"Santa & Cie" : Lutins de sa glace !

ECRANS | de & avec Alain Chabat (Fr., 1h35) avec également Pio Marmaï, Golshifteh Farahani, Audrey Tautou…

Vincent Raymond | Mercredi 6 décembre 2017

Photo : © Nicolas Guiraud - 2017 LEGENDAIRE / GAUMONT


Comme par un fait exprès, la Saint-Nicolas tombe cette année le jour de la sortie de la nouvelle comédie d'Alain Chabat consacrée au Père Noël. Un Père Noël à sa hotte, c'est-à-dire prêt à transgresser les conventions. En l'occurence de quitter le pôle Nord en avance afin de venir chercher de quoi soigner la soudaine épidémie frappant ses lutins. Sauf que Santa Claus n'ayant pas l'habitude des usages du monde réel, ni des enfants éveillés, va un peu patiner…

Chabat ne cesse de se bonifier avec le temps. Au départ très inféodé aux ZAZ — ces stakhanovistes du gag visuel/référentiel le distribuant à la mitraillette dans Y a-t-il un pilote dans l'avion et compagnie —, le réalisateur-comédien s'est depuis affranchi de ces tutelles d'outre-Atlantique hurlantes pour travailler un registre où la connivence demeure, mais à un niveau plus souterrain : la parodie n'étant plus une finalité, il dispose de plus de place pour sa vaste fantaisie.

Ses multiples niveaux de lecture font de ce film une authentique comédie grand public et familiale, dépourvue de ce kitsch façon glaçage de cupcake dont la majorité des films de Noël sont recouverts. On tient enfin le futur classique diffusé à la télé chaque année pour les fêtes — en attendant, il faut aller le voir en salles. Certes, du fait de la prochaine concurrence stellaire, Santa & Cie ne sera sans doute pas le roi du box-office ; il peut néanmoins viser la couronne de rennes.


Santa & Cie

De Alain Chabat (Fr, 1h35) avec Alain Chabat, Audrey Tautou...

De Alain Chabat (Fr, 1h35) avec Alain Chabat, Audrey Tautou...

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Rien ne va plus à l'approche du réveillon : les 92 000 lutins chargés de fabriquer les cadeaux des enfants tombent tous malades en même temps ! C'est un coup dur pour Santa (Claus), plus connu sous le nom de Père Noël... il n'a pas le choix : il doit se rendre d'urgence sur Terre avec ses rennes pour chercher un remède. À son arrivée, il devra trouver des alliés pour l'aider à sauver la magie de Noël.


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“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : Le Retour du Roi

ECRANS | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : Le Retour du Roi

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusi

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Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Kaamelott - Premier Volet | Attention spoilers !!!! Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de Kaamelott - Premier Volet. Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Quitte à se répéter : attention, spoilers !!! Viendrez pas nous dire qu’on vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Alexandre Astier : « J’avais envie de dire aux gens : “vous croyiez connaître Arthur“… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « je pars ; non, je déconne, en fait je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À p

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Tout-en-un

Lieu | Des produits conçus à moins de 50 kilomètres de Saint-Etienne. Voilà le crédo de l'offre proposée par la boutique de Noël de l'Office de tourisme de Saint-Étienne. (...)

Nicolas Bros | Lundi 14 décembre 2020

Tout-en-un

Des produits conçus à moins de 50 kilomètres de Saint-Etienne. Voilà le crédo de l'offre proposée par la boutique de Noël de l'Office de tourisme de Saint-Étienne. Réunies dans 5 univers (gastronomie, mode, bien-être, déco & objets et sport & loisirs), les créations locales proposées sont autant d'idées cadeaux du cru pour faire plaisir à vos proches. Il y en a vraiment pour tous les goûts. Boutique de Noël de l'Office de tourisme de Saint-Étienne, 16 avenue de la Libération

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S’en payer une bonne tranche

Cadeaux spectacles | En 2021, c’est décidé : on aura plus que jamais besoin de se marrer. Alors, pour Noël, on jette un œil du côté des cafés-théâtres du département, qui proposent (...)

Cerise Rochet | Lundi 14 décembre 2020

S’en payer une bonne tranche

En 2021, c’est décidé : on aura plus que jamais besoin de se marrer. Alors, pour Noël, on jette un œil du côté des cafés-théâtres du département, qui proposent des coffrets-cadeaux et autres places de spectacles à offrir à vos proches. Coffret version enfant ou adulte pour Agapes et spectacles à Montbrison, invitations spectacles selon plusieurs formules au KFT de Saint-Galmier, bons cadeaux à la Comédie Triomphe, ou chèques cadeaux selon plusieurs formules au Quai des Artistes… Pour la plupart, les billets contenus dans ces paquets sont valables au moins un an, et laisseront donc le temps à ceux qui les reçoivent de prendre leur temps ! Renseignements et achats sur les sites internet respectifs des cafés-théâtres, ou auprès des Offices de Tourisme

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"Le Mystère de Noël" : ♪ Lost Christmas ♫

ECRANS | ★★☆☆ De Andrea Eckerbom (Nor., 1h10) avec Trond Espen Seim, Anders Baasmo Christiansen… Sortie le 23 décembre

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2020

Dans le village de la petite Elisa, on oublie tout, jusqu’à l’existence de la fête de Noël ! La découverte dans un grenier par la fillette d’une étrange boîte à tiroirs ornés de nombres (en fait, un calendrier de l’avent) provoquera d’heureux changements et même la venue du Père Noël… On aimerait tous avoir les disponibilités d’agenda du vieux bonhomme barbu, capable d’ajouter un apéro au village d’à côté, pile la nuit où il doit livrer (sans signature) chaque foyer du monde ! Moins glauque que Le Grinch, cette fantaisie enfantine venue des neiges norvégiennes tient davantage de l’anecdote que du film épique, mais comme elle est de saison et d’une durée mesurée, on la déguste tel un chocolat chaud : en oubliant l’excès de sucre. Et les incohérences scénaristiques.

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Noël sous Covid

La chronique du Chicandier #12 | Bon les mecs cette année sera définitivement l'année la plus bizarre de nos vies ! Noël est pour ainsi dire annulé. Alors oui, sur le papier on peut mais la (...)

Jason Chicandier | Mardi 8 décembre 2020

Noël sous Covid

Bon les mecs cette année sera définitivement l'année la plus bizarre de nos vies ! Noël est pour ainsi dire annulé. Alors oui, sur le papier on peut mais la vieille a 75 barreaux et elle préfère se faire braquer au supermarché que de faire la bise aux mouflets. Donc bon, on a décidé cette année : pas de Noël et puis voilà. On ira chercher des huîtres chez Leclerc, on se mettra un bon zapping W9, pattes écartées en Crocs et la messe sera dite. Bien sûr on se rassurera en se disant qu'on n'a pas à supporter la belle-sœur et son cul de la taille de la Grand'Église, la belle-mère et ses avis sur tout, le beau-père qui offre éternellement le dernier Goncourt et une mauvaise dinde sèche comme mes pistaches au Flamingo à la sortie de Rosas... Mais au fond de nous, dans notre cœur de gosse de 5 ans, on le veut notre Noel. Parce que précisément, Noël c'est comme les élections présidentielles, on sait qu'on sera déçus mais on veut y croire jusqu'au dernier moment. On s'habille bien. On regarde sa femme qui est superbe dans sa petite jupe. On aimerait bien y fourrer l'Jesus avant la dinde même que ! Et puis on a besoin de se voir, de se critiquer aussi, on a besoin de savoir pourquoi sa mè

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Venez fabriquer votre mousse à la Brasserie stéphanoise !

GUIDE URBAIN | L’établissement accueille chaque samedi une douzaine de brasseurs en herbe. Une activité portée par l’engouement actuel pour les bières artisanales.

Article Partenaire | Lundi 2 décembre 2019

Venez fabriquer votre mousse à la Brasserie stéphanoise !

Découvrir la fabrication de la bière et apprendre à brasser la sienne. Ou tout simplement passer un bon moment en famille ou entre amis. C’est ce que propose la Brasserie stéphanoise à travers ses ateliers d’initiation au brassage. Accessibles à tous, ces stages se déroulent dans un espace entièrement aménagé et équipé de six petites cuves de brassage (jusqu’à deux personnes par poste). Des sessions sont actuellement proposées chaque samedi, de 9h30 à 16h30. Les réservations se font en ligne directement via le site de la brasserie (http://atelier-brassage.fr). Du concassage à la fermentation Une journée de stage comprend le brassage de sa propre bière (du concassage du grain à la mise en fermentation), au choix parmi huit recettes : blanche, blonde, brune, ambrée, abbaye, IPA, triple et stout. Elle inclut également une visite de la brasserie, un casse-croûte paysan et une dégustation de bières de la Brasserie stéphanoise. A l’issue du stage, les participants repartent avec un petit livret

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Noël vu par le Chicandier

La Chronique du Chicandier #3 | Noël approche. Noël c'est la famille. C'est bien tout le problème d'ailleurs. Généralement à Noël, moi j'arrive en retard. Un proverbe de Xavier Dupont (...)

Jason Chicandier | Mardi 3 décembre 2019

Noël vu par le Chicandier

Noël approche. Noël c'est la famille. C'est bien tout le problème d'ailleurs. Généralement à Noël, moi j'arrive en retard. Un proverbe de Xavier Dupont de Ligonnès, poète tripier nantais ne disait-il pas : « pas de famille, pas d'emmerde ! ». En fait, en dehors du fait que mes beaux-parents sont toujours en survets, que mon beau-frère est schizophrène et qu'il a essayé l'an dernier de faire du mal à La Toya, mon petit Lapin du Brésil, le seul vrai amour de ma vie, c'est surtout mon gamin que je ne veux pas voir. Mon fils s'appelle Antoine, dit « Tatane », baptisé ainsi par ses potes débiles. Il a 17 ans, il est en première L et il est con qu'il en peut plus d'être con. Il a deux passions dans la vie : la drogue et Youporn ! Attention, je ne vous parle pas des films érotiques gentillets du dimanche soir d'M6 qui se passent dans un château du XVe avec deux copines l'été qui ont un peu chaud, non je vous parle de vraies dégueulasseries d'Internet, il aime que ça le gosse j'vous dis ! Ses copains sont des clones de cet abruti avec la coupe rasta, gras comme de la couenne de goret. Pour la tenue, ils arborent des vestes indiennes en chanvre et des pantalons multi

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Un enfant sur la paille

Noël | Pour l'Avent, rendez-vous à la Cathédrale Saint-Charles pour célébrer la fusion des chœurs, de la cannelle et du benjoin. Allumez la magie de Noël avec Amélie (...)

Alain Koenig | Mercredi 4 décembre 2019

Un enfant sur la paille

Pour l'Avent, rendez-vous à la Cathédrale Saint-Charles pour célébrer la fusion des chœurs, de la cannelle et du benjoin. Allumez la magie de Noël avec Amélie Grillon. Enfilez les bonnets rouges. Laissez-vous guider par Gaspard, Melchior et Balthazar. Carols - Chants de Noël, dimanche 15 décembre à 14h30 et 17h, cathédrale Saint-Charles de Saint-Étienne avec l'ensemble SyLF, Amélie Grillon (soprano), Chœur des Classes CHAM du Conservatoire Massenet et du Collège Gambetta, Chœur Origami, Petit Chœur de la Faculté de Musicologie de l'Université Jean Monnet de Saint-Étienne, Chœur Agachor, Chœur du Lycée Honoré d'Urfé de Saint-Étienne.

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PEC signe une collaboration haute en couleur avec Weiss

GUIDE URBAIN | L’artiste street art PEC, bien connu pour ses oiseaux colorés et stylisés, les Knar, signe une collection originale pour la Maison Weiss. Au programme, un calendrier de l’Avent, des Crock’ines et deux tablettes. Une gamme complète pour colorer la fin d’année !

Article Partenaire | Lundi 6 janvier 2020

PEC signe une collaboration haute en couleur avec Weiss

On se souvient de la très belle collaboration avec les papiers-peintres stéphanois Ella & Pitr, qui ont habillé de la plus belle des manières un des murs des Ateliers Weiss en 2018. Ils avaient alors peint un géant gourmand de 506 m² librement inspiré par les traits d’Eugène Weiss, fondateur de la chocolaterie. En 2019, la Maison Weiss poursuit sur sa lancée créative en ayant convié un autre street artiste, le Lyonnais PEC, à signer une collection inédite pour la fin de l’année. Une vraie rencontre humaine entre artisans et artistes qui débouche sur une gamme unique, composée de plusieurs créations gourmandes, stylisées par l’espièglerie de PEC et toutes en édition limitée. Le premier calendrier de l’Avent chez Weiss Tout d’abord, petits et grands se réjouiront de l’arrivée du tout premier calendrier de l’Avent proposé par la chocolaterie Weiss. Intitulé « PersPective », décliné en deux graphismes, ce calendrier est un condensé de plaisirs gustatifs et ludiques. Il comporte un jeu de personnages à assembler à l’infini pour recréer des histoires en famille.

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"L'Angle Mort" : Au revoir mon amour

ECRANS | De Patrick-Mario Bernard & Pierre Trividic (Fr., 1h44) avec Jean-Christophe Folly, Isabelle Carré, Golshifteh Farahani…

Vincent Raymond | Mercredi 16 octobre 2019

Dominick possède depuis l’enfance l’étrange pouvoir de se rendre invisible. Une faculté dont il fait un usage modéré — chaque “passage“ lui coûtant cher en énergie vitale — car elle suscite aussi, surtout, moult quiproquos gênants avec ses proches. Est-ce un don ou une malédiction ? Les histoires de couples perturbés par des interférences créées par des mondes parallèles — ésotériques ou psychiques — forment “l’ordinaire fantasmatique“ du cinéma de Bernard & Trividic, collectionneurs de discordances en tous genres. Dancing (2003) et L’Autre (2009) traquaient déjà en effet des irruptions singulières dans ce que l’on nomme la normalité, en adoptant des constructions cinématographiques volontiers elliptiques, mentales ou peu linéaires. Est-ce ici l’influence d’Emmanuel Carrère, qui leur a soufflé l’argument de L’Angle Mort ? Sans déroger à leur propension au fantastique, ce film manifeste un changement de forme radical, adoptant une narration plus posée et une structure de conte contemporain à morale philosophique — comme si Rohmer s’étai

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"Je promets d'être sage" : Prenez garde !

ECRANS | de Ronan Le Page (Fr., 1h32) avec Pio Marmaï, Léa Drucker, François Chattot…

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Lassé par ses années d’échec au théâtre, Franck se fait recruter comme gardien vacataire dans un musée. Sa présence suscite l’hostilité de Sibylle, une consœur rigide, mais complète le staff et permet au conservateur de lancer un inventaire des collections. Au grand dam de Sibylle… Imaginez ce que peut donner la rencontre d’un chien fou et d’une minette sauvage dans un magasin de porcelaine : à peu de choses près, voilà à quoi équivaut l’association entre Franck et Sibylle ; deux caractères tellement dissonants qu’ils sont fatalement faits pour s’entendre. Cette comédie trépidante s’inscrit dans la droite ligne du cinéma de Pierre Salvadori, où prédominent fantaisie des situations, dialogue parsemés d’absurdités cocasses et courses-poursuites. Ronan Le Page laisse quelques zones d’ombre bienvenues sur le passé de Sibylle et donc la latitude de l’imaginer ou le déduire de ses actes. Quel plaisir : rien n’est plus agaçant qu’un scénario où la moindre intention a besoin d’être justifiée. Couronnée cette année pour une prestation dramatique — u

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Audrey Diwan : « Le doute m’a permis d’avancer »

Mais vous êtes fous | Pour son premier long métrage, Mais vous êtes fous, l’ancienne journaliste Audrey Diwan s’est penchée sur une histoire d’addiction à fragmentation multiple. Propos rapportés des Rencontres du cinéma d’Avignon et de Gérardmer.

Vincent Raymond | Mercredi 24 avril 2019

Audrey Diwan : « Le doute m’a permis d’avancer »

Pourquoi ce titre ? Audrey Diwan : Je voulais donner un élan. Quand il y a une pulsion dramatique, on ne va pas la renforcer par quelque chose de triste — surtout que j’ai l’impression que le film n’est pas forcément comme ça. Et puis j’avais envie d’un titre inclusif pour les deux personnages du couple Céline Sallette et Pio Marmaï. Comment vous êtes tombée sur ce fait divers ? J’ai rencontré par hasard la femme dont est tirée l’histoire vraie — ce qui ne veut pas dire que c'est son histoire parce que derrière on a pas mal fictionnalisé. Et j’ai était bouleversé par cette femme qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, parce qu’elle venait de découvrir que son mari souffrait d’une grave addiction, que sa famille était contaminé. Elle était surtout pleine de questions, sidérée et puis bouleversée pour elle mais aussi pour lui. C’était quelqu’un capable de sentiments très forts. J’ai longtemps pensée à elle, jusqu’à apprendre quelle avait été la résolution de cette histoire,

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"Mais vous êtes fous" : De la poudre aux yeux

ECRANS | De Audrey Diwan (Fr. 1h35) avec Pio Marmai, Céline Sallette, Carole Franck…

Vincent Raymond | Mercredi 24 avril 2019

Dentiste apprécié, mari et papa aimant, Roman cache sa cocaïnomanie. L’une de ses fillettes étant victime d’une surdose, la police et les services sociaux débarquent : la famille entière se révélant positive à la drogue, Les enfants sont placés. Et l’image du bonheur parfait se pulvérise… Audrey Diwan a tiré son argument d’une histoire vraie en modifiant, comme le veut la coutume, les noms et situations des protagonistes afin qu’ils ne soient pas identifiables. De ce fait divers à énigme qui aurait pu ne tenir qu’un court métrage — en clair, comment ont-ils tous pu être contaminés par le père ; ce dernier les a-t-il délibérément empoisonnés ? —, la cinéaste a su étoffer son propos en composant un film où l’addiction prend des significations supplémentaires et se transforme en bombe à fragmentation. S’ouvrant sur la dépendance aux stupéfiants, le drame bifurque en effet vers un récit centré autour du manque : celui éprouvé par des parents privés de leur progéniture, et puis surtout celui que les deux amants Roman et Camille officiellement séparés ressentent l’un pour l’autre et q

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Faites le plein de moments féeriques et chocolatés

GUIDE URBAIN | Les Fêtes de fin d'année 2018 ont fière allure du côté des Ateliers Weiss. Goûter gourmand, animations spéciales mais également créations pâtissières viennent donner une touche unique à votre mois de décembre.

La rédaction | Mercredi 12 décembre 2018

Faites le plein de moments féeriques et chocolatés

La gourmandise, l'imagination et le plaisir se font une bonne place dans les Ateliers Weiss en ce mois de fêtes. Plusieurs animations se succèdent afin de vous faire profiter des douceurs chocolatées et du savoir-faire de la Maison Weiss. Un goûter gourmand et sa farandole de douceurs Dimanche 16 décembre, les Ateliers revêtissent leurs habits de fêtes pour accueillir petits et grands. Au programme, un goûter gourmand orchestré par deux chefs pâtissiers et chocolatiers de renom : Arnaud Montrobert, ancien Chef Pâtissier de la Maison Troisgros et Émilien Deygas, de la Maison Weiss. Une petite pause sucrée et un moment convivial où vous pourrez également profiter d'une formule goûter spéciale. Cette dernière se compose d'un café ou d'un thé gourmand accompagnés de 3 créations : chou rouge « baiser », tube de chocolat Li Chu 64% garni d'une crème de marron et de poire avec chips de gingembre, de poire et de patate douce sur le dessus, ainsi qu'un dim sum passion & noisette. Mais vous pourrez également choisir à la carte parmi ces gourmandises : madeleine sans gluten avec son cœur coulant au caramel, cake au chocolat et noix de coco ou encore pa

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Un Noël très hotte

Animations de Noël | Décembre signifie forcément compte à rebours des fêtes de fin d'année et de Noël. Chalets où vin chaud (avec modération) côtoie pains d'épices et produits (...)

Nicolas Bros | Mardi 4 décembre 2018

Un Noël très hotte

Décembre signifie forcément compte à rebours des fêtes de fin d'année et de Noël. Chalets où vin chaud (avec modération) côtoie pains d'épices et produits "artisanaux" en tout genre, grande roue, sapin géant... Avouons-le, cela fait toujours plaisir cette petite ambiance. Pour 2018, la Ville de Saint-Étienne a souhaité augmenté l'offre, avec un budget total de 300 000 euros alloués aux animations de décembre. Une soixantaine de chalets ont ouvert entre la place de l'Hôtel de Ville, Dorian et Jean Jaurès. Cette dernière accueille, comme à l'accoutumé, le sapin provenant des massifs du Pilat mais également une patinoire avec une forme nouvelle, entourant le conifère, une piste de luge ainsi que des éclairages patrimoniaux nouveaux sur la cathédrale. Côté animations musicales, le Bugne Dj Crew a été booké pour ambiancer la place de l'Hôtel de Ville tous les vendredis jusqu'à 21h30. Au programme de ces "befores" de Noël, des sets soul, sono mondiale ou de chansons de Noël revisitées, le tout au cœur du nouvel "espace gourmand". Enfin, signalons qu'il y aura également des ateliers créatifs du côté de la maison du Père Noël située place Dorian tous les samedis et des animations Fé

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Préparez les fêtes de fin d’année avec Saint-Étienne Tourisme & Congrès

CONNAITRE | À l’occasion des Fêtes de fin d’année, l’Office de Tourisme de Saint-Étienne Métropole revisite sa déco afin de vous permettre de passer un moment agréable et convivial.

La rédaction | Lundi 3 décembre 2018

Préparez les fêtes de fin d’année avec Saint-Étienne Tourisme & Congrès

Une ambiance cocooning, un sentiment de bien-être, une atmosphère intime et chaleureuse, la possibilité d’utiliser nos espaces pour y travailler, bouquiner, boire un café ou un thé, etc. voilà ce que l’on vous propose cette année ! Découvrez nos deux espaces "Noël en ville" et "Noël à la campagne" qui, nous en sommes sûrs, vous feront regretter d’avoir laissé vos pantoufles à la maison ! Profitez également de la boutique spéciale fêtes ! Des idées de cadeaux originaux et tendance, pour tous les budgets. Les temps forts Shooting photo, chic & bling-bling En partenariat avec Crocoule Samedi 15 décembre - 10h30 à 12h30 et de 14h à 17h30 - Gratuit Tenue de fêtes ou comme vous êtes, participez à un shooting photo "chic et bling-bling" : boa, nœud papillon, boule à facettes ou paillettes. Cette année, Magali Stora, photographe professionnelle, vous prendra en photo en version fêtes ! Un bon moment à

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"Mimi & Lisa, Les Lumières de Noël" : Une guirlande d’amis

Animation dès 6 ans | de Katarina Kerekesova (Slova., 0h47)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

C’est le retour des inséparables Mimi (brunette non-voyante se fiant à tous ses sens) et Lisa (blondinette habituée à foncer tête baissée dans toutes les aventures). Avant de plonger dans le court métrage grand format (et le temps) donnant son nom à ce programme, elle aident un lombric à se repérer sous terre, cuisent des gâteaux en apprenant à suivre la recette et adoptent ensemble un chien en peluche grognon. La jolie idée de cette série au trait naïf et au rendu “papier-découpé modifié informatique“, c’est de considérer les atouts sensoriels (odorat, tact, goût…) de Mimi plutôt que sa cécité. Mais aussi sa prudence, qui la prémunit des bosses dont Lisa se retrouve gratifiée. Voyantes ou non, les deux copines partagent beaucoup, surtout leur propension à imaginer… l’invisible. En arrière-plan de ces trois épisodes “plus un“, on assiste à l’inéluctable rapprochement de leurs parents célibataires (nommés dans la version hexagonale François et Catherine). Voilà qui est peu courant, car l’on a l’habitude de cadres immuables et de séquences ritualisées dans les séries jeune public

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"En liberté !" : Crédit révolver

Comédie | Pour compenser ses années de taule, un innocent commet des délits. Sans savoir qu’il est “couvert“ par une policière, veuve de celui qui l’avait incarcéré à tort, elle-même ignorant qu’un collègue amoureux la protège… Encore un adroit jeu d’équilibriste hilarant signé Salvadori.

Vincent Raymond | Mercredi 31 octobre 2018

Policière, Yvonne élève son fils dans la légende de son défunt époux Santi, flic héroïque mort en intervention. Découvrant fortuitement que celui-ci était un ripou de la pire espèce, elle entreprend de réhabiliter une de ses victimes, et cause son pesant de dommages collatéraux… Après une parenthèse semi-tendre célébrant les épousailles de la carpe et du lapin (Dans la cour, avec Deneuve et Kervern), Pierre Salvadori revient à ses fondamentaux : une comédie portée par des bras cassés, émaillée d’un franc burlesque et construite autour de mensonges plus ou moins véniels. Qu’ils proviennent de mythomanes pathologiques ou d’affabulateurs·trices d’occasion, qu’ils visent à duper ou à adoucir la vie de ceux qui en sont les destinataires, les gauchissements de la vérité constituent en effet la trame régulière du cinéma salvadorien. Ce qui change toutefois dans En liberté ! — et en juste écho avec le titre — c’est que le mensonge se trouve ici en constante réécriture. En impro(ré)visant la légende dorée de Santi qu’elle raconte chaque soir à son fils, Yvonne triture un pa

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Pierre Salvadori « C’est le film où Camille me complète et comprend le mieux mon univers »

"En liberté !" | L’accord entre un cinéaste et son compositeur est la clef invisible de nombreuses réussites cinématographique. Pierre Salvadori le confirme en évoquant sa collaboration harmonieuse avec Camille Baz-Baz sur En Liberté ! Avec, en prime, un solo de Pio Marmaï…

Vincent Raymond | Mercredi 31 octobre 2018

Pierre Salvadori « C’est le film où Camille me complète et comprend le mieux mon univers »

Ce n’est pas la première fois que vous travaillez avec Baz-Baz… Pierre Salvadori : C’est le quatrième cinquième film ensemble après Comme elle respire, Les Marchands de sable, Hors de prix… Pio Marmaï (surgissant) Quelle fripouille celui-ci. J’adore ! Il a une identité musicale ce film, c’est un chef-d’œuvre — César ou je meurs ! T’imagines, le roublard ? Je veux voir son costume ! Vous l’auriez vu, à Cannes. On avait un look… PS : Moi je m’en fous de l’avoir, mais je prie pour que Camille retire un peu de gloire. Entre nous, c’est une vieille histoire. Comment vous êtes-vous rencontrés ? PS : Par la musique, dans les années 1990. Dans le XVIIIe arrondissement, il y avait un endroit qui s’appelait l’Hôpital Éphémère, un squat, avec des peintres où il avait son studio de répétition. J’allais voir ses concerts, j’étais un peu fan. Quand j’ai appris qu’il adorait Les Apprentis, on s’e

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"Le Dossier Mona Lina" : Cachées

Espionnage | de Eran Riklis (Isr.-All., 1h33) avec Golshifteh Farahani, Neta Riskin, Lior Ashkenazi…

Vincent Raymond | Mercredi 4 juillet 2018

Remise d’une mission éprouvante, une agent du Mossad est affectée à une opération en théorie tranquille : veiller le temps de sa convalescence sur une transfuge du Hezbollah libanais, Mona, dans une planque sécurisée en Allemagne. Mais les anciens alliés de Mona sont sur ses traces… Qui manipule qui, qui est l’appât, qui est la proie ? À la base complexe — et plongée dans un vortex diplomatique depuis les décisions intempestives de Donald Trump — la situation géopolitique au Levant constitue un terreau favorable pour un bon thriller d’espionnage en prise avec le réel. Rompu aux questions de frontières (voir notamment La Fiancée syrienne), le réalisateur israélien n’hésite pas ici à critiquer le cynisme officines d’État — y compris le sien — manœuvrant en dépit de la morale et en fonction des intérêts du moment, quitte à sacrifier autant de pions (c’est-à-dire de vies) que nécessaire. Après un démarrage tonitruant porté par une musique et une distribution dignes des grandes productions internationales, le film s’engage dans un face à face prometteur puisq

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"La Nuit a dévoré le monde" : Zombies et homme

BRAIIIN ! | Escape game dans les conditions d’un réel apocalyptique, ce premier long métrage aussi sobre que maîtrisé réunit un trio brillant autour d’un scénario rigoureux. En peuplant la capitale de zombies désarticulés, Dominique Rocher gagne haut le moignon son Paris.

Vincent Raymond | Mercredi 7 mars 2018

Au lendemain d’une nuit agitée, dans un recoin de l’appartement de son ex — où il était venu chercher ses affaires en pleine soirée festive —, Sam découvre que le monde est désormais peuplé de zombies. Se pourrait-il qu’il soit l’ultime homme sur Terre ? À lui d’organiser sa survie… De son titre poétique à sa réalisation d’une efficacité à faire pâlir George A. Romero — lequel, là où il réside à présent, ne doit plus avoir le mélanocyte très vaillant —, La Nuit a dévoré le monde s’impose par sa singularité dans un paysage contemporain montrant une insatiable appétence pour le cinéma de genre, et tout particulièrement horrifique. Les séries à succès telles que The Walking Dead ou Les Disparus n’y sont sans doute pas étrangères, qui contribuent de surcroît au décloisonnement des univers, et prouvent aux derniers rétifs que Cronenberg ou Carpenter sont davantage que des seigneurs (saigneurs ?) dans leur partie gore. Naufrage, ô désespoir Maîtrisant la grammaire du film de zombies, Dominique Rocher

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La directrice de la Cité du design démissionne

Tête(s) de culture | Mme Caroline Tisserand, nommée en juillet dernier directrice de la Cité du design de Saint-Étienne suite au départ de M. Ludovic Noël début mars 2017, (...)

Nicolas Bros | Jeudi 25 janvier 2018

La directrice de la Cité du design démissionne

Mme Caroline Tisserand, nommée en juillet dernier directrice de la Cité du design de Saint-Étienne suite au départ de M. Ludovic Noël début mars 2017, a démissionné à la fin du mois de janvier 2018. Du côté de la Cité du design, l'information est confirmée mais on ne fait pas de commentaire complémentaire concernant le lancement d'un nouveau processus de recrutement. D'après nos confrères d'Activ Radio, « elle n’aurait pas supporté la mauvaise gestion de l’EPCC - établissement public de coopération culturel - qui dure depuis quelques années. » Pour information, la prochaine Biennale du design aura lieu en début d'année 2019. Le thème de cette dernière n'est, pour le moment, pas encore dévoilé.

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Melchior, Gaspard, Bernard...

Classique | C'est à une véritable visite des Rois Mages que nous convie l'Association des Amis de l'Orgue de Saint-Louis pour ces fêtes de Noël. Bernard Foccroulle soi-même (...)

Alain Koenig | Mardi 28 novembre 2017

Melchior, Gaspard, Bernard...

C'est à une véritable visite des Rois Mages que nous convie l'Association des Amis de l'Orgue de Saint-Louis pour ces fêtes de Noël. Bernard Foccroulle soi-même fera le voyage jusqu'à notre modeste étable, pardon, paroisse, pour le bonheur des vrais amateurs d'orgue. Les mots d'excuse ne seront pas acceptés !

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Thierry de Peretti : « Quand on montre les choses qui vous hantent, elles cessent de vous hanter »

Rencontre | Metteur et scène, acteur et cinéaste, Thierry de Peretti consacre un film à son île d’origine, la Corse. Une œuvre politique, loin des clichés, qu’il évoque avec son comédien fétiche Henri-Noël Tabary.

Vincent Raymond | Jeudi 20 juillet 2017

Thierry de Peretti : « Quand on montre les choses qui vous hantent, elles cessent de vous hanter »

Depuis combien de temps portiez-vous Une vie violente ? Thierry de Peretti : Depuis Les Apaches, je cherchais un récit capable d'évoquer la force romanesque de ce que je vois et ressens en Corse — sur la société corse de cette époque-là. Mais pour moi, c’est moins une reconstitution qu’une évocation ou qu’un dialogue avec ces années-là. Ce n’est pas le film ultime sur le nationalisme en Corse et la lutte armée. Le personnage de Stéphane passe par là comme Rimbaud passe par la poésie et se rêve ailleurs. Il est un peu comme le Prince Mychkine dans L’Idiot : il nous fait pénétrer plusieurs cercles de la société : les étudiants, les petits voyous, les nationalistes… Comment vous êtes vous immergé dans ce rôle et ce contexte ? Henri-Noël Tabary : Un mois avant de tourner, Thierry a voulu que Jean Michelangeli [l’interprète de Stéphane, NDLR] et moi nous soyons dans la ville de Bastia pour la préparation. On était payés à boire des verres, à aller au resto… (sourires). C’était de l’imprégnation, ça nous a beaucoup aidés. En deux semaines j’ai repris l’accent

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Une vie violente : Têtes de Maures

ECRANS | de Thierry de Peretti (Fr., 1h47) avec Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary, Cédric Appietto… (9 août)

Vincent Raymond | Vendredi 11 août 2017

Une vie violente : Têtes de Maures

Au péril de sa vie, Stéphane sort de sa clandestinité parisienne et retourne en Corse assister aux obsèques de son compagnon d’armes Christophe, qui vient d’être exécuté. Il se remémore leur trajectoire commune… Traitant de la particulière situation corse, si chatouilleuse pour les insulaires, ce film qui fuit le folklore caricatural possède une dimension régionaliste forte. Pour autant, l’histoire n’a rien d’hermétique pour les “pinzuti” : le contexte, aussi dramatique que politique est détaillé par des cartons explicites. On assiste ici à une scission dans les rangs des indépendantistes, entre une composante minoritaire inspirée par une doctrine marxiste, et une frange davantage tentée par le banditisme. A ces “philosophies” irréconciliables s’ajoutent des querelles personnelles, qui tournent vite, promiscuité oblige, en peines capitales. S’ouvrant sur un plan choc (et cependant sans gratuité ni complaisance) montrant frontalement l’abomination d’une élimination “typique”, Un vie violente évoque par moments la tragédie grecque, en particulier lors d’un déjeuner de veu

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Ce qui nous lie : Je suis des vôtres

ECRANS | D’une vendange à l’autre, une fratrie renoue autour du domaine familial… Métaphore liquide du temps et de la quintessence des souvenirs précieux, le (bon) vin trouve en Cédric Klapisch un admirateur inspiré. Un millésime de qualité, après une série de crus inégaux.

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

Ce qui nous lie : Je suis des vôtres

Dix ans après avoir laissé sa Bourgogne pour courir le monde, Jean s’en revient au domaine viticole familial, alors que son père agonise. Oubliant rancune et rancœur, dépassant les tracas administratifs, il s’emploie avec sa sœur et son frère à réussir le meilleur vin possible. Le travail d’un an, le travail de leur vie… Loin de délaisser la caméra ces mois passés (il a en effet enchaîné pour la télévision la création de la série Dix pour cent et des documentaires consacrés à Renaud Lavillenie) Cédric Klapisch a pourtant pris son temps avant de revenir à la fiction sur grand écran. Une sage décision, au regard de ses dernières réalisations : sa sur-suite facultative et paresseuse à L’Auberge espagnole en mode cash-machine ou son recours systématique au film choral néo-lelouchien, constituaient autant de symptômes d’un essoufflement préoccupant. Au temps en emporte le vin Ce qui nous lie estompe cette inquiétude : respectueux de son sujet — l’apprentissage et la domestication du temps (d’horloge et de météorologu

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Laisse tes mains sur mes anches...

Orgues | Désormais bien installé dans sa "tribune", le festival "St-Étienne ses Orgues" invite cette année encore, à chasser le "bourdon" et à dévaler les berges du Furan...

Alain Koenig | Mardi 2 mai 2017

Laisse tes mains sur mes anches...

Initié par le talentueux et pétulant organiste Florent Gallière, "Saint-Étienne ses Orgues" propose un menu digne des plus grandes "tables" de la région. Des têtes d'affiche à vous faire chauffer la bombarde ! Louis-Noël Bestion de Camboulas - lui-même - ouvrira le bal, en l'église Saint-Louis. Le co-fondateur du très "classieux" ensemble Les Surprises vient de sortir un nouveau CD, aux éditions du Festival d'Ambronay, consacré à l'opéra-ballet de Destouches et Delalande : Les Éléments. Une nouvelle pépite distribuée par Harmonia Mundi, à mettre au crédit d'un festival qui, assurément, tire la musique baroque vers un pinacle d'excellence totale. Le chaland, s'il hésitait encore, n'aura plus d'excuse, puisque, c'est par la célébrissime Toccata et fugue en ré mineur du jeune Jean-Sébastien Bach que s'ouvre le festival d'orgue. De surcroît, l'entrée est libre et les propos d'avant-concert de Michel Trémoulhac vous permettront d'ébarber les improbables approximations de vos connaissances organistiques. Pas sur mon tablier... Le deuxième concert, gratuit également, investira deux lieux tout proches : la Cinémathèque de Saint-Étienne et

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Le directeur de la Cité du design quitte ses fonctions

Tête de culture | Selon nos confrères d'Acteurs de l'économie-La Tribune, Ludovic Noël, directeur général de l'EPCC Cité du design, va quitter ses fonctions pour rejoindre le (...)

Nicolas Bros | Vendredi 6 janvier 2017

Le directeur de la Cité du design quitte ses fonctions

Selon nos confrères d'Acteurs de l'économie-La Tribune, Ludovic Noël, directeur général de l'EPCC Cité du design, va quitter ses fonctions pour rejoindre le groupe de communication Altavia. À seulement quelques mois du début de la prochaine Biennale design (9 mars au 9 avril 2017), ce départ est un coup dur pour l'établissement et l'événement. La recherche d'un successeur devrait débuter dès la semaine prochaine.

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En "Avent" , la musique !

MUSIQUES | Symbole de renaissance, "l'esprit de Noël" ne rime pas seulement avec "vin chaud à la cannelle". Il se diffuse surtout dans les âmes, par de sublimes (...)

Alain Koenig | Mercredi 30 novembre 2016

En

Symbole de renaissance, "l'esprit de Noël" ne rime pas seulement avec "vin chaud à la cannelle". Il se diffuse surtout dans les âmes, par de sublimes compositions de l'Avent, inspirées par deux millénaires de musique chrétienne sacrée. Cette année, Jean-Sébastien Bach sera - éloignez les enfants ! - le seul Père Noël des festivités de l’Église Saint-Louis. Le chœur Sinfonietta de Yannick Berne, spécialiste du genre, accompagné d'un Sylf en très grande forme, mise sur un duo gagnant : Magnificat de Vivaldi et la cantate de l'Avent Nun komm, der Heiden Heiland BWV61. Le retour du Conservatoire Massenet sur le segment des "grandes œuvres chorales avec orchestre" sera la bonne surprise de ces réjouissances. La très festive cantate Dazu ist erschienen BWV40 sera le prélude à un morceau de roi (mage ?), dirigé par Eric Varion : la très énigmatique et ambitieuse Cantate de Noël, testament musical d'Arthur Honegger. S'ouvrant sur les ténèbres, le renouveau apparaît soudain grâce à des chœurs d'enfants entonnant des noëls, et à un hommage à peine voilé au grand absent: encore et toujours Jean-Sébastien ! Concerts de

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Vendeur : le jeu cruel de la transaction

ECRANS | de Sylvain Desclous (Fr, 1h29) avec Gilbert Melki, Pio Marmai, Pascal Elsoplus…

Vincent Raymond | Mercredi 4 mai 2016

Vendeur : le jeu cruel de la transaction

Grandeur et servitudes des cuisinistes… Vendeur rend hommage à un métier qui, lorsqu’il est bien exercé, emprunte son spectaculaire au jeu d’acteur et son habileté à l’art de l’escroc, tout en cumulant pour l’officiant le stress engendré par ces deux activités. Davantage qu’aux façades brillantes ou aux réussites de la profession, Sylvain Desclous s’intéresse à ses coulisses, à ses recoins sombres, et aux contrastes métaphoriques qu’ils révèlent. Aux magasins où les commerciaux font l’article autour de modèles étincelants, il oppose ainsi les hôtels impersonnels et les cafétérias interchangeables des zones d’activité, où les vendeurs se posent entre deux “représentations”. Se consumant dans le négoce de la promesse, le héros Serge (sur)vit dans un présent permanent et contagieux, puisque son fils habite une maison inachevée et son père se contente d’un minimum pour subsister. Serge semble autant de passage dans son existence que les clients en transit dans les galeries marchandes, dans l’attente d’être harponnés. Mais si Vendeur dévoile avec adresse le jeu cruel de la transaction, forme moderne de la chasse primitive, le film manque un peu d

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Les Malheurs de Sophie

ECRANS | Cinéaste aux inspirations éclectiques (mais à la réussite fluctuante), Christophe Honoré jette son dévolu sur deux classiques de la Comtesse de Ségur pour une surprenante adaptation, à destination des enfants autant que des adultes… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Les Malheurs de Sophie

La filmographie de Christophe Honoré ressemble à la boîte de chocolats de Forrest Gump (« on ne sait jamais sur quoi on va tomber »), à la différence notable que chacune de ses douceurs est dûment ornée d’une étiquette… omettant de signaler sa teneur en poivre ou piment. Résultat : appâtés par ses distributions appétissantes, becs sucrés et novices ressortent invariablement de ses films la gueule en feu ; quant aux autres, à force d’être échaudés, ils ont appris la méfiance et à espérer davantage de saveur dans la “seconde couche”, lorsque l’enrobage les déçoit. Sophistication, heurs et malheurs Bien que prolifique auteur de romans jeunesse, Honoré n’avait encore jamais franchi le pas au cinéma, où il flirte avec un public de préférence âgé de plus de 16 ans. S’emparant d’un pilier des bibliothèques respectables, il procède à l’inverse de Jean-Claude Brialy, lequel avait réalisé en 1981 une transposition sagement premier degré, aux remugles de vieille confiture. Plutôt qu’égrener les sottises de la gamine dans une enfilade de saynètes — ce que l’ouvrage, dans sa forme théâtrale, incite à faire, et l’amorce du film laisse croire avec l’apostrophe au

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Un sapin tout en culture locale

CONNAITRE | Noël approche à grands pas. Si jamais vous avez envie d'innover en n'offrant pas le dernier gadget numérique "branchouille" ou encore le magnifique appareil à raclette, voici quelques idées cadeaux culturelles à poser aux pieds du sapin ou dans sa grosse chaussette en laine aux motifs de cerf. Joyeux Noël à toutes et tous ! Nicolas Bros

Nicolas Bros | Jeudi 17 décembre 2015

Un sapin tout en culture locale

Pour les petits Vous souhaitez vivifier les esgourdes et/ou émerveiller les gobilles de vos enfants. Voici quelques idées de cadeaux qui pourraient remplir cette mission salvatrice en lieu et place d'un accès à l'abrutissement général. - Nanan ! de Lydie Dupuy (Z Production - Inouïe Distribution) Batteuse, compositrice et directrice artistique, la Stéphanoise Lydie Dupuy s'est lancée dans un très joli projet de livre/CD aux côtés du pianiste Rémi Ploton (qui s'occupe des arrangements) et Perrine Arnaud (dessinatrice). Destiné à ouvrir les enfants à la musique jazz d'une manière très douce et ludique, Nanan ! est une belle porte d'entrée vers un joli monde entre musique et comptines. Appuyée par des compositions musicales de très belle facture, jouées par un quintet composé de Lidye Dupuy (batterie), Rémi Ploton (piano), Vincent Périer (saxo et clarinette), Julien Sarazin (chant) et la très belle voix de Mélina Tobiana, cette création stéphanoise pour enfants est un magnifique présent pour cette fin d'année. Disponible dans les librairies stéphanoises et sur ce sit

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Jean-Noël Blanc : « L’édition est parisienne »

CONNAITRE | Le sociologue stéphanois est l’auteur d’une quarantaine de récits et de romans dont plusieurs ont connu un retentissement national. Il revient pour nous sur la position de Saint-Étienne dans le monde littéraire.

Florence Barnola | Mardi 29 septembre 2015

Jean-Noël Blanc : « L’édition est parisienne »

Saint-Étienne est-elle une ville littéraire ? Elle ne l’a jamais été. Cette ville s’est enrichie rapidement, à la fin du XVIIIe. Beaucoup de ses industriels étaient des petits qui sont montés très vite, sans toute la vieille longueur culturelle qu’il y a, générations après générations. Au XIXe, quand les rubaniers stéphanois recevaient leurs collègues lyonnais, ils les invitaient à manger dans des agapes, la culture était superflue. Cependant, des gens se sont battus contre cela, comme Marius Vacheron, le fondateur du Musée d‘Art et d’Industrie, ou Félix Thiollier. Ce dernier était désespéré par l’état culturel de Saint-Étienne. Il était d’une famille stéphanoise mais avait passé sa jeunesse à Paris, à côtoyer des peintres, des musiciens… Il s’est battu toute sa vie pour essayer de faire des cercles d’intellectuels à Saint-Étienne. Mais la ville n’a jamais cru en elle-même du point de vue culturel… A notre époque, globalement le nombre de lecteurs diminue, la culture littéraire ne tient plus le haut du pavé. Jusque dans les années 60 il fallait faire latin, grec ou littérature, désormais il faut faire une école de commerce… Quelle est al

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Microbe et Gasoil

ECRANS | Un road movie dans une voiture bricolée avec deux ados en marge de la jeunesse versaillaise : Michel Gondry signe un film simple et très personnel, qui carbure à l’humour et à la nostalgie. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 7 juillet 2015

Microbe et Gasoil

Insaisissable Michel Gondry ! Alors s’être embourbé dans une adaptation coûteuse de L’Écume des jours, il revenait quelques mois plus tard avec un petit film enthousiasmant où il partait à la rencontre de Noam Chomsky… Il en est ainsi depuis qu’il est passé de réalisateur de clips à cinéaste : il alterne les registres et les budgets, passe de la France à Hollywood, préservant une certaine idée du do it yourself dont il fait soit la matière de ses films, soit leur sujet. En cela, Microbe et Gasoil, film simple, léger dans son tournage comme dans son résultat à l’écran, est bien plus qu’une parenthèse récréative dans son œuvre ; c’est peut-être là où il dit le mieux la vérité de son projet. Et pour cause : il y replonge dans les souvenirs de sa propre enfance, qu’il projette dans une France d’aujourd’hui comme pour la marquer d’un sceau d’intemporalité. Microbe et Gasoil, ce sont deux héros adolescents en goguette sur les routes de France, à l’intersection du teen et du road movie. Microbe est timide, passionné par le dessin, mal à l’aise face

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Réalité

ECRANS | Un caméraman qui veut tourner son premier film d’horreur, un producteur instable, un animateur atteint d’un eczéma imaginaire, une petite fille nommée Réalité… Avec ce film somme et labyrinthique, aussi drôle que fascinant, Quentin Dupieux propulse son cinéma vers des hauteurs que seul un David Lynch a pu atteindre ces dernières années. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

Réalité

Vient toujours un moment, dans la carrière d’un cinéaste digne de ce nom, l’envie de tourner son Huit et demi, c’est-à-dire un grand film réflexif sur la manière dont il aborde le cinéma : Truffaut avec La Nuit américaine, Almodovar avec Étreintes brisées, David Lynch avec Mulholland drive… Quentin Dupieux, qui avait déjà approché la question dans Rubber à travers des spectateurs regardant avec des jumelles le film en train de se dérouler sans caméra, ni équipe, ni projection, en fait le cœur de Réalité. Le titre lui-même est un leurre sublime : ici, la réalité est sans doute ce qu’il y a de plus incertain et fluctuant, toujours contaminée et reformulée par le cinéma et la fiction. En fait, ce n’est pas la réalité que le film cherche à capturer, mais une petite fille prénommée Réalité, que l’on filme en train de dormir et dont on veut atteindre le subconscient — autrement dit, la capacité à produire de l’imaginaire. Dans la boucle folle que le scénario finira par créer, on comprendra que cet imaginaire-là n’est rien d’autre que celui de Dupieux lui-même ; dans les rêves de Réalité, il y avait ce long rêve éveillé qu’est Ré

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Panique chez les jouets

ECRANS | De Joël Simon, Bruno Collet, Vincent Patar et Stéphane Aubier (Fr-Belg, 43 min) animation

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

Panique chez les jouets

À l’approche de Noël, les programmes réunissant plusieurs courts pour enfants se multiplient. Mais Panique chez les jouets est clairement à part. S’adresse-t-il vraiment au jeune public ? Sans doute, mais il y a fort à parier que les adultes y prendront autant, voire plus, de plaisir. Notamment face à La Bûche de Noël, servi en dessert du programme, le nouveau délire de Patar et Aubier, créateurs des mythiques PicPic André, qui reprennent les personnages de leur long Panique au village pour trente minutes de conte de noël parfumé à la bière belge. On y retrouve cette alliance démente entre minimalisme et littéralité — les trois personnages principaux, Cowboy, Indien et Cheval, sont des figurines de… cowboy, d’indien et de cheval — autorisant ensuite toutes les élucubrations — comme tenter de récupérer la dernière bûche du supermarché, achetée par le fermier Steven, grand numéro vocal d’un Poelvoorde braillard et hilarant, ou organiser une soirée techno avec la police et le garde-barrière. Depuis Panique au village, l’animation des personnages a gagné en souplesse, l’hystérie est moins systématique et le scénario, plutôt bien c

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Casse-tête chinois

ECRANS | De Cédric Klapisch (Fr, 1h54) avec Romain Duris, Audrey Tautou, Cécile de France…

Christophe Chabert | Mardi 3 décembre 2013

Casse-tête chinois

Après L’Auberge espagnole et surtout l’affreux Les Poupées russes, il y avait de quoi redouter les retrouvailles entre Cédric Klapisch et son alter ego romanesque Xavier-Romain Duris. Or, Casse-tête chinois se situe plutôt dans la meilleure veine du cinéaste, celle de Peut-être et de Paris, lorsqu’il baisse les armes de la sociologie caustique — que Kyan Khojandi, qui fait un petit coucou dans le film, a customisée dans sa série Bref — pour se concentrer sur la singularité de ses personnages et laisser parler une certaine mélancolie. Il faut dire que ce troisième volet raconte surtout des séparations, des renoncements et des désenchantements, sans pour autant que cela vaille constat générationnel ou métaphore de l’état d’un monde. New York n’est jamais regardé béatement pour son exotisme — ce n’est pas Nous York, donc — mais comme une ville à appréhender dans son multiculturalisme, sa géographie, son prix et ses tracas.  Surtout, Klapisch, qu’on a connu d’ordinaire prompt à louer la médiocrité de ses contemporains, tire ici tout le monde vers le haut, à part dans un inutile vaudeville final, de loin la part l

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L’Écume des jours

ECRANS | Avec cette adaptation du roman culte de Boris Vian, Michel Gondry s’embourbe dans ses bricolages et recouvre d’une couche de poussière un matériau littéraire déjà très daté. Énorme déception. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 25 avril 2013

L’Écume des jours

Plus madeleine de Proust adolescente que véritable chef-d’œuvre de la littérature française, L’Écume des jours avait déjà fait l’objet d’une adaptation cinématographique, devenue difficile à voir pour cause de gros échec à sa sortie en salles. Le cinéma français ayant redécouvert les vertus de son patrimoine littéraire, voici donc Michel Gondry qui s’y colle. Le moins que l’on puisse dire est que, là où beaucoup auraient jugé l’univers métaphorico-poétique de Vian ardu à transposer à l’écran, Gondry est face à lui comme un poisson dans l’eau, trouvant une matière propice à déverser toutes ses inventions visuelles. Trop propice, tant les premières minutes du film fatiguent par leur accumulation d’idées passées au broyeur d’un montage hystérique. On n’a tout simplement pas le temps de digérer ce qui se déroule sous nos yeux, Gondry enchaînant à toute blinde les trouvailles, multipliant les accélérés, les changements d’échelle ou les trucages à la Méliès. D’une certaine manière, sa fidélité à Vian est déjà un handicap : là où il aurait pu faire le tri, il préfère empiler 

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Syngué Sabour

ECRANS | Atiq Rahimi a-t-il eu raison d’adapter son roman, lauréat du Prix Goncourt, à l’écran ? Pas vraiment, tant le film a du mal à aérer son huis-clos et à échapper aux scories d’un world cinéma académique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 18 février 2013

Syngué Sabour

Syngué Sabour, le livre, reposait sur un monologue-confession fait par une femme afghane auprès de son mari dans le coma, blessé d’une balle dans la nuque. Comment porter à l’écran ce récit anti-spectaculaire ? Comment passer de la parole pure à sa mise en espace ? Il faut reconnaître à Atiq Rahimi une bonne décision, peut-être la seule de cette auto-adaptation : miser énormément sur son actrice principale, l’épatante Golshifteh Farahani, pour apporter une force d’incarnation très troublante à son personnage. À la fois fragile et déterminée, sensuelle et contrainte à la pudeur, elle lui confère une vie que le scénario, chargé d’intentions et de vouloir-dire, ne cesse de lui dénier. Car le premier écueil de Syngué Sabour, c’est la lourdeur de son discours : il ne s’agit pas seulement pour cette femme de raconter le présent des événements à cet époux sans réaction, mais aussi de révéler derrière le héros de guerre célébré le mari négligent, sourd au désir de sa compagne, égoïste et in fine machiste. Récit d’émancipation très théorique, dont l’horizon est beaucoup trop évident : dire que la femme afghane n’a pas encore gagné le droit d’exister en tant que femme.

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Turf

ECRANS | De Fabien Onteniente (Fr, 1h42) avec Édouard Baer, Alain Chabat, Lucien Jean-Baptiste…

Christophe Chabert | Lundi 11 février 2013

Turf

Dire du mal de Turf revient à tirer sur une ambulance. Quoique, comme la plupart des comédies commerciales françaises, il affiche une insolente santé, trop bien nourri aux euros sonnants et trébuchants. Cela ne masque pas le recyclage poussif et transparent qui lui sert de pitch : Un éléphant ça trompe énormément dans le milieu du tiercé. Soit quatre potes dont un avec une mère juive (Marthe Villalonga, pour être original), l’autre qui trompe sa femme jusqu’à ce qu’elle en ait marre et le foute dehors, un troisième plus effacé mais solide dans les affaires comme en amitié, et un quatrième qui expose le tout en voix off et se met à l’équitation pour séduire une jeune et jolie demoiselle. Au milieu, Onteniente projette ses vannes, sa mythologie beauf (on a du fric, on fait la fête sur la côte) et son absence totale de direction artistique, pour un résultat sinistre qui a l’air de durer trois plombes. C’est nul donc, et seul un Depardieu d’une sincérité totale s’échappe du marasme. Qui d’autre que lui pourrait faire sonner juste une réplique comme : «Tiens, voilà tes deux places pour Lady Gaga !» ? Christophe Chabert 

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Des rockeurs au grand cœur

MUSIQUES | Le premier réveillon de la fin d'année aura lieu sur la scène du Fil. Quatre groupes dont Singtank et Ok Bonnie, deux révélations rock de ces deux dernières années, se produiront dans la salle stéphanoise pour une soirée au profit des Restos du Cœur. L'occasion de faire un beau geste tout en apportant des cadeaux sonores à vos petites oreilles. Nicolas Bros

Nicolas Bros | Mercredi 21 novembre 2012

Des rockeurs au grand cœur

Si la variété a son annuelle réunion des Enfoirés, le Fil possède désormais sa soirée au profit des Restos du Cœur : Joyeux Noël Thérèse ! Impulsée initialement par quelques bénévoles, l'idée de lancer une soirée concerts apportant quelques fonds à l'association lancée par Coluche en 1985 s'est vite imposée aux programmateurs du Fil. Le résultat : quatre groupes et artistes viendront faire résonner les murs de la salle aux sons pop-rock bien pensés. Car la programmation de cette soirée ne fait pas dans le caritatif, si vous nous permettez l'allusion. Et c'est bien là le plus intéressant. Sur scène se présenteront d'abord deux des révélations rock françaises de ces dernières années : OK Bonnie et Singtank. La première, proche du célèbre Dj Laurent Garnier qui a remixé un de ses titres (Show Your Face), balance une electro-pop-rock acérée accompagnée par ses musiciens Bruno Vancalster à la guitare et Arthur Billiès à la batterie. Avec Justine Bonneville de son vrai nom, on se retrouve face à une voix qui imprègne, dans la droite lignée de Portishead confronté à une déglingue typée Miss Kittin. Concernant Singtank, vos tympans ont sûrement déjà rencontré les notes de Give it to me

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Thérèse Desqueyroux

ECRANS | Avec cette adaptation de François Mauriac, Claude Miller met un très beau point final à son œuvre : réquisitoire contre une bourgeoisie égoïste, cruelle et intolérante, le film fait vaciller son rigoureux classicisme par une charge de sensualité et d’ambiguïté. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 20 novembre 2012

Thérèse Desqueyroux

Quatre gouttes d’arsenic dans un verre d’eau. C’est le rituel quotidien qu’effectue Bernard Desqueyroux, riche bourgeois girondin un peu hypocondriaque, pour calmer ce qu’il pense être des alertes cardiaques. Pour sa femme Thérèse (Audrey Tautou, dans un grand rôle à sa mesure), avec qui il s’est uni par intérêt, ce rituel est comme le reflet d’un ordre qui l’étouffe. Un jour, elle décide de le fausser et son geste va tout faire vaciller. À commencer par la mise en scène de Claude Miller : jusqu’ici, il racontait avec un classicisme élégant l’histoire de Thérèse Desqueyroux, préférant la chronologie aux flashbacks du roman de Mauriac. Le trouble venait d’ailleurs : de cette ouverture pleine de sensualité où deux jeunes adolescentes se livraient à des jeux aux relents érotiques, baignées dans la lumière dorée de l’été aquitain ; de ce voilier qui passe au loin et dont le propriétaire, Jean Azevedo, n’est qu’un «juif» pour Bernard Desqueyroux ; ledit Azevedo qui séduit la sœur de Bernard, passion fougueuse qui ébranle un temps la discipline bourgeoise de la famille. C’est d’ailleurs lors d’une lune de miel pétrifiée dans l’ennui de Baden-Baden que Miller introdui

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Alyah

ECRANS | Faux polar suivant la dérive existentielle d’un dealer juif qui tente de raccrocher pour s’exiler à Tel Aviv, le premier film d’Elie Wajeman opère un séduisant dosage entre l’urgence du récit et l’atmosphère de la mise en scène. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 17 septembre 2012

Alyah

À 27 ans, Alex Rafaelson est dans l’impasse. Dealer de shit tentant de se ranger des voitures, il n’arrive pas à se décoller d’un frère, Isaac, dont il éponge les dettes et dont il dissimule les embrouilles sentimentales. Un soir de shabat, son cousin Nathan lui propose de devenir son associé pour ouvrir un restaurant à Tel Aviv ; mais pour cela, Alex doit faire son Alyah — la procédure de demande d’exil en Israël — et réunir 15 000 euros. Si Alyah possède les atours du film noir, avec son héros cherchant à échapper à son destin en s’offrant un nouveau départ, quitte à sombrer un peu plus dans la délinquance en passant au trafic de cocaïne, Elie Wajeman s’est fixé un cap plus complexe et ambitieux pour ses débuts dans le long-métrage. Exil existentiel C’est d’abord l’observation d’un milieu, la communauté juive, qu’il traite dans tous ses paradoxes, subissant autant qu’elle profite de sa culture — liens familiaux écrasants, ombre du sionisme transformée en point de fuite existentiel… C’est ensuite le beau dialogue qu’il instaure entre les urgences de son récit, de l’apprentissage de l’hébreu à la nécessité de se procurer la somme nécessaire pour quitte

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