"Love addict" : Sur le divan

Vincent Raymond | Mercredi 18 avril 2018

Photo : ©Metropolitan FilmExport


Séducteur compulsif, Gabriel a perdu son dernier job à cause de son… inextinguible besoin de conquérir les femmes. Pour conserver son nouveau poste, il a recours aux services d'une psy reconvertie coach, Marie-Zoé. Leur animosité mutuelle ne cache-t-elle pas une vague attirance ?

Et si le problème cardinal des films avec Kev Adams, c'était tout simplement Kev Adams ? Dans son genre, Love Addict n'est pas si mal : pour qui s'est infligé Gangsterdam ou Les Aventures d'Aladdin, c'en est presque miraculeux. Car il s'agit d'une variation ne disant pas son nom — se peut-il qu'elle s'ignore ? — et assagie du délirant What's New Pussycat ? (1965) de Clive Donner. Jadis scénarisée par Woody Allen, cette comédie sur un impénitent collectionneur prend au passage une sale teinte ironique à présent que ce dernier est considéré comme un vieux satyre.

Frank Bellocq n'est ni Donner ni Allen, mais il se tire plutôt bien de ce premier long, avec quelques bonnes idées (les thèmes musicaux à l'anciennes pour “habiller” les personnages, d'agréables surprises dans la distribution), pour contrebalancer les poncifs (la chorégraphie de Grease, la panouille d'une star hollywoodienne dans le rôle du méchant). La direction d'acteurs, en revanche, a été oubliée sur l'aire d'autoroute : même Marc Lavoine — le Tonton YOLO de service — surcabotine (et très mal) par contiguïté adamsesque. On n'attendra pas le remake, puisqu'il a déjà été tourné avant…


Love addict

De Frank Bellocq (Fr, 1h33) avec Kev Adams, Mélanie Bernier...

De Frank Bellocq (Fr, 1h33) avec Kev Adams, Mélanie Bernier...

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Gabriel est un love addict, un amoureux compulsif des femmes. Un sourire, un regard, un parfum… Il craque. Mais à force de dérapages de plus en plus acrobatiques entre sa vie sociale et sa vie professionnelle, Gabriel est totalement grillé. Bien décidé à changer (ou du moins à essayer), il recourt aux services d’une agence de « Minder », sorte de coach personnel 2.0. C’est Marie-Zoé, aux méthodes plutôt atypiques, qui va prendre en main le cas de Gabriel pour une thérapie de choc …


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"La Famille Addams" : Masure douce masure

ECRANS | De Conrad Vernon & Greg Tiernan (É.-U., 1h27) avec les voix (v.f) de Mélanie Bernier, Kev Adams, Alessandra Sublet…

Vincent Raymond | Mercredi 4 décembre 2019

Alors que le jeune Pugsley Addams prépare sa Mazurka, la sinistre quiétude du manoir familial est perturbée par un chantier dans le voisinage : la construction d’un lotissement empestant la joie de vivre, sous la houlette une animatrice télé qui envisage de “redécorer“ la demeure Addams… Quelque part, il y a une forme de logique à ce que la bande dessinée de Charles Addams, jadis adaptée en série télé, puis en longs métrages en prises de vues réelles, puis en série animée pour la télévision, revienne sur le grand écran en film d’animation. D’abord, parce que la tendance du moment — éprouvée et approuvée par Disney — c’est de rentabiliser une licence sous toutes ses formes ; ensuite parce que dans le cas particulier de la Famille Addams, il aurait été presque inconvenant de laisser ces personnages reposer en paix sans pratiquer sur eux quelque opération frankensteinesque. C’est l’avantage des monstres et autres figures du monde macabre : il ne peuvent guère souffrir d’une atteinte à leur intégrité ! Vernon & Tiernan jouent donc sur du velours en convoquant ces vieilles connaissances et leur épouvante d’opérette dont les pré-ados

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"Alad'2" : Pareil, et en moins bien

$uit€ | de Lionel Steketee (Fr., 1h38) avec Kev Adams, Jamel Debbouze, Vanessa Guide…

Vincent Raymond | Mercredi 26 septembre 2018

Sofia a quitté Sam. Dans l’avion pour la rejoindre, Sam imagine la suite des aventures d’Aladdin, chassé de Bagdad par le cruel Shah Zaman qui, de surcroît veut épouser la princesse Shalila. Aidé par son génie, le rusé voleur repart en conquête de sa promise et de Bagdad… La coutume veut que la suite d’un succès cherche à le superlativer — en y parvenant rarement, d’ailleurs — grâce à une histoire plus époustouflante, la montée en gamme de la réalisation et une distribution de prestige. C’est visiblement ce troisième point qui a été privilégié avec le recrutement de Jamel Debbouze comme co-star (par ailleurs intercesseur idéal pour qui souhaite tourner au Maroc, semble-t-il. Mais associer les deux humoristes revient à mélanger de l’eau et de l’huile (ou l’inverse) ; de fait, chacun déroule son one man show à sa sauce dans son segment de film sans qu’il y ait réellement de rencontre. On suit donc en alternance des sketches où Kev, aventurier aux adbos souriants, croise pléthore de stars venues faire des caméos, et d’autres où Djamel, en félon, bredouille ses répliques façon de Funès oriental. Notons

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Amis publics

ECRANS | De Édouard Pluvieux (Fr., 1h38) avec Kev Adams, Vincent Elbaz, Paul Bartel…

Vincent Raymond | Mercredi 17 février 2016

Amis publics

Régulièrement moqué pour l’indigence de son jeu se résumant à des grimaces de dragueur et des vannes d’élève de seconde écarquillant des prunelles comme Marisol Touraine, Kev Adams a certainement voulu prouver qu’il était au moins aussi grand tragédien que, disons, Lorànt Deutsch (pour citer un classique). Alors, pour démontrer aux incrédules l’étendue de ses talents, il a fait écrire sur mesure cette histoire de petit frère cancéreux par la faute d’une méchante-vilaine entreprise l’obligeant à commettre une infernale suite d’actes contre-nature ou héroïques : cambrioler des banques, se raser la tête, se déguiser en policier, prendre un air concerné sourcils froncés, tourner un film à Lyon… Force est de reconnaître que dans cet emploi dramatique, sa désinvolture à l’écran atteint des sommets – le pire étant qu’elle contamine en sus tous ses partenaires. Vivement qu’un scientifique découvre un vaccin contre le syndrome Tchao Pantin !

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Le Cœur des hommes 3

ECRANS | De Marc Esposito (Fr, 1h53) avec Marc Lavoine, Jean-Pierre Darroussin, Bernard Campan, Eric Elmosnino…

Christophe Chabert | Mardi 22 octobre 2013

Le Cœur des hommes 3

Le deuxième volet était déjà atroce, mais ce troisième épisode le surclasse encore dans l’infamie. Le cœur des hommes, ici, c’est plutôt leurs «couilles», terme généreusement employé tout au long de dialogues d’une absolue vulgarité, à l’avenant de la beaufitude satisfaite de ses quatre personnages. Qui, non contents d’accueillir chaleureusement le spectateur par une charge anti-fonctionnaires sur l’air du «on les paie à rien foutre avec nos impôts», vont ensuite s’employer à démontrer, dans un chorus de phallocrates rigolards, que les femmes ne serviraient à rien s’il n’y avait pas les hommes pour donner un sens à leur vie. La preuve : quand elles font chier, la meilleure chose à faire est de les virer — du pieu ou de leur boulot — ou de leur donner une bonne petite leçon en allant voir ailleurs. Et, bien sûr, tout cela se conclut par un éloge du mariage… Décomplexé politiquement, Le Cœur des hommes 3 l’est aussi, et c’est bien le pire, vis-à-vis de la forme télévisuelle, qu’il repique sans aucune mauvaise conscience : ouvertures de séquences avec le même panoramique sur les toits de Paris, mise

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