Cinéma : Comment ça, il n'y a pas de Mai ?

ECRANS | En mai, le cinéma ne fait pas ce qu’il lui plaît : il tourne autour de la Croisette, où des dizaines de films sont présentés avec tonitruance à des professionnels réunis en conclave. Le vrai public, quant à lui, devra attendre des mois pour apprécier la sélection en salles. À d’infimes exceptions près… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 3 mai 2016

Photo : "Ma Loute" de Bruno Dumont, en sélection à Cannes 2016 © DR


Sur sa Côte et sous son ciel azuréens, Cannes fait la pluie et le beau temps de l'année cinématographique. La quinzaine est ce moment prodigieux où des professionnels de la profession se livrent à un gavage insensé de productions audiovisuelles et les soumettent sans recul ni distance à leur appréciation. Se condamnant à émettre des jugements lapidaires et extrêmes, s'abstenant de tout avis mitigé parce que le rythme effréné du festival les presse et pousse à faire assaut de saillies définitives, ces intoxiqués au binge viewing s'abîment parfois dans des surenchères risibles lorsqu'elles sont suivies de prises de positions diamétralement opposées, l'exaltation cannoise évaporée. Et affligeantes lorsqu'elles ont des films pour victimes collatérales. La Forêt des songes de Gus Van Sant, vilipendé et sifflé lors de sa présentation l'an dernier n'est qu'un exemple parmi tant d'autres : il aura fallu onze mois pour faire oublier sa volée de bois vert et un faux-nez (en tout cas, un nouveau titre, Nos Souvenirs) pour qu'il puisse repointer son museau sur les écrans.

En même temps dans les salles…

Toutes sections confondues, c'est près d'une centaine d'œuvres inédites qui est officiellement présentée à Cannes entre le 11 et le 22 mai. Mais seuls six films, dont trois appartenant à la compétition, seront simultanément soumis aux yeux du public. Ouvrant le bal (et la 69e édition du festival), le Woody Allen annuel, Café Society (11 mai) réunit Jeannie Berlin, Kristen Stewart, Jesse Eisenberg et Blake Lively. Comme à l'accoutumée, le cinéaste new-yorkais s'entoure de la jeune garde pour composer une évocation des années trente. Dans la foulée, Money Monster (12 mai) de Jodie Foster s'intéressera à la finance et à ses dérives dans un thriller dont la distribution semble empruntée à Soderbergh — George Clooney y côtoie en effet Julia Roberts. Interprété par Fabrice Luchini, Juliette Binoche et Valeria Bruni-Tedeschi, Ma Loute de Bruno Dumont (13 mai), donnera un avant-goût de la compétition. Son affiche de prestige semblant taillée pour les marches rouges du Palais, scelle pour le réalisateur plusieurs retrouvailles : avec son incandescente comédienne de Camille Claudel 1915, ainsi qu'avec le Festival de Cannes où L'Humanité avait été consacré par un Grand Prix en 1999. Sa présence en lice prouve que le sélectionneur Thierry Frémaux et lui ont su se rabibocher en gentlemen, après s'être ouvertement chamaillés lors de précédentes non-sélections. Le succès de sa série P'tit Quinquin, rappelant l'importance et l'éclectisme de Dumont dans le paysage, aura sans doute contribué à la rendre incontournable cette année. Tant mieux. Sur un autre registre et hors compétition, The Nice Guys (15 mai) bénéficiera d'une projection de minuit. On doit cette comédie policière réunissant Russell Crowe, Ryan Gosling et Kim Basinger, située dans le Los Angeles des années 1970, à Shane Black, scénariste hyperactif et réalisateur du récent Iron Man 3 — les spectateurs la prendront-ils pour une récréation, trois jours à peine après le début des festivités ? Suivra bien vite Pedro Almodóvar, grand abonné de la Croisette où il vient pour la cinquième fois en compétition. Parviendra-t-il cette fois à remporter la Palme qu'il avait manquée de peu en 1999 avec Tout sur ma mère ? Adapté d'Alice Munro, Julieta (18 mai) parle une nouvelle fois de deuils, de famille, de disparitions, et intègre la sociétaire Rossy de Palma à son générique… On ne change (presque) pas une équipe qui gagne (presque)… Dernière curiosité attendue, le nouveau Paul Verhoeven battant pavillon français, adaptation de Philippe Djian avec Isabelle Huppert : Elle (25 mai). La simple juxtaposition de ces trois noms produit comme une odeur de soufre. Ce sera en tout cas l'occasion de renouer avec le cinéaste néerlandais, absent des écrans depuis une décennie. Il sera au moins indirectement présent au palmarès puisque les cérémonies d'ouverture et de clôture seront animées par son comédien Laurent Lafitte.

Mais aussi en mai…

Les palmiers ne sont pas l'alpha et l'oméga du mois de mai, loin s'en faut ! Il faut compter sur un film de Noël aux intrigantes résonances Stephen-Kingiennes, Krampus de Michael Dougherty ainsi qu'une œuvre espagnole montrant les difficultés rencontrées par un jeune homme cherchant à se faire effacer des registres catholiques, Dieu ma mère et moi de Federico Veiroj (4 mai). Sans oublier Men and Chicken de Anders Thomas Jensen (25 mai), une comédie déjantée et hybride à plus d'un titre campée par un Mads Mikkelsen méconnaissable. Vous ne verrez plus les poulets du même œil…

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Du nouveau sur la fête du Livre

Evénement | Après 35 ans passés à arpenter ses allées de long en large, sans doute devrait-on la connaitre par cœur… Eh bien non. Car, d’édition en édition, la fête du Livre de (...)

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

Du nouveau sur la fête du Livre

Après 35 ans passés à arpenter ses allées de long en large, sans doute devrait-on la connaitre par cœur… Eh bien non. Car, d’édition en édition, la fête du Livre de Saint-Etienne se renouvelle en même temps qu’elle s’enrichit, proposant toujours plus d’animations autour du livre, pour les mordus de lecture, mais aussi pour ceux qui ne le sont pas (encore). Au rayon des nouveautés, donc, cap cette année sur le quartier Chavanelle, qui accueillera plusieurs espaces dédiés à la jeunesse. Sur la grande place seront installés les stands dédiés à la littérature à destination des enfants et des ados. Le Collectif X lira des extraits de textes en continu, et des ateliers seront organisés durant 3 jours. Un peu plus loin à l’Espace Boris-Vian, les jeunes gens pourront venir tester un escape game, ou participer à des ateliers autour de la bédé. Des spectacles de rue avec jonglage et mimes, orchestrés par la compagnie Maintes et une Fois, auront également lieu samedi 16 et dimanche 17 au square Cocteau. Et, pour cette 35e, la Fête se prolongera également du côté de la bourse du Travail. Le lieu, dédié aux auteurs locaux et régionaux, révèlera la vitalité de n

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Que la fête continue (ou reprenne) !

Edito | C’est une rentrée presque normale. Les saisons culturelles sont présentées à tour de rôle, les concerts reprennent, les terrasses sont encore ouvertes… Certes, (...)

Nicolas Bros | Mardi 7 septembre 2021

Que la fête continue (ou reprenne) !

C’est une rentrée presque normale. Les saisons culturelles sont présentées à tour de rôle, les concerts reprennent, les terrasses sont encore ouvertes… Certes, il faut son pass sanitaire mais l’offre est bel(le) et bien là. L’éclaircie semble de mise – après un été bien pourri, c’est appréciable. Et elle doit avant tout nous rappeler combien il est plaisant de pouvoir profiter d’un ensemble de propositions aussi diverses et variées que celles que vous trouverez dans ce numéro 97, guide panoramique de votre saison culturelle. Un numéro qui marque également un changement dans les rangs du Petit Bulletin stéphanois, avec l’arrivée d’une nouvelle rédac’chef. C’est Cerise Rochet, que vous lisiez déjà dans nos colonnes, qui reprend le flambeau de ce beau mensuel. Bonne lecture, et bonne rentrée à tous !

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Le Fil investit le Puits Couriot pour sa soirée de lancement

MUSIQUES | Les vacances sont finies, mais voici une date à bien marquer dans votre agenda tout neuf : le coup d’envoi de la nouvelle saison du Fil, ce jeudi à Saint-Etienne. Zoom sur l'un des derniers événements de l'été, ou, si l’on préfère, l’un des premiers de la rentrée.

Léa Dusson | Lundi 6 septembre 2021

Le Fil investit le Puits Couriot pour sa soirée de lancement

Ce jeudi, inutile de vous rendre sur le Boulevard Thiers puisque c’est un Hors-les-Murs, que vous propose la Scène de musiques actuelles stéphanoise. Direction le parc aux pieds du Musée de la Mine, à l’entrée de la ville, où le Fil s’associe en effet à la Guinguette de Couriot pour son premier événement de l’année. Au programme de cette soirée de fête : animations en plein air, concerts, buvette… Autrement dit, tous les ingrédients pour lancer cette saison 2021 / 2022, dont l’ambiance sera garantie par LISA, (Ligue d’improvisation Stéphanoise Amateur). La troupe proposera des animations décalées et familiales tout au long de cette soirée, tandis que celles et ceux qui voudraient pousser la chansonnette devront se rendre du côté de la Caravane Karaoké, toujours dans le parc. Là-bas, on trouvera un piano, qui accompagnera les meilleures reprises. La Belle Vie en ouverture Mais les vrais acteurs de cette soirée, ce sont eux : deux groupes de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui vont se succéder sur la scène installée aux pieds du chevalement. C’est La Belle Vie qui ouvrira le bal. Composé de Simon-Gaspard et Julie, l’ancien quintet stéphanois, deven

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Virginie Tournebise, Auteure stéphanoise

Article Partenaire | Ancienne joueuse de tennis professionnelle, la Stéphanoise Virginie Tournebise a entamé à l’aune de ses 40 ans une formation en ferronnerie d’art et coutellerie, à l’atelier Foultier de Pont-Salomon. Un apprentissage dont elle tire aujourd’hui un ouvrage photographique accompagné de textes en fragments, Traverser. Elle signera lors de la prochaine Fête du Livre sur l'Espace Littérature locale et régionale à la Bourse du Travail, tout nouveau site de l’événement. Là-bas, on pourra découvrir chaque auteur grâce à une lecture et un entretien. L'ambiance y sera très amicale, le lieu jouxtant les Halles Mazerat, qui proposeront elles aussi de l'excellence, mais en nourritures terrestres. En référence au fil rouge design de l’édition 2021 et à quelques semaines de la Fête du Livre, rencontre, avec une sportive qui exprime ce qu’elle a dans le cœur.

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

Virginie Tournebise, 

Auteure stéphanoise

Virginie, pouvez-vous nous expliquer comment on passe du tennis à la forge et à la coutellerie ? Cela paraît surprenant… En réalité, ça ne l’est pas tant que ça. Lorsque j’ai quitté les courts, j’ai intégré le monde salarial, mais en travaillant toujours en lien avec le tennis : j’étais directrice d’une société de construction et d’entretien de terrain de tennis. Puis, j’ai eu envie d’être à mon compte, et j’avais besoin de quelque chose de manuel. Les sportifs ont besoin de beaucoup de choses je crois, ils sont curieux. En tout cas, moi, je le suis ! J’ai choisi la forge parce que je voulais créer, et puis pour le geste. Comme dans le tennis, ce métier sollicite le bras, la main, je savais que je pourrais retrouver des sensations assez proches de ce que j’avais connu comme joueuse de tennis. Mais j’ai aussi le sentiment que ce métier est venu à moi, au moins autant que je ne suis venue à lui. Il s’agit également d’un métier ancestral, et, on peut le dire, en voie de disparition. Est-ce que ce facteur a joué dans votre décision ? Il est vrai que d’une certaine manière, à 40 ans, j’avais envie d’un certain retour a

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L est libre

Chanson | Venir écouter Raphaële Lannadère en concert, c'est se prendre une claque auditive. « L » (son nom à la scène, NDLR) possède un timbre de voix qui ne (...)

Nicolas Bros | Mardi 7 septembre 2021

L est libre

Venir écouter Raphaële Lannadère en concert, c'est se prendre une claque auditive. « L » (son nom à la scène, NDLR) possède un timbre de voix qui ne peut laisser indifférent. Une élégance dans la voix qui se ressent également dans les arrangements de ses morceaux. Avec Paysages, son quatrième disque sorti début 2021, l'artiste met toute sa sensibilité et parle d'émancipation et de liberté pour les femmes. Une liberté que « L » a retrouvée en sortant de sa maison de disques et en quittant Paris pour la Bretagne. « L », jeudi 20 janvier 2022 au Théâtre des Pénitents (Montbrison)

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Avignon vs Saint-Étienne

Scènes | A l’invitation du maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, une quinzaine de compagnies de théâtre se sont retrouvées en Avignon, pour le festival auquel quelques-unes d’entre elles prenaient part. L’occasion de dresser ensemble un état des lieux et de se projeter dans la nouvelle saison.

Niko Rodamel | Mardi 7 septembre 2021

Avignon vs Saint-Étienne

Depuis Jean Dasté, Saint-Étienne demeure une ville de théâtre, mais chaque été Avignon en est la Mecque incontestable. Après l’annulation du festival l’an passé, l’édition 2021 était pour les artistes celle de la résistance. Pour sa 75ème édition dans la cour d’honneur du Palais des Papes, la programmation officielle (45 pièces et 300 levés de rideau) intronisait notamment Tiago Rodrigues, lequel mettait en scène Isabelle Huppert dans La Cerisaie de Tchekhov et prendra la place d’Olivier Py en 2023 à la tête de l’institution. Côté OFF, les dédales de la cité papale accueillaient cette année pas moins de 1070 spectacles, joués par 752 compagnies françaises et 66 compagnies étrangères, présentés dans 116 lieux du 7 au 31 juillet. Des chiffres impressionnants, pourtant en légère baisse. Pour les compagnies stéphanoises, jouer en Avignon représente tout autant un passage obligé qu’une vitrine à ne pas négliger, avec son effet tremplin, son bouche-à-oreille et surtout la présence de très nombreux programmateurs venus faire leur marché pour plusieurs saisons à venir. Cet été, quelques-unes d’entre elles prenaient part au OFF, à l’image de l’ensemble Cappella Forens

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No Game Over

Théâtre | Le jour, on oublie, on enfouit ses souvenirs et ses pensées, simplement pour continuer à vivre. Mais la nuit… Les mémoires ont des choses à dire. Quatre (...)

Cerise Rochet | Mardi 7 septembre 2021

No Game Over

Le jour, on oublie, on enfouit ses souvenirs et ses pensées, simplement pour continuer à vivre. Mais la nuit… Les mémoires ont des choses à dire. Quatre femmes, encore adolescentes à l’époque de la dictature de Pinochet, tentent de discerner le cauchemar de la réalité, en reconstituant l’histoire d’Estrella, leur ancienne camarade de classe, fille d’un gradé responsable du meurtre de trois militants communistes, elle-même victime d’un féminicide. Parce que l’Histoire n’est jamais linéaire, et que l’on bâtit l’avenir en rendant justice au passé. Space Invaders, le 12 octobre à la Passerelle de Saint-Just-Saint-Rambert

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Ludivine Ducrot : « Faire du Fil un véritable lieu de vie et pas seulement un lieu de diffusion »

Grand entretien | Elle a pris ses nouvelles fonctions le 1er septembre. Ludivine Ducrot est la nouvelle directrice du Fil, la salle de musiques actuelles de Saint-Etienne, après le départ de Thierry Pilat pour Lyon et la Halle Tony Garnier. Née en Haute-Savoie, cette acharnée de travail connaît déjà bien le Fil et ses équipes. Elle aura la difficile tâche de faire revenir le public dans la salle stéphanoise tout en essayant d'attirer encore plus de curieux.

Nicolas Bros | Mardi 7 septembre 2021

Ludivine Ducrot : « Faire du Fil un véritable lieu de vie et pas seulement un lieu de diffusion »

Quel est votre parcours professionnel ? Je suis originaire du village d’Habère-Poche en Haute-Savoie et j’ai 41 ans. J’ai fait mes études supérieures en sociologie à Chambéry et info-com Lyon. Pendant mes études à Lyon, j’ai fait un stage de 6 mois à la Nacre, l’agence régionale du spectacle vivant puis au Toboggan à Décines-Charpieu dans le Rhône. J’ai ensuite enchaîné les expériences dans des structures de production dans la coordination puis j’ai travaillé au Centre de musique traditionnelle à Saint-Fons, à la Biennale du Fort de Bron, etc. En 2010, je suis revenue à la Nacre en tant que conseillère juridique pendant huit ans. Enfin, en 2018, j’ai pris la direction de Grand Bureau, le réseau régional des musiques actuelles. Le défi était relevé car il fallait structurer ce dernier. Puis avec l’arrivée du Covid, il a fallu être proche des différents acteurs du secteur et des pouvoirs publics. Parallèlement, depuis que j’ai 14 ans, j’interviens pour le festival Rock’n’Poche dans mon village. Bénévole jusqu’en 2005, j’ai travaillé ensuite à mi-temps pour cet événement, à la coordination puis la direction. Avec votre arrivée au Fil, al

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Jingle bells

Noël jazzy | Frank Sinatra et Bing Crosby, Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Nat King Cole, Duke Ellington et jusqu’à Jamie Cullum, de tout temps le jazz a célébré Noël. (...)

Niko Rodamel | Mardi 7 septembre 2021

Jingle bells

Frank Sinatra et Bing Crosby, Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Nat King Cole, Duke Ellington et jusqu’à Jamie Cullum, de tout temps le jazz a célébré Noël. Accompagnée par ses fidèles sidemen, The True Tones, la chanteuse néerlandaise Michelle David s’y colle à son tour avec une belle aisance, tant vocale que scénique. Au cours des cinq dernières années, le groupe a embrassé avec succès diverses influences allant du gospel traditionnel à l'afrofunk, de la soul au rhythm and blues, de la calypso au gnawa marocain. Michelle David and The True Tones, It's A Soulful Christmas, samedi 4 décembre à 20h au Théâtre du Parc à Andrézieux-Bouthéon

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True colors

Toiles | Nous avions découvert avec bonheur le travail très personnel du peintre Nicolas Chapelle avec sa série Motel 155, à la fin de l’année 2019, sur les cimaises de (...)

Niko Rodamel | Mardi 7 septembre 2021

True colors

Nous avions découvert avec bonheur le travail très personnel du peintre Nicolas Chapelle avec sa série Motel 155, à la fin de l’année 2019, sur les cimaises de la galerie lyonnaise VingtCinq Capucins. Des toiles évoquant les intérieurs colorés d’appartements ou d’hôtels, des routes jalonnées de stations-service, çà et là des palmiers, une planche de surf appuyée au mur d’une boutique et des bords de mer où des chiens s’observent de loin… Une invitation au voyage, sur un coup de tête, en forme de road movie sous un soleil de plomb. Nicolas Chapelle, du 23 octobre au 27 novembre à L’Assaut de la menuiserie à Saint-Étienne

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Total mandingue

Festival jazz | Contre vents et marrées, le festival Jazz au Sommet remet le couvert pour la quinzième année. Un rendez-vous qui se caractérise par la variété des lieux de (...)

Niko Rodamel | Mardi 7 septembre 2021

Total mandingue

Contre vents et marrées, le festival Jazz au Sommet remet le couvert pour la quinzième année. Un rendez-vous qui se caractérise par la variété des lieux de concert, comme par ses randos-jazz bucoliques et familiales sur les hauteurs du Pilat (le 12 septembre en journée, le 18 en nocturne). L’équipe du festival reste fidèle à ses principes fondateurs : proposer une programmation éclectique et actuelle, faisant la part belle aux talents rhônalpins comme aux influences les plus lointaines, tout en défendant un caractère festif et convivial qui perpétue l’originelle dimension populaire du jazz. Parmi nos coups de cœur, Sékou Trio, à découvrir le jeudi 16 septembre à Marlhes. Originaire de Guinée-Conakry et maître de la kora, Sékou Kouyaté s’exprime depuis son plus jeune âge à travers cet instrument traditionnel mandingue qu’il a électrifié, lui arrachant riffs rapides et distorsions inspirées. Transfuges du groupe Supergombo, le bassiste Etienne Kermarc et le batteur Wendlavim Zabsonré forment avec Sékou Kouyaté un trio spontané, aussi vibrant que récréatif. A noter également la venue de la saxophoniste Sophie Alour, le 17 septembre à La Ricamarie, qui jouera tout s

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“Titane” de Julia Ducournau : Au lit, motors !

Palme d'Or 2021 | Une carrosserie parfaitement lustrée et polie, un moteur qui rugit mais atteint trop vite sa vitesse de croisière pépère… En apparence du même métal que son premier et précédent long métrage, Grave, le nouveau film de Julia Ducourneau semble effrayé d’affronter la rationalité et convoque le fantastique en vain. Dommage.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Titane” de Julia Ducournau : Au lit, motors !

Victime enfant d’un accident de voiture dont elle a été la cause, Alexia vit depuis avec une plaque de titane dans le crâne. Devenue danseuse, elle se livre en parallèle des meurtres affolant le sud de la France et “s’accouple” avec une voiture. Pour se faire oublier près une soirée très sanglante, Alexia endosse l’identité d’Adrien, un adolescent disparu depuis dix ans. Son père, un commandant de pompiers détruit, va cependant reconnaître ce “fils” prodigue et l’accueillir… Programmé par la Semaine de Critique en 2016, le sympathique Grave avait instantanément transformé Julia Ducourneau, dès son premier long métrage, en nouvelle figure de la hype cinématographique française. Sans doute les festivaliers, déjà peu coutumiers des œuvres se revendiquant d’un “autre cinéma” louchant vers le fantastico-gore, la série B et les séances de minuit, avaient-il été titillés par le fait que ce film soit signé non pas par l’un des olibrius vaguement inquiétants fréquentant les marches du Palais (Gaspar Noé, Lars von Trier, NWR, Mandico…) mais par une jeune réalisatrice présentant bien. Le peup

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“Benedetta” de Paul Verhoeven : La chair et le sang

Cannes 2021 | Exaltée par sa foi et la découverte de la chair, une nonne exerce une emprise perverse sur ses contemporains grâce à la séduction et au verbe. Verhoeven signe nouveau portrait de femme forte, dans la lignée de Basic Instinct et Showgirls, en des temps encore moins favorables à l’émancipation féminine. Quand Viridiana rencontre Le Nom de la Rose…

Vincent Raymond | Mardi 13 juillet 2021

“Benedetta” de Paul Verhoeven : La chair et le sang

Italie, début du XVIIe siècle. Encore enfant, Benedetta Carlini entre au monastère des Théatines de Pescia où elle grandit dans la dévotion de la Vierge. Devenue abbesse, des visions mystiques de Jésus l’assaillent et elle découvre le plaisir avec une troublante novice, sœur Bartolomea. Son statut change lorsqu’elle présente à la suite d’une nuit de délires les stigmates du Christ et prétend que le Messie parle par sa voix. Trucages blasphématoires ou miracle ? Alors que la peste menace le pays, la présence d’une potentielle sainte fait les affaires des uns, autant qu’elle en défrise d’autres… Les anges du péché Entretenue depuis son enfance dans un culte dévot de la Vierge, conditionnée à adorer des divinités immatérielles omnipotentes, coupée du monde réel, interdite et culpabilisée lorsqu’il s’agit d’envisager les sensations terrestres, Benedetta vit de surcroît dans un monde de fantasmes et de pensées magiques, où chaque événement peut être interprété comme un signe du ciel — ce que la superstition ambiante ne vient surtout pas démentir. Prisonnière d’une commu

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”Fast & Furious 9” de Justin Lin : Des roues et des roustes

Vroum vroum | Carburant à l’extrait de testostérone et aux moteurs thermiques en surrégime, la musculeuse et vrombissante saga revient pour un 9 ou 10e tour de (...)

Vincent Raymond | Lundi 6 septembre 2021

”Fast & Furious 9” de Justin Lin : Des roues et des roustes

Carburant à l’extrait de testostérone et aux moteurs thermiques en surrégime, la musculeuse et vrombissante saga revient pour un 9 ou 10e tour de piste (tout dépend si l’on compte les spin off au paddock), à nouveau piloté par Justin Lin, déjà aux commande de la moitié de la franchise. Suivant la règle de la suite accumulative du type Expandables, cet opus surenchérit à tous les étages : davantage d’actions spectaculaires (les voitures vont en orbite, à l’instar de celles d’Elon Musk), plus de personnages — donc de vedettes. John Cena ajoute donc ses biscottos à la fine équipe, dans le rôle de Jakob-le-frère-jusqu’alors-caché-car-maudit-de-Dom-Toretto. Il rejoint à la distribution de Helen Mirren, Charlize Theron, Kurt Russel ou Jason Statham qui viennent eux-aussi montrer le bout leur museau entre deux poursuites en moto, camion, voiture qui plane ou qui accélère. Sinon, l’histoire ? Disons qu’elle est facultative et ne constitue pas un argument de vente. La trame pourrait en effet être transposée dans n’importe quel Mission : Impossible (remp

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Une passerelle qui porte bien son nom

Lieu | Fière d’avoir pu maintenir de la vie dans un lieu fermé au public durant 6 mois, l’équipe de La Passerelle à Saint-Just-Saint-Rambert a su se rendre indispensable -essentielle ! – aux yeux des artistes accueillis… Et des enfants qui ont malgré tout eu droit à quelques moments de rêverie.

Cerise Rochet | Lundi 7 juin 2021

Une passerelle qui porte bien son nom

De nombreuses réflexions. D’innombrables discussions. Des actions de fond. À la Passerelle de Saint-Just-Saint-Rambert, la période de fermeture n’aura pas été vaine. Pas essentielle, la culture ? Ici, toutes les initiatives menées ces 6 derniers mois auront suffi à prouver le contraire, et à convaincre l’équipe que son travail avait une immense valeur. Dans ce lieu flambant neuf, si la privation du public a bien sûr été vécue comme un crève-cœur, la vie ne s’est jamais éteinte. Des résidences à foison, un accueil des scolaires… Et puis, des interventions dans les classes, que Marion Simonet, responsable de la saison culturelle, décrit aujourd’hui comme de véritables bouffées d’air : « Je crois que les enfants, tout comme leurs instits, ont pris ces interventions comme de vrais cadeaux. Il fallait voir les yeux des gosses briller… Le travail que l’on a fait avec eux a pris la forme d’une vraie soupape, pour eux, pour les profs, pour nous, pour les artistes… ça avait du sens. Ça voulait dire que l’on est essentiel. » Quelques instants de joie indispensables En deux mois, 1000 petits écoliers, venus de toutes les écoles de la ville, ont ains

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Megarama change de bobine à Saint-Etienne

Salles | Après avoir racheté l’Alhambra et le Camion Rouge, le groupe Megarama a entrepris des travaux conséquents dans le premier. Tout en changeant les noms des deux cinémas stéphanois.

Nicolas Bros | Mercredi 30 juin 2021

Megarama change de bobine à Saint-Etienne

Après son rachat il y a presque une année des cinémas Alhambra (place Jean-Jaurès) et Camion Rouge (vers la place Chavanelle), le groupe Megarama de Jean-Pierre Lemoine a remis ces deux établissements à sa sauce. Si le Camion Rouge a simplement changé de nom (devenant Megarama Chavanelle) et remplacé ses bornes de caisses et logiciels, le désormais ex-Alhambra (devenu Megarama Jean-Jaurès) a lui subi de nombreux travaux. Une enveloppe de 5 millions d’euros a été investie dans le cinéma pour reprendre le hall d’accueil, les sanitaires, les salles et les sièges. D’autre part, les trois grandes salles ont été dotées de projecteurs laser alors que les écrans n’ont quant à eux pas été touchés. Avec ce grand coup de fraîcheur, cumulé à la réouverture des salles obscures, le nouveau propriétaire compte bien redonner un coup de fouet à ces deux établissements qui avaient perdu de leur superbe au fil du temps.

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Juin : Un été en famille

Théma été 21 | Qui a dit que la saison chaude n’était pas adaptée à la fréquentation des salles obscures ? Sans doute quelqu’un qui n’en a pas été privé six mois, a oublié leur fraîcheur durant la canicule et ignore la tenue de “l’estival de Cannes“ cette année… Allez, tous au cinéma cet été !

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

 Juin : Un été en famille

Bénéfice collatéral de la disette hivernale et printanière : il n’y aura pas de pénurie estivale dans les salles. Et tout particulièrement pour les films parlant des familles ou à leur destination. Cocon surprotecteur, emprisonnant les individualités par ses étouffantes habitudes ou traditions, le désir de s’en libérer rend son emprise tragique, comique… ou les deux. Variation multiple et ludique de Freaky Friday, Le Sens de la famille de Jean-Patrick Benes (30 juin) crée ainsi un chamboule-tout géant, où les esprits des parents, grands-parents et enfants naviguent dans les corps des uns et des autres sans fin pour une raison inconnue. S’ensuivent d’inévitables quiproquos glissant doucement vers un registre trash, changeant agréablement de l’injonction à faire de la comédie aseptisée. Quant à la fin, qui ne résout rien, elle permet (presque) de supporter le jeu de Dubosc — le seul à en faire des tonnes. Plus archaïque est la famille des Croods, de retour avec un second opus, une nouvelle ère,

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L'éPOPée Verte, le docu

Scène stéphanoise | L'avenir de la musique pop française, c'est Saint-Etienne. Attention, ne voyez pas là l'adjectif "pop" comme un épitèthe péjoratif. À l'instar de ce qu'a pu (...)

Nicolas Bros | Mercredi 5 mai 2021

L'éPOPée Verte, le docu

L'avenir de la musique pop française, c'est Saint-Etienne. Attention, ne voyez pas là l'adjectif "pop" comme un épitèthe péjoratif. À l'instar de ce qu'a pu constituer Rennes pour le rock dans les années 80, Saint-Étienne est aujourd'hui le berceau d'une scène musicale d'où émergent de nombreux talents mêlant chanson, rap et électro. Parmi ceux-ci, Terrenoire, Zed Yun Pavarotti, La Belle Vie, Fils Cara et Coeur ont pris part à un projet destiné à mettre en avant cette effervescence créative stéphanoise : l'éPOPée Verte. Si le concert parisien réunissant tous ces artistes n'a pu se tenir pour cause de Covid, une soirée s'est déroulée au Fil de Saint-Etienne le 3 octobre 2020. Si ce live est passé, vous pouvez le revoir

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"Je m’appelle humain" : Apaisée Joséphine

VOD | Grande plume de la poésie innue, Joséphine Bacon fait l’objet d’un portrait documentaire encapsulant une part de l’âme de sa culture. À découvrir en exclusivité en VOD, pour le moment.

Vincent Raymond | Vendredi 2 avril 2021

Québec, de nos jours. Poétesse reconnue et célébrée pour son écriture bilingue (en français et en innu-aimun, la langue des Premiers peuples du Canada), Joséphine Bacon évoque devant la caméra de Kim O’Bomsawin son parcours, de son passage au pensionnat à sa jeunesse semi beatnik à Montréal. Et comment, en maintenant vivace le souvenir de sa culture ancestrale faite d’oralité et de coutumes, elle a su en perpétuer l’essence à travers ses écrits… Paysages inspirants, lumière magique, palette harmonieuse… L’image de ce premier film est souvent flatteuse. Kim O’Bomsawin, pour son premier long métrage, soigne son double sujet : le peuple Innu, survivant malgré l’entreprise d’acculturation destructrice menée par le gouvernement canadien depuis des décennies, et surtout Joséphine Bacon. D’ailleurs, si la réalisatrice ne convoque que si peu d’archives pour illustrer les souvenirs de sa charismatique interlocutrice, c’est sans doute par manque de matériau d’époque, témoignant du peu de cas accordé aux “Américains natifs”. Parqués dans des réserves ou arrachés à leur famille, ils sont spoliés de leur identité quand ce n’est

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Destination Bourges pour La Belle Vie ?

MUSIQUES | Après la sortie de son premier EP, le jeune groupe stéphanois est passé à la Source, la salle de concerts de Fontaine (Isère), pour une audition. L’enjeu : une participation au Printemps de Bourges. On en a discuté avec Julie, la fille de la bande, en attendant le résultat, d’ici quelques jours.

Martin de Kerimel | Mardi 2 mars 2021

Destination Bourges pour La Belle Vie ?

Julie, comment ça s’est passé, cette audition ? Comme beaucoup de concerts. Monter sur scène, c’est toujours très joyeux et très stressant à la fois. Cette fois, la seule différence, c’est qu’on avait conscience d’être devant un public de professionnels. Si nous allons jusqu’à Bourges, nous serons très heureux, mais rien que le fait d’avoir été présélectionnés représente pour nous une superbe opportunité, surtout dans cette période creuse ! Nous sommes parvenus à attirer l’attention d’un jury grâce à notre projet et à être accompagnés. En quoi consiste cet accompagnement ? Dès la présélection, nous avons été suivis par Grand Bureau, qui s’occupe de tous les projets retenus dans la région Auvergne Rhône Alpes. Ils nous aident à financer un intervenant de notre choix – cela nous a permis de travailler sur la manière d’occuper la scène et d’y gérer nos déplacements. Aujourd’hui, ce qui nous manque particulièrement, c’est un tourneur : Grand Bureau pourrait nous mettre en contact avec d’autres personnes. Leur aide ne concerne pas que les live, mais bien notre projet dans sa globalité. Monter sur sc

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Pop en apesanteur

Bon son | La bluette est un « petit ouvrage sans prétention mais finement écrit ». Voilà une définition qui sied parfaitement au premier EP du groupe pop stéphanois (...)

Nicolas Bros | Mardi 8 décembre 2020

Pop en apesanteur

La bluette est un « petit ouvrage sans prétention mais finement écrit ». Voilà une définition qui sied parfaitement au premier EP du groupe pop stéphanois La Belle Vie. Six titres qui démontrent la maîtrise des cinq protagnistes pour emmener l'auditeur dans leur sphère. Celle d'un monde où le conte est libre et les divagations en apesanteur sont de mise. Une musique on ne peut plus moderne, un son à la stéphanoise qui enfonce le clou : oui Saint-Étienne est bien la nouvelle capitale pop française ! La Belle Vie - Bluettes, chez Pont Futur Dispo en physique chez votre disquaire et en streaming sur toutes les plateformes

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Revivez l'éPOPée Verte en vidéo

Rembobine ! | Avec l'éPOPée Verte qui s'est déroulée samedi 3 octobre au Fil à Saint-Étienne, c'est tout un pan de la nouvelle "scène stéphanoise" qui s'est produite en live, chez (...)

Nicolas Bros | Lundi 19 octobre 2020

Revivez l'éPOPée Verte en vidéo

Avec l'éPOPée Verte qui s'est déroulée samedi 3 octobre au Fil à Saint-Étienne, c'est tout un pan de la nouvelle "scène stéphanoise" qui s'est produite en live, chez elle ! Au programme : Terrenoire, Zed Yun Pavarotti, La Belle Vie, Fils Cara et Coeur, sur scène et en interview (grâce à nos confrères de Radio Dio). Le tout a été enregistré en vidéo par les équipes de la salle stéphanoise et est désormais en ligne. Bande de veinards.

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"Miss" : Pas celle que vous croyez

ECRANS | ★★☆☆☆ De Ruben Alves (Fr., 1h47) avec Alexandre Wetter, Pascale Arbillot, Isabelle Nanty…

Vincent Raymond | Mercredi 21 octobre 2020

Passer de l’exception à l’acceptation : telle est la situation d’Alex dans Miss, où un jeune homme à demi-marginalisé recherche un épanouissement libérateur en mentant sur son identité et en participant au concours Miss France… Signée Ruben Alves, cette comédie grand public aux accents de feel good movie devrait contribuer à dégetthoïser la situation des personnes transgenres — d’autant qu’elle est tournée avec la transparente complicité du Comité Miss France (qui s’achète ici une image de modernité, alors même que ses statuts poussiéreux prouvent régulièrement leur inadéquation avec la société contemporaine) et de comédiens hyper-populaires, comme Isabelle Nanty ou Thibaut de Montalembert en trav’…ailleuse du sexe au Bois. Mais ce film, qui tient beaucoup du conte d’Andersen, ne tiendrait pas sans la personne ni la personnalité d’Alexandre Wetter, qui fait exister le personnage à travers son parcours initiati

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Petit pays

CONNAITRE | Elle a connu la dictature, la terreur, la guerre, l’exil, puis, le retour au pays. Elle, c’est Sahra Halgan, figure emblématique de la (...)

Cerise Rochet | Mercredi 14 octobre 2020

Petit pays

Elle a connu la dictature, la terreur, la guerre, l’exil, puis, le retour au pays. Elle, c’est Sahra Halgan, figure emblématique de la résistance somalilandaise… Du nom du Somaliland, territoire marié à la hâte en 1960 à l’ancienne Somalie italienne, pour former la Somalie telle qu’elle est reconnue aujourd’hui. Née en 1969 à Hargeisa, Sahra trouve son bonheur presque par hasard, en proposant à un groupe de musiciens de chanter avec eux. Mais déjà, la dictature, les pas de la police politique et les exécutions arbitraires grondent. Un jour, il faut fuir. Dans le camp de réfugiés où elle s’est installée, Sahra soigne les blessés et les malades. Et puis elle chante. Pour réconforter ceux qui ont mal… Mais bientôt, pour les inciter à se battre, plutôt qu’à attendre la mort. Quelques années plus tard, après la sécession du Somaliland et le début de la guerre civile, Sahra fuit, une nouvelle fois, jusqu’en France, où elle devient la belle voix de la diaspora somalilandaise. Sa poignante histoire et celle de son petit pays, indépendant depuis 1991 mais toujours non reconnu par la communauté internationale, se retrouve aujourd’hui en librairie, sous les traits de la BD Soma

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La finale du Tremplin musiques actuelles de Saint-Chamond annulée

MUSIQUES | Atout Monde vient de l'annoncer par communiqué. La finale de la seconde édtion du Tremplin musiques actuelles de Saint-Chamons qui devait se dérouler ce (...)

Nicolas Bros | Lundi 5 octobre 2020

La finale du Tremplin musiques actuelles de Saint-Chamond annulée

Atout Monde vient de l'annoncer par communiqué. La finale de la seconde édtion du Tremplin musiques actuelles de Saint-Chamons qui devait se dérouler ce week-end ne pourra être maintenue. « Malgré tous les efforts déployés pour maintenir la finale de la 2ème édition du Tremplin Musiques Actuelles en respectant les dernières mesures sanitaires et arrêtés préfectoraux, la Ville de Saint-Chamond et Atout Monde sont contraints d'annuler cette soirée prévue le 9 octobre prochain. Les différents scénarios imaginés pour organiser cette finale n'ayant pu aboutir en une forme satisfaisante aussi bien pour nous organisateurs que pour vous public, nous restons cependant engagés aux côtés des groupes sélectionnés. » Pour toute demande concernant les billets achetés, se rapprocher de la Direction de l'Animation et de la Culture : 04 77 31 04 41 & culture@saint-chamond.fr

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Jacques Weber : « C’est la culture qui fait de nous des Hommes »

Entretien | Début novembre, Jacques Weber propose de redécouvrir Victor Hugo, à Saint-Just Saint-Rambert. Rencontre avec l’un des plus grands hommes de théâtre de son temps… Et peut-être même plus.

Cerise Rochet | Mardi 6 octobre 2020

Jacques Weber : « C’est la culture qui fait de nous des Hommes »

Avec ce spectacle, vous mêlez un peu toutes les facettes de Victor Hugo, en proposant des lectures de ses textes, lettres, discours, poèmes, romans… Qu’est ce qui vous en a donné envie ? Tout a démarré en 2017, pendant la campagne présidentielle. J’ai constaté que de nombreux candidats citaient Hugo, et j’ai essayé de comprendre pourquoi. Le style épique d’Hugo, son lyrisme, ont ceci d’extraordinaire qu’ils parviennent à faire passer toutes ses idées, et condamnent de fait celui qui écoute à la réflexion. Et puis… J’avais aussi envie de dépiédestaliser cet homme, de le mettre à la portée de n’importe quelle oreille. Donc, je l’ai emmené dans ces endroits pleins d’humanité que sont les bistrots. Des endroits où l’on commente, où l’on s’amuse, où l’on discute. Emmener Hugo au bistrot, c’est aussi permettre à des tas de gens qui ne vont pas au théâtre de le redécouvrir… Il ne faut pas avoir de prétention là-dessus, en se disant qu’on va voir des foules se déplacer. Je crois qu’en France, 1% de la population seulement va au théâtre… Mais oui, d’une certaine manière, on peut malgré tout continuer à espérer que cette prop

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Where is Brian ?

Nouveau lieu | Dans le couple Koenig, Faty avait ouvert Kitchen Street l’an passé au 10 rue de la République : un coffee shop cosy et tendance où est (...)

Niko Rodamel | Mardi 6 octobre 2020

Where is Brian ?

Dans le couple Koenig, Faty avait ouvert Kitchen Street l’an passé au 10 rue de la République : un coffee shop cosy et tendance où est servie une gamme snacking chic de croque box, wrap box, bowl box et pâtisseries. Florian vient quant à lui de transformer son restaurant bistronomique Maryse & Eugénie en un nouveau lieu entièrement tourné vers l’événementiel, Kitchen Place, au 7 rue François Gillet. Deux salles, deux ambiances. Si le premier spot fonctionne du mardi au samedi, le second ouvre ses portes au gré des événements, qu’ils soient organisés par des tiers ou proposés par le jeune couple. Depuis sa naissance fin août, Kitchen Street semble déjà sur de bons rails avec un agenda plutôt fourni. Ateliers de yoga, de cardio boxing ou de pâtisserie, expo photo, vide-dressing, défilés, brunchs et anniversaires ont rythmé les premières semaines d’exercice. Il est possible de privatiser le lieu pour tout type d’événement professionnel ou familial, en demi-journée, journée ou soirée, pour un petit-déjeuner, un déjeuner, un dîner, un cocktail dînatoire ou un brunch.Proposant également un service de traiteur événementiel sur mesure, Faty et Florian Koenig restent fidèles à leur

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Moteur !

Événement | A la toute fin du siècle passé (oui, le vingtième !), un collectif de jeunes cinéastes montréalais lançait le Kino : « mouvement (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 septembre 2020

Moteur !

A la toute fin du siècle passé (oui, le vingtième !), un collectif de jeunes cinéastes montréalais lançait le Kino : « mouvement cinématographique international consistant à réaliser des films sans budget dans un esprit d’entraide, non-compétitif, de liberté et de bienveillance. » Dans le sillon de son grand frère, la seconde édition stéphanoise du Kino 3000 se tiendra du 5 au 12 septembre dans les locaux d'Ursa Minor, au cœur du site Mosser. Après une fastidieuse préparation menée en amont, Julia Angelou et Mat Santa Cruz pourront compter sur l’équipe bénévole de ce lieu associatif, alernatif et protéiforme qui accueille la manifestation. Acteurs, réalisateurs, scénaristes, techniciens et monteurs, la quarantaine de participants est majoritairement composée de Stéphanois, que rejoignent toutefois quelques Altiligériens, Lyonnais et Parisiens. Chacun apporte son matériel, pour son utilisation personnelle ou pour une mise en commun dans un esprit système D de partage autogéré. Après l’annonce du thème imposé qu’auront préalablement choisi la réalisatrice Raphaëlle Bruyas et Sylvain Pichon (cinémas Le Méliès), les équipes se constitueront spontanément pour planch

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"Les Nouvelles Aventures de Rita et Machin" : Niches en série

ECRANS | ★★☆☆☆ Animation de Pon Kozutsumi & Jun Takagi (Fr.-Jap., 0h45). Sortie le 9 septembre

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Une fillette et son toutou en proie à leur imagination fertile, vivent des aventures extraordinaires sans quitter leur maison ni leur jardin… Cette salve de courts métrages fait suite à un programme sorti l’an dernier, se caractérisant par un trait minimaliste, une palette également restreinte (du blanc, du noir, un ou deux dégradés colorés) et… une trame un poil répétitive. Comme les protagonistes sont un peu des pendants de Calvin & Hobbes, que le public visé a 3 ans et que l’ensemble dure 3/4 d’heure, ça passe…

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Isabelle Huppert : « Au cinéma, on ment par définition »

La Daronne | Impossible de la manquer cette semaine à Lyon : sa silhouette est aux frontons de tous les cinéma et vous la croiserez peut-être au gré des rues puisqu’elle vient de débuter le tournage du nouveau film de Laurent Larrivière avec Swann Arlaud. Elle, c’est, évidemment Isabelle Huppert, une des “daronnes“ du cinéma français et celle que Jean-Paul Salomé a choisie pour incarner Patience Portefeux dans son polar. Rencontre.

Vincent Raymond | Jeudi 10 septembre 2020

Isabelle Huppert : « Au cinéma, on ment par définition »

Comment choisissez vous vos rôles ? En fonction de ce que vous auriez envie de voir ou en rupture par rapport à ce vous avez fait auparavant ? Isabelle Huppert : C’est peut-être plus une question que se pose le metteur en scène que l’acteur. Parce qu’au fond, un acteur a peu de pouvoir sur la possibilité d'un film. Sinon, un peu tout dans la genèse m’attire : entrer dans un personnage, travailler avec un metteur en scène, le dialogue, une phrase qui vous reste dans la tête et qu’on se redit et rien que pour cette phrase on a envie de faire le film… C’est mystérieux de définir précisément, parce que c’est un processus particulier qui vous amène chaque fois à faire un film. Un film est quand même à chaque fois une aventure un peu existentielle : il y a tout un chemin qui vous y mène et qui n’est jamais le même… Quel a été le point de départ de La Daronne ? Le livre, que j’ai lu avant de savoir que Jean-Paul Salomé voulait faire le film. J’ai entendu Anne-Laure Cayre [l’autrice et coscén

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"La Daronne" : Chit et chut !

ECRANS | ★★★☆☆ De Jean-Paul Salomé (Fr., 1h30) avec Isabelle Huppert, Hippolyte Girardot, Farida Ouchani… Sortie le 9 septembre 2020

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Interprète cachetonnant à la traduction d'écoutes policières, Patience Portefeux trouve un moyen de régler ses ardoises : écouler une cargaison de chit subtilisée à ses propriétaires et devenir fournisseuse en gros. La police va s’escrimer à identifier cette mystérieuse nouvelle “Daronne“… Bardée de slogans qui claquent et d’un logo du festival de l’Alpe-d’Huez, l’affiche mettant en valeur une Isabelle Huppert voilée comme une riche Émiratie tend à faire passer La Daronne pour une comédie. En réalité, il s’agit là, comme pour le personnage de Patience, d’un déguisement dissimulant sa vraie nature de film noir à la croisée des mafias marocaines et chinoises et reposant sur des impératifs sociaux (payer l’EHPAD de sa mère, rembourser les dettes de son défunt mari, aider ses filles) : c’est la nécessité qui fait la hors-la-loi. Et sous cet épiderme de polar affleure un autre film encore, à la tonalité étonnamment mélancolique, nostalgique, où Patience (prénom décidément bien trouvé) peut enfin renouer avec son passé. Celle qui propose dans un langage fleuri mi argotique, mi arabe, à de petites

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Bach to basics...

MUSIQUES | Après quelques tâtonnements, le festival Baroque en Forez revient en force, en puisant à la source de son ADN. Qui d'autre que le grand Jean-Sébastien pouvait (...)

Alain Koenig | Mercredi 9 septembre 2020

Bach to basics...

Après quelques tâtonnements, le festival Baroque en Forez revient en force, en puisant à la source de son ADN. Qui d'autre que le grand Jean-Sébastien pouvait venir en aide aux programmateurs de ce délicieux festival d'altitude ? En gage d'éternelle reconnaissance, Florent Mayet collectionnera les pépites, grand public (Passion selon Saint-Jean le 11 octobre ou Suites pour violoncelle par Emmanuelle Bertrand le 10 octobre à Saint-Bonnet-le-Château), ou plus intimes, dépouillées (Variations Goldberg le 5 octobre à Marols, Sonates pour violon et continuo le 5 octobre à Périgneux, Fantaisies et Partitas le 7 octobre à Margerie-Chantagret). L'érudition se mettra au service et à la portée d'un public toujours plus avide de sens, avec les interventions du très compétent et sympathique Julien Garde. Soli Deo Gloria... Festival Baroque en Forez, du 3 au 11 octobre dans divers lieux du Forez (Monbrison, Saint-Bonnet-le-Château) Plus d'infos sur www.baroque-en-forez.fr

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Sophie Deraspe : « Dès lors qu’on parle de héros, on est dans les limites du réalisme »

Antigone | D’une intrigue tragique vieille comme le monde, Sophie Deraspe fait une relecture terriblement contemporaine et réalisée avec adresse. Il se passe toujours beaucoup de choses du côté du cinéma québécois, plus divers qu’on voudrait nous laisser croire.

Vincent Raymond | Vendredi 4 septembre 2020

Sophie Deraspe : « Dès lors qu’on parle de héros, on est dans les limites du réalisme »

L’Affaire Fredy Villanueva a été la source principale de votre écriture. Mais la transposition d’Antigone, de par sa lecture géopolitique contemporaine, s’est-elle imposée à vous comme un corollaire à votre documentaire Le Profil Amina ? Ici aussi en effet, les crises du Moyen Orient ou du Printemps arabe forment un substrat nécessaire à l’accomplissement de l’intrigue… Sophie Deraspe : Les liens ne sont pas directs avec Le Profil Amina. Peut-être que je me sentais à l’aise d’aller vers le Moyen Orient ; ici, la famille est algérienne et avant le tournage, je n’étais pas allée en Algérie… Mais j’ai plutôt l’impression que les liens les plus directs avec Le Profil Amina se passent avec la vie en ligne — une vie virtuelle. Par exemple, ce qui concenrne l’affaire Villanueva, je l’ai appris dans les médias traditionnels : les émeutes, les manifestations, les militants… Mais ensuite, c’est en ligne que j’ai eu accès à la parole des ge

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"Poissonsexe" : L’amour en queue de poisson

ECRANS | De Olivier Babinet (Fr.-Bel., 1h29) avec Gustave Kervern, India Hair, Ellen Dorrit Petersen…

Vincent Raymond | Jeudi 3 septembre 2020

Un futur inquiétant, où il ne reste qu’une seule baleine. Scientifique dans un institut de recherches maritimes, Daniel s’échine à essayer de faire s’accoupler des poissons et échoue à trouver l’âme sœur. Son existence change lorsqu’il ramasse sur la plage un poisson mutant doté de pattes… Initialement prévu le 1er avril sur les écrans, jour ô combien adapté à une fable poissonneuse, ce film avait dû pour cause de confinement rester le bec dans l’eau attendant l’avènement de jours meilleurs. S’il est heureux de le voir émerger, on frémit en découvrant le monde pré-apocalyptique qu'il décrit en définitive aussi proche du nôtre : certains ne prophétisent-ils pas la pandémie comme faisant le lit de la 6e extinction massive ? Guère optimiste, mais comme s’en amusait Gustave Kervern, « je ne joue que dans des films tristes ; je refuse les films gais ». Au-delà de la boutade, Poissonsexe marie les menaces du conte philosophique d’anticipation et la poésie du parcours sentimental de Daniel, colosse au cœur de fleur bleue égarée

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"Never Rarely Sometimes Always" : Sois femme et tais-toi

ECRANS | De Eliza Hittman (É.-U.-G.-B., 1h42) avec Sidney Flanigan, Talia Ryder, Théodore Pellerin…

Vincent Raymond | Mardi 25 août 2020

Autumn, 17 ans, se découvre enceinte. Comme il lui semble difficile d’interrompre sa grossesse dans son patelin de Pennsylvanie, elle part pour New York accompagnée par sa cousine Skylar. Là-bas, d’autres galères l’attendent. Être femme est encore, souvent, toujours, difficile… Chronique d’une adolescence féminine dans un pays où les droits des femmes sont insidieusement entravés. Tout l’arsenal légal et médical existe de la contraception à l’interruption volontaire de grossesse ; hélas, et Autumn en fait la triste expérience, il est sciemment saboté, avec une rare perversité, par le contexte social, familial et/ou moral. Ainsi découvre-t-on qu’une mineure forcée d’avoir des relations sexuelles non consenties et se retrouvant enceinte essuie les quolibets publics du violeur, l’ignorance de sa famille, les mensonges d’une employée du planning familial outrageusement pro-Life ; qu’elle doit voler son employeur pour se rendre dans un autre État afin de se faire avorter et quasiment se prostituer afin de payer l’intervention — car, évidemment, il n’y a pas de couverture sociale pour

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François Ozon : « Il n’y a pas une manière pour diriger les acteurs »

Été 85 | Retenu dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2020, en compétition au Festival de San Sebastien, Été 85 séduit… Sans doute parce qu’il parle de séduction et renvoie à l’adolescence des spectateurs. En tout cas, à celle de son auteur, François Ozon. Rencontre.

Vincent Raymond | Mercredi 29 juillet 2020

François Ozon : « Il n’y a pas une manière pour diriger les acteurs »

La réalisation de ce film a-t-elle été pour une manière d’exécuter un pacte que vous auriez contracté avec vous-même, lecteur de 17 ans découvrant le roman de Aidan Chambers? François Ozon : Quand j’ai lu le livre, je n’étais pas encore cinéaste, c’est vrai, j’étais lycéen rêvant de faire du cinéma et je me suis dit que j’adorerais faire ce film, raconter cette histoire… En même temps, j’avais presque plus envie d’en être le spectateur. Peut-être que, déjà, je me sentais trop proche des personnages, je n’aurais pas été capable de raconter l’histoire. J’étais quasiment sûr d’ailleurs qu’un réalisateur comme Gus Van Sant, John Hughes ou Rob Reiner aurait pu s’en emparer et faire un teen movie à l’américaine. Mais ça c’est jamais fait. Quand j’en ai parlé à Aidan Chambers, qui a 85 ans aujourd’hui, il m’a dit que trois réalisateurs avaient essayé de l’adapter pendant toute cette période, sans succès. Après Grâce à Dieu — qui avait été un film un peu compliqué, vous vous doutez pourquoi — j’avais envie de

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Pop céleste au Plateau

Festival musiques actuelles | Le festival Oh Plateau a fait volte-face, et tant mieux. D'abord annulé pour cet été 2020, il se tiendra bel et bien les 25 et 26 juillet du côté de la (...)

Nicolas Bros | Mercredi 8 juillet 2020

Pop céleste au Plateau

Le festival Oh Plateau a fait volte-face, et tant mieux. D'abord annulé pour cet été 2020, il se tiendra bel et bien les 25 et 26 juillet du côté de la Commanderie et du Lac de Devesset à la limite entre Ardèche et Haute-Loire. Côté line up, toujours une jolie orientation pop actuelle avec trois formations à suivre. Les Stéphanois de La Belle Vie sont de la partie aux côtés des Lyonnais de Johnnie Carwash et des Marseillais de Tropicold. Bonnes vibes, balades champêtres et fraîcheur du son assurés. Oh Plateau 2020, samedi 25 et dimanche 26 juillet au Lac du Devesset (Ardèche)

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Cinq sons stéphanois à se mettre dans le cornet

Déconfinement : fêtons ça ! | On vous a sélectionné cinq titres frais émoulus de groupes stéphanois à soumettre à vos tympans pour finir votre semaine en beauté et pour fêter les bonnes nouvelles de la seconde phase de déconfinement.

Nicolas Bros | Vendredi 29 mai 2020

Cinq sons stéphanois à se mettre dans le cornet

On commence avec un titre du combo La Belle Vie enregistré en live au Fil. Le morceau proposé par les Stéphanois est une reprise d'Autotune de Damso. Lui apportant une touche de sensibilité tout autant qu'un groove certain, le groupe revisite cet incontournable du rappeur belge. La Belle Vie n'est sûrement pas « là que pour faire du sale » mais bien des sons propres et fignolés. « Col roulé, chaîne en or et poésie ». Fils Cara, air de jeune dandy au talent brut, impose sa chanson avec sensibilité et puissance à la fois. Portant fièrement l'étendard stéphanois hors des frontières du département, il prépare un album et égrène progressivement ses nouveaux titres. À l'instar de Derniers dans le monde, qui vient d'être publié et qui est « une fiction reconstruite avec des fragments de réalités, comme si on étaient les derniers dans le

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"Jumbo" : L’amour à la machine

ECRANS | De Zoé Wittock (Fr.-Bel-Lux., 1h33) avec Noémie Merlant, Emmanuelle Bercot, Bastien Bouillon…

Vincent Raymond | Jeudi 2 juillet 2020

Jeune fille solitaire encombrée d’une mère exubérante et désinhibée, Jeanne travaille dans un parc d’attractions où son charme farouche ne passe indifférent son jeune responsable. Jeanne va tomber amoureuse, mais d’un manège, Jumbo. Et la passion lui semble réciproque… Par petites touches discrètes, le cinéma fantastique se régénère en revenant à sa source : avec des histoires partant de la normalité crasse du quotidien, déviant ensuite vers l’anormalité. Cette variation sémantique infime change tout, car elle rend l’ordinaire extra. Après l’enthousiasmant La Dernière Vie de Simon, Jumbo confirme qu’il faut suivre suivre la jeune garde francophone. Voyez ce premier long métrage de Zoé Wittock, où l’héroïne, à la façon d’un personnage introverti de Stephen King, va trouver un épanouissement lumineux dans une dimension intérieure et contraire à la doxa. Bon choix d’ailleurs que la toujours aventureuse Noémie Merlant pour donner corps à cette nouvelle romance interdite — Portrait de la jeune fille en feu, Curiosa ou

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"Filles de joie" : Les mamans et les putains

Drame | De Frédéric Fonteyne & Anne Paulicevich (Fr.-Bel., int.-12 ans avec avert., 1h21) avec Sara Forestier, Noémie Lvovsky, Annabelle Lengronne…

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Axelle, Dominique et Conso, trois voisines du Nord de la France, franchissent la frontière belge chaque jour pour proposer leurs faveurs en maison close afin d’améliorer un ordinaire misérable. Les rêves en berne, l’usure morale le dispute à la déchéance physique et au mépris des proches… Comme chez Brassens, « c’est pas tous les jours qu'elles rigolent/Parole, parole », les trois “filles“ du titre. La joie reste sous cloche dans ce film à la construction aussi subtile que décalée, rendant bien compte de la situation bancale de chacune au sein du groupe, autant que de leur individualité. Nous ne sommes pas ici dans l’habituel configuration des filières de l’Est ou du Sud et des portraits de filles réduites en esclavage par des réseaux mafieux, puisque ces travailleuses du sexe n’ont pas de souteneur. En apparence, seulement : l’argent qu’elles gagnent si péniblement ne leur profite pas, servant à nourrir la mère azimutée et les gosses de l’une, financer les extras des enfants ingrats de l’autre, alimenter les rêves chimériques d’extraction sociale de la troisième… La pro

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"Une sirène à Paris" : Amour en eaux douces

ECRANS | De Mathias Malzieu (Fr., 1h42) avec Nicolas Duvauchelle, Marilyn Lima, Rossy de Palma…

Vincent Raymond | Lundi 22 juin 2020

Alors que son père va vendre la péniche familiale Flowerburger, historique siège d’un groupe d’embellisseurs de vie — les surprisiers — Gaspard, un musicien au cœur brisé, découvre Lula, jeune sirène échouée sur les rives de Seine. Pour la sauver, il l’emmène chez lui… S’il n’y avait les rêveurs pour le porter et lui donner de l’oxygène, le monde s’écroulerait, asphyxié. Mathias Malzieu en fait partie, qui déploie son imaginaire de chansons en livres et de livres en films, explorant des univers connexes à ceux de ses devanciers Tim Burton ou Jean-Pierre Jeunet. Comme dans La Mécanique du cœur ou Métamorphose en bord de ciel, le meneur de Dyonisos ose ici un conte façon alchimie entre merveilleux et mélancolie avec des héros cabossés depuis l’enfance et des créatures surnaturelles. Avec ses décors baroques, sa musique faite maison, ses interprètes attachants (le couple Duvauchelle/Lima s’avère osmotique), Une sirène à Paris cherche à ranimer un certain esprit magique, que l’on peut apprécier comme une forme de nostalgie d’un paradis ciné

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Une éPOPée Verte jusqu'à Paris

Talents locaux | Vous doutez encore du fait que Saint-Étienne est une terre de talents ? Alors lorgnez un peu sur le nouveau projet lancé par le Fil. Ça s'appelle L'éPOPée (...)

Nicolas Bros | Mercredi 4 mars 2020

Une éPOPée Verte jusqu'à Paris

Vous doutez encore du fait que Saint-Étienne est une terre de talents ? Alors lorgnez un peu sur le nouveau projet lancé par le Fil. Ça s'appelle L'éPOPée Verte. Cet événement a pour but de mettre en avant plusieurs artistes de la "nouvelle scène musicale" stéphanoise à travers deux concerts. Le premier se déroule le mercredi 1er avril à La Maroquinerie à Paris. Un concert destiné aux professionnels et médias parisiens, afin qu'ils puissent découvrir la puissance créative stéphanoise. Le match retour est prévu au Fil, le 17 avril, pour une soirée ouverte à tous et gratuite. La programmation du concert de La Maroquinerie regroupe Zed Yun Pavarotti, Fils Cara, Terrenoire,

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Izia s'affirme

Pop | Le Fil accueille la trentenaire le 13 février. L'occasion de découvrir les morceaux de son quatrième album et ses nouvelles sources d'inspiration.

Stéphane Duchêne | Mercredi 5 février 2020

Izia s'affirme

Le terme a beau être devenu une private joke pour tout fan de musique, il est toujours un(e) artiste pour débarquer avec sous le bras un "album de la maturité" qu'on a toutes les peines à qualifier autrement. Jusqu'ici, en trois albums, Izia avait ratissé les clichés d'un certain rock 70's trop généreux de ses influences jopliniennes (porteur néanmoins d'impressionnantes dispositions vocales), puis opéré avec La Vague un virage en français trop à la remorque d'une pop hexagonale en proie au formatage. Avec Citadelle, quasi trentenaire, elle semble s'être davantage écoutée, repliée sur elle-même et sur l'essentiel à la suite du décès du paternel Higelin, ainsi que de la naissance de son fils. Chose faite à Calvi, citadelle de solitude à laquelle elle consacre une chanson. Le résultat est toujours assez peu lisible musicalement mais c'est peut-être ce qui constitue sa richesse et un moyen pour Izia de signifier qu'elle ne se laissera pas dicter ses choix, entre ballade électro-baroque (Sunset, Cosmos), dark disco à la Hollysiz (Chevaucher, avec Jeanne Added), envolée panafricaine sur

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Une belle équipe : Sorties de leur réserve

ECRANS | De Mohamed Hamidi (Fr., 1h35) avec Kad Merad, Alban Ivanov, Céline Sallette…

Vincent Raymond | Mercredi 15 janvier 2020

Une belle équipe : Sorties de leur réserve

Un seul point. C’est ce qu’il manque à l’équipe de foot de Clourrières pour assurer son maintien. Sauf que les joueurs ont tous été suspendus après une bagarre. Alors, l’entraîneur monte une équipe féminine pour les trois ultimes rencontres. Et se heurte à l’hostilité machiste du village… Alors qu’il s’apprêtait à en débuter le tournage en 2018, Kad Merad prévenait que ce film n’aurait rien à voir avec Comme des garçons, cette comédie-fiction bâtie sur l’histoire de la première équipe de France de football féminine. On le confirme : Mohamed Hamidi ne s’intéresse ni à la romance ni à la reconstitution historique, mais au — difficile — basculement des mentalités vers une société paritaire, le football étant le symptôme (ou le déclencheur) d'une prise de conscience : troquer le ballon contre la charge domestique ordinairement dévolue à leurs épouses équivaut à une castration pour ces messieurs. Le réalisateur (qui, au passage, remercie ses six sœurs au générique) s’amuse à montrer à quel point la sensibilité masculine est asymétrique : chatouilleux sur leurs “privilèges“ envolés, les hommes sont aveugles au fait que les affiches publicitaires uti

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Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Un vrai bonhomme | Pour son premier long métrage, Benjamin Parent s’aventure dans un registre peu coutumier en France : le “coming at age movie“ — une sorte de film d’apprentissage adolescent. Une jolie réussite dont il dévoile quelques secrets. Attention, un mini spoiler s’y dissimule…

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Un thème commun se dégage de votre film Un vrai bonhomme et de Mon inconnue que vous avez co-écrit avec Hugo Gélin : l’uchronie, ou l’idée de permettre à des personnage d’accomplir des destinées alternatives. Est-ce délibéré ? Benjamin Parent : Pas du tout. Dans Mon Inconnu, l’idée d’uchronie vient d’Hugo ; je l’ai développée et essayé de développer la dramaturgie sur l’uchronie “la plus intéressante“. Je trouve que l’uchronie permet de raconter l’histoire d’une manière extrêmement drastique, avec ce truc d’inversion absolue des choses : “et si“ on pouvait rencontrer ses parents et qu’on se rendait compte que son père était un blaireau et que sa mère voulait nous choper, qu’est-ce qu’on ferait? L’uchronie, finalement, c’est un pitch radical, qui permet plein de possibilités et un déploiement de l’imaginaire. Un vrai bonhomme, où le personnage de Léo est une extension de celui de Tom, permet également le déploiement de l’imaginaire. Donc du vôtre à travers eux… Effectivement. Mais plus qu’une uchronie, cela joue sur le principe de ce que l’on mont

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"Un vrai bonhomme" : Je mets les pas dans les pas de mon frère

Comédrame | Un adolescent solitaire s’appuie sur le fantôme de son aîné pour s’affirmer aux yeux de ses camarades, de la fille qu’il convoite et de son père qui l’ignorait, perdu dans le deuil de son fils préféré. Une brillante première réalisation signée par le coscénariste de Mon Inconnue.

Vincent Raymond | Mercredi 8 janvier 2020

Ado introverti ayant toujours subi l’aura solaire de son frère Léo, Tom fait sa rentrée dans un nouveau lycée. Heureusement, Léo est là pour lui prodiguer encouragements et conseils. Sauf que depuis un accident de la route fatal à Léo, celui-ci n’existe plus que dans la tête de Tom… On ne divulgâche rien en dévoilant d’entrée le fait que Léo est ici un personnage imaginaire, puisque Benjamin Parent s’arrange pour lever toute ambiguïté à ce sujet dès la minute 18. Tout l’enjeu de son film n’est pas de fabriquer un mystère à la Shayamalan pour le public, mais d’inclure ce dernier dans la névrose de son héros ; de lui faire partager les affects d’un adolescent mal remis d'un traumatisme et croyant trouver par cet expédient le chemin de la résilience. Mon frère, ce halo Comédie, drame ? Disons dramédie bien tempérée, ce qui constitue un tour de force : rares sont en effet les films hexagonaux capables d’aborder la question adolescente sans s’abandonner à des récits d’amourettes (La Boum), à des pitretries pathétiques (

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Merveilles à Montfermeil : Corbeille et somme

ECRANS | De et avec Jeanne Balibar (Fr., 1h49) avec également Emmanuelle Béart, Ramzy Bedia…

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Merveilles à Montfermeil : Corbeille et somme

Fraîchement séparés, Joëlle et Kamel se côtoient tous les jours au sein de l’équipe la Maire de Montfermeil, une illuminée rêvant, entre autres excentricités années 1980, d’implanter une école de langues démesurée dans cette cité de banlieue. Cela n’arrangera pas leurs relations… Intrigante et prometteuse, la séquence d’ouverture montrant le couple Balibar/Bedia se disputant en arabe devant une juge des divorces abasourdie aurait pu — dû ? — constituer l’alpha et l’oméga de cette pseudo comédie politique, mais authentique catastrophe artisanale. Première réalisation solo de la comédienne-chanteuse intello (récemment enrubannée d’un hochet républicain, dans la même promotion que le patron de BlackRock), ce “machin“ a faux sur toute la ligne. La forme, tout d’abord : écrit et joué en dépit du bon sens, il offre à une troupe de bobos hors sol vêtu arty sexy l’occasion de glapir du cri primal dans un simulacre pathétique de Rendez-vous en terre inconnue. Le fond, ensuite. Prêchant

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Percussif

Sono mondiale | Avis de tsunami musical : quand les Percussions Claviers de Lyon rencontrent les triples championnes du monde de Batudaca du groupe Zalindê, ça nous (...)

Niko Rodamel | Mercredi 8 janvier 2020

Percussif

Avis de tsunami musical : quand les Percussions Claviers de Lyon rencontrent les triples championnes du monde de Batudaca du groupe Zalindê, ça nous promet une chaude soirée ! Constitué exclusivement de femmes, l'orchestre afro-brésilien envoie la sauce auriverde à grand renfort de tambours, caisses claires et autres cloches agogôs, mêlés à la danse et au chant : chauds les tympans et attention les yeux. Première Batucada féminine d'Europe, Zalindê est née d’une belle amitié franco-brésilienne entre les artistes Chloé Deyme et Roberta Paim, en 2002 à Paris. Le collectif féminin-pluriel est aujourd'hui composé de musiciennes d'origines très diverses : Brésil, Bénin, France, Antilles, Maroc, Colombie, Japon et Vietnam. À l'image du métissage musical brésilien dont il s'imprègne, le groupe assimile et cuisine à son goût le groove bahianais, la syncope du Pernambuco et le sambodrome carioca, n'hésitant pas à mixer samba, reggae, merengue, ijexà, maracatu, hip-hop, raï, sabar et rythmes africains. Pour le projet Caleidoscópio, les percussions traditionnelles dialoguent avec les vibraphones et les marimbas de cinq musiciens des Percussions Claviers de Lyon : un mariage de déraison q

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Oh... La Belle Vie !

Pop | Si nous parlions de la Vie, de sa beauté, de ses couleurs... le tout en musique ? Sans angélisme mais avec un côté positif engageant, le quintette ligérien La (...)

Nicolas Bros | Vendredi 13 décembre 2019

Oh... La Belle Vie !

Si nous parlions de la Vie, de sa beauté, de ses couleurs... le tout en musique ? Sans angélisme mais avec un côté positif engageant, le quintette ligérien La Belle Vie avance ses pions sereinement, depuis une année, avec de jolis titres clipés avec succès. « Tu sais, la vie est belle comme tout / Quand elle est prise par le bon bout » explique la formation qui pourrait bien être une des révélations pop de l'année 2020. Très actuels, les sons produits par ces jeunes gens font mouche dès la première écoute. Faciles d'accès, accompagnant aussi bien un apéritif entre potes qu'un déhanché sur la piste, les quelques titres distillés par le groupe - qui en a produit neuf jusqu'à maintenant - ne laissent pas indifférents. On retrouve un soupçon de Polo & Pan, un peu de la douceur de Voyou (dont ils feront la première partie ce soir au Fil), la générosité du duo stéphanois Terrenoire et le magnétisme de Vendredi Sur Mer. Bref, un condensé de la fraîcheur proposée par la scène française du moment, le tout bien de chez nous ! La Belle Vie + Voyou, vendredi 13 décembre au Fil

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"La Sainte Famille" : Ministère à mère

ECRANS | De et avec Louis-Do de Lencquesaing (Fr., 1h30) avec également Marthe Keller, Léa Drucker, Laura Smet…

Vincent Raymond | Mercredi 18 décembre 2019

Sa femme s’éloigne, son frère se sépare, son aristocrate de mère le fait tourner en bourrique, sa grand-mère n’est plus très vaillante, sa cousine lui fait de l’œil ; il a du mal avec ses filles… Malgré cet environnement intime bancal, le novice en politique Jean est nommé ministre de la Famille… La particule de son patronyme laisse supposer que l’auteur-interprète principal a pioché dans un décor, disons, familier : celui d’une lignée enracinée dans l’aristocratie ou la grande bourgeoisie, habituée aux parquets point de Hongrie des beaux quartiers parisiens, prenant ses quartiers de campagne dans quelque gentilhommière d’Île-de-France ; où l’usage veut que les enfants voussoient leurs parents. Un contexte où sa silhouette mi-guindée, mi-ébahie, évolue visiblement en pays de connaissance. Si on ne peut dire qu’on n’a jamais vu de films avec des familles de bourges en crise — c’est même le fonds de commerce d’un certain cinéma français —, ce qui tranche ici, c’est « la pudeur des sentiments », pour reprendre Gainsbourg : les situations se résolvent davantage dans l’écoute et l’étreinte que dans l’hystérie collective, tout mu

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