Élie Chouraqui : « On a le droit et le devoir de montrer ”l'immontrable“ »

ECRANS | Choc des Rencontres cinématographiques du Sud d’Avignon, où il a été projeté en avant-première, L’Origine de la violence a été présenté par un Élie Chouraqui combatif et serein.

Vincent Raymond | Mercredi 25 mai 2016

Photo : © DR


Y a t-il de la violence en vous ? Avez-vous réussi à en déterminer l'origine ?
Il y en a, oui. J'ai fait un peu d'analyse, je me suis fait “suivre”, comme on dit, parce que j'avais des questions auxquelles personne n'avait répondu. Des vides dans mon passé, des inquiétudes, des angoisses — qui m'habitent toujours, qui ne sont pas complètement dissipées — m'empêchant parfois de “bien” vivre. J'avais tendance à me mettre dans des situations désagréables alors que ce n'était pas du tout indispensable. J'ai compris pourquoi. Maintenant, je vais mieux (rires). Je suis beaucoup plus apaisé.

Vous évoquez à travers le film les interdits pesant sur la représentation des camps d'extermination — et l'impossibilité de montrer des déportés en train de rire. C'est rare…
Ce principe de Claude Lanzmann, selon lequel on ne montre pas l'immontrable, c'est comme un lieu commun, c'est stupide. Pardon pour Lanzmann, pour lequel j'ai beaucoup de respect, mais il n'est pas question de garder les choses mystérieuses, sans en parler. Il faut au contraire tout montrer et tout analyser — si possible avec talent et intelligence. On a non seulement le droit, mais aussi le devoir de le faire. Sinon, que restera-t-il à mes arrières-petits-enfants ? Uniquement des documentaires ? Croyez-vous que dans 150 ans, ils regarderont Shoah ? La majorité de ceux qui seront touchés le seront par le film de Spielberg et les autres fictions…

En avez-vous parlé avec lui ?
Lanzmann est un homme rigide. C'est un peu compliqué d'avoir une conversation avec lui…

Est-ce facile de faire une coproduction avec l'Allemagne sur un tel sujet ?
Ils sont demandeurs, mais de moins en moins. En revanche, les jeunes acteurs le sont. Pour que Lars Eidinger accepte de s'habiller en SS, il faut une implication forte de sa part. D'ailleurs, la première scène qu'on a tourné avec lui a été coupée : Lars s'était mis à sangloter pendant un quart d'heure, c'était bouleversant. Les Allemands sont totalement concernés par ce qui s'est passé, ils sont dans la rédemption, dans un espoir de résilience. Mais n'est-il pas plus facile pour le petit-fils d'une déportée de vivre, que pour le petit-fils d'un nazi ? Là est la vraie question…


L'origine de la violence

De Élie Chouraqui (Fr-All, 1h50) avec Richard Berry, Stanley Weber...

De Élie Chouraqui (Fr-All, 1h50) avec Richard Berry, Stanley Weber...

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Lors d’un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur, Nathan Fabre, découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu ressemblant à son père. Il décide alors de se lancer dans une recherche qui va bouleverser sa vie.


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Marc Chassaubéné : « Nous avons tout fait pour éviter d'engager des frais à perte »

Biennale design | Le président de la Cité du design, vice-président de Saint-Etienne Métropole en charge du design et adjoint à la culture de la Ville de Saint-Etienne, Marc Chassaubéné, revient pour nous sur la décision de reporter la Biennale internationale design de Saint-Etienne d'une année.

Nicolas Bros | Mercredi 10 mars 2021

Marc Chassaubéné : « Nous avons tout fait pour éviter d'engager des frais à perte »

Décaler de quelques mois la tenue de la Biennale n'était pas envisageable ? Cela faisait partie des options qui étaient sur la table, mais il y a plusieurs difficultés. C'est le calendrier des expositions qui s'enchaînent à la rentrée dans les divers lieux de la Biennale, avec des questions de prêts d'œuvres, et des confrontations d'ordre technique. Le report d'un an offre une certaine sérénité par rapport aux conditions sanitaires, même si nous ne sommes plus sûrs de rien malheureusement... La Biennale internationale design de Saint-Etienne devait se dérouler sur 4 mois d'avril à août avec un investissement de 4 M€ et des retombées estimées à hauteur de 8, 5 M€ ? Nous avons donné ce chiffre-là car c'est celui qui était ressorti de l'étude menée à notre arrivée en 2014, avec plus des retombées se situant à plus de deux fois le budget investi dans l'événement. Ensuite, l'ambition de faire se tenir la Biennale sur toute la période estivale correspond à la volonté de donner une dynamique à tout le territoire dans une période de l'année où nous ne sommes pas identifiés jusqu'à aujourd'hui. Le fait d'aller jusqu'à la fin de l'

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CARBONE, bis repetita

ARTS | Porté par la galerie associative Les Limbes, le projet CARBONE 20 propose de repenser la diffusion de l’art actuel et contemporain par les structures (...)

Niko Rodamel | Mercredi 21 octobre 2020

CARBONE, bis repetita

Porté par la galerie associative Les Limbes, le projet CARBONE 20 propose de repenser la diffusion de l’art actuel et contemporain par les structures qui œuvrent au quotidien au sein de leur territoire. Sous la direction de Akim Pasquet, Léa Cotart-Blanco et Linda Roux, la seconde édition de cette Biennale de collectifs et lieux d'artistes met ainsi en lumière comme en résonance des plasticiens et des réseaux qui conservent un lien étroit avec leur quartier, leur ville, leur région et les habitants qui y vivent. Qu’elles soient internationales, nationales ou régionales, les structures invitées forment une communauté d'esprit dans laquelle, chacune à leur manière, toutes s'engagent avec force en faveur des arts plastiques. Le programme promet un riche télescopage d'expositions, des performances et des conférences, un peu partout dans la ville : galeries, librairies, magasins en stand by ou encore dans l’espace urbain. Dix jours de rencontres et d'aventures artistiques hors normes qui forment le précieux reflet d'une création prospective nationale et internationale, à la fois exigeante et populaire. Parmi la trentaine de propositions, le run-space Greenhouse accueillera

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Jacques Weber : « C’est la culture qui fait de nous des Hommes »

Entretien | Début novembre, Jacques Weber propose de redécouvrir Victor Hugo, à Saint-Just Saint-Rambert. Rencontre avec l’un des plus grands hommes de théâtre de son temps… Et peut-être même plus.

Cerise Rochet | Mardi 6 octobre 2020

Jacques Weber : « C’est la culture qui fait de nous des Hommes »

Avec ce spectacle, vous mêlez un peu toutes les facettes de Victor Hugo, en proposant des lectures de ses textes, lettres, discours, poèmes, romans… Qu’est ce qui vous en a donné envie ? Tout a démarré en 2017, pendant la campagne présidentielle. J’ai constaté que de nombreux candidats citaient Hugo, et j’ai essayé de comprendre pourquoi. Le style épique d’Hugo, son lyrisme, ont ceci d’extraordinaire qu’ils parviennent à faire passer toutes ses idées, et condamnent de fait celui qui écoute à la réflexion. Et puis… J’avais aussi envie de dépiédestaliser cet homme, de le mettre à la portée de n’importe quelle oreille. Donc, je l’ai emmené dans ces endroits pleins d’humanité que sont les bistrots. Des endroits où l’on commente, où l’on s’amuse, où l’on discute. Emmener Hugo au bistrot, c’est aussi permettre à des tas de gens qui ne vont pas au théâtre de le redécouvrir… Il ne faut pas avoir de prétention là-dessus, en se disant qu’on va voir des foules se déplacer. Je crois qu’en France, 1% de la population seulement va au théâtre… Mais oui, d’une certaine manière, on peut malgré tout continuer à espérer que cette prop

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Terrenoire, la plénitude poétique à la Stéphanoise

Entretien pop | Il existe des moments d’exception et de plénitude que seuls la culture et l’art peuvent apporter. Le premier album du duo Terrenoire est de ceux-là. Raphaël et Théo Herrerias sont une fierté pour notre territoire stéphanois. De véritables artisans de la subtilité, d’une poésie où la sensibilité et la plénitude ont une place à part. Avec Les Forces Contraires, Terrenoire a envoyé un disque en orbite et tout un pan de vie avec. Rencontre avec des frangins entiers et généreux dans leur art. À l'image des Stéphanois en somme.

Nicolas Bros | Jeudi 1 octobre 2020

Terrenoire, la plénitude poétique à la Stéphanoise

Vous avez reçu un bel accueil médiatique sur votre premier album. Quelle sensation cela vous apporte ? Raphaël : Nous sommes étonnement calmes et sereins. Ce disque était vraiment un gros morceau à sortir d’un point de vue émotionnel mais également en terme de travail, avec des mois et des mois de concentration sur la création. Nous avons éprouvé une certaine fébrilité et une excitation avant la sortie. Les retours que nous avons ne sont que du bonheur, sans vouloir être cliché. Ce sont des moments qui permettent de se souvenir ce pourquoi on fait autant d’efforts pour faire de la musique. On a reçu des mots qui nous font du bien et on s’en souviendra. « Nous avons un rapport émotif, émotionnel et affectif avec ces titres qui est vraiment très agréable. » Cet album, intitulé Les Forces Contraires, regroupe un peu ce qui fait la puissance sonore de Terrenoire, c’est-à-dire un mélange entre ténèbres, amour et lumière. Comment avez-vous construit ce disque ? L’écriture a-t-elle duré longtemps ? Théo : Les premiers titres ont été écrits il

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"Yakari, le film" : Indien vaut mieux que deux tu l’auras

ECRANS | De Xavier Giacometti & Toby Genkel (Fr.-All.-Bel, 1h22)

Vincent Raymond | Mardi 25 août 2020

Parce qu’il a sauvé le mustang sauvage Petit-Tonnerre au péril de sa vie, le petit Sioux Yakari se voit récompensé par son animal-totem, Grand-Aigle : désormais, il aura la faculté de comprendre la langue des animaux. Un don bien utile, car pour l’heure, il est perdu et loin de chez lui… Une thématique inconsciente galopait-elle cette année au festival du film d’animation d’Annecy ? L’Ouest — le vrai —, consacré à travers le magnifique Calamity (à l’automne sur les écrans), sert également de toile de fond à cette nouvelle adaptation de la BD de Derib + Job précédemment transposée par deux fois en série télévisée : en 1982 (de manière aussi calamiteuse que Les Schtroumpfs à la même époque) puis en 2005 sous l’heureuse supervision de Xavier Giacometti. Ce même réalisateur est encore à la manœuvre pour raconter, en investissant aux mieux le grand écran et en usant d’une animation fluide, la “formation“ de Yakari. Il co-signe donc ici une manière de reboot replaçant chacun des protagonistes dans sa fonction ou son histoire — y compris certains, comme Arc-en-ci

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Malik Bentalah : « On cherche tous notre Tchao Pantin ! »

Sonic, le film | Revendiquant son appartenance à la Génération 1990 comme sa culture gaming, Malik Bentalah ne s’est pas fait prier pour prêter sa voix au hérisson bleu de Sega. Un rôle qui lui a permis de dévoiler un registre plus sensible, que l’humoriste aimerait davantage explorer…

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Malik Bentalah : « On cherche tous notre Tchao Pantin ! »

Quel joueur de console étiez-vous ? MB. : C’est bien simple : à l’époque, il y avait la team Super Mario et la team SuperSonic, avec la MegaDrive, j’ai passé des après-midis entières à jouer… quand il n’y avait pas école, bien évidemment. Je joue moins, mais je suis toujours influencé par la culture gaming : j’ai grandi avec le Club Dorothée et les manga. Chez moi, il y a une pièce remplie de figurines, avec de petits tableaux DragonBall Z, Sonic… Quand j’y entre, j’ai l’impression de revenir en enfance, c’est mon bureau de travail, c’est un côté Pixar. Donc quand on m'a appelé pour faire la voix, j'ai dit oui tout de suite, alors que d’habitude je me fais désirer. Comment avez-vous vécu la polémique portant sur la première physionomie du personnage de Sonic ? Attention, je commence à être rodé au niveau des polémiques : Taxi 5, CopyComic… Là, je me suis dit que c’était bon signe, dans le sens où il y a eu un

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Mamacita : La mamatriarche

ECRANS | Documentaire de Jose Pablo Estrada Torrescano (Mex., 1h15)

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Mamacita : La mamatriarche

Bientôt centenaire, la Mexicaine Mamacita n’a rien d’une grand-mère gâteau. Partie de rien, cette femme à poigne ayant réussi à monter une chaîne de salons de beauté, avait fait promettre à son petit-fils parti étudier le cinéma en Allemagne, qu’il lui consacrerait un film. Le voici… Impressionnante, irritante et attachante à la fois… Au fil de ses images, Jose Pablo Estrada Torrescano révèle sans filtre une maîtresse-femme assumant fièrement sa coquetterie et son autorité (voire, son autoritarisme) mâtinée d’une redoutable mauvaise foi chronique. Mais cet aplomb d’acier, conjugué à son tempérament baroque, apparaissent comme les piliers de sa résilience, Mamacita ayant eu à dépasser les revers de fortune de ses parents. Bien que volontiers rudoyé par son aïeule, Jose Pablo Estrada Torrescano va parvenir à force de présence et de bienveillance à lui arracher des confidences très intimes sur son rapport à ses “fantômes“ et lui faire fendre l’armure pour la première fois de sa tumultueuse vie. Mamacita aurait-elle livré toutes ces vérités sans l’interface artéfactuelle de la caméra, et donc la certitude d’une part de postérité ? Rien n’est moins sûr. Ce qu’elle

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"Sonic le film" : Hérisson carré contre Carrey hérissant

ECRANS | De Jeff Fowler (É.-U., 1h40) avec James Marsden, Jim Carrey, Tika Sumpter…

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Exilé sur la planète Terre, le hérisson bleu Sonic vit heureux caché dans une petit ville, jusqu’au jour où il déclenche accidentellement une gigantesque décharge énergétique. Le gouvernement dépêche un savant fou, le Dr Robotnik, pour tirer les choses au clair… La nostalgie n’ayant pas d’âge, chacun·e éprouve une douce mélancolie à la remembrance des décors de sa jeunes. Quand les septuagénaires susurrent Âmes fifties, les quinqua beuglent L’Île aux enfants et les trentenaires s’emparent de leur console pour se taper des parties de Sonic. Point commun à tous ces comportements innocents : la recherche d’un plaisir régressif et irénique ; le retour à ce fameux paradis perdu à l’âge adulte, auquel ils accèdent par saccades lors de ces plongées dans le bleu des souvenirs… ou du logo Sega, en l’occurrence. Sonic le film illustre bien cette quête sans fin (n’est-ce d’ailleurs pas le propre d’un jeu-vidéo d’être construit en quête ?) en révélant le désir un brin réactionnaire des fans de tout retrouver intact — la polémique sur l’évolution morphologie de leur personnage fétiche née de la première bande-annonce en témoigne

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Voyou, ce gentil garnement

Pop | Après des expériences au sein d'Elephanz, Pegase et Rhum for Pauline, Thibaud Vanhooland s'est envolé en solo avec le projet Voyou. Coloré mais aussi profond, l'univers de ce jeune auteur, compositeur et interprète est intéressant. Rencontre avec un artiste qui en a sous le pied.

Nicolas Bros | Mercredi 4 décembre 2019

Voyou, ce gentil garnement

Thibaud, l'environnement et la musique que tu proposes sont finalement un peu en contradiction avec ton nom de scène et tes paroles qui traitent d'une vie citadine parfois cruelle, sans jamais pourtant sombrer dans le cynisme ? Je pense qu’il y a de tout dans la musique comme dans les paroles. Parfois des paroles tristes sur fond de musique plutôt joyeuse, parfois l’inverse, je n’ai pas trop de règle la-dessus tant que les deux se repondent le mieux possible. Tu avais déclaré à nos confrères de France Info : « J'ai beaucoup de mal à laisser des gens toucher au moindre arrangement, j'ai une idée très précise de la musique que je veux faire ». Du coup, as-tu tout contrôlé dans le détail pour ton album "Les Bruits de la ville" ? Oui beaucoup. Après, j’ai quand même coréalisé le disque avec Antoine Gaillet et Diogo Strauss, mais je suis arrivé en studio avec des morceaux deja très arrangés et très proches de leur version finale. Cela nous a laissé le temps de travailler le son, les textures, et d’aller chercher encore un peu plus loin dans les arrangements pour que chaque morceau transmette le plus justement p

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Ça tourne !

Reggae | La société stéphanoise GRINTA Films tourne actuellement un clip pour le reggae man Balik, dans divers quartiers de Saint-Étienne. Profitant de la douceur (...)

Niko Rodamel | Mardi 15 octobre 2019

Ça tourne !

La société stéphanoise GRINTA Films tourne actuellement un clip pour le reggae man Balik, dans divers quartiers de Saint-Étienne. Profitant de la douceur de ce début d'automne, le leader du groupe Danakil a en effet choisi une entreprise ligérienne pour mettre en image son single Ce qu'on achète pas. Une équipe restreinte et mobile est à pied d'œuvre pour trois jours de tournage en lumière naturelle, dans les quartiers de Bergson et de la Cotonne, ainsi qu'à la Cité du design. À l'écran, Balik est accompagné d'une comédienne-danseuse, la sublime Elodie Sénigallia. En recherche de nouveaux réalisateurs pour accompagner le projet solo de Balik, le label Baco Records a donc contacté le Stéphanois Kamir Meridja, à qui l'on doit notamment le documentaire Rude Boy Story que tous les fans de Dub Inc connaissent bien. GRINTA Films a précédemment signé des clips plutôt bien léchés pour un grand nombre de groupes parmi lesquels Nosfell, Barrio Populo, Röyksopp, Apple Jelly, Keny Arkana ou encore John Tejada. Rappelons que Balik sera sur la scène du Clapier le 22 novembre.

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Axel Kahn : « Un combat magnifique et incontestable »

Culture scientifique | Axel Kahn, médecin, ancien chercheur en génétique et président d'université, essayiste humaniste est devenu président de la Ligue contre le cancer en juin 2019. Il sera de passage à Saint-Étienne jeudi 26 septembre pour une conférence à propos d'un de ses sujets de prédilection : l'éthique. Rencontre avant sa venue en terres foréziennes.

Nicolas Bros | Mercredi 18 septembre 2019

Axel Kahn : « Un combat magnifique et incontestable »

Vous êtes président de la Ligue contre le cancer depuis fin juin 2019. Comment cette nouvelle mission se passe ? Axel Kahn : Cela se passe de manière intense. C'est un combat magnifique et incontestable. Je le dis assez souvent, il est rare que l'on mène une action, un combat qui ne peuvent être contestés. Ici, on lutte contre les cancers et personne ne peut être pour les cancers. On lutte en faveur des personnes malades et personne ne peut être contre ces personnes malades. Cela étant dit, l'éventail de ce qu'il y a à faire contre le cancer, qui est un véritable fléau de société, frappant toutes les familles, est tel que, même lorsqu'on a fait tout ce qu'il était possible de faire compte tenu des heures ouvrées, de la nécessité de dormir un tout petit peu, on n'a malgré tout jamais assez fait. Cela associé à la structure compliquée de la Ligue fait que c'est une tâche extrêmement prenante. Néanmoins, c'est une grande satisfaction. Lutter de toutes nos forces pour éviter que les jeunes tombent dans les trois grandes causes de cancer que sont le tabac, l'alcool et la malbouffe/obésité.

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La lune à l'affiche

Culture scientifique | C'est à notre plus grand voyage que le planétarium rend hommage. Pour célébrer le cinquantenaire de la mission Apollo 11, l'entreprise anglaise NSC Créative a réalisé en images de synthèse et d'archives, le documentaire, "L'Aventure Apollo". Traduit en version française par le planétarium de Saint-Étienne, le film en 3D est disponible pour les amateurs et les passionnés sous le dôme stéphanois.

Antoine Desvoivre | Lundi 24 juin 2019

La lune à l'affiche

Il y a un demi-siècle déjà (le 20 juillet 1969), Neil Armstrong prononçait la phrase emblématique, « c'est un petit pas pour un homme, et un bond de géant pour l'humanité ». Poser le pied sur le satellite naturel de la Terre est un exploit technique et humain qui n'a plus été réitéré depuis la mission Apollo 17 en 1972. Une telle odyssée n'est pas le seul accomplissement des astronautes embarqués à bord des fusées, mais la résultante du travail de plus de 400 000 techniciens, scientifiques et ingénieurs, d'investissements financiers colossaux et d'une rivalité exacerbée entre les blocs Est et Ouest de la guerre froide. Du satellite Spoutnik jusqu'au programme Apollo, puis la création de la Station Spatiale Internationale (ISS), le documentaire retrace toutes les étapes de la conquête spatiale. Accessible à tous les publics, dès sept ans, le film reste instructif même pour un amateur passionné d'espace. « Il y a des aspects intéressants qui sont traités. Par exemple on évoque les personnes qui ont travaillé au développement des missions, explique Laurent Asselin, animateur scientifique au planétarium. Il se trouve que c'est des femmes qui dirige

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Ivan Calbérac : « D’un traumatisme, j’ai essayé de faire une histoire drôle »

Venise n’est pas en Italie | Comme un prolongement logique de son roman et de son spectacle, Ivan Calbérac a réalisé le film semi-autobiographique Venise n’est pas en Italie. Une démarche cathartique qui prend la forme d’une comédie, dont il s’est ouvert lors des Rencontres d’Avignon, mais aussi de Gérardmer…

Vincent Raymond | Mercredi 29 mai 2019

Ivan Calbérac : « D’un traumatisme, j’ai essayé de faire une histoire drôle »

L’aventure de Venise n’est pas en Italie a commencé il y a longtemps pour vous… Oui, elle en partie autobiographique parce que mes parents me teignaient les cheveux en blond de sept à treize ans — ouais, c’est moche (rires). À l’époque, ils m’avaient convaincu que j’étais plus beau comme ça. Je pensais que c’était dans mon intérêt, donc j’étais complètement consentant et même limite coopératif : je demandais ma teinture — j’étais vrillé de l’intérieur. Mais en même temps, j’en avais super honte : j’avais toujours peur qu’on dise : « Aïe aïe, il a les cheveux teints, la honte ! », et à 14-15 ans, j’ai voulu arrêter, ils m’ont dit OK. La plupart de mes amis qui me connaissaient à cet âge-là n’étaient pas au courant. Et puis j’ai grandi et à l’âge de 38-40 ans, cette histoire est redevenue présente. De cette sorte de traumatisme, j’ai essayé de faire une histoire drôle en la racontant d’abord comme un roman. Mais j’avais tout de suite en tête l’envie d’en faire un film, parce que je voyais un road-movie, plein d’images.

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Audrey Diwan : « Le doute m’a permis d’avancer »

Mais vous êtes fous | Pour son premier long métrage, Mais vous êtes fous, l’ancienne journaliste Audrey Diwan s’est penchée sur une histoire d’addiction à fragmentation multiple. Propos rapportés des Rencontres du cinéma d’Avignon et de Gérardmer.

Vincent Raymond | Mercredi 24 avril 2019

Audrey Diwan : « Le doute m’a permis d’avancer »

Pourquoi ce titre ? Audrey Diwan : Je voulais donner un élan. Quand il y a une pulsion dramatique, on ne va pas la renforcer par quelque chose de triste — surtout que j’ai l’impression que le film n’est pas forcément comme ça. Et puis j’avais envie d’un titre inclusif pour les deux personnages du couple Céline Sallette et Pio Marmaï. Comment vous êtes tombée sur ce fait divers ? J’ai rencontré par hasard la femme dont est tirée l’histoire vraie — ce qui ne veut pas dire que c'est son histoire parce que derrière on a pas mal fictionnalisé. Et j’ai était bouleversé par cette femme qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, parce qu’elle venait de découvrir que son mari souffrait d’une grave addiction, que sa famille était contaminé. Elle était surtout pleine de questions, sidérée et puis bouleversée pour elle mais aussi pour lui. C’était quelqu’un capable de sentiments très forts. J’ai longtemps pensée à elle, jusqu’à apprendre quelle avait été la résolution de cette histoire,

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Pierre Jolivet : « Mon luxe ? Je ne fréquente pas de cons »

Victor et Célia | Aux Rencontres d’Avignon, puis à celles de Gérardmer, Pierre Jolivet a présenté son nouveau couple de cinéma, Victor et Célia. Deux jeunes gens d’aujourd’hui combatifs, épris l’un de l’autre autant que de leur liberté. Il en a aussi profité pour parler de l’état de la production hexagonale à l’heure de Netflix…

Vincent Raymond | Mercredi 24 avril 2019

Pierre Jolivet : « Mon luxe ? Je ne fréquente pas de cons »

Est-il plus difficile de faire un film ou d’ouvrir un salon de coiffure ? Pierre Jolivet : Je ne sais pas… Il y a de l’entrepreneuriat dans les deux. Faire un film, c’est aussi monter une petite entreprise de plusieurs millions en deux-trois ans. Je n’ai jamais ouvert un salon de coiffure ! À la différence des deux petits coiffeurs qui m’ont inspiré le film. Au départ, j’étais allé me faire couper les cheveux dans un petit salon du XVe, là où j’habite. Ils étaient stressés parce que j’étais leur premier client, et ils m’ont raconté leur histoire. Qu’ils ne dormaient plus, qu’ils s’étaient endettés, qu’ils souffraient et étaient exaltés en même temps par la liberté qu’ils avaient. C'est ce mélange, cette vibration très particulière du passage à l’acte que j’ai essayé d’attraper. La thématique des petites entreprises vous tient à cœur… Celle des chômeurs aussi, beaucoup…J’ai grandi dans une banlieue populaire où il y avait plein de petites entreprises qui, maintenant on disparu. Si no

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Christian Olivier : « Tout ce qui peut faire remuer les choses m'intéresse »

Chanson | Christian Olivier, chanteur emblématique des Têtes Raides, a sorti un second album solo en juin dernier. Intitulé "After/Avant", cet opus reste dans une veine engagée et musicalement intéressant pour son ouverture à des sons différents de ce dont nous a habitué l'intéressé. Rencontre avec Christian Olivier, avant son passage au Clapier ce vendredi 21 décembre.

Nicolas Bros | Lundi 17 décembre 2018

Christian Olivier : « Tout ce qui peut faire remuer les choses m'intéresse »

Pourquoi avoir fait le choix de vous lancer en solo en 2016 avec On/Off. Était-ce pour faire une pause avec Les Têtes Raides ? Oui, il était temps de faire une petite pause. Il y avait eu plus de 25 ans de route. C'était une manière de "breaker" un peu et de se ressourcer. J'avais le désir de continuer de faire de la musique, de poursuivre mes histoires graphiques, de lectures musicales, de bande originale de films... Concernant On/Off, j'avais envie d'essayer de nouvelles choses, de travailler avec des gens différents... Par exemple, Edith Fambuena à la réalisation et ça a vraiment été un plaisir. Ça m'a permis de me mettre dans une autre situation. Sur After/Avant, avez-vous travaillé avec la même réalisatrice ? Non, je l'ai fait avec un mec rencontré en studio et avec qui je me suis très bien entendu. Il s'appelle Félix Remy. On a enregistré au studio Pigalle à Paris. Il a vraiment cerné mes attentes. En chemin, je me suis mis à travailler avec Peter Combard, un des deux guitaristes avec qui j'avais déjà travaillé sur On/Off et qui est venu m'épauler sur les machines pour ce deuxième album. F

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Therapie Taxi : « Être cru est un exercice qui nous plaît, assez grisant »

Pop | Phénomène générationnel du moment chez les millennials multipliant les concerts sold-out, les Français de Therapie Taxi font mouche aux commandes d'une pop frondeuse et tubesque dont les textes explicites et cathartiques cachent une forme de romantisme décadent. Explication de textes avec la chanteuse du groupe, Adé, à l'occasion de la réédition augmentée de leur album "Hit Sale" et d'un concert (sold-out, forcément) au Fil.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 décembre 2018

Therapie Taxi : « Être cru est un exercice qui nous plaît, assez grisant »

Therapie Taxi c'est d'abord le contraste entre une forme très tubesque et un fond assez noir et violent. Mais surtout des textes très crus et un sujet récurrent, le sexe, abordé très frontalement. Comment avez-vous défini cette approche, assez nouvelle hors du rap ? Adélaïde Chabannes de Balsac, dite Adé : On ne l'a pas vraiment définie. C'est un peu arrivé comme ça. Le premier parti pris a été de chanter en français. C'est un choix qu'on a fait très tôt, avant même de s'appeler Therapie Taxi. On avait commencé à chanter en anglais, comme tout le monde, mais on a vite vu que c'était assez pourri (rires). Et puis, ça nous a amené une certaine liberté par rapport aux textes, davantage dans l'intimité de ce qu'on raconte. Il y a d'abord eu Salop(e) que Raph [le chanteur du groupe – NDLR] ava

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Première vidéo "Dans l'Oeil du Petit Bulletin Saint-Étienne"

Nouveau format d'interview | Nouveau format pour le Petit Bulletin Saint-Étienne avec le lancement des interviews vidéos avec un invité à la rédaction. Pour le début, c'est Olivier (...)

Nicolas Bros | Jeudi 22 novembre 2018

Première vidéo

Nouveau format pour le Petit Bulletin Saint-Étienne avec le lancement des interviews vidéos avec un invité à la rédaction. Pour le début, c'est Olivier Bachelard de l'association Face à Face qui s'est prêté au jeu. Vous pouvez retrouver cette première juste en -dessous. N'hésitez pas à partager cette vidéo et à nous donner votre avis sur notre page Facebook.

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Un festival, des fiertés

Festival ciné | Le festival du film LGBTI+ stéphanois, Face à Face, revient pour sa 14e édition avec dans sa besace forcément quelques pelloches à découvrir mais également des (...)

Nicolas Bros | Mercredi 31 octobre 2018

Un festival, des fiertés

Le festival du film LGBTI+ stéphanois, Face à Face, revient pour sa 14e édition avec dans sa besace forcément quelques pelloches à découvrir mais également des rencontres organisées autour de thèmes d'actualité (homoparentalité, discrimation liée à l'orientation sexuelle dans le football, dans l'armée ou des régions telles que la Tchétchénie...). L'objectif premier d'un tel événement reste par conséquent, de créer des temps d'échange entre des publics divers sur des questions de sociétés importantes. Ce sera le cas, par exemple, le samedi 24 novembre à 14h30 au foyer du Méliès Saint-François où des parents LGBT ainsi que des professionnels (avocat, notaire...) viendront discuter de la situation des familles homoparentales. Mais si le festival offre ces temps forts de partage et d'écoute, il reste également une belle opportunité de découvrir des films parfois peu diffusés. Parmi les oeuvres présentées cette année, citons Stonewall du réalisateur Roland Emmerich (Independance Day, Godzilla...) qui évoque les émeutes de 1969 à New-York ou encore l'improbable Femme au foyer extra-terreste contre zombie gay - tout un programme - et la présence d'Arielle Dombasle, marraine du

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Jeanne d’Arc sort le costard à Payet

Humour | Alors que le cinéma français lui fait les yeux doux depuis une petite dizaine d’années, Manu Payet remonte sur scène pour un deuxième one-man où il se livre… quasi entièrement. Rencontre.

Cerise Rochet | Mercredi 31 octobre 2018

Jeanne d’Arc sort le costard à Payet

Pourquoi un deuxième spectacle 10 ans après le premier ? La scène vous manquait ? Je crois que j’ai juste été pas mal occupé… Lorsqu’on a arrêté de tourner avec le 1er spectacle, je suis parti sur des films, et puis vous savez, je suis un garçon, je ne peux faire qu’une seule chose à la fois ! Et puis le public a semblé être demandeur d’un nouveau spectacle. Je me suis finalement laissé amadouer par les petits mots trop charmants des gens. Pas trop difficile, de se retrouver tout seul, après de nombreuses aventures collectives ? En fait, je suis vraiment très heureux de retrouver la scène. Ça aurait été con de ne pas y aller. J’avais oublié cette sensation, la scène, c’est un saut en parachute, un vertige que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Je trouve qu’il y a une limite très ténue entre se raconter et concerner tout le monde, et se raconter et gêner tout le monde. Dans ce spectacle, vous vous racontez, beaucoup… Ce n’est pas un peu impudique, de parler de soi comme ça ? Je trouve qu’il y a une limite très ténue entre se raconter et concerner t

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Michel Bussi : « Très fier d'être le parrain cette année »

Fête du livre | Le Normand Michel Bussi, professeur de géographie à l'université de Rouen, est également un écrivain à succès. Parrain de la 33e édition de la Fête du livre, il présentera Sang Famille, son dernier ouvrage et sera omniprésent entre dédicaces, Mots en scène et débats. Rencontre.

Nicolas Bros | Mardi 2 octobre 2018

Michel Bussi : « Très fier d'être le parrain cette année »

Que représente pour vous le fait d'être parrain de la Fête du livre de Saint-Étienne ? Michel Bussi : Je suis venu déjà à trois reprises à la Fête du livre et j'ai beaucoup aimé l'ambiance très particulière qui règne dans ce salon, son originalité... Je suis très fier d'en être le parrain cette année. C'est un événement regroupant le livre, le théâtre, la musique... Il y a énormément de choses qui se passent dans ce salon. Ce n'est pas seulement venir signer des livres, c'est une véritable fête. Rendre le livre le plus accessible possible, le mélanger à plein d'autres émotions, c'est ça qui m'a plu. Qu'est-ce que vous aimez particulièrement à Saint-Étienne ? C'est objectivement un des plus gros salons en France, tout en restant à taille humaine. On ne ressent pas cette oppression qui peut se faire ressentir dans certaines grosses manifestations littéraires gigantesques, qui peuvent perdre leur âme. À Saint-Étienne, ça reste très populaire, organisé avec de nombreux événements. Ça me fait un peu penser à Quais du polar dans cette volonté d'être original tout en restant proche des lecteurs. La Fête du livre est au cœur de l

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Jean-Pierre Mocky à Saint-Étienne

Rencontre | Le réalisateur - mais aussi metteur en scène, interprète, scénariste, monteur, producteur et distributeur - Jean-Pierre Mocky sera à Saint-Étienne ce (...)

Nicolas Bros | Mercredi 19 septembre 2018

Jean-Pierre Mocky à Saint-Étienne

Le réalisateur - mais aussi metteur en scène, interprète, scénariste, monteur, producteur et distributeur - Jean-Pierre Mocky sera à Saint-Étienne ce week-end. Celui à qui nous devons des œuvres telles que Solo (1969), À mort l'arbitre (1984), Y a-t-il un Français dans la salle ? (1982) ou encore Bonsoir (1992), viendra au Gran Lux (site Mosser - quartier Bellevue) samedi 22 et dimanche 23 afin de présenter deux de ses films, L'Albatros (samedi 22 septembre à 22h00) et Votez pour moi (dimanche 23 septembre à 20h30), mais également La Loi de l'Albatros de Charles Schnaebele & Virgile Tyrode (samedi 22 septembre à 20h30) et L'ïle Nue de Kaneto Shindo( dimanche 23 septembre à 17h00). Il est également prévu une "conversation avec Jean-Pierre Mocky" samedi 22 septembre à 17h00. Un week-end avec Jean-Pierre Mocky, samedi 22 et dimanche 23 septembre au Gran Lux (site Mosser - Bellevue) Programmation complète disponible sur cette page

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Les 18 coups de 2018

LES FILMS DU SEMESTRE | Avant d’enflammer le dancefloor du réveillon en éclusant (avec modération) la sangria cuvée Gaspar Noé, il vous reste quelques films à siroter. Auxquels vous pouvez ajouter des Animaux fantastiques, des Portraits XL d’Alain Cavalier, ou une visite du Donbass…

Vincent Raymond | Mardi 18 septembre 2018

Les 18 coups de 2018

Les Frères Sisters de Jacques Audiard (19 septembre) Escorté par son inséparable partenaire et coscénariste Thomas Bidegain, Jacques Audiard traverse l’Atlantique pour conter l’histoire de deux frères chasseurs de primes contaminés par la fièvre de l’or. Porté par l’inattendue fratrie John C. Reilly/Joaquin Phoenix — à l’œil puant le vice et la perversité — ce néo western-pépite empli de sang et de traumas ne vaut pas le coup, non, mais le six-coups ! Un peuple et son roi de Pierre Schoeller (26 septembre) Pierre Schoeller semble multiplier les résonances entre 1789 et 2018 dans cette épopée à hauteur d’Histoire et de personnages qui semble fusionner L’Exercice de l’État et Versailles. Le projet est un peu bancal, mais la distribution hallucinante et terriblement d’actualité. Alors, ça ira, ça ira… Amin de Philippe Faucon (3 octobre)

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Ô rage, ô désespoir

SCENES | Après s’être attaqué à Shakespeare, Thomas Jolly transporte les amoureux des grands auteurs dans l’Antiquité romaine, en mettant en scène la tragédie la plus (...)

Cerise Rochet | Mardi 4 septembre 2018

Ô rage, ô désespoir

Après s’être attaqué à Shakespeare, Thomas Jolly transporte les amoureux des grands auteurs dans l’Antiquité romaine, en mettant en scène la tragédie la plus sombre de Sénèque. Un combat fratricide, de la tromperie et du cannibalisme… L’horreur absolue. Destin tragique, que celui de Thyeste, par lequel Jolly dissèque l’instinct animal qui, en chaque homme, peut parfois mener aux violences les plus abominables. Thyeste, du 16 au 19 octobre à 20 heures à la Comédie de Saint-Étienne

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Michel Saint-Jean : la hauteur du politique

Portrait cinéma | Avec Brizé, Pawlikowski et Lee Chang-dong en compétition et trois autres réalisateurs dans les sections parallèles, le distributeur et producteur Michel Saint-Jean a savouré « comme si c’était le premier » le festival de Cannes 2018. Affable mais discret, le patron de Diaphana y fait souvent résonner des voix indépendantes et engagées. Rencontre.

Vincent Raymond | Mardi 5 juin 2018

Michel Saint-Jean : la hauteur du politique

Même si rien ne vient jamais amenuiser son prestige, la rumeur prétend que son éclat s’estompe avec le temps. C’est un fait chimique : l’oxydation est la pire ennemie des César. Celui décorant discrètement le bureau de Michel Saint-Jean a de fait gagné son pesant de patine. Sans doute s’agit-il de la statuette remportée en 1999 avec La Vie rêvée des anges ; sa petite sœur conquise en 2009 pour Séraphine demeurant chez ses producteurs. Un trophée du meilleur film toutes les années en 9, comme pour célébrer chaque nouvelle décennie de sa société Diaphana fondée en 1989… Le distributeur peut toucher du bois pour 2019. Et pourquoi pas grâce à En guerre, la nouvelle réussite de Stéphane Brizé. Ce « combat pour la dignité et la justice allant au-delà de la photographie de la délocalisation », s’inscrit dans la cohérence des près de 350 films qu’il a portés sur les écrans depuis ses débuts, où l’on croise le Lucas Belvaux de la géniale Trilogie ou de La Raison du plus faible, presque tout Robert G

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Rembobine ton mobile

Concours courts métrages | Les 15/25 ans stéphanois (résidents ou scolarisés) sont appelés par la Ville de Saint-Étienne à participer à la 3e édition de Mobi Film, concours de courts-métrages (...)

Nicolas Bros | Mercredi 21 mars 2018

Rembobine ton mobile

Les 15/25 ans stéphanois (résidents ou scolarisés) sont appelés par la Ville de Saint-Étienne à participer à la 3e édition de Mobi Film, concours de courts-métrages réalisés à l'aide d'un smartphone. Avec pour thème le "body shaming" ou le fait de blâmer un être humain pour l'apparence de son corps, ce tremplin verra une sélection finale de 10 films présentée au Méliès Jean Jaurès le 29 mai 2018. Pour participer, les candidats doivent envoyer leur film court (2 à 3 minutes maximum) tourné à l'aide d'un smartphone de qualité 720, sur CD, clé USB ou lien internet avant le 30 avril prochain. Pour ce dépôt, les participants doivent se tourner vers l'Espace Info Jeunes : 6, rue de la Résistance 42000 Saint-Étienne 04 77 48 77 00 saintejeune@saint-etienne.fr

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Les héros débarquent à Saint-Étienne

Manga, Cosplay, Comics & co | Né à Marseille en 2014, le HeroFestival est un concept de salon dédié aux "cultures de l'imaginaire" allant des Comics aux films en passant par les mangas, (...)

Nicolas Bros | Jeudi 8 mars 2018

Les héros débarquent à Saint-Étienne

Né à Marseille en 2014, le HeroFestival est un concept de salon dédié aux "cultures de l'imaginaire" allant des Comics aux films en passant par les mangas, les BD, les jeux de rôles ou les jeux vidéo. Accueillant chaque année des professionnels et des amateurs, collectionneurs ou, artistes ou simples visiteurs, la recette de l'événement a réuni plus de 44 000 personnes lors de sa dernière édition phocéenne en novembre 2017. Cette même année, une version grenobloise a vu le jour. En juin 2018, ce sera au tour du Parc Expo de Saint-Étienne de voir débarquer le foisonnant univers de ce festival. Au programme, plus de 8 000 m² intérieurs et 2 000 m² extérieurs dédiés à 4 univers : Krypton (univers Amérique), Brocéliande (univers Europe), Konoha (univers Asie) et Ludopolis (espace jeux video et nouvelles technologies). Au programme, des démos, des conférences, des ateliers, concours de cosplay, rencontres et dédicaces avec des auteurs, illustrateurs, YouTubeurs, comédiens de doublage, champions e-sport... HeroFestival Saint-Étienne Chapitre 1, les 2 et 3 juin au Parc Expo à Saint-Etienne Plus d'infos sur c

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Comme c'est curieux

Festival | Pour sa 39ème édition, le festival de films Curieux Voyageurs prend davantage d'ampleur. Du 9 au 11 mars, au total 37 séances et 25 films seront proposés aux visiteurs entre le Centre des congrès, l'amphi annexe de l'école des Mines mais également pour la première fois au Planétarium.

Aliénor Vinçotte | Mardi 6 mars 2018

Comme c'est curieux

Pour sa 39e édition, Curieux Voyageurs revient avec une mosaïque de 25 films de voyage — autant de pays, de cultures et de terrains infinis révélés par des aventuriers partageant leurs expériences vécues avec la caméra. Créé il y a près de 40 ans par cinq amis passionnés, le festival n’a cessé d’étendre son territoire ; en 2017, 16 000 “curieux” étaient ainsi venus le visiter. Au programme du millésime 2018, les spectateurs pourront suivre un chef papou dans son combat pour la protection de la nature, marcher sur les traces de la voyageuse Ella Maillart, ou encore grimper le redouté K2 avec l’alpiniste Sophie Lavaud. À l’issue des projections, des rencontres seront organisées avec les aventuriers-réalisateurs — mais aussi avec un responsable d’Amnesty International dans la foulée de Le Vénérable W réalisé par Barbet Schroeder, troisième volet de sa Trilogie du Mal, où il raconte l’histoire d’un moine bouddhiste birmane très influent prônant la violence.

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"Liberté 13 films-poèmes de Paul Éluard" : Graines d’Éluard

Animation | de 13 réalisateurs (Fr., 0h42) animation avec les voix de Isabelle Carré, Denis Podalydès, Christian Pfohl

Vincent Raymond | Mercredi 7 mars 2018

Ils sont 13 jeunes cinéastes achevant leur formation dans les plus prestigieuses écoles d’animation, et toutes et tous ont planché sur quelques vers de Paul Éluard (1895-1952), livrant leur vision originale de son univers poétique. En tout liberté, bien entendu. S’inscrivant dans la suite des programmes de courts métrages dédiés à Prévert et Apollinaire, ce nouveau florilège de la série En sortant de l’école met en lumière l’œuvre d’un “apparenté surréaliste” dont la notoriété est souvent, hélas, réduite au seul — et incontournable — Liberté… Sa délicatesse, en amour comme en fantaisie, s’avère un combustible merveilleux pour de jeunes illustrateurs dont l’inspiration carbure à l’éclectisme. Et si le tableau final tient du coq-à-l’âne stylistique, des grandes lignes thématiques s’y répondent comme ce sentiment indicible qu’est l’attachement (moins grandiloquent que la passion et plus profond) ou la fascination pour la mer. On notera également quelques stupéfiantes réussites graphiques, tels Poisson de Arthur Sotto (minimaliste, mais d’u

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Haroun : « L'humour ne doit pas vexer »

Humour | Incontournable sur YouTube où il a successivement "cassé la télé", organisé une "tournée des barbeuks" et mis en ligne des sketchs et spectacles inédits, le jeune humoriste Haroun est désormais en tournée. Il passera au Centre des Congrès pour le festival des Arts Burlesques avec un seul mot d'ordre : #OnRigoleBienSaintEtienne !

Nicolas Bros | Mardi 6 février 2018

Haroun : « L'humour ne doit pas vexer »

Vous avez débuté par l'impro et la danse hip-hop. Comment en êtes-vous arrivé à l'humour ? Haroun : J'ai toujours voulu faire de l'humour. L'idée a germé assez tôt dans ma tête. Un jour, un ami m'a inscrit en secret à un festival de café-théâtre étudiant. J'ai eu un mois pour écrire un sketch, je l'ai fait et cela a très bien marché. J'ai eu envie de poursuivre sur le format "seul-sur-scène", en stand-up. Le stand-up correspond à la contrainte de devoir jouer dans différentes scènes ouvertes, avec seulement un micro. Cette simplicité m'a plu et j'ai commencé à me produire dans ces salles presque tous les soirs au cours de l'année 2015. Vous êtes passé par le Jamel Comedy Club et d'autres scènes. Qu'est-ce que cela apporte ? Le Jamel Comedy Club correspond à un moment où j'avais déjà une expérience scénique avancée. C'est en faisant des scènes ouverte, avec très peu de spectateurs, que l'expérience se forge. Il faut essayer de capter un public qui ne vous attend pas forcément, en quelques minutes, au milieu d'une liste d'humoristes qui se succèdent. C'est là que l'on apprend à jouer avec les silences, avec son rythme, a

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"Les Films de l’été" (Rien sauf l’été/Le temps de l’été) : Être ou avoir l’été

ECRANS | Loin des clichés plage/montagne, cet assemblage de deux courts métrages ultra primés propose deux “faces B” de l’été se déroulant dans des “non-lieux“ de (...)

Vincent Raymond | Mercredi 10 janvier 2018

Loin des clichés plage/montagne, cet assemblage de deux courts métrages ultra primés propose deux “faces B” de l’été se déroulant dans des “non-lieux“ de vacances, avec des personnages pour le moins décalés. L’étrangeté ambiante doit sans nul doute aux ascendances belges des films ; un je-ne-sais-quoi d’absurdité faisant écho à cette intangible sensation que, durant la saison chaude, tout est possible. Et l’éternité, à portée de main. Vague décalque fantaisiste de L’Année dernière à Marienbad croisé avec Le Diable par la queue, Rien sauf l’été projette un jeune homme en recherche de quiétude dans un château en réfection, peuplé d’une famille bizarre mais accueillante. Quant au Temps de l’été, il suit l’autoroute vers le sud de la France en compagnie d’un fils, de son père et du vieux pote suicidaire de ce dernier. Dans les deux cas, les instants de vie se succèdent et s’empilent, sans qu’il y ait forcément d’histoire à raconter : le moment est capturé dans la fugacité de son évocation, comme la fraîcheur d’une glace à l’eau ou la morsure c

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Rone : "Faire un album plus solaire"

Electro | Le funambule électronicien Rone est de retour avec "Mirapolis", un quatrième album plus coloré et aux sons mêlant encore davantage électronique et organique. Sublimé par une pochette et un univers dessiné par Michel Gondry, cet opus est une envolée dans les méandres d'une ville magique où Erwan Castex (vrai nom de Rone) nous guide.

Nicolas Bros | Mardi 28 novembre 2017

Rone :

Mirapolis est beaucoup moins sombre que Creatures, votre opus précédent. Pourquoi un tel changement ? Il y a une part d'inconscient là-dedans. Les compositions sont très liées à des périodes de ma vie. Pour Creatures, je traversais un moment un peu difficile et je pense que cela a déteint sur ma musique. En commençant Mirapolis, je souhaitais faire un album plus solaire car je m'étais rendu compte qu'il existait une certaine noirceur dans Creatures. Mais je ne suis finalement pas totalement maître de cela. Quand je compose, je me laisse porter par la musique. Le résultat peut inclure de la mélancolie. D'ailleurs, Mirapolis contient tout de même une grande part de mélancolie... Oui, mais je pense que ce disque est plus contrasté que le précédent. Il possède quelque chose de mélancolique tout en tirant vers le haut, en étant plus joyeux. Vous vous êtes encore entouré de nombreux artistes dont Saul Williams, Baxter Dury ou John Stanier (B

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CharlÉlie Couture : « J'ai souvent comparé mon activité à celle d'un triathlète »

Interview | Avec "Lafayette", son vingtième album studio enregistré en Louisiane, CharlÉlie Couture, artiste touche-à-tout (peinture, photo, littérature et bien entendu musique) a sorti un album fort qui marque le retour "haute-couture musicale" pour le plus Américain des Nancéens. Explications de texte avant son passage en novembre à la Forge pour les Oreilles en Pointe et en janvier au Théâtre des Pénitents à Montbrison.

Nicolas Bros | Mardi 31 octobre 2017

CharlÉlie Couture : « J'ai souvent comparé mon activité à celle d'un triathlète »

Quelle a été la motivation vous ayant poussé à aller enregistrer cet album en Louisiane ? Il y a eu plusieurs motivations à ce choix. La première était que, installé aux États-Unis, à New-York, depuis une quinzaine d'années, je porte en moi cette double appartenance à la culture française et américaine. Par ailleurs, avec le nom de CharlÉlie qui est le mien, les gens me demandaient d'où je venais, imaginant qu'avec un tel nom je pouvais être cajun ou autre... Enfin, la "pulse" que j'ai dans la main gauche est davantage du Sud que de la Côte Est des USA. Toutes ces choses ont fait que j'avais envie d'aller voir en Louisiane à quoi cela ressemblait. Cet album est une sorte de concentré de toute votre carrière, avec un côté très personnel ajouté à une belle ouverture ? Je crois qu'il y a ce que l'on est et ce que l'on représente. Je me suis efforcé tout au long de ma carrière d'expérimenter des choses très diverses, aussi bien quand j'ai fait la musique de Tchao Pantin que lorsque je travaillais des musiques

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Brigitte Giraud : « Je suis devenue écrivain pour écrire ce livre »

Rencontre | Avec Un Loup pour l'homme, nominé pour les prix Goncourt et Fémina, Brigitte Giraud livre le roman qui l'habitait depuis toujours et l'histoire dont elle est issue. Celle d'Antoine, un appelé d'Algérie qui découvre en soignant les autres les horreurs de cette guerre dont tout le monde tait le nom. Et de sa femme venue donner la vie sur ce théâtre de mort.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 octobre 2017

Brigitte Giraud : « Je suis devenue écrivain pour écrire ce livre »

Un Loup pour l'homme romance l'expérience de votre père durant la guerre d'Algérie et de votre mère qui l'a rejoint pour vous mettre au monde. Comment ce qui était au départ un sujet familial est devenu un sujet littéraire ? Brigitte Giraud : De plus en plus, je pense être devenue écrivain pour écrire ce livre. Sur ma carte d'identité, il est écrit « née à Sidi-Bel-Abbès, Algérie » et ce mot, Sidi-Bel-Abbès, est devenu quelque chose de très intime. J'avais ça dans un coin pas tellement reculé de ma tête mais cela m'effrayait d'ouvrir la boîte noire contenant ce qui s'était passé pour mon père pendant la guerre d'Algérie. Il fallait que je prenne le temps de parler avec lui. Ce n'était pas impossible ou tabou mais parfois il faut des années pour s'embarquer sur une voie aussi forte. Il fallait aussi que je me sente un peu plus armée en tant qu'écrivain pour construire un objet littéraire à partir de cela. Et d'un autre côté, ce qui m'a fait ouvrir cette boîte, c'est que je voulais le faire pendant qu'il était temps. Vous n'en aviez jamais parlé avec votre père ? Mon père disait simplement qu'il n'avait ja

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Arnaud Meunier : « Rendre vivant le théâtre populaire »

SCENES | Directeur de La Comédie de Saint-Étienne depuis 2011, Arnaud Meunier a fait de l’ouverture à la diversité et de la programmation d’auteurs vivants sa marque de fabrique. Il nous explique comment La Nouvelle Comédie lui donne les moyens de plus grandes ambitions.

Houda El Boudrari | Mardi 12 septembre 2017

Arnaud Meunier : « Rendre vivant le théâtre populaire »

Que symbolise cette nouvelle Comédie pour la ville, sa politique culturelle et son rayonnement national, voire international ? Cette nouvelle Comédie s’inscrit pleinement dans le renouveau de l’image de Saint-Etienne à travers trois grands marqueurs que sont le design, le sport et la culture, avec sur ce dernier volet une importance singulière pour le théâtre. Car il ne faut pas oublier que la ville a été pionnière dans la politique de décentralisation menée après-guerre avec la création par Jean Dasté de La Comédie de Saint-Etienne en 1947, juste après le CDN de Colmart. La visibilité du théâtre stéphanois se mesure au nombre de représentations des spectacles produits par La Comédie de Saint-Étienne et au prestige des lieux qui les accueillent. Truckstop 1, a été programmé l’année dernière au In du festival d’Avignon pour la première fois depuis 45 ans. Grâce aux moyens techniques de notre nouveau bâtiment, nous pourrons désormais produire des spectacles de plus grande envergure, qui représenteront dignement le théâtre stéphanois. Ma

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Mathieu Boogaerts : « La chanson, je l’ai au bout de la langue »

MUSIQUES | Vous avez déclaré pouvoir « passer plus de 25 heures à parler de vos chansons », est-ce vrai ? Tout à fait, j’en parle bien dans le sens où je maîtrise le (...)

Nicolas Bros | Vendredi 2 juin 2017

Mathieu Boogaerts : « La chanson, je l’ai au bout de la langue »

Vous avez déclaré pouvoir « passer plus de 25 heures à parler de vos chansons », est-ce vrai ? Tout à fait, j’en parle bien dans le sens où je maîtrise le sujet, je suis très loquace et j’aime bien expliquer ce que je fais. Par contre, il demeure une zone de mystère, à savoir pourquoi j’ai envie de faire ça, pourquoi ce que je fais ressemble à ça et pas à autre chose. Je n'ai pas d’explication sur le fait que la musique que je fais est ce qu’elle est et pourquoi je ne fais pas du hard-rock ou encore de la boucherie ou de la peinture de bâtiment. Je n’en ai aucune idée. À propos de votre dernier album Promeneur, j'ai lu que vous avez mis plus d'une année à l'enregistrer. Est-ce votre manière habituelle de fonctionner ? C’est faux, je n’ai pas mis plus d’un an. Pour moi, un disque correspond à deux choses. Tout d’abord écrire un répertoire de chansons. La deuxième étape, c’est de fixer ce répertoire, de l’enregistrer, de le photographier... En ce qui concerne l’écriture des chansons, cela m’a pris le même temps que d’habitude, c’est difficile à quantifier car quand je commence à écrire, je ne pars pas de r

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20 Syl : « Le nom AllttA a été un déclic visuel »

Interview électro/hip-hop | Après Hocus Pocus et C2C, le Dj et beatmaker nantais 20Syl s'est lancé dans un nouveau projet electro/hip-hop au nom très spirituel : AllttA. Aux côtés de Mr J. Medeiros (du groupe The Procutions), ils ont dévoilé The Upper Hand, un opus de belle facture qui secoue les têtes et fait vibrer les mollets. Rencontre.

Nicolas Bros | Mardi 6 juin 2017

20 Syl : « Le nom AllttA a été un déclic visuel »

Est-ce que vous pouvez nous expliquer la rencontre avec Mr J. Medeiros ? C'était en 2004 ou 2005, lorsqu'on était en studio avec Hocus Pocus en train d’enregistrer l’album 73 Touches. On a vu The Procussions, le groupe de Jason en concert et nous avons eu un vrai coup de cœur. Nous les avons invités le temps d’une journée "off" sur leur tournée à nous rejoindre en studio et dans notre émission de radio. La connexion s’est faite comme ça et depuis nous sommes restés en contact jusqu'à monter AllttA ensemble. Est-ce plutôt vous ou lui qui êtes à l’initiative du projet AllttA ? C'est "J" qui m’a proposé ce nom AllttA et ça a été le déclic visuel pour moi. J’ai réussi à me projeter, à imaginer les choses qu’on allait pouvoir décliner à partir de là. J’ai besoin de ce côté visuel pour me lancer dans un projet musical. À partir de là, nous avons commencé à réunir toute la matière que nous avions déjà échangée dans le but de sortir un EP ou un album. Lorsque l'on écoute votre album The Upper Hand, on sent un côté sonore très organique et hip-hop malgré le fait qu'il y ait beaucoup d’électro. C

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Valérie Lemercier : « Patrick Timsit, c’est l’homme idéal »

Interview | Cinquième long-métrage de Valérie Lemercier, "Marie-Francine" est sans doute le plus réussi. Et n’est pas (uniquement) une comédie. Rencontre avec la coscénariste/réalisatrice/interprète.

Vincent Raymond | Mardi 30 mai 2017

Valérie Lemercier : « Patrick Timsit, c’est l’homme idéal »

Est-il facile de signer une comédie romantique ? Valérie Lemercier : C’est ma première histoire d’amour au cinéma, et elle est venue malgré moi. À l’écriture avec Sabine Haudepin, je redoutais que ce soit "uc-uc". Le sujet était la résurrection de Marie-Francine, je ne voulais pas qu’elle soit trop victime : les victimes, on a envie de leur en remettre un coup, c’est humain. Alors j’ai beaucoup raccourci au montage. Il y a une évidence entre Patrick Timsit et vous à l’écran. Comment est né ce couple ? Cette évidence était évidente pour moi ! Elle ne l’était probablement pas sur le papier, mais je savais que le choix de Patrick serait bon, car il me plaisait dans la vie – ce n’est pas plus compliqué que cela. Il a du charme, c’est l’homme idéal, il a l’âge du rôle, il pouvait faire portugais… Et je voulais qu’on voie ce que moi j’avais vu – même si je ne l’avais jamais vu sur scène avant de lui proposer le rôle. Je voyais bien qu’il pouvait être Miguel et que ce ser

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Flavia Coelho : « Toujours garder du positif »

Sono mondiale / Festival | La chanteuse brésilienne Flavia Coelho possède cet optimiste ultra-communicatif, au quotidien mais aussi et surtout sur scène. Avec son troisième album Sonho Real, elle continue son petit bout de chemin pour proposer une lecture musicale unique, avec un son rythmé et mélangé tout en possédant un caractère engagé. Rencontre.

Nicolas Bros | Mercredi 7 juin 2017

Flavia Coelho : « Toujours garder du positif »

Il paraîtrait que Sonho Real, votre dernier album sorti en 2016, n'était pas réellement prévu et que votre maison de disques vous a poussé à le faire. Comment la composition de cet album s'est-elle déroulée ? Flavia Coelho : La composition s'est faite comme d'habitude avec Victor Vagh, mon producteur depuis le début de mes aventures musicales. En fait, ce qui s'est passé avec cet album, c'est que la maison de disques était très contente du deuxième album et m'a dit: « c'est très bien Flavia, on n'a pas besoin d'album, rentre à la maison, fais ta vie ! » Avec Victor, nous nous sommes retrouvés dans notre studio et nous avons commencé à composer de nouveaux titres, mais sans pression, puisque nous ne devions pas sortir de nouvel album... Quelques mois sont passés et la maison de disques est revenue à la charge en nous disant qu'elle aimerait finalement un nouveau disque mais pas un EP, un album complet. Nous avions déjà une dizaine de titres composés. C'est vrai que nos chansons se sont créees au fil de la tournée car nous n'arrêtons jamais. Nous allons d'ailleurs fêter no

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"Les Fantômes d’Ismaël" : critique et entretien avec Arnaud Desplechin

Le film de la semaine | Arnaud Desplechin entraîne ses personnages dans un enchâssement de récits, les menant de l’ombre à la lumière, de l’égoïsme à la générosité dans un thriller romanesque scandé de burlesque, entre John Le Carré, Bergman, Allen et Hitchcock. Vertigineusement délicieux.

Vincent Raymond | Mercredi 17 mai 2017

Revoici Desplechin en sa pépinière cannoise, là où il a éclos et grandi. Qu’il figure en compétition ou pas importe peu, désormais : les jurys l'ont, avec une constance confinant au gag, toujours ignoré. De par sa distribution glamour internationale, Les Fantômes d’Ismaël convient à merveille pour assouvir l’avidité multimédiatique d’une ouverture de festival. Il allie en sus les vertus quintessentielles d’un film d’auteur — d’un grand auteur et d’un grand film. Ismaël en est le héros paradoxal : inventeur d’histoires, ce cinéaste se trouve incapable de tourner après que Carlotta, son épouse disparue depuis vingt ans, a refait surface dans sa vie. Plus fort que ses fictions, ce soudain coup de théâtre a en outre provoqué le départ de sa compagne Sylvia… Du grand spectral Si Desplechin exprime ici un désir frénétique de romanesque, il montre que l’imprévisibilité de l’existence surpasse par son imagination la plus féconde des machines à créer… dans le temps qu’il démultiplie les déploiements

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Envoyez vos courts métrages

Festival Courts Métrages | Le cinéma Le Méliès, l'association Ciel ! les Noctambules et la Ville de Saint-Étienne proposent aux jeunes stéphanois de 15 à 25 ans de participer à MobiFilm, un (...)

Nicolas Bros | Mardi 18 avril 2017

Envoyez vos courts métrages

Le cinéma Le Méliès, l'association Ciel ! les Noctambules et la Ville de Saint-Étienne proposent aux jeunes stéphanois de 15 à 25 ans de participer à MobiFilm, un festival de courts métrages filmés à l'aide d'un smartphone. Les candidatures doivent être envoyées avant le 28 avril à 17h, avec la fiche d’inscription dûment complétée. Le thème des courts métrages est "les réseaux sociaux". Les candidats doivent fournir un court métrage de 2-3 minutes maximum (sur support CD, clef USB ou lien internet). 10 courts métrages seront sélectionnés puis diffusés lors d'une final le 30 mai au Méliès Jean Jaurès. Plusieurs prix sont à obtenir dont la diffusion de son film au Méliès mais également un prix "surprise"... Pour plus d'informations, n'hésitez pas à contacter : Espace Info Jeunes 6, rue de la Résistance 42000 Saint-Étienne 04 77 48 77 00 / saintejeunes@saint-etienne.fr

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Spagg (Le Peuple de l'Herbe) : « C'est joli de pouvoir durer »

Interview | Huitième album et 20 ans de carrière, Le Peuple de l'Herbe arrive à se renouveler et à continuer d'exister malgré les années qui passent... Spagg : Oui, on (...)

Nicolas Bros | Mercredi 5 avril 2017

Spagg (Le Peuple de l'Herbe) : « C'est joli de pouvoir durer »

Huitième album et 20 ans de carrière, Le Peuple de l'Herbe arrive à se renouveler et à continuer d'exister malgré les années qui passent... Spagg : Oui, on peut dire que c'est pas mal. C'est assez joli de pouvoir durer comme ça. Nous essayons de nous renouveler. C'était déjà le cas sur l'album précédent en 2014, où il y avait un nouveau guitariste et un côté rock un peu plus présent. Sur ce huitième disque, Varou, le guitariste, s'est réellement adapté et est complètement intégré. Et le grand changement sur ce nouvel album, c'est l'arrivée d'Oddateee au chant. C'est une évolution significative pour nous, car la venue d'un nouveau chanteur c'est important. Il s'est intégré au groupe assez facilement. Il est originaire du Bronx à New-York mais il vit à Lyon depuis longtemps. Il est là pour toutes les répétitions. Oddateee a été lié pendant un temps au groupe High Tone, qui est assez proche de vous. Est-ce la raison de sa venue dans le groupe ? Pour le septième album, nous n'avions plus que JC 001 au chant. Auparavant, Sir Jean était notre deuxième chanteur depuis longtemps. Nous avions l'habitude d'avoir de

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La curiosité n'est pas un si vilain défaut

Voyages | « Le voyageur est celui qui se donne le temps de la rencontre et de l’échange » explique Frédéric Lecloux, photographe et voyageur. La preuve (...)

Nicolas Bros | Mercredi 22 mars 2017

La curiosité n'est pas un si vilain défaut

« Le voyageur est celui qui se donne le temps de la rencontre et de l’échange » explique Frédéric Lecloux, photographe et voyageur. La preuve avec le festival Curieux Voyageurs où se cotoîent chaque année à la fin mars, celles et ceux qui ont « la bougeotte ». C'est surtout des réalisateurs de films de voyage dont il est question dans ce rassemblement. Attention pas celui du « film à papa » avec son bon vieux caméscope des familles, mais plutôt de films authentiques et ouverts sur le monde, avec souvent un message à faire passer. Du 24 au 26 mars, ce sont plus de 24 films qui sont proposés au Centre des Congrès et dans l'amphi de l'École des Mines. Pour chaque œuvre, la présence d'un membre de l'équipe du film permet de dialogue et de partager après le visionnage. La musique en fil rouge « La sélection des films s'effectue surtout aux coups de cœur, explique Laura Tangre, chargée du mécénat et de la communication du festival. Cette année, il y a un fil rouge autour de la musique. De nombreux films évoquent la découverte du voyage par la musique ou ce que la musique peut apporter dans les documentaires en général. » C'est notamment

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Rover : « Enregistrer sur un chant céleste »

Pop-rock | Après l'impressionnant Aqualast, le vagabond Rover, revenu de tout et surtout de partout, a passé avec succès l'épreuve de la confirmation avec Let it Glow. Réussissant le tour de force, aux commandes de cette étrangeté apatride qui fait sa singularité, de faire plus avec moins et de sonner cosmique avec des méthodes d'enregistrement terre à terre. Rencontre du troisième type et du second album. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 mars 2017

Rover : « Enregistrer sur un chant céleste »

Avec votre premier album Aqualast, vous êtes passé en quelques mois d'une vie à reconstruire après votre expulsion du Liban, au succès, à la médiatisation, aux récompenses, à des centaines de dates. Comment avez-vous encaissé ça ? Rover : Il y a une forme de violence dans ce passage de l'intimité de l'écriture à une exposition plus large, mais elle est assez positive, d'autant que ça n'a pas été un succès radical basé sur un seul titre. J'avais déjà connu l'exposition médiatique, même si elle était moindre, avec mon groupe au Liban : ça a été moins brutal que si j'avais eu 20 ans et aucune expérience. C'est beaucoup de joie qu'un label vous accorde la possibilité de faire un disque, de pouvoir s'y exprimer sans contrainte. On est pris dans une espèce de tourbillon, il y a une ampleur médiatique qui nourrit le projet. Une forme de reconnaissance aussi : les Victoires de la Musique, la télévision. On s'installe un peu dans le paysage et c'est une situation très confortable pour envisager un deuxième disque. Justement, après la réclusion de l'écriture d'Aqualast, dans quelles conditions et quel état d'espr

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Olivier Peyricot : « Le design est un acteur de poids dans la société »

3 questions à... | Directeur Scientifique de la Biennale Internationale Design Saint-Étienne 2017, Olivier Peyricot est également directeur du pôle Recherche de la Cité du design. Il revient pour nous sur la thématique et les orientations de cette 10ème édition entre mutation du design objet vers un design d'usage et la volonté de mettre en lumière l'expérimentation.

Nicolas Bros | Jeudi 9 mars 2017

Olivier Peyricot : « Le design est un acteur de poids dans la société »

Pourquoi avoir choisi la thématique des mutations du travail ? La question du travail est un sujet en tension dans la société. Il est affleurant un peu partout. Avoir un travail pour avoir une présence sociale, cela compte beaucoup dans notre mode de vie. Il y a également de nombreuses tensions économiques et politiques autour du travail. L'actualité est très forte autour de ce sujet. Il suffit de se tourner vers la loi El Khomri et d'observer tout ce que ce changement cristallise. Il y a aussi une différence à entrevoir entre "travail" et "emploi". Ce n'est pas forcément fait dans les médias ou par les politiques. L'emploi, tel qu'on l'a connu, disparaît. Ce qui n'est pas le cas pour le travail. Ce dernier est en train de muter avec l'arrivée du numérique ou de nouvelles organisations sociales et innovantes... Les choses changent et c'est ce que nous allons essayer de pointer durant la Biennale. Sachant que le design change également. « Le design est sous influence des usages.» Nous passons d'un design d'objet à un design d'usage ? Le design est sous influence des usages. Il y a eu

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Dérapage à bord d’un routier

Théâtre | Présenté dans le "IN" du festival d’Avignon cet été, Trusckstop est un polar social poignant servi par l’écriture saccadée de l’auteure néerlandaise Lot Vekemans et la mise en scène sans fioriture d’Arnaud Meunier.

Houda El Boudrari | Mercredi 1 février 2017

Dérapage à bord d’un routier

Des vies minuscules emportées par un grand drame. Ça se passe dans un Truckstop, un relais routier au carrefour des grandes routes marchandes européennes où vivent une mère et sa fille. Un jeune camionneur s’y arrête régulièrement pour grignoter et boire un café. À la manière d’un film d’Inarritu (Babel, 21 grammes...), dans une dramaturgie morcelée et non chronologique, l’auteure néerlandaise Lot Vekemans nous raconte de manière très singulière une histoire très simple. Sur fond de mondialisation galopante où l’on transporte les cochons de Pologne et les poulets de Belgique, où il faut constamment gagner du temps et économiser de l’argent, où il y a peu de place pour ceux qui sont plus lents ou différents, Truckstop met en scène trois personnages presque ordinaires à travers leurs rêves et leurs désirs d’échapper au quotidien pour se projeter dans de meilleurs lendemains. Un puzzle de 21 morceaux Les acteurs, dont les talentueux Manon Raffaelli et Maurin Ollès, issus de l’école de la Comédie, et la remarquable Claire Aveline qui joue le rôle de la mère, sont bouleversant

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Aristide Tarnagda : « L’universel passe par l’intime »

Rencontre | Avec Et si je les tuais tous madame ?, l’auteur et metteur en scène burkinabé nous offre un spectacle poético-politique, mêlant la violence d’un texte incisif au rythme de la musique hip hop du groupe Faso Kombat. Propos recueillis par Houda El Boudrari.

Houda El Boudrari | Mercredi 1 février 2017

Aristide Tarnagda : « L’universel passe par l’intime »

Quelque part dans le monde, un homme sur le trottoir d’une ville interpelle une conductrice qui attend que le feu passe au vert. Dans ce moment de suspension, Lamine dévide son histoire, celle de sa famille, et les tourments de son exil. Comment raconter toute une vie le temps d’un feu rouge ? Aristide Tarnagda : Au départ, j’avais écrit ce texte pour l’acteur qui le joue, Lamine Diarra, en réponse à une première pièce Les larmes du ciel d’août qui donnait la voix à la femme restée seule au pays à attendre le père de son enfant. Mais pendant la mise en scène, j’ai ressenti la nécessité d’introduire de la musique pour donner corps à ce texte, et incarner cette parole portée par plusieurs voix : Lamine, l’ami d’enfance Robert mort de n’avoir pas pu soigner son paludisme, le père, la mère. Pour la scénographie, j’ai décidé de faire confiance à la magie des mots et l’intelligence du spectateur. Le feu n’est donc pas représenté, pas de signe de voiture, rien qu’un plateau nu : que des mots, le corps, la voix, et l’énergie de l’acteur devraient participer à créer l’illusion de la rue. On a l’impression que le "ciel d’

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Michael Fassbender : « Je ne suis pas un gamer »

4 questions à... | Après avoir campé dans Steve Jobs un créateur d’ordinateur, Michael Fassbender endosse pour l’adaptation du jeu vidéo Assassin’s Creed le double rôle de Cal et d’Aguilar, coiffant en sus la capuche de coproducteur. Il mise gros jeu…

Vincent Raymond | Mercredi 4 janvier 2017

Michael Fassbender : « Je ne suis pas un gamer »

Êtes-vous adepte des jeux vidéo ? Je ne suis pas un gamer, mais je me suis mis à Assassin’s Creed après avoir accepté d’entrer dans ce projet — par respect pour les gens d’Ubisoft d’une part, de l’autre parce que j’avais envie de connaître ce monde qu’ils avaient créé et qu’ils m’avaient tellement bien expliqué. Pour m’inspirer également de la “physicalité” du personnage que je devais interpréter, dans ses mouvements pour les combats, dans sa pratique du parkour… Mais je ne suis pas le seul à m’être totalement immergé dans cet univers : ma partenaire de jeu Ariane Labed a été plutôt hardcore dans sa préparation : elle allait tellement fort dans les combats avec les cascadeurs qu’elle a fini avec la main en sang ! Votre personnage est amené à puiser au fond de sa “mémoire génétique”. Avez-vous déjà éprouvé ce besoin pour un rôle ? Je suis pas sûr que cela soit le cas. En général, j’interprète à l’écran des personnages existant ou ayant existé ; je puise alors des informations sur eux en regardant des vidéos sur Youtube ou en lisant des livres qu’ils ont écrits, pour avoir

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Silence, ça tourne !

Nouveau lieu | Quel est le point commun entre Le Juge Fayard dit Le Shériff d'Yves Boisset, Noce Blanche de Jean-Claude Brisseau, Géronimo de Tony Gatlif et Qui c’est (...)

Nicolas Bros | Mardi 3 janvier 2017

Silence, ça tourne !

Quel est le point commun entre Le Juge Fayard dit Le Shériff d'Yves Boisset, Noce Blanche de Jean-Claude Brisseau, Géronimo de Tony Gatlif et Qui c’est les plus forts ? de Charlotte de Turckheim ? Ces longs métrages ont tous été tournés en partie à Saint-Étienne et ses alentours. Afin de multiplier les initiatives de tournages professionnels dans notre région, une association vient de voir le jour. Son nom : B.A.T. pour Bureau d’Accueil des Tournages de la Loire. À l'instar de la quarantaine d’associations identiques en France, cette nouvelle structure a pour objectif de mettre en avant les atouts du territoire ligérien auprès des équipes de production extérieures au département. Le B.A.T. a également pour mission de recenser d'une part tous les professionnels du secteur mais également les lieux de tournage potentiels (qui peuvent être votre maison d'habitation si vous le souhaitez) ou les établissements d'hébergement et de restauration. Bureau d'Accueil des Tournages de la Loire, 15 rue Henri Gonnard à Saint-Étienne Plus d'infos sur batloire.fr

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Ouvert la nuit : À la Baer étoile !

ECRANS | Farandole joyeusement erratique à travers un Paris nocturne sublimé, cette déambulation d’un directeur de théâtre aussi fantasque qu’impécunieux signe le retour du cinéaste-interprète Edouard Baer pour un film-synthèse superlatif : la plus mélancolique, hilarante, aboutie et (surtout) réussie de ses réalisations.

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

Ouvert la nuit : À la Baer étoile !

Inconséquent charmeur jonglant avec les mots et les promesses, épris de l’instant et du talent des autres, Luigi gère depuis vingt ans un théâtre parisien grâce à de l’argent qu’il n’a pas. À la veille d’une première, il doit pourtant en trouver en urgence. Ainsi qu’un singe. Le voici en cavale dans la capitale, escorté par une stagiaire de Sciences-Po au caractère bien trempé. La nuit est à lui ! Accompagner Édouard Baer n’a pas toujours été chose aisée : les délires de ses personnages de dandys logorrhéiques en semi roue libre au milieu d’une troupe de trognes, nécessitaient d’être disposé à l’absurdité, comme à l’humour glacé et sophistiqué cher au regretté Gotlib. Mais de même que Jean-Pierre Jeunet a réussi à cristalliser son univers dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Baer est parvenu à réunir ici la quintessence du sien. Si les deux auteurs partagent, outre la présence d’Audrey Tautou à leur générique, le plaisir d’entretenir une troupe fidèle et une affection certaine pour le Paris d’antan, les différences s’arrêtent là : Baer n’aime rien tant que faire en voler les contraintes et les cadres, voir jaillir la vie et les imprévus, quand Jeunet se c

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