Cinéma : les écrans montent d'un cran

ECRANS | En quatre mois, le parc des cinémas stéphanois aura été bouleversé du tout au tout, ou presque. De l’ouverture du Camion rouge à la reprise du France devenu Méliès Saint-François, en passant par celle du Gaumont transformé en Alhambra, gros plan sur les enjeux de ce grand chambardement. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 décembre 2014

Tout s'est passé à la vitesse de la lumière projetée sur un écran. Façon Blitzkrieg, en l'espace de quelques mois, le parc cinématographique stéphanois aura donc été bouleversé quasiment de fond en comble. Début 2014, la perspective de l'ouverture du Camion rouge sur le site rénové de la caserne Chavanelle était la seule grande nouveauté à l'horizon. Mais en septembre, Le France a été racheté par Paul-Marie Claret, propriétaire du Méliès, et rebaptisé Méliès Saint-François. Dans la foulée, la direction du Gaumont annonçait que le groupe ne souhaitait plus continuer l'exploitation à Saint-Étienne. Sylvie Duparc, déjà gérante du Royal, dont la fermeture est annoncée pour début janvier, et du futur Camion rouge, a décidé de reprendre le cinéma, lui rendant son nom historique, L'Alhambra. D'où question : en quoi cette nouvelle répartition des forces va-t-elle affecter l'offre cinématographique locale ?

Un camion rouge pour éteindre l'incendie ?

Sylvie Duparc n'est pas une inconnue dans le monde de l'exploitation cinématographique, française comme stéphanoise… Son père possédait depuis les années 70 deux salles à Dijon et, en 1981, la famille débarque à Saint-Étienne pour racheter Le Royal, avant de le rénover en 1984. Cinq ans plus tard, elle fait l'acquisition de l'Eden, lâché par UGC, qu'elle fermera «pour raisons de sécurité» en 2000, au moment de l'ouverture du… Gaumont ! Ensuite, elle se consacre à l'ouverture d'un multiplexe dans le centre de Dijon, disant préférer «les cinémas en centre-ville plutôt qu'en périphérie». Elle attend ainsi son heure pour faire de même à Saint-Étienne et c'est lors de sa visite, en décembre 2012, de la caserne Chavanelle, qu'elle dit «avoir eu le coup de foudre pour le bâtiment, avec son architecture si particulière». Elle monte un groupe d'investisseurs et soumet son projet, qui est accepté par les diverses commissions d'attribution. Après de longs travaux, le cinéma, constitué de 10 salles et 1600 fauteuils, est prêt à ouvrir fin décembre — si, toutefois, les caprices météorologiques ne repoussent pas son inauguration d'une quinzaine de jours… Dans la foulée, Le Royal fermera ses portes, une partie de son matériel de projection transférée au Camion Rouge. Quant au cas de l'Alhambra, Sylvie Duparc explique que sa relation «historique» avec le groupe Gaumont-Pathé, qui programme l'ensemble des salles dont elle a la gérance, lui a donné la priorité pour la reprise du lieu. Elle se retrouve donc à la tête d'un parc de vingt écrans, donc dans une position dominante concernant l'exploitation à Saint-Étienne.

Deux Méliès pour le prix d'un

Au Méliès, les choses se sont là aussi faites rapidement, durant la "trêve" estivale. Le France et ses deux écrans, que Le Méliès programmait depuis plusieurs années via Sylvain Pichon, étaient à vendre, et Paul-Marie Claret a proposé un projet de rachat. Dès septembre, le cinéma changeait d'enseigne et devenait Méliès Saint-François, permettant enfin la synergie complète entre les deux sites : un seul abonnement pour les six salles, une programmation qui joue la complémentarité, des événements partagés… Surtout, l'idée est de profiter de la grande salle du Méliès Saint-François pour proposer des films qui, jusqu'ici, étaient un peu à l'étroit dans les salles de Jean Jaurès — comme Interstellar, en VO uniquement à Saint-François. Les premiers résultats sont encourageants, les entrées ayant considérablement augmenté depuis la réouverture — environ 30% de spectateurs en plus. Lors de l'inauguration officielle du lieu, Sylvain Pichon et Paul-Marie Claret ont toutefois souligné que leur ambition ne tenait pas seulement à des questions de programmation, mais aussi à une nouvelle expérience de la salle de cinéma, plus conviviale et plus ouverte, dans un rapport de proximité avec le public, pour décloisonner l'image d'un cinéma art et essai dont les jeunes spectateurs ont tendance à s'éloigner.

Le public, grand gagnant du loto ?

Les conséquences de ce grand remue-ménage sont diverses, et devront être analysées sur la longueur, lorsque chaque site aura trouvé sa vitesse de croisière. On peut déjà en pointer une, manifeste : le cinéma à Saint-Étienne sera globalement moins cher pour les spectateurs. Sylvie Duparc à l'Alhambra a ramené le plein tarif de 10, 90€ à 9, 20€ — tarif qu'elle appliquera aussi au Camion rouge. Et si Le Pass Gaumont Pathé ne sera pas renouvelé après le 31 décembre, de nouveaux abonnements seront valables sur les deux sites, ramenant là encore le ticket à une somme raisonnable. Il en est de même pour le(s) Méliès, puisque désormais les spectateurs peuvent passer d'un cinéma à l'autre sans avoir besoin de prendre un abonnement de chaque côté. Les séances du matin à l'Alhambra et au Camion Rouge, les mercredi, samedi et dimanche et durant les vacances scolaires, seront là aussi proposées à des prix réduits, tout comme les avant-premières, que le directeur des deux lieux annonce «régulières». Pour l'instant, on ne sent pas d'hostilités d'un côté ou de l'autre, plutôt un «wait and see» prudent, tant le vrai point de divergence se jouera semaine après semaine sur des questions de programmation. Lors de sa conférence de presse, Sylvie Duparc a insisté sur l'envie de travailler en bonne intelligence avec Le Méliès, chacun restant dans son pré carré, cinéma commercial et grand public côté Camion Rouge / Alhambra, cinéma art et essai côté Méliès. Sauf que les choses ne sont pas aussi simples que cela, et que l'exploitation cinématographique est devenue une source inépuisable de conflits larvés ou ouverts dans ce que le milieu appelle "l'accès aux copies".

Les incertitudes de la programmation

Sylvie Duparc définit ainsi la politique de programmation du Camion Rouge : «une programmation plus jeune, de style multiplexe, avec peu de films français, de la VF, pas de films d'auteur.» L'Alhambra, du coup, resterait sur un créneau proche de celui de l'ancien Gaumont, avec des films ayant droit à une ou deux séances en VO par semaine, du cinéma français populaire façon Gemma Bovery et du hors écran, c'est-à-dire les retransmissions d'opéras, de ballets, de concerts ou d'événements spéciaux. C'est là où le bât risque de blesser, car Le Méliès, comme on l'a dit plus haut, n'a pas envie de s'en tenir à une programmation art et essai dogmatique et figée. L'an dernier, Sylvain Pichon avait dû batailler pour obtenir une sortie VO de Pacific Rim auprès de son distributeur, et avait fait grincer quelques dents dans le milieu en déclarant au Film français que, pour lui, le film de Guillermo Del Toro était plus un film d'auteur que Chez nous, c'est trois de Claude Duty. Si personne ne disputera au Méliès des films très pointus comme, récemment, ceux de Godard ou de Cavalier, les choses seront sans doute plus tendues lorsqu'il s'agira de sortir en première semaine certains films français d'auteur "grand public". On peut aussi prendre un cas comme celui de Mommy de Xavier Dolan, qui a connu une exposition plutôt exceptionnelle pour un film en VO, de plus signé par un jeune cinéaste qui, jusqu'ici, n'avait guère franchi les portes des multiplexes ! Et qu'en sera-t-il des films n'ayant pas droit à une VF, comme ce fut le cas cette année de Her et surtout de Grand budapest hotel, plus gros succès de l'art et essai en 2014 ?

Sortir les films, mais comment ?

Il faut espérer que la coexistence pacifique souhaitée par tout le monde ait bien lieu, tant un conflit risquerait d'affaiblir chaque partie… De toute façon, la question qui se pose à tous reste celui de l'accompagnement des films mais aussi du public : comment faire du cinéma un espace de vie, et pas seulement un lieu de passage ? Comment fidéliser le spectateur pour lui donner envie de revenir ? Et comment l'inviter à la curiosité, à la prise de risque ? Question partagée par les multiplexes comme par les salles art et essai, même si les réponses sont parfois diamétralement opposées : la qualité de l'accueil et les à-côtés sont fondamentaux pour faire vivre les lieux, que ce soit le café du Méliès Jean Jaurès, avec ses nombreuses soirées Dj, ses expos, ses skype avec des réalisateurs un peu partout dans le monde, ou l'activité commerciale qui devrait entourer le futur Camion Rouge de la place Chavanelle. Mais la communication reste une des clés de cette fidélisation : la Gazette des Méliès, tirée à 30 000 exemplaires chaque mois, et dans laquelle les films et les événements du cinéma sont présentés aux spectateurs, reste un vecteur solide et unique, même si cela pousse à prendre quelques risques sur une programmation mensuelle, moins flexible que la programmation hebdomadaire des multiplexes.

Les liens tissés avec les associations en sont une autre : les soirées pop-corn du Méliès avec Mes Couilles Dans Ton Slip, l'accueil des festivals comme Face à Face ou Curieux voyageurs, mais aussi la volonté de l'Alhambra d'organiser des soirées spéciales avec des associations étudiantes… Aujourd'hui, comme ce fut assez bien souligné lors de l'inauguration du Méliès Saint-François, un cinéma est un «écosystème» qui doit prendre en compte son implantation dans un quartier et la spécificité de ses habitants, se mettre en relation avec les autres acteurs culturels stéphanois pour développer des projets communs et être réactif aux changements qui ne manqueront pas de se dérouler dans les années à venir, pour le cinéma comme pour ceux qui y vont. Dans le fond, cette grande révolution des écrans en annonce peut-être d'autres, plus profondes encore…

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Debout les cinéphiles !

Prem's ! | Le Méliès célèbre dignement la réouverture des salles le 19 mai avec une programmation alléchante et des séances événementielles dès… 6h du matin. Parce que le grand écran n’attend pas.

Vincent Raymond | Lundi 10 mai 2021

Debout les cinéphiles !

En vérité, on n’en attendait pas moins de ses équipes : un coup d’éclat et de fouet pour faire repartir en beauté la lumineuse vie des salles obscures. En proposant dès 6h du matin un petit-déjeuner agrémenté de deux avant-premières le mercredi 19 mai, le Méliès crée l’événement dans l’événement de la réouverture. D’abord, la projection du nouveau Céline Sciamma, Petite maman (sur les écrans le 2 juin) et puis Si le vent tombe de Nora Martirosyan, à la fois dans la sélection officielle de Cannes et celle de l’ACID l’an dernier. Ces deux films avalés, vous pourrez enchaîner avec les séances de 10h. Et il y a du choix parmi les nouveautés : l’excellent et donc attendu Mandibules de Quentin Dupieux, Slalom de Charlène Favier, Falling de Viggo Mortensen ainsi que L’Étreinte de Ludovic Bergery. Également au programme de cette reprise, des reprises (justement) de films ayant prématurément quitté l’affiche : Adieu les cons auréolé de ses César

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Projection privée au Méliès pour la Saint Valentin !

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Vincent Raymond | Vendredi 22 janvier 2021

Projection privée au Méliès pour la Saint Valentin !

On attribue beaucoup de choses à Jean-Luc Godard. Notamment des aphorismes. Et en particulier celui prétendant qu’il est « impossible de sortir avec une fille qui ne partage pas vos goûts cinématographiques » — phrase qui, si elle n’est pas apocryphe doit évidemment se remettre dans le contexte de l’époque, soit dit aux furieux·ses de la cancelled culture. Derrière la boutade, il faut surtout comprendre que l’amour inconditionnel d'un couple de spectateurs-cinéphiles ne peut être altéré par des divergences d’appréciation : au cinéma, les deux tourtereaux demeurent fusionnels et regardent dans la même direction le spectacle du grand écran, savourant de concert la magie de la projection en salle quand le film leur plaît — quand il leur déplaît, alors ils se roulent des pelles et l'affaire est réglée. Tout cela pour dire que la relation d’amour avec l’écran, c’est du sérieux ! Ce lien indéfectible — voire passionnel — entre le public et la salle, Les Méliès proposent à ses spectateurs de le raconter en fouillant leur mémoire à travers l’opération Se souvenir des belles choses. Qu’il s’agisse d’une séa

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Le Méliès Jean-Jaurès va changer de façade

Ciné | Après avoir subi d'importants travaux pendant l'été 2019, avec notamment un accueil et des salles refaits à neuf dans un style art déco, le cinéma Le Méliès (...)

Nicolas Bros | Lundi 14 décembre 2020

Le Méliès Jean-Jaurès va changer de façade

Après avoir subi d'importants travaux pendant l'été 2019, avec notamment un accueil et des salles refaits à neuf dans un style art déco, le cinéma Le Méliès Jean-Jaurès va se parer d'une nouvelle devanture. « Après l'aval des Bâtiments de France, nous allons pouvoir finir les travaux entamés à l'été 2019 et procéder à la rénovation de la façade du Méliès Jean Jaurès », explique Paul-Marie Claret, dirigeant du cinéma. Une petite victoire dans cette période très compliquée pour l'activité cinématographique française...

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Moteur !

Événement | A la toute fin du siècle passé (oui, le vingtième !), un collectif de jeunes cinéastes montréalais lançait le Kino : « mouvement (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 septembre 2020

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A la toute fin du siècle passé (oui, le vingtième !), un collectif de jeunes cinéastes montréalais lançait le Kino : « mouvement cinématographique international consistant à réaliser des films sans budget dans un esprit d’entraide, non-compétitif, de liberté et de bienveillance. » Dans le sillon de son grand frère, la seconde édition stéphanoise du Kino 3000 se tiendra du 5 au 12 septembre dans les locaux d'Ursa Minor, au cœur du site Mosser. Après une fastidieuse préparation menée en amont, Julia Angelou et Mat Santa Cruz pourront compter sur l’équipe bénévole de ce lieu associatif, alernatif et protéiforme qui accueille la manifestation. Acteurs, réalisateurs, scénaristes, techniciens et monteurs, la quarantaine de participants est majoritairement composée de Stéphanois, que rejoignent toutefois quelques Altiligériens, Lyonnais et Parisiens. Chacun apporte son matériel, pour son utilisation personnelle ou pour une mise en commun dans un esprit système D de partage autogéré. Après l’annonce du thème imposé qu’auront préalablement choisi la réalisatrice Raphaëlle Bruyas et Sylvain Pichon (cinémas Le Méliès), les équipes se constitueront spontanément pour planch

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Et après ?

Témoignages | Nous avons demandé à quelques responsables de lieux culturels où ils en étaient et comment ils envisageaient la suite des événements... Propos recueillis par Cerise Rochet et Nicolas Bros

La rédaction | Mardi 9 juin 2020

Et après ?

Flou complet au Zénith « Très honnêtement, nous n'avons pas une grosse visibilité sur l'automne » Sylvie Liogier, directrice du Zénith Saint-Étienne ne cache pas ses inquiétudes... « Nous sommes fermés jusqu'à fin août, avec des reports de spectacles sur la fin de l'année et sur 2021. Si on peut jouer dans des conditions "normales", c'est-à-dire avec du gel hydroalcoolique, un choix laissé aux spectateurs de porter ou non le masque et sans distanciation, ça reprendra normalement. Si la règle des 4 m² est encore là, ce n'est pas jouable ! Si nous ne pouvons faire rentrer que 1 500 personnes au Zénith, ce n'est pas rentable et pas confortable pour le public qui, lui, vient pour se détendre. » Pour la plus grande salle du département, l'impact économique est très important. « C'est catastrophique. Si on ne pouvait pas jouer jusqu'à janvier 2021, ce serait un impact de plus d'un million d'euros... confie la dirigeante. Je ne connais pas de société qui peuvent tenir avec deux mois de recettes et 10 mois sans recette. On sait qu'il y a des périodes plus calmes que d'autres mais là, ce n'est pas tenable ni pour nous, ni pour l

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Le Méliès en permanence

Ciné | Le Méliès poursuit ses propositions de ciné, sans ciné, puisqu'il ne peut toujours pas rouvrir les portes de ses salles obscures au public. Après (...)

Nicolas Bros | Vendredi 15 mai 2020

Le Méliès en permanence

Le Méliès poursuit ses propositions de ciné, sans ciné, puisqu'il ne peut toujours pas rouvrir les portes de ses salles obscures au public. Après les Méliès Battles, l'émission de radio chaque mercredi sur Radio Dio, c'est au tour des permanences du samedi de se bousculer. Chaque samedi de 10h30 à 18h00, l'équipe du ciné stéphanois vous attend dans le hall de son établissement de la place Jean-Jaurès pour échanger, découvrir la « plus petite salle de cinéma du monde » ou encore acheter des "Tickets suspendus" (des places de ciné que vous offrez aux publics empêchés). Pour plus d'infos sur cette opération, rendez-vous sur cette page.

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Le Méliès dans ton poste de radio

Ciné On Air | L'équipe du Méliès continue de s'activer pendant cette période sans salles obscures. Après L'Épicerie Films et le groupe Méliès Battle sur Facebook, le cinéma (...)

Nicolas Bros | Mercredi 6 mai 2020

Le Méliès dans ton poste de radio

L'équipe du Méliès continue de s'activer pendant cette période sans salles obscures. Après L'Épicerie Films et le groupe Méliès Battle sur Facebook, le cinéma stéphanois propose désormais une émission de radio chez nos confrères de Radio DIO. Ca s'appelle Radio Silencio, ça se passe tous les mercredis à partir de 11h sur le 89.5FM et on y découvre plein de B.O. de films proposées à chaque fois par deux membres de l'équipe du ciné. Si vous avez manqué le premier épisode d'aujourd'hui, pas de panique, il est dispo en replay juste là :

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Une brasserie au Méliès

Resto | Le Méliès Jean Jaurès, célèbre cinéma indépendant du centre-ville stéphanois, s'est refait une beauté cet été, avec des salles et des espaces d'accueil rénovés dans un (...)

Nicolas Bros | Mardi 26 novembre 2019

Une brasserie au Méliès

Le Méliès Jean Jaurès, célèbre cinéma indépendant du centre-ville stéphanois, s'est refait une beauté cet été, avec des salles et des espaces d'accueil rénovés dans un style art déco très tendance. Après ces travaux conséquents, c'était au tour de l'ex-Nouai Borfa d'être repris par l'équipe du Méliès Café pour devenir le Méliès Brasserie. Une belle opportunité pour Grégoire Claret et son équipe afin de proposer un nouvel espace restauration. « Il y a une cohérence architecturale art déco avec le cinéma puisque ce sont Clémence Boyer et Philippine Lemaire, déjà intervenues pour la rénovation des salles et du hall d'accueil, qui ont dessiné les traits de la brasserie, explique Grégoire Claret, dirigeant de la brasserie et du Méliès Café. Nous avons prévu 102 couverts assis et environ 25 places sur des mange-debout, ainsi qu'un espace cave à vins. » C'est dans un cadré épuré, classieux et cosy que l'on pénètre. Une cuisine fraîche et maison à partir de bons produits Côté carte, tout est fait maison, à base de produits régionaux. Le menu ne p

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Ça bouge encore au Méliès

Brasserie | Après avoir connu des travaux de rénovation importants pendant l'été, le cinéma Le Méliès Jean Jaurès voit encore une évolution, cette fois-ci avec l'ouverture en novembre d'une brasserie reliée au Méliès Café.

Nicolas Bros | Mardi 3 septembre 2019

Ça bouge encore au Méliès

Le cinéma Le Méliès Jean Jaurès a connu cet été des travaux conséquents afin que l'établissement renoue avec l'âme Art Déco du bâtiment qui l'héberge. Ce sont notamment 450 nouveaux fauteuils qui ont été installés dont une vingtaine de "love seat", la pose de 1 200 m² de moquetteet 2 000 m² de surface repeinte. Cette évolution constitue un nouveau souffle pour le cinéma de la place Jean Jaurès. Mais les nouveautés ne s'arrêtent pas là pour autant. En juillet, le gérant du Méliès Café, Grégoire Claret, a annoncé la reprise des locaux du Nouai Borfa, jouxtant le cinéma et le café. « Nous allons transformer l'ancien restaurant en brasserie qui ouvrira début novembre avec une centaine de couverts, explique le dirigeant. Nous proposons 6 à 7 plats maximum, pas une carte à rallonge. » Le Méliès Café sera conservé et restera un lieu de vie à part entière tandis que la brasserie viendra compléter l'offre. « L'objectif est de créer un lieu où le visiteur peut venir prendre un verre, se restaurer et voir un film. » Côté décoration, la brasserie s'habillera dans le même esprit insufflé dans le "nouveau" Méliès Jean Jaurès. « Il y aura une cohérence architect

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Une société qui danse

Festival danse & ciné | Le festival DesArts//DesCinés laisse cette année sa place à DAN.CIN.FEST. Un rassemblement qui met à l'honneur un genre cinématographique à part entière et qui a le vent en poupe : le film dansé sociétal. Explications.

Nicolas Bros | Mardi 4 juin 2019

Une société qui danse

Exit DesArts//DesCinés, bienvenue à DAN.CIN.LAB. L'association Stéla, après avoir été porteuse entre 2010 et 2018 du festival DesArts//DesCinés à propos des relations entre danse et cinéma, a décidé de réorienter légèrement son action. Depuis la rentrée 2018, c'est une nouvelle plateforme qui permet à l'association de structurer son action autour de différents pôles de travail de projets mêlant danse et image. Ainsi, ce sont quatre activités qui se retrouvent engagées dans ce nouveau projet : DAN.CIN.FILMS pour la production de projets de danse pour l’écran, DAN.CIN.PASS. pour l’accompagnement d’équipes chorégraphiques professionnelles en France et à l’étranger, DAN.CIN.PROD. pour la conception et la production d’événements et DAN.CIN.FEST qui remplace le précédent festival. « L'idée était de regrouper les différentes activités de Stéla autour d'une structure porteuse, avec une concentration sur le film dansé sociétal qui est un genre cinématographique à part, explique Anna Alexandre, directrice de la structure. Il est important de distinguer la vidéodanse qui correspond à de la danse pour l'écran comme les vidéoclips, du film dansé sociétal qui utilise la danse po

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Le Méliès Jean Jaurès s'offre un lifting

Lieu de culture(s) | Le cinéma Méliès Jean Jaurès va connaître une rénovation importante au cours de l'été avec à la clé davantage de confort pour ses spectateurs et une décoration en accord avec le côté Art Déco originel du bâtiment. Le cinéma devra fermer deux semaines fin juillet pour que les travaux s'effectuent.

Nicolas Bros | Jeudi 2 mai 2019

Le Méliès Jean Jaurès s'offre un lifting

« Douillet et sobre » voilà les maîtres mots de Paul-Marie Claret, directeur du cinéma Le Méliès Jean Jaurès, pour caractériser le vaste programme de rénovation que va connaître son établissement à partir de cet été. Après avoir investi entre 2012 et 2018 sur le passage au numérique et d'autres travaux moins visibles pour le grand public, le cinéma indépendant stéphanois va connaître une cure de jouvence. « Nous souhaitons créer un cocon, que le spectateur du moment où il passe la porte de notre établissement se retrouve dans une "bulle cinéma", qu'il laisse ses soucis à l'entrée et entreprenne un voyage "en cinéma" » explique Paul-Marie Claret. Avec le concours de Clémence Boyer, architecte, Philippine Lemaire, designer et Jordi Badiou, pour la partie technique, c'est un programme complet de rénovation qui va démarrer dès début juillet : reprise complète des salles (avec notamment 450 nouveaux fauteuils installés dont une vingtaine de "love seat" ou siège double sans accoudoir), des halls d'attente, des sorties, des sanitaires, mise en conformité avec les dernières normes d'accessibilité, remplacement du système de sécurité incendie... C'est une enveloppe comp

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Le Grand Bain enfin au Méliès

Cinéma | Après avoir montré leur mécontentement face au traitement que leur a réservé le distributeur du film de Gilles Lellouche, Le Grand Bain, l'équipe du Méliès (...)

Nicolas Bros | Mercredi 14 novembre 2018

Le Grand Bain enfin au Méliès

Après avoir montré leur mécontentement face au traitement que leur a réservé le distributeur du film de Gilles Lellouche, Le Grand Bain, l'équipe du Méliès Saint-Étienne peut enfin projeter cette œuvre. Bien décidée à alerter le public sur les conditions de distribution des films pour les cinémas indépendants, l'équipe avait posé en maillot de bain dans le hall du Méliès Jean Jaurès et envoyé un communiqué de presse le 8 novembre, expliquant « que les grands sont souvent privilégiés aux plus petits [...] tant l'accès aux films restent encore une véritable bataille qui est loin d'être gagnée par les salles indépendantes classées Art et Essai comme Le Méliès. »

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Très amicale

Du cinéma au quartier | Présenté comme un « aller-retour cinéphile autour de l’œuvre d’un réalisateur entre les quartiers stéphanois et le Méliès », le projet Amicalement Vôtre correspond à la (...)

Nicolas Bros | Mardi 2 octobre 2018

Très amicale

Présenté comme un « aller-retour cinéphile autour de l’œuvre d’un réalisateur entre les quartiers stéphanois et le Méliès », le projet Amicalement Vôtre correspond à la dernière innovation du cinéma stéphanois de Paul-Marie Claret. L'idée de l'établissement stéphanois est de rapprocher « physiquement et symboliquement » les quartiers du centre-ville en s'invitant avec un réalisateur dans les amicales laïques pour une séance ciné-débat en entrée libre. Le "match retour" est organisé au Méliès, avec un tout nouveau film en sortie nationale du réalisateur. Cette séance est proposée aux habitants du quartier qui sont, pour l'occasion transportés par une navette STAS spéciale. La prochaine session se déroule le vendredi 5 octobre avec le réalisateur Philippe Faucon autour de son nouveau film Amin. Signalons enfin que le cinéma vient d'obtenir une mention spéciale pour ce projet aux 73e Congrès de la Fédération nationale des cinémas français dans le cadre du Prix CNC de la salle innovante.

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Derrick May, plutôt deux fois qu'une !

Detroit Techno | La Biennale design internationale de Saint-Étienne 2017 est placée sous le signe de Détroit. La ville du Michigan est connue comme la Motor City, mais également en tant que cité très "musicale". Funk, soul mais aussi berceau de la techno. C'est ce que nous démontrera l'association Positive Education qui convie un des "papas" de la techno pour deux soirées d'exception.

Nicolas Bros | Vendredi 7 avril 2017

Derrick May, plutôt deux fois qu'une !

Tout d'abord un ciné-débat exceptionnel avec la projection du nouveau documentaire de Jacqueline Caux, Never Stop, une musique qui résiste au cinéma le Méliès Jean Jaurès (en partenariat avec Avataria) vendredi 7 avril. Après The Cycles of The Mental Machine en 2006, la réalisatrice parisienne revient avec ce nouveau film traitant de Détroit et de sa puissance de résilience liée à son statut. Derrick May viendra parler de sa ville aux côtés de la cinéaste pour un débat qui s'annonce de grande classe. Le lendemain, samedi 8 avril, pour la soirée de clôture de la Biennale au Fil, Derrick May prendra les platines. Ponte de la techno aux côtés de Juan Atkins et Kevin Saunderson, il dirige le célèbre label Transmat et fut connu sous les pseudonymes de Rhythim Is Rhythim ou Mayday. Il est notamment à l'origine de la célèbre phrase : « Notre musique, c'est la rencontre dans un même ascenseur de George Clinton et de Kraftwerk. Elle est à l'image de Détroit : une totale erreur. » Il partagera l'affiche avec DJ Stingray (autre Dj de Détr

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Le Méliès Jean Jaurès a 10 ans

ECRANS | En août, le cinéma stéphanois a fêté ses dix ans de présence place Jean Jaurès. Relancé par Paul-Marie Claret et Sylvain Pichon, l'établissement se trouvait (...)

Nicolas Bros | Vendredi 2 septembre 2016

Le Méliès Jean Jaurès a 10 ans

En août, le cinéma stéphanois a fêté ses dix ans de présence place Jean Jaurès. Relancé par Paul-Marie Claret et Sylvain Pichon, l'établissement se trouvait auparavant rue Gambetta et avait été relancé par Alain Cramier en 1983. Depuis 2006, les salles obscures de Jean Jaurès ont accueilli plus de deux millions de spectateurs et vu la création d'un "petit frère" situé en lieu et place de l'ex-France, rue de la Valse : le Méliès Saint-François.

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Cinéma : Le Camion Rouge et l’Alhambra en mode phénix

ACTUS | Il y a parfois des coups de théâtre au cinéma : celui ménagé par Sylvie Massu est de nature à relancer la fréquentation de l’Alhambra et du Camion Rouge, où un nouveau directeur vient d’être nommé. Une nouvelle donne pour un deuxième souffle ?

Vincent Raymond | Vendredi 22 juillet 2016

Cinéma : Le Camion Rouge et l’Alhambra en mode phénix

Au printemps dernier, Sylvie Massu avait dressé devant la presse un état des lieux de son parc cinématographique stéphanois — l’Alhambra et le Camion Rouge —, procédant à quelques annonces : accords négociés avec les opérateurs de stationnement pour ses clients, création d’une carte de fidélité “Privilège” limitée à 1 000 détenteurs et offrant au bénéficiaire une place au tarif préférentiel de 6 euros ; ouverture pour la rentrée d’une salle de sport et d’un restaurant de part et d’autre du Camion Rouge… Cette cachotière avait omis une information de taille : la nomination Patrick Gabet au poste de directeur de réseau du groupe ABC (Alliance Bourguignonne Cinématographique), en charge des sites dijonnais et stéphanois du holding familial… mais basé à Saint-Étienne. C’est un professionnel aguerri qui fait ainsi son retour à la tête d’un ensemble de cinémas : il fut en effet directeur d’exploitation pour UGC à Lyon de 1996 à 2007, avant de se lancer avec succès dans le conseil et la communication, notamment aupr

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Cinéma : Opération reconquête pour Le Camion Rouge et l’Alhambra

ACTUS | Du passé, faisons table rase (ou presque)… Convoquant la presse pour annoncer un florilège de bonnes nouvelles, la directrice générale des deux complexes cinématographiques stéphanois n’a pas souhaité évoquer le bilan de la première année du Camion Rouge. Sauf, bien sûr, lorsqu’il lui permettait de valoriser son action en cours…

Vincent Raymond | Jeudi 14 avril 2016

Cinéma : Opération reconquête pour Le Camion Rouge et l’Alhambra

Connaissez-vous l’“effet Streisand” ? Les communicants redoutent comme la peste cette manœuvre contre-productive visant à tenter d’empêcher la propagation médiatique d’un fait au départ anodin, au moyen d’une diversion (voire d’une pression), laquelle ne fait que le diffuser à une plus large audience… Sylvie Massu n’aime peut-être pas Barbra Streisand. Visiblement échaudée par le traitement fait de l’actualité de ses salles, confrontées à une série de déconvenues depuis l’ouverture du Camion Rouge voilà un an, la patronne du groupe ABC a préféré jeter un voile pudique sur le bilan 2015, en se focalisant sur celui du premier trimestre 2016. Boosté par Star Wars, il est certes bon avec un cumul pour mars sur les deux salles de 73 847 entrées — rapporté à la référence de 48 947 pourtant établie en… 2015, jugez du paradoxe. Toutefois, ces chiffres du premier trimestre doivent être appréciés avec des pincettes, et comme des encouragements, car ils ne permettent pas encore d’établir une réelle tendance : mars 2016 est en progression, mais mars 2015 était en chute spectaculaire. Il faut donc attendre avant

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Marion Stalens : « Tous les artistes ont en eux une part de folie »

SCENES | Après avoir été marraine de la 5ème édition du festival DesArts//DesCinés, la réalisatrice Marion Stalens, sœur de Juliette Binoche, revient à Saint-Étienne afin de présenter deux de ses documentaires : "Les acteurs singuliers" et "L'actrice et le danseur". Ces films sont des œuvres marquantes de sa filmographie tournant principalement autour de la thématique de la relation à l'autre. Une question plus que jamais d'actualité... Propos recueillis par Nicolas Bros.

Nicolas Bros | Mercredi 3 février 2016

Marion Stalens : « Tous les artistes ont en eux une part de folie »

Vous allez présenté deux films lors de votre venue à Saint-Étienne : Les acteurs singuliers et L'actrice et le danseur. Concernant le premier, vous vous êtes rapprochés d'acteurs handicapés pour réaliser ce documentaire ? J'ai suivi pendant quelques mois une troupe de comédiens en situation de handicap psychique, c'est-à-dire des autistes, des schizophrènes, des gens ayant des pathologies de type trisomie... Ce sont tous des comédiens professionnels avec un réel talent, des artistes à part entière. Ce qui était passionnant, c'était de voir à quel point ils sont bons acteurs mais également, et surtout, de pouvoir capter leurs personnalités. Même si la maladie est présente, on peut sentir une parenté avec eux, puisque nous avons tous des failles même en étant « bien portants ». Nous avons tourné pendant six mois. Je les ai suivis dans le montage d'un spectacle d'après des poèmes d'Henri Michaud. Ils rendent la poésie accessible et vivante, une poésie qui nous bouleverse. Parallèlement, l'acteur et metteur en scène Olivier Brunhes les a fait parler à partir d'écrits que les comédiens ont eux-mêmes r

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Cinéma : L’Alhambra et Le Camion Rouge dans l’écarlate ?

ECRANS | Moins de public et bientôt moins de salariés… La situation ne cesse de se dégrader pour les deux salles stéphanoises gérées par Sylvie Duparc.

Vincent Raymond | Jeudi 21 janvier 2016

Cinéma : L’Alhambra et Le Camion Rouge dans l’écarlate ?

En novembre dernier, l’exploitante de cinéma Sylvie Duparc se voulait rassurante. Bien sûr, elle reconnaissait « ne pas être dans ses objectifs », mais faisait peser une partie des mauvais résultats du Camion Rouge sur des retards de travaux et la Ville (coupable selon elle, d’avoir refait le parvis pendant l’été) et ceux de l’Alhambra sur ses problèmes sociaux qui auraient « nui à son image ». Elle affirmait toutefois qu’octobre avait « effacé le passif ». Rétrospectivement, son enthousiasme ressemble à de la méthode Coué, car les navires amiraux de sa flotte stéphanoise tanguent de plus en plus. Le cumul des pertes est tel pour les deux derniers exercices (- 521 100 € en 2014) qu’il conduit leur société exploitante, ABC (Alliance Bourguignonne Cinématographique), à entreprendre des procédures de licenciements économiques — 4 salariés sur un effectif de 25. Avec 172 000 tickets vendus durant ses (presque) 11 premiers mois d’exploitation, Le Camion Rouge est en effet très loin des chiffre

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La force ne se réveillera pas partout

ECRANS | Le cinéma Le Méliès refait parler de lui cette semaine. On vous a déjà causé de l'opération "Cinéma suspendu" ici. Mais aujourd'hui, c'est une nouvelle un peu moins (...)

Nicolas Bros | Lundi 2 novembre 2015

La force ne se réveillera pas partout

Le cinéma Le Méliès refait parler de lui cette semaine. On vous a déjà causé de l'opération "Cinéma suspendu" ici. Mais aujourd'hui, c'est une nouvelle un peu moins positive qui est annoncée par les équipes des cinémas de Jean Jaurès et de Saint-François. En effet, l'établissement s'est vu refuser par les équipes de Disney, distributrice du prochain film Star Wars - Le Réveil de la Force, la diffusion de ce dernier. Selon le cinéma d'Art & Essai, « The Walt Disney Company France a décidé de boycotter les salles classées Art & Essai des grandes villes au profit des multiplexes ou salles de grand circuit (UGC, Pathé, Gaumont, etc…) De nombreuses salles classées Art & Essai aux quatre coins de France, souhaitent programmer le film et protestent contre cette exclusion incompréhensible. » Les équipes du cinéma ont également créé une pétition nationale pour faire entendre la voix de celles et ceux qui souhaitent voir la diffusion du dernier volet de Star Wars dans leur cinéma d'Art & Essai. Cette pétition est disponible

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Exploitation cinématographique à Saint-Étienne : où en est-on ?

ECRANS | Un an après notre dernier focus sur l’état des lieux du cinéma à Saint-Étienne, la situation a sensiblement évolué, hélas pas en faveur des opérateurs. Entre le désamour conjoncturel du public et un marché en reconfiguration perpétuelle, la fin du feuilleton n’est pas encore écrite… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 3 novembre 2015

Exploitation cinématographique à Saint-Étienne : où en est-on ?

Avec une fréquentation en baisse de 14% (1) par rapport à 2014 début octobre, c’est un peu la Bérézina pour l’exploitation cinématographique stéphanoise. Certes, le contexte est morose pour tout le monde, notamment du fait de l’absence de film porteur depuis la rentrée, et les salles attendent avec gourmandise les sorties phares que sont 007 Spectre ou Star Wars pour se refaire sinon le moral, du moins de la trésorerie avant la fin de l’année civile. Mais cette évolution négative est la plus importante parmi les trente premières agglomérations hexagonales — et, symboliquement, la seule à deux chiffres. Cela, malgré des écrans supplémentaires, puisque le volume du parc intra muros a augmenté grâce à l’ouverture du Camion rouge. Pin-pon ! Sylvie Duparc, à la tête de ce multiplexe flambant neuf de 10 salles, (mais aussi de l’Alhambra, ex-Gaumont, tous deux programmés par Pathé, ainsi que de salles dijonnaises), reconnaît qu’elle « n’est pas dans [ses] objectifs ». « 2015 n’est pas une vraie année : on a été un peu pénalisés pendant les 8 premiers mois, explique-t-elle. Notamment par de

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Indépendants, levez-vous !

ECRANS | Après le succès de 2014 (légèrement entaché par une grève de la SNCF), les rencontres du cinéma indépendant reviennent au Méliès pour une deuxième édition qui se déroulera en (...)

Christophe Chabert | Mardi 2 juin 2015

Indépendants, levez-vous !

Après le succès de 2014 (légèrement entaché par une grève de la SNCF), les rencontres du cinéma indépendant reviennent au Méliès pour une deuxième édition qui se déroulera en alternance à Jean Jaurès et à Saint-François. Au départ, on pourrait penser que la manifestation est avant tout un rendez-vous professionnel : il s’agit en effet de faire se rencontrer exploitants et distributeurs indépendants pour échanger autour des films à venir, dont certains sont présentés en avant-première, mais aussi autour d’enjeux spécifiques au secteur. Ce sera l’objet des diverses tables-rondes organisées durant ces trois journées : comment programmer à destination du jeune public des films en VO et des films qui ne sont pas du cinéma d’animation ? Comment élaborer une grille mensuelle de programmation ? Enfin, comment faire en sorte que les exploitants puissent (re)devenir prescripteurs auprès de leur public, c’est-à-dire établir un lien de confiance qui permettrait de faire partager leurs choix et leurs coups de cœur sur des films peu médiatisés ? Ces questions-là ne sont pas aussi techniques qu’elles en ont l’air et ont en commun de poser le spectateur comme centre de l’attention, da

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Le Méliès est désormais une seule entité dotée de six écrans

ECRANS | Fin juin, Le Méliès rachetait Le France, qu’il s’apprête à rouvrir sous l’enseigne Méliès Saint-François. Retour avec Sylvain Pichon, programmateur des deux sites, sur les raisons de cette fusion et ce qui va changer dans la manière d’exploiter les films… Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 3 septembre 2014

Le Méliès est désormais une seule entité dotée de six écrans

Qu’est-ce qui vous a poussé à reprendre Le France et à le transformer en Méliès Saint-François ?Sylvain Pichon : Cela faisait quatre ans que l’on s’occupait de la programmation du France, mais il y avait un handicap pour faire redémarrer le site : ça restait deux établissements différents avec deux cartes d’abonnement différentes… Les films réalisaient 30% d’entrées en moins au France et les distributeurs faisaient le forcing pour sortir leurs films au Méliès. Ce n’était pas tenable. On a pensé qu’il fallait absolument garder la grande salle du France, mais avec une seule et même enseigne, un seul et même programme et un seul abonnement.  Le Méliès est désormais une seule entité dotée de six écrans. En quoi ce Méliès Saint-François proposera-t-il des choses spécifiques par rapport à Jean Jaurès ?On va pouvoir proposer des films porteurs au Méliès Saint-François dans une grande salle à 350 places. Cela devient la salle premium du Méliès. Cela va permettre aussi d’étaler la programmation sur les six écrans, en créant une alternance entre les deux sites, donc créer plus de proximité avec les sp

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De la lune à la terre

ECRANS | Portrait - Les gens d'ici / Sylvain Pichon programme le cinéma Le Méliès à Saint-Étienne et revendique une relation de proximité avec ses spectateurs dans ce cinéma qui marrie art et essai grand public et cinéma plus pointu. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 21 janvier 2011

De la lune à la terre

Ce jour-là, Sylvain Pichon est à la caisse du Méliès. En l’attendant, on assiste à une scène assez étonnante. Quatre spectateurs viennent voir "Des hommes et des dieux", reprogrammé dans le cadre du festival Télérama. Le film a débuté depuis dix minutes, et Sylvain refuse de leur vendre des billets, expliquant que cela dérangera les spectateurs déjà installés mais surtout, que prendre le film en cours de route, c’est comme «commencer un livre à la cinquantième page». Ça ne se serait probablement pas passé comme ça dans un multiplexe, et cela résume assez bien l’état d’esprit du Méliès. Faire découvrir le cinéma, mais pas à n’importe quel prix ; trouver un nouveau public, mais ne pas l’orienter vers des films qui pourraient le dissuader de revenir par la suite. Une vision à long terme L’histoire du Méliès commence en 1983, quand Alain Cramier — décédé en 2009, qui avait auparavant organisé les Rencontres cinématographiques de Saint-Étienne, reprend deux salles qui appartenaient un temps à UGC, avant de devenir un cinéma porno. En 1995, le Méliès, situé à l’époque dans un quartier assez excentré, envisage de déménager. Il s’inst

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