : sans futur ni passé, ni vieillesse, ni mort, ni nouveau cheveux blancs, ni enfants pour remplacer les adultes. À chaque aventure, les personnages sont jetés dans une situation, s’en sortent et tout revient à la normale. Je crois qu’il a été touché par l’histoire. Est-ce qu’il l’a rapportée à lui ? Je n’en ai pas l’impression — je ne lui ai pas demandé. Mais je crois qui a voulu voir ce que ça allait donner, cette difficulté de trouver un successeur et le risque que cela comportait. En plus, Uderzo est très amoureux et très impressionné par les images numérique. Il ne s’est jamais caché de vouloir faire Disney en France —

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Astier : Back to Bach

SCENES | Entretien avec Alexandre Astier, à l’occasion de son nouveau spectacle, "Que ma joie demeure !", présenté à l’Opéra Théâtre de Saint-Étienne le 31 décembre. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 28 novembre 2012

Astier : Back to Bach

Cela fait plus de dix ans que nous avons entamé un long et fructueux dialogue journalistique puis artistique avec Alexandre Astier. Précisément à la création du Jour du Froment en 2002 au Théâtre de la Croix-Rousse de Lyon, suivi par l’odyssée triomphale de sa série Kaamelott et enfin le long parcours du combattant de son premier long-métrage, David et Madame Hansen. Aujourd’hui, il revient sur les planches avec Que ma joie demeure !, un solo où il s’est distribué le rôle de Jean-Sébastien Bach, donnant une leçon au cours d’une journée portes ouvertes tout en réparant un orgue et en pleurant la mort d’un de ses enfants. Un spectacle magistral, virtuose, sincère, drôle et émouvant, celui d’un auteur et d’un comédien à la liberté retrouvée. Que ma joie demeure marque ton retour au théâtre, dix ans après Le Jour du froment. Est-ce que ta vision a changé du fait d’être passé par la télévision et le cinéma ?Alexandre Astier : Oui, car quand j’ai fait Que ma joie demeure !, j’avais conscience d’avoir d’autres terrains de jeu et de pouvoir bénéficier de leur spécificité : un s

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