Roanimez-vous !

Julien Homère | Mercredi 15 mars 2017

“Rare” et “abondant” qualifient autant le Festival international du court métrage de Roanne que les films présentés. Après sept éditions au taux de fréquentation en constante hausse, le programme 2017 aligne aujourd'hui 200 films courts de 40 pays différents pour un total de 60 heures à destination d'un public adulte et adolescent. La lourde fusion d'Auvergne-Rhône-Alpes n'a donc pas stoppé la dynamique de ce projet conjuguant éducation et animation.

Répartis dans six compétitions et en lice pour neuf prix, les films de l'année honorent les animations indépendantes japonaise et hongroise dont il s'agit de montrer l'essor. Mais aussi la diversité avec notamment les vidéos-clips de Peter Vacz et Fanatista Utamaro, le film noir Finger on the Trigger de Peter Kantor ou la fable Atama Yama de Koji Yamamura. Pour appuyer ce casting international, le jury sera composé de Rebeca Nunez, animatrice espagnole derrière les séries Wakfu et Dofus de la compagnie Ankama et Rino Stefano Tagliafierro, réalisateur italien du pictural Beauty. Cette dernière œuvre servira de base à une des expositions, Beauty et peintures animées.

Outre les projections magiques de La Caravane ensorcelée, des ateliers accueillis dans les lycées et des centres hospitaliers initieront les plus jeunes aux métiers du cinéma. En complément, l'exposition sur Pierre-Luc Granjon du studio Folimage présentera son processus créatif avec des marionnettes animées.

Une journée de conférences sur l'adaptation dans le cinéma d'animation s'adressera aux plus grands : le fantôme poétique d'Apollinaire fera vibrer En sortant de l'école et les réalisateurs Mathieu Auvray et Arnaud Demuynck des Films du Nord partageront leurs secrets dans des master class. Avec un agenda aussi riche, autant dire qu'il va falloir s'animer !

8ème festival Ciné-court animé, aux cinémas espace Renoir et Le Grand Palais à Roanne, au cinéma Les Halles à Charlieu, du 20 au 26 mars


Festival international du court métrage d'animation de Roanne

Plus de 200 films courts, 40 pays représentés et 60 heures de courts animés sont proposés.

Plus de 200 films courts, 40 pays représentés et 60 heures de courts animés sont proposés.

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"Les Ritournelles de la Chouette" : Oiseau de modeste augure

Dès 4 ans | Animation de Anaïs Sorrentino, Célia Tisserant, Célia Tocco, Frits Standaert, Jérémie Mazurek & Arnaud Demuynck (Fr.-Bel., 0h48min)

Vincent Raymond | Mercredi 6 février 2019

On ne compte plus les apparitions de la Chouette du cinéma, oiseau bavard qui, une fois l’an, vient délivrer sa cargaison de films d’animation au jeune public. Des histoires inspirées de contes traditionnels ou d’historiettes folkloriques réarrangées par Arnaud Demuynck et son aréopage de graphistes et animateurs. Au menu de cette sélection, cinq variations autour de vertus ô combien essentielles et pourtant mises à mal par notre monde contemporain : modestie, frugalité, humilité. Si la qualité et la diversité plastique des films demeurent admirables, on regrette la monotonie des structures narratives : il ne s’agit en effet que de contes-randonnées — y compris la reprise de la chanson finale de Line Renaud, Où vas-tu Basile —, procédant par répétition et accumulation. Cela n’empêche pas de saluer la qualité poétique de deux films, La Tortue d’or et L’Humble Tailleur de pierre, ni de trouver l’ensemble diablement chouette.

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"Le Quatuor à cornes" : Qui m’aime meuh suive !

Dès 3 ans | de Benjamin Botella, Arnaud Demuynck, Emmanuelle Gorgiard & Pascale Hecquet (Fr.-Bel, 0h43)…

Vincent Raymond | Jeudi 13 septembre 2018

Dotées de caractères très dissemblables Aglaë, Rosine, Clarisse et Marguerite paissent dans le même champ clos. Un aimable piaf leur faisant miroiter l’infini changeant de la mer, le quatuor prend la route pour la voir la grande bleue. En chemin, il fait de drôles de rencontres… Parce qu’il est composé de trois courts métrages ayant la très originale particularité d’épouser des formes bien différentes (stop motion, animation 2D…), ce joyeux programme inspiré des albums d’Yves Cotten rappelle les Exercices de styles de Queneau. Mais si les héroïnes changent de visages à chacune de leurs aventures, cela ne déconcertera pas forcément le public-cible des tout-petits — dont la capacité d’adaptation (et d’imagination) est toujours plus grande que ce que l’on imagine. Et l’humour bon enfant de l’ensemble se trouve dynamisé par de savoureux moments burlesques grâce aux rencontres effectuées en chemin (un musculeux taureau et un désopilant troupeau de moutons dans la grande escapade La Clef des champs ; une congénère shetland dans Dorothy la vagabonde). Une vacherie de bons films !

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Tomorrowland : « Le festival sera porté sur les délégations tourisme et économie » annonce finalement la Région

ACTUS | Les services culturels de la Région ont reçu mercredi 21 mars des représentants du milieu de la culture pour déminer le front de protestation s'étant érigé face à l'annonce de Laurent Wauquiez de vouloir subventionner à hauteur de 400 000 euros le festival commercial Tomorrowland. On fait le point.

Sébastien Broquet | Jeudi 22 mars 2018

Tomorrowland : « Le festival sera porté sur les délégations tourisme et économie » annonce finalement la Région

La mobilisation de plusieurs acteurs régionaux des musiques actuelles n'est pas restée lettre morte du côté de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Les services de la Région ont annoncé mercredi 21 mars à leurs représentants que le budget culture ne serait finalement pas impacté par l'arrivée du festival belge Tomorrowland. « Notre région peut se réjouir d’avoir réussi à capter un évènement d’envergure internationale. C’est la raison pour laquelle ce festival sera porté sur les délégations tourisme et économie. Le budget culture ne sera pas impacté » a précisé jeudi 22 mars la Région dans un nouveau communiqué, à rebours du précédent envoyé le vendredi 9 mars dans lequel Laurent Wauquiez était alors très clair sur "l'ambition culturelle" du projet : « Tomorrowland Winter ser

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"Le Vent dans les roseaux" : Chouette, des films !

Animation | de Arnaud Demuynck, Nicolas Liguori, Rémi Durin, Anaïs Sorrentino & Madina Iskhakova (Fr.-Bel., 1h02) animation…

Vincent Raymond | Jeudi 12 octobre 2017

Emblème des Films du Nord d’Arnaud Demuynck, la Chouette du Cinéma accueille à nouveau les petits spectateurs dès 6 ans sous son aile (et sa branche) autour d’une sélection de courts métrages d’animation ayant en partage la thématique de la liberté. Cinq historiettes pour vanter l’indépendance d’esprit et l’insoumission aux dogmes réducteurs (tel le fameux postulat sexiste : “les filles sont faites pour être des princesses à protéger et les garçons pour occire des monstres“), pour la plupart situées dans l’univers médiéval. Dans ce joli florilège, on retiendra le très poétique La Licorne de Rémi Durin, adapté de Martine Bourre, conjuguant élégance du trait et délicatesse de la morale (on n’asservit pas qui l’on aime), agrémenté en outre par la voix de Jean-Luc Couchard. De la belle ouvrage.

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Berni Goldblat : « Wallay est un film métis »

ECRANS | Avec Wallay, le documentariste Berni Goldblat signe son premier long métrage de fiction, tourné chez lui, au Burkina Faso.

Vincent Raymond | Mercredi 28 juin 2017

Berni Goldblat : « Wallay est un film métis »

Wallay retrace un parcours initiatique, et montre que l’initiation n’a pas le même sens pour toutes les générations… Exactement. L’initiation de l’oncle correspond à une tradition gravée dans le marbre, à la loi, au dogme. Ady, le jeune héros, s’initie à sa manière et devient un adolescent ; il mûrit avec son procédé à lui. Il n’y a pas que d’une manière que l’on peut s’initier. On ne devient pas quelqu’un uniquement par un document écrit. On est quelqu’un par ce qu’on a fait, pat ce qu’on a vécu ; on peut être noir sans être africain, blanc sans être européen… Ce qui est important, c’est la trace, pas ce qu’on représente aux yeux des autres. Une identité, c’est pas un drapeau une religion ou des habits, c’est bien plus compliqué. Wallay parle de tout cela. Pour Ady, l’Afrique tient de l’abstraction : il l’arbore sur un médaillon, mais ne sait pas grand chose d’elle. C’est un fantasme ; c’est le bled. La première phrase qu’il dit en arrivant, c’est : “Depuis le temps que j’en rêve…”

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