Toni Erdmann

ECRANS | Des retrouvailles affectives en (fausses) dents de scie entre un père et sa fille, la réalisatrice allemande Maren Ade tire une grande fresque pudique mêlant truculence, tendresse et transgression sur fond de capitalisme sournois. Deux beaux portraits, tout simplement.

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Pas de chance pour Maren Ade, nouvelle victime de la loi du conclave : encensée par les festivaliers de Cannes, elle en est repartie Gros-Jean comme devant, boudée par le palmarès. Pourtant, son film avait de très solides arguments artistiques et moraux pour décrocher ne serait-ce qu'un accessit. Son éviction pose question, conduisant à réfléchir sur les goûts normés et une forme (inconsciente) de ségrégation : l'histoire entre le père et la fille a sans doute ému le bon jury, mais ce dernier a peut-être été surpris par des protagonistes et un traitement inhabituels pour pareil sujet.

Car Ade dépeint la réalité crue et misérable d'une classe prétendument supérieure totalement dépourvue de glamour, d'attaches, de substance, et use pour ce faire d'une esthétique comparable à celle prisée par les apôtres du cinéma social. Elle renvoie l'image de la médiocrité pathétique et ordinaire des tenants de la société de la performance — ces gens qui, suivant la même ligne éthique, survalorisent le beau, éliminent le faible, traquent la dépense inutile, délocalisent…

Mon père, ce golem

Toni Erdmann est un film anar ; quant au personnage portant ce nom — l'invention d'un père pitre-né pour récupérer au cœur de la Roumanie sa fille, égarée dans le monde de la finance —, il a tout de l'ancien fou des cours royales. Trublion sans gêne se coiffant d'une perruque ridicule et d'un dentier d'opérette, comme un clown chausserait son nez rouge postiche, il compose son double pour effectuer ses interventions publiques. Sous des dehors perturbateurs, il agit en fait en régulateur, ouvrant les yeux de sa fille aux choses essentielles, qui tranchent avec ces lieux impersonnels (centres commerciaux, chambres d'hôtels, ambassades, appartements de fonction, salles de réunions, limousines…) aseptisés qu'elle arpente, où le beige-taupe le dispute au gris.

Incarnation de la maladresse, de l'excès généreux et de la spontanéité joyeuse, ce Monsieur Erdmann à l'opposé de l'Ordnung allemand porte bien son nom — littéralement, “homme de la terre”, parfait pour un golem ou un post-soixante-huitard désinhibé. Il est bien cet être impayable et à la richesse de cœur sans limite ; cette exception désintéressée dans un monde gouverné par les cartes de crédit…

Toni Erdmann de Maren Ade (All., 2h42) avec Peter Simonischek, Sandra Hüller, Michael Wittenborn… (sortie le 17 août)

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"In My Room" : Seul au monde, Deutschland

Et aussi | De Ulrich Köhler (All., 2h) avec Hans Löw, Elena Radonicich, Michael Wittenborn…

Vincent Raymond | Mercredi 9 janvier 2019

Cadreur un brin irascible et je-m’en-foutiste, sans attaches amoureuses, Armin semble avoir prolongé son adolescence. Un lendemain de cuite, il s’éveille dans un monde où l’humanité s’est étrangement évanouie. Il va devoir vivre en étant le dernier des hommes. Mais pas des Hommes. Largement repris depuis Defoe, le thème du naufragé a donné lieu à bien des variations insulaires, la taille de l’île variant de l’atoll à la planète — coucou, Matt Damon. Si d’ordinaire la question de la survie du malheureux survivant se pose comme la priorité cardinale, elle s’évacue ici très rapidement dès lors que l’on a intégré que ledit survivant se trouve tout sauf malheureux du sort qui lui est échu : l’éradication de ses congénères tient davantage pour ce misanthrope inavoué d’un rêve libératoire ou d’un accomplissement que d’une punition. Quant à sa subsistance, elle est assurée par les ressources désormais surabondantes d’une Terre édénique, même pas convoitées par quelque zombie ou opposant à cet idéal rousseauiste. En clair, Armin se trouv

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Baccalauréat : Les meilleures intentions, avec mention

ECRANS | Un médecin agit en coulisses pour garantir le succès de sa fille à un examen, au risque de renier son éthique. Entre thriller et conte moral, Mungiu signe une implacable chronique de la classe d’âge ayant rebâti la Roumanie post-Ceaușescu — la sienne. Lucide et captivant.

Vincent Raymond | Jeudi 8 décembre 2016

Baccalauréat : Les meilleures intentions, avec mention

Que reste-t-il en Roumanie quand on a tout oublié du communisme ? Son administration procédurière, ainsi que ses passe-droits, ses renvois d’ascenseurs, ses faveurs… Une source inépuisable d’inspiration pour les cinéastes du cru : après Porumbiu (Policier : Adjectif, Le Trésor) ou Muntean (L’Étage du dessous), voici que Cristian Mungiu s’en empare. Pas pour une simple histoire de corruption ou de prévarication — car le héros, Romeo, demeure en dépit de ses travers conjugaux, un honnête homme — mais bien pire : l’autopsie d’un renoncement personnel ; d’un sabordage moral symbole d’un échec collectif. L’échec d’une génération d’idéalistes, jadis désireux de reconstruire sur des bases saines leur pays s’ouvrant au monde, mais qui peu à peu se sont transformés en petits notables désabusés. Alors, quitte à faire le deuil de leurs espérances, ils peuvent bien enterrer simultanément leur intégrité. Responsable mais pas coupable Si Romeo vacille en cherchant à transgresser les règles, c’est pour réparer une cascade d’“injustices originelles” : l’agression de sa fille sur le point de passer son examen, l’absence de

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Ken Loach : « Rien ne changera tant qu’on n’aura pas changé le modèle économique »

Entretien | Force tranquille toujours aussi déterminée, Ken Loach s’attaque à la tyrannie inhumaine des Job Center, vitupère les Conservateurs qui l’ont organisée… et cite Lénine pour l’analyser. Ouf, les honneurs ne l’ont pas changé !

Vincent Raymond | Mercredi 19 octobre 2016

Ken Loach : « Rien ne changera tant qu’on n’aura pas changé le modèle économique »

Comment ce nouveau film est-il né ? Ken Loach : Quand Paul Laverty, le scénariste, et moi, avons commencé à échanger les histoires que nous entendions autour de nous, lui en Écosse et moi en Angleterre — entre deux réflexions sur les scores de foot. Des histoires de personnes piégées dans cette bureaucratie d’État, et qui deviennent de plus en plus extrêmes. Je pourrais vous donner des tonnes d’exemples, comme cet homme qui avait téléphoné au Job Center — le Pôle Emploi britannique — pour prévenir qu’il ne pourrait pas honorer un rendez-vous car il assistait aux funérailles de son père. Il est allé à l’enterrement… et on lui arrêté ses allocations ! Durant nos recherches, on a traversé le pays, et on en a entendu plein d’autres identiques. Alors on s’est dit qu’on devrait en raconter une, pour essayer de faire comprendre aux gens ce qu’ils endurent. Paul a écrit les deux personnages principaux de Dan et Katie et voilà, c’était parti. Pourquoi l’avoir situé à Newcastle ? C’était une ville que l’on n’avait pas encore filmée, elle est la plus au nord de toutes les grandes villes britanniques. L’industrie minière et la const

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"Moi, Daniel Blake", une couronne pour le Royaume des démunis

ECRANS | Lorsque un État fait des économies en étouffant les plus démunis, ceux-ci s’unissent pour survivre en palliant sa criminelle négligence. Telle pourrait être la morale de cette nouvelle fable dramatique emplie de réalisme et d’espérance, qui vaut à Ken Loach sa seconde — méritée — Palme d’Or.

Vincent Raymond | Mercredi 5 octobre 2016

Avec sa bouille de Michel Bouquet novocastrien, Daniel Blake a tout du brave type. En arrêt maladie après un accident cardiaque, il doit sacrifier aux interrogatoires infantilisants et formatés de l’Administration, menés par des prestataires incompétents — l’État ayant libéralisé les services sociaux —, pour pouvoir reprendre son boulot ou bénéficier une allocation. Assistant à la détresse de Katie, mère de famille paumée rabrouée par une bureaucrate perversement tatillonne, Daniel s’attache à elle et l’épaule dans sa galère, cependant que son cas ne s’améliore pas Tout épouvantable qu’il soit dans ce qu’il dévoile de la situation sociale calamiteuse des plus démunis au Royaume-Uni (merci à l’administration Cameron pour ses récentes mesures en leur défaveur), Moi, Daniel Blake se distingue par sa formidable énergie revendicative positive, en montrant que les “assistés” n’ont rien de ces profiteurs cynique mis à l’index et enfoncés par les Tories. Ils font preuve d’une admirable dignité face à l’incurie volontaire de l’État, refusant le piège de la haine envers le plus faibles qu’eux — le facile pis-aller de la discrimination à

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Nicolas Winding Refn : « La créativité n’a aucune limite »

ECRANS | Revenu bredouille de Cannes, The Neon Demon avait pourtant tout pour plaire à George Miller : c’est un film d’horreur adolescent. Explications par ce pince-sans-rire élégant qu’est Nicolas Winding Refn.

Vincent Raymond | Mercredi 8 juin 2016

Nicolas Winding Refn : « La créativité n’a aucune limite »

Pourquoi avoir jeté votre dévolu sur le milieu de la mode ? En fait, je ne l'ai pas choisi, je voulais faire un film sur la beauté. Tout le monde a un avis sur cette notion : soit pour la considérer comme étant dépourvue d’intérêt, soit comme étant une valeur absolue. Même si elle apparaît largement dans de nombreuses facettes de notre vie, c’est évidemment dans l'univers de la mode qu’elle est la plus célébrée. Nous vivons dans un monde totalement obnubilé par la beauté, elle est devenue une obsession artistique et générale. Cette “monnaie” n’a jamais été dévaluée, mais sa durée de vie devient de plus en plus éphémère et se récolte de plus en plus jeune. The Neon Demon n’est-il pas plus particulièrement un film sur l’intoxication par la beauté — ce qui, au passage, vous a fait encourir un risque de surdose en dirigeant Elle Fanning ? (rires) Il n’y aurait pas de film sans Elle, c’est sûr ! La diversité d’opinions qui existent sur ce thème est très intéressante. Les gens partent du

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"The Neon Demon" : l'objet du désir

ECRANS | Retour en grâce pour NRW — c’est ainsi qu’il sigle son nom au générique — avec un conte initiatique : celui d’une gamine partant à la conquête du monde de la mode. Le récit d’une ambition dévorante et dévorée, à la superbe… superbe.

Vincent Raymond | Mercredi 8 juin 2016

Comme une promesse, ou une métaphore de cette foire aux vanités qu’est l’industrie de la mode, la première séquence de The Neon Demon offre un condensé glaçant de sang, de flashes et de voyeurisme. Mais on aurait tort de se fier à ce que l’on a sous les yeux : derrière la splendeur et la perfection sans défaut de l’image ; derrière les surfaces lisses et les miroirs, tout est factice. La beauté pure n’existe pas, et lorsqu’elle surgit sous les traits de Jesse, elle est perçue comme une anomalie, une monstruosité dans cet empire des apparences et de l’illusion. Un élément discordant qui va se corrompre en pervertissant son entourage — la pomme cause-t-elle le ver, ou bien le ver détruit-il la pomme ; toujours est-il que la réunion des deux gâte l’ensemble. Talent haut Aux antipodes de la superficialité clinquante de l’ère des supermodels, et de sa foule de mondains papillonnant dans la lumière,

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Café Society : Hollywoody boulevard

ECRANS | Le 47e opus de Woody Allen-réalisateur semble avoir été taillé sur mesure pour effectuer l’ouverture de la 69e édition du festival de Cannes : glamour, artifices et nostalgie des vieilles bobines s’y bousculent. On passe un charmant moment, sans être transporté…

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

Café Society : Hollywoody boulevard

Un film situé, au moins partiellement, dans les arcanes du Hollywood de l’âge d’or ne pouvait que finir (ou, à tout le moins, commencer sa carrière) sur la Croisette. Café Society tend une sorte de miroir temporel pareil à une vanité à la foule des producteurs, cinéastes, comédiens, agents qui se pressent aux marches du Palais et dans les réceptions pour participer à la gigantesque sauterie cannoise. Car du cinéma, il ne montre absolument rien si ce n’est un extrait de La Dame en rouge (1935) de Robert Florey. En cela, il se situe aux antipodes de Avé César des frères Coen qui avait effectué l’ouverture de la Berlinale. Ici, les stars demeurent cachées dans leurs résidences exubérantes, ou des noms évoqués par paquets de dix, d’éphémères symboles de puissance dans l’Usine à rêve, totalement privées de substance et d’incarnation. Woody et ses doubles C’est plus la nostalgie jazzeuse, l’élégance du cadre et les vestes cintrées qui intéressent Woody Allen dans ce décor-prétexte. Les plateaux, il leur a déjà réglé leur compte dans Hollywood Ending (2002), comédie décriée et pourtant débordant

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Money Monster : Jodie Foster joue sur du velours

ECRANS | de Jodie Foster (E-U, 1h35) avec George Clooney, Julia Roberts, Jack O’Connell…

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

Money Monster : Jodie Foster joue sur du velours

Auteure jusqu’alors de trois longs-métrages tournant autour d’une sphère domestique plutôt hétérodoxe — on frise la litote si l’on se remémore Week-end en famille (1996) ou Le Complexe du Castor (2011) —, la réalisatrice Jodie Foster marque avec Money Monster une vraie rupture en s’essayant à un registre qu’elle a souvent eu l’occasion de pratiquer en tant que comédienne : le thriller. Sans être bouleversant d’originalité, son film répond aux exigences du genre en combinant efficacité rythmique et interprétation zéro défaut. Cela dit, la roué Jodie a joué sur du velours en composant un couple ayant, depuis Soderbergh, une complicité avérée : Julia Roberts et George Clooney, au-delà de leur image glamour respective, semblent faits pour se donner la réplique sur un mode taquin. Leur cohésion ressemble à cette oreillette dont l’un ici est équipé, et à travers laquelle l’autre lui parle ; un lien invisible contribuant à consolider l’empathie éprouvée par le public pour leurs personnages. Permet-il par ricochet de mieux apprécier sa critique conjointe des relations incestueuses entre la finance et les médias, deux empires de l’imm

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The Nice Guys

ECRANS | de Shane Black (E.-U., 1h56) avec Ryan Gosling, Russell Crowe, Kim Basinger…

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

The Nice Guys

On ne s’étonnera pas de voir derrière The Nice Guys le producteur Joel Silver, qui a bâti une partie de sa fortune grâce au buddy movie avec 48 heures et les quatre volets de L’Arme fatale — parler de tétralogie en l’occurrence risquerait de froisser Wagner. Il avait déjà accompagné Shane Black, scénariste de L’Arme fatale, pour Kiss Kiss Bang Bang (2005) — un précédent réussi narrant association entre une carpe et un lapin sur fond d’investigation privée — il remet donc le couvert avec un nouveau duo chien et chat. Pourquoi diable changer des recettes qui fonctionnent et qui, justement, en rapportent ? Une fois que l’on a admis que le tonneau sur pattes à la carrure depardieutesque est Russell Crowe, on embarque pour un plaisant voyage carrossé jusqu’au bout du col pelle-à-tarte vintage années 1970. Plutôt que d’enchaîner les refrains connus à tour de platines, la B.O. procède en finesse en distillant des intros funky, groovy et disco. Shane Black met aussi la pédale douce du côté des répliques, abandonnant l’épuisante distribution de vannes surécrites. Du coup, on s’attache dav

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“Ma Loute” : À manger et à boire…

ECRANS | Si Roméo était fils d’un ogre pêcheur et Juliette travestie, fille d’un industriel de Tourcoing, peut-être que leur histoire ressemblerait à cette proto-comédie de Bruno Dumont. Un régal pour l’œil, mais pas une machine à gags. En compétition officielle à Cannes. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

“Ma Loute” : À manger et à boire…

Quel accueil des spectateurs non francophones — et tout particulièrement les membres du jury du festival de Cannes — peuvent-il réserver à Ma Loute ? Grâce aux sous-titres, ils saisiront sans peine le dialogue de ce film dans son intégrité, mais ils perdront l’une de ses épaisseurs : la saveur des intonations snobinardes et des borborygmes modulés avec l’accent nordiste — forçant les non-Ch’tis à accoutumer leur oreille. Cela étant, si les mots seuls suffisaient à Bruno Dumont, il ne serait pas l’énigmatique cinéaste que l’on connaît ; d’autant plus indéchiffrable avec ce huitième long métrage, qui prolonge son désir de comédie engagé avec la série P’tit Quinquin. Dans le fond, Dumont ne déroge guère ici à ses obsessions : capter l’hébétude quasi mystique saisissant un personnage simple après une rencontre inattendue, puis observer ses métamorphoses et ses transfigurations. Certes, les situations se drapent d’un cocasse parfois outrancier et empruntent au burlesque du cinématographe ses ressorts les plus usés (chutes à gogo, grimaces à foison, bruitages-gimmicks…). Mais il ne s’agit que d’un habillage comique ; derrière une façade pein

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Cinéma : Comment ça, il n’y a pas de Mai ?

ECRANS | En mai, le cinéma ne fait pas ce qu’il lui plaît : il tourne autour de la Croisette, où des dizaines de films sont présentés avec tonitruance à des professionnels réunis en conclave. Le vrai public, quant à lui, devra attendre des mois pour apprécier la sélection en salles. À d’infimes exceptions près… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 3 mai 2016

Cinéma : Comment ça, il n’y a pas de Mai ?

Sur sa Côte et sous son ciel azuréens, Cannes fait la pluie et le beau temps de l’année cinématographique. La quinzaine est ce moment prodigieux où des professionnels de la profession se livrent à un gavage insensé de productions audiovisuelles et les soumettent sans recul ni distance à leur appréciation. Se condamnant à émettre des jugements lapidaires et extrêmes, s’abstenant de tout avis mitigé parce que le rythme effréné du festival les presse et pousse à faire assaut de saillies définitives, ces intoxiqués au binge viewing s’abîment parfois dans des surenchères risibles lorsqu'elles sont suivies de prises de positions diamétralement opposées, l’exaltation cannoise évaporée. Et affligeantes lorsqu’elles ont des films pour victimes collatérales. La Forêt des songes de Gus Van Sant, vilipendé et sifflé lors de sa présentation l’an dernier n’est qu’un exemple parmi tant d’autres : il aura fallu onze mois pour faire oublier sa volée de bois vert et un faux-nez (en tout cas, un nouveau titre, Nos Souvenirs) pour qu’il puisse repointer son museau sur les écrans. En même temps dans les salles… Toutes sections confondues, c’est près d’une cent

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