Belle et Sébastien 3 : le dernier chapitre - Chienne d'arrêt

Film pour occuper les petits-enfants pendant les vacances | de et avec Clovis Cornillac (Fr., 1h37) avec également Félix Bossuet, Tchéky Karyo…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Photo : © Christophe Brachet - Radar Films – Epithète Films – Gaumont – M6 Films – W9.jpg


Comme si la montagne lui tombait sur la tête ! Sébastien, qui a désormais 12 ans, apprend que son père veut l'emmener au Canada, loin de ses alpages chéris. Pire que tout, Joseph, un odieux bonhomme débarqué de nulle part, revendique la propriété de Belle et de ses trois chiots…

Après deux opus touristiques sentant le foin, le vieux poêle et les années cinquante, on n'attendait plus grand chose de Belle et Sébastien, si ce n'est une nouvelle collection de chandails qui grattent et de guêtres en flanelle. Pur objet de producteurs, confié de surcroît à un réalisateur différent, chaque épisode de ce reboot du feuilleton de l'ORTF a déjà l'air d'être la rediffusion de Heidi contre Totoro. Alors, quelle heureuse surprise que ce volet qui, en plus d'annoncer clairement la fin de la série, le propulse dans une direction inattendue.

Comme dans Harry Potter, gagnant en noirceur au fur et à mesure que le héros-titre prend de l'âge, Sébastien s'approche de l'adolescence en se confrontant à l'arrachement et à la perte de ses référents d'enfant. Ici, la privation de son maousse objet transitionnel, en l'occurrence la chienne protectrice et maternelle, est l'enjeu majeur d'un film freudien, plein de nuit et de mort. En cela, il se rapproche du vrai conte, dans sa version non expurgée, avec un côté Nuit du chasseur pas désagréable.

Clovis Cornillac signe donc le meilleur des trois volets et s'octroie en bonus le rôle du parfait salaud, un emploi qu'il endosse rarement. Dommage, car il sait s'y montrer parfaitement inquiétant. Avec ou sans cheveux.


Belle et Sébastien 3 : le dernier chapitre

De Clovis Cornillac (Fr, 1h37) avec Félix Bossuet, Clovis Cornillac...

De Clovis Cornillac (Fr, 1h37) avec Félix Bossuet, Clovis Cornillac...

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Deux ans ont passé. Sébastien est à l'aube de l'adolescence et Belle est devenue maman de trois adorables chiots. Pierre et Angelina sont sur le point de se marier et rêvent d'une nouvelle vie, ailleurs... Au grand dam de Sébastien qui refuse de quitter sa montagne. Lorsque Joseph, l'ancien maître de Belle, ressurgit bien décidé à récupérer sa chienne, Sébastien se retrouve face à une terrible menace. Plus que jamais, il va devoir tout mettre en œuvre pour protéger son amie et ses petits...


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"L’Aventure des Marguerite" : Malle du transport

ECRANS | De Pierre Coré (Fr., 1h26) avec Alice Pol, Clovis Cornillac, Lila Gueneau…

Vincent Raymond | Jeudi 23 juillet 2020

1942. Le père de Marguerite a disparu à la guerre et l’adolescente se languit de son retour. 2019. Margot, sosie de la précédente, doit passer trois jours avec le nouveau copain de sa mère qu’elle trouve lourd. À cause d’une malle magique, les deux jeune filles vont se substituer l’une l’autre… Comme une étrange impression de se retrouver devant un J’aime Lire mis en images… Pas si loin, en fait, puisque cette comédie fantastique d’aventures est adaptée d’un roman jeunesse signé Vincent Cuvellier. Si le travail visuel est propre, rythmé par le va-et-vient permanent entre les deux époques, la partie 1942 se révèle beaucoup plus riche en rebondissements épiques que le segment contemporain — Marguerite s’adaptant très (trop) vite à l’univers de science-fiction XXIe siècle. Les scénaristes ne se sont pas non plus beaucoup trop préoccupés des inévitables questions de paradoxes temporels, pourtant le sel de ces histoires ainsi que des ressorts dramatiques de premier choix. On ignore quel destin attend ce film d’ambiance automnale un 14 juillet en salles, il fera certainement un meilleur score une après

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"Les Vétos" : Seules les bêtes ?

ECRANS | De Julie Manoukian (Fr., 1h32) avec Noémie Schmidt, Clovis Cornillac, Lilou Fogli…

Vincent Raymond | Mercredi 18 décembre 2019

Nico et son aîné Michel font tourner à deux un cabinet vétérinaire d’un petit village du Morvan. Partant subitement en retraite, Michel fait venir à sa place sa nièce, chercheuse et entêtée mais qui n’a jamais pratiqué. Au contact de Nico, du village et des animaux, elle changera… Évidemment sympathique, terriblement dans l’air du temps, malheureusement téléphonée, l’intrigue des Vétos est au moins aussi lourde que cette phrase surchargée en adverbes. On s’étonne même de voir sur grand écran cette collection de clichés sur la ruralité hexagonale — hostile et obtuse à l’étrangère, mais révélant un cœur “gros comme ça“ à la fin — d’habitude réservée au public captif de la télévision. Tout y passe : du paysan bourru au maire hobereau habillé façon militant LR à la Baule, de l’orpheline-cachant-un-lourd-secret au véto dévoré par son apostolat… Si aucun personnage n’échappe à sa caricature, le film aborde malgré tout un vrai sujet : celui de la désaffection rurale, de son abandon par l’État (raréfaction des services publics, mitage du maillage territorial…) au profit des zones plus urbanisées, créant de fait des insularit

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"Les Chatouilles" : Touchée mais pas coulée

Drame | Portant le fardeau d’une enfance abusée, Odette craque et solde son passé, subissant en sus l’incrédulité hostile de sa mère. Une histoire vraie passée par la scène peinant à trouver sa pleine voix au cinéma, heureusement relayée par des comédiens d’exception.

Vincent Raymond | Mercredi 14 novembre 2018

Enfant, Odette a été régulièrement abusée par Gilbert, un ami de la famille masquant ses sévices en “chatouilles“. À l’âge adulte, la danse ne suffisant plus pour exorciser son passé, Odette entreprend (à reculons) une psychanalyse. Et lutte en sus contre le déni maternel… Comme un écho douloureux. Un semaine après la sortie d’Un amour impossible, ce premier long métrage coréalisé par Éric Métayer et Andréa Bescond — adaptation du spectacle autobio-cathartique de cette dernière — aborde à nouveau (et plus frontalement encore) l’abominable question des attouchements et des viols sur mineur·es. S’il a fallu à l’autrice-interprète principale une dose de courage à peine concevable pour se livrer aussi crûment et se reconstruire, on ne peut cependant pas taire sa perplexité face à la forme ce film-témoignage : quelque remuant qu’il soit, aucun projet cinématographique ne saurait se prévaloir d’une absolution de principe quant à sa facture, au motif que ses motivations ou ses intentions

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Clovis Cornillac : “Quel bonheur de faire des films !”

ECRANS | Après Nicolas Vanier et Christian Duguay, Clovis Cornillac signe le troisième et dernier épisode de "Belle et Sébastien", adaptation grand écran de la série de Cécile Aubry. Le réalisateur y joue aussi le rôle du méchant.

Aliénor Vinçotte | Mercredi 14 février 2018

Clovis Cornillac : “Quel bonheur de faire des films !”

Pourquoi autant de temps entre vos deux longs-métrages ? C.C : Entre les deux, j’ai aussi réalisé 4 épisodes de la saison 2 de Chefs, la série télévisée. Même si c’est passionnant, la réalisation demande beaucoup de temps. Belle et Sébastien 3 m’a pris un an et demi, tous les jours jusqu’à aujourd’hui. Mais quel bonheur de faire des films — c’est dément ! Qu’est-ce qui vous a amené à réaliser Belle et Sébastien 3 ? Son producteur Clément Miserez. La proposition en elle-même m’a un peu déstabilisé au début — je ne voyais pas le lien avec moi. C’est à la lecture du scénario que je me suis fait avoir, car l’histoire m’a plongé dans la littérature d’aventures, type nord-américaine comme Conrad, Steinbeck. J’ai alors réalisé que ce genre de films d’aventures n’existe plus en France. On ne nous donne plus la possibilité d’en faire. J’étais aussi très intéressé par les thématiques comme la nature, les animaux, l’enfant et la figure du grand-père. Ce qui m’amusait plus que tout, c’était l’idée de faire un conte, de pouvoir emmener ce film sur des références qui m’importent.

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Belle et Sébastien : l'aventure continue

ECRANS | De Christian Duguay (Fr, 1h37) Avec Félix Bossuet, Tchéky Karyo, Thierry Neuvic…

Vincent Raymond | Mercredi 9 décembre 2015

Belle et Sébastien : l'aventure continue

Après la neige de l’hiver, l’été et ses feux de forêt… Cette suite de l’adaptation de la série phare de l’ORTF varie certes les décors et les paysages, mais présente d’étonnante similitudes avec la trame de Tintin au Tibet, à savoir un jeune héros flanqué d’un chien ne pouvant se résoudre à la mort dans un accident d’avion d’un être cher, et montant à force d’entêtement une expédition pour aller le sauver… Le hasard, sans doute, car ici, on parle italien, et pas au Tibet. Et même si Tchéky Karyo et Thierry Neuvic se révèlent deux solides prétendants au rôle de Capitaine Haddock de substitution, l’ours venant promener sa truffe fait une figuration trop légère pour qu’on l’assimile à un équivalent de yéti. VR

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Mes héros

ECRANS | D’Éric Besnard (Fr, 1h27) avec Josiane Balasko, Gérard Jugnot, Clovis Cornillac…

Jerôme Dittmar | Lundi 10 décembre 2012

Mes héros

Exemple effarant d'un cinéma post-sarkozy qu'on n'aurait jamais voulu voir naître, Mes héros confirme l'état alarmant de la production française en 2012. Pire que tout, cette comédie d'occupation où la tendresse neuneu côtoie le militantisme débile a des airs de "Mamie fait de la résistance chez Jardiland". Dans un décor digne d'un shooting pour magazine déco, Josiane Balasko cache un jeune sans-papiers (le juif de l'an 2000) qui, séparé un temps de sa mère, trouve refuge à la campagne où il découvre les joies des tartines au beurre et de la 2CV vintage. Venue d'un autre temps, cette fable morale qui lave plus blanc que la Mère Denis, veut tout réconcilier : la famille, le pays, les années Hortefeu et ses gendarmes. Mené tambour battant par un duo Jugnot/Balasko ayant enfanté de Clovis Cornillac (pire casting de l'année), Mes héros laboure l'humanisme blotti dans le petit coeur de chacun. L'enfant, qui n'a rien demandé à personne, enfonçant le clou de ce cauchemar hygiénique. Jérôme Dittmar

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