Trashed : Le plastique, c'est satanique

ECRANS | Jeremy Irons nous guide à travers le monde des déchets gouverné par de belles saloperies : dioxines et plastiques — des polluants ubiquistes impossibles à recycler, résidus de la révolution industrielle et des Trente glorieuses. Un documentaire aussi édifiant qu’effrayant.

Vincent Raymond | Mercredi 16 novembre 2016

Photo : ©Tiberius Films


Fin octobre, le WWF publiait une étude révélant l'extinction de 50% des espèces de vertébrés durant les quarante dernières années. À qui la faute ? Trashed délivre davantage qu'une ébauche de réponse à ce cataclysme supérieur à tous les accidents géologiques passés, en accumulant des strates d'informations. Pour certaines collectées au grand jour ; pour d'autres ramassées dans la fange putride de nos poubelles. Lesquelles, sous nos yeux obstinément aveugles, ont gagné notre espace vital. Elles gagneront tout court, si l'on n'y prend garde.

Ordures !

Sur le front environnemental, d'aucun(e)s pensent qu'il est plus productif pour la cause d'encenser en sautillant benoîtement un chapelet de micro-initiatives positives, en prenant grand soin d'éviter de s'attarder sur la situation actuelle, décidément trop anxiogène. Une étrange forme de méthode Coué consistant à consentir un traitement, sans accepter de reconnaître la maladie — tout à fait en phase avec notre époque de l'aseptisé triomphant. Ici, Jeremy Irons ne fait pas de cœurs avec les doigts, ni n'étreint ses interlocuteurs sur fond chill-out. Pas plus qu'il ne déverse un discours ruisselant d'optimisme angélique pour ne pas risquer d'effrayer le bourgeois.

Attendez-vous donc à voir les images-choc d'Everest de poubelles broutées par des animaux et laissant goutter leur jus dans la Méditerranée, d'incinérateurs poussant à côté d'écoles, de cas de cancers liés à l'utilisation de plastiques, de malformations consécutives à des herbicides. Sans oublier les animaux marins piégés par les détritus ou le bouillon flottant ressemblant à un continent au milieu de l'océan, nourrissant le premier niveau de la chaîne alimentaire. Et le poison se diffuse en boomerang, puisque nous nous situons à l'autre bout…

Rassurez-vous, Irons ne nous abandonne pas au seul désespoir : il salue la nouvelle émergence du commerce en vrac, la tendance zéro déchet/décroissance et suit l'exemple fructueux (bien connu) de la ville de San Francisco, pionnière en matière de tri et de super valorisation des ordures. Tout n'est donc pas perdu ; il ne reste plus qu'à régler la question des déchets nucléaires…
Trashed de Candida Brady (G.-B., 1h38) documentaire avec Jeremy Irons… (sortie le 16 novembre)

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Sainté : bouge ta culture… Mais à pied !

GUIDE URBAIN | Pas de place pour se garer ? Bouchons ? Klaxons ? Flambée du prix de l’essence ? L’avantage à Sainté… C’est qu’on peut tout faire à pied. (...)

La rédaction | Mardi 25 janvier 2022

Sainté : bouge ta culture… Mais à pied !

Pas de place pour se garer ? Bouchons ? Klaxons ? Flambée du prix de l’essence ? L’avantage à Sainté… C’est qu’on peut tout faire à pied. Exemple avec ces dix points d’intérêt culturel, à une portée de fusil les uns des autres. 10 000 pas par jour ils ont dit ? Large ! (et au pire, il y a le tramway !)

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Bataille pour l’humour à Saint-Etienne : vers un statu quo ?

Festival | Alors qu’une délibération du conseil municipal de ce lundi soir consistait en un vote sur l’autorisation de versements d’acomptes sur subvention aux (...)

Cerise Rochet | Mardi 25 janvier 2022

Bataille pour l’humour à Saint-Etienne : vers un statu quo ?

Alors qu’une délibération du conseil municipal de ce lundi soir consistait en un vote sur l’autorisation de versements d’acomptes sur subvention aux associations, l’opposition a longuement interpellé l’élu en charge de la culture, Marc Chassaubéné, quant à sa décision de retirer les 54 000 euros de subventions d’ordinaire octroyés par la Ville au festival d’humour Arcomik. L’évocation du sujet par Isabelle Dumestre et Pierrick Courbon, du groupe Saint-Etienne Demain au Conseil, fait suite à l’article paru mercredi dernier dans le Canard Enchaîné, mettant directement en cause l’adjoint à la Culture. Outre la passe d’armes entre les deux parties, le débat aura été l’occasion d’apprendre que l’association GSM portée par Simon Javelle et Grégory Cometti, qui effectuait une première demande de subventions pour l’organisation d’un autre festival d’humour à Saint-Etienne, a finalement renoncé, au moins, momentanément, en ne présentant ni date, ni programmation. Ne disposant pas de ces éléments, la commission d’attribution a d

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Villeurbanne, première Capitale française de la culture

Voisinage | L'année "Capitale française de la culture" a été lancée à Villeurbanne, en présence de Roselyne Bachelot. Au-delà de quelques marqueurs événementiels, c'est surtout du côté des dispositifs pérennes qu'il faut regarder, à l'instar des minimix, ces petits centres culturels soudés au sein des écoles.

Sébastien Broquet | Mardi 30 novembre 1999

Villeurbanne, première Capitale française de la culture

Elle est sur orbite, cette année spéciale de Villeurbanne, celle où elle est devenue la toute première Capitale française de la culture — ce nouveau label initié par le ministère de la Culture qui a choisi la cité du solide emblème de la décentralisation, le Théâtre National Populaire, pour en être la première incarnation. Roselyne Bachelot, la ministre attitrée, s'est déplacée en personne pour lancer les festivités le vendredi 7 janvier, à peine perturbées par des intermittents en colère. Mais passés les cotillons dont on nous avait privés une semaine plus tôt, qu'est-ce qu'il nous reste à observer durant cette année ? Le maire Cédric Van Styvendael et ses équipes avaient tenté le coup pour cette candidature en intégrant à leur dossier plusieurs éléments déjà conceptualisés et imaginés pour leur programme de campagne électorale, à l'instar d'un festival du numérique (devenu les IrRéels) et surtout des minimix, véritables ambassades culturelles disposées au sein des écoles, lesquelles, d'idée à développer au fil du mandat, sont devenues élément phare de cette année culturelle (Anne Hidalgo, candidate socialiste à la présidence du pays, en a visité une le vendredi 14

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Mariera ou mari rapiat ?

Radasse | « Au voleur ! Au voleur ! À l'assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge, (...)

Cerise Rochet | Lundi 24 janvier 2022

Mariera ou mari rapiat ?

« Au voleur ! Au voleur ! À l'assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent ! » Harpagon, dont les centres d’intérêt se résument à la protection d’une cassette pleine d’écus d’or, tente à la fois de marier sa fille de force au vieux Anselme, et d’épouser la conquête de son fils, bien plus jeune que lui. Pour son arrivée à la direction de la Comédie de Saint-Etienne, Benoît Lambert présente son Avare, sous la forme d’un conte horrifique et drôle, inspiré par le personnage d’Harpagon lui-même, parfaitement interprété par Emmanuel Vérité. Toujours aussi délicieux. L’Avare, jusqu’au 29 janvier à la Comédie de Saint-Etienne

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Lyon : retour des classiques sur les festivals littéraires

CONNAITRE | S'il faut être prudent avec la recrudescence des cas de Covid, il est prévu que cette année, les grands raouts littéraires se tiennent de manière classique – comme on les aime. Avec, pour certains, des pré-programmations croustillantes.

Stéphane Duchêne | Lundi 24 janvier 2022

Lyon : retour des classiques sur les festivals littéraires

Parilly est ouvert Retour à l'Hippodrome de Parilly pour la Fête du Livre de Bron qui va renouer avec les tables rondes et les rencontres en présentiel, selon l'expression consacrée par le management. Avec cette année, un nouveau thème fort qui prend appui sur l'actualité et les enjeux du moment – l'écologie, le féminisme, la violence sociale, la liberté, l'utopie, l'identité – où la menace et le principe de précaution sont rois : courir le risque. Avec l'idée que la littérature est peut-être l'un des derniers bastions du risque assumé. Comme chaque année, on y retrouvera le meilleur des auteurs des rentrées de septembre et janvier, essentiellement nationales, mais toujours avec une petite pointe d'international, entre écrivains confirmés et voix émergentes, auteurs et illustrateurs jeunesse et une large part laissée aux sciences sociales. La programmation n'est pas connue mais on peut prendre rendez-vous pour l'ouverture du 11 mars, le festival commençant traditionnellement par la remise du Prix Summer décerné par les lecteurs des bibliothèques et médiathèques de la région. Un lau

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Arcomik/Arts Burlesques : A Saint-Etienne, la guerre pour l’humour ?

ACTUS | Selon une information du Canard Enchaîné sortie ce mercredi matin, la municipalité et la métropole stéphanoise seraient sur le point de favoriser un futur festival d’humour au détriment d’Arcomik, anciennement Arts Burlesques. Réactions des protagonistes.

Cerise Rochet | Mercredi 19 janvier 2022

Arcomik/Arts Burlesques : A Saint-Etienne, la guerre pour l’humour ?

Ce vendredi 21 janvier, la municipalité et la métropole de Saint-Etienne pourraient respectivement octroyer, via une commission d’attribution, une subvention de 55 000 et une autre de 20 000 euros à l’association GSM. Créée récemment par Simon Javelle, par ailleurs patron de C’Kel Prod et programmateur du festival Paroles et Musiques, cette dernière porterait un nouveau projet de festival d’humour sur le territoire. Voilà, l’information rapportée par le Canard Enchaîné dans ses pages de ce mercredi matin… Information que le palmipède met en parallèle avec le récent retrait des subventions de 54 000 et 9 000 euros, jusque-là attribuées chaque année par les deux mêmes collectivités à un autre festival d’humour, né Arts Burlesques en 2003, avant de devenir Arcomik en 2019. De quoi créer quelques rififis entre ces différents acteurs culturels, d’autant que, toujours selon le Canard, l’affaire serait éminemment politique, et potentiellement liée à un soutien de l’épouse de Simon Javelle au maire Gaël Perdriau durant la campagne de 2020. Business ? Directeur du festival Arcomik, Farid Bouabdellah confirme l’intégralité de ce qu’affirme l

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La Tablée : cantine participative maline et imaginative

GUIDE URBAIN | A Saint-Etienne, une cantine participative vient d’ouvrir ses portes sur les bas du Crêt-de-Roc. Au menu : de bons petits plats, et surtout du faire-ensemble pour mieux vivre-ensemble. Reportage lors de la première journée d’activité, entre régalade et bienveillance.

Cerise Rochet | Jeudi 20 janvier 2022

 La Tablée : cantine participative maline et imaginative

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Clermont-Ferrand, en long, en large... et en courts

Puy-de-Dôme | Peut-être sera-t-elle capitale européenne de la Culture en 2028. Clermont-Ferrand, n’est pas que la ville-Michelin (même si l’entreprise est omniprésente) et lance sérieusement sa campagne en ce début d’année, au moment où le festival du court, le plus grand au monde, retrouve son public du 28 janvier au 4 février. Cap sur l’attachante capitale auvergnate.

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Clermont-Ferrand, en long, en large... et en courts

Il faut bien reconnaitre que la consécration de capitale européenne de la Culture lui irait comme un gant. En 2023, on saura qui des villes candidates sera à l'honneur en 2028. Ici, la Scène Nationale est flambant neuve, le FRAC s'apprête à déménager pour s'agrandir, la Coopérative de Mai est l'une des SMAC les plus remuantes de l'Hexagone et le festival du court-métrage s'apprête à montrer 154 films. D'un lieu à l'autre, balade dans la cité anthracite où les affiches colorées de Castelbajac et du maire socialiste Olivier Bianchi souhaitent, aux passants, une bonne année. Clermont, plein centre Le marché de Noël vient juste de remballer ses cabanes et la place de la Victoire peut laisser apparaitre la majesté de Notre-Dame-de-l'Assomption. Construite comme tant d'habitations de la ville en andésite, elle surprend par son austérité aussitôt contrastée par la vivacité des vitraux intérieurs. Cette pierre de Volvic

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Supra ! Et la physique devient ludique

Expo scientifique | Si on vous dit E=mc2, vous pensez : a) au lointain souvenir d’un prof en bouse blanche qui remplissait tout un tableau de formules auxquelles (...)

La rédaction | Mardi 18 janvier 2022

Supra ! Et la physique devient ludique

Si on vous dit E=mc2, vous pensez : a) au lointain souvenir d’un prof en bouse blanche qui remplissait tout un tableau de formules auxquelles vous ne compreniez rien b) à la bâche ramenée par votre ado à la maison la semaine dernière, alors qu’il vous avait juré qu’il avait bien révisé c) à Einstein bien sûr. A moins que ce ne soit Newton ? Heu… je confonds peut-être avec Fg=m×g. Mais du coup, Galilée, c’était quoi déjà ? Parce que la physique est partout autour de nous, mais que plein de monde n’y comprend rien, La Rotonde de Saint-Etienne se propose de la rendre ludique, et donc, plus simple à appréhender. Quoi de mieux pour cela que de laisser de côté les formules, et de plutôt comprendre en quoi cette discipline est utile dans notre quotidien ? Installée jusqu’au mois d’avril, l’exposition ateliers Supra ! relève le défi de rendre la physique sympa, au fil de trois espaces. Le premier, en version spectacle, entrainera les visiteurs dans une folle expérience avec la matière, où le gaz se met à couler, et où les objets lévitent. Avec le deuxième espace ateli

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Damso – Terrenoire – Kusturica : premier tiercé gagnant du Foreztival 2022

Festival | Après La Rue des Artistes à Saint-Chamond, c’est au tour du Foreztival de Trelins, d’annoncer les premiers noms de la programmation de sa prochaine édition. Chaud devant !

Cerise Rochet | Lundi 17 janvier 2022

Damso – Terrenoire – Kusturica : premier tiercé gagnant du Foreztival 2022

Deux grandes scènes séparées par un champs de patates sans les patates, un camping, de la musique quasi non-stop pendant 3 jours, du soleil, de la chaleur, de la transpi mais c’est pas grave, des rencontres, du kiff au milieu de milliers d’autres personnes qui kiffent en même temps, du partage, des grosses marades, une expérience estivale de malade : 2022 signe le très attendu retour du Foreztival sur la piste des festivals d’été. Si cette nouvelle suffit à faire frémir les aficionados, - Foréziens dans le sang ou dans le cœur -, les autres devraient eux-aussi se mettre à frétiller en découvrant une partie du line-up de cette édition. Premier nom, premier joli coup pour la bande de copains chargée de l’organisation de l’événement, premier grand moment en perspective pour les foreztivaliers version 2022 : Damso, artiste caressant les sommets du rap francophone actuel avec Qalf Infinity (album le plus écouté sur Spotify en 2021), devrait sans trop de doute mettre le feu à la soirée du samedi. Biga Ranx, Skip The Use et Pongo Pour patienter, le public secouera la tête, tantôt d’avant en arrière un peu à la cool, tantôt dans tous le

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La Rue des Artistes : une prog pour bouncer

Festival | Le festival de Saint-Chamond vient de dévoiler la programmation de sa 25e édition, qui aura lieu les 17, 18 et 19 juin prochain. Ça va chauffer dans les chemises et les bermudas.

Cerise Rochet | Lundi 17 janvier 2022

La Rue des Artistes : une prog pour bouncer

15 jours qu’on est bien assis, un mois et demi qu’on n’a carrément plus le droit de danser…Forcément, à un moment donné, il faudra bien s’étirer un peu. Ça tombe bien (et ça donne un petit coup d’oxygène rien qu’en y pensant) : les beaux jours 2022 s’annoncent d’ores et déjà plein de lever de genoux bien haut et de petits sautillons. A Saint-Chamond, l’équipe de La Rue des Artistes vient de dévoiler la programmation de sa 25e édition tout en rythmes entrainants. Aller, encore un peu de patience, la piste n’est plus très loin. Vendredi 17 juin, les festivités démarreront par un plateau partagé entre le reggae-français-toujours-plebiscité- de Danakil, et la voix chaude sur beats hypnotiques de Karimouche. De quoi transpirer ferme et se laisser aller en douceur à un lâcher prise bienvenu, appelant irrémédiablement à revenir le lendemain soir pour continuer à se trémousser… Sur les titres phares de l’icone reggae Tikken Jah Fakoly ( cette fois ci, c’est la bonne, après plusieurs reports pour cause de contexte sanitaire), et sur la cumbia made by les 7 nanas de Las Gabachas. Dimanche 19 juin, en version entrée gratuite, rendez-vous aux pieds de la grande scène po

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Open Mic au Méliès

MUSIQUES | On serait tenté de croire, voire, de dire, qu’on connait l’histoire par cœur… Et pourtant, on pourrait bien en apprendre encore un peu. NTM, c’est (...)

Cerise Rochet | Jeudi 13 janvier 2022

Open Mic au Méliès

On serait tenté de croire, voire, de dire, qu’on connait l’histoire par cœur… Et pourtant, on pourrait bien en apprendre encore un peu. NTM, c’est l’histoire d’une bande de potes qui s’empare du mouvement hip-hop tout juste arrivé en France, pour en faire son moyen d’expression. Avec Suprêmes, Audrey Estrougo met en scène les débuts fracassants du rap français, incarnés par le mythique duo formé par Joey Starr et Kool Shen. Sorti en décembre, le film débarque sur les écrans du Méliès lors de deux séances, dont l’une, à Saint-François, sera suivie d’un open mic avec DJ FAB du collectif Les Bugnes. Alors, si tu penses avoir un bon flow… Go ! Suprêmes + scène ouverte de rap (open mic), mercredi 19 janvier à 17h30 au Méliès Saint-François à Saint-Etienne, projection seule le mardi 25 janvier à 21 heures au Méliès Jean-Jaurès.

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Sandrine Kiberlain : « C’est un film sur les premières fois »

Une jeune fille qui va bien | Portrait inattendu et délicat d’une apprentie comédienne sous l’Occupation rempli d’éclats autobiographiques discrets, le premier long métrage de Sandrine Kiberlain est surtout un exceptionnel exercice de réalisation. Rencontre avec une jeune autrice qui va bien.

Vincent Raymond | Jeudi 20 janvier 2022

Sandrine Kiberlain : « C’est un film sur les premières fois »

Vous avez attendu longtemps avant d’oser écrire et mettre en scène. En cela, votre démarche est parallèle à celle de votre père, David Decca, qui avait attendu à peu près le même âge pour se lancer dans l’écriture dramatique… Sandrine Kiberlain : Ah, vous me cueillez ! Ça prend du temps en fait, d’oser faire un film ; surtout quand on eu comme moi la chance de travailler avec de grands metteurs en scène. Et puis, je suis très heureuse comme actrice — donc ce n’est pas pour combler un manque ou un vide, mais parce que le chemin de l’actrice que je suis depuis… deux ans (rires) a fait que je me suis de plus en plus intéressée à l’ensemble de l’équipe, à comment un film se faisait… Et puis, entrer dans l’univers des autres me passionne ; visiblement, ça a découlé sur l’envie de me raconter moi — surtout d’avoir un thème ou un sujet… Je crois que j’ai toujours rêvé de faire un film ; mais quel film ? Il fallait attendre d’avoir un vrai point de vue, un angle qui fasse la différence et qui soit traité sous un angle singulier. Que ce soit une idée néce

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Les ombres ondulatoires de Jean Bellorini au TNP

SCENES | Dans "Le Jeu des ombres", pensée pour la cour d’honneur du festival d’Avignon 2020 annulé, Jean Bellorini, avec Valère Novarina et Monteverdi, embrasse en musique et en mots, le monde des morts, plus vivant qu’on le croit.

Nadja Pobel | Mercredi 12 janvier 2022

Les ombres ondulatoires de Jean Bellorini au TNP

Au départ, il y a l'Orfeo de Monteverdi. Jean Bellorini, qui a toujours accordé une place primordiale à la musique dans ses créations, s'y intéresse tant qu'il l'a présentée à la basilique de Saint-Denis en 2017. Pourquoi Orphée, à qui est accordé de retrouver sa dulcinée Eurydice dans les ténèbres, ne peut s'empêcher de se retourner pour la voir et la perdre ainsi à jamais ? C'est une relecture de ce récit que le directeur du TNP a commandé à Valère Novarina, avec lequel il avait déjà cheminé en 2008 pour une Opérette imaginaire. Cet auteur, chantre du langage inventé, produit une langue aussi satellisée – non on ne comprend pas tout au Jeu des ombres et ce n'est pas nécessaire – que foncièrement terre-à-terre. Les parties du corps y sont nommées sans détour, l'homme est rendu à son espèce animale sans que cela ne le déprécie, bien au contraire — c'est une « bête qui parle » — car « il n'y a jamais eu personne dedans » nous dit un "enfant de la colère". Lieu ritualisé et païen Neuf comédiens, sept musiciens et deux chanteurs sont ici réunis sur un plateau dessiné de rais de lumière que Bellorini signe aussi. Les instruments anciens des airs baroques, des r

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Lyon : 2022, tous les âges de la danse contemporaine

Danse | L’année 2022 sera l’occasion de réviser ses classiques de la danse contemporaine : Maguy Marin, Jiří Kylián, Ohad Naharin, Pina Bausch… Et entre deux révisions, de découvrir aussi nombre de jeunes talents internationaux.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 12 janvier 2022

Lyon : 2022, tous les âges de la danse contemporaine

L’année chorégraphique commence dans un grand souffle signé Mourad Merzouki. Avec sa nouvelle pièce Zephyr, la figure de proue du hip-hop français lance dix interprètes dans les turbulences d’un vent bien concret sur scène, avec lequel et contre lequel il s’agit de danser, sur une musique signée Armand Amar et au travers d'une scénographie riche en objets divers et étonnants (à la Maison de la Danse du 11 au 21 janvier). Des tourbillons qui se poursuivront avec le Ballet de Genève qui vient à Lyon danser une pièce d’Andonis Fondianakis, Paron, sur un concerto pour violon de Philip Glass, véritable vertige de mouvements calés sur le tempo accéléré de la musique (du 26 au 30 janvier à la Maison de la Danse). Le hip-hop fera son retour à la Maison de la Danse (du 23 au 26 mars) avec deux compagnies, dont une 100% féminine Femme fatale, et Mazelfreten qui hybride hip-hop et électro. Il y aura encore de l’électricité dans l’air avec la dixième édition du festival Sens Dessus Dessous (à la Maison de la Danse en mars), consacré aux talents émergents de la danse contemporaine, avec par exemple le Flamand Jan Martens et son d

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3 semaines de restrictions, des années de répercussion

ACTUS | 2022, tout va mieux ? Pas si sûr, pour un certain nombre de professionnels de la culture, qui une fois de plus se voient contraints de slalomer entre plusieurs pièces d’un bon casse-tête. Assis, on t’a dit !

Cerise Rochet | Mardi 11 janvier 2022

3 semaines de restrictions, des années de répercussion

En septembre, tous, savaient que l’affaire ne serait pas simple : éloigné des salles durant des mois, le public semblait avoir perdu l’habitude de la sortie, lui préférant vraisemblablement les soirées entre potes, ou les plans canap’-bon petit plat maison-Netflix. Ces nouvelles pratiques s’étaient d’ailleurs traduites dans le mode de « consommation » de la culture, davantage centré sur l’envie de dernière minute. Exit les abonnements et l’anticipation, bonjour les places à l’unité et la spontanéité. Pour contrebalancer ce changement de donne, les professionnels du secteur ont passé 4 mois les manches retroussées, pour aller chercher les spectateurs un à un, et les convaincre de venir s’asseoir dans l’obscurité -ou rester debout !- pour un bon moment de musique, de théâtre, de danse ou de cinéma… A la clé, des résultats, puisque nombre d’entre eux estiment aujourd’hui avoir réussi à remplir assez correctement leurs salles. Et puis, patatra. Depuis la fin décembre, l’épidémie et les mesures de restriction prises par le gouvernement pour tenter de la freiner viennent de nouveau compromettre la dynamique. Jusqu’au 23 janvier, les salles ne pourront plus accueill

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La Pépite des Ambassadeurs

Séquence | Les Ambassadeurs du Méliès, ce sont des lycéens qui aiment le cinéma, qui voient les dernières sorties en salle, et qui livrent leur coup de cœur. Aujourd’hui, Elise et Noah nous parlent de leur « Pépite » du mois, The chef, dernier long-métrage de Philip Barantini, avec Stephen Graham dans le rôle-titre.

La rédaction | Jeudi 6 janvier 2022

La Pépite des Ambassadeurs

Pour Elise, ambassadrice du lycée Simone Weil : « Une œuvre sublime » On est en période de Noël, dans la cuisine d’un grand chef en déchéance. Dans le public de la salle obscure, la pression monte et devient insoutenable, alors que de délicieuses effluves s’échappent de l’écran. Ouverture des portes, c’est le début du service, avec, au menu, le pire et le meilleur du genre humain. The Chef est une œuvre sublime tournée en un seul plan séquence, ce qui donne cette impression si particulière de vivre l’action, et met en valeur l’environnement et tous les personnages : ils ne sont plus des acteurs, ils SONT véritablement ces êtres que l’on voit évoluer à l’écran. Le film parvient à capturer ces moments de leur vie ou l’engrenage se bloque, après ça rien ne va plus… Et on vous met au défi de ne pas les apprécier, car ils sont si imparfaits que s’en est attachant. Pour Noah, ambassadeur du lycée Fauriel : « Une tempête de sentiments contradictoires » The chef, un restaurant, une équipe, un chef et un seul plan séquence ! Si le nouveau film de Philip Barantini est une grande prouesse technique, tant pour les acteurs qu

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À l'arrache : nous avons lu le livre de Sébastien Escande

ITV : Sébastien Escande | « Don't hate the media, become the media ». La phrase est de Jello Biafra, ex-chanteur des Dead Kennedys, et s'affiche au détour (...)

Cerise Rochet | Mardi 4 janvier 2022

À l'arrache : nous avons lu le livre de Sébastien Escande

« Don't hate the media, become the media ». La phrase est de Jello Biafra, ex-chanteur des Dead Kennedys, et s'affiche au détour d'une phrase du livre édité par Sébastien Escande dit "Barbapop". Une sorte de mantra du do it yourself qui depuis les origines irrigue la scène underground lyonnaise et cette manière d'organiser des concerts avec des bouts de ficelles dans des lieux qui tiennent parfois à peine debout ou n'ont pas vu une étiquette "norme européenne" depuis des lustres et avec chevillé au corps des principes indéboulonnables (prix libre, pas d'agent de sécurité, ce genre...). La chose est née du punk et Sébastien Escande qui a œuvré un moment avec Barbapop dans l'organisation de concerts pop obscurs (et néanmoins lumineux), souhaitait en raconter l'histoire lyonnaise, riche de personnages hauts en couleurs, d'assos (Silly Hornets, Sonotone), de groupes (Haine Brigade) et de

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Week-end : se presser vers la Bresse

ESCAPADES | À à peine plus de deux heures de Saint-Etienne, la Bresse reste assez méconnue à moins d’y être né. Pourtant avec son territoire vallonné, son poulet nec plus ultra AOC et ses fromages, cette région régale et n’est pas encore débordée par le tourisme de masse. Go !

Nadja Pobel | Mardi 4 janvier 2022

Week-end : se presser vers la Bresse

Attention à ne pas confondre avec la Bresse des Hautes-Vosges ; celle dont il est question ici se trouve essentiellement sur le département de l'Ain (qui regroupe aussi le Pays de Gex riche de sa frontière avec la Suisse, la Dombes et le Bugey) et mord sur la Saône-et-Loire et le Jura. Zone naturelle et non administrative, elle occupe le quart nord-ouest de l'Ain, englobant le massif du Revermont qui culmine à 768m au Signal de Nivigne, paradis des parapentistes. Rien n'est plat sur cette terre agricole couverte de maïs et bien casse-patte pour les cyclistes — loin cependant des 1500m du Grand Colombier (Bugey). Alors que faire en Bresse ? Des balades et des resto à gogo puisque c'est ici que grandissent les seules volailles de France à qui est décernée l'appellation d'origine contrôlée, qu'elles soient dindes, chapons, poulets ou poulardes avec leurs fameuses pattes bleues. Un minimum de 10m² par animal où il puise un tiers de sa nourriture est exigé. Leur chair ferme est parfaite. Une ville : Bourg-en Bresse Préfecture paisible, Bourg-en-Bresse cons

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Les vêtements ont-ils un sexe ?

Sape | Une collection de vêtements non pré-assignée à un genre, voilà le créneau sur lequel vient de se lancer la (...)

Jérémy Tronc | Mardi 4 janvier 2022

Les vêtements ont-ils un sexe ?

Une collection de vêtements non pré-assignée à un genre, voilà le créneau sur lequel vient de se lancer la marque grenobloise Intrépide studio. Tee-shirts roses, hoodies noirs, sweats mauves ou bordeaux, peu importe son sexe, son orientation sexuelle, sa morphologie : les 24 pièces de la collection d'Intrépide studio sont censées être portées indifféremment par tout le monde. À une époque où le vêtement se fait de plus en plus “sans genre”, la démarche de la marque est-elle purement opportuniste ou bien « authentique et sincère » comme elle le proclame ? Justine Blanchin, sa créatrice, nous répond : « Nous avons imaginé une marque qui soit la plus éthique et la plus proche possible de nos valeurs. Nous voulions qu'elle apporte de la visibilité à ceux qui n'en ont pas, qu'elle donne une vraie représentation de la société et qu'elle soit parfaitement transparente. » Elle nous assure d'ailleurs avoir vérifié les bonnes conditions de tr

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Lyon : Les Fleurs du Bal, espace dédié aux expos et au livre d'occasion

Guide Urbain | Depuis 2003, la librairie Le Bal des Ardents — et son fonds de quelque 25 000 livres — est devenue un véritable sanctuaire pour les (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 janvier 2022

Lyon : Les Fleurs du Bal, espace dédié aux expos et au livre d'occasion

Depuis 2003, la librairie Le Bal des Ardents — et son fonds de quelque 25 000 livres — est devenue un véritable sanctuaire pour les amateurs de bonne littérature, de revues alternatives, de livres d'art et de sciences humaines… Le Bal propose aussi des ouvrages d'occasion mais, avec le temps, l'espace est venu à manquer. Francis Chaput-Dezerville (qui dirige le Bal) vient donc d'ouvrir, depuis la fin du mois de novembre, un nouvel espace situé dans la même rue, à quelques mètres de la maison mère. Les Fleurs du Bal (y aurait-il dans le nom du lieu une référence à un recueil de poèmes de Charles Baudelaire ?) sont consacrées aux livres d'occasion et aussi à des expositions d'artistes liés aux goûts du libraire (artistes participant par exemple aux Cahiers Dessinés, ou bien à des revues d'art brut ou d'art alternatif). Actuellement, c'est Nylso qui présente d

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Une exposition sur les vanités d'hier et d'aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts

Arts | Rapprochant art ancien, art moderne et art contemporain, l’exposition À la mort, à la vie ! s’empare du thème de la vanité dans toutes ses dimensions. Et s’avère bien davantage une ode au vivant qu’un constat morose ou morbide sur la vanité de nos existences.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 janvier 2022

Une exposition sur les vanités d'hier et d'aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts

L'ouverture de l'exposition À la mort, à la vie claque ! On y est accueilli par une famille sculptée du Nigéria, toute d'os de bois composée. Une famille mi-rigolarde mi-inquiétante, où les parents squelettes portent leurs petits squelettes sur les épaules, où l'on danse et grimace, où l'on se fige et regarde vers le néant… Autour de ces sculptures, le peintre Erro compose ses farandoles de squelettes goguenards (années 1950), et des gravures du XVIe au XVIIe siècle représentent le Triomphe de la Mort, l'Allégorie de la Mort, la Mort victorieuse, les danses macabres ! Vertiges de la mort donc, où ça danse parmi les époques, du XVIe siècle à nos jours, des débuts des vanités au Moyen Âge à leurs relectures et à leurs réappropriations tout au long de l'histoire de l'art. De la peste au Covid-19, les savoirs et les regards évoluent, mais pas la finitude humaine ni les questions existentielles. Et c'

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Au Musée des Confluences, des Sioux et des hommes

Expo | Remarquable, passionnante et très complète exposition que Sur la piste des Sioux proposée par le Musée des Confluences et portée par une sublime collection d'objets. Plongée terrible et magnifique dans la construction de cet Indien imaginaire qui hante nos fantasmes western depuis un siècle et demi.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 janvier 2022

Au Musée des Confluences, des Sioux et des hommes

Pourquoi une exposition sur les Sioux pour évoquer la représentation populaire des Indiens d'Amérique ? Parce que nous dit Steve Friesen, ancien directeur du Buffalo Bill Museum and Grave, ces représentations ont en quelque sorte fait de traits particuliers, ceux du Sioux, une généralité, celle de l'Indien. En grande partie parce que le premier vecteur de cette imagerie, les Wild West Show, ont essentiellement recruté des cavaliers sioux (lakotas pour la plupart). Du fait de leur expérience, les mêmes lakotas seront recrutés par le Hollywood des premiers westerns. Le cavalier des plaines devenant peu à peu et pour longtemps l'archétype de l'Indien. Un archétype qui demeure encore aujourd'hui indélébile. Alors pour décortiquer cette fabrique de l'image, le comité scientifique de l'exposition Sur la piste des Sioux a commencé par faire réaliser par le CREDOC une enquête sur les représentations des Indiens d'Amérique du Nord en France. Dont le résultat trône en ouverture de l'expositi

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Gueule de bois

édito | 1er janvier, 11h44, un texto : « 2022, l’année qui va mieux, alors meilleurs vœux ! » On voudrait y croire. Mais avec ce mal de tête (...)

Cerise Rochet | Lundi 3 janvier 2022

Gueule de bois

1er janvier, 11h44, un texto : « 2022, l’année qui va mieux, alors meilleurs vœux ! » On voudrait y croire. Mais avec ce mal de tête coincé entre les deux tempes… Pas simple ! Cette gueule de bois, on se la traine depuis un mois. Remettre le masque par ci, ouvrir les fenêtres par là. « - J’ai un resto prévu samedi, j’y vais ? - C’est toi qui vois. - Je suis cas contact il faut que je fasse quoi ? - Ça dépend, c’est un Delta ? - Non c’est Omicron. - Oulah, ça se prononce pas comme ça. - De toute façon, on finira tous par l’avoir. - Ou pas… Tu sais ça dépend, ils ont l’air de dire que ça pourrait… » AAAAAAAAAAARRRRGHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!! 1er janvier, 16h02, après une sieste, un burger et des grands verres d’eau, une question : « Et à part ça ? » A part ça, dehors, un rayon de soleil. A part ça, dedans, un mot doux glissé à l’oreille. A part ça, des notes de musique qui s’échappent d’une fenêtre entre deux éclats de rire. A part ça, un petit coup de fil d’un ami, qui veut dire qu’il pense à toi. A part ça, des histoires qui se poursuivent, d’autres, qui vont dé

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Fred Cavayé : « je me suis un peu auto-censuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Adieu Monsieur Haffmann | Après y avoir déjà présenté en première Pour Elle et À bout portant, Fred Cavayé avait réservé l’exclusivité de son nouveau film Adieu Monsieur Haffmann au Festival de Sarlat. Bien lui en a pris : son drame se déroulant durant l’Occupation a remporté le Grand prix du public et le Prix d’interprétation pour Sara Giraudeau. Toujours prompt à parler fabrication, Cavayé raconte l’histoire de ce film dans l’Histoire. Rencontre sarladaise…

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Fred Cavayé : « je me suis un peu auto-censuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Qu’est-ce qui vous a amené à aborder ce sujet et cette époque ? Fred Cavayé : Beaucoup de choses : l’envie date de très longtemps. Le point de départ, c’est un roman de Michel Audiard, La nuit, le jour et toutes les autres nuits qui parle de la Libération et notamment des femmes qui sont faites tondre. Les salauds sous l’Occupation, c’est un sujet qui avait été assez peu abordé. J’avais le souvenir de films comme Lacombe Lucien ou du formidable téléfilm Au bon beurre avec Roger Hanin. Alors quand Jean-Philippe Daguerre, l’auteur de la pièce Adieu Monsieur Haffmann m’a envoyé le texte, je n’ai pas voulu le lire (je préfèrerais découvrir la pièce une fois montée), je m’en suis fait mon histoire avec le peu que j’en savais. Or sa pièce est ailleurs, en vérité, pas sur sujet-l&agrav

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Tony Bakk : une belle partie de console

En coulisses | Tête connue de tous les musiciens stéphanois (et d’ailleurs), mec sociable et sympa, tatoué aux doigts de fée, Tony Bakk est de ceux qui, dans l’ombre, contribuent à la lumière des autres. Portrait d’un magicien du son.

Cerise Rochet | Lundi 3 janvier 2022

Tony Bakk : une belle partie de console

Difficile, de savoir à quel moment l’histoire a commencé pour Tony. La musique, les notes, les instruments, les mélodies… Tout ça a finalement toujours fait partie de sa vie. Tombé dans la marmite quand il était petit ? Plus petit que petit même, puisqu’enceinte de lui, sa mère a dû épouser son père, musicien et sur scène tous les week-ends… Un jeudi. Ce que Tony raconte avec davantage de précision en revanche, c’est ce moment où il a décidé d’arrêter l’école. Ras-le-bol, de rester assis toute la journée à tenter d’apprendre des trucs qui ne l’intéressent pas franchement. A l’époque, le jeune homme a 16 ans et, à défaut d’aimer les maths ou la géo, il va suivre son père au Monstre Gentil, le studio d’enregistrement que ce dernier a fondé à Saint-Etienne quelques années plus tôt. Au début, Tony se charge de préparer et d’apporter les cafés. Et puis, assez vite, on le met face à une console. Et ça, contrairement aux maths ou à la géo… C’est vraiment fait pour lui. Car, sans s’en rendre compte, Tony a passé toute son enfance à former son ouïe à reconnaitre les belles notes, et les harmonies qui fonctionnent. Un peu à l’instinct, il fait ainsi ses premières armes

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Magnétique

MUSIQUES | En une poignée d’années le duo lyonnais Black Lilys a pris une belle épaisseur. Quelque part entre dark pop, rock (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 janvier 2022

Magnétique

En une poignée d’années le duo lyonnais Black Lilys a pris une belle épaisseur. Quelque part entre dark pop, rock éthéré et folk sophistiquée, la fratrie Robin et Camille Faure sont un peu nos Angus & Julia Stone français. On pense parfois à l’album Felt Mountain de Goldfrapp, à Agnes Obel, CocoRosie, The Do ou encore Björk. Au cœur d’un univers organique bercé de poésie aigre-douce, Black Lilys vous prend par la main sur des chemins bordés de lichens, de névés, de vieilles pierres et d’embruns, quelque part entre Écosse et Islande. Un nouvel album, New Era, est en préparation pour 2022, dont les singles très prometteurs Yaläkta et Gymnopédie annoncent déjà la couleur sur les internets. Black Lilys, le 16 janvier à 17h30 au Château du Rozier à Feurs

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Un nouveau style de salles d’arcades a le vent en poupe à Lyon

Article Partenaire | Pour les nostalgiques du retrogaming, les salles d'arcades étaient un peu le temple où l'on pouvait se retrouver. Mais, avec la démocratisation des consoles de jeu vidéo ou tout simplement des jeux sur mobile, les salles ont été peu à peu désertées et ont presque toutes fermé en France. 

La rédaction | Vendredi 24 décembre 2021

Un nouveau style de salles d’arcades a le vent en poupe à Lyon

Pourtant, depuis quelques années, une nouvelle technologie remet au goût du jour les salles spécialisées dans le jeu vidéo, même s'il s'agit d'un pan précis de ce domaine. La réalité virtuelle sonne comme le nouvel amusement à la mode. Aussi convivial qu'immersif, il a déjà conquis de nombreuses personnes. Zoom sur un engouement qui risque de s'affoler dans les années à venir. Un nouveau chapitre du jeu vidéo Si aujourd'hui le monde vidéoludique a pris une importance énorme de par le public toujours plus grand, c'est aussi grâce à la bonne santé de l'industrie qui innove toujours un peu plus. Les casques de réalité virtuelle offrent ainsi une toute nouvelle expérience de jeu qui révol

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Arts majeurs et vaccinés

Galerie | Depuis sa création en 2006, la p’tite entreprise de François Ceysson et Loïc Bénétière ne connait pas la crise : avec des galeries à Lyon, Paris, Genève, Luxembourg et New York, la nouvelle adresse stéphanoise apparait aujourd’hui comme le véritable fer de lance de la maison. Rencontre avec le co-fondateur Loïc Bénétière et Ivana Garel, responsable du nouvel espace.

Niko Rodamel | Lundi 3 janvier 2022

Arts majeurs et vaccinés

Pouvez-vous tirer un premier bilan quelques mois après le lancement du nouveau site ? Loïc Bénétière : « Nous sommes très satisfaits, les retours sont positifs et la fréquentation très encourageante. Les personnes qui poussent notre porte sont avant tout des gens curieux et ouverts. Ouvrir un espace de plus de 1000 m2 avait pour but de maximiser les conditions de monstration des œuvres. Une exposition comme celle de Bernar Venet n’aurait pas été possible dans notre espace historique rue des Creuses où nous avions aussi un réel problème de stationnement. En termes de volume et d’accès, tout redevient possible ici, les artistes acceptent plus facilement de sortir et de montrer certaines œuvres. Le projet nous a demandé deux ans de réflexions et de recherches, puis deux autres années de travaux. Si la mairie nous a aidé à trouver le site, nous en sommes propriétaires, nous sommes ici chez nous ! » Ivana Garel : « Nous voyons venir des personnes qui n’av

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Vague

ECRANS | « Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la ville, allez vous faire (...)

Cerise Rochet | Lundi 3 janvier 2022

Vague

« Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la ville, allez vous faire foutre ». Sans doute, l’une des plus belles répliques de Belmondo, lancée face caméra alors que son personnage, Michel, remonte de Marseille à Paris à bord d’une voiture volée. Premier long-métrage de Godard, sorti en 59, A Bout de Souffle fit l’effet d’une bombe dans le paysage cinématographique de l’époque, en fracassant toutes les règles classiques de réalisation. La star Bébel était née… Et la Nouvelle Vague fut. A Bout de Souffle, de Jean-Luc Godard, le dimanche 23 janvier à 18 heures et le dimanche 30 janvier à 11 heures au cinéma Rex à Montbrison

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Un classique

Adaptation | Connu pour ses comédies légères durant les années 30, le réalisateur Georges Stevens, documentariste pour (...)

Cerise Rochet | Lundi 3 janvier 2022

Un classique

Connu pour ses comédies légères durant les années 30, le réalisateur Georges Stevens, documentariste pour l’Armée américaine durant la Seconde Guerre Mondiale, restera à jamais marqué par l’horreur découverte dans les camps d’extermination. En 1959, il adapte ainsi Le Journal D’Anne Frank au cinéma, tandis que l’ouvrage s’est d’ores et déjà vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Sublime par sa capacité à rendre compte de la sensation d’enfermement des personnages dans leur cachette, en même temps que leur angoisse et les liens forts qui les unissent, ce film s’avère être une très fidèle retranscription à l’écran de l’ouvrage de l’adolescente. A voir ou à revoir en ce début janvier à Saint-Etienne. Le Journal d’Anne Frank, de George Stevens le 6 janvier de 14h30 à 17h30 à la cinémathèque à Saint-Etienne.

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Tromperie : Quelques maux d’amour

ECRANS | Adaptation d’un roman de Philip Roth qui lui trottait depuis longtemps en tête, la tromperie de Desplechin est aussi un plaidoyer pro domo en faveur du droit de l’artiste à transmuter la vérité de son entourage dans ses œuvres. Quitte à confondre amour privées et fictions publiques.

Vincent Raymond | Jeudi 30 décembre 2021

Tromperie : Quelques maux d’amour

Fin des années 1980. Écrivain à succès américain provisoirement exilé à Londres, Philip accueille dans le petit appartement où il travaille sa jeune maîtresse anglaise. Entre deux galipettes, ils parlent, ou plutôt elle parle et il l’écoute, prenant des notes comme il a l’habitude de le faire depuis toujours avec ses conquêtes. Le soir, il retrouve sa compagne officielle ou ses obligations mondaines, échangeant parfois avec ses anciennes liaisons, lesquelles ont toutes laissé une trace dans son œuvre. Et vitupère à l’envi contre l’antisémitisme systémique au Royaume-Uni… Film verbal plus que verbeux, resserré autour d’un couple (pas toujours le même, bien que l’homme demeure identique), Tromperie tranche dans la filmographie de Desplechin par sa relative linéarité puisqu’il accompagne un double processus : l’édification d’un amour et celui de l’œuvre codépendante. Certes, Roubaix, une lumière (2019) présentait déjà une structure narrative plus “disciplinée” qu’à l’ordinaire chez le cinéaste, mais c’était surtout parce qu’elle s’inscrivait dans un genre bien particu

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Changements au Musée d’Art et d’Industrie

CONNAITRE | « Dépoussiérer l’image du musée » ? Sûrement pas. Car un musée n’est jamais (...)

Cerise Rochet | Lundi 3 janvier 2022

Changements au Musée d’Art et d’Industrie

« Dépoussiérer l’image du musée » ? Sûrement pas. Car un musée n’est jamais poussiéreux. C’est un lieu qui vit, qui grouille, dans lequel les gens travaillent et les visiteurs passent, repassent, découvrent, s’intéressent, apprennent. Comme d’autres structures pourtant, le Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne se doit d’aller de l’avant, pour coller à son époque, quand bien même ses collections sont liées au passé. « Ces 20 dernières années, notre public a beaucoup changé, souligne la directrice Marie-Caroline Janand. Il est aujourd’hui à l’image d’un monde qui a muté économiquement, qui est attaché à l’univers numérique, et dans lequel les gens sont beaucoup plus mobiles qu’avant. Notre volonté est donc de nous adapter à ce monde ». Une salle immersive Dans cette adaptation, le musée a ainsi d’ores et déjà franchi une première

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Cinéma cherche young team

Petite annonce | A Saint-Etienne, Le Méliès a ses « ambassadeurs ». A Saint-Chamond, Le Véo Grand Lumière aura (...)

Cerise Rochet | Mardi 4 janvier 2022

Cinéma cherche young team

A Saint-Etienne, Le Méliès a ses « ambassadeurs ». A Saint-Chamond, Le Véo Grand Lumière aura bientôt sa « team ». L’idée ? Familiariser les jeunes avec le cinéma, en leur permettant de participer activement à la vie de la structure. Pour permettre à de jeunes gens de développer leur goût pour les films en même temps que leurs connaissances, le Véo ouvre aujourd’hui ses coulisses aux volontaires. Une première équipe aura en effet prochainement pour mission de participer à la programmation du cinéma. Une deuxième, accompagnée par un groupe de professionnels, sera chargée de travailler à l’élaboration d’un festival de films. Un dernier groupe se verra quant à lui remettre entre 2 et 3 invitations par mois pour venir voir des films au cinéma, et partager ensuite ses ressentis via des pastilles vidéo ou des témoignages écrits, relayés sur les réseaux sociaux du cinéma. Une réunion d’information à destination des

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Un monde : La cour des mille raclées

Harcèlement scolaire | Portant sur la mécanique pernicieuse du harcèlement scolaire et interprété par deux enfants déchirants de vérité, ce premier film miraculeux est une merveille de délicatesse autant qu’un tour de force de réalisation. Un choc absolu et sans nul doute, une future référence sur le sujet.

Vincent Raymond | Lundi 3 janvier 2022

Un monde : La cour des mille raclées

C’est la rentrée à la ”grande école” pour Nora qui redoute d’être séparée de son aîné Abel, lequel a d’autres chats à fouetter dans la cour de récréation. Parce qu’il va s’opposer à ce que sa cadette soit bizutée, Abel devient le nouveau bouc émissaire des terreurs de la primaire. Témoin de ces sévices, Nora va désespérément tenter d’alerter les adultes. En vain, jusqu’à ce qu’un fait grave n’oblige l’institution scolaire à réagir… Il est actuellement une vague naissante, ou une vogue pour des films brefs s’attachant sans fioriture ni digression à leur sujet ainsi qu’au monde réel... Comme une douce alternative à la domination écrasante des blockbusters, rouleaux compresseurs flirtant avec les 3h de bastons filmées sur fond vert, avec des acteurs partiellement virtuels et des enjeux de plus en plus hermétiques aux béotiens — dans la mesure où ils s’inscrivent dans des “univers” addictifs fonctionnant en vase clos reproduisant l’efficacité gravitationnelle des trous noirs qui ne relâchent jamais la matière (spectatorielle) qu’ils ont capturée. Ces “films d’à-côté” ont compris la nécessité d’aller à l’essenti

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Poly’Sons : dans les coulisses d’un festival

En coulisses | Point d’orgue annuel depuis 19 ans au Théâtre des Pénitents, le festival montbrisonnais Poly’Sons continue de défendre la chanson française et son public. Rencontre avec Henri Dalem, directeur et programmateur.

Niko Rodamel | Lundi 3 janvier 2022

Poly’Sons : dans les coulisses d’un festival

Quel premier bilan faites-vous sur la nouvelle saison après 4 mois d’exercice ? « Le bilan est pour l’instant très contrasté. Le fait le plus marquant est que nous comptons beaucoup moins d’abonnés qu’auparavant : nous avons actuellement enregistré 300 abonnements contre 850 à 900 habituellement. En revanche, on ne s’en sort pas trop mal si l’on prend spectacle par spectacle. Même si les réservations se font souvent à la dernière minute, plusieurs représentations ont été complètes et nous observons également une très bonne fréquentation des scolaires. En règle générale on sent bien que les habitudes ont changé, les gens semblent avoir du mal à se projeter, le public n’est d’ailleurs pas tout à fait le même qu’avant. Tout cela crée une fragilité financière et nous oblige à communiquer davantage. » Quelle place le festival Poly’Sons tient-il dans la saison du théâtre des Pénitents ? « Le festival est en quelque sorte l’ADN de notre maison, c’est sans doute le moment que l’équipe porte avec le plus de ferveur. La dix-neuvième édition propose une vingtaine de concerts sur une période d’un mois. Si l’évènement a assuré s

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Derrière le disque

En coulisses | Tandis qu’en 20 ans, l’univers de la musique enregistrée a évolué au rythme de la poussée du numérique et des crises successives, à Saint-Etienne, les artistes peuvent compter sur plusieurs structures indépendantes pour les accompagner dans leur parcours de création et de diffusion... Souvent jalonné de difficultés.²

Cerise Rochet | Lundi 3 janvier 2022

Derrière le disque

« Jamais, l’auditeur n’a eu autant de choix parmi les propositions artistiques, jamais la musique n’a été aussi accessible qu’elle ne l’est maintenant, et pourtant, jamais il n’y a eu autant de monde qui écoute la même chose en même temps ». Ce constat, Cyril Balthazard du label Le Cri du Charbon le fait un brin amer, fatigué sans doute, de devoir sans cesse se battre pour attiser la curiosité des publics. Car, même si le travail de terrain opéré par les acteurs indépendants permet à certains artistes de sortir des disques, d’en vendre quelques-uns et donc de pouvoir se produire en live et gagner leur croute, se faire une petite place dans une industrie du disque dominée par les quelques gros artistes mainstream diffusés en radio relève encore du défi. « On reçoit énormément de sollicitations, et chez nous aussi, les places sont chères, poursuit Cyril. Le contexte du métier reste extrêmement difficile, on ne peut pas se permettre la moindre épine dans le pied. » Pas de recette miracle, en effet : la route est longue et fastidieuse, et chacun doit y être réellement préparé. Parce que lui non plus ne peut se permettre la moindre épine dans le p

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Licorice Pizza : Sweet seventies

Romance | Deux jeunes gens que près de dix ans séparent apprennent à s’aimer, non sans peine. À la fois roman picaresque et d’apprentissage,  Licorice Pizza retrace leur balade sur la carte américaine du tendre à l’aube des 70’s. Une carte postale datant de l’époque du pétrole illimité, des waterbeds et des cols pelle à tarte confiée à d’inattendues têtes d’affiche.

Vincent Raymond | Lundi 3 janvier 2022

Licorice Pizza : Sweet seventies

San Fernando, L.A., 1973. À la fois lycéen, comédien et à l’affût de la moindre opportunité entrepreneuriale, le jeune Gary Valentine tombe sous le charme d’Alana, l’assistante du photographe de l’école. Le fait qu’elle ait la vingtaine ne l’arrêtant pas, l’ado culotté engage une opération de séduction qui ne laisse pas totalement insensible sa putative dulcinée. Chronique de leur histoire, entre hauts et bas… Ne vous attendez pas à découvrir dans ce film la recette (ni la moindre apparition) de la pizza à la réglisse promise par le titre ! Cette espèce de chimère culinaire, que les papilles peinent d’ailleurs à conceptualiser — quand bien même elles auraient tâté de l’improbable Hawaïenne — doit se comprendre comme l’équivalent alimentaire doux-amer de notre mariage entre la carpe et le lapin. Une sorte d’attelage improbable entre deux caractères davantage susce

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Matrix Resurrections : Puissance quatre

ECRANS | Vingt ans et des poussières après que les Wachowski ont anticipé le principe du métavers en extrapolant les babils d’Internet et les écrits de Philip K. Dick, Lana W. remet le couvert en solo pour un nouvel opus tenant à la fois du palimpseste, du reboot en version augmentée, du prolongement et de l’objet théorique semi-parodique. Une sorte de Matrix 4.0…

Vincent Raymond | Mardi 21 décembre 2021

Matrix Resurrections : Puissance quatre

Comme un air de déjà-vu… Un groupe de rebelles assiste à la tentative d’arrestation par la police et les Hommes en noir d’une amazone qui, naturellement, parviendra à leur échapper. Décor, angles de prises de vue, ambiance colorimétrique, dialogue… À quelques détails près, la séquence est identique à celle ouvrant Matrix (1999). Sauf qu’ici l’agent Smith et Morpheus sont plus jeunes, et que le second est un transfuge de la Matrice. Quant à Néo, il arbore à nouveau l’identité de Thomas Anderson, un créateur de jeux vidéo ayant jadis connu le succès en programmant la trilogie Matrix, sommé par la maison-mère de sa boîte — le studio Warner, authentique producteur de la franchise cinématographique — de fournir un quatrième épisode. Différence notable : il est envahi de pensées parasites et soigne ce qu’il pense être une schizophrénie galopante auprès de son analyste, lequel lui prescrit des pilules bleues… Turing point L’une des grandes forces de Matrix, premier du nom, était d’avoir induit une révolution dans l

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Insoumis

Danse | Dans un monde en chute libre, où chacun surveille l’autre autant qu’il est surveillé lui-même, il en est qui (...)

Cerise Rochet | Mardi 4 janvier 2022

Insoumis

Dans un monde en chute libre, où chacun surveille l’autre autant qu’il est surveillé lui-même, il en est qui résistent. Avec La 5e Colonne, la compagnie stéphanoise Ballet21 plonge le public dans une société orwellienne du contrôle, étouffante, mais dans laquelle, pourtant, la population semble vivre heureuse et sereine. On suit alors la mise en mouvement d’une rébellion, à travers la liberté de trois danseurs en quête de sens et de vérité. La 5e Colonne par la Cie Ballet 21, le 21 janvier 2022 au Théâtre du Parc (Andrézieux-Bouthéon) et le 5 mars 2022 à l'Echappé (Sorbiers)

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Retour sur soi(s)

Panorama | En ce mois de janvier, l’offre se polarise singulièrement sur des films traitant de réflexivité ou l’examen du passé. Il est parfois utile de faire le point face au miroir pour aller de l’avant…

Vincent Raymond | Lundi 3 janvier 2022

Retour sur soi(s)

Chaque artiste parle de lui à travers ses œuvres, et certains le font plus que d’autres. Comme Marine Barnérias avec Rosy (05/01), pseudo-documentaire — mais vrai clip géant de promotion personnelle puant l’exaltation de l’individualisme et la fausse humilité — sur un combat contre la sclérose en plaque. Racoleur, ambigu et mal filmé. On n’est pas loin de préférer (malgré le profond sentiment de déja-vu) l’optimisme naïf et coutumier de Lelouch dans L’Amour c’est mieux que la vie (19/01), recyclage habituel des thèmes du cinéaste (amour-amitié-argent) dans de grands mouvements lyriques de caméra, avec un dialogue en semi-impro, une chanson-rengaine et pléthore d’extraits piochés dans sa volumineuse filmographie. Rien de neuf donc, si ce n’est que ce 50e opus annoncé comme son ultime long métrage… est le premier acte d’une trilogie. Quant au family movie que miss Gainsbourg consacre à miss Birkin, Jane par Charlotte (12/01), c’est un peu une version actualisée du Jane B. par Agnès V., de Varda sauf que Charlotte G. tente de décrypt

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L'Avare de Molière : zoom sur le travail des comédiens

En coulisses | Depuis son fauteuil, face à la scène, il n’y a pas spectateur de théâtre plus heureux qu’un spectateur qui croit en ce qu’on lui montre. Mais pour en arriver là, la tâche des artistes est souvent longue et difficile, bien loin de la magie qui opère lorsque l’obscurité se fait. Immersion dans le travail de comédien, lors d’une répétition de L’Avare, à la Comédie de Saint-Etienne.

Cerise Rochet | Mardi 4 janvier 2022

L'Avare de Molière : zoom sur le travail des comédiens

« C'est une raillerie, que de vouloir me constituer son dot de toutes les dépenses qu'elle ne fera point. Je n'irai pas donner quittance de ce que je ne reçois pas ; et il faut bien que je touche quelque chose ». Genoux fléchis, pieds trainants, corps tassé, Harpagon traverse sa maison à petits pas, tandis qu’attrapant une carte du monde, Frosine le suit. « Mon Dieu! vous toucherez assez ; et elles m'ont parlé d'un certain pays où elles ont du bien dont vous serez le maître ». Durant près de deux heures, ce mercredi-là, Emmanuel Vérité et Anne Cuisenier vont répéter la scène 2 de l’acte II morceau après morceau. Enchainer plusieurs répliques, et recommencer en se déplaçant différemment. Puis recommencer encore, cette fois-ci en s’asseyant. A un mois de la première de L’Avare à la Comédie de Saint-Etienne, l’heure est à la recherche d’une juste manière de jouer dans l’espace, au milieu du décor et avec les accessoires. Il faut essayer. Multiplier les propositions. En abandonner certaines. En pousser d’autres plus loin, « pour voir où elles mènent ». Fabriquer la bonne distance Depuis la salle, Benoît Lambert

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La belle et la bête

Festival | Pour sa 19ème édition, le festival montbrisonnais Les Poly’Sons monte en puissance avec une riche et belle programmation qui, durant un mois entier, met à l’honneur la chanson francophone. Voici nos deux coups de cœur.

Niko Rodamel | Lundi 3 janvier 2022

La belle et la bête

Le jeudi 20 janvier, L (alias Raphaële Lannadère) défendra son nouveau projet, Paysages, sur les planches du Théâtre des Pénitents. Après un premier EP en 2008, se sont succédés quatre albums au fil desquels L a laissé mûrir un univers couleur crépuscule, où se frôlent chimères et mirages dans de délicieux vertiges esthétiques. Entre ombre et lumière, les textures musicales tracent des lignes de fuite vaporeuses et sensuelles. Dans cet écrin intimiste, les textes envoûtants dessinent avec une intense légèreté le destin flottant de mystérieux oiseaux de nuit ou d’héroïnes féministes. Rien de bien étonnant lorsque la chanteuse cite Thom Yorke (chanteur et principal compositeur de Radiohead) ou Björk pour leur forme suprême de justesse et d’épure. Samedi 29 janvier, rendez-vous avec l’incorrigible Sanseverino ! Le guitariste sortait cet automne un tout nouvel album, Les deux doigts dans la prise, électrifiant son instrument pour défricher de nouvelles pistes, lorgnant notamment du côté des sonorités funk et des rythmes afrobeat. Délicieusement frapadingue, engagé mais toujours bienveillant, l’artiste reste fidèle à son univers dégingandé, dénonçant

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Come Together

The Beatles | A l'occasion de l’actuelle diffusion française du documentaire « The Beatles / Get Back » (sur Disney +) réalisé par Peter Jackson, Pierre (...)

Niko Rodamel | Lundi 20 décembre 2021

Come Together

A l'occasion de l’actuelle diffusion française du documentaire « The Beatles / Get Back » (sur Disney +) réalisé par Peter Jackson, Pierre Espourteille dédicacera le livre « John Lennon : Number Nine » dont il est l'un des quatre auteurs. Intervenant à l’Ecole Arts et Culture de Lyon et conférencier-expert-ès-Beatles, Pierre Espourteille a rencontré à plusieurs reprises « Sir » Paul McCartney, George et Olivia Harrison, ainsi que de multiples protagonistes de la vie des quatre garçons dans le vent. Mercredi 22 décembre de 10 h à 18 h à la Librairie Forum à Saint-Étienne

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Lyon cet hiver, les choses à voir absolument

Ailleurs | Lyon est reconnue pour être un haut lieu de la culture. Que vous soyez un local ou de passage, profitez de ce mois de décembre pour faire de nouvelles découvertes sur place.

La rédaction | Lundi 20 décembre 2021

Lyon cet hiver, les choses à voir absolument

Mini World Lyon, l’Omescape Live Escape Game, le Centre nautique Tony Bertrand… la ville regorge de lieux à visiter. Pour cet hiver 2021-2022, voici ceux où vous devez absolument vous rendre pour passer du bon temps. Les sorties cinéma à Lyon Vous êtes amateur de cinéma et vous vous demandez quoi faire cet hiver ? La ville de Lyon vous propose des projections pour tous les âges. Jusqu’à la fin du mois de décembre, le Cinéma Comoedia accueille les jeunes enfants. Diverses projections et animations leur feront découvrir l’envers du décor de certains films. Les passionnés auront également l’opportunité de découvrir 2 incroyables rétrospectives. L’Institut Lumière vous propose de regarder l’intégrale des œuvres de Stanley Kubrick en versions restaurées. C’est aussi l’occasion d’admirer le best of de Marcello Mastroianni, le célèbre acteur italien. Ces projections sont accessibles pour tout ce mois de décembre et jusqu’au 19 janvier 2022. Prenez vos dispositions, et surtout, renseignez-vous sur la disponibilité d’un

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Quand il marche

texte | Entre espoir et mélancolie, son album exutoire Paradis (en référence à l’île de la Réunion) (...)

Niko Rodamel | Lundi 3 janvier 2022

Quand il marche

Entre espoir et mélancolie, son album exutoire Paradis (en référence à l’île de la Réunion) est déjà le quatrième opus du chanteur Ben Mazué. En quinze ans, l’ex-toubib a patiemment tracé sa voie sur l’autoroute de la chanson française, fignolant patiemment sa propre couleur musicale, composant et écrivant aussi pour Axelle Red, Fréro Delavega, Pomme, Patricia Kaas ou encore Grand Corps Malade. Dans ses textes chantés-slammés, Ben Mazué partage avec pudeur des histoires personnelles et des combats intérieurs qui font écho aux sentiments universels, de ceux qui traversent nos existences. D’un naturel optimiste, lucide et jamais gnangnan, le quadra caresse les âmes de ses chansons avec une vibrante et sincère émotion. Le succès de Paradis est au rendez-vous avec, en figure de proue, le tube Quand je marche. Ben Mazué, samedi 22 janvier à 20h30 à la salle Aristide Briand à Saint-Chamond

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Christian Sands : Grammy Awards in Sainté

jazz | La venue du pianiste prodige américain Christian Sands, multi-nominé aux Grammy Awards, est assurément une vraie chance pour les mélomanes ligériens : le (...)

Niko Rodamel | Lundi 3 janvier 2022

Christian Sands : Grammy Awards in Sainté

La venue du pianiste prodige américain Christian Sands, multi-nominé aux Grammy Awards, est assurément une vraie chance pour les mélomanes ligériens : le langage instrumental du jazzman convoque l’histoire entière de son instrument, tout en développant une grande modernité. Formé auprès de Christian McBride et de Gregory Porter, Christian Sands est aujourd’hui à la tête d’un trio de haute volée (réunissant le contrebassiste Yasushi Nakamura et le batteur Clarence Penn), au sein duquel le jeune leader développe un jeu d’une étonnante dextérité et d’une profonde élégance. Christian Sands, mardi 1er février à 20h au Panassa à Saint-Étienne

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Jump !

Années folles | Depuis la sortie des films Minuit à Paris (Woody Allen, 2011) puis La La Land (Damien Chazelle, 2016), les écoles de swing ont vu un (...)

Niko Rodamel | Lundi 3 janvier 2022

Jump !

Depuis la sortie des films Minuit à Paris (Woody Allen, 2011) puis La La Land (Damien Chazelle, 2016), les écoles de swing ont vu un véritable regain pour les danses des années 30, les cours de Lindy Hop, de Charleston et de claquettes faisant le plein auprès d’une clientèle étonnement multigénérationnelle. Le swing parait en effet comme un possible remède à la morosité et les musiciens de jazz ne s’y trompent pas en s’engouffrant dans la brèche, à l’image de The Swing Gamblers. Ce fringuant trio rassemble la chanteuse Lou Rivaille, le guitariste Bruno Decerle et le pianiste Camille Mouton, ici à l’orgue Hammond. Rejoints par le batteur Francis Decroix, The Swing Gamblers reprendront un répertoire de standards avec notamment Sous le ciel de Paris, Softly as in a Morning Sunrise, Pennies from Heaven ou encore How insensitive, version anglophone de Insensatez, joyau de la mémoire brésilienne composé par Antônio Carlos Jobim. The Swing

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Cousins

Tiguidou! | Les nostalgiques de Beau Dommage qui ne se retrouvent ni dans Garou ni dans Céline Dion (encore merci pour les acouphènes), (...)

Niko Rodamel | Lundi 3 janvier 2022

Cousins

Les nostalgiques de Beau Dommage qui ne se retrouvent ni dans Garou ni dans Céline Dion (encore merci pour les acouphènes), apprécieront à coup sûr ce combo encore peu connu en France : Le Vent du Nord est un groupe phare du folk progressif québécois, moteur du revival de la musique traditionnelle chez nos cousins d’outre-Atlantique. En une vingtaine d’années, les cinq musiciens-chanteurs ont donné près de 2000 concerts sur 4 continents et gravé une dizaine albums, tous aussi enjoués, au son du bouzouki, de la vielle à roue, du violon, du mélodéon et de la bombarde. Festif ! Le Vent du Nord, jeudi 20 janvier à 20h30 au Sou à La Talaudière

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MURmure

Street | Absolument imprévisible et vaguement waterproof, le MUR stéphanois continue de surprendre le passant dès le premier samedi de (...)

Niko Rodamel | Lundi 3 janvier 2022

MURmure

Absolument imprévisible et vaguement waterproof, le MUR stéphanois continue de surprendre le passant dès le premier samedi de chaque mois, lorsqu'à l’issue de la session de collage se dévoile une nouvelle œuvre. Un rendez-vous mensuel que ne manqueraient pour rien au monde les fidèles, sous l’œil étonné des néo-halleux qui, un verre de vin dans une main et un macaron dans l’autre, sortent griller une clope sur le parvis du bâtiment Mazerat. C’est Sainté, t’sais, le mélange des genres dans ce grand village où le street art a toute sa place ! Ce sera avec Victor Cadoret, jeune sortant de l’ESADSE (section Art), que l’année 2022 débutera sur le MUR. « J’ai eu envie de produire un dessin à l’encre, superposé à un dégradé coloré et fluo. Réalisé en trois jours, carré après carré, ce dessin évoque une sorte de ruban ou de drapé qui semble flotter dans un univers numérique épuré, presque lunaire. Ce

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