"Les Affamés" : Si jeunesse pouvait !

Naïveté | de Léa Frédeval (Fr., 1h35) avec Louane Emera, François Deblock, Nina Melo…

Vincent Raymond | Mercredi 4 juillet 2018

Photo : ©Studio Canal


Pauv' Zoé ! À 21 ans, elle cumule étude, stage et p'tit boulot et désespère d'obtenir un job à responsabilités digne de ses compétences. La faute aux méchants z'adultes verrouillant la société. Avec ses colocataires, elle tente de fédérer sa génération pour pouvoir en croquer à son tour…

« Il faut toujours viser la lune car même en cas d'échec on atterrit dans les étoiles ». N'en déplaise à Oscar Wilde, on peut aussi s'écraser tristement, comme une bouse. C'est un peu ce que l'on se dit devant ce premier long métrage de Léa Frédeval hallucinant de candeur — le degré 1 (celui qu'on retient ?) de l'engagement politico-citoyen.

Reposant sur argument de classe de 4e et cousu de gags éventés vus dans tous les films de colocs, Les Affamés donnent de la jeunesse contemporaine une image nunuche d'elle-même, fantasmant son Mai-68 en carton, mais incapable de militantisme dans la durée, de se fondre dans un collectif (l'individualisme est trop puissant) et surtout de tenir un discours cohérent — il manque quelques notions de dialectique. Ajoutons une direction d'acteur calamiteuse qui mène Louane Emera sur les sentiers de la perdition : elle est ici si catastrophique de fausseté geignarde qu'on la prierait bien de rendre son César. On objectera que c'est un affreux géronte qui a rédigé cette critique, et que forcément, il a cher le seum paske le film il est trop frais. Admettons. Mais que les mineur·e·s cœur de cible se rassurent, leur tour viendra : « les jeunes d'aujourd'hui sont les vieux de demain »


Les Affamés

De Léa Frédeval (Fr, 1h37) avec Louane Emera, François Deblock...

De Léa Frédeval (Fr, 1h37) avec Louane Emera, François Deblock...

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Zoé a 21 ans. Et Zoé en a sa claque d'entendre « c'est normal, t'es jeune ! ». Alors qu’elle emménage en colocation, elle prend conscience qu’elle n’est pas seule à se débattre entre cours, stages et petits boulots mal payés. Déterminée à bouleverser le complot qui se trame, elle unit autour d'elle une génération d'affamés. Ensemble, ils sont bien décidés à changer les choses et à faire entendre leur voix !


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Gérard Lanvin, Amanda Lear, Louane : « On essaie de rentrer dans le caractère de notre personnage »

Les Indestructibles 2 | Gérard Lanvin, Louane Emera et Amanda Lear figurent au générique français des Indestructibles 2, dont ils ont assuré la post-synchronisation. La tentation était grande de les faire parler de leur voix, et de leur rapport au doublage…

Vincent Raymond | Mercredi 29 août 2018

Gérard Lanvin, Amanda Lear, Louane : « On essaie de rentrer dans le caractère de notre personnage »

Pensez-vous que votre voix ait un super-pouvoir ? LE : Ah, ça c’est pour Gérard ! GL : Oui… Les trois personnes que vous avez en face de vous ont des “voix“. On n’y peut rien, c’est un don ; on l’a reçu et on s’en sert. En fait, on nous l’a fait découvrir : à un moment, on vous a dit : « tu sais que tu as une fois vachement intéressante » Et c’est là que vous prenez conscience que la voix pour un acteur est vraiment indispensable et fondamentale : elle fait la différence. Elle donne l’énergie. AL : Il y a des voix qui vous calment, vous guérissent, vous donnent des érections instantanées… GL : La mienne ! (rires) LE : Moi c’est différent, parce que j’ai vraiment commencé par la musique, par chanter — parce que j’aimais ça. J’ai pas vraiment compris tout de suite ce que cela pouvait faire. C’est ap

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"Les Indestructibles 2" : Mythes au logis

Les films de l'été | De retour à l’animation après sa parenthèse en prise de vues réelles, Brad Bird donne une suite superlative à ses Indestructibles, où le divertissement n’exclut pas le politique. La marque de Pixar.

Vincent Raymond | Mercredi 4 juillet 2018

Après un énième sauvetage destructeur, la famille Indestructible est, comme tous autres super-héros, définitivement hors-la-loi. Mais un milliardaire désireux de les réhabiliter propose à Hélène d’incarner cette reconquête. Pendant ce temps, Bob gère les enfants à la maison, et notamment bébé Jack-Jack qui révèle d’étonnantes dispositions… À cette lointaine époque (il y a… quatorze ans) où les héros masqués étaient moyennement à la mode — Sam Raimi venait tout juste de sortir Spider-Man — Brad Bird avait eu le nez creux en sortant Les Indestructibles. Non seulement il revisitait l’univers codifié des “super“ selon le prisme Pixar, en combinant vision décalée et parodique, mais il permettait indirectement à Disney d’entrer (certes par une porte dérobée) dans ce territoire, jalousement gardé par Warner (Superman, Batman) et la Fox. Et Dieu dans tout ça ? La donne a changé aujourd’hui où la Maison de Mickey possède l’essentiel de la plus grande fabrique à mutants en

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Léa Frédeval : « Ma génération doit s’enlever de l’individualisme »

Les Affamés | Léa Frédeval raconte la genèse du film adapté de son livre qu’elle avait présenté en primeur au Rencontres du Sud d’Avignon. Elle confie également ses futurs projets…

Vincent Raymond | Mercredi 5 septembre 2018

Léa Frédeval : « Ma génération doit s’enlever de l’individualisme »

Votre aventure est partie d’un roman ? LF : Oui, Les Affamés a été publié en 2014. Ce sont les édition Bayard qui m’ont commandé le livre… Je n’avais pas prévu d’écrire du tout. J’étais à ma troisième année de fac dans ma troisième fac, moi-même en errance, je n’avais aucune piste. J’essayais des choses en faisant de grands écarts universitaires assez fous. Et puis fin de ma troisième année, frustrée par un mauvais résultat, je lance un blog. Pas pour être connue : il y a 15 ans j’aurais ouvert un journal intime. J’ai pris mon ordi et 3 semaines plus tard j’ai reçu un email des éditions Bayard me disant être tombé sur mon blog par hasard et me demandant de faire dans un livre le constat de ma génération. Donc je l’ai fait, il n’y avait rien de plus sympa. Un an et demi après, on m’a appelé pour l’adapter au cinéma. Comment avez-vous abordé cette première expérience cinématographique ? Il n’y a rien de plus cool à faire dans la vie ; je ne vois pas ce que je pourrai

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Je rêvais d’un autre monde…

Panorama ciné juin 2018 | Bientôt viendra le moment de vaquer à l’ombre, de se baquer dans l’onde… Rien de tel que l’approche de l'été pour souffler l’envie d’aller voir ailleurs ; rien de mieux qu’un film pour l’exaucer.

Vincent Raymond | Mardi 5 juin 2018

Je rêvais d’un autre monde…

L’ailleurs est un territoire de connaissance pour l’enfant, qui fait l’expérience permanente de la découverte — c’est de son âge, pourvu que ça lui reste ! Mais l’ailleurs a des saveurs différentes, selon son “quelque part“ de naissance, comme l’ont chanté Brassens et Le Forestier. Pour Vittoria, fillette sarde de 10 ans, il correspond à la vie dépenaillée d’Angelica, à mille lieues de l’existence modeste mais rangée dans laquelle Tina, sa mère, veut l’élever. Sauf qu’Angelica est sa génitrice biologique… Dans Ma fille (27 juin) Laura Bispuri place la petite Vittoria dans une situation de choix impossible — adoptant souvent son point de vue, le film aurait mérité de s’appeler Mes mères — et offre à Valeria Golino un nouveau rôle de mater dolorosa faisant d’elle l’incontournable Magnani contemporaine. L’image est belle, brûlée par le soleil et le sel, mais l’histoire, imprégnée d’alcool et d’odeurs de poissons, un peu téléphonée. Pour affronter la guerre civi

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La Famille Bélier

ECRANS | Bons sentiments à la louche, pincée d’humour trash, mise en orbite d’une star de télé-crochet, célébration de l’art de Michel Sardou, regard pataud sur le handicap, populisme facile : Eric Lartigau signe un film dans l’air moisi du temps, qui donne des envies de sepuku critique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 15 décembre 2014

La Famille Bélier

«Bélier : n. m. 1) Mâle non châtré de la brebis. 2) Machine de guerre des anciens servant à battre les murailles en brèche.» Cette double définition piquée dans le Robert sonne comme la meilleure critique possible de La Famille Bélier. 1) Le nouveau film d’Éric Lartigau s’apparente à une comédie sentimentale mi-chèvre, mi-chou, qui met les pieds dans le purin campagnard et la tête dans les étoiles de la réussite, les mains dans le cambouis du populisme et le nez dans la grande cause du handicap, via une famille de sourds-muets avec en son centre Paula, jeune adolescente qui non seulement parle et entend, mais en plus chante d’une voix d’or. Lartigau emprunte d’abord la piste gonflée du comique trash, avec une scène chez le médecin où les parents s’engueulent à cause de la mycose de madame et de l’appétit sexuel de monsieur. Admirateur des Farrelly, Lartigau est loin de leur humanisme par la provoc’ : le vrai gag de la séquence, ce sont les traductions de Paula, et les reproches qu’elle adresse à ses géniteurs. Ce qui compte, ce n’est pas que le spectateur s’identifie aux parents sourds, mais à la petite valide. Qui, comme le spectateur, n’entend

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