"Vaurien" : Pôle les mains !

Huis clos | de Mehdi Senoussi (Fr., 1h30) avec Romane Bohringer, Carlo Brandt, Lizzie Brocheré…

Vincent Raymond | Jeudi 13 septembre 2018

Lassé d'être discriminé à l'embauche, un chômeur diplômé d'origine arabe prend en otage l'agence Pôle Emploi de Vénissieux. Pendant les quelques heures que dure son acte désespéré, il tente de faire passer son message en direct sur une radio locale, puis de négocier une rançon…

Comédien et déjà auteur de plusieurs courts (ainsi que d'un long métrage), le Lyonnais Mehdi Senoussi ne s'est pas ménagé pour diriger et interpréter ce film, dont on suppose la haute résonance symbolique personnelle : le propos, clairement social et politique, est intégré dans une intrigue de polar. Malheureusement, sa sincérité évidente n'occulte pas les incertitudes d'une réalisation peinant à transcender le huis clos, l'intrigue eût en effet davantage convenu à un format court. Son délayage tristounet est certes un peu racheté par le twist final. Et l'on reconnaît à Senoussi une obstination certaine et le talent d'avoir su en fédérer d'autres autour de lui comme Romane Bohringer, Carlo Brandt ou Pascal Elbé.


Vaurien

De Mehdi Senoussi (Fr, 1h30) avec Romane Bohringer, Carlo Brandt...

De Mehdi Senoussi (Fr, 1h30) avec Romane Bohringer, Carlo Brandt...

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Après cinq ans d’études supérieures, Red est toujours à la recherche d’un travail et lutte chaque jour contre l’exclusion. Lentement, il s’éloigne d’Anna, l’amour de sa vie. Suite à une lettre lui signifiant sa radiation, il se rend à l’Agence pour l’Emploi, où on lui refuse un rendez-vous. N’ayant plus rien à perdre, il prend alors en otage le personnel et le public. Comme un ultime appel à l'aide, il est décidé à sauver ce qu’il lui reste de dignité.


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"L'Amour flou" : Auto-psy d’un couple

Ex tape | de et avec Romane Bohringer & Philippe Rebbot (Fr., 1h37) avec également Rose et Raoul Rebbot-Bohringer…

Vincent Raymond | Jeudi 11 octobre 2018

Il se sont aimés, ont eu beaucoup enfants (enfin…deux), et puis le quotidien a passé l’amour à la machine. Alors, avant de se détester trop, Romane et Philippe envisagent une séparation de corps mais pas de logis : un appartement chacun, réuni par la chambre des enfants. Une utopie ? L’histoire quasi vraie d’une famille attachante, racontée presque en direct par les intéressés, dans leur ton brouillon d’adulescents artistes, inventant un modèle “désamoureux“ hors normes. Ce qui pourrait ressembler à une soirée diapos prend tout de suite un peu de relief quand les protagonistes sont connus, et que la majorité de leurs parents et amis le sont aussi. Alors, si L’Amour flou tient de la succession de sketches plutôt gentils et tendres, sans auto-complaisance ; parfois indiscret, mais pas impudique. Fidèle, sans doute, à ce que dégagent ces deux parents bobos (bourgeois-bohème) et foufous (fouillis-foutraque). Toutefois, on relève (en la regrettant) une faute de goût dans ce film somme toute sympathique : la participation dans son propre rôle Clémentine Autain

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En route, mauvaise troupe !

Panorama ciné septembre | L’été caniculaire ayant reconstitué votre stock de vitamine D, vous pouvez enfin vous refaire une pâleur dans les salles. Allez-y en bande : c’est dans l’air du temps…

Vincent Raymond | Mardi 4 septembre 2018

En route, mauvaise troupe !

Pendant notre absence, nous n’étions logiquement pas là. Mais, à en croire les calamiteux chiffres de la fréquentation stéphanoise estivale (-4%), vous non plus ; il n’y avait donc quasi personne dans les salles. C’est en masse que vous allez donc reprendre le chemin des cinémas pour infléchir la courbe des entrées. Et justement, les histoires de groupes ont le vent en poupe. La solitude, ça n’existe pas Poursuivant son examen du monde médical, Thomas Lilti s’attaque dans Première année (12 septembre) à la situation des étudiants bûchant comme des malades leur PACES — première année commune aux études de santé. Une comédie acide où il est question d’inégalités sociales, de reproduction des élites, de rivalité, de paranoïa, de Vincent Lacoste et de William Lebghil. S’il ne doit en rester qu’un, on prendra les deux ex-aequo malgré le numerus clausus. Le Lyonnais Mehdi Senoussi s’est

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