"Guy" : Guy Lutz

Documenteur | de et avec Alex Lutz (Fr., 1h41) avec également Tom Dingler, Pascale Arbillot…

Vincent Raymond | Vendredi 31 août 2018

Photo : © Apollo Films


Pour approcher Guy Jamet, vieille gloire de la musique depuis l'époque yéyé dont sa mère lui a révélé qu'il était son père, Gauthier a entrepris de tourner un documentaire dans l'intimité du chanteur. Mais plus il filme, plus il repousse le moment de révéler son secret à star déclinante…

Pour sa deuxième réalisation, Alex Lutz s'est essayé au format toujours plaisant du documenteur, empruntant l'apparence du documentaire pour servir un propos totalement imaginaire. Filmé en caméra subjective (et à la manière de ces séries télé s'accrochant aux basques d'une célébrité pour en divulguer les jardins secrets), Guy est entrelardé de séquences “d'archives” forcément bidons retraçant un demi-siècle de sa carrière fictive. C'est sur ce point que Lutz se montre le plus efficace — sans doute sa pratique de la pastille-pastiche n'y est-elle pas étrangère — : ses contrefaçons de tubes années 1960, 1970 et 1980 avec mises en images à l'appui s'avèrent crédibles et drôles au premier degré. Nul besoin d'en rajouter quand les costumes ou les play-backs sont à la base approximatifs.

Mais les prises de vues contemporaines jouent une autre partition, montrant le personnage-titre sous des dehors exagérément ringards et recourant à de grosses ficelles comiques. Lutz va chercher le rire facile avec son Guy pathétique — synthèse à parts variables de Guy Lux, Pascal Danel, Guy Mardel, Hervé Villard et tant d'autres “idoles“ éphémères — dans un segment lui permettant de convoquer des “témoins“ (Drucker, Julien Clerc…) visant à authentifier l'existence de son Jamet. Obnubilé par la volonté de faire la paillasse, il se complaît dans des gags faciles et passe à côté d'un immense potentiel émotionnel : les retrouvailles avec son amours de jeunesse (jouée par Dani), ses confidences d'artiste au bout du rouleau. Parfois, il faut arrêter de faire le clown.


Guy

Avec la venue du réalisateur et acteur Alex Lutz

Avec la venue du réalisateur et acteur Alex Lutz

voir la fiche du film


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

"Présidents" : Vieilles choses publiques

ECRANS | Enchaînant films et sujets opposés, Anne Fontaine s’attaque après Police à l’étage supérieur : le pouvoir suprême et ceux qui l’ont exercé… lorsqu’ils en sont dépossédés. Entre fable et farce, une relecture des institutions et de l’actualité politique bien plus intéressant que ce que les teasers-sketches laissaient supposer…

Vincent Raymond | Jeudi 1 juillet 2021

Reconverti en homme d’intérieur dépressif, l’ex président Nicolas S. prend pour prétexte la popularité grandissante de la candidate d’extrême-droite pour partir en Corrèze afin de convaincre son ancien adversaire et successeur François H. de monter un nouveau parti avec lui. La cohabitation sera d’autant plus rude qu’ils sont opposés en tout, et que leurs compagnes s’invitent dans la campagne… Une évidence en préambule : sur les arcanes de la Ve République — et ses bruits de cabinet, diront les mauvaises langues — il sera difficile de parvenir un jour à se montrer plus complet que t le magistral L’Exercice de l’État de Pierre Schoeller. Rien n’empêche toutefois d’attaquer le sujet par la bande, en se focalisant sur des espèces s’ébattant dans cet écosystème. Tels les Présidents du film homonyme d’Anne Fontaine construit comme une fable dont les protagonistes ne seraient pas de grands fauves, mais deux ex éconduits par leur bien-aimée, trompant ensemble leur déni dans l’illusoire espoir d’une reconquête. Sauf que la belle, de plus en plus versatile et capricieuse, ne veut plus d’e

Continuer à lire

"Miss" : Pas celle que vous croyez

ECRANS | ★★☆☆☆ De Ruben Alves (Fr., 1h47) avec Alexandre Wetter, Pascale Arbillot, Isabelle Nanty…

Vincent Raymond | Mercredi 21 octobre 2020

Passer de l’exception à l’acceptation : telle est la situation d’Alex dans Miss, où un jeune homme à demi-marginalisé recherche un épanouissement libérateur en mentant sur son identité et en participant au concours Miss France… Signée Ruben Alves, cette comédie grand public aux accents de feel good movie devrait contribuer à dégetthoïser la situation des personnes transgenres — d’autant qu’elle est tournée avec la transparente complicité du Comité Miss France (qui s’achète ici une image de modernité, alors même que ses statuts poussiéreux prouvent régulièrement leur inadéquation avec la société contemporaine) et de comédiens hyper-populaires, comme Isabelle Nanty ou Thibaut de Montalembert en trav’…ailleuse du sexe au Bois. Mais ce film, qui tient beaucoup du conte d’Andersen, ne tiendrait pas sans la personne ni la personnalité d’Alexandre Wetter, qui fait exister le personnage à travers son parcours initiati

Continuer à lire

"Be Natural, l’histoire cachée d’Alice Guy-Blaché" : Elle fut la première

Documentaire | Attention, merci de bien signer l'article : “PAR ANNA SOLOVIOVA” et non par VR

Vincent Raymond | Lundi 22 juin 2020

Première femme-réalisatrice de l’histoire du cinéma, Alice Guy-Blaché a joué un rôle essentiel dans le devenir cet art naissant : un documentaire édifiant, malgré une forme un peu galvaudée. Née en 1873, Alice Guy-Blaché commence à travailler comme sténographe avec Léon Gaumont, l’un des producteurs de l’aube du cinéma. Elle est l’auteure de la première fiction cinématographique, La Fée aux choux (1896), avant de superviser une grande partie de la production Gaumont. Envoyée en 1907 aux Etats-Unis, elle y crée sa propre maison de production qui connait un essor important, avant de s’effondrer. S’appuyant sur un travail d’enquête minutieux, ce documentaire met en avant les qualités de l’œuvre cinématographique de cette pionnière longtemps passée sous silence, soulignant sa grande maitrise technique, son progressisme moral (féminisme, inclusion des acteurs noirs), ou encore son mantra à l’adresse des acteurs : « Be Natural ». Porté par la voix-off de Jodie Foster, actrice et réalisatrice dont l’engagement et le talent en font une manière d'héritiè

Continuer à lire

Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Un vrai bonhomme | Pour son premier long métrage, Benjamin Parent s’aventure dans un registre peu coutumier en France : le “coming at age movie“ — une sorte de film d’apprentissage adolescent. Une jolie réussite dont il dévoile quelques secrets. Attention, un mini spoiler s’y dissimule…

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Un thème commun se dégage de votre film Un vrai bonhomme et de Mon inconnue que vous avez co-écrit avec Hugo Gélin : l’uchronie, ou l’idée de permettre à des personnage d’accomplir des destinées alternatives. Est-ce délibéré ? Benjamin Parent : Pas du tout. Dans Mon Inconnu, l’idée d’uchronie vient d’Hugo ; je l’ai développée et essayé de développer la dramaturgie sur l’uchronie “la plus intéressante“. Je trouve que l’uchronie permet de raconter l’histoire d’une manière extrêmement drastique, avec ce truc d’inversion absolue des choses : “et si“ on pouvait rencontrer ses parents et qu’on se rendait compte que son père était un blaireau et que sa mère voulait nous choper, qu’est-ce qu’on ferait? L’uchronie, finalement, c’est un pitch radical, qui permet plein de possibilités et un déploiement de l’imaginaire. Un vrai bonhomme, où le personnage de Léo est une extension de celui de Tom, permet également le déploiement de l’imaginaire. Donc du vôtre à travers eux… Effectivement. Mais plus qu’une uchronie, cela joue sur le principe de ce que l’on mont

Continuer à lire

"Un vrai bonhomme" : Je mets les pas dans les pas de mon frère

Comédrame | Un adolescent solitaire s’appuie sur le fantôme de son aîné pour s’affirmer aux yeux de ses camarades, de la fille qu’il convoite et de son père qui l’ignorait, perdu dans le deuil de son fils préféré. Une brillante première réalisation signée par le coscénariste de Mon Inconnue.

Vincent Raymond | Mercredi 8 janvier 2020

Ado introverti ayant toujours subi l’aura solaire de son frère Léo, Tom fait sa rentrée dans un nouveau lycée. Heureusement, Léo est là pour lui prodiguer encouragements et conseils. Sauf que depuis un accident de la route fatal à Léo, celui-ci n’existe plus que dans la tête de Tom… On ne divulgâche rien en dévoilant d’entrée le fait que Léo est ici un personnage imaginaire, puisque Benjamin Parent s’arrange pour lever toute ambiguïté à ce sujet dès la minute 18. Tout l’enjeu de son film n’est pas de fabriquer un mystère à la Shayamalan pour le public, mais d’inclure ce dernier dans la névrose de son héros ; de lui faire partager les affects d’un adolescent mal remis d'un traumatisme et croyant trouver par cet expédient le chemin de la résilience. Mon frère, ce halo Comédie, drame ? Disons dramédie bien tempérée, ce qui constitue un tour de force : rares sont en effet les films hexagonaux capables d’aborder la question adolescente sans s’abandonner à des récits d’amourettes (La Boum), à des pitretries pathétiques (

Continuer à lire

"Mon chien Stupide" : Chienne de vie !

ECRANS | De et avec Yvan Attal (Fr., 1h45) avec également Charlotte Gainsbourg, Pascale Arbillot, Éric Ruf…

Vincent Raymond | Mercredi 23 octobre 2019

Jadis écrivain prometteur, Henri n’a rien produit de potable depuis des années. La faute en incombe, selon lui, à sa femme et ses enfants qu’il accuse de tous ses maux. Lorsqu’un énorme molosse puant et priapique débarque ex nihilo dans sa vie, il y voit un signe bénéfique du destin. Les personnages perdant toute inhibition pour cracher une misanthropie sans filtre au monde entier emportent facilement la sympathie du public, qui aimerait bien souvent se comporter comme eux. Incorrect au plus haut degré, l’égotique Henri est de cette race d’anars domestiques en ayant soupé des convenances et du masque social ; peu lui chaut de dire ses quatre vérités son épouse ou à sa progéniture. En cela, il évoque beaucoup le narrateur de American Beauty (1999) — dont on se demande par ricochet s’il n’a pas été inspiré par le roman posthume de John Fante que Yvan Attal adapte ici. Mais aussi cet autre écrivain obsessionnel et râleur héros de Kennedy et moi (1999), campé par Jean-Pierre Bacri. D’ailleurs, cela peut-être l’enseignement principal de Mon chien stupide, Yvan A

Continuer à lire

Les premiers noms des Arts Burlesques 2020

Festival humour | Les premiers noms de la programmation du prochain festival des Arts Burlesques qui se déroulera du 27 février au 8 mars 2020 viennent d'être dévoilés. Au (...)

Nicolas Bros | Lundi 3 juin 2019

Les premiers noms des Arts Burlesques 2020

Les premiers noms de la programmation du prochain festival des Arts Burlesques qui se déroulera du 27 février au 8 mars 2020 viennent d'être dévoilés. Au programme, le désopilant Roman Frayssinet (connu notamment pour ses chroniques dans l'émission Clique de Mouloud Achour), Nora Hamzawi, Kyan Khojandi (Bref), Élodie Poux, Tania Dutel et Tanguy Pastureau. Festival des Arts Burlesques, du 27 février au 8 mars 2020 Plus d'infos sur ce site

Continuer à lire

Alan Menken : « Il fallait que je maintienne l’intégrité de mon bâtiment »

Aladdin | Compositeur historique des studios Disney, lauréat de huit Oscar — dont deux pour la version animée de Aladdin —, le toujours affable Alan Menken est venu converser (au piano) de son travail au long cours sur ses partitions…

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Alan Menken : « Il fallait que je maintienne l’intégrité de mon bâtiment »

Quel a été votre processus d’écriture pour ce film ? S’agit-il d’une “réécriture” ? A.M : Tout d’abord, écrire la musique pour un film animé est différent pour un film en prises de vues réelles : il faut trouver des moments plus intenses et d’autres plus courts, des thèmes qui musicaux qui reviennent encore et encore… Au début d’Aladdin, j’ai été inspiré par des gens comme Fats Waller. Ensuite, pour la comédie musicale Aladdin — qui est sur scène depuis longtemps à Broadway mais n’a pas encore été jouée à Paris —, c’est encore très différent : j’ai dû écrire davantage de chansons et penser différemment… Et enfin, ça a évolué vers cette version en prises de vues réelles, qui a nécessité que je modifie la musique afin qu’elle colle mieux. Écrire trois fois une partition, je l’avais déjà fait pour La Belle et La Bête. La clef pour vraiment y parvenir, c’est de connaître le réalisateur, d’être sur sa même longueur d’onde que lui : ça m’aide à écrire la mus

Continuer à lire

"Aladdin" : Super calife agile !

Disney | De Guy Ritchie (É.-U., 2h09) avec Mena Massoud, Naomi Scott, Will Smith…

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Se livrant à ses activités délictuelles dans la cité d’Agrabah, le jeune tire-laine Aladdin sauve de la princesse Jasmine qu’il prend pour une servante et en tombe amoureux. Grâce aux pouvoirs d’une lampe magique (et de son génie), il deviendra prince et sauvera le royaume du félon vizir… Même s’il se montre ici singulièrement calme — oubliez le surmontage rehaussé de ralentis et d’effets de variation de vitesse de défilement dont il est d’habitude si friand — le frénétique Guy Ritchie a d’emblée le mérite de remettre le minaret au centre du village, c’est-à-dire de renvoyer au cimetière du carton-pâte le pitre franchouillard piètre simulacre d’Aladdin en jouant la carte de la superproduction à l’ancienne, avec danseurs par milliers, éléphants et costumes chamarrés pour tout le monde. Bien sûr, il y a du numérique, mais il ne remplace pas les immenses plans d’ensemble où les chorégraphies prennent vie. Will Smith n’étonne guère dans la peau (bleue) du génie : sur le papier, il était évident qu’un showman de sa trempe glisserait aisément ses pieds dans les babouches de Robin Willi

Continuer à lire

Rebelles, rebelles…

Panorama ciné mars 2019 | N’en déplaise au regretté Chris Marker, le fond de l’air est plus jaune que rouge, preuve que les idéologies sont bien lessivées Et sur les écrans flotte comme un doux vent de révolte…

Vincent Raymond | Mardi 5 mars 2019

Rebelles, rebelles…

Si les arbres cette année n’ont pas attendu le printemps pour reverdir, les rues continuent à jaunir et vrombir depuis la fin de l’automne : la foule qui les arpente a les abeilles — et des gilets de la même couleur. Une révolution ? Non, un magma de lassitudes cristallisées trouvant de singuliers échos dans les films à l’affiche ce mois : que d’écorchés ; que de révoltés ! L’odieux paradoxe, c’est que sans malheur pour motiver la contestation, il n’y a souvent pas de (bonne) histoire… Du vécu Et quel meilleur filon que le réel pour les cinéastes en quête d’un sujet solide ? À elles et à eux de choisir comment en restituer le minerai : de manière brute ou raffinée. Parce qu’elle se revendique en prise directe avec ledit réel — ce qui ne l’empêche pas d’être écrite ni scénarisée —, la veine documentaire est privilégiée pour réfléchir passé comme présent. Comme en écho à Grâce à Dieu, Yolande Zauberman s’attache dans

Continuer à lire

"Maguy Marin : l'urgence d'agir" : Salut la compagnie !

ECRANS | De David Mambouch (Fr., 1h48) avec Maguy Marin…

Vincent Raymond | Vendredi 8 mars 2019

Prenant l’emblématique pièce May B. comme fil rouge, David Mambouch retrace le parcours de Maguy Marin en sa compagnie et celle des membres… de sa compagnie. Un regard intime et familial embrassant près d’un demi-siècle d’une aventure chorégraphique particulière… Cela fait près de quarante ans que David Mambouch suit au plus près le travail de la chorégraphe Mary Marin, dans les coulisses et en bord, voire sur scène. Et pour cause : il est son fils. C’est donc de l’intérieur qu’il peut témoigner de la progressive construction d’une œuvre, dans sa cohérence et son intégrité morale (en résonance avec des enjeux sociaux et des problématiques historiques, économiques ou humanistes), mais aussi de ses nécessaires évolutions artistiques — comme l’introduction de la parole, le glissement vers la “non-danse“ etc. rendant plus intelligible encore le propos ou le message politique sous-tendant chacune de ses créations. Portrait collectif d’une femme de troupe indissociable de ses compagnons de route, mettant en avant un goût viscéral pour la transmission — des idées, de la danse

Continuer à lire

Alexandre Astier : « Nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Astérix - Le Secret de la Potion Magique | Alexandre Astier revient sur la recette de ce nouvel opus animé de la série Astérix, dont il partage la réalisation avec Louis Clichy. Où il sera question de Uderzo, de "L’Île aux enfants", de "Goldorak", de Marvel, de manga et d’une note de "Kaamelott"…Entretien exclusif.

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Alexandre Astier : « Nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Avec cette histoire originale, vous vous êtes retrouvé en situation d’apprenti devant obtenir la bénédiction du vénérable druide Uderzo. Au-delà de la mise en abyme, comment s’est déroulée cette transmission ? AA : La première fois que je lui ai présenté le pitch, il m’a dit qu’il ne pouvait pas rester un sujet fondamental qui n’aurait pas été traité en album — et ça se voyait que c’était sincère. J’avais peur du vieillissement parce que Astérix est un monde fixe : sans futur ni passé, ni vieillesse, ni mort, ni nouveau cheveux blancs, ni enfants pour remplacer les adultes. À chaque aventure, les personnages sont jetés dans une situation, s’en sortent et tout revient à la normale. Je crois qu’il a été touché par l’histoire. Est-ce qu’il l’a rapportée à lui ? Je n’en ai pas l’impression — je ne lui ai pas demandé. Mais je crois qui a voulu voir ce que ça allait donner, cette difficulté de trouver un successeur et le risque que cela comportait. En plus, Uderzo est très amoureux et très impressionné par les images numérique. Il ne s’est jamais caché de vouloir faire Disney en France —

Continuer à lire

Apérooooo !

Apéros-musique de Blesle (Haute-Loire) | La sono mondiale ne sait décidemment plus où donner de la fête, tant les genres fusionnent et s’enrichissent mutuellement dans un joyeux (mais toujours (...)

Niko Rodamel | Mardi 3 juillet 2018

Apérooooo !

La sono mondiale ne sait décidemment plus où donner de la fête, tant les genres fusionnent et s’enrichissent mutuellement dans un joyeux (mais toujours bienveillant) bordel ! Les apéros-musique de Blesle en seront témoins une fois encore avec une foultitude de groupes programmés sur seulement trois petits jours, dont l'étonnant trio Kamélectric qui fera d’une pierre deux prestations au coeur du village médiéval. Le groupe mêle d’une façon plutôt inspirée des univers musicaux qui s’additionnent sans se diviser : afrobeat, jazz, hip-hop, trip-hop et funk. Mais pour une fois, la forme, l’emballage, le dispositif pourrait-on dire, sont assez hors norme. Les instruments sont ici des bestioles mécaniques, à cordes, à peaux ou encore à anches, dont les trois musiciens-dompteurs tirent des mélodies envoûtantes dans une scénographie maîtrisée comme au théâtre. Sébastien Dault (batterie, voix, cornes), Louis Noble (saxophones, guitare électrique) et Julien Guyard (kamélé n’goni, claviers, loopers, chant, percussions) accouchent ensemble d’un concert-spectacle complètement atypique qui donne autant à voir qu’à entendre. À retrouver samedi 11 août 2018 à 19h sur la place de la Mairie et dim

Continuer à lire

"Le Doudou" : Canaille Peluche

Objet transitionnel | Employé à Roissy, Sofiane excelle dans les magouille foireuses et le baratin. Découvrant l’avis de recherche d’un nounours perdu, il espère dans un premier (...)

Vincent Raymond | Vendredi 15 juin 2018

Employé à Roissy, Sofiane excelle dans les magouille foireuses et le baratin. Découvrant l’avis de recherche d’un nounours perdu, il espère dans un premier temps escroquer des parents aux abois. Mais finit par partager l’obsession du papa excédé : retrouver le précieux doudou. Première réalisation de Philippe Mechelen & Julien Hervé, ce buddy movie des familles se révèle bien plus sympathique que Les Tuche, la série à succès commise par le duo. Car s’y côtoient en bonne intelligence et avec rythme de l’absurde (un maître-chien psychopathe persuadé que son dogue est sa “fille“, des châtelains fin de race et hors d’âge), une pointe d’incorrection (Isabelle Sadoyan, dans son ultime rôle, campe une vieille résistante frappée d’Alzheimer révélant ses sympathies collabo) ainsi qu’une certaine tendresse de mieux en mieux assumée par Kad Merad. Paupière lourde de patriarche à la Danny Glover, effets contenus, celui-ci confirme donc dans la comédie populaire le virage pris avec Comme des rois. C’est donc à Malik Bentalha

Continuer à lire

"Manhattan stories" : Tranche de quartier de Big Apple

New-yorkais | de Dustin Guy Defa (É.-U, 1h25) avec Abbi Jacobson, Michael Cera, Tavi Gevinson…

Vincent Raymond | Mercredi 16 mai 2018

Morceaux choisis prélevés dans l’un des plus fameux arrondissements new-yorkais au cours d'une journée ordinaire (?) en compagnie d’une apprentie journaliste, d’un amateur de vinyles, d’un dépressif, d’une lycéenne et de tous ceux qu’ils rencontrent au gré des hasards de la vie… Entremêlant ses intrigues façon patchwork, ce faux film à sketches lorgne moins l’ode solennelle de Woody Allen que le puzzle baroque Wayne Wang et Paul Auster consacré au borough quasi-limitrophe, Brooklyn Boogie (1995), voire le roman fondateur de Dos Passos, Manhattan Transfer, célébrant la diversité profuse et cependant, déjà, interconnectée des habitants de l’île. Bon, pour la diversité, on repassera : les protagonistes sont, pour la plupart, de braves bobos nantis de problèmes de riches. Cela n’exclut pas des faits de délinquance pouvant aller jusqu’à l’homicide. Mais leur nature, leur mobile, leurs mode d’exécution n’ont rien à voir avec un Scorsese d’antan, ni un blaxpoitation vintage : ici, la présumée meurtrière ressemble aux coupables des épisodes de

Continuer à lire

"Les Aventures de Spirou et Fantasio" : Il leur manque des cases

BD BRADÉE | de Alexandre Coffre (Fr., 1h29) avec Thomas Solivérès, Alex Lutz, Ramzy Bedia…

Vincent Raymond | Mercredi 28 février 2018

Un rat d’hôtel roux déguisé en groom et un journaliste frustré en quête de scoop partent à la recherche d’un inventeur de génie enlevé par un atrabilaire maléfique, désireux de dominer le moooonde. Et voilà comment déboulent des bulles Spirou, Fantasio, Champignac et Zorglub… Réussir l’adaptation d’une bédé au cinéma tient de l’exploit, surtout lorsqu’il s’agit de l’école franco-belge : seul Alain Chabat s’en est tiré sans trop de dégâts (et encore, au risque de défriser la doxa, avec plus de réussite dans Le Marsupilami que dans Mission Cléopâtre). Les raisons expliquant qu’Alexandre Coffre achoppe sont obvies à la vision de ce film d’aventures bon marché. Par exemple, gratifier ses personnages principaux d’un air ahuri permanent et faire jouer à Alex Lutz — qui avait quelque chose à défendre physiquement en Fantasio — un faire-valoir façon Jar Jar Binks de théâtre de boulevard, c’est peut-être bon pour un public de 6 ans (et encore), mais destructeur pour le reste de l’assistance. Spielberg et Chabat (encore lui) pensent touj

Continuer à lire

Au bout du fil

Galerie | L’IRMACC, Institut Régional pour les Métiers d'Art et la Création Contemporaine, est un centre de ressources qui se concentre sur les métiers de l’artisanat. (...)

Niko Rodamel | Mercredi 3 janvier 2018

Au bout du fil

L’IRMACC, Institut Régional pour les Métiers d'Art et la Création Contemporaine, est un centre de ressources qui se concentre sur les métiers de l’artisanat. Au-delà des formations qui y sont dispensées, conférences et expositions viennent régulièrement ponctuer l’année. Sur le fil forme le premier opus d’un nouveau format d’exposition proposé par l’IRMACC, baptisé Matières vives. Pas moins de quinze artisans d’art dont la pratique a attrait au fil ont confié des pièces d’exception pour constituer le premier volet du programme. L’occasion de découvrir notamment des travaux de design textile de Roxane Andrès et Florence Bost ou des ouvrages de broderie de Christine Peyret et Elisabeth Roulleau. On découvre aux côtés des couturiers Jérémie Tessier et Renaud Aivaliotis, le créations textiles d’Hélène Jospé et Aude Tahon, ainsi que l’univers des plasticiennes Dominique Torrente et Catherine De Robert. Quant à Joëlle Verne (corsetière), Françoise Micoud (dentellière aux fuseaux), Maïté Tanguy (tisserande), Mariam Partskhaladze (feutrière) et Sara Revil (tresseuse), elles font vivre chacune une discipline peu connue du grand public. Matières vives / Sur le fil

Continuer à lire

SolidARTitude

Vente d'oeuvres | On ne change pas une équipe qui gagne : l'association Vaincre le Cancer 42 déroule la huitième édition de Solid'Art, une généreuse expo-vente qui mobilise cette année pas moins de cinquante-sept artistes ligériens, pour la bonne cause.

Niko Rodamel | Mardi 31 octobre 2017

SolidARTitude

Depuis huit ans déjà l'association Vaincre le Cancer 42 organise, en plus de quelques concerts, sa très généreuse expo-vente annuelle baptisée Solid'Art. La manifestation vise à renforcer la lutte contre la maladie, misant sur l'altruisme des exposants et la philanthropie des acheteurs. Lors de son précédent exercice, l'association remettait un chèque dix-huit mille euros à la Fédération de Cancérologie, au CHU de Saint-Étienne. Pour sa huitième édition, Solid'Art occupera trois jours durant le bâtiment art déco de la Charité, proposant à la vente toiles, sculptures et photographies de cinquante-sept artistes (ligériens pour la plupart), sous le parrainage du plasticien Alfredo Lopez. D'origine bolivienne, le peintre se consacre entièrement à sa création depuis 2005 après une première carrière de créatif et sa renommée prend depuis quelques années une tournure internationale, exposant notamment à Paris, Bruxelles, Genève ou Miami. Alfredo aime ce segment du temps qu'est la vie, avec ses continuités et répétitions, ses extrémités. Variant les supports, il raconte des histoires du quotidien sur la toile, le plexiglas ou sur des mannequins, avec des couleurs chaudes, des formes r

Continuer à lire

Black and white

Expo photo | Le photographe Michel Ayrault présente à la galerie Noir & Blanc un reportage au long cours sur le chantier de la nouvelle Comédie : Chronique d’une construction, trois années de travaux.

Niko Rodamel | Mardi 3 octobre 2017

Black and white

Trop rare lieu exclusivement dédié à la photographie dans la région, la galerie Noir & Blanc propose sa quarante-sixième exposition avec le remarquable travail qu'a mené Michel Ayrault autour d'un chantier hors norme, de la chenille au papillon, des anciens ateliers de la SSCM au tout nouveau centre dramatique national. Cofondateur (avec Guy Hyvert et Daniel Marion) du collectif éponyme, Michel inscrit fidèlement sa démarche dans le cadre que s'est fixé l'association : promouvoir la photographie sociale et humaniste tout en défendant la qualité intrinsèque du noir et blanc, avec une prédilection pour l'argentique. Pour autant, le lieu reste ouvert aux différentes pratiques photographiques, même numériques, en accueillant régulièrement sur ses cimaises les images d'artistes invités, qu'ils vivent dans le bassin stéphanois (Marie-Pierre Vincent, Maurice Muller, Ivan Richier...) ou qu'ils viennent d'un autre continent (Souleymane Cissé), qu'ils fassent partie de collectifs de photographes (Item, Le Bar Floréal) ou encore d'agences (Vu...). L'équipe se fait parfois un petit plaisir en faisant venir les œuvres de grands maîtres de la photo, comme ce fut par exemple le

Continuer à lire

45 occasions de sourire

Théâtre | Avec la pièce écrite par Tanguy Viel pour la promotion 27 de la Comédie, on est transportés dans l’ambiance de tournage d’un film d’action. Des scènes truculentes mêlant auto-dérision et sensibilité poétique.

Houda El Boudrari | Mardi 6 juin 2017

45 occasions de sourire

Vous n’étiez pas à Cannes ? La Comédie vous offre une séance de rattrapage avec une montée des marches à l’Usine. L’occasion de faire des adieux grandioses à la salle avenue Emile Loubet avant l’inauguration de la nouvelle Comédie à la rentrée. Écrite pour la promotion 27 par Tanguy Viel et mise en scène par Pierre Maillet, 45 possibilités de rencontres raconte l’histoire d’un tournage. Et de l’envers du décor... Une équipe de cinéma séjourne dans un hôtel en Bretagne pour un projet ambitieux mené par un jeune réalisateur en vogue : un film d’action en forme de comédie musicale, adaptée d’un roman policier (L’absolue perfection du crime d’un certain Tanguy Viel). L’argument du film : une famille mafieuse, un braquage, une trahison, une poursuite. Cascadeuse philosophe La pièce raconte la vie commune de l’équipe entre le plateau et l’hôtel. Dans une mise en perspective inversée, le tournage en arrière-plan sert l’action qui se passe dans les coulisses. Une manière de mettre en lumière ces personnages de l’ombre : les petites mains du monde du spectacle. Où l’on découvre la voix intime de la maquilleuse (Elsa Verdon), dont la prof

Continuer à lire

Ben l’oncle jazz

Jazz | Le trio lyonnais du contrebassiste Ben Guyot promet une bien belle soirée sur les planches de l’Estrade avec un invité de prestige, le saxophoniste britannico-américain Will Vinson.

Niko Rodamel | Mercredi 5 avril 2017

Ben l’oncle jazz

Nous avions découvert Ben Guyot aux côtés du pianiste David Bressat, tous deux membres du collectif Polycarpe à l’origine de la création d’un lieu devenu incontournable entre Rhône et Saône, le Périscope. C’est après l’expérience du Vandojam (animée par le saxophoniste Eric Prost entre 2010 et 2012) que Ben forme le Strio avec ses acolytes de toujours, Romain Nassini (piano) et Charles Clayette (batterie). Sur scène la complicité artistique et humaine des trois musiciens est évidente. Avec un premier répertoire ancré dans un jazz très actuel (reprises de Brad Melhdau et de Robert Glasper notamment), les trois complices ont longuement écumé les clubs de la région lyonnaise avant de présenter enfin leur propre musique. Depuis trois ans le trio trace un nouveau sillon, s’associant au sax alto new-yorkais Will Vinson, avec qui Guyot et Clayette avait tissé des liens au fil de ses passages dans la capitale des Gaules. Une première tournée débouchera sur la mise en boîte de l’album Départ. Les compositions de Romain Nassini et de Ben Guyot sont le reflet fidèle de leurs multiples influences du groupe, entre jazz et hip hop, chanson et musique traditionnelle.

Continuer à lire

"Aurore" : L’âge de madame est avancé

ECRANS | Portrait d’une femme à la croisée des émotions et de la vie, cette comédie culottée sur la ménopause brise réellement les règles. Interprète du rôle-titre, Agnès Jaoui donne émotion et fantaisie à ce grand-huit émotionnel, usant de son superbe naturel. Tendre et drôle.

Vincent Raymond | Mercredi 5 avril 2017

Aurore a la cinquantaine et les hormones en panique. Et quand son aînée lui annonce qu’elle est enceinte, sa cadette son désir d’arrêter ses études, son nouveau patron ses délires jeunistes, la coupe déborde. Au milieu de ce chaos surgit alors un fantôme de son passé : son premier amour. Heureusement que des actrices comme Agnès Jaoui existent dans la galaxie souvent monochrome du cinéma français pour épouser la figure de la normalité à l’écran. Pour donner une silhouette, un corps et un visage à un personnage féminin irréductible à une seule caractéristique physique ou psychologique ; pour accepter d’être ce qu’elles sont, et non entretenir un paraître pathétique. Du genre tout public Film funambule, Aurore se joue de la gravité de son sujet avec une remarquable adresse. Loin de ne s’adresser qu’à une moitié du public, il parle de la féminité, de ses petits et grands tracas et de ses mystères évolutifs à chacun… et à chacune. Blandine Lenoir dédramatise en effet cette puberté à l’envers, montrant à quel point certaines femmes en connaissent mal les mécanismes et les effets — c’est le propre d’un tabou. Et si elle s’/nous am

Continuer à lire

"Juillet-Août" : la saison chaude inspire Diastème

ECRANS | de Diastème (Fr., 1h40) avec Patrick Chesnais, Luna Lou, Pascale Arbillot… (sortie le 13 juillet)

Vincent Raymond | Lundi 18 juillet 2016

Chaque été, au milieu du lot de films de vacances, il en est toujours un qui prend la tangente en allant au-delà du périmètre étriqué des premiers émois d’adolescent(e)s. L’an dernier, c’était Microbe et Gasoil de Gondry ; Juillet-Août assure peut-être la relève. La saison chaude semble favorable à Diastème — son premier long, Le Bruit des gens autour, (2008), était déjà une évocation drôle et pleine de vie de l’intérieur du festival d’Avignon — ; elle l’inspire pour ce portrait de deux sœurs (dont une au tournant de la puberté), ainsi que de leurs parents, lesquels ont refait leur vie chacun de leur côté. Juillet avec la mère sur la Côte d’Azur, août avec le père en Bretagne… L’existence des frangines est décousue, mais elle se suit dans ses péripéties estivales, et se raccommode dans cette succession de villégiatures. Comme si la famille éclatée se reformait par-delà la distance et le protocole calendaire afin de résoudre toutes les crises — qui ne sont pas propres au jeune âge. Chacun ment ou dissimule un petit secret à ses proches, mais en définitive, c’est ce qui permet à la roulotte d’avancer…

Continuer à lire

Cinéma : Comment ça, il n’y a pas de Mai ?

ECRANS | En mai, le cinéma ne fait pas ce qu’il lui plaît : il tourne autour de la Croisette, où des dizaines de films sont présentés avec tonitruance à des professionnels réunis en conclave. Le vrai public, quant à lui, devra attendre des mois pour apprécier la sélection en salles. À d’infimes exceptions près… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 3 mai 2016

Cinéma : Comment ça, il n’y a pas de Mai ?

Sur sa Côte et sous son ciel azuréens, Cannes fait la pluie et le beau temps de l’année cinématographique. La quinzaine est ce moment prodigieux où des professionnels de la profession se livrent à un gavage insensé de productions audiovisuelles et les soumettent sans recul ni distance à leur appréciation. Se condamnant à émettre des jugements lapidaires et extrêmes, s’abstenant de tout avis mitigé parce que le rythme effréné du festival les presse et pousse à faire assaut de saillies définitives, ces intoxiqués au binge viewing s’abîment parfois dans des surenchères risibles lorsqu'elles sont suivies de prises de positions diamétralement opposées, l’exaltation cannoise évaporée. Et affligeantes lorsqu’elles ont des films pour victimes collatérales. La Forêt des songes de Gus Van Sant, vilipendé et sifflé lors de sa présentation l’an dernier n’est qu’un exemple parmi tant d’autres : il aura fallu onze mois pour faire oublier sa volée de bois vert et un faux-nez (en tout cas, un nouveau titre, Nos Souvenirs) pour qu’il puisse repointer son museau sur les écrans. En même temps dans les salles… Toutes sections confondues, c’est près d’une cent

Continuer à lire

Maguy Marin, invitée spéciale

SCENES | Alors qu'en janvier dernier, son spectacle BiT a rempli La Comédie de Saint-Étienne, la chorégraphe Maguy Marin récidive avec Singspiele du 9 au 12 mars dans (...)

Nicolas Bros | Mardi 8 mars 2016

Maguy Marin, invitée spéciale

Alors qu'en janvier dernier, son spectacle BiT a rempli La Comédie de Saint-Étienne, la chorégraphe Maguy Marin récidive avec Singspiele du 9 au 12 mars dans cette même salle. Mais, cerise sur le gâteau, elle viendra également à la rencontre des Stéphanois lundi prochain à 18h30. Cette grande figure de la "danse-théâtre" a dirigé dirigé le Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape (Rhône) jusqu’en 2011. Puis elle a créé un centre d’art, Ramdam, à Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône). Artiste souvent qualifiée de résistante, Maguy Marin est attachée à la liberté et au pouvoir de l'art pour faire avancer les choses et le débat. « L’engagement de l’artiste est la force qui permet de ne pas oublier. À un moment de l’histoire où le capitalisme se donne l’air d’avoir gagné sur tous les fronts, il y a pourtant des résistances multiples et diverses qui font que le monde ne va pas se laisser faire. Les artistes sont là pour donner du courage à ceux qui veulent changer le monde.» Des pensées qu'elle viendra donc discuter et partager avec le public stép

Continuer à lire

Focus sur une œuvre : Yves Tanguy, Mains et gants, 1946

ARTS | Yves Tanguy (1900-1955) ne cesse, dans ses toiles, d'ouvrir les portes de l'imaginaire et de nous faire frémir avec ses représentations (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 mars 2016

Focus sur une œuvre : Yves Tanguy, Mains et gants, 1946

Yves Tanguy (1900-1955) ne cesse, dans ses toiles, d'ouvrir les portes de l'imaginaire et de nous faire frémir avec ses représentations « réalistes » (ombres portées, perspective classique...) d'un mode rêvé, ou du moins totalement inconnu. Son tableau Mains et gants, composé en 1946 et présenté à la galerie Maeght à Paris en 1947 lors de la dernière grande exposition surréaliste, fut acheté par le Musée d'art moderne et contemporain en 1988. C'est la « Joconde » du Musée nous dit avec humour Sébastien Delot, et c'est, sans conteste, l'un des chefs-d’œuvre de cet artiste si mystérieux qui allait jusqu'à faire de ses titres de tableaux autant d'énigmes. Difficile ici de reconnaître des mains et des gants (motifs importants chez les Surréalistes). Mais peut-être ce titre évoque-t-il un corps et ce qui l'enveloppe et le double, une peau et une seconde peau-objet... ? Peut-être la toile est-elle l'évocation d'une conscience « laiteuse » et fluide du monde où espace mental et espace physique se confondraient. Où les frontières entre l'oeil, la main et l'objet seraient brisées... JED

Continuer à lire

Paris-Willouby

ECRANS | De Quentin Reynaud & Arthur Delaire (Fr., 1h23) avec Isabelle Carré, Stéphane De Groodt, Alex Lutz…

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

Paris-Willouby

Collectionner des talents sur une affiche n’a jamais été gage de réussite artistique : si grandes soient leurs qualités, ils ne parviennent jamais à masquer ni compenser les défauts d’un film, et surtout pas ceux d’un scénario cacochyme. Constat à nouveau opéré avec ce poussif décalque de Little Miss Sunshine, qui oublie cependant de s’inspirer du rythme et de la transgression du modèle. Au lieu de singer des comédies “indépendantes” étasuniennes formatées, les jeunes auteurs français devraient lorgner du côté du vétéran Rappeneau et son Belles Familles : ils gagneraient en causticité, finesse et profondeur… Vincent Raymond

Continuer à lire

La vie, une farandole

SCENES | La chorégraphe lyonnaise Maguy Marin tisse avec Bit une fragile farandole sur le fumier de l'histoire parmi l'enfer d'un univers sonore technoïde. Une ronde de nuit, aussi brève et poignante que la vie d'un groupe et celle d'un être humain. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 janvier 2016

La vie, une farandole

Sur une scène plongée dans la pénombre, il pleut des drones assourdissants, des bourdons martèlent leurs masses électroniques en fusion sur le tambour de nos tympans. Un véritable enfer techno au beau milieu duquel, incongrus et atemporels (les filles en jupe longue, les garçons coiffés d'un chapeau), six danseurs entament une farandole autour de (ou sur) six plans inclinés. Un pas sur le côté, deux pas en avant, main dans la main, les danseurs filent ensemble leur petite joie de vivre collective alors qu'autour d'eux les rasoirs d'acier de la musique découpent l’espace et le temps en lamelles identiques. Il y a « bit » et « bit » semble vouloir montrer Maguy Marin, rythme et rythme. Ce rythme si important pour la chorégraphe qui n'est pas le tempo ou la cadence répétitive du mouvement, mais le cœur rythmique de chaque individu comme de chaque collectif. Le philosophe lyonnais Henri Maldiney écrivait à propos de la peinture abstraite (mais l'on peut transposer à la danse de Maguy Marin) : « Choisir quelques foyers actifs du réel, qu'ils se situent sur la courbe d'une épaule ou sur la courbe d'une colline et retrouver leur communication profonde, non dans le tracé déjà vu, dé

Continuer à lire

Passion protéiforme

SCENES | Après vingt ans de créations, Florence Girardon se lance un incroyable défi en portant à la scène une œuvre peu adaptée dans le domaine de la danse : la "Passion selon Saint-Matthieu" de J.S.Bach, œuvre imposante autour de laquelle elle réunit neuf artistes venus d'horizons divers. Monique Bonnefond

Monique Bonnefond | Mardi 3 novembre 2015

Passion protéiforme

Les artistes connaissent bien ce processus de création qui fait qu'un beau jour, sans qu'on sache trop pourquoi, émerge une chose qu'on portait en soi depuis longtemps. La Passion selon Saint-Matthieu de Bach « fait partie de ma vie » dit Florence Girardon. « C'est une œuvre monumentale qui provoque toujours beaucoup d'émotions chez moi, une œuvre qui permet aussi beaucoup d'entrées possibles, beaucoup de variations. » C'est ce qui a amené cette chorégraphe au parcours très éclectique à proposer à neuf artistes : cinq chorégraphes, deux metteurs en scène et un cinéaste (Ulises Alvarez, Cécile Laloy, David Mambouch, Maguy Marin, Éric Pellet, Pierre Pontvianne, Ennio Sammarco, Philippe Vincent), tous porteurs d'une écriture singulière, de se lancer avec elle dans cette aventure audacieuse : créer chacun une forme à partir de l'œuvre monumentale de Bach qui devient un espace de réflexion, d'inspiration, avec beaucoup de questions qui ouvrent le regard, ouvrent des portes. Chacun est invité à fabriquer sa propre forme à partir de parties musicales librement choisies et à donner sa propre interprét

Continuer à lire

Promis, juré !

CONNAITRE | En octobre prochain le lauréat du 27ème prix Charles Exbrayat sera élu par un collège de lecteurs des médiathèques de Saint-Étienne et du Pilat. Trois titres sont en lice, trois auteurs, deux hommes et une femme. Zoom sur l’ouvrage de Jean-Guy Soumy, "La Promesse". Tenue !

Florence Barnola | Mardi 2 juin 2015

Promis, juré !

On a beau prévenir, rien n’y fait, les oublis ou autres dédits se perpétuent inlassablement. Pourtant la littérature s’est échinée à nous démontrer les méfaits de telles attitudes ! Une promesse non tenue est annonciatrice de conséquences, qui sont parfois désastreuses. C’est exactement le sujet du livre de Jean-Guy Soumy au titre explicite, La Promesse. La couverture n’annonce pas que cette histoire est celle d’un amour flamboyant. Qui commence bien et se termine bien, d’un point de vue romantique et poétique. Ne ménageons pas un suspens qui n’a pas lieu d’être, la justesse et la beauté du texte ne viennent pas de coups de théâtre mais d’une promesse oubliée qui sera in fine tenue. Enfin, avec quelques aménagements. Ce pacte proféré entre deux individus, masculin et féminin, l’a été presque depuis toujours. À la post-enfance… Jeanne et Camille «Craché ! Juré !» entend-on encore aujourd’hui dans les cours d’école. Les enfants, les adolescents, aiment se promettre, peut-être parce qu’ils aiment être rassurés. On se jure fidélité : que l’on s’aimera toujours pour se quitter le surlendemain, que l’on n’oubliera jamais les cop

Continuer à lire

Le Conte de la Princesse Kaguya

ECRANS | On le sait, les garçons naissent dans les choux et les filles dans les roses. Grâce au dernier film d’Isao Takahata, on apprend que les princesses, elles, (...)

Christophe Chabert | Mardi 24 juin 2014

Le Conte de la Princesse Kaguya

On le sait, les garçons naissent dans les choux et les filles dans les roses. Grâce au dernier film d’Isao Takahata, on apprend que les princesses, elles, naissent dans des bambous les soirs de pleine lune. Idée aussi fantastique qu’évidente à l’écran, que le réalisateur a tirée d’un récit fondateur de la littérature japonaise et qu’il a développée pour en faire un conte universel sur la condition féminine, sinon la condition humaine. Car cette princesse, qui grandit de manière surnaturelle, va être prise entre deux feux : ses aspirations et son destin. Ainsi, lors d’une des premières séquences, elle doit décider si elle suivra des enfants qui l’appellent «pousse de bambou» ou si elle rejoindra son père d’adoption qui l’a baptisée «Princesse» ; l’amitié du peuple et le désir de liberté d’un côté, l’ambition d’une vie d’exception que l’on projette sur sa progéniture de l’autre. C’est la deuxième option qui l’emporte, mais le dilemme est sans cesse redoublé sous de nouvelles formes dans le film, notamment lors de la valse des prétendants que la princesse "rebelle" (les points communs sont nombreux avec le chef-d’œuvre de Pixar) cherche à esquiver.

Continuer à lire

The Rover

ECRANS | Après Animal kingdom, David Michôd pratique un étonnant hara-kiri commercial avec ce film post-apocalyptique qui tient autant de Beckett que de Mad Max, c’est-à-dire une véritable provocation au divertissement-roi. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 juin 2014

The Rover

The Rover, c’est Mad Max rencontre En attendant Godot. Rien que ça. Dès le carton pré-générique, on nous annonce que l’action se déroule en Australie quelques années «après la chute». La chute de quoi ? Du pays ? Du monde ? De l’économie ? Peu importe, car ce futur est saisi au présent, dans toute sa désolation, avec paysages arides et personnages hagards dont les motivations paraissent dérisoires. C’est le cas d’Eric, vagabond errant dans une bagnole qu’il a le malheur de se faire piquer par une bande de gangsters hallucinés, ayant laissé pour mort un des leurs, Rey, après un braquage qui a mal tourné. L’impassible Eric (sobre et étonnante composition de la part de l’ordinairement cabotin Guy Pearce) va donc former un tandem improbable avec Rey (Robert Pattinson, excellent, dont la carrière post-Twilight prend un virage passionnant), soit un homme froidement brutal et un autre à moitié idiot et à moitié crevé, qui vont passer une heure quarante à arpenter les routes australiennes pour retrouver une voiture. Post-cinéma Si Animal kingdom, son remarquable premier film, avait inscrit David Michôd dans

Continuer à lire

Lutz souriant

SCENES | Alex Lutz est un comédien. Un vrai qui compose. Qui taille ses personnages dans un jeu très subtil et très riche. C’est un transformiste, le Fantômas des (...)

Florence Barnola | Mardi 4 mars 2014

Lutz souriant

Alex Lutz est un comédien. Un vrai qui compose. Qui taille ses personnages dans un jeu très subtil et très riche. C’est un transformiste, le Fantômas des humoristes. Avec maestria et une incroyable légèreté, il campe une galerie de personnages (inventés ou existants) très divers. Comme tout bon talentueux comédien, Lutz observe ses congénères et capte les caractères, tout en autodérision. Pour vérifier mes allégations, je vous invite à le voir et le revoir sur petit et grand écran. Retenons sa participation dans OSS 117 ou bien la légendaire Catherine de la Revue de Presse du Petit Journal de Canal… Son spectacle tourne depuis deux ans et s’enrichit au fur et à mesure de personnages, de nouveaux sketchs. Les caricatures que donne à voir et à entendre l’humoriste sont très justes et finement dessinées. On notera le directeur de casting désagréable au possible, complètement stressé au bord du burn out, la vendeuse merveilleusement bien croquée et à pleurer de rire, le vieillard sincèrement interprété sans trémolo discount dans la voix… Et puis, mention spéciale à son Karl Lagerfeld, plus austère et cassant que nature, avec la bonne dose (à peine audible)

Continuer à lire

Iron Man 3

ECRANS | Ce troisième volet des aventures de Tony Stark n’est pas à la hauteur des deux précédents, et l’arrivée de Shane Black derrière la caméra s’avère plutôt contre-productive, partagé entre retrouver son mauvais esprit années 80 et s’inscrire dans une ligne post-Avengers. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 25 avril 2013

Iron Man 3

Les deux premiers Iron Man avaient séduit par leur sens du contre-courant : à une époque où les super-héros au cinéma se devaient d’avoir une névrose intime et où le réalisme à la Nolan commençait à faire école, Jon Favreau, pourtant pas le cinéaste le plus fin de la terre, avait fait de Tony Stark un homme sans états d’âme, déconneur et flambeur, œuvrant pour la bonne cause comme un industriel exploiterait un marché juteux. Surtout, Iron Man se confondait avec son acteur, Robert Downey Jr, dont le débit mitraillette et la décontraction affichée avaient dans le fond plus de poids que la lourde armure qui le transformait en justicier. Une sorte de héros cool et pop dont ce troisième volet ne sait plus tellement quoi faire… Shane Black, scénariste culte dans les années 80 et 90, réputé pour son esprit badass et ses vannes provocatrices, par ailleurs auteur d’une très bonne comédie policière déjà avec Downey Jr, Kiss Kiss Bang Bang, a été appelé à la rescousse de la franchise, et se retrouve avec un fardeau à porter : faire le premier film de super-héros Marvel p

Continuer à lire

Des hommes sans loi

ECRANS | De John Hillcoat (ÉU, 1h55) avec Shia LaBeouf, Tom Hardy, Jessica Chastaing…

Christophe Chabert | Vendredi 7 septembre 2012

Des hommes sans loi

Un casting en or, un scénario signé Nick Cave, un cinéaste (John Hillcoat) jusqu’ici connu pour son intégrité, l’envie de transposer les codes du western à l’époque de la prohibition : sur le papier, Des hommes sans loi semblait être le film idéal, à la fois ambitieux et divertissant. Et pourtant, il n’est rien de tout ça. Phagocytée par la maniaquerie de sa reconstitution historique, la mise en scène ne prend jamais son envol, ne développe aucun style et échoue à rendre crédible ce qui se passe à l’écran. Le lien entre les trois frères est purement théorique, les relents mythologiques (l’invincibilité de Tom Hardy) sont si maladroitement amenés qu’ils finissent par virer au gag involontaire. Le sommet est atteint avec la prestation, à hurler de rire, de Guy Pearce en méchant dont l’acteur souligne à très gros traits l’homosexualité refoulée. Il faut dire qu’Hillcoat achève de lui savonner la planche lors d’une scène qui, au lieu de révéler au grand jour ce que tout le monde avait compris, noie stupidement le poisson pour éviter de se fâcher avec la censure. Timoré, impersonnel, d’une inexplicable lenteur, Des hommes sans loi n’est même pas un bon film de multi

Continuer à lire

Les fantômes de Flavie Cournil

ARTS | Ce mois ci, la galerie associative l'Atelier du coin, présente deux artistes locaux : Flavie Cournil, artiste plasticienne et Guy Morisson, photographe.

Marc Chassaubene | Mercredi 25 janvier 2012

Les fantômes de Flavie Cournil

Du 13 janvier au 4 février l'Atelier du coin présentera Bleu dessus, jaune dessous, flou entre les deux, une proposition de Flavie Cournil, jeune artiste plasticienne diplômée des Beaux-arts de Limoges. Au départ spécialisée dans l'édition de livres d'artiste et inspirée par les métiers de l'artisanat, sa recherche plastique se rapproche des intentions du mouvement «support surface». Couleurs vives acidulées, bonbons en gélatine, implants mammaires : un champ de méduses échouées ? Attaque martienne ou lampe design ? A chacun la possibilité d'entrevoir ce que lui conteront ces formes objets.  Flavie Cournil emploie des formes simples, dispose ses objets sur des étagères. «Ce sont des formes abstraites mais pas intimidantes, elles nous sont familières.» Sur une étagère murale, un empilement d'objets fantômes, empreintes translucides, spectre d'objets manufacturés. De petits ouvrages sont à dispositions, au fil des pages comme une superposition de radiographies, les motifs de paraffines évoluent, se déplacent. Flavie Cournil questionne en prélevant. Elle carotte la forme de l’objet. « J’aime q

Continuer à lire