En route, mauvaise troupe !

Panorama ciné septembre | L’été caniculaire ayant reconstitué votre stock de vitamine D, vous pouvez enfin vous refaire une pâleur dans les salles. Allez-y en bande : c’est dans l’air du temps…

Vincent Raymond | Mardi 4 septembre 2018

Photo : © DR


Pendant notre absence, nous n'étions logiquement pas là. Mais, à en croire les calamiteux chiffres de la fréquentation stéphanoise estivale (-4%), vous non plus ; il n'y avait donc quasi personne dans les salles. C'est en masse que vous allez donc reprendre le chemin des cinémas pour infléchir la courbe des entrées. Et justement, les histoires de groupes ont le vent en poupe.

La solitude, ça n'existe pas

Poursuivant son examen du monde médical, Thomas Lilti s'attaque dans Première année (12 septembre) à la situation des étudiants bûchant comme des malades leur PACES — première année commune aux études de santé. Une comédie acide où il est question d'inégalités sociales, de reproduction des élites, de rivalité, de paranoïa, de Vincent Lacoste et de William Lebghil. S'il ne doit en rester qu'un, on prendra les deux ex-aequo malgré le numerus clausus.

Le Lyonnais Mehdi Senoussi s'est lui coupé en deux pour diriger et interpréter son long métrage Vaurien (même date), polar dans lequel un diplômé lassé d'être discriminé à l'embauche prend en otage l'agence Pôle Emploi de Vénissieux. La sincérité du propos et le huis clos souffrent hélas d'une réalisation incertaine ainsi que d'un délayage tristounet, certes un peu racheté par la fin. Il a, en tout cas, su fédérer pas mal de beau monde : Romane Bohringer, Carlo Brandt, Pascal Elbé… Comme le syndrome de Stockholm contaminant ses personnages.

La réunion fait la force

Certains gouvernants redoutent (et interdisent) les rassemblements de plus d'une personne. Il est vrai que des cohortes de deux individus peuvent se révéler redoutables. Tels Les Frères Sisters, (19 septembre) héros de Jacques Audiard. Toujours escorté par son partenaire et coscénariste Thomas Bidegain, le réalisateur conte le destin de deux frangins chasseurs de primes contaminés par la fièvre de l'or. Porté par l'inattendue fratrie John C. Reilly/Joaquin Phoenix — à l'œil puant le vice et la perversité — ce néo western-pépite empli de poudre, de sang et de traumas vaut le six-coups.

Échappées du corral voisin, les vaches du Quatuor à cornes (12 septembre) de Benjamin Botella, Emmanuelle Gorgiard & Pascale Hecquet sont deux fois moins nombreuses mais tout aussi remuantes dans le programme d'animation inspiré des albums d'Yves Cotten. Composé de trois courts métrages ayant la très originale particularité d'épouser des formes stylistiques très différentes (stop motion, animation 2D…), il met en scène quatre copines aux prises avec notamment de désopilant moutons, un musculeux taureau ou une congénère shetland. Qui dit meuh pour les 3 ans et plus ?

Foule au roi par les armes

On change d'échelle avec un de ces documentaires estampillés BBC vantant la beauté de la planète et offrant une collection d'instantanés sauvages de la flore et de la faune : Un nouveau jour sur terre, (5 septembre) de Peter Webber, Richard Dale & Lixin Fan. Une authentique arche de Noé avec d'amusants partis-pris de réalisation, malheureusement polluée par un omniprésent commentaire lyrico-émerveillé assuré par le pauvre Lambert Wilson, enfilant les superlatifs définitifs comme des perles. Une solution : regarder ce zoo in vivo les yeux fermés.

La Nature ayant horreur du vide, rien de tel que de bonnes foules poussées par la nécessité pour conclure ce panorama. Dans Libre (26 septembre), le documentariste Michel Toesca a suivi des mois durant le quotidien de Cédric Herrou. Cet agriculteur de la vallée de la Roya à la frontière franco-italienne, qui a recueilli, protégé et nourri les réfugiés arrivés dans son jardin, s'est vu reprocher sa solidarité et son humanisme par les tribunaux. Pourtant, comme le montre le film, Herrou ne s'est pas démonté et a poursuivi ce que sa conscience citoyenne (et la Loi) lui recommandait de faire, en dépit des tracasseries judiciaires ou des intimidations policières. Quand le peuple est à bout, il se lève contre son tyran. Pierre Schoeller semble multiplier les résonances entre 1789 et 2018 dans Un Peuple et son roi (19 septembre), épopée à hauteur d'Histoire et de personnages qui semble fusionner L'Exercice de l'État et Versailles. Le projet est un peu bancal, mais la distribution hallucinante et le projet terriblement d'actualité. Alors, ça ira, ça ira…

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On Air

80's | L’espoir Mitterrand, l’amour, les radios pirates… Au début des années 80, Philippe Bichon vit une jeunesse bercée de joie et d’optimisme. Jusqu’à ce que le (...)

Cerise Rochet | Vendredi 29 octobre 2021

On Air

L’espoir Mitterrand, l’amour, les radios pirates… Au début des années 80, Philippe Bichon vit une jeunesse bercée de joie et d’optimisme. Jusqu’à ce que le service militaire ne le rattrape, et ne l’entraine en plein cœur d’un Berlin alors coupé en deux. Bientôt, son monde, ce monde ne sera plus. A l’occasion de la sortie des Magnétiques le 17 novembre, le Méliès organise une projection en présence du réalisateur Vincent Maël Cardona et du producteur Christophe Barral. Une émission du Saturday Night Blues sera enregistrée en direct de la salle et live streamée sur Twitch. Ciné-rencontre Les Magnétiques, dimanche 21 novembre à 18h30 au Méliès Jean-Jaurès.

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Tiken Jah Fakoly : « Aujourd'hui, il y a urgence »

Reggae | ​À la fois Indigné et généreux dans chacune de ses chansons, le reggae man Tiken Jah Fakoly mène depuis vingt-cinq ans le même combat pour l'unité de l'Afrique et son droit à se défaire des politiques qui la maintiennent dans la misère. Pour son dixième album, Le monde a chaud, enregistré à Abidjan dans un studio flambant neuf, Tiken s'attaque à la brûlante actualité du réchauffement climatique. Rencontre.

Niko Rodamel | Mardi 5 novembre 2019

Tiken Jah Fakoly : « Aujourd'hui, il y a urgence »

Pourquoi es-tu retourné en Côte d'Ivoire enregistrer ton nouvel album ? C'était avant tout un retour aux sources car c'est là-bas que ma carrière a commencé. Les albums de mes débuts qui m'ont permis d'être connu et reconnu en France ont tous été enregistrés en Afrique, mais à force de travailler avec des gens du monde entier, mon audience est devenue plus internationale et ma musique s'est considérablement ouverte. Mon objectif était clairement d'atteindre un public large qui n'est pas forcément fan de reggae, afin que mon message soit diffusé au plus grand nombre. Pour mon nouvel album j'ai choisi de retrouver le son du reggae africain joué par des jeunes Africains. J'ai créé un nouveau studio à Abidjan, le studio Radio Libre. Comme la Côte d'Ivoire est une terre de reggae, il y a beaucoup de groupes. Nous avons organisé des auditions lors desquelles chaque groupe a joué trois morceaux et nous avons finalement retenu deux formations qui se partagent les titres de l'album. Est-ce que cela veut dire que tes prochains albums seront enregistrés dans ce nouveau studio ? Tout dépend de l'inspiration car chaque album a s

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" Un Peuple et son roi " : Astre déchu

Dîner de têtes | Dans cette fresque révolutionnaire entre épopée inspirée et film de procédure, Schoeller semble fusionner Versailles et L’Exercice de l’État, titres de ses deux derniers long métrages de cinéma. Des moments de haute maîtrise, mais aussi d’étonnantes faiblesses. Fascinant et bancal à la fois.

Vincent Raymond | Lundi 24 septembre 2018

1789. La Bastille vient de tomber, et le Roi quitte Versailles après avoir signé la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen soumise par l’Assemblée. Dans les rues de Paris, la famille d’un souffleur de verre est portée par ce vent d’espérance. Et si le peuple avait enfin voix au chapitre ? Moment clef de notre histoire, tournant civilisationnel du fait de sa résonance sur les nations voisines, de son potentiel dramatique et de ses conséquences contemporaines, la Révolution française constitue un morceau de choix pour tout amateur de geste épique, de combats d’idées et d’élans tragiques. Filmer l’exaltation d’une guerre civile éclatant sous l’auspice des Lumières et la conquête de la liberté par le peuple a déjà galvanisé Gance, Guitry ou Renoir. Comme eux, Schoeller rallie ici la quintessence des comédiens de son époque : le moindre rôle parlé est donc confié à un·e interprète de premier plan. Le défilé en est étourdissant, mais pas autant que celui des députés ayant à se prononcer par ordre alphabétique de circonscription et à haute voix sur la mort de Louis XVI dans une séquence aussi édifiante que captiva

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"Libre" : Un Herrou très peu discret

Documentaire | de Michel Toesca (Fr., 1h40) avec Cédric Herrou, Baudoin…

Vincent Raymond | Lundi 24 septembre 2018

Oléiculteur dans la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne, Cédric Herrou a recueilli, protégé et nourri les réfugiés arrivés dans son jardin. En récompense, il s’est vu reprocher sa solidarité et son humanisme par les tribunaux en 2017. Au fait, quelqu’un se souvient de la devise républicaine ? Des mois durant, le documentariste Michel Toesca s’est donc immiscé dans “l’intimité” d’Herrou — intimité toute relative quand sa propriété devient camp de fortune pour des dizaines de réfugiés en danger — afin d’expliquer le sens de son combat. Et montrer que loin d’être agresseur ou contrevenant, il est victime de tracasseries judiciaires et d’intimidations policières. Paradoxalement, l’agriculteur et les nombreux bénévoles de la Roya qui suivent ce que leur conscience de citoyens leur recommande de faire sont davantage dans les clous de la Loi que la préfecture qui s’acharne sur eux et s’ingénie à la contourner. Ou que ces forces de l’ordre jouant les gros bras dans une gare, abusant milicieusement de leurs prérogatives. N’ont-ils pas conscience que leur mission est inepte et abjecte ? Jouissent-ils à ce point

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"Les Frères Sisters" : De sang et d’or

Lion d’Argent Venise 2018 | de Jacques Audiard (Fr., 1h57) avec Joaquin Phoenix, John C. Reilly, Jake Gyllenhaal…

Vincent Raymond | Jeudi 13 septembre 2018

Mieux vaut ne pas avoir ne différend avec le Commodore. Car il envoie ses deux dévoués Charlie et Eli Sisters, tireurs d’élite et cogneurs patentés. Les deux frères vont pourtant faire défection quand une de leurs proies explique avoir découvert un procédé permettant de trouver de l’or… On attendait, en redoutant que la greffe transatlantique ne prenne pas, cette incursion de Jacques Audiard en un territoire aussi dépaysant par les décors, les usages ou les visages, que familier par son poids mythologique et les séquences fondatrices ayant dû sédimenter dans son imaginaire. Mais même délocalisé, le cinéaste n’est pas abandonné en zone hostile. D’abord, il se trouve toujours escorté par son partenaire, le magique coscénariste Thomas Bidegain ; ensuite la langue anglaise ne peut constituer un obstacle puisque son langage coutumier se situe au-delà des mots, dans la transcendance de personnages se révélant à eux-mêmes et aux autres, grâce à un “talent“ vaguement surnaturel. Le tout, dans un contexte physiquement menaçant. Empli de poudre, de sang et de traumas, ce néo-western-pépite

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"Vaurien" : Pôle les mains !

Huis clos | de Mehdi Senoussi (Fr., 1h30) avec Romane Bohringer, Carlo Brandt, Lizzie Brocheré…

Vincent Raymond | Jeudi 13 septembre 2018

Lassé d’être discriminé à l’embauche, un chômeur diplômé d’origine arabe prend en otage l’agence Pôle Emploi de Vénissieux. Pendant les quelques heures que dure son acte désespéré, il tente de faire passer son message en direct sur une radio locale, puis de négocier une rançon… Comédien et déjà auteur de plusieurs courts (ainsi que d’un long métrage), le Lyonnais Mehdi Senoussi ne s’est pas ménagé pour diriger et interpréter ce film, dont on suppose la haute résonance symbolique personnelle : le propos, clairement social et politique, est intégré dans une intrigue de polar. Malheureusement, sa sincérité évidente n’occulte pas les incertitudes d’une réalisation peinant à transcender le huis clos, l’intrigue eût en effet davantage convenu à un format court. Son délayage tristounet est certes un peu racheté par le twist final. Et l’on reconnaît à Senoussi une obstination certaine et le talent d’avoir su en fédérer d’autres autour de lui comme Romane Bohringer, Carlo Brandt ou Pascal Elbé.

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Thomas Lilti, Vincent Lacoste, William Lebghil : « Un film de boxe où on remplace les combats par les concours et les entrainements par les révisions »

Première année | Première année sort à la rentrée universitaire, mais aussi au moment où la PACES — Première année commune aux études de santé — et le numerus clausus sont sur la sellette. Thomas Lilti a du flair et des choses à dire…

Vincent Raymond | Jeudi 13 septembre 2018

Thomas Lilti, Vincent Lacoste, William Lebghil : « Un film de boxe où on remplace les combats par les concours et les entrainements par les révisions »

Votre film sort à point nommé, alors que l’on fait état d’une probable réforme de l’examen sanctionnant la première année de médecine… TL : Et pourtant, il y a quelques jours, j’ai fait une émission sur France Culture avec Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement Supérieur, on a évoqué la PACES mais à aucun moment elle n’a dit clairement qu’ils étaient en train d’y réfléchir. C’est assez surprenant. On se demande s’ils n’ont pas sorti du chapeau une réforme pour quelque chose qui n’a pas bougé depuis 45 ans — à part l’intégration en 20100 des étudiants en pharmacie, des sage-femmes, des kinés dans le concours, ce qui fait qu’il y a encore plus de monde. Je suis ravi qu’on parle d’une réforme. Tout le monde constate que cette première année est une catastrophe, je ne suis pas le seul. La violence des enseignements et des concours était d’ailleurs dénoncée en août dernier par Clara De Bort, une ancienne directrice d’hôpital, dans une tribune parue dans la revue Prescrire… J’avou

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"Première année" : Toubib or not toubib ?

Conventionné | de Thomas Lilti (Fr., 1h32) avec Vincent Lacoste, William Lebghil, Alexandre Blazy…

Vincent Raymond | Jeudi 13 septembre 2018

Par conformisme familial, Benjamin entre en première année de médecine où il est vite pris sous l’aile d’Antoine, un sympathique triplant acharné à réussir. Quant à l’issue du premier semestre, le nonchalant bleu se trouve mieux classé que son besogneux aîné, leurs rapports changent… Poursuivant son examen du monde médical, Thomas Lilti s’attaque concomitamment dans cette comédie acide à plusieurs gros dossiers. D’abord, ce fameux couperet du concours sanctionnant la PACES — première année commune aux études de santé — mais aussi l’incontournable question de l’inégalité profonde face aux études supérieures. La fracture sociale ne se réduit pas en médecine, bien au contraire : construite sur la sélectivité et l’excellence, cette filière est un vase-clos favorisant la reproduction des élites — et de celles et ceux en maîtrisant les codes. Enfant du sérail ayant déjà pas mal étudié la question, Lilti juge avec clairvoyance cette période plus dévastatrice qu’épanouissante pour les futurs carabins : est-il raisonnable de faire perdre la raison à des aspirants médecins ? Coupable, l’in

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"Le Quatuor à cornes" : Qui m’aime meuh suive !

Dès 3 ans | de Benjamin Botella, Arnaud Demuynck, Emmanuelle Gorgiard & Pascale Hecquet (Fr.-Bel, 0h43)…

Vincent Raymond | Jeudi 13 septembre 2018

Dotées de caractères très dissemblables Aglaë, Rosine, Clarisse et Marguerite paissent dans le même champ clos. Un aimable piaf leur faisant miroiter l’infini changeant de la mer, le quatuor prend la route pour la voir la grande bleue. En chemin, il fait de drôles de rencontres… Parce qu’il est composé de trois courts métrages ayant la très originale particularité d’épouser des formes bien différentes (stop motion, animation 2D…), ce joyeux programme inspiré des albums d’Yves Cotten rappelle les Exercices de styles de Queneau. Mais si les héroïnes changent de visages à chacune de leurs aventures, cela ne déconcertera pas forcément le public-cible des tout-petits — dont la capacité d’adaptation (et d’imagination) est toujours plus grande que ce que l’on imagine. Et l’humour bon enfant de l’ensemble se trouve dynamisé par de savoureux moments burlesques grâce aux rencontres effectuées en chemin (un musculeux taureau et un désopilant troupeau de moutons dans la grande escapade La Clef des champs ; une congénère shetland dans Dorothy la vagabonde). Une vacherie de bons films !

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"Un nouveau jour sur terre" : Chic planète (bis)

Documentaire | 24 heures de la vie… de la vie sur Terre. De l’aube au crépuscule, un florilège montrant l’influence de l’astre solaire sur le comportement de la faune et (...)

Vincent Raymond | Jeudi 13 septembre 2018

24 heures de la vie… de la vie sur Terre. De l’aube au crépuscule, un florilège montrant l’influence de l’astre solaire sur le comportement de la faune et de la flore à travers les continents. Éclosion de varans, galopades de zèbres, combat de girafes, nage de paresseux et de manchot, escapade de souris et pousse du bambou… Une formidable diversité à l’équilibre précaire. Formant quasiment en genre à part entière, les documentaires pan-terrestres vantant les ch’tits zanimaux et la beauté de Nature — gourmandant au passage pour la forme la rapacité humaine — affluent sur les écrans, où ils rivalisent d’images spectaculaires inédites et/ou attendrissantes. Se peut-il qu’Un nouveau jour sur terre, orné de son label BBC, ait quelque chose de singulier à offrir ? Étonnamment, oui. Certes, si la forme et le propos n’ont rien de neuf, la collection d’instantanés sauvages tient la route ; il y a même d’authentiques parti-pris de réalisation (le duel de girafes façon western), et un certain sens du suspense dans

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Un air d’Amérique latine

GUIDE URBAIN | Après avoir voté, rien de tel qu'un peu de catch mexicain ou encore taper le carton avec la piñata. Le Collectif La Laverie propose de passer une journée complète consacrée au pays du tacos et de la moustache à La Cartonnerie. À nous le Rio Grande, les Lucha Libre et la cumbia !

Léa Pternitis | Jeudi 8 juin 2017

Un air d’Amérique latine

Habituée à nous offrir des évènements originaux, La Laverie nous propose en ce mois de juin de prendre part à une journée entièrement consacrée à la culture mexicaine. Au programme, tout d'abord une expo photos intitulée Lucha Libre, des peintures murales ainsi que des contes ou siestes sonores Maya. Le tout paupoudré de quelques plats typiques du pays aux sombreros. Un concours de piñata (célèbre cache à bonbons festive que les enfants doivent dégommer en règle avec un bâton) est aussi proposée. Toutes les piñata créées et apportées par les participants seront cassées suivant la tradition : les yeux bandés, à l’aide d’un bâton. Lutte acharnée et cumbia endiablée La journée se finira sur une note sportive avec des combats de Lucha Libre. Ce catch mexicain pour lequel les lutteurs se masquent. La soirée se terminera avec la prestation de La Subienda, un quartet composé de trois cuivres et d’une batterie, qui était programmé lors du dernier Rhino Jazz. ¡ Lucha Libre : la journée mexicaine !, dimanche 11 juin de 14h à 20h à La Cartonnerie (à proximité de Carnot), entrée gratuite Crédit photo : © Max

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Baâda, un malade imaginaire africain

Théâtre | Un simple fauteuil pour tout décor dans cette adaptation fidèle où le comique garde toute sa place… Mais la pièce montée à Ouagadougou veut aussi s’appuyer sur (...)

Houda El Boudrari | Mercredi 5 avril 2017

Baâda, un malade imaginaire africain

Un simple fauteuil pour tout décor dans cette adaptation fidèle où le comique garde toute sa place… Mais la pièce montée à Ouagadougou veut aussi s’appuyer sur un contexte contemporain et dénoncer le joug des sorciers et des « gourous » qui ont encore la mainmise sur certaines sociétés traditionnelles africaines. M. Purgon est féticheur, Argan et Toinette un couple surprise, et tous les personnages sont des notables de la société africaine… La compagnie burkinabé Marbayassa s’est nourrie de son environnement local qu’elle a fait cohabiter avec le texte de Molière : la chaleur torride d’un mois de mars, les enfants de l’école voisine qui viennent suivre les répétitions, la chaise du boutiquier du coin qui servira de modèle au décor. Et bien sûr, il y a le jeu de 7 comédiens-danseurs-musiciens du Burkina Faso et les instruments africains pour donner le rythme des intermèdes voulus par Molière. La cora, le djembé, le balafon accompagnent et revisitent les ballets du Malade imaginaire. Les instruments sont constamment présents au cours du spectacle, un peu comme dans les projections des vieux films muets, ils illustrent, soutiennent ou renforcent l’action. Baâd

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Et si le conte était dansé ?

Danse | Imaginé par la danseuse Charlotte Philippe et le conteur Patrice Kalla, le voyage de Malo nous invite à un long voyage poétique où se côtoient l'univers de la (...)

Monique Bonnefond | Mercredi 1 février 2017

Et si le conte était dansé ?

Imaginé par la danseuse Charlotte Philippe et le conteur Patrice Kalla, le voyage de Malo nous invite à un long voyage poétique où se côtoient l'univers de la danse, du conte et du chant, le tout accompagné par la musique de Bartók, Chopin et des rythmes afro-américains. À travers une danse virtuose, légère, lumineuse et le conte, chanté, murmuré, slamé, nous suivons toutes les étapes du voyage de Malo. Ce dernier part avec Yan demander du miel à l'abeille Mel pour la fête des Gâtaupes qui se prépare dans la forêt de Bel-Orme. Hélas, les ruches ont subi l'attaque de l'affreux Croc-Ruche. Que faire ? Seule, Mine, la cousine de Mel, pourrait leur venir en aide, mais voilà ! elle vit sur une île lointaine, au cap du Boudubout. Qu'à cela ne tienne. On se prépare pour ce périple. Le voyage de Malo s'annonce long et périlleux. Que d'aventures pour arriver au cap du Boudubout et ramener le précieux nectar. Un conte très en phase avec l'écologie qui tire la sonnette d'alarme à propos des abeilles décimées par les maladies et les graves conséquences qui en découlent. Derrière la légèreté du conte, s'ouvre un espace de réflexion. Le voyage de Malo, vendredi 10 Février à

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La chute des anges

Danse | Le chorégraphe israélien Sharon Fridman nous avait éblouis avec le magnifique duo Al menos caras (au moins deux visages) où deux hommes marchaient sur une (...)

Monique Bonnefond | Mercredi 4 janvier 2017

La chute des anges

Le chorégraphe israélien Sharon Fridman nous avait éblouis avec le magnifique duo Al menos caras (au moins deux visages) où deux hommes marchaient sur une structure de bois et se laissaient tomber. Dans sa nouvelle création Caïda libre, c'est encore de chute qu'il s'agit. C'est une pièce de groupe qui explore un trait essentiel de notre nature : la survie et la relation complexe et délicate des corps. Générée par la réunion et la séparation des corps explorant les limites de l'instabilité, cette question est la pierre angulaire de la philosophie existentielle de Sharon Fridman. « Sept fois à terre, huit fois debout » dit un proverbe japonais. Le postulat de départ est la verticalité : vivre c'est rester debout. Si nous tombons, le poids social nous enjoint de nous relever. Mais parfois, n'est-il pas bon de tomber pour trouver une autre manière d'être debout, plus libre, plus fort dans l'abandon de structures défensives et asphyxiantes. Mais la liberté absolue et la chute libre sont-elles à la portée de l'individu ? Les six danseurs de Sharon Fridman font l'expérience d'une chute libre sous l'impulsion du groupe, bienveillant. Sans arrêt en mouvement, i

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Ghislaine Ducerf : «Enchanter notre public»

SCENES | Surplombant la scène du Théâtre Libre, un atelier de 300m², abritant près de dix mille costumes et accessoires de toutes époques, enrichit depuis 1999 pièces de théâtre, films et spectacles. Pour ce deuxième portrait de l'"Envers du décor" des métiers du spectacle, rencontre avec la chef costumière et créatrice de ce lieu unique, Ghislaine Ducerf. Propos recueillis par Marlène Thomas.

Marlène Thomas | Vendredi 17 juillet 2015

Ghislaine Ducerf : «Enchanter notre public»

Quel parcours professionnel avez-vous suivi ? Ghislaine Ducerf : J’ai un parcours d’autodidacte qui a commencé en 1979 à Paris. C’est par le fait d'un pur hasard que j’ai rencontré le costume. J’étais très attirée par l’art théâtral et par chance, j’ai intégré l'équipe d'un théâtre en tant que costumière. Depuis, je n’ai jamais arrêté. Je vivais dans un milieu qui ne me prédestinait pas à connaître ce monde-là. J’ai eu la chance de rencontrer Jean Dasté lorsque j’étais jeune fille, cela a été un émerveillement absolu. En 1998, avec Maurice Galland, nous avons créé le Théâtre Libre pour redonner ce que nous avons nous-mêmes reçu, avec la même exigence. Avant cela, nous étions à Paris où je travaillais ponctuellement pour des créations, aussi bien pour Aix-en-Provence, que pour l’Opéra ou des théâtres parisiens comme celui du Campagnol. En 1999, j’ai fondé cet atelier permanent avec le Théâtre Libre. Trois personnes travaillent avec moi, dont deux à temps plein. Quelles sont vos différentes missions ? Avec qui travaillez-vous ? Mon travail principal est de me mettre à la disposition d’un metteur en scène et de réaliser les

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Annulation du concert de Béatrice Moulin

MUSIQUES | Le concert de Béatrice Moulin, comédienne et chanteuse, prévu le 24 avril au Théâtre Libre est annulé. (...)

Nicolas Bros | Jeudi 9 avril 2015

Annulation du concert de Béatrice Moulin

Le concert de Béatrice Moulin, comédienne et chanteuse, prévu le 24 avril au Théâtre Libre est annulé.

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En équilibre

ECRANS | De Denis Dercourt (Fr, 1h30) avec Albert Dupontel, Cécile De France…

Christophe Chabert | Mercredi 15 avril 2015

En équilibre

Cascadeur équestre, Marc est victime d’un accident qui le laisse dans un fauteuil roulant. C’est alors qu’il rencontre Florence, agent d’assurance chargée de l’indemniser, envers qui il éprouve d’abord méfiance et hostilité, avant de découvrir qu’elle possède une sensibilité et un cœur derrière sa carapace de bourgeoise froide. En équilibre prouve que, dans la carrière de Denis Dercourt, La Tourneuse de pages faisait office d’accident heureux. Et encore, c’est bien par son scénario et par ses acteurs que le film s’avérait un tant soit peu marquant, la mise en scène étant déjà très standard. Ici, tout est proche de l’encéphalogramme plat : l’évolution des personnages et de leur relation se fait selon un schéma incroyablement prévisible, et les deux comédiens empoignent cette partition sans conviction, comme s’ils avaient conscience de la banalité de ce qu’on leur demandait de jouer. On a même le sentiment que le handicap, depuis Intouchables, est une garantie d’émotions faciles, un sujet bankable qui autoriserait la mise en chantier du moindre téléfilm. En équilibre en est un, de toute évidence, tant on n’y trouve a

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Faux prophètes

ECRANS | Méfiez-vous des hommes de Dieu, ce ne sont jamais que des criminels et des assoiffés de pouvoir. C’est à peu de choses près ce que l’on pourra dire à la sortie (...)

Christophe Chabert | Vendredi 27 septembre 2013

Faux prophètes

Méfiez-vous des hommes de Dieu, ce ne sont jamais que des criminels et des assoiffés de pouvoir. C’est à peu de choses près ce que l’on pourra dire à la sortie du double programme organisé par le Ciné-Club Plan(s) Libre(s) au France le 10 octobre. Dans La Nuit du chasseur de Charles Laughton comme dans There will be blood de Paul Thomas Anderson — deux monuments, l’un classique, l’autre contemporain, du cinéma américain — les pasteurs illuminés incarnés respectivement par Robert Mitchum et Paul Dano ne voient dans leur "foi" qu’un moyen d’amadouer qui des enfants, qui un ambitieux exploitant de pétrole, pour mieux leur extorquer leur fortune. Dans La Nuit du chasseur, Mitchum recueille en prison la confession de son compagnon de cellule, qui lui avoue qu’il a laissé le magot de son dernier hold-up entre les mains de son fils et de sa fille. Il va donc séduire la veuve et se faire passer pour un père de substitution auprès des deux bambins avec l’intention de mettre la famille à mort une fois le trésor retrouvé. Dans There will be blood, alors que la religion du capitalisme se répand comme un incendie au-dessus d’une nappe de pé

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